(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de St-Hyacinthe [microforme]"

IMAGE EVALUATION 
TEST TARGET (MT-3) 




fe 











V. 






% 






1.0 



l.l 



11.25 



f 1^ 12.2 



U 



2.0 



18 



\A. IIIIIJ.6 



<^ 



/i 







/ 






rKv 



.>' 







C/;^^ 




Photographie 

Sdences 

Corporation 



23 WEST MAIN STREET 

WEBSTER, N. Y. 14580 

(716) 872-4503 





,\ 



iV 



^^ 





\\ 



% 



V 






%^^ 



». 




".<?^.^ 






^<°,. ^^ 






i 



MA 



CIHM 


ICIVIH 


Microfiche 


Collection de 


Séries 


microfiches 


(IVIonograplis) 


(monographies) 




Canadian Institute for Historical Microreproductions / Institut canadien de microreproductions historiques 







Technjcâl and Bibliographie Notes / Notes techniques et bibliographiques 



1 he Institute has attempicd to obtain the best original 
copy available for filming. Features of this copy which 
may be bibliographically unique, which may alter any 
of the images in the reproduction, or which may 
significantly change the usual method of filming, are 
checked below. 



n 

n 
n 
n 
n 
n 
n 



Coloured covers/ 
Couverture de couleur 

Covers damaged/ 
Couverture endommagée 

Covers restored and/or laminated/ 
Couverture restaurée et/ou pelliculèe 

Cover title missing/ 

Le titre de couverture manque 

Coloured maps/ 

Cartes géographiques en couleur 

Coloured ink (i.e. other than blue or black)/ 
Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 

Coloured plates and/or illustrations/ 
Planches et/ou illustrations en couleur 

Bound with other material/ 
Relié avec a'autres documents 



n 



n 



Tight binding may cause shadows or distortion 
atong interior margin/ 
La reliure serrée peut causer de l'ombre ou de la 
distorsion le long de la marge intérieure 

Blank leaves added during restoration may appear 
within the text. Whenever possible, thèse hâve 
been omitted from filming/ 
Il se peut que certaines pages blanches ajoutées 
lors d'une restauration apparaissent dans le texte, 
mais, lorsque cela était possible, ces pages n'ont 
pas été filmées. 



Additional comments:/ 
Commentaires supplémentaires: 



L'Institut a microfilmé le meilleur exemplaire qu'il 
lui a été possible de se procurer. Les détails de cet 
exemplaire qui sont peut-être uniques du point de vue 
bibliographique, qui peuvent modifier une image 
reproduite, ou qui peuvent exiger une modification 
dans la méthode normale de filmage sont indiqués 
ci-dessous. 

□ Coloured pages/ 
Pages de couleur 

□ Pages damaged/ 
Pages endommagées 

□ Pages restored and/or laminated/ 
Pages restaurées et/ou pelliculées 

Pages discoloured. stained or foxed/ 
Pages décolorées, tachetées ou piquées 

□ Pages detached/ 
Pages détachées 

0Showthrough/ 
Transparence 



□ Quality of print varies/ 
Qualité inégale de l'imp 



impression 



Pagination continue 



I I Continuous pagination/ 

p-lln 
I I Ce 



cludes index(es)/ 
Comprend un (des) index 

Title on header taken from:/ 
Le titre de l'entête provient: 



□ Title page of issue/ 
Page de titre de la li 

□ Caption of issue/ 
Titre de départ de la 

n 



vraison 



livraison 



Masthead/ 

Générique (périodiques) de la livraison 



This Item is filmed at the réduction ratio checked below/ 

Ce document est filmé au taux de réduction indiqué ci-dessous. 



lUX 








14X 








18X 








22X 








26 X 






30 X 
































J 


















12X 








^6x 








20X 








24 X 








?RX 







D 



22)^ 



TOlJW^fl^ 



The copy filmed hère has been reproduced thanks 
to the generosity of: 

National Library of Canada 



L'exemplaire filmé fut reproduit grâce à la 
générosité de: 

Bibliothèque nationale du Canada 



The images appearing hère are the best quality 
possible considering the condition and legibility 
of the original copy and in keeping with the 
filming contract spécifications. 



Original copies in printed paper covers are filmed 
beginning with the front cover and ending on 
the last page with a printed or illustrated impres- 
sion, or the back cover when appropriate. Ail 
other original copies are filmed beginning on the 
first page with a printed or illustrated impres- 
sion, and ending on the last page with a printed 
or illustrated impression. 



The last recorded frame on each microfiche 
shall contain the symbol — •► (neaning "CON- 
TINUED"), or the symbol V (meaning "END"), 
whichever applies. 

Maps, plates, charts, etc., may be filmed at 
différent réduction ratios. Those too large to be 
entiroly included in one exposure are filmed 
beginning in the upper left hand corner, left to 
right and top to bottom, as many frames as 
required. The following diagrams illustrate the 
method: 



Les images suivantes ont été reproduites avec le 
plus grand soin, compte tenu de la condition et 
de la netteté de l'exemplaire filmé, et en 
conformité avec les conditions du contrat de 
filmage. 

Les exemplaires originaux dont la couverture en 
papier est imprimée sont filmés en commençant 
par le premier plat et en terminant soit par la 
dernière page qui comporte une empreinte 
d'impression ou d'illustration, soit par le second 
plat, selon le cas. Tous les autres exemplaires 
originaux sont filmés en commençant par la 
première page qui comporte une empreinte 
d'impression ou d'illustration et en terminant par 
la dernière page qui comporte une telle 
empreinte. 

Un des symboles suivants apparaîtra sur la 
dernière image de chaque microfiche, selon le 
cas: le symbole — ^ signifie "A SUIVRE ", le 
symbole V signifie "FIN". 

Les cartes, planches, tableaux, etc., peuvent être 
filmés à des taux de réduction différents. 
Lorsque le document est trop grand pour être 
reproduit en un seul cliché, il est filmé à partir 
de l'angle supérieur gauche, de gauche à droite, 
et de haut en bas, en prenant le nombre 
d'images nécessaire. Les diagrammes suivants 
illustrent la méthode. 



1 


2 


3 




1 2 3 

4 5 6 



I 



MANDEMENTS 



LETTBES PASTORALES ET CIRCTTLAIRES 



DK8 



ÉVÊQUES DE ST-HYACINTHE 



; 



x 



• (s 



MANDEMENTS 



LETTRES rASTOKAI.ES ET CIIiOUHIKES 



DES 




PUBLIÉS PAR 

L'Abbé A. X. BERNARD 

Chanoine de Si-Hyacinthe 



Volume Troisième 



/ ^ 



MONTRÉAL^ 
C. 0. Beauchemix & Fils, LiimAiKEs-lMPniMEuus 
-'56 et 258, rue Saint-Paul 



1889 



5 



,\ J 



i-:>l 



^u 



ca 



MGR CHARLES LAROCQUE 

1866-1876 



(Suite) 



AVIS 

AUX Fidèle. d« Saln^Hya<.|„.l,e, concernant la con.IrncUon 
d'une Evline Cathédrale 



'% 
-~^ 
'•:ii 
W 



Saint-Hyacinthe, 7 janvier 1868. 
Mes chers Frères, 

J'ai reçu ordre de Mgr de Saint-Hyacinthe d'informer 
les paroissiens de Saint-Hyacinthe qu'il est bien complè- 
tement de l'opinion émise par l'un de ceux qui ont porté 
la parole à l'assemblée tenue samedi soir dernier en la 
salle du marché, à savoir : qu'il ne peut ni ne doit être 
question de bâtir une cathédrale par répartition. La 
répartition n'est autorisée par la loi que pour la cons- 
truction des églises paroissiales. Ainsi quand Monsei 
gneur a parlé de bâtir une église par répartition, il a tou- 
jours entendu parler d'une église paroissiale, qui est une 
nécessité du culte pour la paroisse de Saint-Hyacinthe 
comme pour toutes les autres paroisses du pays, qui, au 
jour du besoin, bâtissent leurs églises, ainsi que leurs 
presbytères et dépendances. Il est vrai qu'en parlant de 



— 6- 

cctte grave affaire, Monseigneur a toujours ajouté que, 
s'il était ijossibic pour lui de s'entendre avec la paroisse 
sur les conditions à Otre fixées dans l'arrangement, il pour- 
rait faire sa cathédrale de l'église paroissiale, comme c'est 
le cas à Québec. Monseigneur n'a nullement changé 
d'avis; et il espère que les paroissiens de Saint-Hya- 
cinthe se feront un devoir de conscience et d'honneur de 
songer à se mettre en mesure de se pourvoir d'un établis- 
sement paroissial qui consiste en une église et un presby- 
tère et ses dépendances. C'est à quoi toute paroisse est 
tenue. Monseigneur, de son côté, songera qu'il lui faut 
une cathédrale et il se la procurera où, quand et comme 
il pourra, espérant n'être pas dans la nécessité d'imposer 
l'Evoque comme un fardeau aux citoyens de Saint-Hya- 
cinthe. 

Monseigneur a cru ces explications nécessaires pour 
éviter tout malentendu et jiour séparer et détacher la 
question de la cathédrale des questions ou affaires muni- 
cipales avec lesquelles la cathédrale, encore moins que 
l'église paroissiale, n'a certainement aucune connexion. 

L. Z. MoREAU, Ptre, 

Secrétaire. 



CIRCULAIRE 



i 



Au iiiOe< «leii Zona veii Puntifloaux et «lu Douter de Mt-Plerre 



ÉvÊCHÉ DE St-Hyacinthe, 1 1 janvier 1868. 

Monsieur le Curé, 

J'éprouve un véritable bonheur à vous trans- 
mettre les documents qui accompagnent la présente, 
et qui vous mettront en rapport avec le comité formé 
à Montréal, sous l'inspiration et les auspices du vé- 
nérable Evêque de cette ville, dans le but de procurer 
au Canada l'insigne honneur d'envoyer quelques-uns de 



— 7 — 

ses enfants au secours du Père commun de la grande 
famille catholique, qui vient de faire entendre un aj.pel 
qui a retenti jusqu'aux extrémités du monde. Déjà cet 
appel a réveillé dans un très grand nombre de cceurs 
le sentiment du dévouement le plus chrétien comme le 
plus héroïque. Tous les journaux nous ont appris le mou- 
vement digne des plus beaux âges de la foi qui se fait 
en ce moment en Europe, et qui pousse vers la Ville 
Eternelle, pour y défendre son Pontife-Roi, l'élite de la 
jeunesse de toutes les classes de la société. Quel honneur 
et quel bonheur pour nous, s'il peut nous ôtre donné 
de nous associer à ce sublime élan, qui vient en plein dix- 
neuviéme siècle manifester et prouver encore une fois au 
monde étonné toute la vitalité du principe catholique, qui 
n a tant de force et de puissance que parce qu'il est la 
vente ! ! Quelle noble satisfaction pour nos cœurs de 
Canadiens-Français, de savoir que les enfants de la Nou- 
velle-France se trouveraient ainsi réunis sur le champ de 
bataille avec les preux et vaillants fils de la-yieille France, 
la patrie de nos ancêtres, pour y combattre côte à côte et 
verser leur sang avec eux pour la plus juste et la plus 
sainte des causes, la cause de Dieu lui-même, puisque 
cest celle de son Eglise!! Quelle gloire pournous, si 
notre nom allait quelque jour se trouver inscrit aux plus 
glorieuses annales du monde, celles des faits de Dieu par 
ces Francs (C«/a Dei per Frana>::) uont nous sommes 
fiers d'être les descendants ! ! Le, quelques gouttes de 
notre sang qui ont coulé comme contribution au beau fait 
d'armes de Mentana, ont suffi pour réveiller en nos âmes 
le feu de cette ardeur militaire qui a dans tous les temps 
et tous les âges caractérisé nos ancêtres ! Il est permis 
d'espérer que ce noble feu ne manquera pas de produire 
une plus large immolation, et que bientôt notre religieux 
Canada aura le mérite et la gloire d'avoir ajouté des héca- 
tombes aux deux intéressantes victimes dont le souvenir 
est désormais impérissable parmi leurs compatriotes. Les 



— 8 



1 i 



noms des courageux Larocquc et Murray sont gravés au 
temple de mémoire en lettres dorées ou plutôt empourprées 
dw sang du martyre 1 ! Je n'ai aucun doute, Monsieur le 
Curé, que parmi la belle jeunesse de votre paroisse il ne 
se trouve plus d'un émule de ces dignes et valeureux 
champions de l'honneur et de la foi, ;\ qui Dieu inspirera 
la pensée et donnera le courage de quitter patrie, parents 
et amis, pour aller s'enrôler dans cette armée de nouveaux 
Macchabées, qui sous le nom de Zouaves Pontificaux, 
combat aujourd'hui les combats du Seignenr, aussi vail- 
lamment que les héros qui autrefois versaient courageu- 
sement et joyeusement leur sang pour leurs autels et leur 
patrie {/Vo legibiis et patria mort parât i J 2 Mac, 8, 21). 
Votre zélé s'évertuera sans doute. Monsieur le Curé, à 
pousser vos jeunes gens à imiter de si beaux exemples ; 
et naturellement vous aimerez à diriger vers Montréal des 
imitateurs aussi nombreux que possible. Je me permettrai 
néanmoins de conseiller à votre prudence de bien faire 
attention que le comité me paraît avec raison désirer qu'il 
ne lui soit adressé que des hommes choisis sous tous les 
rapports. Pour en être convaincu, il vous suftlra de lire 
attentivement la lettre (dont copie ci-jointe) adressée par 
les membres du comité à Messieurs les Curés, auxquels 
ils font appel pour les intéresser dans l'exécution de leur 
grand et catholique projet. 

J'ai la confiance que le comité n'aura pas vainement 
compté sur votre concours ; et autant qu'il peut m'ôtre 
l)ermis de le faire, je vous exhorte, Monsieur le Curé, à 
déployer tous les efforts de votre bonne volonté en faveur 
d'une œuvre évidemment chère au cœur de tous les ca- 
tholiques, mais qui doit l'être surtout aux ministres de 
la religion, parce qu'il est de leur état de sympathiser plus 
vivement aux douleurs et aux besoins de l'Eglise ' — Grâce 
donc à notre dévouement et à celui des catholiques du 
monde entier, l'auguste Pie IX n'aura point à répéter la 
plainte que le prophète Isaïe mettait à la bouche de la 



-I 



I 
■;tî 






— 9 — 

grande victime du Calvaire : Torcular caUavi soins, et de 
gentibus non est vir mecum [Isaïe, 63, 3]. J'ai été seul A 
fouler le pressoir, sans que personne soit venu à mon 
secours : c'est-à-dire, j'ai combattu seul les ennemis du 
Christ et de son Eglise I Non ! non I Pic IX ne sera ])as 
seul ! Déjà tous les esprits et les cœurs vraiment catho- 
liques sont avec lui, et les bras ne mi feront pas défaut I 
Kt pui*.un autre devoir que nous avons à remplir, c'est que 
l'association au Denier de St-Pierre n'étant pas réguliè- 
rement établie dans le diocèse, il serait plus que conve- 
nable que nous profitassions de cette occasion pour faire 
aux besoins du Saint-Père une offrande spéciale. Si légère 
qu'elle soit, cette offrande lui sera agréable ; et Dieu la 
bémra, si elle est proportionnée à nos moyens, et si nous 
la faisons de bon cœur: hilarem datorem diligit Deus. 
L'histoire de la pauvre veuve qui dépose avec foi son 
obole au tronc du temple, et que Jésus loue et bénit, par- 
ce que ayant donné de son indigence elle a donné >lus que 
tous les autres, rappelée au souvenir de nos bons peuples, 
les portera à ne pas rougir du peu qu'ils pourraient faire ; 
et le sou du pauvre joint à l'écu du riche, pourrait encore 
former un tribut de respect, d'amour et de piété filiale, 
que le cœur si bon et si paternel de Pi- IX agréerait, en 
versant sur nous l'une de ces bénédictions qui enfantent 
des miracles ! 

Un moyen facile de collecter dans le diocèse ce tribut 
que chacun se fera sans doute un devoir de payer à Dieu 
en le payant à son représentant, serait de faire une quôte 
a chacun des exercices du Triduum que nous nous prépa- 
rons a célébrer ; et je crois vraiment, Monsieur le Curé 
qu'il vous suffira d'un mot d'exhortation, pour inté- 
resser vos paroissiens à cette belle œuvre, et les porter à 
contribuer de grand cœur ! 

Je profiterai de cette occasion pour vous dire que bien 
que J'aie accordé l'année qu'accordait l'Encyclique elle- 
même pour la célébration du Triduum, je désire cepen- 



— 10 — 

dant qu'il soit partout célébré aussitôt qu'il sera possible 
de le faire commodément. 

Vous remarquerez que le Comité des Zouaves Pontifi- 
caux avec lequel vous aurez à vous mettre en correspon- 
dance en vous adressant aux Secrétaires, Messieurs Royal 
et Rivard, demandait une réponse pour le 15 courant. Je 
dois vous dire que j'ai écrit à ce sujet au comité ; il m'a 
été répondu que la date du 15 n'est point absolue. Il 
suffira que vous fassiez votre rapport avant la fin du mois. 
Les fonds collectés pendant le Triduum devront être dé- 
posés entre les mains de Monsieur le Secrétaire de l'E- 
vêché, aussitôt que i)ossible après le Triduum. 

Agréez, Monsieur le Curé, que je vous renouvelle l'as- 
surance de l'estime et de l'affection que je vous porte, et 
que je me souscrive en toute sincérité 
Votre très humble serviteur, 

t C, Ev. DE St-Hvacinthe. 



CIRCULAIRE 

Sur lea manvaiit Journaux et l'uoure 



EvÊcHÉ DE St-Hvacinthe, 5 mars 1868. 

Messieurs et chers Collaborateurs, 

Je crois savoir que le clergé en général n'ignore pas 
que depuis quelques mois j'ai été vraiment préoccupé du 
désordre d'idées et de principes manifestés depuis assez 
longtemps, mais surtout depuis les dernières élections 
parlementaires, par quelques journaux qui sont loin de 
paraître vouloir rentrer dans une meilleure voie. Les 
élections elles-mêmes ont brisé mon âme par la conduite 
véritablement anti-catholique qu'y ont tenue un bon nom- 
bre d'électeurs, sous l'influence de la ])assion surexcitée 
l)ar ces mauvais journaux et par de faux amis. Je sais 
niSme que l'on s'attendait que j'élèverais avant aujour- 






— li- 



ra possible 

'es PoiUifi- 
correspon- 
curs Royal 
:ourant. Je 
ité ; il m'a 
absolue. Il 
in du mois. 
)nt être dé- 
aire de l'E- 

)uveile l'as- 
s porte, et 



ICINTHE. 



xrs 1868. 



Ignore pas 
ïoccupé du 
epiiis assez 
s élections 
3nt loin de 

voie. Les 
.a conduite 
1 bon nom- 

surexcitée 
lis. Je sais 
int aujour- 



d'Iuii la voix pour signaler les manifestations déplorable- 
ment trop ouvertes de l'esprit d'irréligion, qui a malheu- 
reusement disgracié le mouvement de ces élections, et que 
chaque jour encore les journaux que je viens de qualifier 
de mauvais, s'efforcent de répandre parmi nos bonnes et 
chrétiennes populations. J'avais en effet songé à le faire ; 
et dans ce dessein j'avais même préparé un petit travail, 
qu'à raison de certaines circonstances j'ai toujours différé 
à vous communiquer. 

Pour être jikis certain du devoir que ' iUie Evêque 
j'avais à remplir en présence des excès dans lesquels 
donne ce coupable journalisme, j'avais cru devoir consul- 
ter l'éminent et illustre cardinal Barnabo, Préfet de la 
Propagande. Sa réponse, datée le 10 février, et que je re- 
cevais il n'y a que trois jours, est arrivée juste à propos 
pour me déterminer à rompre le silence, et me mettre à 
même de donner satisfaction à ceux d'entre vous qui, à 
l'occasion du Triduuvi et des pâques, m'ont demandé 
quelle ligne de conduite ils doivent garder au tribunal 
de la pénitence, à l'égard de ceux qui reçoivent et patroni- 
sent certains journaux d'un caractère évidemment dan- 
gereux et pernicieux, sinon tout à fait impie. 

J'étais entré dans des détails assez longs et assez cir- 
constanciés en consultant sur cette grave et délicate ques- 
tion des journaux. Pour ne m'écar^or en rien des règles 
d'une stricte justice, j'avais dit t. Son Eminence que l'un 
de ces journaux que je lui désignais par son titre, malgré 
ses tendances évidentes et souvent manifestées, n'osait 
pas cependant se déclarer ouvertement pour le parti de 
l'impiété et de l'irréligion — Or, voici comment me répond 
l'illustre Cardinal à la question spéciale que je lui avais 
adressée concernant ce journal : " Itaque licet mcmorata 
" Ephemeris non videatur aperte impietati /avère, siiamen 
^'^' ejus verborum indoles sit ut fidelium scandalum anima- 
" rum vere damnttm parère possit, jure tuo utere: ac pru- 
" denter faciès si oves tibi conçrediias à vcnenatis hujus 



111! 



— 12 — 

" tnodi paginis arcere curabis. " " Ainsi quoique le jour- 
" nal en question ne paraisse pas favoriser ouvertement 
" l'impiété, cependant si le caractère de son langage est 
" tel qu'il puisse scandaliser les fidèles ou faire du mal 
" aux âmes, usez de votre droit : et vous agirez selon la 
" la sagesse et la prudence, en vous faisant un devoir 
" d'éloigner de ces feuilles empoisonnées les brebis qui 
" vous ont été confiées." 

Vous serez sans doute aussi heureux que moi de cette 
réponse, venant d'une si haute autorité, qui nous trace 
notre devoir d'une manière si catégorique et si claire dans 
cette vexante question des journaux. Quand on sait ce qu'il 
faut penser, et comment il faut agir à l'égard de l'un des 
moins mauvais, il n'est pas difficile de savoir à quoi s'en 
tenir par rapport à ceux qui ont jeté le masque, et qui ne 
craignent pas de lancer sans cesse les traits empoisonnés 
de leur malice contre l'Eglise et ses ministres, aussi bien 
que contre ses droits et son autorité. 

Il n'est donc plus possible de douter et d'hésiter. Pour 
ma part, je dois obéir à l'ordre qui me vient de si haut, 
(Fuser de mon droit, pour soustraire mes brebis au danger 
du poison que l'iniquité s'efforce de leur faire avaler. Et 
pour ra'acquitter de ce devoir, je n'ai pas d'autre moyen 
que r action de votre ministère sur les âmes ! Il est d'ailleurs 
évident que vous comprenez, et j'en bénis Dieu, qu'il y 
a également ici pour vous un devoir à remplir, puisque 
vous m'avez demandé ce qu'il y a à faire, et comment 
vous devez vous y prendre pour vous en acquitter. 
— Ce qu'il y a à faire, une voix encore plus autorisée que la 
mienne, et que vous écouterez sans doute avec le plus pro- 
fond respect et la plus grande docilité, vient de vous le dire 
en me le disant à moi-même : oves tibi concreditas à vencna- 
tis paginis arcere curabis ! Je n'ose point l'affirmer absolu- 
ment ; mais il me semble que ce n'est point sans intention 
que l'illustre Cardinal s'est servi du mot concreditas, qu'il 
me paraît avoir employé dans le but de nous rappeler que 






— 13 — 

d'après l'ordre aujourd'hui régnant dans l'Eglise, les brebis 
sont à la charge commune de l'Eveque et du pasteur journa- 
lier. C'est d'ailleurs la pensée renfermée dans l'expression 
si souvent xxsxtéQ premier pasteur, pour signifier l'EvCque, 
qui n'est le premier que parce qu'il y en a d'autres au-des- 
sous de lui. Or quels sont ces pasteurs au-dessous de 
l'Evêque, auxquels les brebis du Seigneur sont confiées 
en même temps qu'à l'Evéque (concreditas), si ce n'est 
vous-mêmes ? 

Vous êtes donc tenus, du moins ceux d'entre vous qui 
ont charge d'âmes, de seconder et aider votre Evêque de 
tous les efforts de votre zèle et de votre bonne volonté, 
pour l'empêcher de circuler dans votre troupeau, ce poi- 
son des mauvais journaux ! ! Coûte que coûte, il faut 
faire son devoir sans être arrêté par la crainte de blesser 
quelques pénitents, quelques paroissiens ou amis 1 Encore 
moins faudrait-il manquer à la grave obligation qui noua 
nicombe en cette circonstance, par prédilection pour les 
idées ou opinions politiques que défendent et favorisent 
ces journaux, et sous le couvert ou drapeau desquelles ils 
visent à introduire et répandre dans le pays la contrebande 
des mauvais principes et des fausses doctrines ! — Il faut 
ici nous l'avouer en passant : une politique qui sert ainsi 
d'enveloppe et de véhicule au poison destiné à donner 
à la société une mort religieuse et morale, doit nous 
paraître si suspecte, qu'elle ne devrait trouver aucun 
appui ni soutien parmi nous. Je me hâte de dire que si 
elle a malheureusement quelques partisans dans le clergé 
du pays, et surtout du diocèse, ils sont en très petit 
nombre, et tous assez prudents pour se faire un devoir 
rigoureux de garder le secret de convictions qu'il n'y 
aurait assurément pour eux aucune disgrâce à abandon- 
ner, pour faire cause commune avec la presque unani- 
mité des membres du corps éclairé auquel ils ont l'hon- 
neur d'appartenir. 
Je vous ai dit, ou plutôt Son Eminence le cardinal 



'I 



it 



— 14 — 

Barnabo vous a dit ce que vous avez à faire relativement 
aux journaux pernicieux et dangereux sur lesquels vous 
m'avez consulté : Il faut vous faire un devoir d'éloigner de 
CCS feuilles empoisonnées les brebis confiées à vos soins ! 
C'est vous dire en toutes lettres, ce que déjà quelques 
Evêques ont intimé aux prôtres de leur diocèse ; ce que 
j'ai la consolation d'avoir dit moi-même à tous ceux d'en- 
tre vous qui m'ont privément consulté ; ce que les prêtres 
réunis pour la solennité des divers Triduum déjà célé- 
brés, n'ont pas hésité à mettre en pratique : Refuser Fabso 
lution à quiconque reçoit ou patronise de manière à en 
encourager la diffusion, quelqu'un de ces mauvais jour- 
naux ! Pour qu'ils ne puissent prétendre cause d'igno- 
rance, commencez par avertir de la chaire vos paroissiens 
ou ceux 1 [ui dépendent de vous, du devoir que vous avez 
à remplir vis-à-vis eux à ce sujet ; et du devoir qu'à leur 
tour, ils ont à remplir vis-à-vis leur conscience, et vis-à-vis 
leur prochain, auquel ils sont tenus de cesser de donner 
le mauvais exemple des lectures dangereuses pour la 
foi et la piété. 

La prudence vous fera une règle que je n'ai pas besoin 
de vous tracer ici : celle de ne pas désigner en chaire par 
leur titre, ni même d'une manière indirecte trop claire, 
les journaux jugés dangereux et pernicieux à la foi et à 
l'esprit de religion. Vous vous bornerez à dire que vous 
êtes tenus en conscience, de ne pas donner l'absolution 
à ceux qui reçoivent de pareils journaux ; et ajoutez, s'il 
V a lieu, que vous savez qu'il y a dans la paroisse des 
personnes qui en reçoivent ! A tous ceux qui reçoivent 
ou patronisent quelques journaux, reviendra alors le de- 
voir rigoureux de s'informer, lorsqu'ils iront se confesser, 
si tel journal qu'ils reçoivent, est de ceux qu'il est dé- 
fendu de recevoir. S'ils osaient manquer à cette obli- 
gation, ils se rendraient coupables d'une présomption 
grosse d'orgueil et peut-être de sacrilège dès lors qu'ils 
auraient la moindre raison de douter qu'en effet leur 



î relativement 
lesquels vous 
ir d'éloigner de 

à vos soins ! 
déjà quelques 
ocèse j ce que 
3US ceux d'en- 
:iue les prêtres 
uvi déjà célé- 
Refuscr Fabso 

manière à en 
fnauvais jour- 

cause d'igno- 
os paroissiens 
que vous avez 
voir qu'à leur 
ace, et vis-à-vis 
îser de donner 
euses pour la 

l'ai pas besoin 

en chaire par 
;te trop claire, 
Lix à la foi et à 
dire que vous 
^r l'absolution 

et ajoutez, s'il 
\ paroisse des 

qui reçoivent 
ira alors le de- 
nt se confesser, 
IX qu'il est dé- 

à cette obli- 
e présomption 
dès lors qu'ils 
u'en effet leur 



— 16 — 

journal est du nombre de ceux que condamnent les supé- 
rieurs ecclésiastiques, au jugement desquels tout catholi- 
que est obligé, sous peine de péché, de se soumet- 
tre en pareille matière ! ! Je ne suppose pas qu'il y ait 
nécessité de vous désigner ici nommément les journaux 
que vous devez en Conscience détourner vos paroissiens 
ou pénitents de recevoir, après ce que déjà bon nombre 
d entre vous ont fait pour connaître l'opinion de l'Evêque 
après les conversations que vous n'avez pu manquer d'a- 
voir sur ce sujet avec vos confrères ou collègues dans le 
saint ministère, enfin après ce qui a été ouvertement si- 
gnifie a son clergé par l'Evêque d'un diocèse voisin du 
notre ; fait que tous les prêtres connaissent sans doute 
avec toutes ses circonstances. Si malgré tout cela, quel- 
qu'un doutait encore de quels journaux il s'agit, qu'il in- 
terroge un prêtre, un ami sage et prudent, ou s'il aime 
mieux, l'Evêque lui-môme. Ah ! si les Evêques pouvaient 
sans s'exposer à être iniquement molestés, user de leur 
droit, selon que l'entend l'éminent cardinal Barnabo 
dans la réponse qu'il a daigné me faire, il ne serait pas 
nécessaire de prendre une voie détournée pour atteindre 
notre but. Dans un pays que régiraient des lois véritable- 
ment catholiques, le chemin pour y arriver eût été plus 
direct et plus court : l'Evêque eût cité ces journaux à son 
tribunal ; et le jugement aurait été décisif et sans appel, 
sauf l'appel dévolutif au Saint-Siège. En Canada, malgré 
la grande et belle liberté dont jouit l'Eglise, et dont il faut 
assurément bénir et louer Dieu, l'on est cependant exposé 
a voir quelquefois des hommes qui n'ont plus de catholi- 
que que le nom, oser menacer la parole ou l'action du 
supérieur ecclésiastique du tribunal civil, en s'appuyant 
sur une prétendue tolérance de la loi, qui ne devrait du 
moins exister qu'en faveur de ceux qui font profession 
d appartenir à des croyances religieuses dont l'enseigne- 
ment admet l'entière liberté des opinions ! Quel est le 
catholique tant soit peu digne de l'être, qui ne sache que 



— 16 — 



ce n'est point ainsi que l'Eglise le comprend ? Ce n'est 
point ainsi non plus que le comprend le vénérable Préfet 
de la Propagande, quand il me répond, avec l'énergie et la 
concision qui le caractérisent : jure ttio utere ! — Il est de 
ces circonstances où, de force, il faut s'en tenir à la recom- 
mandation du Sauveur aux Apôtres : Estote prudentes si- 
cut serpentes, et simplices sicut columbce ! C'est ainsi que 
nous ferons : il y aura dans toute notre conduite une pru- 
dence consommée, et dans nos cœurs et nos esprits, une 
véritable simplicité de colombe ! 

Permettez que j'ajoute que si vous désirez mettre vos 
ouailles en état de distinguer facilement ce qu'il faut com- 
prendre par mauvais journaux, vous atteindrez sûrement 
votre but en leur disant un mot des dispositions ordi- 
naires des auteurs et des fauteurs de mauvais journaux, 
des idées, des principes, du langage qui les caractérisent, 
et des effets qu'ils produisent ordinairement sur ceux qui 
ont l'habitude de les lire. D'abord il est bien certain 
qu'un bon chrétien, qu'un homme que l'on puisse imiter 
sans exposer sa religion et son salut, ne fera et ne favori- 
sera jamais un mauvais journal. Un homme est comme 
un arbre : on le juge par ses fruits. Notre-Seigneur nous 
rappelle cette vérité dans le saint Evangile, et ferme sa 
comparaison en nous disant qu'un bon arbre ne peut pro- 
duire de mauvais fruits, et qu'un mauvais arbre n'en sau- 
rait produire de bons. 

Donc, dès le moment que l'on voit à la tête d'un 
journal quelqu'un ou quelques-uns de ces hommes qui 
sans avouer formellement qu'ils ont abandonné la foi et 
qu'ils ont apostasie dans leur cœur, vivent dans l'oubli et 
l'abandon absolu de tout devoir religieux ; des hommes 
qui ne réussissent point à déguiser la haine qui les anime 
contre la religion et ses ministres, dont ils ne parlent 
jamais qu'avec un mépris qu'évidemment ils triomphe- 
raient de faire partager aux autres ; des hommes dont la 
vie privée est notoirement connue comme entachée de 



-17- 

vicfs et de désordres scandaleux ; on peut dire dès lors, 
sans crainte de se tromper, qu'un journal fait ou favorisé' 
par des hommes ainsi disi)osés, ne peut être qu'un mau- 
vais journal, parce que partout et toujours la bouche 
ou la plume parle de l'abondance du cœur et de l'es- 
prit. Mais comme l'on n'est pas toujours à mOme de 
connaître personnellement les rédacteurs et les patrons 
d'un journal, son esprit et son langage fournissent un 
autre moyen non moins sûr de le juger. On peut môme 
quelquefois l'apprécier bien sûrement par le silence 
affecté qu'il garde en certaines circonstances, ou sur 
certaines questions, certains événements d'un carac- 
tère spécial, d'un intérêt particulier pour quiconque 
garde encore quelque sentiment de foi, quelque principe 
religieux en son âme ! Ainsi il est très certainement 
mauvais, le journal qui n'a jamais un mot de protec- 
tion et de défense en faveur de la religion ni de ses 
œuvres et de ses pratiques; qui au contraire recherche 
avec avidité des prétextes imaginaires pour l'accuser et la 
blâmer ; qui goûte un infernal plaisir à déverser et attirer 
le mépris et l'injure sur les prêtres, les évêques, et le Pape 
lui-même ; qui émet souvent des idées et des opinions qui 
sont directement opposées à l'enseignement catholique 
sur certains principes de l'ordre social et politique ; qui 
saisit toutes les occasions de dénigrer certaines institu- 
tions de l'Eglise, et cite avec malice et complaisance de 
prétendus faits, ou des faits dénaturés, pour jeter de 
l'odieux sur cette sainte Epouse du Christ ; qui se fait le 
partisan déclaré des idées garibaldiennes, et laisse percer 
en toute rencontre la satisfaction qu'il éprouverait à les 
voir triompher; qui en conséquence est ouvertement hos- 
tile au pouvoir temporel du Pape, qu'il souhaite de voir 
détruit, contre le vœu, et malgré l'opinion et le sentiment 
contraire et unanime du monde catholique entier, qui se 
presse en ce moment autour du Pontife-Roi pour défendre 
son domaine ; qui se tait sur ce sublime mouvement de 
9 



— 18 — 



t 



foi, ou qui n'en iiaile que pour le blâmer; qui n'a que 
(les paroles d'éloge pour les ennemis les plus acharnés du 
Saint-Siège; qui i)uise ses renseignements et ses appré- 
ciations aux sources les plus hostiles à la foi catholique ; 
qui sans cesse prodigue son admiration à des institutions 
politiques étrangères, et ne manifeste que du dégoût et 
du mépris pour celles de la patrie : qui n'hésite point à 
s'attribuer le droit de juger les Evêques et de fixer des 
bornes à leur mission ; (jui prend le ton du maître et du 
juge pour critiquer amèrement les mandements, les 
lettres jiastorales des Evêques, quand ils ont cru de leur 
devoir d'élever la voix pour mettre les fidèles en garde 
contre des mesures pouvant amener des conséquences 
funestes i)Our la religion. Enfin, un troisième moyen de 
reconnaître le mauvais journal, ce sont les effets qu'il 
produit sur ceux qui le reçoivent — Que l'on voie ce que 
sont devenus un grand nombre de ceux qui lisent les 
journaux qui ont donné à la présente Lettre Circulaire sa 
raison d'être. Ne se distinguent-ils pas ])ar un esprit de 
prétention et d'orgueil qui les porte à juger de tout, 
hommes ([ui c[uelquefois ne sont pas même en état de lire 
leur journal qu'ils se font lire par de petits enfants qui 
\ont encore à l'école, ou tiui peuvent à ])eine le lire cou- 
ramment, et qui cependant veulent dominer en tout et 
l)arlout ; qui sui)portent difficilement leur curé quand ils 
ne lui font pas une guerre ouverte, parce qu'ils portent 
envie à son influence, qu'ils voudraient usurper pour 
mener la paroisse à leur guise ; qui font bon marché des 
pratiques de la piété et de la dévotion, et même de leurs 
devoirs de chrétiens ; qui ont l'air d'être persuadés que la 
machine publique, pour laquelle ils se disent pris d'un 
zèle véritablement ridicule, ne pourrait aller sans eux ; 
qui sont remplis de plans et d'utopies dont ils feignent 
d'attendre leur bonheur et celui des autres, et qui font 
leur tourment, en même temps que celui des pauvres 
aveugles auxquels ils ont fait partager leurs idées ; qui 
s'agitent, se tourmentent la nuit et le jour, et ne mettent 



'■■s 



- 19 — 

aucune borne à la violencx- de leurs paroles et de leurs 
actions, quand il s'agit d'assurer le succès du parti qu'ils 
ont embrassé, et qui en toutes choses est ordinairement 
le mauvais. Mais c'est surtout dans la manière dont ils 
tranchent et décident les questions religieuses, qu'ils sont 
vraiment admirables ' ! L'incroyable aplomb avec lequel 
Ils passent jugement et condamnation sur les prêtres, les 
Kvôques, et sans se gôner sur le Pape lui-même, .piand ils 
s imaginent avoir besoin de le faire, est particulièrement 
■nconcevable dans des gens qui se disent, et peut-être 
môme se croient encore catholiques, malgré tout cela. 
Te magnifiques échantillons de ces dispositions si peu 
chrétiennes, de ce triste savoir-fiiire d'un nouveau genre 
nous ont été fournis pendant les dernières élections géné- 
rales, tantôt sur les hustings, tantôt aux portes des 
églises, à l'issue du service divin. N'a-t-on pas là et alors 
entendu de pitoyables orateurs .se ruer sur-le sermon du 
cure, comme s'ils avaient cherché à déchirer et mettre en 
pièces cette môme parole qui venait de recommander le 
respect pour les enseignements et les avis des premiers 
pasteurs, l'obéissance à la loi et à l'ordre établi, la cha- 
nte et la bienveillance mutuelle ? A quiconque leur prê- 
tait l'oreille avec tant soit peu d'attention, il n'était pas 
d.thcile de voir où les nouveaux orateurs avaient puisé 
leurs leçons d'éloquence ! C'était la lecture du mauvais 
journal qui étalait ses fruits corrompus et corrupteurs- 
et l'on reconnaissait à chaque instant quelques-unes de 
ses Idées, et même de ses phrases, reproduites avec toute 
la .saveur et le parfum de leur esprit irréligieu.x et anti- 
cathol.que ! 11 y en a plus d'un parmi vous, chers colla- 
borateurs, qui pourrait sur le témoignage de ses yeux et 
de ses oreilles certifier que ce que je dis ici, est loin d'être 
une fiction, mais que c'est malheureusement au contraire 
la triste réalité ! Gémissons en pensant que tels sont les 
citoyens et les chrétiens que doit nécessairement former 
la lecture des mauvais journaux en Canada, comme 



— 20 — 



partout ailleurs ! L'expérience est faite ; il n'y a plus 
moyen d'en nier les résultats. 

Je ne demande au catholique sincère qu'un peu de 
bonne volonté : et pour peu qu'il se donne la peine d'ap- 
pliquer avec discernement la règle que je viens de tracer 
pour reconnaître qu'un journal est mauvais, dangereux et 
pernicieux à la fui et à l'esprit de religion, il ne manquera 
pas de frapper juste et de découvrir l'hôte funeste et pes- 
tiféré qu'il aurait eu l'imprudence ou le malheur d'admettre 
sous son toit ! Avec cette règle, le sens religieux et moral 
suffira à un cœur droit, à un esprit dégagé des intérêts de 
la passion, pour juger si un journal paraît sous les cir- 
constances, ou avec quelques-unes des dispositions, des 
tendances, des couleurs, des nuances, ou môme si vous 
voulez me passer l'expression, quelques-unes des odeurs 
que je viens de signaler ! Et s'il en est ainsi, un bon chré- 
tien sait alors faire son devoir par lui-même, sans attendre 
que l'Evêque ou le curé ait parlé. Tout le monde sait ce 
qu'il faut se hâter de faire quand un loup entre dans la 
bergerie, ou qu'un reptile venimeux a pénétré dans la 
maison. 11 en doit être de même du mauvais journal, qui 
déjà aurait été admis ou chercherait à se faire admettre 
dans une famille, d'où la crainte de Dieu, l'amour de sa 
loi sainte et l'attachement à la religion n'auraient pas 
encore été entièrement bannis. Et pour que l'on soit ainsi 
strictement obligé, sous peine de péché, de repousser ou 
de bannir courageusement le mauvais journal, il n'est pas 
nécessaire qu'il porte toutes les marques et tous les carac- 
tères auxquels j'ai dit que l'on pourrait facilement le re- 
connaître ; c'est assez qu'il les ait en partie, pour que l'on 
ne puisse pas le recevoir en conscience. 

Il serait plus que superflu de vouloir démontrer qu'il se 
publie dans le pays un plus ou moins grand nombre de 
mauvais journaux. Il suffit pour que l'on soit obligé de se 
mettre sur ses gardes, de savoir qu'il en existe ; et quand 
il n'y en aurnit qu'un, il y aurait toujours la même prudence 



-21-. 

à garder, et le même devoir à remplir, parce que le mal 
n'est point en rapport direct avec le nombre, mais avec 
la diffusion aes mauvais journaux. Et un seul mauvais 
journal ferait un mal incalculable, si on le laissait acquérir 
une grande circulation. Voilà d'où sont venus les efforts 
constants et héroïques d'un prOtre éclairé et zélé, aujour- 
d'hui devenu Evoque, auquel nous avons dans le temps 
tous applaudi, pour l'encourager dans la lutte qu'il avait 
entreprise contre un certain petit journal, qui n'était cer- 
tainement pas de nature à faire plus de ravages dans les 
âmes que les journaux dont c'est notre devoir absolu de 
tâcher d'empêcher la circulation, et même la publication, 
s'il peut nous être donné d'arriver à ce but. Espérons que 
Dieu nous viendra en aide, et qu'il prendra en main la 
cause de son peuple si violemment tenté et poussé vers sa 
perte ! Ses ennemis, véritables loups qui se travestissent 
en brebis, n'ignorent pas ce que l'on a réussi à faire en 
d'autres pays, par le moyen du mauvais journalisme. Ils 
se flattent qu'avec le môme moyen, ils obtiendront les 
mômes résultats. A nous le soin et la charge de briser 
leurs efforts, et de faire échouer leur tentative aussi anti- 
nationale qu'anti-religieuse. 

Voue vous ferez donc un devoir de mettre les brebis 
confiées à vos soins en él^t de discerner les mauvais jour- 
naux par les moyens que je viens de vous suggérer, ou 
par tels autres que vous jugeriez aussi propres à cette' fin. 
Il n'y a pas de doute que ceux qui s'y tromperont après 
cela, seront dans une erreur bien volontaire, et ne pourront 
avoir aucune excuse devant Dieu. Et si, refusant d'écouter 
et de suivre vos instructions et vo.i conseils, ils s'obstinent 
a continuer de recevoir le mauvais journal, il faudra né- 
cessairement leur refuser les sacrements. C'est le seul 
moyen coercitif à notre disposition pour éloigner les 
âmes du danger que vont semer partout ces feuilles em- 
poisonnées ; d venenatis hujusmodi paginis arcere ' Une 
chose bien certaine, c'est que lorsque vous les aurez ainsi 



— 22 — 



îi 



,^^ 



instruits et jjrd'vcnus de ce (lui devient une stricte obliga- 
tion i)our vous, et un dcvoi;- impérieux ]iour eux, sauf les 
cas d'exceptioti justifiés |)ar les i)rincipes df la théo- 
logie et(|u'il serait toujours sage de soumettre au jugement 
de l'EvCtiue, ils ne pourront plus prétexter ignorance ; et 
que s'ils osaient s'aller confesser sans vider leur conscience 
de tout doute sur la qualité du journal qu'ils reçoivent, 
les sacrements auxciuels ils participeraient après une con- 
fession ainsi faite dans la mauvaise foi et dans la témérité 
de l'orgueil, au lieu de procurer la vie donneraient la 
mort à leur âme ! La iireniiére des conditions re(|uises à 
une bonne confession, c'est l'humilité : et serait-il humble, 
le chrétien qui oserait ainsi mépriser le jugement du su- 
périeur ecclésiastique, pour s'en rapporter à lui-mCme, ou 
à (pielque ignorant et faux ami, ou peut-Otre encore à des 
suggestions sacrilèges qu'il pourrait avoir lues dans le 
journal même sur la réception duquel il s'obstinerait à 
garder à son confesseur un silence jjIus que coupable? 
Ce serait assurément un acte des plus anti-catholiciues, 
qui au lieu de la miséricorde n'attirerait sur son auteur 
que la colère et la justice de Dieu, qui tient en une abo- 
mination toute spéciale \(i pauvre superbe, paupercm su- 
perbuin (Ecc, 25, 4). Et aux yeux et dans le sens de la 
foi, quoi de plus pauvre qu'une iime assez dépourvue de 
l'intelligence des vérités éternelles, pour écouter les sug- 
gestions de son orgueil, qui seul l'empocherait ici de se 
soumettre ? Ce serait vraiment li répétition du non serviaiii 
de Lucifer 1 Aussi, point de pitié au confessionnal i)OU) 'un^ 
pareille rébellion ! et certainement que Dieu liera aans 
le ciel ce qu'alors vous aurez lié sur la terre ! 

Sans doute qu'il ne saurait être question d'oser venir 
dire, pour s'excuser, que l'on ne reçoit ces journaux qu'à 
vT'Uïïe du parti politique qu'ils supportent, jjarce que ce 

•■re.'a ne Jnu.rait ))révaloir contre les raisons qui ont 
a'u ''^ y^ nécessité de les condamner, et qui sont d'un 
or!- ■ l>ica supérieur .< la jjolitique, de l'ordre religieux et 



— 23 — 



mcmi. 8i <x- journaux, au lieu d'entrer témérairement 
(lanr It; domaine de la religion, et de s'y établir en maîtres 
et en juges, s'étaient contentés de faire ce qui s'appelle 
purement et simplement de la politique, une politique 
constitutionnelle et légale, (|uand même leur politique efit 
été comme celle de ([uehiues feuilles du jiays opposée au 
parti qui gouverne, il ne serait jamais venu en idée au\ 
supérieurs ecclésiasti(iucs de s'occuper de les comlamner, 
et de défendre de les recevoir. Personne n'ignore que les 
Kvéques et les prêtres du pays connaissent assez la cons- 
titution sous laquelle ils vivent, pour ne point troubler le 
repos de conscience des citoyens, (piand il s'agira uni(iue- 
ment d'une opinion i)olitique soutenable, quand même il.'i 
ne partageraient i)oint cette oj)inion. 11 est cependant 
bien vrai, quoi qu'en puissent penser et dire certains libé- 
raux avancés, un peu atteints de la prrtroj^hobk, (pi'unc 
opinion i)olitique qui serait en défaveur auj)rùs du clergé 
du pays en général, ne devrait guère trouver crédit et 
support auprès des citoyens calmes et éclairés, je dirais 
même, sensés ! Si donc il faut nécessairement en venir 
aujourd'hui à la condamnation de certains journaux, du 
moins au for intérieur et secret de la conscience, |)uisqu'il 
y a entrave à le faire au for extérieur, c'est jjarce que ces 
journaux sont un scandale jmur les fidèles, dangereux et 
pernicieux à la foi et res])rit de religion. Nul autre motif 
n'a inspiré e^ dicté cette condamnation : et c'est le seul 
qui devra animer notre zèle et guider nos démarches, 
dans tout ce que nous aurons à faire pour nous acquitter 
du pénible devoir ([ue nous imposent les circonstances et 
le jugement de l'éminent supérieur ecclésiastique qui 
nous a dit à chacun : ovcs tibi concreditas à venenatis liujus- 
modi pagiiiis arcere curabis ! ! ! 

Il me semble, Messieurs et chers collaborateurs, qu'il 
vous sera maintenant assez facile de vous acquitter de 
cet '"mportant devoir vis-à-vis vos bons et chers paroissiens 
et tous ceux dont vous pourriez être appelés à éclairer et 



— 24 — 

diriger la conscience relativement à cette question si épi- 
neuse et si agitée des journaux. Ce qu'il importe surtout 
en une mesure d'application générale comme celle-ci, c'est 
qu'il y ait entente et uniformité parfaite, et que nulle di- 
vision d'opinion n'apparaisse entre ceux qui la doivent 
mettre à exécution. La victoire sur l'ennemi dani^ereux et 
funeste que nous avons à combattre, et qui, je le crains, 
a ])eut-être déjà fait aux âmes un mal dont nous n'aper- 
cevons pas toute l'étendue et la profondeur, ne saurait 
nous rester qu'à cette condition. Est ce que nous pour- 
rions oublier que la simple apparence d'un défaut d'union 
entre ceux qui avaient engagé la lutte, a dernièrement suffi 
pour compromettre assez gravement un très beau tri- 
omphe, remporté malgré tout en faveur de l'ordre social 
et, je crois pouvoir dire, de l'ordre religieux dans le pays ? 
C'est bien ici qu'il faut nous rappeler et méditer la sen- 
tence de l'Evangile qui s'applique si naturellement au cas 
présent, qu'elle vient comme d'elle-même se placer sous 
nos yeux : Oinne regnntn in seipsitm divisum desolabitur! 
Puis donc que nous ne voulons pas la désolation de l'E- 
glise, le royaume de Jésus-Christ, dont la défense nous est 
confiée, restons unis en présence des ennemis qui l'atta- 
quent, et que nous voulons repousser. 



II 

Vous voudrez bien me permettre de profiter de cette 
occasion pour vous dire un mot, mais un mot seulement 
sur la délicate question du prêt à intérêt, qui malgré tout 
ce qui a dernièrement été dit et écrit sur le sujet, con- 
tinue malheureusement à être entaché d'usure en bien des 
cas, soit à raison de l'exagération du taux d'intérêt, soit à 
cause de certaines clauses ou conditions usuraires que 
l'on adjoint au contrat de ])rêt. Il est difficile de pour- 
suivre l'usure dans tous ses retranchements et toutes ses 
cachettes. Néanmoins, un peu de surveillance et de dili- 



-25-. 

gencc, quelques instructions faites de temps à autre sur le 
sujet, empocheront beaucoup de grandes et graves injus- 
tices, et donneront peut-être un peu d'entrailles aux usu- 
riers. Soyez surtout bien fidèles et bien fermes à suivre les 
instructions et les décisions que mes illustres et vénérés 
prédécesseurs vous ont données sur cette matière, spéci- 
alement pour ce qui tient au taux d'intérêt. Refusez in- 
flexiblement l'absolution à quiconque ne veut pas se bor- 
ner à huit pour cent d'intérêt annuel, pour le cas du pur 
et srniple prêt : ce qui doit être le plus haut intérêt toléré 
d'après une décision de l'autorité ecclésiastique. Pour de- 
mander au delà, il faut avoir des titres, et des titres clairs 
et certains à une indemnité, motivée sur un gain que l'on 
perd, ou un dommage que l'on souffre. Mais il faut alors 
que le gain ou le dommage soit fondé sur quelque chose 
de réel et de positif, et non pas sur des espérances et des 
calculs plus ou moins imaginaires. -'Je ferais plus en spé- 
" culant," dit souvent un prêteur ambitieux, sinon usurier 
Répondez-lui invariablement : "Hé bien, spéculez, la chose 
I' ne vous est pas défendue, si vous spéculez honnêtement • 
" mais il vous est sévèrement défendu de prêter au delà 
" de huit pour cent." Et renvoyez sans hésitation celui 
qui ne voudra pas se soumettre à cette règle. Ici encore 
il faut une rigoureuse uniformité d'opinion, ou du moins 
de pratique. Sans cela, point de résultat, si ce n'est peut- 
être de nous trouver à la fin le comj.licede l'usurier, pour 
avoir cédé à ses injustes instances. 



III 

Si vous le trouvez à propos, vous pourrez vous servir 
de cette lettre dans les instructions, les avertissements, 
les conseils ou décisions que vous aurez à donner sur les 
sujets qui en font la matière. 



26 — 



l'ti 



IV 

Je prie Dieu do répandre sur vous toutes les grâces et 
les bénédictions de son divin amour ; de vous donner 
force, santé et courage pour supporter les labeurs si im- 
portants et les fatigues si méritoires de la saison du Carême 
et des pfuiues. Je vous bénis avec toute l'effusion de mon 
âme ; et en me recommandant à vos ferventes prières, je 
me souscris en toute bienveillance et affection, Messieurs 
et chers collaborateurs, 

Votre très humble et dévoué serviteur, 

I C. Ev. DE St-Hvacinthe. 






CIRCULAIRE 

<'nnorrnnii<!lrit «'oiift'ronfPH «^rrK'HiaHliqiivH. robliBiillon <lr In 

K^Mltieiire, !<■ I\c «'oiicilr i>r»viii<-liil. la Vlitite piiHl«rnl<>. 

les «eiitrvii flioc-i'iinliieH «•« le nixl<>iue nur lo rcveiiinU-n 

Fnbrif|iieM 



EvÊCHÉ DE Saint-Hvacinthe, i" avril 1868. 

Messieurs et chers Coi.larorateurs, 

Il m'est enfin donné de pouvoir vous adresser le résul- 
tat des Conférences ecclésiastiques de l'année dernière. 
Vous voudrez bien, j'espère, me faire grâce du détail des 
raisons qui m'ont empêché de vous faire parvenir plus 
tôt un compte rendu que vous aviez droit d'attendre avec 
impatience, après le travail sérieux auquel vous vous êtes 
livrés, pour arriver à l'exacte solution des questions de 
Théologie, de Liturgie et d'Ecriture sainte qui vous 
avaient été proposées comme études pour vos Conférences. 
J'éprouve un véritable bonheur à vous rendre le témoi- 
gnage qu'il est évident que vous avez abordé avec zèle et 
conscience les sujets que vous aviez à traiter. I,es recher- 
ches, les citations d'autorités choisies et nombreuses con- 



27 — 



signées dans les proccs-verhaux des divers arrondisse- 
ments, dénotent que chacun de vous comprend que pour 
entrer dans l'esprit du lo- décret du i'-' Concile provin- 
cial, il doit regarder la Conférence ecclésiastique non pas 
comme une simple formalité, mais comme un véritable et 
important devoir qu'il faut se ])réparer sérieusement à 
remplir. 

^'ous l'avez bien rempli, Messieurs, ce devoir vis-à-vis 
les premiers sujets que j'ai eu le plaisir de livrer à votre 
étude et je me flatte qu'il en sera de même de ceuv des 
Conférences de cette année et des années à venir i 

La question de la Résidence, divisée en deux pour en 
iaire le sujet des deux Conférences de l'année, était de 
nature a produire une étude assez longue. Et de fait il en 
est résulté un travail si considérable, que j'ai cru devoir 
me borner a vous présenter j)our com]ne rendu' une ana- 
lyse (lui me paraît néanmoins bien suffisante pour vous 
faire juger du soin avec lequel a été fait ce travail et 
pour vous édifier du bon exemple que vous vous ê'tcs 
ainsi mutuellement donné. 

Vous trouverez à la suite du compte rendu des Confé- 
rences de l'année dernière, les sujets dont vous aurc. à 
vous occuper en ,.d\cH de la présente année. Autant qu'il 
sera possible, iVessieurs les Présidents devront réunir 
1 assemblée de la première Conférence, qui se tient ordi- 
nairement en hiver, dans le cours du mois de mai ou, du 
moins, de juin ,; et l'assemblée de la Conférence d'été devra 
avoir lieu le plus tard en octobre. Si, comme je l'espère, il 
est possible de se conformer à cette rerominandation, je 
pourra, avant la fin de l'année vous rendre compte du 
résultat des Conférences dont je vous adresse aujourd'hui 
les sujets, et vous donner en même temps les sujets de 
celles de l'année prochaine. 

•Maintenant, Messieurs et chers collaborateurs, pcrinet- 
te/-m<ii d'ajouter ,,u'en vous donnant la <piestion de la 
Kesidence pour sujet de vos Conférences, j'avais l'inten- 



\4 
r 



28 



'II! 



H 



ti'on bien arrêtée de vous porter par cette étude à réfléchir 
sur cette obligation si grave pour tous ceux qui ont char(,'-e 
d'âmes, ou mission à remplir dans le ministé-e des âmes. — 
Je ne puis ni veux être plus sévère que les principes éta- 
blis en cette matière par la théologie et le droit canon ; 
mais je désire instamment que personne ne perde de vue 
le vrai sens de ces principes, et que chacun les applique 
consciencieusement à la situation qu'il occupe dans 
l'Eglise. Et pour satisfaire à ce désir que tout bon prôtre 
accueillera comme un avertissement dicté par le devoir, 
l'on n'aura qu'à se conformer aux prescriptions et à l'es- 
prit du Recueil d Ordonnances du diocèse de Québec, 
établi par mon illustre Prédécesseur comme base de la 
discipline de ce diocèse, et cité parmi les autorites invo- 
quées dans les Conférences. Si l'on agit véritablement en 
conformité à cet esprit, les consciences, tant celle de 
l'Evêque qui doit surveiller, que celles des pasteurs qui 
doivent journellement conduire le troupeau de Jésus- 
Christ, pourront jouir d'une heureuse i;écurité. 

II 

Par des lettres datées le deux février. Sa Crâce Mgr 
l'Archevêque de Québec a convoqué les Evêques de la 
province à un quatrième Concile provincial, qui s'ouvrira 
à Québec jeudi, le 7 mai prochain. Vous n'ignorez pas. 
Messieurs et chers collaborateurs, quelle est l'importance 
de ces assemblées, prescrites et réglées par les lois et la 
sagesse de l'Eglise. Dans les temps difficiles et orageux 
que nous avons à traverser, que de force, de secours et de 
lumières elles sont destinées à nous apporter pour nous 
faire marcher sûrement dans les voies à suivre pour arri- 
ver au but vers lequel seul doivent tendre tous les efforts 
de notre zèle sacerflui.al : le triomphe de la vérité et le 
règne de Jésus-Christ dans le monde ! Nous ne pouvons 
en attendre ces heureux résultats, qu'autant que le souffle 
de l'Esprit-Saint aura inspiré les avis, les conseils et les 



29-. 



ordres qui en peuvent émaner pour notre direction. Nul 
doute que ce divin Esprit ne daigne venir en personne 
présider à l'assemblée des Evoques ainsi réunis par obéis- 
sance aux lois de l'Eglise, et les guider dans tous leurs 
travaux et toutes leurs opérations, si la prière du clergé 
et des fidèles s'élève avec ferveur vers le ciel pour 
l'en faire descendre. Je viens donc, en conformité à l'in- 
tention de l'Eglise et au désir exprimé par notre véné- 
rable Métropolitain, vous demander de prier vous- 
mêmes, Messieurs et chers collaborateurs, et de faire 
prier les âmes confiées à vos soins, spécialement les 
communautés religieuses dont vous pourriez avoir la 
direction, pour que Dieu répande sur ce prochain Con- 
cile les faveurs et les bénédictions les plus abondantes, et 
qu'il en résulte pour toute la province ecclésiastique les 
plus heureux fruits ! Et pour remplir cette intention et ce 
désir, dans toutes les églises ou chapelle: du diocèse où se 
fait l'office public, l'on chantera une grand'messe annoncée 
au prône le dimanche précédent, mercredi le 6 mai, jour 
consacré à honorer le martyre de saint Jean devanc la Porte 
Latine, afin Je placer le Concile qui s'ouvrira le lende- 
main, sous la puissante protection de ce bien-aimé disci- 
ple de Notre-Seigneur, auquel l'Eglise nous fait adresser 
au jour de sa -fête ces paroles si expressives de foi et de 
confiance en ses docfiines et ses lumières ;" Ecclesiam 
tuam. Domine, benignus illustra, et beati Joannis Apostoli 
tui et Evangelistœ illuminata doctrinis ad dona perveniat 
scmpiterna ! " A la messe de ce jour, et à celles de chacun 
des jours du Concile, les prêtres devront ajouter aux autres 
oraisons la collecte du Saint-Esprit. 

iir 

Je dois aussi recommander d'une manière toute spé- 
ciale à vos bonnes et ferventes prières et à celles de vos 
ouailles l'œuvre importante de la Visite pastorale, pour 
qu'elle procure gloire à Dieu et salut aux âmes. De ma 



H 



30- 




vie je n'ai gofilé plus de consolations dans l'exercice du 
saint minisière que dans la visite que je faisais l'été 
dernier aux missions des townshijjs qui font partie du 
diocèse. Je crois jjouvoir dire que les quarante et quelques 
jours consacrés à cette visite ont été un triomphe conti- 
nuel de ia grâce et de la miséricorde de Dieu dans les 
ânies ; témoins tous les prêtres (pii ont concouru aux 
travaux, et plus spécialement ceux qui m'ont accomi)agné 
pendant le cours de cette campagne évangélique. Je 
compte sur l'efficacité de vos prières pour oser espérer 
que Dieu daignera se montrer aussi bon et aussi miséricor- 
dieux en faveur de la partie du diocèse que je visiterai 
cette année dans l'ordre et aux jours ici indiqués, (i) 

Messieurs les curés cpii doivent recevoir la visite liront 
à leur prône, le dimanche (pi'ils jugeront plus convenable, 
mon mandement de première visite i)astorale, adressé l'an 
dernier à tous les prêtres du diocèse, afin de préparer 
leurs paroissiens à recevoir avec esprit de foi cette visite 
de leur premier pasteur qui, malgré toute son humilité et 
son indignité, se présentera à eux comme le véritable 
représentant de Jésus-Christ. 



11:11 



IV 

Je profite de cette occasion pour vous faire rendre 
compte des résultats du zèle déployé dans le diocèse en 
faveur des belles œuvres de la Propagation de la Foi et de 
la .Sainte-Enfance. Vous verrez en comparant le compte 
rendu de la dernière année avec ceux des années passées, 
que ces deux œuvres se soutiennent assez bien dans le 
diocèse. J'espère que votre zèle trouvera dans ce succès 
un motif qui l'animera, pour vous porter à faire tout en 
votre pouvoir, afin que nos bons fidèles comprennent de 
mieux en mieux l'avantage et la beauté de ces œuvres, 
surtout de celle de la Propagation de la Foi, et se montrent 



(i) Cet itinéraire est renvoyé à la fin avec les autres. 



— 31 — 

de j.lus en plus empressés à s'y associer et à y contribuer 
Dites-leur avec assurance qu'il ne saurait y avoir pour 
eux un moyen plus efficace pour conserver en eux-mêmes 
et dans leurs enfants le don et le dépôt sacré de cette foi 
sans laquelle ,1 est impossible de plaire à Dieu, que de se 
rendre j.ar la prière et l'aumône participants des travaux 
et des mentes de l'apostolat cjui se dévoue à la conserva- 
tion ou a la propagation de cette divine foi dans les âmes 
Qu Ils comprennent bien cette vérité, et l'œuvre, au lieu 
de déchoir, prendra de l'essor et deviendra plus prospère. 

V 

Dans ma circulaire du ii janvier dernier, je vous disais 
que les collectes faites pendant les exercices du tnduum 
étaient destinées à l'œuvre des Zouaves Pontificaux, et de- 
vaient être envoyées au secrétariat de l'évêché. Je vous 
prie de ne pas oublier cette recommandation / et dans le 
cas où vous auriez envoyé directement le produit de celte 
collecte au comité de l'œuvre, à Montréal, veuillez bien 
en rendre un compte exact à Monsieur le secrétaire Moreau. 
ainsi que de toutes les contributions directes ou indirectes 
versées dans les fonds de l'œuvre par des personnes de 
votre iKiroisse, ou agissant sous votre direction, afin qu'il 
«oit poss.ble.de savoir bien précisément quelle part notre 
diocésj aura prise dans cette œuvre si belle et si catho- 
lique des Zouaves Pontificaux. 

VI 

(Quoique jusqu'ici je n'aie fait que vous informer du 
droit que le Saint-Siège a jugé à propos d'accorder à l'E- 
vêque de St-Hyacinthe de prélever un dixième sur les re- 
venus des Fabriques, pour lui procurer le moyen de sub- 
sister et de se tirer de l'embarras où l'a jeté l'état de ses 
affaires temporelles, il ne faudrait point en conclure que 
J ai renoncé à l'exercice de ce droit. Cependant, comme 
plusieurs d'entre vous me l'ont observé, il y aura une difii- 









^iili 



II 



-32- 

culté réelle à rencontrer en l'exerçant, à cause des dettes 
assez considérables contractées par plusieurs des Fabri- 
ques du diocèse. Aussi mon but en vous abordant ici le 
sujet, n'est point de presser la mesure, mais seulement de 
prier Messieurs les curés de vouloir bien me dire ce qu'ils 
en pensent, chacun ayant soin ds faire attention à l'état de 
sa Fabrique et aux dispositions probables des marguilliers. 
Si l'EvCque ne pouvait demander que difficilement ce dix- 
ième, à raison de l'état des affaires de la Fabrique ou des 
dispositions des marguilliers, ne serait-il pas possible de 
compter sur l'efficacité de quêtes faites dans la paroisse 
pour remplacer ce dixième ? Ne serait-il pas possible d'a- 
mener les paroissiens à comprendre que ce ne serait pas 
trop exiger d'eux, que de demander que tous ensemble, 
aidés de la Fabrique quand la chose serait praticable, ils 
lissent chaque année à leur Evoque une offrande égale à 
celle que le Saint-Siège a obligé le curé à lui faire pendant 
dix ans ? Rien de persuasif comme l'exemple ; et en vé- 
rité il me semble qu'il n'y a guère de paroisse qui refuserait 
d'imiter ici son curé, du moment que celui-ci consentirait 
à se proposer pour modèle, et à dire avec conviction à ses 
paroissiens : " Voilà ce que je fais par un devoir qu'aussi 
" bien que moi vous avez à remplir : et si vous le voulez, 
" il vous est tout aussi aisé qu'à moi de vous en acquitter. 
" Je pourrais même dire que la chose devrait vous être 
" bien plus facile, puisque je fais seul ce que vous auriez 
" à faire tous ensemble ! " Je livre cette suggestion à 
à votre examen, et à la bonne volonté de Messieurs les 
curés que leur position appellerait naturellement à en as- 
surer le succès, en vous priant de croire que ce n'est qu'à 
regret que je me décide à demander un nouveau sacrifice 
à ajouter à tous ceux que déjà vous avez faits pour aider 
votre Evêque à faire face à l'embarras de ses affaires. Les 
paroisses du diocèse des Trois-Rivières ont fait quelque 
chose de semblable à ce que je viens de suggérer, exacte- 
ment pour la même cause et pour la même fin. Leur 



- 33 - 

Evêque était accablé du poids d'une énorme dette j et 
elles sont venues à son secours, en unissant leurs offrandes 
à celles de leurs curés, selon un plan parfaitement analogue 
a celui que je propose. Une autre considération que l'on 
pourrait faire valoir, c'est qu'il existe un droit général 
dans 1 Egl.se, appelé comme vous savez,//., cathedraticum, 
en vertu duquel toutes les églises du diocèse eont tenues 
de payer chaque année une certaine redevance à l'Evêque 
SI celui-ci l'exige. Ce droit qu'ils exercent et auquel toutes 
les congrégations ou paroisses se soumettent volontiers 
fournit aux Evêques des Etats-Unis une de leurs princi! 
pales ressources pour se supporter et faire leurs œuvres. 
Je désire qu'il soit bien entendu qu'en cette mesure dont 
je comprends toute la délicatesse et les difficultés, il ne 
doit être question que de procédés établis sur la pérsua- 
sion et la bonne volonté. Je serais prêt à immoler le pro- 
jet et le droit, si pour réussir il nous fallait sembler vouloir 
recourir à des moyens de rigueur. J'ai vécu depuis bien- 
tôt trente-six ans des seules ressources que l'Eglise met- 
tait à ma disposition, et jamais je n'ai réclamé mes droits 
autrement qu'en faisant appel à l'esprit de justice et de 
religion ! Vous approuverez sans doute que je ne veuille 
pas aujourd'h-ui changer de procédé. 

VII 

Un dernier mot. Messieurs et chers collaborateurs, qui 
a, je crois, son importance. En lisant notre Imitation, nous 
avons souvent réfléchi sur la sagesse du principe que son 
pieux et saint auteur nous a rappelé en citant ces deux 
vers d'un poète pain : Principiis obsta ! Sera medicina 
paratur, quum mala per iotigas invaluere moras. C'est 
une espèce d'aphorisme applicable à une foule de circons- 
tances, de cas, de besoins moraux et physiques : il ne me 
vient à l'idée à la suite de ce qu'une triste nécessité me 
forçait de vous écrire dernièrement à l'occasion des mau- 
vais journaux qui ont fait tant de ravages dans les esprits 
t. iii o 



— 34 — 

et les âmes. Instruits par notre funeste expérience, veil- 
lons avec soin sur un journal qui apparaît et que l'on 
cherche à répandre parmi les populations dont nous avons 
la garde et la charge. S'il ne porte pas évidemment le ca- 
ractère et les marques d'un bon journal, surtout s'il mérite 
quelqu'une des notes infligées aux mauvais journaux 
par ma circulaire, principiis obsta ! faisons-nous un 
devoir d'employer tout notre zèle et toute notre prudence 
à l'étouffer ou du moins à l'cmpôcher de se répandre, dès son 
apparition. Autrement, il serait peut-ôtrc trop tard quand 
nous voudrions a^ pliquer le remède, sero mcdicinaparatur ! 
et le mal aurait déjà fait de grands progrès, comme nous 
avons aujourd'hui la douleur de voir en pareille matière, 
lorsque nous voudrions en finir avec nos hésitations et nos 
délais ! Malaper longas invaluere moras ! Que Dieu nous 
épargne sous ce rapport des malheurs nouveaux! eiquele 
passé suffise à nous instruire et à nous mettre sur nos gar- 
des pour l'avenir ! 

Je termine, Messieurs et chers collaborateurs, cette 
lettre en laquelle j'ai abordé des questions et des sujets 
un peu variés et multipliés, en vous priant de vouloir bien 
me pardonner de vous envoyer ainsi pêle-mêle des consi- 
dérations et des observations que j'aurais peut-être dû 
traiter avec un peu plus d'ordre. Mais voulant simplement 
m'entretenir avec vous de nos intérêts et de nos besoins 
communs, j'ai permis à ma plume de courir et à mon cœur 
de s'épancher, avec tout le laisser-aller d'une conversation 
d'amis. Sur ce, je prends congé de vous, en me recom- 
mandant à vos prières, et en vous adressant des souhaits 
formulés par l'amour et la charité du grand Apôtre : Fax 
Deicttstodiat corda vestra et intelligent ias vestras in Chris- 
tojesti! Gratin Domini nostri Jesu Cliristi cutn spiritu 
vestro. Amen ! (Phil., 4.) 

t C, Ev. DE St-Hvacinthe. 



— 35 - 



COMPTE RENDU ANALYTIQUE 

»e» f-onrérenre» d'hlverrl a'4té «le l'année 1««7 



CONFÉRENCE D'HIVER. 

1ère Question.— Le droit tant divin qu'ecclésia: que 
a-t-il imposé aux pasteurs l'obligation de la résidence? 

H. 1° On a répondu affirmativement pour le droit ecclé- 
siastique, s'appuyant surtout sur le texte du Concile de 
Trente (session XIII, chap. i, (fe Reformatione) ; le 
iieConc. provincial {Decretum de Parochis, n. '5) • 
les Décrétâtes, etc., etc. [lib. III, tit. 4]. ' 

2" Affirmative.nent aussi pour le droit divin. On s'est 
fondé sur le texte cité plus haut du concile de Trente, disant 
que le droit divin impose aux pasteurs une obligation 
[celle de veiller sur le troupeau, de l'instruire, de le nour- 
rir spirituellement] qui ne peut être accomplie que par la 
résidence : d'où l'on a conclu que l'obligation elle-memo 
envers le troupeau étant de droit divin, les moyens néces- 
saires pour obtenir cette fin, se trouvaient par là même 
être de droit divin. 

Sur ce point toutes les Conférences se sont accordées à 
dire avec saint Liguori : " Omnino tenendum [pastores] de 
jure divino ad residentiam obiigarr^ (lib. i, n. X2i). 
D'où l'on a conclu avec Benoît XIV (De Svn. Diœc, lib! 
VII, cap. II, n" 7), et saint Liguori (1. c.) que le Sou- 
verain Pontife n'accorde pas, à proprement parler, dis- 
pense de cette loi, mais déclare que dans tel cas, dans 
telles circonstances, elle n'oblige pas. 

2me Question.— Quelle est la nature de cette loi ? La 
résidence matérielle est-elle suffisante ? Si elle ne l'est pas 
que faut-il pour qu'elle soit suffisamment formelle ou 
active ? 

On a répondu : 1° que cette loi oblige stib gravi; ce 
qui a été prouvé, 1" par les motifs mêmes de la loi'; 2" 



'iji!. 



— 86 — 

par la sanction qu'en donnent le: Conciles et les Papes ; 
3* par l'accord complet des théologiens et des canonis- 
tes. 

On a répondu, 2" qu'elle n'est point négative : c'est-à- 
dire obligeant sem^er et pro semper, mais affirmative, c'est- 
à-dire obligeant sctnper, sed non pro semper, puisque les 
questions suivantes feront voir que cette loi souffre des 
exceptions dans certains cas prévus et définis par l'Eglise. 
On a répondu, 3» que !a résidence doit être personnelle, 
active et perpétuelle; que par conséquent, la résidence 
purement matérielle ne suffit pas ; ce qu'on a prouvé par 
les textes du livre III des Décrétales; Benoît XIV 
(Institutio XVII et Syn. Diœc, liv. VII) ; la S. Cong. du 
Concile, le Concile de Trente, le II Concile provincial, et 
les canonistes. 

Le vrai sens et la portée de la loi ont été appréciés avec 
beaucoup de soin et de précision ; cette loi se définit : 
Commoratio assidua in loco bcneficii, causa servitii eccle- 
siastici personaliter prcestandi. 

Commoratio, voilà la résidence. Assidua : non pas seu- 
lement par intervalles, mais assidue j au point que si 
certaines raisons peuvent quelquefois motiver une absence, 
il faut un remplaçant [Conc. Trid., 1. c.]. 

" Causa servitii personaliter prcestandi." Car, dit le n» 
Conc. prov., perpetuo et personaliter resideat." " Obligart 
ad personalem residentiam," dit le Conc. de Trente. 

Il n'est donc pas permis au pasteur de se décharger sur 
un autre des soins du ministère pastoral. Il n'y a pas ici 
à appliquer la règle du aroit : " Qui potest per se potest per 
alium," parce que, dit Schmalzgrueber, " in collatione be- 

neficii intelligitur electa indusiria pesonœ," c'est son 

œuvre, et non celle d'un autre qu'on a voulue. 

Donc, que le pasteur fasse par lui-même les fonctions 
principales de son ministère ! Il peut se faire aider, avoir 
des vicaires; mais, 1» il est personnellement chargé; z" 
il doit remplir lui-même, autant qu'il lui est possible, «s 



— 37 — 

devoirs ; car, disent les Conciles, " Residentia... laboriosa, 
non ottosa. 

3nie Question.-Pour Scatisfaire à la loi de la résidence, 
où le pasteur doit-il résider ? 

Réponse — i" Dans sa paroisse, 2", en régie générale, 
dans le presbytère, comme l'enseignent la Congrégation 
du Concile et les canonistes (S. Cong. Conc. 19 nov. 
17 18). " Sinonadest (domus parochiaiis) ledificetur ; et 
intérim habitet in domo sitajn parochia quce, quoad fieri 
poterit, sit ecdesiœ vicinior." 

Question IVme.— A qui cette loi est-elle imposée? Aux 
Curés ? Aux Curés ayant un Vicaire ? A ce Vicaire? Aux 
Missionnaires? 

R. 1° Le Concile de Trente pose en principe que tous 
ceux qui ont charge d'âmes sont tenus à la résidence. 
Donc, le Curé, même le Curé ayant Vicaire, les Mission- 
naires de ce pays, sont tous tenus à la résidence. 

2' Les Vicaires n'étant pas bénéficiers et n'ayant point 
charge d'âmes, ne sont tenus à la résidence que par la 
volonté de leurs supérieurs ecclésiastiques, qui l'enten- 
dent ainsi en leur donnant une mission qui les associe au 
mmistère des âmes. Ils sont tenus à la résidence, s'ils tien- 
nent la place du Curé, comme c'est le cas pour les 
Desservants. 

LITURGIE. 

1ère Question.— Aux messes chantées sans orgue, doit- 
on chanter le Graduel, aussi bien que le Verset ou Trait, 
l'Offertoire, et la Communion ? 

Les Conférences ont répondu affirmativement. On a 
appuyé cette réponse sur le titre XVII des Rubriques 
générales du Missel, n» 7 ; sur le Cérémonial des Evê- 
ques, la S. Cong. des Rites, 14 avril 1753, et aussi, 22 
juillet 1843. 

2me Question.— Doit-on répéter l'Antienne " Asperges 
me" à l'aspersion de l'eau bénite aux messes du dimanche, 
ou bien peut-on se contenter de reprendre à "Lavabis me ?" 



38 






R. On a répondu que la rubrique du Missel est posi- 
tive sur ce point et que, par conséquent, il faut tout répé- 
ter. ^ 

Question jme — Combien de cierges faut-il pour les 
saints avec Ostensoir ? Combien pour ceux avec le Ciboire ? 
Et combien lorsqu'on ouvre simplement le tabernacle ? 

1° Avec Ostensoir. On a répondu, i» que le nombre de 
cierges ne doit pas être au-dessous de douze. L'usage 
général, les autorités liturgiques et le sentiment des ru- 
bncistes ne laissent aucun doute à ce sujet ; 2» que rien 
n'empêche de mettre sur l'autel un aussi grand nombre 
que l'on voudra; 3° quant au nombre absolument requis, 
les Conférences n'ont pas été d'accord. Les unes, croyant 
que l'Instruction Clémentine est obligatoire pour toute 
l'Eglise, ont demandé vingt cierges ; les autres paraissent 
avoir adopté l'opinion du rubriciste Bouvry et du savant 
Gardellini, lesquels estiment qu'il n'y a sur ce point aucune 
loi universelle, et que l'on doit adopter pour règle " aut 
synodalia décréta, aut Episcoporum edicta, aut lauda- 
biles et rationabiles consuetudines, quœ pro respec- 
tivis diœcesibus vim saltem directive legis habent." 
D'où l'on a conclu que n'y ayant aucune loi certaine, 
reconnue, que l'usage existant en ce pays (en conformité 
avec les décrets de la S. Congrégation des Rites), de 
mettre au moins douze cierges, on peut en toute sûreté 
suivre cet usage ; que, néanmoins, il est à désirer que 
le nombre de cierges employés soit plus considérable, 
selon le plus ou moins de solennité que l'on veut donner 
à ces saluts, ou même, selon le plus ou moins de moyens 
des églises, 

2» Avec Ciboire. R. Peu d'auteurs se sont occupés de 
cette exposition. Quoique deux ou trois Conférences l'aient 
considérée comme quasi-solennelle et, pour cela, aient 
exigé douze cierges, la majorité a suivi Bouvry, qui la 
regarde comme non solennelle [t. 11, p. 434]. D'où ils 
ont conclu que rigoureusement six cierges suffisent. Elle 



— 39 — 

doit être considérée comme solennelle, chaque fois que 
l'on chante un salut, et que l'on se sert pour chanter ce 
salut d'un ciboire à défaut d'ostensoir. 

3° Lorsqu'on ne fait qu'ouvrir le tabernacle. Rép. Six 
cierges suffisent (S. Cong. Ep., Reg. 9 dec. 1602 ; Benoît 
XIV, Institution XXX, n" 21). C'est du reste l'enseigne- 
ment commun, confirmé par l'usage. 

ECRITURE SAINTE. 

Au chapitre III de la 1ère Epître aux Corinthiens, v. 
17, saint Paul dit : Fundamentum enim aliud nemo 
fotest ponere, prœter id quod positum est, Christus Jésus. 

I ° Quel est le sens de ce texte pris en lui-même ? 2° Quels 
sont ses rapports 1° avec les versets précédents du même 
chapitre ? 2° avec le verset 20 du chapitre 2 aux Ephésiens 
et avec le verset 19' du 21- chapitre de l'Apocalvpse ? 
3» Quel est le sens des versets 12, 13, 14, 1.5 du même 
3« chapitre de la i» Ep. aux Corinthiens et quel est le dé- 
veloppement moral et dogmatique à leur donner ? 

I» Sens du texte, Fundamentum, etc. L'Eglise et tout édi- 
fice spirituel doivent nécessairement avoir Jésus-Christ 
pour fondement ; autrement, nulle solidité dans cet édi- 
fice. Les fondateurs de toute nouvelle religion, les propa- 
gateurs de toute nouvelle doctrine, doivent donc être re- 
poussés. 

2° Par conséquent, les Corinthiens ont tort de se laisser 
aller à des discussions au sujet de ceux qui leur annoncent 
l'Evangile. Pourquoi prendre parti, les uns pour Paul, les 
autres pour Apollon ? (Voir les versets précédents.) 
Pourquoi les prédicateurs eux-mêmes se croiraient-ils 
quelque chose ? Les uns sont appelés à jeter les fondements 
de l'édifice, mais 'es autres travaillent aussi à cet édifice ; 
tous concourent au même but, et nul ne doit oublier qu'il 
n'y a qu'un seul fondement nécessaire. Par conséquent, 
les Corinthiens doivent cesser leurs contentions au sujet 
des ministres de l'œuvre de Jésus-Christ, et les coopéra- 



u 



ij^ii; 






! -r 



— 40- 

teurs de cette œuvre doivent aussi n'avoir en vue que de 
travailler pour cette œuvre, et non pas pour eux-mêmes. 
3" Toutefois (Ep.aux Ephésiens 2, chap.V, 20 ;— Apocal.," 
ch. XXI, V. 19), il n'est pas défendu de considérer les 
Apôtres et les Prophètes comme les fondateurs et les fon- 
dements de l'Eglise, pourvu qu'on ne les regarde que 
comme des fondements secondaires, empruntant leur force 
et leur efficacité au fondement nécessaire, fundamentum 
fundamentarum, comme dit saint Augustin. 

4° Sens des versets 12, 13, 14, 15, avec le développement 
moral et dogmatique à leur donner. 

Saint Paul, sans mettre de côté les simples fidèles, s'a- 
dresse plus particulièrement aux prédicateurs qui, chez les 
Cormthiens, étaient l'occasion et peut-être la cause des 
dissensions qu'il veut apaiser. Il continue donc la méta- 
phore de féift/îce dont Jésus-Christ est le fondement. Si 
sur ce fondement, ils bâtissent avec de l'or, de l'argent et 
des pierres précieuses ; ou bien, avec du bois, de la paille 
etc., qu'ils prennent garde: le feu du jugement viendra 
éprouver cette œuvre. Celui dont l'ouvrage résistera à 
l'épreuve, sera récompensé ; tandis que celui dont l'ou- 
vrage brûlera, sera puni ; il pourra à la vérité être sauvé 
mais seulement en passant par le feu. ' 

L'or, l'argent, les pierres précieuses, indiquent la doc- 
trme pure, prêchée avec charité, pour l'édification des 
âmes. L'or, l'argent, etc., résistent au feu ; les œuvres 
qui leur sont comparées résisteront aussi à l'épreuve du 
jugement, et l'auteur en sera récompensé. 

Le bois, le foin, la paille. . . indiquent les fautes légères, 
le manque de pureté d'intention, une doctrine substan- 
tiellement exac.s, mais mêlée de choses vaines, frivoles, 
d'opinions purement humaines. Le 'eu du jugement vien- 
dra séparer le bon d'avec le mauvais, faisant connaître le 
premier et détruisant le reste. 

Or, l'auteur même de cet ouvrage pourra se sauver, 
ipse autem saivus erit, ayant conservé la foi et la grâce ; 



— 41 — 

mais parce qu'il y avait alliage; W ne sauvera que sa vie, 
perdant le fruit de son travail, et n'entrera dans le ciel 
qu'après avoir expié dans le feu du purgatoire, les fautes 
vénielles qu'il a commises... ^«a,/ per ignem. Cette pu- 
nition en effet n'est point donnée en cette vie, dies enim 
Domtni revelabit; ni en enfer... salvus erii : donc c'est 
le feu du purgatoire, selon le sentiment commun des 
saints Pères interprétant ce texte ; interprétation rendue 
tout a fait certaine par le concile de Florence qui l'a 
adoptée. 

CONFÉRENCE D'ÉTÉ. 

I" Question._Y a-t-il des raisons, approuvées par le 
droit, qui permettent au pasteur de s'absenter de sa 
paroisse ou mission? Quelles absences sont permises ou 
tolérées, et pour quelles raisons ? 

. Réponse.-Affirmative (Voyez Concile de Trente, ses- 
sion XXXIII, ch. i). 

Le bon gouvernement de l'Eglise exigeait évidemment 
que Notre-Seigneur lui laissât un certain pouvoir en 
cette matière. Or, ce droit est défini par les Conciles et par 
les Congrégations Romaines chargées de les expliquer 

1° Pour une absence de plus de deux mois, il faut une 
raison gravç, c'est-a-dire, d'après le Concile de Trente • 
chrtsttana charitas, urgens nécessitas, débita obedientia 
evtdens Ecclesiœ, vel reipublicœ utilitas. ' 

2° Pour une absence de deux mois, il faut une cause 
honnête et raisonnable, jugée telle par l'Evêque. Voyez le 
Concile de Trente, qui exige aussi que, dans le cas de 
telle absence, le pasteur se fasse remplacer. 

3° Quant aux absences momentanées, par exemple d'un 
jour ou deux, plusieurs des Conférences ont formulé leur 
opinion en adoptant les sages conseils du Recueil des 
Ordonnances Synodales (Voir le Recueil k l'article de la 
résidence). 

2'ne Question. -La permission de l'Evêque est-elle 



L It 



m 



— 42 — 



-I. 



^1 ■'.! 



toujours nécessaire ? Dans quels cas peut-on se dispenser 
de la demander ? 

On a généralement adopté la doctrine exposée dans 
^^ Recueil des Ordonnances, page 140-41. La permission 
doit être demandée "dans le cas où un dimanche se 
" trouve compris dans les jours d'absence; et alors... si 
" la nécessité force à partir sans cette permission, qu'ils 
" (les pasteurs) ne manquent pas d'en donner avis à 
" l'Evêque ou à son grand vicaire." 

3- Question.— Quelles peines sont infligées par le droit 
à la violation de la loi de la résidence ? 

Réponse.— Ç«oû' si, per edictum citait (pasiores)... 
contumaces fuerint ; liberum esse vult (Synodus) ordina- 
riis, per censuras ecclestasticas, aliaque juris remédia, 
etiam usque ad privationem, compellere... (Conc. Trente, 
session XXIII, chap. i). 

LITURGIE, 

l'e Question.— Aux offices solennels, doit-on se rendre 
d'abord au pied de l'autel pour saluer le T, S. Sacrement, 
ou bien doit-on salue»- d'abord ceux devant qui l'on 
passe .'' 

Réponse,— Le sens de la question était de savoir si l'on 
doit saluer le chœur avant l'autel, ou bien l'autel avant 
le chœur. Deux Conférences ont opiné pour que l'on 
salue d'abord le chœur, citant Baldeschi, Levavasseur, 
Mgr de Con.i)', le Cérémonial des Evêques (lib. i, c, 18 
n. 13). Une Conférence n'est arrivée à aucune conclusion! 
Les autres ont répondu qu'il faut, dans notre pays, saluer 
d'abord l'autel et que la pratique à suivre dépend de la 
disposition des lieux. L'usage du pays peut servir à inter- 
préter la loi, laquelle, si elle existe, aurait été portée pour 
des églises où le chœur est autrement disposé qu'il ne l'est 
dans les églises du Canada. En somme l'on peut dire, 
pour concilier les opinions, que l'on salue d'abord le 
chœur si l'on se trouve en présence du chœur avant f^" se 



~ 43 - 

trouver en présence de l'autel, et vice versa, que l'on 
salue d'abord l'autel. 

2me Question.— Les ornements de drap d'or peuvent- 
ils servir pour toutes les couleurs ? Sinon, pour quelles 
couleurs.? Les ornements imitation de drap dor (flavi 
coloris) doivent-ils passer par la même dicision ? 

Réponse— 1° Les réponses à la première question ne 
sont pas tout à fait unanimes. Cependant, en général, on 
a dit 1° que le drap d'or ne pouvait pas servir pour toutes 
les couleurs (S. Cong. Reg., 29 mars 1851) ; 2° qu'il peut 
servir pour les couleurs rouge et blanche. Quoique les 
Conférencesne paraissent pas avoir trouvé concluantes les 
raisons de ceux qui ont soutenu que le drap d'or ne doit 
servir quepour la couleur blanche, l'Evêque désire cepen- 
dant que telle soit la pratique dans ce diocèse, à moins 
que l'on n'ait pas d'ornements rouges convenables pour 
les jours de grande fête. 

Le plus grand nombre des Conférences a pensé que 
l'usage des ornements imitation de drap d'or Vêtait point 
toléré. On a cité ce décret : Utrum liceat uti colore flavo 
vel cœruUo in sacrificio missœ, in expositione S S. Sacra- 
menti 1 R. Négative (S. C. R., 16 mars 1833). Mais comme 
ce décret ne décide que sur les couleurs y désignées, il 
faudrait conclure que le véritable drap d'or est également 
prohibé. Certaines Conférences ont distingué, et avec 
raison : par ce décret les ornements de soie jaune sont 
prohibés : quant à la véritable imitation de drap d'or, ce 
décret n'en parle point et elle doit être tolérée. C'est l'a is 
de l'Evêque, qui pense que l'on peut continuer de su re 
l'usage qui a prévalu dans ce pays. 

3"^« Question.— Peut-on se servir d'autres burettes 
que de burettes de verre ? 

Réponse.— La rubrique est positive : ampullœ vitreœ 
elle n'en mentionne pas d'autres. De Herdt dit qu'on peu' 
suivre l'usage commun d'employer des burettes " d'une" 
" matière quelconque dans laquelle on peut décemment 



— 44 — 

'• servir le vin et l'eau, par exemple d'or, d'argent, d'étain, 
" mais non d'airain, ou de cuivre, à cause de la rouille." 
Sans adopter cette doctrine d'une manière aussi géné- 
rale, on a paru convenir que les burettes de verre pour- 
raient être remplacées, par exception et pour de bonnes 
raisons, par des burettes d'une autre matière, telle que 
désignée par de Herdt. Plusieurs avaient d'autant moins 
de difficulté à admettre la légitimité de l'usage contraire à 
la rubrique, que celle-ci ne leur paraissait être que simple- 
ment directive. Resterait l'obligation de faire en sorte 
qu'il n'y ait pas moyen de prendre la burette du vi.. pour 
celle de l'eau, et vice versa. 

ECRITURE SAINTE. 
1° Quel est le sens de ces paroles : Ipse vos baptizahit 
in Spiritu Sancto et igni ? Quelle conclusion relativement 
aux différences entre le baptême de Jésus-Christ et celui 
de saint Jean-Baptiste doit-on tirer de ces paroles rappro- 
chées de celles qui les précèdent immédiatement : Ego 
quidem baptizo in aqua ad pœnHeniiam [Matth., ch. III, 
V. XI]? 

Réponse.— I» Jésus-Christ (^ipse) vous baptisera dans 
le feu du Saint-Esprit, lequel chassera toutes les impuretés 
de l'âme, comme le feu matériel purifie l'or en chassant 
les matières étrangères. 

2° Le baptême que donnait saint Jean-Baptiste ne justi- 
fiait pas par lui-même, mais il préparait à la pénitence, in 
aqua ad pœnitentiam ; tandis que celui de Jésus-Christ 
donne la sanctification. La différence indiquée ici est une 
différence dans les effets, et non dans la matière des deux 
institutions. 

2-" Question.— Notre-Seigneur dit : Nisi manducaveritis 
carnem Filii hominis et biberitis ejm sanguinem, non habe- 
bitis vitam in vobis [S. Jean, ch. VI, v. 54]. i» De quelle 
vie N.-S. entend-il parler ? 2° De ces paroles, faut-il con- 
clure que la sainte communion est d'une nécessité aussi 



— 45 — 

absolue pour le salut de l'âme que le baptême et la péni- 
tence ? 

Réponse.— 1° N.-S. J.-C. parle ici de la vie de la grâce, 
de sa vie en nous. C'est lui qui est l'aliment de notre vie 
spirituelle formée en nous par le Baptême et recouvrée 
par la Pénitence, si elle a été perdue. Sans la communion, 
l'âme ne saurait conserver longtemps cette vie. 2° Voilà 
pourquoi Jésus en fait un précepte oh\\gts,ni sub gravi : 
nisi manducaveritis. La foi nous enseigne que le Baptême 
seul, et la Pénitence (pour ceux qui sont en péché mortel 
après le Bapêtme)sont nécessaires de nécessité de moyen. 
Il n'en est pas de même pour la sainte Eucharistie. Le 
salut est possible pour les enfants, et pourtant ils ne reçoi- 
vent pas la communion. Toutefois la transgression volon- 
taire de ce précepte empêche le salut chez les adultes ; de 
plus la vie de la grâce ne se conservera guère dans une 
âme qui n'a pas recours, au moins de temps à autre, à 
cette divine et salutaire nourriture. 



SUJETS DE CONFERENCES 



lî 



Poar l'année 1868 



i 



CONFÉRENCE D'HIVER. 
THEOLOGIE. 
Charles vient d'hériter. Il se décide à vendre par encan 
/w« les meubles composant l'héritage. Il sait que dans la 
bibliothèque il y a un certain nombre de livres où il man- 
que des feuilles j, différents endroits ; qu'il manque un 
volume d'un ouvrage ; et comme il n'y a pas de catalogue, 
cette particularité ne sera très probablement pas remar- 
quée ; qu'un des chevaux est atteint d'un vice difficile à 
découvrir et à guérir. Il ne parle point de tout cela à l'en- 
canteur, qui procède à la vente selon toutes les formalités 
usitées et voulues en pareil cas. Charles envoie des en- 
chérisseurs exprès pour faire monter les objets à un prix 



f;1 



' '1 



— 46 — 

plus considérable que la valeur réelle, mais avec ordre de 
ne rien acheter. Les acheteurs ne s'aperçoivent de rien et 
les choses se passent comme Charles le désirait. Un de 
ses amis qu'il avait mis dans le secret, lui dit nettement 
que sa conscience est gravement engagée par toutes ces 
transactions. Inquiet, Charles soumet le cas à un théolo- 
gien qui examine : i" Si et quand le vendeur d'une chose 
est obligé d'en faire connaître les vices. 2» Comment 
on doit appliquer ces principes du contrat de vente a la 
vente par encan telle qu'elle a eu lieu dans ce cas. 3» Ce 
que Charles est, par conséquent, obligé de faire. 

LITURGIE. 

i" Combien peut-on allumer de cierges à l'autel pen- 
dant la messe et les offices solennels ? 

2° Combien peut-on en allumer pendant une messe basse 
célébrée par un simple prêtre ? 

ECRITURE SAINTE. 

L'Apôtre saint Paul met souvent les chrétiens des pre- 
miers temps en garde contre les pratiques de la loi : il 
leur reproche (vid. Ep. ad Galatas) d'être retournés aux 
observances de cette loi. Notre-Seigneur dit positivement : 
"non veni solvere legem aut Prophetas, sed adimplere " 
[Matth., V, 17]. Quel est donc le sens de ces paroles et 
comment saint Paul a-t-il pu parler comme il l'a fait ? 



CONFÉRENCE D'ÉTÉ. 
THEOLOGIE. 

Arthur [protestant] habitait en pays infidèle. Devenu 
veuf d'une femme infidèle, il épouse Flora (aussi infidèle), 
sœur de la défunte. En cela il méprise les lois du 
prince du pays, lesquelles déclarent ces sortes de ma- 
riages nuls de plein droit. Plus tard, revenu en pays chré- 
tien, il se ravise, abandonne Flora et, avec une conscience 



-47- 



douteuse touchant la validité de cette nouvelle alliance, il 
épouse Malvina [protestante], qui lui donne plusieurs 
enfants. Quelques années après tous deux se convertissent 
à la religion catholique, et avant de recevoir le baptême 
sous condition et ensuUe l'absolution, Arthur déclare au 
curé les circonstances de son second et troisième mariage- 
ajoutant i" que Flora est morte deux ans après qu'il l'eut 
laissée et un an après qu'il eut épousé Malvina ; 2" que 
Malvma a toujours ignoré ses liaisons avec Flora. On 
demande quelle conduite doit tenir le curé. 

LITURGIE. 

I" Quand ua prêtre s'aperçoit d'une manière certaine 
qu'il y a une faute dans VOrdo, par exemple dans la trans- 
lation d'une fête, que doit-il faire ? 

a" Dans le cas de doute positif, peut-il, sans autre 
examen, s'en rapporter à \Ordo f 

ECRITURE SAINTE. 
Notre-Seigneur dit: "Nemo venit ad me, nisi Pater 
traxeriteum"[S. Jean, VI, 44]. S. Paul dit aussi: "Non 
volentis, neque currentis, sed miserentis est Dei "_Ft 
encore: '• Cujus vult miseretur, et quem vult indurat" 
(Rom., c. IV., V. 16 et 18). Ces textes prouvent très bien 
la nécessité de la grâce ; mais comment peut-on faire voiiv 
que ces textes n'indiquent pas, comme plusieurs héré 
siarques l'ont prétendu, i« que le libre arbitre soit détruit 
par la grâce j 2" que le mal, autant que le bien, soit 
1 œuvre de Dieu dont l'Apôtre dit : "Quem vult iuduraif" 



Recettes et dépenses de la Propagation de la Foi dans le 
diocèst. en 1867, 

RECETTE. 

St- Pierre de Sorel.. 

St-Hyacinthe, ville ."".".'.".".*.".".$'",'2s,'s8 '^°'°° 

^^"''"«''■e '. 2o',27 

I4S-8S 



■=1 'I 



' il 



1 i 



— 48- 

«'■Denis ,^ jg 

Notre-Dame de St-Hyacinthe 100.25 

S'-A"'0'ne *..".*.'.'.".".'.".'..". ioo.'oo 

S'-Césaire ^^^ 

St-Athanase g^QQ 

S'-A'-^é 80.00 

St-Mathieu deBelœil 80.00 

N.-D. de Stanbridge ."".'."*.'...!!!'.'.!!!! 8000 

S'-Mathias Z.'.y."..".".*.".*.'.".'.".".".".'." 64.33 

S' Simon g^,^ 

Ste-Rosalie 6,^8 

St-Jean-Baptiste , . q, 

S'eMarie ^ZZZ"~". 40.00 

St-Dominique -18 21 

La Présentation ^^.20 

St-Hugues .........'.*.....'.".'...." 32.95 

St-Barnabé ^^_^^ 

S'-'^"<= 30.00 

S'-R°b«« 28.00 

S'-Pie 26.68 

St-Michel de Sherbrooke 2500 

St-Jean- Baptiste de Roxton 24 1 8 

S'-J"de ZZZZZZ 22:50 

St-Grégoire ,y g^ 

St-Sébastien , ^2^ 

St-Liboire .ZZ.Z!!..'.'."!!.'.".' 16.73 

St-Damase ,6^^ 

^'-O"" 16.00 

St-Ephrem ,3^ 

St-Alexandre j2 ,0 

Ste-Victoire '.'S^ZZ^''Z'""''Z I2.oo 

Ste-Angèle 7 gg 

Ste-Catherine de Hatley - qq 

N.-D. deGranby g* 

«'«■Hélène ; ".zz""!"!zz;;; 6;oo 

Ste-Anne ^ ^^ 

St-Patrice de Magog .^^ 

Legsde feu M. Sylvestre ,2*00 

$1817.29 

Balance de 1866 ~^S7 9Ç 

Remise d'un prêt [^ ï9s!so 

$2270.74 



.... I44.SO 

.. . I0O.25 
100.00 

.... 90-00 

..... 82.0O 

.... 8o.oo 

.... 80.00 

.... 80.00 

.... 64.33 

64-19 

.... 61.08 

.... 54.00 

.... 40.00 

.... 38.21 

.... 33- 20 

.... 32.9s 

... 30.93 

. .. 30.00 

.... 28.00 

26.68 

.... 25.00 

.... 24.18 

.... 22.50 

... 17.60 

... 17.20 

... »6.73 

... 16.00 

... 16.00 

... 13.00 

... 12.50 

... 12.00 

... 7.66 

7.00 

6.50 

6.00 

.. 5.25 

4.00 

.. 12.00 

$1817.29 

• 257.95 



— 49 — 

Les contributions des paroisses de St-Georges et de 
.St-Marcel ayant été transmises après la clôture des comptes, 
ne paraîtront que sur le rapport de l'année 1868. 

DKI'KNSE. 

Eglises des missions $ima.6o 

Vases sacrés 

449.33 

Aux missionnaires n 

Vicariat Apostolique du Labrabor ._/ 150.00 

Mandements et Circulaires , .^ -^ 

Visite d?" s les missions 

Diverses œuvres 

44.00 

Transport d'Annales 

Dépense totale $2303.25 

Recette totale $2270.74 

Excédent en dépense.. $ 32.5 1 



RECETTE 

De luNuInle-Kiirniiveen IN67 



Paroisse de St-Aimé $23.00 

<-"o"vent ,400 

^c.idémie g.oo 



Notre-Dame de .Stanbridge. 

St-Hyacintlie.-. 

St-Pierre de Sorel 

St-Simon 

St-Mathieu de Beloeil 

St- Dominique 

Couvent de St-Georges 

La Présentation. 

St-Barn.ibé 

St-Césaire 

St- Antoine 

St-Ours 

St-Liboire 

St- Alexandre 

T. m 



$45-00 
44.36 
30.82 
28.00 

21.95 

18.00 

iS-30 
15-00 

'3-iS 
13-13 
10.00 
10.00 
10.00 
9.28 
9.00 



'!»| 




-50- 

Sl-Jmle 8.J0 

Sl-Robert 8.00 

SteRosalie 7,60 

Si -Hugues 5,60 

St-Sébastien 5. lo 

Ste-Maric 5.10 

St-I'ie 3.87 

N.-D. (le GranUy 3,72 

St-Mathias 3.24 

St-Maïc 2.87 

Ste-Aiifjèle 2.17 

Sle-Hélcne 0.90 

Lejjs de feu M. Sylvestre 12,00 

$361.66 

Ce montant a été transmis au bureau de l'Qùivre. 

La collecte de la paroisse de St-Marcel a été transmise 
trop tard pour figurer dans le présent rapport : elle sera 
portée sur celui de t868. 



LETTRE PASTORALE 

De» PèrvM du qiiulriéiiif t'onc-llc proTlnrlnl <l«- «{u<<l><>v 



Nous, par la miséricorde de Dieu et la grâce du St-Siége 
Apostolique, Archevêques et Evêques de la Province 
Ecclésiastique de Québec. 

A tous les Ecclésiastiques, aux Communautés religieuses 
de l'un et de l'autre sexe, et à tous les Fidèles de la dite 
Province, Salut et bénédiction en Notre-Seigneur. 

Le grand Apôtre écrivant à son cher disciple Timothée, 
et en sa personne à tous les évêques du monde, lui donne 
ces avis importants ; '■^ Je vous conjure au nom de Dieu 
" /(• Père et au nom de Jésus-Christ son Fils qui jugera les 
" vivants et les morts, lorsqu'il viendra en f éclat de sa 
" gloire et qu'il paraîtra comme le souverain monarque du 



— 51 — 



" monde; je vous conjure de vous acquitter exactement de 
" tous vos devoirs : [>r?chez !a patok de vie, ne vous /assez 
" point de r annoncer à temps et à contretemps; enseii;nant, 
" reprenant, priant, menaça n/, mais toujours avec patience 
" et avec une doctrine irrèprèliensible.... Veillez, travaillez, 
" soufrez, remplissez la c/iari^e dun bon prédicateur de 
" l'Evangile et tous les devoirs de votre ministère" (II 
" Tim., IV, J). 

C'est pour accomplir ce grand devoir, nos très chers 
Frères, que, non contents de vous adresser souvent la pa- 
role dans nos diocèses particuliers. Nous unissons aujour- 
d'hui nos voix dans une lettre pastorale commune. Car le 
souvenir du terrible jugement dont Nous menace le grand 
Apôtre, ne l'ous permet de négliger aucun des moyens 
propres à vous faire mieux comprendre l'importance des 
avis que Nous avons à vous donner. Et en écoutant 
ce que Nous avons à vous dire, n'oubliez pas que Nous 
vous parlons par ordre de Dieu le P>'rr ' de Jésus- C/irist 
le Fils, qui doit un jour juger I uni. et les morts, et 

les pasteurs et les brebis. 

I 

Le Souverain Pontife. 

Il est juste, nos trè^ chers Frères, que notre premier 
regard se tourne vers celui que le souverain et invi- 
sible Pasteur a choisi pour gouverner visiblement 
l'Eglise rachct'f- par le sang de l'Agneau immaculé. 
P^nfants de rKgli:-.e, rien de ce qui touche à notre mère, ne 
peut nous être étranger ; et si nous nous réjouissons avec 
elle, nous devons aussi partager ses douleurs et ses 
craintes. 

Vous n'ignorez pas les projets audacieux des impies qui 
veulent non seulement dépouiller, mais aussi anéantir le 
Siège Apostolique sur lequel est assis le successeur du 
bienheureux Pierre, le vicaire de Jésus-Christ, le chef de 
toute l'Eglise, le père et le docteur de tous les chrétiens. 



tk 



•*'■ 
il: 



il: 



-52 — 

Pour cacher la noirceur de cet odieux attentat, ils 
feignent de n'en vouloir qu'à la souveraineté temporelle 
du Pape, et protestent hypocritement qu'ils ont le plus 
grand respect pour son autorité spirituelle. 

Nous ne nous laisserons point tromper par ces perfides 
protestations. Nous comprenons trop bien que " c'est 
" par un dessein particulier de la Providence divine, qui 
" régit et gouverne toutes choses, que cette souveraineté 
" temporelle a été donnée au Pontife Romain, afin que 
" n'étant soumis à aucune puissance civile, il puisse exer- 
" cer dans la plus entière liberté et sans aucun empêche- 
" ment, dans tout l'univers, la charge suprême du minis- 
" tère apostolique qui lui a été confiée par le Christ Notre- 
" Seigneur" (Encyclique du 19 Janvier 1860). Tous 
" savent en effet que les peuples fidèles n'auraient pas une 
" pleine confiance, ni une entière obéissance envers le 
" Pontife Romain, s'ils le voyaient soumis à un prince 
" étranger et privé de sa liberté" {Allocution du 20 avril 
1849). 

Cette souveraineté temporelle ayant pour objet le bien 
et l'utilité de l'Eglise, il n'est pas étonnant que les ennemis 
de cette Eglise essaient de la détruire ; il n'est pas 
étonnant non plus que les véritables et sincères catho- 
liques se regardent comme menacés et frappés au cœur 
par tous les attentats dirigés contre le Pape, et qu'ils 
prennent des moyens pour défendre leur Père commun. 
Ce grand et impérieux devoir de la piété filiale envers 
le Souverain Pontife, Nous sommes heureux de le consta- 
ter ici, vous l'avez dignement compris et noblement accom- 
• pli par le zèle avec lequel vous avez contribué au denier de 
Saint-Pierre et à l'envoi d'un certain nombre de braves vo- 
lontaires qui sont allés s'enrôler sous le drapeau pontifical. 
Vous l'avez noblement accompli, jjarents chrétiens qui 
avez si généreusement permis à vos enfants de se dévouer 
à la défense du Saint-Père. A vous surtout, nobles et 
braves soldats du Christ, qui avez tout quitté avec joie, 



— 53 — 



parents, patrie, espérances d'un brillant avenir, pour aller 
protester au nom du Canada catholique contre les attentats 
des ennemis de l'Eglise, à vous gloire immortelle et ré- 
compense éternelle auprès de Celui qui n'oublie pas môme 
un verre cTeau donné en son nom au plus petit d'entre ses 
frères (S. Matth., X, 42). Dieu vous protège, enfants du 
Canada catholique ! Montrez-vous toujours dignes de la 
bienveillance du Souverain Pontife, dignes de la piété de 
vos ancêtres, dignes de la cause que vous êtes allés 
défendre. 

Au milieu des cruelles angoisses que nous font éprouver 
les calamités de l'Eglise, la divine bonté ne laisse pas ses 
enfants dénués de toute consolation. Les liens de l'unité 
n'ont jamais été si intimenu nt resserrés que de nos jours. 
On se croirait transporté à ces temps où toute la multi- 
tude des chrétiens 71' avait qu'un cœur et qu'une âme (Actes, 
IV, 32). A la vérité, Pierre est, en la personne de son 
successeur, comme emprisonné dans cette étroite partie de 
son patrimoine que ses ennemis n'ont pas encore pu lui 
arracher; mais aussi quel cri de réprobation s'élève de 
toutes parts contre ses spoliateurs ! Que de prières sont 
offertes, chaque jour, par ces deux cents millions de catho- 
hques répandus dans l'univers ! Petrus quidem servabatur 
m ca.sere, oratio autem fiebat sine intermissione ab 
Ecclesia ad Deum pro eo (Actes, XII, 5). Ayons donc 
confiance : le bras de Dieu n'est pas raccourci et nous ver- 
rons le jour où le successeur de Pierre s'écriera avec trans- 
port : Maintena/it Je sait, vraiment que le Seigneur a en- 
voyé son ange et m'a délivré de la main dHérode et de 
toute Patiente du peuple Juif {kcits, XII, u). Voilà, sans 
doute, ce qui soutient le courage admirable de Pie IX au 
milieu de ces dangers. Ah ! pour prouver à tout l'univers 
la divme mission del'Eglise catholique, il n'y a, ce semble, 
qu'à en appeler au spectacle sublime de ce faible vieillard 
dépourvu de secours humains, affrontant avec énergie et 
le front serein, la plus terrible tempête qui ait encore as- 



U 






<> il 



; 1 





— 54 — 

sailli le vaisseau de l'Eglise. Béni soit le Dieu de toute 
. consolation (II Cor., I, 3) qui, en consolant et en fortifiant 
notre Père, console et fortifie les enfants et leur fait at- 
tendre avec certitude l'accomplissement de ces paroles : 
" Les portes de P enfer ne prévaudront jamais contre mon 
" Eglise fondée sur Pierre'' (S. Matth., XVI, 18). " Les 
" ■:ieux et la terre- passeront, mais ma parole ne passera 
" point (^.Uxc, XXI, Z2,). 

" Nous sommes assuré, dit Pie IX, que Dieu ne man- 
" quera pas à sa parole, et qu'il arrivera un jour où Dieu 
" dont les œuvres sont merveilleuses, montrera que cette 
" tempête n'a pas été soulevée pour submerger le vaisseau 
" de l'Eglise, mais bien pour l'élever" (Allocution du 30 
septembre 1861). 

Mais tout en nous confiant dans ces promesses du Ver- 
be éternel pour attendre le triomphe final de la sainte 
Eglise, n'oublions pas, nos très chers Frères, que Dieu 
veut bien nous associer à la gloire de ce triomphe, en 
nous faisant participer aux événements qui doivent ame- 
ner ce résultat. Personne, dit S. Paul, ne sera couronné s'il 
n\i coviba tu légitimement {\l Tim., II, 5). Dieu n'appelle 
qu'un petit nombre d'âmes d'élite à verser leur sang pour 
cette noble cause, mais tous peuvent et doivent tenir leurs 
bras élevés vers le ciel pour implorer le secours divin. 
C'est aux prières de l'Eglise naissante que S. Pierre dut sa 
délivrance de la prison. Prions donc avec ferveur pour le 
Souverain Pontife ; prions avec persévérance comme les 
premiers chrétiens. Et afin que nos prières soient jugées 
dignes d'être exaucées, conservons nos cœurs exempts de 
tout péché ; joignons-y l'aumône qui fait trouver miséri- 
corde devant le Seigneur n'obie, XII, 9). Oh ! plût à Dieu 
que les occasions d'exercer cette sainte charité, qui est la 
f lus grande des vertus (i Cor., XIII, 13), ne fussent pas 
trop communes pour nos faibles moyens ! Du moins, fai- 
sons ce que nous pouvons, afin que la mesure de notre 
mérite soit bonne, et pressée et bien secouée et se répandant 



55 



?u de toute 
;n fortifiant 
eur fait at- 
s paroles : 
contre iiiofi 
r8). " Les 
lie passera 

u ne man- 
ur où Dieu 
. que cette 
le vaisseau 
tioii du 30 

es du Ver- 
: la sainte 

que Dieu 
amphe, en 
ivent ame- 
uroimé s'il 
1 n'appelle 
sang pour 
tenir leurs 
urs divin, 
erre dut sa 
IX nour le 
omme les 
Mit Jugées 
tempts de 
r miséri- 
lût à Dieu 
qui est la 
ssent pas 
loins, fai- 

de notre 
épandant 



par-dessus les bords. Car, ajoute Jésus-Christ, on se servira 
envers vous de la même mesure dont vous vous serez servis 
envers les autres (S. Luc, VI, 38;. Cette règle est courte, 
mais féconde : suivez-la toujours, et surtout quand il 
s'agira de contribuer au denier de Saint-Pierre. Rappelez- 
vous aussi quelles bénédictions sont promises à l'enfant 
qui honore, console et soulage son père. 

II 

LA PROPAGATION DE LA FOI ET LA SAINTE-ENFANCF. 

Au denier de Saint-Pierre nous devons joindre deux 
autres œuvrer -ni,,.mment catholiques, la Propagation 
de la Foi et te-Enfance. 

La char: suivant la parole de Notre-Seigneur, un 

feu qui ne cherche qu'à se répandre (S. Luc, XII, 49). 
C'est du cœur de cet adorable Sauveur qu'est partie l'étin- 
celle destinée à embraser le monde entier : donc si la foi 
qui est en vous, nos très chers Frères, est véritablement 
vivante et animée par la charité (Gai., V, 6), vous ne 
manquerez pas de zèle pour communiquer cet inestima- 
ble bienfait à tant de pauvres âmes encore assises dans les 
ténèbres et dans les ombres de la mort, afin que la lumière 
de vie luise pour elles (S. Matt., IV, 16). Quel meilleur 
moyen de témoigner à Dieu votre reconnaissance pour 
tant de grâces qu'il vous a accordées dans le saint Bap- 
tême, dans la Confirmation, dans l'adorable Eucharistie, 
dans la Pénitence, dans la parole divine ! On vous de- 
mande si peu de chose pour aider à faire couler les eaux 
saintes du Baptême sur des milliers de têtes qui jusqu'a- 
lors n'avaient porté d'autre joug que celui du démon j 
pour ouvrir à d'innombrables pécheurs le bain salutaire 
de la Pénitence, et leur présenter ensuite le festin délici- 
eux de la divine Eucharistie, et enfin les mettre en voie 
d'arriver au bonheur éternel ! 

Quiconque, dit Jésus-Christ, re(oit le prophète en qua- 



■-• H 



''Mï 



!:èl 



u 




— 56 — 

///<» de prophète, ou donne P hospitalité au juste au nom 
du juste, .aura part à la récompcfise du prophète ou du 
juste. Et quiconque donnera un verre d'eau froide au plus 
petit d'entre mes serviteurs, je vous le dis en vérité- il ne 
perdra pas sa récompense (S. Matth., X, 41, 42). 

Quelle ne sera donc pas la récompense de celui qui. 
par ses .jrières et par ses aumônes, aura contribué à faire 
entrer dans la sainte Eglise ces milliers d'âmes auxquelles 
est accordée chaque année l'eau régénératrice du bap- 
tême ! 

Récompense même en ce m^^-âe, par les bénédictions 
spirituelles et temporelles que Dieu répandra sur les 
familles et sur les paroisses où ces œuvres de la Propa- 
gation de la Foi et Je la Sainte-Enfance sont encoura- 
gées avec zèle. 

Récompense par la douce joie d'avoir procuré à ses 
semblables un bienfait inestimable et d'avoir acquitté 
envers Dieu au moins une partie de la reconnaissance qui 
lui est due. 

Récompense à l'heure de la mort et devant le tribunal 
du souverain Juge, où les bonnes œuvres seules peuvent 
faire trouver grâce. 

Récompense enfin durant toute l'éternité, par un nou- 
veau degré de gloire et de bonheur, car, dit le prophète 
Daniel, aux qui auront été instruits dans la loi de Dieu 
brilleront comme les feux du firmament; et ceux qui 
auront enseigné à plusieurs la vcie de la justice luiront 
comme les étoiles dans toute féternité (Daniel, XII, 3). 

L'œuvre de la Sainte-Enfance doit surtout être 'chère à 
tous les parents chrétiens qui ont à cœur le vrai bonheur 
de leurs enfants. " En effet, dit le Souverain Pontife, en 
" mvitant les enfants à travailler dans la mesure de leurs 
" forces au salut de ces pauvres petits abandonnés, elle 
" leur procure par cet acte de charité l'occasion de témoi- 
" gner la reconnaissance qu'ils doivent à Dieu pour la 
'= grâce privilégiée par laquelle le Seigneur a daigné les 



-57 — 

" appeler à la lumière admirable de la foi. C'est pourquoi 
" cette œuvre nouvelle de la charité chrétienne, bien loin 
" de nuire à celle de la Propagation de la Foi, l'aide 
" merveilleusement, puisqu'en allumant dans le cœur des 
" enfants les premières petites éHncelles de la charité, 
" elle y fait pénétrer les vrais sentiments d'une miséri- 
" cordieuse compassion, et les dispose à s'attacher plus 
" tard à l'œuvre pieuse de la Propagation de la Foi (Bref 
"du \% juillet 1856;. 

m 



ÉDUCATION DE LA JEUNESSE. 

En intéressant et accoutumant de bonne heure vos 
enfants à ces œuvres pieuses de la Sainte-Enfance et de la 
Propagation de la Foi, vous ne ferez, nos très chers 
Frères, que remplir u-- des nombreux devoirs dont la né- 
gligence pourrait avoir des conséquences épouvantables 
pour vous-mêmes, pour vos familles, pour le pays tout 
entier. Vous n'imiterez point ces parents aveugles qui 
croient que tout est accompli quand ils ont veillé avec 
soin sur la vie corporelle et sur la santé de leurs enfants, 
quand ils leur ont donné du pain à manger et des vête, 
ments pour les couvrir, surtout quand ils ont amassé 
pour eux un riche héritage. 

Ah ! de grâce, ne négligez pas ce qu'il y a de plus grand 
et de plus noble dans ces chers enfants. I,eurs cœurs 
encore innocents et tendres reçoivent facilement l'em- 
preinte des leçons et des modèles qu'on leur présente, et 
l'expérience confirme chaque jour cette parole de l'Ecri- 
ture, que Pliomme suivra toujours la voie qu'on lui aura 
montrée dans sa jeunesse et qu'il ne s'en écartera pas même 
dans les derniers jours de sa vie (Prov., XXII, 6). Effor- 
cez-vous donc, par vos exemples plus encore que par vos 
paroles, de développer dans ces jeunes âmes to-s les 
germes de vertu que la nature et la grâce du saint Bap- 



n 



?^fl 



I.! 



ii^ 



'i i' 



I': 



— 58 — 

tome y ont déposés. Plaise à Dieu que chaque maison de 
cette province soit, comme le sanctuaire béni de Naza- 
reth, le séjour d'une famille vraiment chrétienne, image 
de cette sainte famille de Jésus, Marie, Joseph! Quelle 
union des cœurs ! quelle charité mutuelle ! quelle obéis- 
sance et quelle piété filiale ! Quelle douceur dans l'auto- 
rité et quelle gravité dans toute la conduite des parents ! 
Quel bonheur enfin et des parents et des enfants ! 

Par ce moyen on verrait bientôt disparaître du milieu 
de nous cette tendance déplorable vers le mépris de l'au- 
torité paternelle et vers une émancipation prématurée de 
la jeunesse. Ce renversement de l'ordre établi par la 
divine Providence, nous afflige et nous effraie, car il pré- 
pare pour l'avenir des jours mauvais et des maux incalcu- 
lables. Comment seront-ils de bons citoyens et des 
chrétiens fervents, ces enfants abandonnés à tous leurs 
caprices, accoutumés à mépriser le joug salutaire de la 
voix paternelle, et plongés dans ceffe ma/ice universelle 
qu'enseigne foisiveté (Eccle., XXXIII, 29) ? 

Après avoir vous-mêmes formé le cœur de vos enfants 
à la vertu par vos exemples, songez, nos très chers 
Frères, à leur procurer les avantages d'une bonne éduca- 
tion, et ne reculez pas devant les sacrifices que peut 
exiger de votre part l'accomplissement de ce devoir. 
Sans doute vous n'êtes pas tenus à ce qui serait au-dessus 
de vos moyens ; mais prenez garde d'exagérer à vos yeux 
votre propre indigence et d'avoir un jour, mais trop tard, 
à gémir sur la négligence d'un devoir aussi important que 
celui de l'instruction de vos enfants. 

Ce serait une étrange et déplorable contradiction, si 
après avoir pris grand soin de bien former vous-mêmes le 
cœur de vos enfants, par vos paroles et par vos bons 
exemples, vous leur laissiez entre les mains toutes sortes 
de livres, de revues, de journaux et de romans, sans vous 
mettre en peine d'écarter soigneusement tous ceux qui 
peuvent corrompre leur foi ou leurs mœurs. 



69- 



Mais ce serait encore bien plus déplorable si, dans le 

choix des maîtres auxquels vous voulez confier vos enfants, 

vous ne teniez aucun compte des garanties morales, et si 

vous regardiez avant tout la science ou le bon marché. 

Sans doute la science est une qualité nécessaire à un bon 

maître, mais ce n'est pas la seule. " Car, dit le Souverain 

" Pontife Grégoire XVI, d'heureuse mémoire, quand la 

" jeunesse est corrompue par les maximes et par les 

" exemples de ses maîtres, le désastre de la religion est 

" bien plus grand et la perversité des mœurs devient plus 

" profonde " (Encyclique de Grégoire XVI, 15 août 1832J. 

Aussi le Pontife qui gouverne si glorieusement aujourd'hui 

l'Eglise, recommande-t-il instamment à tous les évCqucs 

de veiller à ce que "la jeunesse réunie dans les écoles n'ait 

" que des maîtres irréprochables sous le rapport de la re- 

" ligion . t des mœurs, afin que hii enseignant la véritable 

" vertu, ils la mettent en mesure de reconnaître les pièges 

" tendus par les impies, d'éviter leurs funestes erreurs et 

" de servir utilement et avec éclat la religion et la patrie" 

(E?icy clique de Pie IX, 8 décembre 1849). 

Un bon maître ou une bonne maîtresse, est un trésor 
précieux pour des parents chrétiens et l'on ne saurait trop 
faire de sacrifices pour se le procurer. Mais aussi quelle 
horreur devez-vous avoir d'un instituteur ou d'une insti- 
tutrice dont les sentiments et la conduite ne sont pas 
franchement catholiques ; dont les paroles ne sont pas 
dignes de sa haute mission ; do;u les exemples ne portent 
pas à la piété ; et à plus forte raison, dont les exemples 
sont mauvais ! Car viendra le jour terrible où les deux 
révéleront son iniquité et la terre s'élèvera contre lui (Job., 
XX, 27). 

Notre premier concile provincial, dans son quinzième 
décret, vous a déjà signalé comme tout à fait dangereuses 
ces écoles mixtes où des enfants de diverses religions se 
trouvent réunis sous un seul maître. Là, sous prétexte 
de respecter les différentes croyances religieuses, on s'abs- 



,>: l'I 



m 



m 



— 60- 



Û 



lient soigneusemçnt de toute allusion à une religion 
quelconque, et ainsi ces âmes tendres s'accoutument jjeu 
à peu à regarder le service de Dieu comme chose inutile 
et mdifférenle. Ce système n'est donc propre qu'à former 
ces âmes tièdes que Dieu a en horreur et çu'i/ vomira de 
sa bouche (Apoc, III, i6). Le ci./étien sur la terre est 
environné d'ennemis qui, comme des lions rugissants, 
cherchent à le dévorer (I S. Pierre, V, 8) ; il doit donc 
être toujours prêt à combattre et trouver dans sa propre 
énergie, aidée de la grâce, le courage nécessaire pour se 
défendre. Mais quel courage et quelle énergie trouve- 
rons-nous dans une âme tiède, qui se laisse enchaîner 
comme un lâche soldat, et dévorer par l'ennemi sans 
résistance ? Voilà pourquoi Satan, qui est homicide dès le 
commencement {^. Jean, VIII, 44), cherche avec tant d'ar- 
deur à faire pénétrer partout, et surtout dans la jeunesse, 
cet esprit de tiédeur et d'indifférence religieuse, en le 
décorant des beaux titres de tolérance, de libéralisme, 
de liberté et autres semblables. 

Mais le danger est encore bien plus grand dans ces 
écoles protestantes, où l'on fait lire des traductions falsifiées 
de la sainte Ecriture ; où l'on attaque avec art et avec une 
persévérance diabolique, les principes et les dogmes de la 
foi ; où la vue toute seule du maître qui professe l'hérésie, 
tend à diminuer l'éloignement que l'âme tendre de l'en- 
fance devrait avoir pour l'erreur. 

La même loi divine qui vous oblige à donner à vos 
enfants l'instruction religieuse et le bon exemple, vous 
oblige à écarter scrupuleusement tout ce qui i)eut détruire 
l'effet de vos leçons et de vos exemples et corrompre la 
foi ou les mœurs de vos enfants. 



iMi ' 



1" ^1; 



IV 

LIVRES ET JOURNAUX. 

Déjà à plusieurs reprises Nous vous avons exhortés à 
former partout de bonnes Bibliothèques de paroisse. C'est 



61 — 



le complément des écoles, dont elles continuent et pro- 
pagent les fruits. Les parents chrétiens doivent seconder 
le zélé et les efforts des curés pour établir et maintenir 
une œuvre si importante. Un bon livre dans une Ainiille 
est comme un écho de la parole divine ; c'est un ami qui 
dit la vérité sans crainte comme sans flatterie ; c'est un 
maître toujours prêta instruire; c'est un conseiller désin- 
téressé, aui)rès duquel vous trouverez toujours lumière 
dans vos doutes et consolation dans vos peines. 

Mais aussi quels étranges ravages peut faire un mauvais 
livre ! Fuyez donc comme la peste ces livres que l'esprit 
de ténèbres cherche à répandre partout ; ne laissez pas 
entrer dans vos demeures ces poisons mortels, de peur 
que vos mÏ3.ni5 n' étendent leurs mains jusqu'à ces iniquités 
(Ps. CXXIV, 3). 

N'encouragez point par vos souscriptions les biblio- 
thèques où ces productions de l'enfer se trouvent mêlées 
avec de bons livres, qui ne sont là que pour mieux trom- 
per les fidèles. 

Fuyez surtout ces journau.v impies ou obscènes, et quel- 
quefois l'un et l'autre, qui semblent vomis de l'enfer pour 
blasphémer contre le Seigneur et contre son Christ (Ps. 
II, 2) et pour anéantir tout sentiment de pudeur et de 
saine raison. Ici, nos très chers Frères, Nous voudrions 
pouvoir dire que cet épouvantable danger n'est pas immi- 
nent, que c'est seulement un mal éloigné. Mais hélas ! vous 
n'ignorez pas qu'il se publie dans cette province quelques 
feuilles dont la lecture est un poison mortel. 

Nous ne parlons pas de certaines publications protes- 
tantes qui déversent l'injure et la calomnie sur l'Eglise 
de Jésus-Christ, défigurent ses dogmes pour les livrer au 
ridicule, inventent de prétendues conversions au protes- 
tantisme et font sonner bien haut les efforts de sociétés 
dont le but avoué est de détruire la foi de nos bons catho- 
liques. Ces feuilles portent dans leur titre même et dans 






i 

m 



1.1"' 



m 



— 62 — 






4 ;f 



la franchise de leurs attaques, le contrepoison de leur 
pernicieuse doctrine. 

Les mauvais journaux que Nous voulons vous signaler 
plus expressément, sont cl i dont les éditeurs et les 
collaborateurs ont apjnis sur les genoux d'une mère 
chrétienne et sur les bancs d'une école catholique, les 
dogmes et les préceptes de la sainte Eglise, et qui mainte- 
nant sont en révolte contre elle. Chaque jour les colonnes 
de ces journaux sont souillées par des insultes à l'Eglise, 
à son chef, à ses ministres, à ses sacrements, à ses dogmes, 
à ses pratiques les plus autorisées. Ces hommes ennemis 
de la vraie foi, et oublieux de leur propre salut, insinuent 
continuellement dans leurs écrits, r;//^///m'«//5w^, c'est-à- 
dire, un système qui s'accommode des croyances religieuses 
les plus contradictoires, et prétend ouvrir le port du salut 
éternel aux sectateurs de toutes les religions quelles 
qu'elles soient. Ils louent facilement tout ce qui se fait en 
dehors de l'Eglise catholique, ou même contre elle. Ils 
répètent avec complaisance les calomnies de l'hérésie et 
de l'incrédulité, et trop souvent ils en inventent eux-mêmes. 
Ils se font les échos de toutes les accusations mensongères 
portées contre le clergé catholique ; mais ils n'accueillent 
pas, ou dénaturent les défenses des accusés. Le silence 
affecté que ces hommes gardent dans bien des circons- 
tances où un enfant de l'Eglise ne peut se taire, trahit 
encore la tendance anti-religieuse des feuilles qu'ils 
publient. 

Le dévouement môme des braves jeunes gens qui sont 
allés au secours du Saint-Père, n'a pas trouvé grâce de- 
vant ces prétendus catholiques. Ils n'ont eu qu'une parole 
d'amer reproche contre le courage des soldats du Christ, 
contre la générosité des parents qui ont laissé partir leurs 
enfants, contre le zèle de ceux qui ont contribué par leurs 
aumônes à cette œuvre chère a tout cœur vraiment catho- 
lique. Eh ! n'ont-ils pas poussé le cynisme jusqu'à déplorer 
comme un malheur la victoire qui a empêché le tombeau 



Jk^ 



w 



,>i 




— 63 — 

des Apôtres d'être souillé par les mains sacrilèges des enne- 
mis de l'Eglise ! 

Les voilà, ces hommes qui si- disent encore catholiques, 
et qui, dans leur hyjjocrite perversité, osent dire qu'en 
tout cela ils ne cherchent qu'à éloigner du sanctuaire les 
abus qui en ternissent l'éclat, et à empêcher la liberté 
d'être égorgée par le sacerdoce ! 

Reste à conclure qu'aucun catholique ne peut, sans 
pécher grièvement, avoir la propriété de tels journaux, ni 
les rédiger, ni les publier, ni s'en faire le collaborateur, 
ni contribuer à les répiindre. 

Nous ajoutons sans hésitation, que tout véritable patri- 
ote devrait s'en interdire la lecture. Car à part l'impicté 
de ces journaux, que doit-on penser de ces hommes qui 
ne cessent de prodiguer leur admiration à des institutions 
politiques étrangères et ne manifestent que du dégoût et 
du mépris pour celles de la patrie ? 

Quel serait le résultat final de ces désolantes et dange- 
reuses doctrines, si elles venaient à prévaloir parmi nous ? 
L'expérience de tous les temps, et surtout celle des cent 
dernières années, nous apprend que, la religion une fois 
détruite dans un peuple, il n'y a plus pour ce peuple ni 
repos, ni stabilité. Les liens de la charité chrétienne une 
fois dissous, l'anarchie suit de près le mépris de toute 
autorité, et .la révolution, avec ses horreurs, vient accom 
plir à la lettre cette terrible propliétie : Ze Seigneur va 
entrer en jugement avec /es habitants de la terre, parce 
qu'il n'y a plus de vérité parmi les /tommes, plus de misé- 
ricorde, plus de connaissance de Dieu. Les outrages, /e 
mensonge, le larciu, F adultère, s'y sont répandus comme un 
déluge et le meurtre suit de près le meurtre. C'est pourquoi 
la terre sera désolée, et ses /labitants seront dans /a /an- 
gueur rOsée, IV, i). Oui, /a terre sera dans /e deui/ et 
elle périra, parce qu'elle est infectée par ceux qui violent les 
lois, anéantissent tous les droits, et rompent Falliance que 
Dieu avait faite avec les /lommes (Isaïe, XXIV, 5/ 



Si 



' 1 

■'.■'Jl 

'■!■% 



I 



'î 



n 



il ! 



~64 — 

Grâces à Dieu, le plus grand nombre de nos journaux, 
par leurs principes religieux et sociaux, tendent à la con- 
servation de l'ordre dans la société civile, des bonnes 
mœurs dans la famille et de la religion dans tous les 
cœurs. On y trouve tout ce qu'il est important de connaître 
sur les affaires publiques et sur les événements qui se 
passent dans le monde. Il ne peut donc y avoir aucune 
raison quelconque d'encourager par ses souscriptiuiis les 
journaux détestables que Nous vous signalons. 



POLITIQUE ET ÉLECTIONS. 

" La vraie et parfaite liberté et égalité des hommes, dit 
" Pie IX, ont été mises sous la garde de la loi chrétienne, 
" puisque le Dieu tout-puissant, qui a fait le petit et le 
"grand, et a soin de rim et liePautre ('è^gc%<ie:, VI, 8), 
" jugera sans acception de personne et n'exemptera per- 
" sonne de cit jiij^ement universel de justice dont il a fixé le 
"jour (Actes, XVII, 3i>, dans \ci\VLQ\ Jésus-Christ vien- 
" dra dans la gloire de son Père, avec ses anges, pour rcn- 
" dre à chacun selon ses œuvres (^S. Matth., XVI, 27) " 
{Encyclique du 8 décembre 1849). 

Des hommes qui veulent vous tromper, nos très chers 
Frères, vous répètent que la religion n'a rien à voir dans 
la politique. Ne pouvant pas, ou n'osant pas nier la vérité 
de ce jugement que Jésus-Christ doit un jour exercer sur 
tous les hommes, ils veulent en restreindre l'objet à la 
conduite privée. Ils admettent bien que, dans la conduite 
privée, il n'est pas permis de penser d'une manière dérai- 
sonnable, de parler comme un insensé, d'agir sans vérité, 
sans honneur et sans pudeur ; ils veulent bien reconnaître 
que le clergé a raison de demander au nom de Dieu que 
l'on s'abstienne de ces énormités dans la conduite privée. 
Mais du moment qu'il s'agit de politique, ces mêmes 
hommes Nous accusent de tyrannie et de despotisme into- 



— 66 — 



lérable, parce que Nous réprouvons la licence effrénée de 
tout penser, de tout dire, de tout faire. Eh quoi 1 Nous 
refuserait-on le droit de protester contre des idées extra- 
vagantes, contre des paroles licencieuses, contre le vol, 
contre le parjure, contre les violences .'n; tes, contre le 
blasphème, contre l'intempérance, crnlve le n. ,.> rtre même, 
du moment que ces excès se feraiei ai nom a îa liberté, 
au nom d'un parti politique, au no 'i c' tne op non quel- 
conque? C'est ainsi que l'on s'efforce -' iK'tri ,u dans la 
politique toute idée de justice, de véri.v de droit, d'hon- 
neur et de religion. 

" Or, dit Pie IX, hl où la religion est bannie de la so- 
" ciété civile, et la doctrine et l'autorité de la révélation 
" divine rejetées, la vraie notion de la justice et du droit 
" humain s'obscurcit et se perd, et la force matérielle 
" prend la place de la justice et du vrai droit" {Encyclique 
du 8 décembre 1864). 

Ainsi l'on veut bannir Dieu de la société civile, et 
s'affranchir de sa loi sainte dans sa conduite publique. 
L'on oublie que le même Dieu qui doit juger les individus, 
est aussi celui qui juge les peuples (Ps. VII, 9). L'on 
oublie qu'il exercera un jugement terrible sur ceux qui 
gouvernent. " Prêtez donc Pareille à mes paroles, dit le 
Saint-Esprit dans le livre de la Sagesse (chapitre VI), 
vous qui gouvernez la multitude. Considérez que vous avez 
reçu la puissance du Très-Haut, qui interrogera vos œuvres, 
scrutera même vos pensées ; parce qu'étant les ministres de 
son royaume, vous n'avez pas gardé la loi de la justice, ni 
marché selon sa volonté. Aussi vicndra-t-il à vous (fune 
manière effroyable pour vous juger ivec une extrême rigueur. 
C'est depuis que l'on a commencé à semer ces doctrines 
perverses,que notre pays.autrefois si paisible et si heureux, 
a été le théâtre de scènes déplorables de violence, de 
désordres et de scandales de toute espèce dans les élec- 
tions. Des hommes qui trouvent leur intérêt à égarer le 
peuple, ont exalté sans mesure sa liberté et son indépen- 

T. III K 



i 



1 



^ 

l^ 



m 



I ^% 




\ll 1 



Mf 



iPIf 



— 66 — 

(lance pour mieux réussir a le faire servir d'instrument 
aveugle à leur ambition. Ils ont d'abord posé ce faux 
principe, contre lequel Nous venons de protester, que la 
religion n'a rien à faire dans la politique ; ensuite ils ont 
soutenu que, pour vous déterminer dans le choix d'un 
candidat, vous n'aviez d'autre règle à suivre que votre bon 
plaisir et le caprice de votre volonté ; et enfin, mettant de 
côté toute vérité et toute justice, ils en sont venus jusqu'à 
permettre de dire et d'oser tout ce que l'on croirait capable 
de faire triompher le candidat de son choix. 

Erreurs monstrueuses, nos très chers Frères ; et mal- 
heur au pays où elles viendraient à prendre racine ! Mal- 
heur au gouvernement qui prétend régner sans Dieu ; 
malheur au peuple qui, dans l'exercice de ses droits poli- 
tiques, méconnaît les lois imprescriptibles de la saine 
raison et de la justice ! 

Loin de Nous la pensée de vous contester cette liberté 
et cette indépendance véritables que la constitution de 
notre pays vous garantit. Ce que Nous déplorons, ce que 
Nous condamnons, c'est l'abus que l'on en fait, ce sont les 
excès auxquels on se livre, comme si cette liberté et cette 
indépendance autorisaient à fouler aux pieds toutes les 
lois divines et humaines. 

Souvenez-vous que Dieu jugera un jour vos élections ; 
il vous demandera compte de vos intentions, de votre 
choix, de votre suffrage, de vos paroles et de vos actes 
dans l'exercice de ce droit imj'ortant. En même temps 
tpie la constitution vou.-, donne la liberté de choisir vos 
mandataires, Dieu vous fait une obligation de n'user de 
cette liberté que dans la vue du bien public et de ne 
donner vos suffrages (pi'à des hommes capables de le 
procurer, et sincèrement disposés à le faire. De là suit 
une a'itre obligation pour vous : celle de vous ai)pliquer à 
bien connaître ceux qui briguent vos suffrages. Certes, 
vous seriez coupables d'une bien grande imprudence 
deva. *. Dieu et devant les hommes, si vous donniez voire 



— 67 



voix au premier venu qui se présente avec de belles paroles, 

sans vous mettre en peine de sa capacité, et surtout de 

ses principes. Pour défendre vos intérêts religieux et civils, 

vous ne pouvez pas compter sur un homme qui n'est pas 

religieux et d'une probité à toute épreuve. Quelle confiance 

pourriez-vous avoir dans un impie qui se moque de la 

conscience, de la religion et de Dieu même ? dans un 

homme qui ne fréquente les églises que dans le temps 

des élections ? dans un homme qui se vante d'obtenir son 

élection par la fraude, par la violence, par la calomnie, 

par le parjure ? dans un homme qui veut acheter votre 

suffrage ci, prix d'argent ? Ne craignez-vous pas qu'après 

vous avoir achetés, il ne vous vende à son tour et avec 

grand profit pour lui-même, mais au grand détriment de 

vos plus précieux intérêts ? 

Oh ! nos très chers Frères, n'est-ce pas une honte 
pour notre pays qu'il se soit trouvé des électeurs qui ont 
eu la bassesse de mettre leur suffrage à prix d'argent, qui 
ont promis leur voix à ceux qui leur promettaient plus 
d'argent ; qui ont donné, ou plutôt vendu leur suffrage 
pour de l'argent ? 

Quelques-uns sont allés encore plus loin dans cette 
carrière de déshonneur ; ils ont sacrifié leur liberté et leur 
indépendance a6n de satisfaire leur malheureux penchant 
pour les liqueurs enivrantes ! 

Parce que la justice humaine est impuissante à atteindre 
ceux qui se rendent coupables de ces iniquités et de ces 
infamies, vous persuaderiez-vous que le souverain Juge 
n'en demandera aucun compte? Croyez-vous qu'au tri- 
bunal de la justice infinie, la corruption, la calomnie, le 
mensonge, la violence, le parjure, la haine, l'intempérance 
et autres excès, ne seront pas punis, parce qu'ils auront 
été commis en temps d'élection? Non, non, nos très 
chers Frères, ceux qui font alors de telles choses, sous 
prétexte de soutenir leur cause, fût-elle la meilleure du 
monde, porteront infailliblement la peine de leur iniquité. 






l'.-r 
r.V I 



m 






-68 



VI 



(" 



îiil 



.•ii 


,f.r 




DU SERMENT. 

Le nom de Dieu est saint et terrible (Ps. CX, 9), il ne 
doit être prononcé qu'avec le plus profond respect, et le 
Seigneur ne tiendra pas pour innocent celui qui aura pris 
en vain le nom du Seigneur son Dieu (Exode, XX, 7). 

Il est encore écrit dans nos uvres -aints : Vous ferez 
serment en disant: Vive le Seigneur; mais que ce soit 
avec vérité, avec discrétion. H avec justice (Jérémie, IV, 2). 

Celui qui fait serment, prend à témoin de la vérité de 
ce qu'il dit, le Dieu de toute vérité. Le serment est un 
hommage rendu à la souveraine véracité de Dieu. Mais 
aussi le parjure a été considéré par tous les peuples 
comme un outrage énorme à la divinisé, comme un crime 
abominable, digne des plus terribles châtiments. 

Nous ne pouvons le dissimuler, nos très chers Frères, 
nous sommes épouvantés de voir avec quelle facilité cer- 
tains hommes, oubliant la crainte de Dieu, osent se par- 
jurer, soit devant les tribunaux, soit dans les temps d'é- 
lection. Ainsi, pour un vil intérêt, pour assurer le triom- 
phe d'un candidat quelquefois indigne de la moindre con- 
fiance, on profane le nom adorable de Dieu. Et, ce qui 
met le comble à cette iniquité, et Nous fait redouter pour 
notre pays les effets de la juste indignation du Seigneur, 
c'est qu'on ne craint pas de justifier de pareilles énor- 
mités : on essaie de se faire une fausse conscience et de 
pallier à ses propres yeux tout ce qu'il y a d'impie et 
d'abominable dans le parjure. 

Pourrions-nous, nos très chers Frères, garder le 
silence sur une pareille impiété et sur un si grand dé- 
sordre social ? Pourrions-nous ne pas vous rappeler ici 
la sainteté du serment ? 

C'est toujours un péché mortel de faire serment pour 
affirmer une chose que l'on sait être fausse. 



— 69 — 



l:.-n 



C'est toiijoms un péché mortel de se parjurer pour 
affirmer que l'on esf électeur ou que l'on possède réelle- 
ment et de bonne foi des biens suffisants, tandis que la 
conscience crie le contraire. 

C'est toujours un péché mortel d'engagur quelqu'un à 
se parjurer. 

Craignez ce grand Dieu qui tient vos vies entre ses 
mains ; craignez d'offenser ce Juge souverain qui est le 
témoin de toutes vos pensées et de toutes vos paroles, et 
qtn a le pouvoir non setdement de vous dotmer la mort, 
mais encore de précipiter vos âmes dans les flammes éter- 
nelles (S. Luc, XII, s), th ! que vous servira d'avoir, 
par des moyens illicites, par la fraude, par lu violence, 
par le parjure, gagné une élection, ou même ^agné Puni- 
vers entier, si vous perdez votre âme pour Pétertiité 
(S. Matth., XVI, 28) ? 






M, 



VII 

DES SOCIÉTÉS DÉFENDUES, 

Ce que Nous venons de vous dire sur l'énormité du 
parjure, Nous amène naturellement à vous parler de ces 
serments téméraires et de ces promesses téméraires sur 
l'honneur, par lesquels on entre dans les sociétés appe- 
lées secrètes, où l'on s'engage à garder le secret .le plus 
absolu et le plus inviolable sur le but, sur les résolutions, 
sur les actes et sur les membres de ces associations. 

La sainte Eglise catholique défend formellement à ses 
enfants, et sous peine d'excommunication, de s'enrôler 
dans les sociétés secrètes, soit que l'on y exige un serment, 
soit que l'on s'y contente d'une simple promesse. L'expé- 
rience prouve le danger qu'elles offrent pour la religicvi et 
pour la société. D'ailleurs le simple bon sens ne dit-il pas 
que la vérité et la justice ne redoutent point la lumière, 
et qu'une ^association dont le but serait honnête et 
avouable, ne s'envelopperait pas ainsi de mystères impé- 
nétrables ? 



r., 






■ i iJ 







■1, 
l 

i' "* 



70 — 




" Femie. donc l'oreille, dit le Souverain Pontife Léon 
" XII, d'iieurei' ^ mémoire, fermez l'oreille aux piiroles 
" de ceux qui, pour vous \ttirer dans leurs assemblées, 
" vous affirment qu'il ne s'y commet rien de contraire à 
" la raison et à la religion. D'abord ce serment coupable 
" que l'on prête même dans les grides inférieurs, suffit 
" pour que vous compreniez qu'il est défendu d'entrer 
" dans ces premiers grades et d'y rester. Ensuite, quoique 
" l'on n'ait pas coutume de confier ce qu'il y a de plus 
" criminel et de plus compromettant, cà ceux qui sont dans 
" les grades inférieurs, il est cependant manifeste que la 
" force et l'audace de ces sociétés pernicieuses s'accrois- 
'' sent en raison du nombre et de l'accord de ceux qui en 
" font partie. Ainsi ceux des rangs inférieurs doivent 
" être considérés comme complices de tous les crimes qui 
" s'y commettent" {Lettre apostolique de Léon XLI, 13 
fîtars 1826). 

7'enez-vous également éloignés de certaines autres 
sociétés, moins secrètes, il est vrai, mais encore trop 
dangereuses. Sous prétexte de protéger les pauvres 
ouvriers contre les riches et puissants qui voudraient les 
opprimer, les chefs ei les propagateurs de ces sociétés 
cherchent à s'élever et à s'enrichir aux dépens de ces 
mêmes ouvriers souvent .- ^. crédules. Ils font sonner 
bien haut les beaux noms de protection mutuelle et de 
charité, pour tenir leurs adeptes dans une agitation con- 
tinuelle et fomenter des troubles, des désordres et des 
injustices. De là résultent pour les pauvres ouvriers deux 
grands malheurs. D'abord ils s'exposent au danger de 
perdre leur foi, leurs mœurs et tout sentiment de probité 
et de justice, en faisant société avec des inconnus qui se 
montrent malheureusement trop habiles d leur communi- 
quer leur propre perversité. En second lieu, l'on a vu, ici 
comme aux Etats-Unis, comme en Angleterre, comme en 
France et partout ailleurs, les tristes fruits de ces conspi- 
rations contre le repos public. Les pauvres ouvrier? n'en 



— 71 - 



ntife Léon 
lux Pc! rôles 
■ssemblces, 
contraire à 
it coupable 
ieurs, siiffit 
lu d'entrer 
;e, quoique 
Y a de plus 
i sont dans 
;ste que la 
s s'accrois- 
;eux qui en 
rs doivent 
crimes qui 
/ XII, 13 

les autres 
icore trop 
s pauvres 
draient les 
îs sociétés 
tis de ces 
int sonner 
el/e et de 
;ation con- 
res et des 
'riers deux 
danger de 
de probité 
nus qui se 
commun i- 
)n a vu, ici 
comme en 
;es conspi- 
vriers n'en 



ont retué qu'une misère profonde, une ruine totale des 
industries qui les faisaient vivre ; et quelquefois même, 
les rigueurs de la justice humaine sont venues y ajouter 
des châtiments exemplaires. 

Croyez-le donc bien, no:, très chers Frères, lorsque 
vos pasteurs et vos confesseurs cherchent à vous détour- 
ner de ces sociétés, ils se montrent vos véritables et sin- 
cères amis j vous seriez bien aveugles si vous méprisiez 
leurs avis pour prêter l'oreille à des étrangers, à des in- 
connus qui vous flattent pour vous dépouiller, et qui vous 
font de séduisantes promesses pour vous précipiter dans 
un abîme d'où ils se garderont bien de vous aider à 
sortir. 

VIII 

DE l'intempérance. 

Nous devons encore vous prémunir, nos très chers 
Frères, contre un ennemi qui se présente à vous sous les 
dehors les plus séduisants, et qui en veut à votre repos, à 
votre fortune, à votre santé, à votre famille et à votre 
salut éternel. Oh ! que de ruines entassées sur le passage 
de ce monstre infernal que l'on ai^ppelle ivrognerie ! Que 
de larmes il a fait répandre ! Que de crimes il a inspirés ! 
Malheur à vous, s'écrie le prophète Isaïe, malheur à vous 
qui vous levez de bonne heure pour vous livrer à F intem- 
pérance jusqu'au soir ! Malheur à vous qui êtes forts 
pour boire le vin et pour en supporter les excès (Isaïe, V, 
II, 22) ! En criant ainsi malheur, ce n'est pas une malé- 
diction que Nous prononçons contre des enfants égarés, 
pour le salut desquels Nous donnerions volontiers notre 
vie ; il Nous est toujours bien plus doux de pardonner et 
de bénir. Mais pouvons -nous ne pas vous rappeler les 
paroles du Saint-Esprit, annonçant avec une infaillible 
certitude le sort affreux qui menace l'ivrogne ? Et que 
dirons-nous de ces vendeurs de boisson qui se font les 



'.fl 



'■%•■' 



CI 



# 






ilil 



' il M 



««■ii-iÈ 



'f '■ 



— 72 — 

sui)pôts de Satan daiib un commerce infâme et homicide ? 
MaUiejir à celui par qui vient te sandale (S. Matt)^., 
XVIII, 7) ! Malheur à l'ivrogne, mais malheur mille lois 
aux vendeurs de boissons, qui sont U -.ausi: prcua«lrc de 
toutes ces cafamités ! 

Comment ;;ourrait-il en 6tre autrement, ^]uand il s'agit 
d'un vice qui ravale l'homme au-dessous de la bruu? ; qui 
ét..int tout sentiment d'honneur, de pudeur et d'affection ; 
qui ruine ie.s famines et attire sur elles des châtiments 
terribio:. .' cause des crimes et des blasphèmes d >nt il est 
la source féconde ? N'est-ce pas un vice qui tue i;ii même 
tsm-is le corps et l'âme du malheureux qui s'y abandonne ? 
Nous faisons donc appel à tous ceux qui ont à c/eurle 
bien de la religion et de la patrie, afin qu'ils s'uni;;sent à 
Nous pour arrêter, ou du moins pour diminuer, autant que 
possible, les ravages de l'intempérance. Oui, Nous vous 
en supplions par la charité de Notre-Seigneur Jésus- 
Christ, qui est mort pour racheter nos âmes, priez pour 
ces malheureux que Satan tient enchaînés dans une habi- 
tude ruineuse ; priez pour que Dieu ouvre les yeux à ces 
ve«ideurs de boissons sur l'énormité du scandale dont ils 
se rendent coupables ; priez pour que Dieu inspire à nos 
législateurs de sages mesures propres à arrêter un mal si 
préjudiciable à notre pays ; priez enfin pour que les auto- 
rités municipales et paroissiales remplissent courageuse- 
ment et fidèlement leur devoir, car elles répondront un 
jour devant le souverain Juge de tous les crimes qu'elles 
pouvaient et devaient empêcher. Hélas ! n'arrive-t-il pas 
trop souvent que les intérêts de toute une paroisse sont 
sacrifiés aux clameurs et aux intrigues d'un petit nombre 
d'amis des auberges ? 

A ces prières ferventes, joignez l'exemple, en vous 'en- 
rôlant dans ces belles sociétés de la Tempérance e. '■ la 
Croix, établies dans vos paroisses et missions i 

bonheur pous "ous, quel mérite, quelle joie dan. ;iel 
d'avoir cor.', aé ainsi à la conversion >. , 1. ' jues 



st homicide ? 

(S. Matth., 
:ur mille lois 

prcjia«;rc de 

aand il s'agii 
:a brute ; qui 
t d'affection ; 
s châtiments 
îs d >nt il est 
:ue ea même 
abandonne ? 
int à ( leur le 
s s'uni;:sent à 
•, autant que 
i, Nous vous 
neur Jésus* 
3, priez pour 
ns une habi- 
s yeux à ces 
dale dont ils 
nspire à nos 
er un mal si 
[ue les auto- 
courageuse- 
ondront un 
mes qu'elles 
rrive-t-il pas 
aroisse sont 
etit nombre 

en vous <^n- 
iftcee. ■■ la 
sions i 

dan. ,iel 
t Mi (ues 



-73- 

pauvres âmes ! Enfin, ne vous contentez pas de gémir en 
secret, mais sachez déployer du courage et de l'énergie 
pour élire et appuyer des conseillers municipaux qui 
veulent sincèrement le bien, et pour protester contre les 
lâches complices de tous les abus. 

IX 

DE l'usure. 

Quel est le cœur assez insensi'ole pour ne pas gémir sur 
la cruelle industrie de ces prêteurs qui profitent de la né- 
cessité d'un pauvre malheureux pour extorquer des inté- 
rêts exorbitants ? Et une fois engagés dans cette voie 
rameuse, les pauvres victimes n'en sortent que quand il 
ne leur reste plus une obole à donner à leur insatiable 
tyran. 

Que ceux qui ont de l'argent à prêter, se rappellent bien 
que ce n'est pas sans danger que l'on viole les éternelles 
lois de la justice et de la charité. Tôt ou tard ces fortunes 
amassées par l'usure se fondront entre leurs mains, ou 
entre celles de leurs enfants, sous le souffle de la justice 
divme, car celui qui dépouille le pauvre pour s'enrichir, 
dit le Saint-Esprit, se verra dépotiillé à son tour par un 
plus riche.et il sera dans Findigence (Prov., XXII, i6) 
Le sang d'Abel criait contre l'homicide Caïn ; les pleurs 
des pauvres dépouillés par l'usure, crient contre l'usu- 
rier, et l'usurier n'échappera pas plus que l'homicide à 
la vengeance divine. Qu' arriver a-t-il donc à Pusurier i 
demande le prophète. Cet homme vivra-t-il devant le 
Seigneur i Non, il ne vivra point ; ca> il a fait une chose 
détestable; il mourra, et son sang retombera sur sa tête 
(Ezéchiel, XVIII, 13). Car, ajoute le psalmiste, c'est une 
chose certaine que Dieu prendra en main la cause du 
pauvre et le vengera de ses oppresseurs (Ps. CXX!XIX. 13) 
A la vérité nos législateurs ont aboli les lois qui punis- 
saient autrefois ceux qui exigeaient un intérêt plus élevé 



■M 



ÏÏ^ 



*''> 



i 



I- 






B 





— 74 — 

que six par cent, et les tribunaux forcent l'emprunteur à 
payer l'intérOt stipulé, quel(iue énorme qu'il soit. Mais ce 
serait une grande erreur de s'imaginer que l'on peut main- 
tenant exiger en conscience tel intérêt que l'on veut. 
^ Non, non, nos très chers Frères, si vous avez de 
l'argent à prêter, vous n'avez pas en conscience le droit 
d'en retirer tel intérêt qu'il plaira à votre cupidité de 
fixer. La loi de l'éternelle justice est toujours au-dessus 
de vos têtes, et tous les législateurs du monde ne sauraient 
l'ahohr. Elle vous défend d'exiger au delà d'un intérêt 
raisonnable, dont la quantité, à défaut de lois civiles qui 
la déterminent, dépend du titre spécial que vous pour- 
nez avoir pour exiger un intérêt, ou bien de la commune 
estimation que les hommes d'affaires probes et honnêtes, 
font de la valeur de l'argent. Tout ce que vous exigeriez 
au delà serait injustement acquis et devrait être restitué. 
Voilà, nos très chers Frères, ce que Nous pensons que 
l'éternelle loi de la justice peut vous permettre. Mais il 
est une autre vertu qui, dans vos prêts d'argent, comme 
dans tous vos rapports avec le prochain, ne doit pas être 
oubliée : c'est la charité. 

Sous la loi de Moïse, il était défendu aux Juifs d'exiger 
le plus petit intérêt des sommes prêtées à leurs compa- 
triotes (Deut. XXIII, 19). Dieu avait voulu ainsi resser- 
rer entre tous les enfants d'Abraham les liens de cette 
charité qui doit unir des frères. 

Or, nos très chers Frères, (fepuis que Dieu le Père a 
atmé le monde jusqti'à lui donner son Fils unique (S. Jean, 
III, 16 ) ; depuis que ce Fils uniquenvus a aimés jusqu'au 
point de se livrer à la mort pour nous (Gai., II, 20) ; 
depuis que le Saint-Esprit a répandu dans nos cœurs un 
rayon de cette charité infinie qui unit ensemble les trois per- 
sonnes de l'adorable Trinité (Rom., V, 5), la charité est 
devenue la loi par excellence. Donc, si Dieu nous a aimés 
ainsi, nous devons nous aimer les uns les autres (S. Jean, 
'IV, II), comme enfants de Dieu et frères d'une même 
famille. 



-75- 



Voilà cette seconde loi que Nous invoquons aujour- 
d'iuii en faveur de ceux que des circonstances malheu- 
reuses obligent à emprunter. La justice vous permettrait 
peut-être de demander un certain intérêt, mais ne fermez 
jjoint vos oreilles, ni votre cœur, ni votre bourse à la 
douce voix de la charité. Tendez une main secourable à 
votre frère indigent ; et de même que quelquefois la cha- 
nté vous oblige de donner l'aumône, de môme elle peut 
vous miposer quelquefois l'obligation de prêter à un 
intérêt moins fort, ou même sans aucun intérêt, pourvu 
toujours que vous ne soyez pas exposés à perdre votre 
capital, ou à faire de ces sacrifices extraordinaires que la 
charité peut bien conseiller, mais qu'elle ne prescrit point. 
D'un autre côté, nos très chers Frères, la religion et la 
justice font un devoir aux hommes de ne pas s'endetter 
inutilement et au delà de leurs moyens. 

Fuyez donc le luxe qui a déjà ruiné tant de familles. 
Ne cherchez pas à paraître plus riches que vous n'êtes. 
Sachez refuser à vos enfants les plaisirs et les ajuste- 
ments que votre fortune ne comporte point. 

Quand vous vous trouvez embarrassés dans vos affaires. 
Il vaut infiniment mieux vendre vos biens à bonne com- 
position, payer vos créanciers et vous retirer avec quel- 
ques débris de votre fortune, que de vous mettre à la 
merci de prêteurs insatiables, qui vous ruineront infailli- 
blement, vous forceront enfin à vendre vos biens à vil 
prix et vous jetteront sur le chemin public sans un denier 
dans votre bourse et souvent encore écrasés par une 
dette énorme. 

X 

AVIS DIVERS. 

Ne vous étonnez .v.^ nos très chers Frères, de Nous 
entendre vous donn,. • , asi des avis même sur vos affaires 
temporelles. La reli^'ion et la charité ne sont étrangères 



' *'(i 



"H 



■1 »i 




i 



1 ' I 



;f 1 1 ^ 



•M 




li 



— 76— • 

nulle part, et notre charge pastorale, qui vous rend chers 
à nos cœurs, nous fait partager touti"< vos peines et vos 
embarras, aussi bien que vo-, joiej c. .us prosiii-rités. Ce 
n'est pas pour Nous que Nous sommes pasteurs, mais pour 
vous. Jésus-Christ vous a confiés à nos soins, et en vous 
Nous voyons les menbres mystiques de ce divin Sauveur, 
au service duquel Nous avons consacré notre vie entière. 
Dites-le-nous, nos très chers Frères, vous ètes-vous 
jamais repentis d'avoir suivi les conseils de vos pasteurs ? 
Plût à Dieu (jue plusieurs n'eussent pas à gémir aujour- 
d'hui de s'en être écartés ! Il s'est trouvé, il se trouvera 
toujours de prétendus amis du peuple qui Nous accuseront 
de vouloir vous dominer, et de tyranniser les consciences. 
La crainte de pareilles calomnies ne Nous empêchera point 
de remplir à votre égn'd les devoirs d'amis fidèles, de 
pères remplis de charité, de ministres de Jésus-Christ, en- 
vers vos âmes rachetées par le sang de ce divin Sauveur. 
" Rion ne nous arrêtera, dit un Souverain Pontife, 
" dans le devoir où nous sommes de soutenir toutes 
" sortes de combats pour l'amour de Dieu et le salut 
" des âmes. Ayons sans cesse devant les yt u.\ Celui 
" qui fut aussi penf^ant sa vie en butte à la contra- 
" diction des pécheurs ; car si nous nous laissons 
" ébranler par l'audace de méchants, c'en est fait 
"de la L > de i ^piscopai, Je l'autoiité sublime et 
" divine de l'Eglise. Il ne faut plus songer à nous dire 
" chrétiens, si nous en sommes venus au point de trembler 
" devant les viciiiceset les enlûches de n;. ennemis" 
{Encyclique de Clément XII J, 14 septembre 1758). 

Ceux qui Nous calomnient de la sorte, ont-ils jamais fait 
pour vous le moindre sacrifice 0< leur repos ou de leur 
santé? Où sont les étabi ments qu'ils ont fondés pour 
recueillir l'indigent malr ju firme, ou pour donner 
l'éducation à la jeunesse Kst-. ■• eux que vous croyez 
pouvoir demander secoui:. dans votre détresse? , ez- 
vous jamais trouvé auprès de ces hommes la consolation 






-77- 



Dspérités. Ce 



et l'espérance dans vos revers ? Les ferez- vous appeler à 
votre lit de mort pour demander à leurs désolantes doc- 
trines le néant ou le désespoir ? Ne serait-ce pas le com- 
ble de la foliu- que de suivre aveuglément, pendant votre 
vie, des guides qu'au moment de votre mort vous repous- 
seriez avec énergie ? 

L'hérésie joint ses efforts à ceux de l'impiété pour vous 
arracher votre foi. Elle emprunte le m, ^,iu de la charité 
pour vous séduire. Elle offre ciuelquefoi-i l'éducation 
gratuite aux enfants pour pervertir leurs cœurs ; elle 
fait de larges distributions de vivres et de vêtements pour 
se concilier les esprits ; elle répand avec profusion des 
falsifications de la Bible, et de petits livres remplis 
d'erreurs, de mensonges et de blasphèmes, pour infiltrer 
lurtout le poison de ses fausses doctrines. Défiez-vous 
d' es largesses intéressées ; refusez impitoyablement ces 
liv- ,, et jetez-les au feu. Si vous avez à cœur votre salut 
et celui de vos enfants, ne souffrez pas que ces' émissaires 
de l'.n.ir entrent dans vos maisons. Car, dit l'apôtre 
saint Paul, çuc' ucord peut-il y avoir entre Jaus et Bélial 
entre le fidèle nt de fEglise et ses enfants révoltés (il 
Cor., VI, 15)? 

Plus un bien est précieux, plus aussi doit-on en éloigner 
soigneusement tout ce qui peut le détruire. Jugez quelle 
sollicitude vous devez avoir jjour conserver votre foi. 
" Cette vertu est, dit le saint Concile de Trente (sess. 
yi, ch. s;, le commei 'ement du sali.i de l'homme, le 
'^'^ fondement et la racine de toute justification, c-l sans elle 
" il est impossible de plaire à Dieu, comme dit l'Apôtre" 
(Hébr., XI, 6). " Elle est, dit Pie IX, la maîtresse de la 
" vie, le guide du salu' , le destruc teur de tous les vices, la 
"mère et la nourrice féconde de toutes les vertus...'... 
Il elle répand les bienftiisants rayons de sa lumière'sur 
Il tous les peuples, les courbant sous le joug de Jésus- 
" Christ et leur annonçant la paix et le bonheur" (En- 
cyclique du 9 novembre 1846J. 



KXi 



t; 






m\, 



78 — 



i||!l 






I 



' ,H 






liiPNr':, 



1 


1 


i 


û 


lL , 


ii 



Mais n'oubliez pas, nos très chers Frères, que " la 
" foi sans l'espérance et la charité ne saurait nous unir 
" à Jésus-Christ. Voilà pourquoi il est de vérité absolue 
" que la foi sans les œuvres est morte et inutile" 
(Concile de Trente, sess. VI, ch. 7). " Si vous voulez 
" entrer dans ht vie éternflle, dit Jésus-Christ, " il faut 
observer les commandements" (S. Matt., XIX, 17). Dieu (|ui 
a créé l'homme tcjut entier, corps et âme, veut aussi être 
honoré par l'homme tout entier. Voilà pourquoi il exige 
que l'homme, par la foi, lui fasse hommage de son intelli- 
gence, et par lus œuvres extérieures manifeste sa soumis- 
sion au suprême domaine de son Créateur. " Sans les 
" bonnes œuvres la foi ne peut plaire à Dieu, et Dieu 
" n'accepte pas non plus les œuvres que n'accompagnen'' 
" point les doctrines religieuses. Ce n'est pas seulement 
" dans la pratique des vertus, ou dans l'observation des 
" préceptes, mais dans leur union avec la foi que se 
" trouve le sentier qui conduit à la vie" (Lettre de Pie 
IX aux évêqucs if Autriche, le i-j mars 1856^. 

Pour arriver à cette union si désirable et si nécessaire 
de la vraie foi avec les bonnes œuvres, vous ne devez, nos 
très chers Frères, négliger aucune occasion de vous ins- 
truire de la doctrine chrétienne, soit en assistant régu- 
lièrement aux instructions que vos pasteurs vous donnent 
les dimanches et fêtes, comme le leur commande la sainte 
Eglise, soit en lisant avec attention de bons livres choisis 
avec le conseil de vos l'asteurs. 

Fréquentez le sacrement de Pénitence, afin de purifier 
vos âmes des moindres souillures du péché et de recevoir 
les avis particuliers spécialement adaptés aux besoins de 
votre âme. Venez souvent vous asseoir à la sainte table 
pour y recevoir avec dévotion la très sainte Eucharistie, 
qui est la nourriture spirituelle des âmes, " l'antidote qui 
" nous délivre des fautes quotidiennes, et nous préserve 
" des péchés mortels, le gage assuré de notre gloire 
" future et de notre félicité éternelle" (Concile de Trente, 
sess. XIII, ch. 2). 



jm. 



79-- 



Profitez bien des secours extraordinaires que présentent 

les jours de bénédiction divine, tels ([iie le saint temps de 
l'avent, du carême, du jubilé et des retraites paroissiales. 
C'est alors que la miséricorde divine se plaît à verser sans 
mesure ses richesses infinies, pour réchauffer la piété des 
bons, exciter à une pénitence salutaire les pécheurs et les 
hommes dépravés par une longue habitude du vice. 

Observez fidèlement le saint repos des dimanches et 
fêtes, entendez-y avec dévotion la sainte messe ; car, dit 
le Seigneur par son prophète Isaïe (ch. LVI, 4), <, av/.Y 
qui observeront bien la loi du sabbat et demeureront fermes 
dans mon alliance, Je donnerai un nom éternel ; Je les 
ferai venir sur ma montagne sainte; Je les remplirai de 
Joie dans mon temple; les victimes qu'ils m'offriront me 
seront agréables. 

Observez aussi exactement les abstinences et les jefines 
que vous prescrit la sainte Eglise. C'est une maxime fon- 
damentale, dans la religion, que le péché ne peut Otre 
expié que par la pénitence. C'est là ce qu'ont annoncé les 
prophètes, ce que Jésus-Christ a prêché par ses exemples 
et par ses paroles, et ce que les apôtres et les saints n'ont 
cessé de recommander. 

Voilà, nos très chers Frères, les avis les plus impor- 
tants que Nous avons cru devoir vous donner au sortir de 
ce (luatrième- concile provincial, durant lequel x\ous avons 
imploré avec plus d'instance que jamais les bénédictions 
du ciel sur vous, et sur vos familles, et sur toutes \ os pos- 
sessions. 

O Marie, sous la protection de qui Nous sommes assem- 
blés dans cette église métropolitaine dédiée à votre 
Immaculée Conception, intercédez pour nous tous au- 
près de votre divin Fils ! Par votre intercession toute, 
puissante, obtenez-nous la grâce do marcher toujours' 
fidèlement dans la voie de ses commandements, afin 
qu'un jour, pasteurs et brebis, nous nous réunissions dans 
le séjour de la félicité éternelle ! 



ïl 



fi 

l'ii 



I I w\ 



m 



i 



'M 







il '•'] 



1. 



' i 



— 80 — 

Souffrez, nos très chers Frères, que Nous terminions 
cette lettre pastorale, comme Nous l'avons commencée, 
en vous citant les paroles du Saint-Esprit parlant par la 
bouche du grand Apôtre : " Combattez le bon combat de 
la foi ; re?nportez la vie éternelle à laquelle 2<ous êtes 

appelés Au nom de Dieu qui donne la vie à toutes 

choses, et de Jèsus-Christ, qui a rendu témoignage à la 

vérité sous Ponce Pilate .je vous ordonne de garder le 

commandement sans tache ; soyez irrépréhensibles Jusqu'à 
l'avènement de JVotre-Seigneur Jésus-Christ, que manifes- 
ra en son temps le Bienheureux, et le seul Tout-Puissant, 
le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs, qui seul pos- 
sède r immortalité et habite une lumière inaccessible : que 
nul homme n'a vu ni ne peut voir ; à qui honneur et 
empire éternel. Amen. Ordonnez aux riches de ne point 
s'enfler iF orgueil, de ne point se confier en des richesses pé- 
rissables, mais dans le Dieu vivant qui donne toutes choses 
avec abondance ; ordonnez encore aux riches de faire le 

bien, de s'enrichir par des bonnes œuvres de se faire un 

trésor qui soit un bon fondement pour P avenir, afin 

d'obtenir la véritable vie Que la grâce de Dieu soit 

avec vous. Amen. (I l'im., VI, 12.) 

Sera la présente Lettre Pastorale lue et publiée tout 
entière, en une ou plusieurs fois, suivant qii-'il sera jugé 
co ivenable, au prône de toutes les paroisses et missions 
de cette province ecclésiastique, et en chapitre dans les 
communautés religieuses, aussitôt après sa réception. 

Donné à l'archevêché de Québec, sous nos signatures, 
le sceau de l'archidiocése, et le contre-seing du secrétaire 
de l'archevêché, le quatorze mai mil huit cent soixante- 
huit. 

(L t S.) t C. F., Archevêque de Québec. 

t IG., EvftQUE DE Montréal 
t Jos. Eugène, Evêque d'Ottawa. 
t Vital J., Evêque de Satala, 
Coadjuteur et Procureur de PE- 
vêque de St-Boniface. 



— 81 — 

t L. F., Evêqued'Anthédon, Coad- 
juteur et procureur de PEvêque 
des Trois-Rivières. 

t Jean, Evkquk d'Hamiltun. 

T E. J., EvÊQUE DE Kingston 

t.EAN-JosEPH.EvÊQUE DE Toronto. 
te., LvEQUE DE Saint-Hyacinthe. 

tjEAN,EvÊQUEDES.G. DERlMOUS- 
KI. 

t Jean, Evêque de Sandwich. 
Par Messcigneurs, 

Auguste-Hongre Gosselin, Ptre. 
Secrétaire de P Archevêché. 



CIRCULAIRE 



-».r..„_„„j^^.,^^.^^^_^_^^^^^^^ 



i y- 



r-lf 



Ni! 

! 

il M 



'; -II! 



EvÊCHÉ DE St-Hyacinthe, II juillet 1868. 
Monsieur lç Curé, 

Vu l'absence indéfiniment prolongée de Mgr i'Evëque 
de Sa.nt-Hyacmthe, dont la santé exige in,péri«>useZ ! 
qu.^aue temps de repos, à la suite del laborW^r 
née pastorale gu'il vient de terminer, je suis autor é Ir" 
Sa Grandeur, a adresser en son nom la présente circu 
laire a Messieurs les curés du dio<;ése 

Depuis plusieurs mois, les journaux du vieux mnn^ 
ont fait les récits les plus nalrants des mrufquT; m' 
venus ondre sur l'infortunée population arabe de 'aT 
g rie Les mêmes récits, reproduits dans nos jou na^x 
n ont pu manquer d'exciter un sentiment profond d pS 
et de commisération. En effet, l'imagination et le cœur 
peuvent facilement concevoir quelle désolation ont da 
verser sur^I'Algérie les riéaux conjoints de la sécheresse 

6 



li 



i 



■1 M 
'-.ti. 



11 



m 

I.: I 



' .1. 
s 


! 


'" '1 


iïi 




« < 



lil'' 



— 82 — 

des sauterelles, du choléra, du typhus et de la famine. On 
ne peut lire qu'en frémissant que déjà plus de cent mille 
personnes sont mortes de la famine seulement, et que 
près de quatre cent mille ont été victimes des autres 
fléaux. Et jusqu'où ira cette épouvantable calamité, si des 
secours ne viennent en diminuer et en abréger l'horreur? 
Que vont devenir les milliers d'orphelins que la mort de 
leurs malheureux parents laisse sans appui et sans res- 
source, sur une terre désolée et baignée de larmes ? Oh ! 
si les infortunés habitants de l'Algérie pouvaient faire 
entendre au monde entier la voix de leurs gémissements» 
ils diraient : Membres de la famille humaine, en quelque 
lieu que vous habitiez, voyez s'il y a dans ce moment, sur 
la terre, des maux semblables aux nôtres. Dans votre 
humanité secourez-nous ! 

Deux dignes prêt^.s de l'Algérie sont maintenant en 
Canada, comme vous l'avez appris, Monsieur le Curé. 
Ils nous ont renseigné sur l'affreuse réalité des malheurs 
décrits par les journaux ; et au nom de leur vénérable 
Archevêque, ils sollicitent des aumônes. Déjà ils ont été, 
dans le diocèse de Montréal, l'objet d'une cordiale et fra- 
ternelle réception. Ils reçoivent en ce moment les aumô- 
nes de l'Archidiocèse de Québec. Notre diocèse n'est pas 
riche, tant s'en faut, et est bien un de ceux où il y a le plus 
d'œuvres inachevées, et peut-être de plus grandes diffi- 
cultés pécuniaires à surmonter. 

Malgré*' ces circonstances, faut-il laisser sans écho 
l'appel fait à notre charité ? J'ai cru qu'il était mieux 
d'offrir aux fidèles l'occasion d'apporter, s'ils le veulent, 
leur obole à la bonne œuvre. S'ils ont peu, ils donneront 
peu. L'essentiel pour eux, c'est de relever le prix de leur 
offrande par la joyeuse bonne volonté avec laquelle ils 
sont invités ù la faire. 

Outre la raison de commisération et d'humanité, vous 
pouvez faire valoir, en faveur des secours sollicités, la 
grave considération de la conversion au christianisme 






il 



— 83-- 

d'un grand nombre d'enfants. Les habitants arabes de 

Algérie vnent plonges dans les ténèbres du mahomT 

.sn,e, et ass.s a o,nbre de la mort. Les milliers d'rX 

I.nscont l.a mort de leurs parents fait aujourd'hui un si 

granc sujet de pit.é, vont être recueillis et élev s d n 

des hosp.ces catholiques, si ,e vénérable ArZcW 

d Alger reçoit des aumônes suffisantes. 11 y a toutTr 

sumerqueces petits infortunés, après avoir Ï^ ^^^ 

tTrd'lHatTT-" ^'"''^'' ^'"brasseront librem n 
tard, le cathohosme et en deviendront les ardents nrim 
gateurs parmi ceux de leur nation ^ ^ 

at:;:s,srrSr;'i!:;j:r'?---^ 

^veur de la malheureuse iinmr;;:" 
eghse, a moins que de graves raisons locales ne s'v 
sent. Le produit de cette quête de a !tr efvoTr' 
Monsieur Moreau, Secrétaire de l'Evêché ava" ,. ' 
août prochain. ' ^^^"' ^^ '5 

Je suis bien cordialement, Monsieur le Curé votre 'on, 
dévoué serviteur, ' ^ '""^ 

t JOS., Ev. I,E CiERMANICOPOLIS. 



CIRCULAIRE 



(«MK'rinnnt la lellro rte« P,^,.„ „,, ,.,.,, .. 
««iivor«ll„,,,|„,,,„„,.,,^ " "' «oiirilo |.iovli.oi„i. la 

le b.,..,„.. ... ,„ ,,„, *;"•;/.;":;«'.••■':'•"■ •"""»r«io 



'.ni 



m 



M^ 



EvÉCHÉ DE St-Hvacinthk, 8 août i868 
Messieurs et chers Collaborateurs, 

Je viens de rentrer à l'Evêché aj.rès une absence d. 
deux mois et demi. Vous savez quelles ont'té ,t 
raisons de cette s. longue absence; l'acquit de V 
Uvnt devoir de la Visite pastorale, et urie^J S; 
de quelques jours de repos à la suite des fatigues de tt 






n. }i 



-84 



visite, faite en grande partie pendant les chaleurs exces- 
sives, inaccoutumées et continues qui ont cette année 
marqué l'ouverture de notre saison d'été. 

Ces raisons si légitimes d'une absence de beaucoup 
trop prolongée au gré de mes désirs, vous porteront sans 
doute à me pardonner bien facilement de ne vous avoir pa'- 
plus tôt communiqué la lettre synodale que les Evoques 
de la province ont jugé à propos d'adresser au clergé et 
aux fidèles, après la célébration du quatrième Concile 
provincial, tenu le printemps dernier à Québec, sous la 
présidence du vénérable Métropolitain de la province, 
l'Archevêque de cette ville. 

Déjà sans doute vous avez eu le plaisir et l'avantage de 
lire cet important document, que la plupart des journaux 
catholiques se sont fait un bonheur de reproduire dans 
leurs colonnes, afin de le livrer à la méditation de leurs 
lecteurs. 

Je sais qu'il vous tarde beaucoup d'en recevoir la com- 
munication officielle, parce qu'en le lisant vous avez com- 
pris quel riche fonds d'instruction il contient sur plusieurs 
sujets d'une véritable actualité, et sur lesquels il importe 
grandement d'éclairer les peuples confiés à nos soins. Et 
c'est pour cela qu'à mon retour, je saisis les premiers 
moments à ma disposition pour vour l'adresser. Vous 
commencerez à le lire au prône de vos messes paroissia- 
les, aussitôt que vous l'aurez reçu et qu'il vous sera possi- 
ble de le faire, et vous continuerez ensuite cette lecture au 
prône de chaque dimanche, jusqu'à ce que vous leur 
ayez donné communication de la Lettre entière. 

En accompagnant cette lecture de commentaires et de 
réflexions que vous vous ferez sans doute un devoir de 
bien préparer pour les accommoder aux besoins 
particuliers de vos paroissiens, vous ne manquerez 
pas de réussir à leur faire comprendre et goûter les prin- 
cipes et les vérités que cette Lettre, fruit des études et 






if. 



— 85 — 

des observations réunies de tous les premiers Pasteurs de 
la province ecclésiastique, est destinée à leur rappeler 

Je me permettrai de vous prier de donner une attention 
toute spéciale au paragraphe IV, qui traite des livres et 
des journaux. Vous y verrez avec bonheur que j'étais 
bien exactement dans le vrai, en vous enjoignait, par ma 
Circulaire du 5 mars, de refuser les sacrements a ceux 
qu, s obstineraient à recevoir certains journaux, évidem- 
demment mauvais, et plus que dangereux pour l'esprit de 
^I.g.onetdepiété! Les principes posés en ce paragra- 
P*.e, les détails qu'il renferme, sont en substance absolu- 
ment les mêmes que ceux de ma Circulaire. C'est la 
preuve évidente, quoi qu'en aient pu dire ceux qui ont 
refuse d'obéir aux injonctions de cette Circulaire, qu'il y 
a parfait accord entre tous les Evêques dans cette délicate 
question des journaux. Je suis même en mesure de vou 
assurer qu'aujourd'hui, dans les deux diocèses qui nou 
avoisinent, les confesseurs ont reçu de leurs Ivêqu 
ordre de suivre vis-à-vis ceux qui persistent à recevo 
les ournaux que j'ai condamnés comme mauvai, la con- 
duite que je vous a. moi-même prescrite. Nous n'aurons 
donc plus a craindre de voir se renouveler le fait regret 
table de fidèles allant se confesser en diocèse étrangefet 
en rapportant un billet de confession en vertu duquel'ils 
oseraient aller à la sainte table, et co>n.uuieA.alsrl 
la défense de leur curé ! ! ^ 

Je dois vous dire que pendant ma visite e. la paroisse 
ou avait eu heu ce scandale, j'ai cru de mon devofr de 
signaler et de le blâmer fortement, tant pour ce qui conce 
naît ceux qu. avaient eu le malheur de se iJolter ainsi 
contre l'autorité de leur Evêque, que pour ce qt.i regard 
le prêtre qu, H faut l'espérer, ignorait qu'en donnât ce 
bd ets .1 encourageait cet acte de rébellion anti-cutholique 
J ajoutera, a ma grande satisfaction, que mes observations 

e dodWtT "'"" "" '' ^"^^^'' '"^^'"^ ^'^^"^ -'- respect 
et docilité, par ceux qu'elles regardaient spécialement, et 



: : i I 






i-m 



,V.;i'S 



■ ' m 



'.. ilk 





— 86 — 

qu'aussitôt après m'avoir entendu, ils vinrent me promet- 
tre de faire leur devoir, en renvoyant les mauvais jour- 
naux qu'ils avaient jusque-là continué de recevoir. Je 
puis aussi vous assurer que si la chose était à refaire, le 
prôtre qui s'est trouvé si gravement compromis en cette 
affaire, non seulement ne donnerait plus ies billets de 
confession qui ont amené le scandale que nous avons eu 
à déplorer, mais qu'il refuserait même d'entendre en con- 
fession ceux qui se présenteraient à lui dans les mômes 
circonstances et avec les mêmes dispositions. J'ai là- 
dessus une certitude dont vous pouvez vous édifier, aussi 
bien que de l'acte de soumission et de réparation des 
individus induits en erreur par le fait de ce prêtre, d'ail- 
leurs bien intentionné, nous devons le croire ! 

C'est ici le lieu de vous dire que pendant ma Visite, 
qui grâce à la bonté et aux miséricordes du Seigneur, a 
été accompagnée de grands fruits, et a rempli do consola- 
tions le cœur des dignes prêtres associés à mes travaux, 
j'ai parlé sur la question des journaux dans toutes les 
paroisses où il y avait à-propos de le faire; et que vu la 
grande attention et le grand respect avec lesquels ma 
parole a été accueillie, je suis demeuré convaincu que 
vous n'aureï qu'à être fermes, et à donner de temps à 
autre quelque instruction sur le sujet, pour que nos bons 
fidèles, qui sont encore tous en général si pleins de foi 
et de .soumission à l'autorité de l'Eglise et de leurs pas- 
teurs, ne tardent pas à comprendre tous, que c'est pour 
eux un devoir rigoureux de se soumettre et d'obéir au 
jugement porté par leur Evêque relativement à certains 
journaux : de sorte que bientôt vous aurez la satisfac- 
tion de voir qu'aucune des âmes confiées à vos soins ne 
s'empoisonne à la lecture de ces mauvaises publications ! 
Je dois aussi profiter de cette occasion pour vous 
renouveler la recommandation que déjà je vous ai 
donnée par rapport aux nouveaux journaux, qui appa- 
raissant généralement à la suite d'un prospectus où l'on 



— 87 — 

prend l'engagement bien sole>inel de travailler de toutes 
ses forces au b.en et à l'avantage de la société et du pays . 
de respecter les principes de l'ordre religieux et social 
etc etc. etc. L expérience nous a appris qu'assez sou^ 
vent ces belles promesses et ces pompeux engagements 
n ont aucune smcer.té, et ne sont qu'un moyen employé 
pour s'assurer des souscripteurs et des lecteurs. Soyon 
ur no,s gardes po.u- ne pas nous laisser surprendre pL 
loup déguisé sous une peau de brebis. Quand un no' 
veau journal apparaît, voyons d'où il vient^ et quels sont 
es hommes qu, sont à la tête de cette nouvelle publ"! 
t.on. Tachons de nous assurer de l'esprit qui les anime 
et de savoir s'ils .sont véritablement chUl, e s nX' 
ment attachés à la religion et aux pratiques qui ca ac é- 
nsent ses enfants. S'ils n'offrent pointées garanti fu- 
sons tout ce que la prudence et un zèle éclaté nous per- 

se répande, (^entunt ad vos in vestimcrtis ovium ■ 
tnirtnsecus autem sunt lupi rapaccs [Matth., 7, ^.^ ^.t 
quand une fois ils se seront répandus parmi le roupeau 
I n'y aura plus à les bannir et les chasser. Voyez le nui 
et la peine qu'il nous faut aujourd'hui nous donner, pou 
arracher nos brebis au danger qui les menace, et qui es 
précisément le résultat du peu de défiance ave; lequel on 
a laisse le loup pénétrer dans la bergerie. L'oreille et la 
dent avaient beau paraître , nous ne pouvions nous de,- 
der a y croire ! ! Tâchons, à l'avenir de tenir la porte de 
notre bergerie bien fermée. J'es.>ro que vous accueillere! 
favorablement ces recommandations, qu'une raison pé 
ciale que vous dermerez, je crois, me porte à vous do;. 

Avant de vous parler de la Lettre synodale des Pères 
de notre quatrième Concile provincial, j'aurais dû peut- 
être vous entretenir du Concile lui-même et de ses tra- 
vaux. Je ne l'ai pas fait, parce que je vous écris si long- 
temps après l'événement, qu'il me semble vraiment que 



tW 



I. 






— 88 — 

i!.!rrdî''''''f "'"""' ^°"^ '"^^^^^^^' - -- en parlant 
ITuht- ^'T' '■■"' "'""™°'"-^ ^- " Concile m'a 
et nu 'eVT''^"':"?' ^"''^^^ '^ -- H- l'ont précédé, 
foi V ve " '°'" P'"" '^'^^'--t-n pour l'esprit d^ 

'Édi e% ^"™''' P°"^ ■■attachement si sincère à 

demne;^ '' r'""'"' ''''' discipline, dont étaient évi- 
demment remphs tous ceux qui y assistaient pour pren- 
dre part a ses travaux et à ses délibérations. Te n'ai pa" 

t deTe't /' '^^^P'-"-^"* d'expérience ré/éch.:d'" 
tuaes et de connaissances aussi variées que profondes 

esT^luTS: ^^f "i^^-^^- et discutée^les VSot 
g e e de 1 ' • ", ^^ "' ^' ''''■ ^^^^^^'1^''"^, de la théolo- 

bonheurH! ^^"- A"«^-' est-ce pour moi un véritable 
les Plus he, """T' ""' '"' ^"^ J'^"^"^^ 'es résultats 

e cl cl v' ^° """"' ^' '^^^ décrets adoptés par 
Je Concile. Vous savez qu'ils ne pourront vous être 

vés par le Samt-S.ège, auquel notre digne et vénérahlP 
Metropohtain s'est empressé de les soumettre. S 
pour qu'ils nous reviennent bientôt, revêtus de la sànr 
t.on qui doit leur donner force de règle ou de loi 

i-ermettez-moi maintenant de passer à quelques détails 
de circonstance ou d'occasion. ^ 

II 

D'abord je me fais un devoir de vous annoncer nue 
J'ai reçu officiellement les Lettres Apostoliques q, ï^ 
noncent Couverture du Concile œcuménique dont H éta^t 
que tion depuis assez longtemps déjà, au huit décembre 
de année prochaine, mil huit cent soixante-neuf Ce 
n est point ici le lieu de vous entretenir de ce grand évé 
nement. Je ne veux que vous engager à prier avec ferveur 
pour que l'immortel Pie IX, dont la foi si vive ne s'es 
point effrayée des obstacles et des difficultés sans nombre 
qu humainement parlant semblaient le rendre impossible 
au la joie et la consolation de le voir heureusement s'ac- 



— 89 — 

comph-r Lerégnedece saint Pontife, qui doit bientôt 
toucher a sa fin s'il n'y a pas en sa faveur une exception 
a la règle prov.denfelle : Mn viJeMs annos Pétri, l^^, 

couronn, et n'aura .an,u. dCurg^oir^f ^ W 
voixduchefdeI'F.l ^ ^°"'=''^' ^"^"^1 la 

E:ctLt:tS,ï- rr ^°"^°^"^ -- ^°- ^- --- 

loccas.on delà célébration du Concile, d'autres prières 
que celles que depuis assez longten^^s le cl g "ue 
fidèles rectent par commandement de l'Evoque po« 
lEgl.se et pour le Pape, et dont je renouvelle kil'ou/ 
ga .on, tant pour ce qui concerne la collecte aue cl aa,e 

aC: ^ir r irm^tr ' r ^^'^^ 
l'on doit dire avec ^ ::::^ ^j;zj: j^:^:-: 

s.a e ou conventuelle des dimanches et fêtes d"b igaTon" 
et tous les jours dans toutes les églises ou chape fes du 
diocèse où se dit une messe de règle. ^"^P^^^'^s du 

III 

Voici arrivée l'époque de notre retraite ecclésiastique 
Je sais que tous vous aspirez après ces heureux jours de 
recueillement et de silence, pendant lesquels vouf v ne 
chaque année retremper votre âme, et vous rempl r d'une 
erveur nouvelle, pour combattre les combats du S gneur 
et assurer le triomphe de son Eglise, par votre pi fne ej 
entière sanctification, et celle des Imes confié Tvos 
soins. Nous venons de traverser une année de u tes e 
d angoisses. Elle a cependant été marquée par les conso 
ations qui ont partout abondé aux jourl de nos ^.X"" 
et, je vous Fat déjà dit, pendant les jours do la Visite p"' 



m 



■ > ''i-l 



m 






1 rt 



m 





— 90 — 

raie ! L'année qui se présente pourrait l)ien nous ramener 
les luttes et les épreuves sans nous apporter les consolations 
de celle qui vient de s'écouler. Vous viendrez puiser dans 
votre retraite le saint courage de la foi, qui vous rendra 
capables de résister à toutes les fureurs du prince de 
l'enfer, qui, à en juger par les violents assauts qu'il livre 
de nos jours à la sainte Eglise de Jésus-Christ, aurait conçu 
l'espoir insensé et impie de régner seul sur toute la terre : 
Cuircsistitc fortes infide; c'est ce que nous nous répétons 
chaque jour à nous-mêmes. Soyons calmes, en nous rap- 
pelant que, selon sa promesse, Jésus-Christ sera toujours 
avec nous : Vûbiuuin sum omnibus diebus iisquc ad cou- 
summationcm scecnli. Confidite : e^o vici mundum ! 

^ La retraite se fera comme de coutume au Séminaire 
diocéf, iiu, iX commencera jeudi soir le 27 août pour se 
terrain ;:/• [.-.iJi matin le 3 septembre. Vous trouverez à la 
suite à.- i-eri.i circulaire un tableau indiquant comment il 
est j,K;urvi\ à la desserte des paroisses ou missions pen- 
dant la rctiaite. Les prêtres chargés de cette desserte sont 
autorisés à biner le dimanche pendant la retraite, en fa- 
veur des paroisses ou missions qui leur sont confiées,et dans 
lesquelles ils auront les pouvoirs ordinaires de desser- 
vants. 

Si la seconde retraite, dite Retraite des Vicaires, a lieu 
cette année, ce ne sera que dans le cours du mois d'octobre. 



JV 

Le bureau annuel de la Caisse ecclésiastique du dio- 
cèse se tiendra le matin môme de la clôture de la retraite, 
à huit heures et demie, au Séminaire, dans la salle qui 
aura servi aux exercices communs de la retraite. La pré- 
sente information devra être considérée par tous les 
membres de la Société comme la convocation régulière 
du bureau. 




us ramener 
:onsol,itions 
puiser dans 
'ous rendra 
lu prince de 

qu'il livre 
uirait conçu 
ite la terre : 
us répétons 

nous rap- 
ra toujours 
'ue aJ con- 
um I 

Séminaire 
*it pour se 
iverez à la 
;omment il 
isions pen- 
iserte sont 
lite, en fa- 
iées,et dans 
de desser- 

lires, a lieu 
i d'octobre. 



ne du dio- 
la retraite, 
i salle qui 
'. La pré- 
r tous les 
i régulière 



— 91^ 



Pour l'avenir, et jusqu'à ce qu'il en ait été autremeii 
ordonné i.ar qui de droit, je iais à tout prOtre du diocèse 
qui aura reçu plus d'intentions .le messes qu'il n'en pourra 
acquitter par lui-même, une règle et une obligation abso- 
lue de déposer à l'Evèché, entre les mains du trésorier 
des messes, sans attendre trop longtemps à le faire, le 
montant des rétributions des messes qu'il aura en mains, 
et qu'il ne pourrait prochainement accjuitter. Il ne sera 
permis à personne d'en disposer autrement. I/on pourra 
cependant en faire acquitter un certain nombre par un 
prêtre du diocèse qui n'aurait point d'intentions de messes 
et qui en demanderait. Dans ce cas, comme t-utes les 
fois que l'on se charge d'acquitter des messes, l'on doit se 
rappeler qu'en règle générale il ne faut point se charger 
et par conséquent ne point charger un autre de plus de 
messes que l'on en peut dire dans un mois s'il s'agit de 
messes/;-^ defundis, et dans deux mois, s'il s'agit de messes 
pro vivis (Voir Théologie Morale de Lig., lib. VI, tr. 
I^I' 317» quaer. II). 

VI 

La mort du si vivement regretté Messire Desaulniers 
a tout^ naturellement ramené à l'évêché les affaires de la 
souscription du clergé destinée à éteindre ce que l'on est 
convenu d'appeler la dette diocésaine. Tous les curés ou 
missionnaires qui c pris une souscription à cette fin 
voudront bien se faire un devoir d'en apporter le mon- 
tant en venant à la retraite, et de le déposer entre les 
mains de M. Moreau, procureur de l'EvOché. 

VII 

J'ai dernièrement rc 1 une lettre de la révérende Supé- 
rieure du couvent de la Miséricorde, qui se plaint de ce 
qu'assez souvent de pauvres malheureuse;-, sont envoyées 



S 



^'y\\ 



<*1 






'û 



' f] 







IMAGE EVALUATION 
TEST TARGET (MT-3) 




1.0 



l.l 






lÂâ 12.2 



11:25 il 1.4 



2.0 



m 



1.6 



^1 










^^^^^.. 





Sciences 
Coîpordtion 



23 WEST MAIN STREET 

WEBSTER, N. Y. 14SS0 

(716) 872-4503 





4 



qv 



A^ 




•^ 





<^ 



^^\ "è^o "^^ 













^ 







ii:, 






; ,■(■■ 



, £1 ■! 



j'; h'^i 



1/ ' , , 



— 92 — 

à ce couvent sans que l'on se mette en peine d'y payer 
leur jjension. Vous n'ignorez pas que cette charitable 
institution dépend entièrement des ressources que lui 
envoie la Providence. Et naturellement l'une de ces res- 
sources devrait être la pension de la malheureuse qui va 
y chercher un asile, et que la charité ou la justice devrait 
toujours s'empresser de payer. Je prie donc Messieurs 
les curés et missionnaires de faire ce qui dépendra d'eux 
pour qu'à l'avenir aucune personne ne soit, à leur con- 
naissance, envoyée dans cet hospice, sans qu'il ait été 
pourvu aux moyens d'empêcher qu'elle soit à charge à 
l'institution. D'ailleurs, la révérende .Supérieure me dit 
positivement dans sa lettre que nulle pauvre malheureuse 
n'y sera désormais reçue dont la pension n'aurait pas été 
payée; et qu'à moins d'avoir de quoi payer leur pension, 
ces personnes feraient à la ville un voyage parfaitement 
inutile. Pardon de cette recommandation, que les cir- 
constances me forcent de vous faire. 

VIII 

M. l'abbé H. R. Casgrain, auteur de r Histoire de la 
Mère Marie de riticar nation, dans laquelle on ne sait ce 
qu'il faut admirer davantage, ou de l'élégance du style et 
de la patience des recherches, ou de l'esprit de foi et de 
piété dont l'habile écrivain se montre partout rempli, a 
dernièrement publié la Vie des Saints en un fort volume 
de 730 pages à deux colonnes, passablement bien relié, 
et vendu au modique prix d'une piastre et demie. Cet 
ouvrage me paraît plus que suffisant pour donner une 
idée étendue et une connaissance développée des actions 
et des vertus admirables des héros de la foi. Rien de 
propre à instruire et à édifier comme le récit iiaïf et tou- 
chant des merveilles de grâce et de sainteté par lesquelles 
il plaît à Dieu se manifester en ceux qui n'ont sur la 
terre d'autre ambition ni d'autre désir que de lui tém&i 



— ga- 



gner leur amour, et de devenir un jour ses amis dans le 
ciel. C'est en s'inspirant à cette conviction que M. 
l'abbé Casgrain s'est imposé la rude tâche de mettre en 
ordre et de publier ce que les annales de l'Eglise nous 
ont conservé de mieux et de plus intéressant sur le 
passage en ce monde de ces pieux et fervents disciples de 
l'Evangile, qui aux différents âges du christianisme ont 
brillé de l'éclat d'une vie toute surnaturelle et tout impré- 
gnée de cette foi simple et vive qui enfante les miracles 
La Vie des Saints est un livre que nos pères regardaient 
comme un véritable trésor, et que quelquefois ils se pro- 
curaient au prix d'un assez grand sacrifice, comme lors- 
qu'ils achetaient les in-folio du Père Giry, qu'aux temps 
passés l'on rencontrait assez fréquemment sous le toit de 
l'habitant de nos campagnes. Ce serait un moyen bien effi- 
cace pour ranimer l'esprit de foi et de piété qui semble cha- 
que jour i)erdre un peu de son ancienne vivacité, que de 
ramener les familles du pays à l'amour qu'elles avaient au- 
trefois pour le beau livre de la Vie des Saints. Je vous enga- 
ge donc à faire tout ce qui sera en votre pouvoir pour que 
toutes les familles confiées à vos soins et capables de l'a- 
cheter, ne manquent pas de se le procurer, en profitant 
de l'occasion favorable que leur offre la publication à si 
bon marché de Monsieur l'abbé Casgrain, que le seul 
motif de la gloire de Dieu et du salut des âmes a porté 
a entreprendre cet important travail, sur '.equel il est plus 
qu'évident qu'il n'étabht aucune spéculation. S'il entre 
dans .os idées de travailler à le répandre, vous pourrez 
dans le cours de la retraite, prendre connaissance de l'ou- 
vrage, et vous procurer le nombre d'exemplaires que vous 
désirez avoir par l'entremise de M. le secrétaire Moreau. 

IX 

J'espère que malgré toute votre bonne volonté pour 
moi, vous ne vous troublez pas plus que moi-môme de la 
nouvelle épreuve à laquelle il plaît à Dieu me soumettre 



;Hil 



■I', 



^' 



fi 



m 



', ^ 



In 



m 

ni 

m 



m 



H II 

1. 1- 









î 







r» . 



m 



» ''', 



\n \:'^': 



- 94 - 

en me livrant aux écorchures de la plume de l'ancien ré- 
dacteur du J'ays, qui n'a jamais fait grâce à personne, et 
qui sans doute se croit bien autorisé à m'épargner moins 
qu'aucun autre. Aussi n'y va-t-il pas de main morte ! Et 
les apparences permettent vraiment de croire qu'il .satis- 
fait une rancune, tout en prétendant ne chercher qu'une 
justice que je suis bien loin de lui avoir refusée, et que 
je serais encore prêt à lui rendre, du moment qu'il me 
serait démontré que Monsieur le procureur de l'Evêché 
aurait commis les erreurs dont il se plaint si amèrement, 
et dont il prétend avoir trouvé la cause et l'origine dans 
les mauvaises dispositions dont il me dit animé envers sa 
famille. Dieu m'est témoin qu'il n'y a rien de moins fon- 
dé ni de moins vrai que cette supposition toute gratuite, 
que j'aurais certainement droit de qualifier de calomnie ! ! 
Je vous prie donc de demeurer bien calmes, parce que ma 
conscience me rendant le témoignage que jamais en 
aucune affaire, moins encore en celle-ci qu'en aucune 
autre, je n'ai agi par humeur, caprice ou passion, je ne 
puis m'empôcher de croire que Dieu daignera dissiper cet 
orage, plus violent peut-être qu'aucun de ceux qui ont 
marqué mon épiscopat, encore si cou is jusqu'ici 

assez pénible et laborieux pour me para: ..ssablement 

long ! ! ! Je me trouverais assurément malheureux, humai- 
nement parlant, si je ne me sentai; soutenu par la 
bienveillante sympathie que vous donnez à mes peines. 
Laissez-moi pourtant vous dire, dans l'effusion de mon 
âme, que j'espère avec conhance qu'il plaira à Di^a cal- 
mer les tempêtes, et faire servir à sa gloire et au salut des 
âmes les épreuves et les tribulations par lesquelles il juge 
bon de me faire passer. Je vous avouerai en m'humiliant, 
que s'il m'était permis d'emprunter et de m'appliquer le 
mot célèbre de saint Ignace d'Antioche, il me semble que 
j'aurais mille raisons de dire que ( e n'est qu'aujourd'hui 
que je commence à être disciple du Christ : JVmc incipio 
esse Christi discipulus. 






— 95- 

Adieu, chers collaborateurs ! adieu pour nous retirer 
maintenant dans les divins cœurs de Jésus et de Marie 
afin de nous bien préparer à notre retraite i Fnfermés 
dans ces fournaises de la divine charité, nous nous échauf- 
ferons nécessairement à l'amour de Dieu, et au reeret des 
misères et des nnperfections dans lesquelles il nous arrive 
quelquefois de tomber parce que nous ne l'aimons pas 
assez. Cestà nous qu'il appartient surtout de les' avoir 
toujours présentes ces belles paroles de Notre-Seigneur • 

tZr' ""''"'' "' '"'"''"' •■ '' '^'"'^ ""'" "''' '^ '''"''■ 
Comptant sur le secours de vos bonnes et ferventes 
prières, je vous bénis en retour, et me souscris en toute 
estime et affection, 

Votre très humble et obéissant serviteur, 

..... ^ te., Ev. DE St-Hvacinthe. 

(Authentique) 

L. Z. MoREAu, Ptre, 

^__ Secrétaire. 

IJE.SSERÏK DU DIOCK.SE. 

MM. J.P. Dupuy .St-IIyacinthe. 

J. O. LeBlanc, Sore'. 

L.A. nourque St-Ours et St-Roch. 

\: l: S^'f'.- St-Deniset St-Antoine. 

^■^: '^^?"^'°' «'Marc et St-Charles.. .. 

L. II. Lassalle, Belœil et St-Hilaire. 

\: V;- ^°"^'^'' St-Mathias et Bonsecours 

T ■„ r?' St-Athanase et .St-Grégoire. 

\ ":';'."P"y St-Sébastien et .St Ueofges. 

„ ^"/'r" St-Alexandreet .Stanbridge. 

^- "T'T"-; •'''■^■'^"''•^ ^' Ste.Brigide. 

C. Archamb.-i«lt .Ste-Marie et Ste-Angk. 

\ ^tZr^^ ''"'''""" ^' ^'Jean.Baptiste. 

V c, ' ^'^ ^'^ ^^^-"'""- <^t Notre-Dame. 

; • ^/''?"'^'- St-Jude et St-Barnabé. 

J' ^°''"'"' Ste-Victoireet St-Robert. 



Il 



(J 
\ fi 



m 



.; "t ■! I 



m 



♦ ■< 



m 

,1' 

4i. 



il 




¥*:< 



1 


1 


S'il. 

È 


§r!^''i 



— 96 — 

R, P. Doucet St-Aiméet St-Marcel. 

M. Deschamps St-Hugues et Ste-IIélène. 

P. U. Brunelle St-Liboire et St-Simon. 

P. X. Jeannette, Ste-Rosalie et St-Dominique 

J. S. Taupier Ste-Cécile et St-Valérien. 

L. E. Létourneau, St-Pie et St-Paul. 

l; ^^'""^ 1-' Ange -Gardien et Famham. 

H. Balthazard Granby et St-Krançois-Xavier. 

1. E. Gendreau Waterloo et Ste-Anne. 

f^l^^^^^f' St-Joseph d'Ely et Stukeley. 

1'. X. Poulm Stansteadet Magog, 

W- Lussier Compton. 

A. B. Dufresne, Sherbrooke. 

Le Curé d'Acton, Roxton. 

Le Curé de St-Théodore,.St-Ephrem, 

N. B.-II n'y aura pas de messe le dimanche de la retraite dans 
les missions de St-Etienne de Bolton et de St- Venant. 



ffiiij; 



SANCTISSIMI DOMINI NOSTRI 
PII 

DIVINA PROVIDKNTIA 

PAP^ IX. 

LITTER^ APOSTOLIC^ 

QVIBVS 

Indi«Hvr «ecvmenicvm conciliv... Romae liHbemlvm et 
dte ln.maovl.,t«o €«,.ce,.tl«..l Delparae VIrgInl, «a.ro «n 
■■àcrcixix Inclitlendnm 

PIVS EPISCOPVS 

Hervva aervorvm I>ei ' 

Ad fvtvram rei mcmoriam. 

^terni Patris Unigenitus Filins propter nimiam, qiui 
nos dilexit, caritatem, ut universura humanum geniis a 
IJCccati iugo, ac daemonis captivitate, et errorum tene- 
bris, quibus primi parentis culpa iamdiu misère preme- 



— 97- 

batur in plenitudine teniporum vindicaret, de coelesti 
ede descendens etapaternaglorianonrec dans, mort 
hbus ex Immaculata Sanctissimaque Virgine Ma ,a ndu 
tus exuviis doctr nam, ac vivpnH! a- ■ ,. *^^"^'"au- 
delatam manifestavit. J^dZ^jT^'V ''''' 

bus testata. .e./ac se.e:S:rt^:r^: St 
oblat,onem et hostiam Deo in odorem suavitads Inté 
quam vero, devicta morte, triumphans in coe >rn ;. 
ourus ad dexteram Patris conscender t mTs 1^?" 
in mundum urtîversum, ut praedicaren^«um 1 ■ 
créât eisque potestatem' dédit reg^rE^c r^ rô 

n one persisteref tnm . .• cantate, et commu- 

capu, f„„dame„.u. ac centrum co„ S, ITTZÎ 

rum suorum definitione. (f) Et quoniam Eccles^"u;îtt !: 
mtegntas, e.usque regimen ab eodem Christotsti utul 
perpetuo stabile permanere débet, iccircô in R^ 
Ponuficibus Pétri successoribus. qui inTc^den^rm:! 

(*) S. Max. Serm. 89. 
(t) y. Léo Serm, u. 









I;' 



; 1 



H" "'1 



T. m 






il <' 








— 98- 

na Pétri Cathedra sunt collocati, ipsissima suprema Pétri 
in omnem Ecclesiam po testas, jurisdictio, primatus plenis- 
sime persévérât ac viget. 

Itaqiie Romani Pontifices, omnem Dominicum gregem 
pascendi potestate et cura ab ipso Christo Domino in 
persona Beati Pétri divinités sibi commissa utentes, nun- 
(luam intermiserunt omnes perferre labores, omnia susci- 
pere consilia, ut a solis ortu usque ad occasum omnes 
populi, gentes, nationes evangelicam doctrinam agnosce- 
rent, et in veritatis ac iustitiœ viis ambulantes vitam 
assequerentur œternam. Omnes autem norunt quibus 
indefessis curis iidem Romani Pontifices Fidei depositum, 
Cieri disciplinam, ciusque sanctam doctamque institutio- 
nem, ac matrimonii sanctitatem dignitatemque tutari, et 
christianam utriusque sexus iuventutis educationem quoti- 
die magis promovere, et populorum religionem, pietatem, 
morumque honestatem fovere, ac iustitiam defendere, et 
ipsius civilis societatis tranquiilitati, ordini, prosperitati, 
rationibus consulere studuerint. 

Neque omiserunt ipsi Pontifices, ubi opportunum existi- 
marunt, in gravissimis praesertim temporum perturbatio- 
nibus, ac sanctissimae nostrae religionis civilisque societa- 
tis calamitatibus, generalia convocare Concilia, ut cum 
totius catholici orbis Episcopis, quos Spiritus Sanctus 
posiiit regere Ecclesiam Dei, collatis consiliis, coniunc- 
tisque viribus ea omnia provide sapienterque constituè- 
rent, quae ad fidei potissimum dogmata definienda, ad 
grassantes errores profligandos, ad catholicam propugnan- 
dam, illustrandam et evolvendam doctrinam, ad ecclesias- 
ticam tuendam ac reparandam disciplinam, ad corruptos 
populorum mores corrigendos possent conducere. 

lam vero omnibus compertum exploratumque est qua 
horribili tempestate nunc iactetur Ecclesia,- et quibus 
quantisque malis civilis ipsa aflligatur societas. Etenim 
ab acerrimis Deihominumquehostibus catholica Ecclesia, 
eiusque salutaris doctrina, et veneranda potestas, ac 



— 99 — 

supreuia huius Apostolicae Sedis auctoritas oppugnata, 
pruculcata, et sacra omnia dcspecta, et ecclesiastica bona 
d-rcpta, ac Sacronun Antistites, et spectatissimi viri 
divinommisterio add.cti, hominesque catholicis sensibus 
praestantes niod.s omnibus divexati, et Religiosae Familiac 
extmctae, et impu omnis generis libri, ac pestifera. ephe- 
mendes,ct multiformes perniciosissimae sectae undL e 
d irusae, et m.serae luventutis institutio ubique fere a 
CI-;ro amota, et quod peius est, non paucis in locis iniqui- 

deplorando an.marum damno, ubique adeo propagata est 
imp.etas, morumque corruptio, et effrenata licertia ac 
pravarum cu.usque generis opinionum, omniumque vitio- 
rum et scelerum contagio, divinarum humanarumque 
legum volatio, ut non solum sanctissima nostra reZ 
verum et,am humana societas miserandum in modum 
perturbetur ac divexetur. moaum 

tur'lnT'' '^""' ^-la-^itatum, quibus cor Nostrum obrui- 
ur, mole supremum Pastorale Ministerium Nobis divini- 
tus commissum exigit, ut omnes Nostras magis magisqul 
exeramus vires ad Ecclesiae reparandas ruina' , ad un vers 
Donumc. greg:s salutem curandam. ad exitikles eor m 
impetus conatusque reprimendos, qui ipsam Ecclesiam !^ 
fier, unquam posset, et civilem societatem funcUt ever^ere 
conmtuntur Nos quidem, Deo auxiliante, vel ab Jo u 

riS bus tn ^'■^''l^''''''"^^' Pl""bus Nostris Consisto- 
mhbus AUocutiombus et Apostolicis Litteris Nostram 

Mobis a Christo Dommo concreditam omni studio cons- 
tanter defendere, atque huius Apostolic. Sedis, et iusdtfae 
ventat.sque .ura propugnare, et inimicorum hom num 
ms.dias detegere,errores falsasque doctrinas damnarle^ 
irnpietatis sectas proscribere, ac universi Dominici gr^I 
saluti advigilare et consulere. ^ ^ 






ï û 



m 
m 



'V 



i-^M 



4 






■M 

i 




êà 



j:i 



là 



1^ ' i 



^:! 



— 100 — 

Venim illustribiis Praedecessorum Nostrorum vestigiis 
inhaerentes opportunum propterea esse existimavimus, 
in générale Concilium, quod iamdiu Nostris erat in votis, 
cogère omnes Venerabiies Fratres totius catholici orbis 
Sacrorum Antistites, qui in sollicitudinis Nostrae partem 
vocati sunt. Qui quidem Venerabiies Fratres singulari in 
CatholicaniEcclesiam amore incensi, exiniiaque erga Nos 
et Apostolicam hanc Sedem pietate et observantia spectati, 
ac de animarum salute anxii, et sapientia, doctrina, eru- 
ditione praestantes, et una Nobiscum tristissimam rei cum 
sacrae tum publicae conditionem maxime dolentes nihil 
antiquius hubent, quam sua Nobiscum communicare et 
conferre consilia, ac salutaria tôt calamitatibus adhibere 
remédia. In Oecumenico enim hoc Concilie ea omnia accu- 
ratissimo examine sunt perpendenda ac statuenda, quae 
hisce prœsertim asperrimis temporibus maiorem Dei 
gloriam, et fidei integritatem, divinique cultus decorem, 
sempiternamque hominum salutem, et utriusque Cleri dis- 
ciplinam, eiusque salutarem solidamque culturam, atque 
ecclesiasticarum legum observantiam, morumque emen- 
dationem, et christianam iuventutis institutionem,etcom- 
munem omnium pacem et co'ncordiam in primis respiciunt. 
Atque etiam intentissimo studio curandum est, ut, Deo 
bene iuvante, omnia ab Ecclesia et civili societate amove- 
antur mala, ut miseri errantes ad rectum veritatis, iustitiae, 
salutisque tramitem reducantur, ut vitiis erroribusque 
eliminatis, augusta nostra Religio eiusque salutifera doc- 
trina ubique terrarum reviviscat, et quotidie magis propa- 
getur et dominetur ; atque ita pietas, honestas, probitas, 
iustitia, caritas omnesque christianae virtutes cum maxima 
humanae societatis utilitate vigeant et efflorescant. Nemo 
enim inficiari unquam poterit, Catholicae Ecclesiâe eiusque 
doctrinae vim non solum aeternam hominum salutem specta- 
re.verum etiam prodesse temporali populorum bono, eorum- 
que verae prosperitati, ordini, ac tranquillitati, et humana- 
rum quoque scientiarum progressui ac soliditati, veluti 



1 1 '.' 



— lui — 

sacrae ac profanae historiae annales splendidissimis factis 
clare apcrtcque ostendunt, et constanter cvidenter„ue 
demonstrant, et qtK>n.am Chi.tus Dominus illis verbis NoI 
mmfice recréât, refic.t et consolatur, ',,,, sunt duo veltres 
consresatt u^ nomine meo ibi su,n in medio eonoJ' (*) 
•ccrco dub,tarc non possumus, quin Ipsc in hoc Conc lio 
Nob,3 .„ abundantia divinae suae gratiL praesto esse ve t 
quo ea omn.a statuere possinius. quae ad «.aioremEcc ^' 

QuamobremDeiipsiusomnipotentis Patrik et Filii et 
Spm us sanct, ac beatorum eius Apostolorum Peu 
Pauhauctontate, qua Nos quoque in terris fungimur fret 
et nn,xj. de Venerabilium Fratrum Nostrorunf S R E 

ge eaTe Wr'"^l"""" -cru. oecu.enict™ ^t' 
générale Concihum m hac aima Urbe Nostra Roma future 

Vaticana habendum, ac die octava mensis Decenibris 
Immact^atae Deiparae Virginis Mariae ConcepUonTac 
nc,p,endum, prosequendum. ac, Domino adiuvan e ad 
•PS.US glonam. ad universi Christiani populi salutëm ab 
solvendum et perficiendum, hisce LUteris Ldelt" 
annunt.amus, convocamus ,.tuimus. Ac prôind To 
Ces'^ ' r""/\.'-ib"« 'ocis tam VeneÏbi es 

^ïïr:fS^'tr-:-^-t^.-e^^ 

r-^ •!■ , puicsias, ad hoc oecumenimm 

Conchum a Nobis indictum venire debere; req^ renteT 
hortantes admonentes ac nihilominus eis v iuSand ' 
quod Nob,s et huic SanctaeSedi praestiterunt, a Sancta^ 
obed:ent.ae v:rtute, et sub poenis iureautcon^uetudTe in 
(*) Matth, c, i8, V. 20. 






) r I 



-' «H 



't 



7 ;,r 



il M 



f. 



î 



î 



ii 'i 



I iii' 



— 102 — 

celcbratlonibus Conciliorum adversus non accedcntes ferri 
et proponi solitis, mandantes arclcque praecipicntes, ut 
ipsimet, nisi forte iusto dctincantur impedimento, quod 
tanicn per légitimes procuratores Synodo probare debe- 
bunt, sacro huic Concilio omnino adesse et interesse 
teneantur. 

In eam autem spem erigimur fore, ut Deus, in cuius 
manu sunt hominum corda, Nostris votis propitius 
annucns ineffabili sua misericordia et gratia cfficiat, ut 
omnes supremi omnium populorum Principes et modéra- 
tores, praesertim cathobci.quotidie magis noscentes maxima 
bona in humanam societatem ex Catholica Ecclesiaredun- 
dare.ipsamque firmissimum esse Imperiorum Regnorumque 
fundamentum, non solum minime impediant, quominus 
Venerabiles Fratres Sacrorum Antistites aliique omnes 
supra commemorati ad hoc Concilium veniant, verum 
etiam ipsis libenter faveant opemque ferant, et studio- 
sissime, uti decet Catholicos Principes, iis cooperentur 
quae in maiorem Dei gloriam, eiusdemque Concilii bonum 
cedere queant. 

Ut vero Nostrae hae Litterae et quae in eis continentur 
ad notitiam omnium, quorum oportet, perveniant, neve 
quis illorum ignorantiae excusationem praetendat, cum 
praesertim etiam non ad omnes eos, quibus nominatim 
illae essent intimandae, tutus forsitan pateat accessus, vo- 
lumus etmandamus, ut in Patriarchalibus Basilicis Latera- 
nensi, Vaticana, et Liberiana, cum ibi multitudo populi ad 
audiendam rem divinam congregari solita est, palam clara 
voce per Curiae Nostrae cursores, aut aliquos publicos 
notanos legantur, lectaeque in valvis dictarum Ecclesiarum 
itemque Cancellariae Apostolicae portis, et Campi Florae 
sobto loco, et in aliis consuetis locis affigantur, ub' ad 
lectionem et notitiam cunctorum aliquandiu expositae pen- 
deant, cumque inde amovebuntur, earum nihilominus 
exempla in eisdem locis remaneant affixa. Nos enim per 
huiusmodi lectionem, publicationem affixionemquc, omnes 



— 103 — 

etquoscumque.quos ,raodictac Nostrae I,itteraccomnre- 
hcmlun . post s,,at.u,„ duorum mensium a die I,itten um 
pub .cat.o„.., et affixionis ita volu.nus obligatos ^ s" ë 
ad.stncto.s,ac s. ,,,s,smet illae coram lectae et intimatae 
essent transumpt.s quidem carum, quac man^Z ici 
notarii scrijjta, aut subsrriina ."t .ù ;ii "''^'^" P"'-'"-' 

Ecc,esiasticaeindi,„itate"^:;:;!.:;!;':s'r:;:^":: 

nci^certaet.„dubitatahabeatur.n.andanu.:^rer:- 

Nulli ergo omnino hominum liceat hanc pagina,. Nos- 
trae .nd.ct,oms annuntiatioais, convocationis, stauS 
décret, nandat, praecepti. et obsecrationis Wg ' 
vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem hoc "«en 

incursurum. Apostolorum e.us se noverit 

Datum Romae apud Sanctum Petnm An„^ t 

Pontificatus Nostri Anne Vicesimo tertio 
t EGO ms CATHOLICAE ECCLESIAE EPISCO- 

t Ego Marias Episc Ostiensis et Veliternus Gard. 

Decanus Mattej Pro-Datarius. 
t Ego Cœistantinus Episc. Portuensis et S. Rufinae Gard. 

t Ego Aloisius Episc. Praenestinus Gard. Amat S. R E 
Vice-Gancellarius. ^' 

t Ego Nicolaus Episc. Tusculanus Gard. Paracciani 
Clarelh a Secretis Brevium ^^'-acciani 

t Ego Camillus Episc. Albanus Gard. Di Pietro. 

Rdll/"'"'" ^P'^'^- ^^^'--'-^ Card. de 

t Ego Philippus Ti, S Laurentii inLucina Proto-Presb. 
Slar;t"'^'^^^^''^^-'™--S-^-E. 



■ twl 



u 

f ■ 

■-' -JT 

'! , 

}\ 

■iïl 



' »t 



II 




3:1:; 



u lis 

!; I it. 

" 'il* 









) 

; 



— 104 — 

t Ego Fabius Maria Tit. S. Stephani in Monte Coelio 

Presb. Card. Asquini. 
t Ego Alexander Tit. S. Susannae Presb. Card. Barnabo. 
t Ego loseph. Tit. S. Mariae in Ara Caeli Presb. Card. 

Milesi. 
t Ego Petrus Tit. S. Marci Presb. Card. de Silvestri. 
t Ego Carolus Tit. S. Mariae de Populo Presb. Card. 

Sacconi. 
t Ego Ai.gelus Tit. Ss. Andreœ et Gregorii in Monte 

Coelio Presb. Card. Quaglia. 
t Ego Fr. Antonius Maria Tit. Ss. XII. Apost. Presb. 

Card. Panebianco Poenitentiarius Maior. 
t Ego Antoninus Tit . Ss. Quatuor Coronator. Presb. 

Card. De Luca. 
t Ego loseph Andréas Tit. S. Hieronymi lUyricorum 

Presb. Card. Bizzarri. 
t Ego loannes Bapt. Tit. S. Callixti Presb. Card. Pitra. 
t Ego Fr. Philippus Maria Tit. S. Xysti Presb. Card. 

Guidi Archiep. Bononiensis. 
t Ego Gustavus Tit. S. Mariae in Transpontina Presb. 

Card. d'Hohenlohe. 
t Ego Aloisius Tit. S. Laurentii in Pane Perna Presb. 

Card. Bilio. 
t Ego Lucianus Tit. S. Pudentianœ Presb. Card. Bona- 
parte. ' 
t Ego loseph Tit. Ss. Marcellini et Pétri Presb. Card. 

Berardi. 
t Ego Raphaël Tit. SS. Crucis in Hierusalem Presb. 

Card. Monaco. 
t Ego lacobus S. Mariae in Via Lata Proto-Diac. Card. 

Antonelli. 
t Ego Prosper S. Mariae Scalaris Diac. Card. Caterini. 
t Ego Theodulphus S. Eustachii Diac. Card. Mertel. 
t Ego Dominicus S. Mariae in Domnica Diac. Card. 

Consolini. 
t Ego Eduardus Ss. Viti et Modesti Diac. Card. Borro- 
meo. 



— 105 — 

t Ego Hannibal S. Marise in AquiroDiac. Card. Capalti. 
M. Card. Mattei Pro-Datarius—n. Card. Parac- 

CIANI ClARELLI. 

r + D/ A- ^isa de Curia D. Bruti. 

Loco t Plumbi. 

/. Cugnonius. 
Reg. in. Secretaria Brevium. 



LETTRE PASTORALE 



Annonçant au dloréne que l'EvAqur 
eler des afDtlrea de l'Ev»«h«, d 
Eplaropal, etc. 



roro«, par l'état flnan- 
adonner le Palais 



CHARLES LAROCQUE, par la grâce de Dieu et la 
faveur du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Saint-Hva- 
cinthe, etc., etc., etc. 
Au Clergé, aux Communautés, et à tous les Fidèles de 
notre diocèse, salut et bénédiction en Notre-Seigneur 
Il est enfin arrivé, N. T. C. F., cet événement que 
tout le clergé prévoyait et redoutait depuis assez long- 
temps, et dont notre illustre et vénéré Prédécesseur se 
montrait vivement préoccupé, et parlait comme d'une 
chose possible et même probable, au moins deux ou trois 
ans avant que ses infirmités ne l'eussent contraint à 
demander sa démission. Cet événement, c'est qu'il est 
aujourd'hui décidé qu'il Nous faut sortir de la belle 
demeure que feu le premier Evêque de St-Hyacinthe 
Monseigneur Jean-Charles Prince, d'heureuse mémoire' 
laissait en mourant à ses successeurs. Nous devons Nous 
hâter de vous dire que ce n'est qu'après un sérieux exal 
men et une longue et mûre délibération, que notre Consei- 
diocésain, qui avait été saisi de cette délicate et impor- 
tante question dès le mois de septembre de l'année der- 
nière, mais qui en présence des difficultés dont elle lui 
paraissait environnée, avait demandé que la solution en 
fût remise à une autre année, a cru devoir Nous donner son 
avis et Nous faire connaître sa manière de ■ 



1 '. 



'\V-\ 



il' 



H\ 






.1:1 



dans 1 



'as- 



m 




»* ■■.■ 

... ^ 




h 




— 106 — 

semblée qui avait lieu dernièrement, la veille de la clô- 
ture de la Retraite pastorale. 

Nous eussions tremblé, N. T. C. F., à l'idée de Nous 
charger seul de la responsabilité que comporte cette déci- 
sion, grosse de tant et de si pénibles conséquences ! Dieu 
a voulu ménager notre faiblesse en inspirant à notre Con- 
seil un avis si net et si tranché, que quand même Nous ne 
1 aurions point partagé, il Nous eût été comme impossible 
de ne pas Nous y conformer, malgré l'extrôme répugnance 
que Nous ne pouvions Nous empêcher de sentir à l'idée 
dune mesure qui allait détruire ou du moins suspendre 
pour longtemps un ordre de choses assurément magnifi- 
que en soi-même, et évidemment avantageux tout à la fois 
a 1 Evoque, au clergé, à la ville épiscopale, et au diocèse 
de St-Hyacinthe tout entier. Oui, assurément, avanta- 
geux, et Nous devons ajouter, agréable t l'Evêque > Il 
serait en effet difficile de ne pas admettre que le Palais 
episcopal de St-Hyacinthe constitue véritablement une 
superbe demeure, des plus agréablement située, au milieu 
d un vaste terrain partout complanté de nos plus beaux 
arbres forestiers, mêlés d'un bon nombre d'arbres d'orne- 
ment; dans la ville, et cependant assez isolée pour que tout 
autour règne le calme de ce beau et solennel silence qui 
sied SI bien à un établissement de ce genre ; et puis, plus 
avantageux et plus agréable encore à l'Evêque pour 
un autre motif qu'il Nous suffira d'énoncer, pour que tous 
admettent que sous ce rapport il Nous était impossible 

de souhaiter mieux ! L'Evêque a besoin de voir son 

clergé : inutile de dire pourquoi, puisqu'il n'est pas un 
catholique qui ne connaisse les liens qui attachent les 
prêtres à leur Evêque. Et la maison qu'il Nous faut quit- 
ter offre tous les avantages et toute la commodité dési- 
rables pour Nous permettre d'exercer envers tous nos col- 
laborateurs dans le saint miaistère une hospitalité qui 
sans être aussi parfaite que Nous eussions désiré, était 
cependant de nature à faciliter de beaucoup tous nos rap 



i 



" « 



— 107 — 

ports avec eux et sinon à resserrer, du moins à empêcher 
les liens qui Nous unissent à eux de se détendre- 
Notre cœur Nous presse de déclarer ici hautement, que 
Nous Nous sentons attaché aux prêtres de notre diocèse 
par es hens puissants d'une estime véritable et d'une 
affection sincère, produites en Nous par l'esprit d'obéis- 
sance et de soumission, par le fidèle amour du devoir par 

L: tr 'T''' ^"^'^^--^ ' l'Egl-. par le ^^Z 
ment a tous les intérêts de la Religion et du diocèse 
dont Us sont tous si heureusement remplis ' 

L'ordre de choses actuel est aussi avantageux au 
cierge Les réflexions qui précèdent sur les fapports 
entre l'Evêque et ses prêtres seraient à elles seule suffi- 
santes pour démontrer combien cet avantage est réeUt 
véritable Nous ajouterons seulement que Nous croyon 
b en sincèrement que dans tout le diocèse il n'y a pa^un 
seu prêtre qui ne l'ait depuis longtemps senti eLompr^! 
Que e que soit en effet la raison qui amène un prêtre à 

ou 11 s y hébergera. Il y a là, au centre de toutes les 
affaires un vaste hôtel, ouvert la nuit aussi bien que 
pur à tout le clergé, qui sait qu'à cet hôtel il est' hez 
SOI, parce que cet hôtel, c'est la maison de l'Evêque la 
maison paternelle I ^vcquc, la 

La ville épiscopale tire aussi des avantages de l'ordre 
de choses actuel ! Cette proposition Nous sLble n'avoi 
besoin d aucune preuve. La ville qui, en devenant le siège 
ep.scopal. a le privilège de donner son nom à l'Evêque 
est toujours censée être la partie importante et chérie d 
son troupeau, celle sur laquelle ses yeux sont toujour 

cce de sa sollicitude et de son zèle ; et c'est dans la ville 
ep.scopa le que dans les circonstances ordinaires TE 
que établit sa demeure. Il y a certainement à ce a u„ 
avantage évident que jamais d'ailleurs les catholiques de 
Saint-Hyacmthe n'ont méconnu, qu'ils ont au comrlire 



t'i) 









\ 

I Kl 



I 







m 


î.t 




i 


. !-■ 




\h 


■.i\ 




y 



'9 



— 108 — 

toujours su franchement reconnaître et apprécier, et qu'il 
nous serait par conséquent tout à fait inutile de sonRcr à 
leur exposer plus longuement, dans le but de le leur faire 
valoir! 

Enfin, l'ordre de choses actuel est avantageux à tout 
le diocèse parce que la ville de Saint-Hyacinthe étant le 
chef-heu dun district judiciaire, ayant un bon nombre 
d hommes de profession éclairés et habiles, jouissant de 
J avantage dune importante station de chemin de fer 
taisant un commerce étendu avec les belles et riches cam- 
pagnes qui l'environnent, possédant un hôpital et les 
magnifiques établissements d'éducation si avantageuse- 
ment connus dans tout le pays, l'on y vient de tous les côtés 
pour des affaires ou des besoins matériels ou temporels de 
tout genre, avec l'avantage d'y trouver en même temps 
lÈvêque.avec lequel on peut avoir à traiter d'affaires 

religieuses ou spirituelles! Et cependant, malgré 

tan de s. précieux avantages et de si chers intérêts, aux- 
quels Nous porterons assurément quelque atteinte en 
quittant notre demeure et en Nous éloignant de notre 
ville episcopale; malgré que, comme Nous l'avons affir- 
mé tout à l'heure, l'ordre de choses actuel soit assurément 
magnifique en lui-même et ne Nous laisse rien à désirer 
.1 Nous faut prendre la route de l'exil, et dire adieu à tou^ 
ce que la Providence semblait Nous avoir amoureuse- 
ment préparé pour Nous adoucir les labeurs et les peines 
de 1 épiscopat. * 

Adieu à un entourage qui Nous est certainement cher 
a bien des titres. 

Adieu au vénérable et digne Evêque à côté duquel 
Nous avions bo.heur à vivre, depuis que les décrets ins- 
crutables de la Providence Noue appelaient à lui succéder, 
heureux de Nous appuyer sur son expérience, de Nous 
inspirer de ses pensées, de Nous éclairer de sas lumière^ 
de partager avec lui nos consolations et nos joies, et de 
chercher dans son cœur un adoucissement aux peines et 



-109 — 

aux déboires inséparables de l'accomplissement des 

devoirs de la charge pastorale. 
Adieu à ces rapports journaliers et si faciles avec notre 

cierge, que Nous a.mons et estimons véritablement 

comme Nous le disions il y a un instant "'^ment, 

Adieu à notre Séminaire diocésain n,-, m • • 

tant à aller de temps à autre resp rer 'et h T "'"'°"' 
de diversion aux soins et auT.auri "' "" ^^^^ 

Jan.is. un Evoque, danl rZZ:2lZ^:: 
et d'entretien avec les vieux amis que Nous NouT 
sions toujours une joie d'y rencontrer 

Adieu au grand nombre d'âmes véritablemeM chréi™ 

réu-ies dans le ..mp.esatat, pressée/ , as" „! .re" 
anxp,edsdes a„,els de Marie, assislan, aux d,„*'° 

.■intp:::;,tn''d:r:ir cHr:.i: tr sï ^■" -'■» 
rd.':e"::Te::uerbiS^^^^^^^^ 

aoumission, plus ,„e suffisantes pour NousLir r:'" 
ce qu,dan, les dispositions de :„e„„:°"i:,^;ira pil 



J '■ *■ !ll 






-1 4H 

m 









li 

i 



— 110 — 




( I 



i 

H 



!l|i ''' 



4 

i 

fi. 



Nous être quelquefois pénible. Aurions-nous besoin de 
dire que ce sont là de ces choses, de ces jouissances du 
cœur, auxquelles un Evoque ne saurait s'arracher qu'a- 
vec un bien vif regret ? 

Nous irons môme jusqu'à dire et affirmer ici que le 
regret^ que Nous cause notre éloignement, s'étend et se 
porte jusque sur ceux qui ont peut-être un peu raison de 
penser et de croire qu'il leur est quelquefois arrivé de 

faire un peu mal à notre cœur ! Nous sommes 

EvGque, et Nous n'aurions pas la vertu qui la première 
doit avoir sa place dans le cœur d'un Evêque, comme elle 
fut la première dans le cœur de Celui qu'il réprésente au 
milieu de ses frères, la charité, si Nous ne Nous sen- 
tions pas en droit de pouvoir dire avec l'Apôtre : Dieu 
Nous est témoin combien Nous vous aimons tous dans 
les entrailles de Jésus-Christ [Phil., i, 8]. Eh bien donc, 
Nous l'affirmons devant notre conscience et même devant 
Dieu : c'est pour Nous un véritable regret de Nous voir 
dans la nécessité de Nous éloigner de ceux qui Nous 
paraissent surtout avoir besoin de notre présence, puis- 
que selon la parole de Notre-Seigueur Jésus-Christ (Luc, 
S, 31), ce ne sont pas ceux qui se portent bien, mais ceux 
qui sont malades qui ont besoin du médecin ! Nous ne 
Nous consolons que dans la disposition où Nous sommes, 
par la grâce de Dieu, d'avoir toujours au cœur et souvent 
à la bouche une prière spéciale pour ceux auxquels Nous 
faisons ici allusion ; comme aussi, d'avoir pour eux, de 
loin encore plus que de près, une sollicitude constante 
qui ne Nous laissera jamais fermer les yeux sur leurs 
besoins spirituels ! Une autre consolation pour Nous, 
c'est d'être intimement convaincu que lorsqu'il aura plu' 
à Dieu calmer le petit orage et apaiser la légère tempête 
suscitée contre Nous par le souffle des préjugés ou des 
passions, les esprits un moment égarés rentreront en eux- 
mêmes, et rendront justice à la pureté des motifs et à la 
droiture des intentions qui Nous animaient dans ce que 



— 111-- 

Nous considérons toujours comme l'accomplissement d'un 
impérieux devoir ! 

Qu'il Nous soit ici permis d'épancher un peu notre cœur 
et de d.re que toujours nous avons plutôt excusé que 
blâmé dans les choses ou les affaires dont Nous voulon 
;c. parler. Nous avons dit bien souvent, et c'est notre 

diocèse, des occasions, des dangers comme ceux auxauek 
estdepu. longtemps exposée la population de rHvt 

Plus grand et aveuglé peut-être complètement un nlus 

entièrement rejeté la vérité j ici nulle âme, Nous le 

hi.! '""""=' '" mensonge de l'hérésie] Ici i| „ a 
bien quelques préjugés, quelques erreurs d'édueMion 
ma,s quand viendra l'heure d'un miséric„rd,euxX '/«' 

davoir mente le châtiment que quelques personne " 
sont imagmé que Nous avions l'intentioi de lui inX ,n 
songeant à adopter des mesures qui auraient pour rStat 
de lu. enlever l'honneur et l'avantage du siègel scon^n 
Nous déclarons bien formellemenf quelfou 'S 
jamais eu jusqu'ici cette intention. Elle existe la rin 

DourrnT. "^ '"''. ^''^'" ""^''^ «^jour à Sorel, où un Evêque 
pourrait assurément trouver à s'asseoir n Monsieur I. 
cure de cette ville pourrait dire ce que Nouluravo 

ve iLftTcran ""^ °'" ' ^^ ''^^^^' nos disposîZ 
venaient a changer a cet égard, c'est qu'il Nous serait de- 
venu évident que Nous Nous trempons dans la manière 









'n 



■ ! 1 1 

■ I r 

.'■'Siii 

if I 

ni; ; 






rM 






<n 



. ?'; 



■.ÏÏ'^ 



p 



i 



n 



ii*t 






'IWf^ 







— 112 — 

dont Nous jugeons aujourd'hui les catholiques de St- 
Hyacinthe, et qu'ils ne sont point en effet ce que Nous 
aimons véritablement à les croire ; ou bien, qu'il serait 
survenu quelque changement bien considérable dans les 
hommes et les choses 1 

Mais pourquoi, dira-t-on peut-être, avoir déployé une 
sévérité qui n'a pas été sans quelque retentissement, si de 
fait le mal était si peu sérieux ?... Laissez-nous vous le dire, 
N. T. C. F., avec toute l'autorité d'enseignement dont Nous 
sommes revêtu : en matière de religion /e inal qtti s' attaque 
aux principes, est toujours très grave et très sérieux, et 
pourrait en peu de temps devenir incurable, s'il était 
ntjligé. Or Nous l'avons dit, et Nous le répétons dans 
le calme de notre âme, et appuyé sur notre conscience : 
il existe à St-Hyacinthe des préjugés, des erreurs en fait 
d'éducation, Nous entendons parler d'éducation religieuse, 
celle sur laquelle c'est notre premier devoir d'Evêque de 
veiller avec sollicitude ! ! Ces préjugés, ces erreurs sont 
identiquement les mêmes qui ont infiltré dans une trop 
célèbre institution de Montréal l'esprit anti-catholique 
qui a causé au digne et vénérable Evêque de cette ville 
tant de sollicitude, tant d'alarmes et d'angoisses ! Cet 
illustre et saint Prélat craignait que ce mauvais esprit ne 
conduisît quelques-unes des âmes confiées à ses soins à la 
perte de la foi, et par conséquent à leur perte éternelle ! 
Qui oserait dire qu'il s'est trompé dans ses appréhensions ? 
—Et s'il était toutefois possible de soutenir que personne 
n'a perdu la foi, on ne saurait du moins nier que ceux 
qui se sont laissé surprendre et guider par cet esprit, 
n'ont plus qu'une foi morte, une foi sans aucune des 
œuvres et des pratiques qui vivifient la foi ; et par con- 
séquent, une foi qui ne pourra les sauver, s'ils ne se con- 
vertissent, et ne deviennent des enfants soumis et obé- 
issants à l'Eglise !— Et puisqu'agissant dans les mêmes 
circonstances et sur les mêmes espèces, les mêmes causes 
ne manquent jamais de produire les mêmes effets, eût-il 



i 
'ii: 






-lis- 
été possible de ne point Nous alarmer et de demeurer 
pass.fetmdifférent.àiavue du travail évident que le 
même mauvais esprit, qui a exercé de si déplo ables 
ravages a Montréal, cherche à faire dans les esprits a 
Samt-Hyac.nthe ? Et quoique Nous soyons convâ Ln 
qu'. n'y a pas .^.......dans ceux qui s'ex sent ^ 

nfluence par trop funeste d'un esprit si plein dedange s 
et de conséquences redoutables, eussionslus été ust 
fiable, devant D.eu, d'avoir gardé le silence et de n'ivoir 
point elev la votx pour leur indiquer le précipice ve 
lequel ,1s s'avancent et dans lequel ils peuvent " Z 
moment tomber et périr, si leurs yeux testvrent ■ 
temps pourl'apercevoir et l'éviter? La preuve tan! 1 2 
que déjà l'on croit au loin qu'à Saint-HyadX la g - 
et 1 inflex.lMhté des principes catholiques seraient devfnuL 
insupportables à quelques esprits, c' st l'arrivée souZe 
et mattendue d'un ministre de l'erreur, qui v ent de s'ns 
aller au beau milieu de la ville, où il 'J pouva t gn er" 
qu Une compte aucun adepte ni aucun partisan d^se 
fausses doctnnes. I, est hors de doute qu'l n'y est venu 
que parce qud a cru apercevoir, dans les disposit onlSe 
q elques .nd.v.dus, des tendances, des idées, des^ inc pe 
P u ou mo,ns m^prégnés de la mauvaise odet/r de h rS^ 
Il est b.en reconnu que ces gens-là ne pochent Ss 
que» eau trouble ! ! En eau claire, la gro sière Cm 
rete de leur amorce ou de leur appât fLit fui T^'X 
qu. s che.ehéra,^nt à prendre. Seule la véritable' E^ 
êche les âmes dans les eaux limpides de la vérité et de 
la grâce ; et elle attend toujours que les passions se soient 
apatsees et que le calme se soit fait dans' les mes, Z 
jeter sa hgne ou tendre ses filets I ^ 

Nous demandons instamment à Dieu qu'il daigne tou- 
cher le cœur et ouvrir les yeux de l'âme l ceux qu pour- 
ratent avoir quelque chose à prendre dans l'avertis emen 
dans l'av,s que le devoir Nous dicte en ce momenT et 
que No^us ne donnons qu'en priant Notre-SeigneTSésus! 

T. III g 



à 



A-^ 









.t i.f I 



I î 




/ 1 




-I ( 



• m 



— 114 — 

Christ de le bénir, pour qu'il produise ses fruits, en con- 
tribuant à rétablir dans les âmes agitées et troublées un 
repos et une paix qui i)uissent être à l'avenir inaltérables ! 
Pour arriver à cet état de véritable bonheur, il faut que 
l'on s'a])j)lique à bien comprendre la doctrine si positive 
de l'Évangile, ijue nul ne peut A la fois servir deux maîtres; 
que l'on ne peut appartenir en même temps A Jésus- Christ 
et à Bélial, c'est-à-dire, à la vérité et au m en songe ; mais 
qu'il faut appartenir sans partage à la vérité, à l Eglise 
et à Jésus-Christ, pour appartenir à Dieu selon la fin de 
notre existence, et dans le temps et dans l'éternit- I ! Et 
c'est assuiémentàfaire triompher ces immuables principes 
que Nous voulions travailler, quand selon la pensée de 
l'Evangile, l'homme ennemi, c'est-à-dire le démon, est 
venu, pendant que Nous dormions peut-être, étouffer la 
bonne semence (jue Nous avions jetée dans notre champ, 
en y semant à profusion une funeste ivraie, qui n'y a mal- 
heureusement que trop germé ! 

Après ces observations et ces explications que Nous 
avons jugées nécessaires à l'occasion de l'événement dont 
Nous avions à vous faire part, N. T. C. F., il Nous reste à 
vous dire quelle est la véritable et seule cause qui Nous 
force d'abandonner le palais épiscopal et la ville de Saint- 
Hyacinthe, pour Nous retirer et aller vivre à la campagne, 
dans une belle et magnifique paroisse sans doute, où Nous 
trouverons une population de bons et fervents chrétiens, 
qui sont nos enfants aussi bien que ceux de Saint-Hya- 
cinthe, et q^ie Nous aimerons certainement assez pour 
leur faire tout le bien en notre pouvoir ; mais où de fait 
Nous ne pourrons Nous empêcher de Nous considérer 
comme hors de notre centre et de notre situation normale. 
11 est vrai qu'à un souvenir qui s'évoque en ce moment 
dans notre mémoire il Nous semble que Belœil, où c'est 
notre intention de Nous transporter pour le temps qu'il 
plaira à Dieu Nous tenir éloigné du siège épiscopal, 
paraît avoir été destiné par quelque dessein caché de la 



— 115 — 

Providence, à Otrc temporairement le séjour d'un Eve- 
que. 

En i8.r, un Evoque, l'illu,tre Mgr J. J. Lartigue, était 
place a Montréal en qualité d'auxiliaire de l'Evônue do 
Québec et d'administrateur du vaste et populeux district 
de Montréal. Quelques embarras, .luélques i ifftuh^' 
étant survenues^ qu. paraissaient rendre bien diffici le o, 
séjour a Montréal, où rien n'avait été prévu ni dispos 
pour l'y recevoir définitivement, le grand Evéq.ePsTi 
qui occupait alors le siège de Québec, consei lait o tè 
ment a celui qu'il venait de consacrer comme on aux ' 
aire de s'établir dans la paroisse et le7esbytér de 
Jielœd. d'où II pourrait facilement, lui disaif-il, vcU su 
le troupeau et administrer le district que le Sa m Si^ 

T:^:tt-Z:rv '''' ^-^'^ue^béissant^iS: 
ae celui qui avait designé pour partager avec lui le 
ardeau de Padministration de son immense d océ e 
rendit en effet à Belœil, pour visiter les lieux et e pré 
parer a y prendre son séjour. Mais l'état des choses s'éHn 
sur ces entrefaites un peu modifié à MontrétlX S 
tigue y retourna pour y fixer sa demeure d une r^ niérj 

et SI sage Evoque Plessis avait cr'u quetu le d ist " 
de Montréal, dont le diocèse r?P «.-.tr '^district 
qu'une faible partie, pou r t atr avr^t"'"''' "'"' 
-né de Belceil, s^e^ déci^,t ^1^^^^^^ 
choisis pour ses aviseurs et conseillers dans es affai eî 
importantes, à y aller chercher à son tour u , r r 
contre les graves diflicultés financières do^i a L ttt 
même temps que du titre d'Evôque de Saint-Hyldn he 
mais sans entretenir aucun espoir qu'il U.i arr^e', "mme' 



m 



^i 



.ni 



'■*;■■ / 



U ~*i î 1 



\v 



ïi 



— 116 — 



I I 
1 



■'& -J;-. 




à Mgr I„irtigue, de voir ses embarras disparaître au 
miment où il devra songer à ((uilter sa demeun; pour s'y 
transporter. Le ciel ne se contente pas toujours de la 
disposition à s'immoler; il veut bien souvent que le sacri- 
fice se consomme. Nous acceptons le nôtre, en disant 
comme l'innocente victime du jardin des Olives : " Que 
" votre volonté soit faite et non pas la mienne, ô mon 
"Dieu 1" et Nous boirons le calice, puiscpiejuille main n'est 
envoyée pour l'éloigner de nos lèvres ! ! Belœil deviendra 
donc cette fois le séjour d'un Evêque, et ce sera vers le 
milieu du mois prochain que Nous irons y planter notre 
lente. En justice pour lielteil. Nous devons dire que la 
Providence, en réglant qu'il Nous faudrait abandonner la 
demeure et la ville cpiscopale, ne pouvait Nous choisir et 
Nous préparer un lieu de retraite qui Nous fût plus agré- 
able et plus conforme à nos goûts. Mais il est temps que 
Nous vous disinr. , quelle est la cause réelle et détermi- 
nante qui Nous pousse forcément loin du centre des 
affaires du diocèse. Il est vrai que Nous la croyons déjà 
parfaitement connue de tous ceux qu'elle peut intéresser. 
Nous allons néanmoins Nous expliquer de façon à rendre 
le doute impossible. 

Nous le disions il y a un instant : en devenant Evêque 
de Saint-Hyacinthe, Nous sommes devenu l'héritier de 
graves difficultés financières : et ce sont ces difficultés qui, 
selon que Nous l'avons exposé au commencement de la 
présente Lettre pastorale, avaient fait prévoir et craindre, 
depuis plusieurs années déjà, tant à Mon '--.c' IVrxien 
Evêque de Saint-Il .acinthe qu'à tout le ckrg: '. .:ncèse 
la mesure extrême mais nécessaire quf. Nous f(„nmes 
aujourd'hui contraint d'adopter. Vous Nous avez écouté 
avec attention, lorsque Nous vous avons décrit la beauté et 
les avantages de la demeure épiscopale. Il faut maintenant 
vous dire que ce sont précisément ces avantages qui ont 
amené les embarras, les difficultés dont il n'est possible 
d'î sortir qu'à la condition de renoncer à cette demeure 



— 117- 

cllc-mCme et aux avantages auxquels on visait en la hàtis- 
s.u.t, si l'on veut parvenir à liquidc-r la lourde dette de 
prés Je onz. mille louis qui pOse sur la Corporation 
épiscopale de Saint-Hyacinthe ' ' ' 

Personne ne refusera d'admettre cpie ce n'est point un 
léger embarras qu'une dette de quarante-quatre mille 
piastres pour l'Evoque d'un diocèse comparativement 
pauvre comme celui de Saint-Hyacinthe ! Et encore 
s .1 n y avait point d'intérôt à payer sur cette somme déjà 
s. considérable en elle-même ! Mais Nous ne sommes 

souvent «emprunter sans inté.-ôt ! La Corporation épis- 
copale n'a pas été assez heureuse pour négocier ses 
emprunts a de si faciles conditions!! L'intérêt que Nou 
payons n'est sans doute point exorbitant ; mais il va de 
pair avec le capital emprunté ! ! ! Aussi, malgré toute la 
bonne volonté et toute la générosité avec\quelle e 
clergé Nous est venu en aide, il Nous faudrait nécessai- 
rement déposer notre bilan et Nous déclarer en fa 1 
s. Nous ne cessions, pour un temps plus ou moins long 
d occuper et de tenir une maison qui, à raison même des' 
avantages qu'elle procure, devient l'occasion de dépens 
journalières de beaucoup trop considérables pou e 
moyens et les ressources à notre disposition, ef qui ne 
Nous permettraient jamais de remplir un engagement 
so lennel qu. Nous avons pris vis-à-vis le clergé,'cS de 
fo -mi chaque année pendant les dix ans que doivent 

tion'dM "^T""" ' '"'' '"'" '''^'" ' ''^"^'^^^ extinc- 
tion de la malencontreuse dette, la somme de deux mille 
piastres ou cinq cents livres courant. Il nous et 
aujourd'hui démontré par l'expérience qu'avec 'é a 
actuel des choses, il n'y a aucun moyen de'pouvo r p r 
gner annuellement cette somme sur ce qui pe t"e 
appelé le revenu de l'Evêché ! Et Nous ne voyons plus 
où Nous pourrions la trouver ailleurs I 
Nous avions eu l'espoir que les Conseils centraux de la 



m 

■m 



■I •! I 
I .t 



m 



— 118- 






Propagation de la Foi en France, instruits de notre triste 
état de gêne tout voisin de la faillite, voudraient bien 
Nous accorder ce montant dans la distribution de leurs 
fonds. Personne ne peut ignorer que Nous avions même 
envoyé pour cette fin deux prêtres du diocèse à Paris ! 
Malgré nos instances et celles de nos deux députés, que 
l'on avait d'abord semblé avoir accueillis favorablement, 
la Providence ne Nous est point ve»^ le de ce côté-là ! 
Restait une autre ressource, que le Saint-Siège Nous avait 
ouverte en Nous permettant de réclamer des Fabriques 
du diocèse un dixième de leurs revenus pendant dix ans. 
Quand Nous avons voulu exercer ce droit, et recourir à 
ce remède, le dernier qui s'offrît à notre mal, il s'est trouvé 
que les caisses de presque toutes les Fabriques étaient 
vides, et que l'on comptait beaucoup plus souvent en 
passif qu'en actif. Et c'est après avoir épuisé tous les 
moyens sur lesquels Nous avions cru pouvoir compter 
pour former notre quote-part du montant à payer chaque 
année pour arriver à éteindre dans le temps convenu la 
dette dont est grevée la Corporation épiscopale, que Nous 
avons appelé notre Conseil à se prononcer sur ce que 
Nous avions à faire en pareille conjoncture; et qu'en ré- 
ponse, il Nous a donné pour avis, qu'il fallait en venir à 
ce qui avait été prévu depuis si longtemps, et à peu près 
résolu au mois de septembre de l'an dernier, à savoir : 
" Que l'Evêque ne peut plus continuer à habiter l'Evêché 
" et à y tenir maison, s'il veut se mettre en état de pou- 
" voir avec le temps acquitter la dette de la Corporation 
" épiscopale, et faire honneur à l'engagement qu'il a pris 
" à ce sujet vis-à-vis le clergé." 

Nous aurions cru résister à la voix de la Providence en 
n'acceptant point une suggestion, un avis qui Nous ve- 
nait de la part de notre Conseil, assurément composé 
d'hommes sages et éclairés, capables de bien peser tou- 
tes les conséquences de la mesure qu'ils Nous recomman- 
daient, et à laquelle Nous Nous sommes soumis avec 




MM 



— lin — 



moins de répugnance et d'amertume, parce que Nous 
savions, comme il a été dit plus haut, qu'elle avait été 
depuis longtemps prévue par notre vénéré Prédécesseur et 
par tout le clergé, et qu'en conséquence personne ne pour- 
rait avoir lieu d'en être surpris. 

Il est vrai que la nécessité où Nous Nous trouvons de 
Nous éloigner du siège épiscopal, n'avait pas été aussi 
clairement prévue ! Il est même vrai que Nous avions 
espéré, pendant un temps, qu'il Nous serait possible de 
trouver à St-Hyacinthe l'asile convenable et décent qu'il 
Nous faut aller chercher à Belœil ! Nous y comptions 
même ! Mais il y a de ces complications de circonstances 
d'affaires, d'intérêts, contre lesquelles viennent échouer 
les calculs en apparence les mieux fondés. 

En conclusion, N. T. C. F., Nous vous dirons avec 
une conviction profonde, qu'il Nous est impossible de ne 
pas envisager le fait qui Nous rend ainsi vic-time, comme 
tout à fait providentiel et humainement inexplicable D'où 
sort-Il, et quelle en a été la cause? Il sort d'une intention 
d'un désir qu'on ne saurait trop admirer, ni trop louer 
dans un Evoque ! En effet, quoi de plus digne du cœur 
d'un Evêque comme de celui d'un père, que l'idée, le dé- 
sir de posséder une vaste maison, afin de pouvoir en tout 
temps et en toute occasion voir tous ses prêtres réunis 
autour de lui, rangés à sa table comme des enfants se réu- 
nissent, se rangent autour de leur père ; et par là leur 
éviter en même temps la triste nécessité d'aller chercher, 
dans un hôtel ou une auberge, leur logement et leur pen- 
sion, quand il leur faut venir à la ville. Et ce sont pour- 
tant cette intention si louable et ce si paternel désir, qui 
ont posé la cause de l'événement qui ^accomplit aujour- 
d'hui, et qui Nous pousse dans la voie de l'exil I Nous vous 
le disons encore une fois, N. T. C. F., c'est pour Nous un 
impénétrable secret de la Providence, qu'il soit arrivé 
qu'un Evêque, pieux et saint comme était le premier 
Evêque de St-Hyacinthe, auquel la vérité Nous force de 



'0 .■ l 



m 






11 
«■ 1 1 



tiï 



i 









lil 


i l 


m 


\ ' ■il-' 


1 


1 il* 


jf: 




-:ÉL 







,h 



— 120 — 

faire remonter la cause qui produit aujourd'iiui un si 
pénible effet, ait pu renfermer, dans une disposition évi- 
dente de faire le bien, le principe et le germe d'un mal 
qui, pour n'être que relatif, n'en pèse pas moins aujour- 
d'hui lourdement sur tout le diocèse ! Il est cependant 
bien clair qu'en permettant qu'il en soit ainsi arrivé, Dieu 
ne voulait point éprouver, encore moins punir cet EvGque 
selon son cœur, auquel il accordait, presque au lendemain 
de la consommation de sa malheureuse entreprise, le 
repos et la récompense des justes, dus à ses vertus et à 
ses mérites. Puis donc que l'épreuve ou le châtiment, 
selon que ce peut être l'une ou l'autre, ne pouvait retom- 
ber sur l'auteur d'un fait en soi si louable, il faut nécessai- 
rement conclure, N. T. C. F., que c'était à Nous, qui por- 
tons les conséquences de ce fait, que Dieu avait réservé 
de faire sentir le poids de ses jugements ! Nous éprouve- 
t-il, Nous punit-il dans ce qui arrive aujourd'hui ? Sans 
doute, N. T. C. F., que Dieu a des secrets d'amour aussi 
bien que de justice ! et Nous savons qu'il envoie aussi 
souvent la peine et la douleur à ceux qu'il aime qu'à ceux 
qu'il veut châtier I Mais si la Providence a ses secrets, 
nos consciences ont aussi les leurs ; et à elles seules 
appartient de pouvoir nous dire où nous en sommes avec 
Dieu; si nous sommes dignes de son amour ou de sa 
haine ! ! Par conséquent à chacun de nous appartient de 
voir quel jugement il pourrait attendre s'il lui fallait paraî- 
tre en ce moment devant le tribunal de la souveraine jus- 
tice !... Pour notre part. Nous sentons que Nous n'aurions 
que trop sujet de trembler en présence de Dieu ! Nous sen- 
tons que Nous l'aimons si peu, et le servons si mal ! ! ! 
Nonobstant cet aveu si humiliant, permettez, N. T. C. F., 
qu'usant du pouvoir dont Nous sommes revêtu malgré 
notre indignité, Nous vous bénissions dans toute l'effusion 
de notre âme et de notre cœur, en suppliant le Dieu de paix 
et d'amour de demeurer toujours avec vous ! Et en retour 
de notre paternelle et amoureuse bénédiction, Nous vous 




— 121 — 

demandons l'aumône d'un souvenir dans vos prières afin 
que Nous soyons toujours fort dans les épreuves' qu'il 
pourrait entrer dans les desseins de la Providence de Nous 
temr en réserve : et veuillez croire que dans notre nou- 
velle situation, Nous ne manquerons point de continuer 
a implorer sur vous les grâces et les faveurs du Ciel et 
de vous porter tous les jours au saint autel, dans le sot'ive 
nir de I amour et de la charité dont Nous Nous sentons 
remplis pour vous tous en Dieu le Père et en Jésus Chri^ 
Notre-Seigneur.-Amen ! Ainsi soit-il- ^ ' 

toit?r'-'r^''''"'' '-''''' P^^*°^^'^ ^"^ ^" P^ône dans 
toutes les eghses où se fait l'office public, et n chapitre 

apr^ss^récTor'""""""^'^"^^^' '^ '"^^ ^'--h 
après sa réception. 

Donné à St-Hyacinthe, en la fête de Notre-Dame de la 
Merci le vingt-quatre septembre, l'an mil huit cent soixant 

SctéUi";:" "'"' ^' """ ^''^ ^°"^--'"g '^ -tre 
t C., ÉvÊQUE DE St-Hyacinthe. 
Par Monseigneur, 

' "^ L- Z. MoREAu, Ptre, 

Secrétaire. 

CIRCULAIRE AU CLERGE 

EvÊCHÉ DE Saint-Hvac.nthe, 24 septembre 1868. 
Messieurs et chers Collaborateurs, 
Avec la présente vous recevrez la Lettre pastorale en 






'fi 






m 



'■! l 




:É'i 



■ m 




1 


' 


« 

l 

• 


n 


1 ; 
l.i 





— 122 — 

quoi il m'a fallu en venir là. Expliquez, si vous voulez, à 
votre prône le fait et sa cause ; et si vous jugez qu'il n'y 
ait aucun intérêt ni avantage à lire la lettre, je vous dis- 
pense de le faire. Vous ne manquerez pas de faire con- 
naître le lieu où je vais résider • et de plus, vous infor- 
merez vos fidèles qu'il y aura toujours un bureau d'affaires 
auquel ils pourront s'adresser à Saint-Hyacinthe, où je 
serai moi-môme tous les premier et troisième mardis de 
cliaque mois, depuis les dix heures du matin jusqu'au len- 
demain à midi, tant pour les y rencontrer que pour vous 
rencontrer vous-mêmes au besoin ; ce qui n'empêchera 
pas que je serai toujours heureux de recevoir à Belœil 
ceux d'entre vous qui aimeront à m'y venir voir. Pour 
toutes les affaires de dispenses de mariage, c'est à Mon- 
sieur Moreau, à Saint- Hyacinthe, que vous devrez vous 
adresser quand vous traiterez par lettre envoyée par la 
poste ; si c'est par un porteur que vous écrivez, vous 
pourrez vous adresser à Belœil, si Belœil est plus près ou 
plus commodément situé pour le porteur. 

Vous devrez plus que jamais vous faire un devoir de 
conscience de ne recommander comme pauvres et inca- 
pables de payer les componendes de dispenses, que les 
personnes qui en effet auraient un droit fondé à une telle 
recommandation. Si l'Evêque doit naturellement s'en rap- 
porter au curé en pareil cas, vu que le curé connaît ordi- 
nairement les moyens de ses paroissiens, il est également 
naturel que le curé doive se faire un devoir d'être exact 
dans les informations qu'il fournit à ce sujet à l'Evêque 
ou à celui qui le représente ; et cette e-xactitude devrait 
aller jusqu'à dire quelle somme la partie concernée est en 
état de payer pour la dispense qu'elle sollicite. Ceci ne 
peut s'appliquer qu'aux dispenses de parenté, puisqu'en 
fait de dispenses de bans, on n'en doit pas ordinairement 
demander quand on n'est pas capable de les payer. 

Ce qui irc porte à vous donner cette recommandation, 
c'est qu'à l'avenir le revenu entier des componendes, sans 



'4» 






— 123- 

qu'il en soit distrait un denier, est destiné à être appliqué 
à l'extinction de notre malheureuse dette diocésaine Voiii 
pourquoi, a compter du premier octobre prochain, tout 
curé, missionnaire ou prêtre du diocèse devra faire paver 
ou payer lui-même régulièrement la componende de toute 
dispense qu il aura sollicitée. Quant aux missionnaires ou 
cures pauvres auxquels il était passé en usage de laisser le 
montant des componendes qu'ils sollicitaient, s'ils sont 
encore dans le cas de pouvoir consciencieusement affirmer 
que e niontant reçu par eux pour componendes (compo- 
nendes de bans, jamais de parenté) est nécessaire à leur 
subsistance, un pareil moncant leur sera remis sur les fonds 
de la Propagation de la Foi, que je ne puis ni veuxappliquer 

quilmesthbre de donner aux componendes telle desti- 
nation utile ou charitable qu'il peut me plaire ; et je veux 
que désormais elles soient, comme dit plus haut, appliquées 
al extinction de notre dette. C'est principalement sur il 
montant des componendes, qui était absorbé dans les 
dépenses courantes de l'Evêché, que je compte en cessan 
de tenir maison a l'Evêché. pour faire face à l'engagement 
que J'ai pns au sujet de la dette diocésaine 

Le sacrifice que je m'impo.se pour laisser à mon suc- 
cesseur un état d-affaires moins embarrassé et liquidé de 
toute dette, s. du moins je vis encore quelques années 
vous portera, j'espère, à vous acquitter avec une exactitude 
consciencieuse d. l'obligation dont vous pouvez être 
charges a raison de l'arrangement fait avec le clergé et 
appuyé sur l'induit de 1852, pour venir à bout d'étidre 
a dette diocésaine. Je vous ai déjà dit que chacun e 
enu en conscience de payer la somme pour laquelle son 
bénéfice ou son revenu a été ta: :., tout comme vos pa- 
roissiens .ont tenus en conscience de vous payer votre dfi 
Dans un aussi bien que dans l'autre cas, c'e't l'atitoriîé 
de 1 Eglise qui a établi l'impôt ; je ne vois pas où ni com- 
ment Il serait possible d'établir une différence dans l'obli- 






&-i 



-1 
m 

m 









\:K 



^^î 



■ 'M li-M 












M li 




i'1 ' 



I 



— 124 — 

gation de l'acquitter. Vous comprenez tous de quelle 
grave conséquence il serait si l'on négligeait son devoir à 
ce sujet : les dix ans s'écouleraient, et nous n'aurions 
point atteint notre but, l'extinction de la dette ! ! J'espère 
que vous vous immolerez comme je m'immole moi-même 
en cette embarrassante et pénible affaire. C'est la dette 
qui m'envoie en exil ! ! Ceux qui n'auront pas payé au 
temps fixé, devront à l'avenir se faire un devoir de donner, 
pour le montant dont ils seraient arriérés, un billet avec 
intérêt, autrement il y aurait déficit dans nos calculs, 
puisque notre dette porte intérêt. Ceux qui pourraient 
payer leur taxe en juin, aussitôt après avoir réalisé leur 
dîme, rendraient un véritable service, parce que c'est 
l'époque où il y a le plus d'affaires à rencontrer. J'en 
Monsieur Desaulniers ignorait cela, quand il a fixé le 
mois de septembre pour l'époque du paiement annuel. 
Une autre chose à observer, c'est qu'il n'est pas possible 
d'exempter personne de payer régulièrement chaque an- 
née le montant dent il est chargé ; tous les calculs ont été 
basés sur la supposition que nul ne ferait défaut à son 
obligation. 

Les deux louis de taxe personnelle que le clergé a bien 
voulu s'imposer pour dix ans, lorsque j'élevai l'honoraire 
des messes, est une dette d'honneur à laquelle nul prêtre 
ne saurait chercher à se soustraire, sans manquer à un 
devoir de rigoureuse convenance, j'oserais même dire 
de conscience, puisque c'est à raison de cette offrande 
librement présentée, que j'ai accepté huit au lieu de dix 
pour cent sur les bénéfices. Quand un arrangement comme 
celui-là est consommé dans des circonstances comme 
celles où nous nous trouvions lorsqu'il a été conclu, il y aura 
certainement faute à ne pas s'y conformer. Je demande 
avec instance que l'on veuille bien tenir compte de cette 
observation, parce que les deux louis en question font 
partie intégrante du fonds destiné à amortir notre dette, 
tout aussi bien que le montant prélevé sur les revenus 
décimaux. 



i ■:!> 



— 125-- 

C'est peut-être ici l'occasion de vous dire que quoique 
un seul d'entre les curés ait fait réponse à ce que j'écri- 
va.s en ma circulaire du i" ^vril dernier, au sujet du 
droa que kSamt-S.ége a trouvé bon d'accorder à l'Evêque 
de Sa.nt-Hyac.nthe, de prélever pendant dix ans un 
d.x,eme sur les revenus des Fabriques, je n'ai pas conclu 
de la que l'on a.t eu l'intention de refuser à l'Evênue- 
secours de son influence pour l'aider dans l'exerc ce de^ 
ce dro.t, auquel je ne renonce point et ne puis ereffe 
œnoneer, parce qu'il ne .n'est point personnel. qu' 
n est qu une compensation accordée au sacrifie; que j'a 
cru devo,r fa.re en demandant que l'induit de 185" fû 
rendu tempora.re, de perpétuel qu'il éta.t. J'espèr'e oui 

cours du ^è e et de la bonne volonté de chacun de vous 

en venir" -"T^ ^ ^'-^^-lle il faut de toute nécessité 
en ven,r, ...... ^, ,,„^, „^^.^^^^ . commencera 

dêtre m.se partiellement à exécution le premier du moï 
procha.n, jour auquel avec tout le personnel d la maZ 
J inaugurera, le nouvel ordre de choses, en aHant prendre 
ma pension à l'Hôtel-Dieu, ce qui, se on m s plans ne 

imeTrc'cr" '""' ^'"P'" ^"''^ -e sera poss.'ble 
de mettre chacun a sa place et chez soi. Quant à moi 
vous savez ce que je deviens ; et je me résigne, "a eTu' 

ic. le heu de vous d.re que s'il en eût dépendu de moi 
je me sera.s bien volontiers conformé au désir qS 

au res No "rf D "" ' '? ""' "''^"^"^ l'Hôtel-Dieu, les 
au es Notre-Dame, et plusieurs le séminaire, comme le 
lieu ou j'aura.s pu fixer mon séjour 

reifx^^dJ^n"' '/"^''"'T°'^"' ^' ""'' '''''' '^°"^é très heu- 
eux de partager les attentions et les soins que les 

oTlir T:: r^^--^'-- Pensionna.res.rdÔ!: 
vous d.re que je ne puis n. ne pouvais y songer sans 









■ ! * ; 






Ï^ 




m 



■■.4 




iJ'*' 




1 


\r-\\i 


i 


l'A -M 


i| 





— 126 — 

m'oxposcr à jicrdre complùtemcnt un résultat, à la vérité 
secondaire, mais important, que je crois pouvoir atten- 
dre de mon éloignement de l'Evôché. Dieu peut tout 
faire tourner et servir à sa gloire ! 

Pour ce qui est de Notre-Dame, il paraît en effet assez 
naturel que le clergé ait pu désirer que pour sa commo- 
dité et la mienne, je dusse choisir et fixer là mon séjour, 
plutôt qu'en aucun autre endroit en dehors de la ville de 
Saint-Hyacinthe, vu que nos rapports eussent alors con- 
tinué à être aussi faciles que dans l'état actuel des 
choses... Mais on ignore sans doute que, malgré cet avan- 
tage évident, le plan selon lequel l'Evoque eût dû établir 
sa résidence à Notre-Dame ayant été l'objet d'une dis- 
cussion sérieuse et piolongée dans le Conseil diocésain, il 
s'est trouvé qu'en conclusion, des huit conseillers pré- 
sents quatre se sont prononcés pour, et quatre contre ce 
plan. En présence de ce partage égal des opinions ainsi 
que des circonstances exposées comme arguments par 
ceux qui n'étaient point favorables à la mesure, j'ai jugé 
qu'il était mieux pour moi de m'abstenir de me pronon- 
cer et de subir la conséquence d'un vote ainsi neutralisé 
par l'égalité des suffrages ; et je pense qu'en agissant 
ainsi, j'ai tenu la seule conduite que me dictait la pru- 
dence. Pour en être convaincu, il suffira de supposer 
qu'ayant adopté l'opinion de ceux qui étaient pour la 
mesure, je me fusse mis en frais de l'exécuter, et que tout 
à coup, je me serais trouvé en face de quelque difficulté 
insurmontable, ma position eût sans doute alors été 
moins qu'heureuse ! 

Resterait donc le Séminaire ! Mais en vérité, il me 
semble que le Séminaire fait autant et même plus peut- 
être qu'on ne devrait attendre de ses moyens, d'abord en 
se chargeant chaque année des dépenses considérables 
qu'il s'impose pour procurer au clergé du diocèse les 
avantages de la retraite pastorale ; et puis, par la bien- 
veillante hospitalité que tous les prêtres ont toujours 



BBi^eg 



— 127 — 

trouvée dans la maison. Et sans doute qu'à cet égard 
tout le monde a remarqué ce que disait M. le Supérieur 
du Séminaire, après le déjeuner qui terminait la retraite 
juste au lendemain de la décision en vertu de laquelle' 
l'Evoque allait bientôt cesser d'occuper l'Evéché • " Le 
" clergé a droit de considérer cette maison comme la 
sienne ; c est un droit que nous aimons à lui reconnaître 
a ra,son de la part qu'il a prise dans sa construction ; 
et c est ce qui fait que ce sera toujours un bonheur pour 
.< "°"^ de kl offrir, en toute occasion, une cordiale hos- 
pitalite. Ce qui sonnait à mes oreilles comme si M le 
Supérieur avait dit : bientôt nous serons seuls à pouvoir 
exercer envers le clergé une hospitalité que l'Evéque lui 
offrait jusqu'ici de concert avec nous : nous nous ferons 
un bonheur de faire face à la circonstance I II eût été 
difticile de porter plus loin la bienveillance et la générosité 1 
Il y aurait certainement exigence à prétendre que le Sé- 
minaire, par-dessus tout cela, dût encore prendre la charge 
et 1 embarras de l'Evoque, dont la présence eût pu attirer 
dans la maison une foule de gens et d'affaires propre à 
gêner la règle et le bon ordre. Ainsi donc, malgré que je 
me fusse trouvé heureux d'avoir une existence et une vie 
coinmune avecles vertueux prêtres chargés de la direction 
du Séminaire diocésam, l'on admettra facilement que je 
ne pouvais en aucune façon songer à les jeter dans l'em- 
barras pour m'en tirer moi-même ! A Québec, où une fois 
la nécessite contraignit l'Evêque de se retirer au Sémi- 
naire, j a été reconnu qu'il y avait à cela des inconvénients ; 

de if^Se' ! r " '"'"°" '"'^'''^ ^"''^ '^ ''' I^'^^^'ble 
Quant à vous , Messieurs, je vous prie de vous faire un 
devoir de profiter de l'extrême bienveillance avec laquelle 
le Séminaire est prêt à vous recevoir en toute occasion 
Je ne verrais qu'avec la plus grande peine qu'au lieu 
d user de l'hospitalité qu'il vous offre, vous iriez, lorsque 
vous viendrez à la ville, vous retirer à l'hôtel ou à l'Iubergë 



^i 



' M 

; f I 



Il ' < 



:'/ 



w 



'i, ta 



i%- 



i 



I 



ii'[ 



— 128 — 
et je me croirais alors tenu d'user d'autorité pour répri- 

Mais nen ne me fait craindre de me voir à cette peine • 
je sais cu'il vous suffira de connaître mon désL Ïce' t,' 

y c:;îir^^'"" ^-^ ''-' ^^ '--^-^ p- ^^ -uj 

Comme en conséquence du nouvel ordre de choses il 

retraite commune à ceux qui n'ont pu assister à la retraite 
g nérale, chacun pourra prendre le moyen qui lu sera 

r mi::rrt' '°" '°""^"^ -^^ '^"^^^ ^"' '"■ ---- 

eu i^re T^ , ^'"'' ^°"" '"'' ''^^^■^*-^« d'une retraite parti- 
cuhère Je laisse cependant là-dessus chacun à sa liberté 

c't:: xc "^"" ■■"""^°" '^ ^^'^^ "- «^''^-^- S' 

seiour'ivo ''T" ''' ^°"« ^ir. que je compte sur le 
secour» de vos prières, pour pouvoir Kxepter avec coura^^ 

Votre très humble serviteur, 

t C., Ev. deSt-Hyacinthe. 



; 4. 



;.;(■":?• 



t> * 



'!> 



— 129- 



CIRCULAIRE 

kH^a.. ri ■ 



('onrrrnHiil In «raimlnii»,) ,|,. | ,..,., . 

I>nl>ll.|iir« d-iiH «»..|-l,iili, I,. .i,;!;" "«''"''••'«"» "HiiqiiM 

....... .1 ,1... tnlHl.,,...,. „., u .\ ,,""'""■■ "■■' "•'«■' 

>.lon«.l.< In HUIPio-HoiiK,. !.■. 1.!.. . "•"•''««"•«■«. I.-» i 

rr«rl.lrc. ,1 ,1.., ,.„„„ , ^":i :"""'*"• •" •"""•' "«•" 

»liHv pnutornlc, l<- f'uii» i J KHin-l ratmaiii. i,. 



ST-MATHlEUOEBELŒIL.I9marSl869. 

fÉTK DE SAINT Joseph. 



Préambule -"^OMMAIKE. 

haines et s, s colères contre lui ^ ''" """^ "' ■"'«-■« 

enjoint à un curé du .liocèse le ,1 - '""^ ''^^''l"^ '^ 

à une pension d'un ,ers ^ J r ,?;;:: '," '^ ''^''^"''" '^^°'' 
pa Jsse. au,ue, une pension .aitt'^^JHn î ^r^"^''"""^ 

mandations à propos d rj'; Observnfons. réflexions, recom- 

demandera ^ r' J ti!^ :" ri: jr ?':'''"^- ^'^^^'^- 

en force et en pratique '"■' '' '''■'"' ^■"'^'d>""'jue 

'•"iH:r^L-t:ï:i;::'i;rr 

affaires. Moyen . prend:: po.r'ceÎ " '" -"«l'-'-ce des 

des Orphelins de Vlî,f;:iU:t:;- ^' '^ -^-'-Enfance. 

def:;;::f1-:l^.';-rt;i-deçi.lpourla tenue 
brique avec soin .» .- v "" '^"^^ tenir les comptes de Fa- 

^ ^^^ i' des usages de paroisse et de Fabrique, 

9 ' 



I 
^l 



■m 



il! '■ 

I i ' 



't« 



^'' « 




Ij >K''i|-i 



— 130 — 

qu'il fniu garder soigneusement. Raison de cela. Comment faire 
dans les paroisses nouvelles. 
VIlI._(^)ucstion litureique et cérémoniale dans le diocèse. Bigarrures 
dans les cérémonies amenées par des changements faits sans néces- 
sité. On s'est laissé cntr.il,,er^ CCS changements p.ir le goftt de 
la nouveauté, sans examiner s'il n'eftt pas été mieux de les éviter. 
(Quelques observations. Changements moins bien .[ue nos anciens 
usages, dans le surpli,., la pale, la bourse, la manière de préparer 
le cahce. etc., etc. I.e pain bénit aboli par .pielques curés. 
Regret et exhortation .\ ce sujet. Extrémités d'oi,inion qui empû- 
cheront une uniformité ciui serait selon l'esprit de l'Eglise On 
ne sait point à quoi s'arrêter 1 Pourquoi n'avoir ims suivi, 'dans 
sa lettre et son esprit, le Cérémonial approuvé et «lonné par les 
Peresdu 'er Concile de (,)uébec ? Espoir, l'un retour M'uniformité. 
IX.-Kuuel Romain. L'usage en est obligatoire. Exhortation à ceux 
qui n'en ont pas, fl encourager l'édition soignée qui se prépare 
dans ce moment à (Juébec sous les auspices et avec l'encourage- 
ment de Mgr l'Archevêque. 
X.-Visite p.astorale faite cette année d'.-iussi bonne heure que possible 
à cause du voyage de l'Evêque à Rome pour le Concile. Les 
curés et missionnaires priés de donner aussi exactement que 
possible l'état de la population catholique, 
XL-Le Conseil diocésain s'assemblera, jusqu'A nouvel ordre, quatre 

fois 1 année A des jours fixés. 
XIL-Cinquantième anniversaire de Pie L\, le lo avril. Le clergé 
par lui-même saura se faire un devoir de bénir et de remercier 
Dieu ce jour-l.à du don fait 1, son Eglise en la personne de Pie IX 
Les hdèles devront prendre part h cette expression de reconnais- 
sance, le lendemain dimanche il avril. Conclusion. 

Mf,s.sieurs et chers Collaborateurs, 

Il y aura iMentôt six longs mois que je n'ai eu la conso- 
lation de converser avec vous. Je ne vous ai point écrit 
depuis que je vous annonçais qu'il fallait m'éloigner-dela 
Ville épiscopale, et que je vous relatais les détails se rat- 
tachant à cette importante affaire. Contraint depuis cette 
époque de me déplacer souvent, soit pour aller au loin 
remplir quelque fonction épiscopale ou quelque devoir de 
convenance ou d'occasion, soit pour me trouver à Saint- 
Hyacinthe aux jours fixés pour vous y rencontrer et y 



— 131 - 

expédier les affaires; obligé J, ,;;,, j^,^;^.^ 
voyages que m'M.posa.ent des circonstances incon trôhl 
dont l'une ma été douloureuse au point que vous t.' 
et ,n,.s, pendant quelque te„,ps assez fail.lc .t langui s.nt' 
pour ne pas croire qu'il eût été i)ru,l,.Mt i "t'"'-^'"^"' 
reA,ser le repos et les Lins quc^^ , t? '"' f 

l'Hôtel-Dieu de Montréal s'oLien i u '"" "^^ 

l^ndan, ces six „,„.,p,„, co„M^0r,4, ; .^ t::.' ^ 

époque de mon adminisiraiio,,, comme il devai l^,,, , 

ment ,é,„]ler du fai, ,,„.,, „„ „„, „t , 1 ™'"'■"''■■■ 

aussi facile que ci-devan, d. ,r ' ••"';■""''■'""■ 

avec moi. <\.'tLiWte„e„, ""'"''"''" •""■ ""»"'"■■ 
V- tni iiiuirtcteinent vous annrpnri..,, 

pouvons nuintenant être ass^^Tu ,es ,r ""' 
souffrent point de mon éloignem m de Sn . w " "' 
^luoiqu-i, puisse quelquefoisVrr" "qu elle " 'S^r'^' 
peu plus lentement; sans néanmoinlq" " ^ "" "" 
eu de délais nuisibles en quoi ni à qui^,„ ^e so r 
PU.S cependant me refuser la satisfaction de vou avo "' 
ICI cand,den>ent que malgré cette convie ion et Z 
que sous le rapport matériel je me trouve as ' b In '"' 
je pouvais espérer dans ma nouvelle s.tu^t on ^'v T' 
une privation qui m'est une véritable souf^"; [l/^J 
vous voir moins souvent ! ' ""' '^^ 

Je suis toutefois très henrpnv A^ „ 
votre bonne volonté a farb^co; ^^ X";-^ ^"^' 
eu droit d'attendre en laissant la viL ^ sco al"'' 
me rendre cette privation moins sensibl. ^ ' ' ' ""' 
tous vous m'avez fait le plai^d m ' t^'t^"?"^ 
ma retraite de Belœil et m,.. ,-. ^^' ^^"^ 

l'on, pas fai,, en ^LT '.'em, ech.sZ Tu"^,^- °' 
excuses. Ilma serai, „ain,o'„. tXiit T^TZ 



U 



»i 



#1 



mi 



— 132 





toute la joie et la consolation que mon cœur a goûtées à 
vous voir . '"nis en si grand nombre, pour me présenter 
vos vœux et vos souhaits, à l'occasion de la fête de mon 
saint patron, et du renouvellement de l'année ! Jamais je ne 
perdrai le souvenir de cette si bienveillante attention, pour 
laquelle je vous dois mes plus sincères remerciements, 
que je vous offre ici de grand cœur ! Permettez que je 
passe maintenant aux divers détails dont j'ai l'intention 
de faire le sujet et la matière de la présente Circulaire. 

I 

D'abord, je sens le besoin de revenir un peu sur la 
mesure extrême à laquelle j'ai dû me déterminer pour me 
conformer à l'avis du Conseil diocésain, qui a été unani- 
mement d'opinion que "l'Evêque ne pouvait plus conti- 
^'^' nuer à habiter l'Evêché et à y tenir maison, s'il voulait 
I' se mettre en état de pouvoir avec le temps acquitter la 
I' dette de la Corporation épiscopale, et faire honneur à 
" l'engagement qu'il avait pris vis-à-vis le clergé." C'est 
ainsi que je m'exprimais en ma Lettre pastorale du 24 
septembre dernier. 

Je crois avoir quelque raison de commencer par vous 
dire que je n'ai jamais eu l'intention de faire comprendre 
par ces paroles que le Conseil avait décidé que je devais 
aller à Belœil. Je connais que ce que je disais un peu au- 
paravant dans cette même Lettre : V Evoque de St-Hya- 

"'^'^'^ s'est décidé vu l'avis de ceux qu'il a choisis 

pour ses Conseillers à aller chercher un refuge à 

Belœil, a pu contribuer à leur faire donner ce sens. Mais 
que l'on veuille bien remarquer que j'ai dit, vu Favis, 
c|est-à-dire en conséquence de l'avis, de cet avis qui me 
disait que je ne pouvais plus continuer à habiter l'Evêché 1 ! 
Voilà tout ce que j'ai dit : et je ne pouvais en effet rien 
dire de plus, puisque de fait le Conseil ne fut point 
appelé à délibérer sur ma translation à Belœil, mais uni- 
quement sur la question de savoir si, vu les circonstances 



lij-.i: 



— 133 — 

que je lui avais exposées, et que d'ailleurs il connaissait 
parfaitement, je devais conserver l'ordre de choses exis 
tant et continuer à demeurer dans l'Evêché ! La réponse 
a cette question fut celle rapportée ci-haut, ni plL n 
moins. Il est vrai que sans aucune suggestion de ma uar 
un membre du Conseil aborda la queffion du 1 eu o^ 
devrais me retirer en sortant de l'Evêché : et il me dev nt 
évident que l'opinion du Conseil, que je partageais c r tai 
nemen , était que je demeurasse à St HyaciX 1 

^elœ.l, et donne d assez bonnes raisons pour prouver aue 

dfsl^rerer'i:: ^«-^'""^^---"^ Pour^-expéditi: 

' . , '^ rapports avec le clersé, iv serai» m 

erre. b,e„ volontiers demeuré, s'il y eût eu môyerd „" 

s:^Xr=^»-;i^='ijSi"i 

qu un peu de bonne volonté aurait pu bien facilement 
donner satisfaction à mon désir. J'éprouve une " tTbL 
consolation à déclarer aujourd'hui que vu l'enlembe de' 
circonstances et des faits exp.iqués'et développé" pr" 
temps, J'ai acquis la conviction que si j'ai été dans Knl 
cessitéde quitter St-Hyacinthe'personne do" l't r " 
buer a aucune autre cause qu'à une disposition v dm 
de la Providemce, sans songer à accuser ni blâmer ou! 
que ce soit '—Et ce n,ù r^^A u ■ '-'''inier qui 

r.i„= e / ^ ^"^ ^^^'^ ™o» cette conviction 

plus forte encore, c'est nnp <;,.„ v ■ ^""viction 

VvAf^t ^ 1 r. ' ^^^ ^"e bon Eminence e cardinal 
Préfet de la Propagande, qui d'abord était sur cette quës 
^on du même avis que l'Evêque de St-Hyacinthe et on 

ralS' eTd"e' T ""' T'^'''^'''' Pius^partiani^re d 
1 affaire et de tous ses détails, et examiné avec soin les 

re air; la'"V^"''^' 'f "" '^'^^''^ lui transmettre 
relatifs à la question, a fini par envisager autrement k 
chose, et par trouver le fait de mon élolgnemem de sl- 



M 



4 

#1 










— 134 — 

Hyacinthe appuyésiir des motifs et des raisons qui l'ont 
tellement justifié à ses yeux, que sans que je l'en eusse 
prié, Il a eu la bonté de le soumettre au Souverain Pontife, 
qui a daigné le ratifier et lui donner son approbation. Je 
me hâte de dire, néanmoins, que s'il survient quelque 
crainte fondée que l'administration du diocèse ne souffre 
de mon éloignement de la ville épiscopale, ma conscience 
me fera un devoir de m'en rapprocher, et même d'y retour- 
ner, aussitôt qu'il me sera possible de le faire. Jusqu'à 
présent, je suis sans inquiétude, et j'espère que le temps 
ne fera que me rassurer de plus en plus. Faisons bien 
notre devoir, chacun à notre place, et Dieu ne permettra 
pas qu'il résulte du mal de la mesure extrême à laquelle 
j'ai été forcé d'en venir, pour tâcher d'apporter un remède 
iz^ux maux du diocèse, puisqu'il nous est plus que permis 
de croire que c'est sa divine volonté qui a préparé et 
ordonné ce remède, si violent qu'il puisse paraître ! 

J'espère que vous n'hésiteriez pas à me croire, si je vous 
disais que je souffre autant et peut-être plus que personne 
de l'ordre de choses véritablement un peu anormal que la 
seule nécessité a pu me déterminer à inaugurer : mon cœur 
me rappelle si souvent que je ne suis pas où je devrais 
être ! ! Veuillez prier avec ferveur pour que la bonté de 
Dieu tire de tout cela sa gloire et le salut des âmes i Une 
chose que je puis vous dire en toute assurance, c'est que je 
nai rien déterminé, ni rien fait en vue de moi-même Per- 
mettez que j'ajoute qu'il me semble que j'aurais bien droit 
de me trouver malheureux d'être devenu Evêque pour ces- 
ser d'agir d'après une règle qui a été celle de toute ma car- 
rière de prêtre ; règle en vertu de laquelle je me suis tou- 
jou.s fait un devoir de chei'cher avant toute autre chose le 
plus grand bien des âmes confiées à mes soins ; règle qui 
m'a également guidé dans ce qui pouvait tenir à l'ordre 
matériel ou temporel, si souvent lié avec le spirituel i 

Je crois n'avoir pas besoin de justifier cet épanchement 
de mon cœur qui se verse dans les vôtres : une considé- 



is qui l'ont 
l'en eusse 
lin Pontife, 
bation. Je 
it quelque 
ne souffre 
;onscience 
3'y retour- 
i. Jusqu'à 
le temps 
isons bien 
permettra 
à laquelle 
in remède 
ue permis 
réparé et 
re! 

si je vous 
personne 
lal que la 
non cœur 
e devrais 
bonté de 
les ! Une 
:st que je 
:me. Per- 
ien droit 
pour ces- 
-' ma car- 
suis tou- 
chose le 
•ègle qui 
i l'ordre 
lel ! 

c:hement 
considé- 



~ 135 — 

ration d'un moment sur ce qui s'est dit et s'est passé 
depuis six mois, vous en fera toucl,er du doigt la raison et 
le motif. Nous ne manquerons pas d'être à l'avenir plus 
calmes et plus confiants dans les desseins de la Provi- 
dence, maintenant que nous savons que Dieu lui-même 
a pris soin de faire donner la sanction du Chef de l'Eglise 
a la position exceptionnelle où se trouve le premier las 
teur du diocèse, qui ne s'est déterminé à se placer dc^'s 
cette position, que lorsqu'il a été bien conl in . q" 
Dieu le voulait. Et l'évidence s'est faite à ce sujet lors 

tru'vf:^ '' r^''' '^-^^-^^ épi-opa.e,jen'ai' s 
trouve ou me loger à St-Hyacinthe. Il me fallait bien 
quelque part un refuge, que m'a procuré le dévouement d 
Monsieur le curé de Belœil, qui n'a point hésité à lÎ 
moler a la situation ! Que Dieu l'en bénisse et l'en ré- 
compense !. c'est le vœu de mon cœur reconnaissant J' - 
pere que sur ce chef j'en ai dit assez pour donner entièTe 
satisfaction à tous les esprit., et pour les convaLre nue 
nous po.n.ons dire en toute confiance: W Z^LZ I 
cui/, itafadum est ! ^ 

II 

Je terminais ma circulaire du 8 août dernier en vous 
pnant de demeurer bien calmes en présence des Ta 
ques plemes de fureur dirigées contre moi, répandues à 
pro usion dans les colonnes de certains jour^aul. et don 
1 auteur ne s'est nullement mis en peine de dég^- ^r son 
nom, pas plus qu'il ne cherche, encore à l'heure qu'il T 
a déguiser les mauvaises passions qui l'excitent contre 
moK Vous n Ignorez pas à quels excès il s'est porté depuis 
et quels mdignes traitements sa disposition haineuse ï 
pousse a me faire subir ! Je crois devoir profiter de cette 
occasion pour vous assurer que ses nouvelles injures ne 
m'ont pas plus affecté que les premières, tant je garde k 
conviction que je souffre persécution pour la justL et la 
Vente. Je vous dirai même plus : c'est que je trouve «n 



, f i_j 



I 



''.' .fit 



ir: '■ 1 

■■■!)' 

- 1 ''il 

■■m 



< fi 






il- ' 



i'"?.M 



m'- m 






V ■<■ 


1 


•f' 


j: 


' (■ ■ 1 


1 


i ''^..Jf 


■V -''^^ 




,;4 ' 


II' '' 


ii ^'4v 




M J ;'M$i 


■ 







* 
I 



— 136 — 

véritable bonheur à être devenu l'objet de toutes ses 
colères! En vérité, je ne pourrais m'enipôcher de croire 
que j a, commis quelque faiblesse, ou manqué à quelque 
devoir, s, je m'entendais louer par celui qui me vilipende 
'■ tel pomt, qu',1 me ferait certainement passer pour un 
monstre de fourberie et d'hypocrisie, s'i! était c7u par 
ceux qu, le Usent ou l'entendent ! Je vous avouerai néan- 

,u au',V- " "'-'"r '■"^""•^ -ï"'" '"^ '^^°d'g"'^' "'°"t eu 
u qu ic, sur mo, d'autre effet que de me persuader qu'il 

faut que j a.e eu le bonheur de rendre quelque service 

JLT\ ^'""^"' '' '^' ^'^ '-'^'S''"' I^°">- "^'être ainsi 
atire les ha.nes et les fureurs d'un homme qui semble 
habuuellement possédé du fanati ;me brutal des disciple^ 
de Voltaire contre l'Eglise et ses ministres ! Mais fût-il dé- 

mZenVr" '"" """' '"" '"'"^^^Se, je ne me sentirais 
nullement dispose a trouver que c'est trop en songeant à ces 

combl'" 'T""' "°" ^"^°"^^^^^ ^-' "- '""es et no 
combats pour le triomphe du bien et de la vérité, et que 

tohgaudentes, çuon^am drgni habiti sunt pro nom.ujcsu 
coutumei^ajn patil C',,t le sentiment que j'éprouve et 

qu 11 a plu a Dieu reserver aux quelques années de mon 
épiscopat, qui sera nécessairement court vu l'âge avancé 
auquel j'étais arrivé quand il m'a fallu penche' la té e 
et me courber sous le joug et 'e fardeau. Néanmoins, 
c^urt quil puisse être, je croirai qu'il a été bien rempli 
s. je puis seulement emporter dans la tombe la coZl ! 
tior^ d avoir soustrait les brebis confiées à mes soins, aux 
dents meurtrières du loup ravissant, qui avait dep i si 
ongtemps reuss, à s'installer dans le bercail, et à s'y 
faire accepter comme le guide et le gardien du troupeau 
devenu assez faible et timide en sa présence pour écou 
sa VOIX plutôt que celle de son légitime pasteur !-Il fau 
en venté convenir, malgré tout ce qu'il peut y avoir de 
douloureux dans la réflexion, que c'est L. u„ peu la 




— 137 - 

Ma.s ,..^,e. pas „oi,e, Me..e:.t;'Src„îr t:^' 
que je regrette de partager les mépri, de Celui don. iTe' 

,u',-. «re .e^..e ^l; dt Lt/S^^Xr!:; 

bien de se/ouaillerr ' ™ ™' "'■ '°" """i' " 1" 
ouailles. Ceci cru e, ad^is s„„i,„,., ^^^^ .^_ 



V 









^■â 



'la- 



■]' 



. sJ 



i:;; 



■ail ufi! 










— 138 — 

poser silence à quelques prêtres d'un diocèse voisin, qui, 
ne comprenant rien aux motifs de ma conduite, l'ont 
ce])endant jugée et condamnée ! Ils ont eu la bonhomie 
de me croire coupable, parce que je suis accusé, sans 
tenir compte du caractère et des dispositions de mon 
accusateur ! ! Et pourtant, ils devraient le connaître aussi 
bien que nous : il n'a guère plus épargné leur troui)eau 
que le nôtre ! Mais Dieu reste juge entre leur prudence 
et la mienne. Quant à moi, je reconnais volontiers que je 
n'ai d'autres droits à exercer vis-à-vis ces prêtres, que 
celui de leur pardonner et de demande- à Dieu qu'il leur 
pardonne, s'ils ont le malheur d'être coupables à ses yeux ! 
Et puis, il m'est plus que facile de me consoler de ce 
blâme qui me vient de l'étranger, quand je suis sûr que 
tous les prêtres éclairés du diocèse de Saint-Hyacinthe 
jugent bien différemment, et que plusieurs d'entre eux 
expriment hautement le regret que le mal que j'ai entre- 
pris d'extirper, n'ait point été étouffé dès son origine, et 
que ce que je tente aujourd'hui, n'ait pas été fait il'y a 
déjà dix ans au moins, en vertu du principe qui, pour 
nous être venu des païens, n'en sera pas moins toujours 
d'une incontestable vérité : 

Principiis obsta : sero medicina paratur 
Cum mala per longas invaluere nioras. 

III 

Il est à proi)os, je crois, que je vous informe que j'ai 
dernièrement reçu du Préfet de la Propagande un docu- 
ment qui confirme dans tous ses détails le jugement que 
j'avais porté sur une affaire qui, tout en paraissant ne 
valoir guère la peine que je m'en occupasse, impliquait 
cependant un principe : or une affaire, si minime qu'elle 
soit, est toujours assez importante pour mériter qu'on s'en 
occupe, quand on ne peut la négliger qu'en sacrifiant un 
principe. 



— 139 — 

J'avais décidé qu'un prôtre auquel feu Mgr Prince accor- 
dait, en 1858, une pension d'un tiers sur les revenus déci- 
maux de sa paroisse dent il abandonnait la desserte ne 
devait ponn s'opposer à ce que le curé chargé de lui plyer 
cette pension, commençât par payer à l'Evêque le dixième 
auquel il a droit en vertu de l'induit de 1852 Le pen 
sionnaire, au lieu de se soumettre à cette décision, sans 
même daigner entrer en explication avec moi et me dire 
un mot de sa détermination, prit le parti de porter devant 
les tribunaux civils une question pour nous assurément 
bien purement et simplement canonique. Sans tarder un 
mstant, je fis déposer entre les mains de son avocat la 
somme qu'il réclamait, avec les frais de la poursuite • et 
je renvoya, l'affaire au tribunal de la Sacrée Congréga- 
tion de la Propagande. 

Je vous ai dit à la dernière retraite pastorale quelle 
avait été la décision de cet auguste tribunal, ajoutant 
quen conséquence de cette décision il ne restait plus à 
ce prêtre qu'à se soumettre, ou à exposer au Saint-Siège 
les raisons qu'il croirait avoir pour ne pas se soumettre 
au jugement porté par cette suprême autorité. Je vous 
exprimai en même temps l'opinion que j'aurais le droit 

d employer les censures pour le contraindre à faire soit 
l'une, soit l'autre chose. 

Ce prêtre que vous connaissez tous, et sur le compte 
duquel je veux absolument m'abstenir de toute réflexion 
me bornant à un exposé de faits que je crois être tenu' 
de mettre sous vos yeux à ra-'^on des circonstances, s'est 
consti^ué juge dans sa propre cause : et quoique je 
I eusse dûment notifié, par lettres dont il m'a accusé la 
réception, de ce qui avait été décidé à Rome, et averti 
quil eût à faire son devoir en conséquence, il n'a pas 
cesse de dire, dans des lettres qu'il m'a adressées, et dans 
des conversations qu'il a eues avec ses confrères, qu'il 
était plus que jamais déterminé à poursuivre civilement le 
mamtien de son prétendu droit; et je sais à n'en pouvoir 






r- ;a 



i 



M 



iM 









,!r 



il 





— 140 — 

douter qu'il aurait en effet intenté une seconde action au 
civil, si la conscience et l'honneur n'eussent dicté la 
réponse qu'il reçut du bureau auquel il s'était adressé 
avec une intention formelle et arrêtée de porter encore 
une fois son affaire si purement ecclésiastique devant un 
juge laïque. Je serais assurément heureux de pouvoir dé- 
couvrir quelque excuse pour un pareil mépris des princi- 
pes de l'ordre et de l'autorité dans l'Eglise. 
. ■^.^ "°'^ devoir vous dire ici qu'au point de vue du droit 
civil, j'ai consulté sur cette question des avocats des plus 
distingués du barreau de St-Hyacinthe, qui l'ont jugée 
exactement comme je l'avais jugée moi-même, c'est-à-dire 
qu'ils ont été nettement d'opinion que ces sortes de pen- 
sions ne reposant que sur le fait de l'autorité ecclésiastique, 
celle-ci a seule le droit de juger dans tout ce qui y tient, 
l'autorité civile n'ayant absolument rien à y voir ; et que' 
les Evêques du pays étant depuis 1852 en possession d'un 
induit qui leur donne droit d'exiger un dixième des reve- 
nus des curés ou missionnaires, il est hors de doute que 
les pensions d'un tiers, du moins celles constituées depuis 
cet induit, ne peuvent s'entendre que du tiers des revenus 
du bénéfice tels qu'ils se trouvent après le dixième payé à 
TEvêque. Si donc il a pu jusqu'ici y avoir quelque doute 
dans cette affaire ; s'il a même pu se trouver quelques 
prêtres poussés par le sentiment d'une prétendue charité à 
laquelle il manquait certainement d'être prudente pour 
être de bon aloi, qui ont cru pouvoir soutenir, ou du moins 
ne pas condamner l'attitude prise par ce prêtre ; il est 
certain qu'aujourd'hui l'on ferait une faute en persistant 
à vouloir se montrer le partisan de ses idées et de sa con- 
duite, vu que l'on est à même de savoir qu'après avoir 
méprisé le jugement de son Evêque, il ne se met nulle- 
ment en devoir de se conformer à celui du Saint-Siège 
qu'il ne peut prétexter ignorer. 

Je termine ce sujet en ajoutant que pour des raisons 
qu'il n'est point nécessaire de mentionner ici, je suis bien 



— 141 — 

.1 me suffit d avoir sauvegardé l'autonté et le droit de l'E- 
veque : le reste n'est rien. Je laisserai donc la conscience 
d ce prêtre porter devant Dieu la responsabilité de son 
fa.t, sans m occuper davantage, à moins toutefois que 

irca"s^n:r^"' -Wàsévir; cequedanstrs 
les cas je ne fera, que pour l'acquit d'un devoir, décidé 
a ne fournir à l'esprit de désobéissance aucun prétex e de 
revo te ou de scandale. Je désire de tout mon cœur n 
po.n achever de briser le roseau plié, et ne point éten- 
dre la mèche qu. fume encore. Permettez que j'ajoute 
que je suis si loin de n'être point disposé à user de ménl: 
gement envers le prêtre dont il est ici question, que je lui ai 
fait parvenir, vers le milieu du mois dernier, la copie d'un 
mdult que j'avais sollicité en sa faveur quoiqu'il lemVû" 
nullement prié de le faire, et qui lui accorde le privlge 
d un oratoire privé, dans lequel il pourra à l'avenir di^e 
la sainte messe, sans que ma conscience ait à s'en préoc- 

seÏÏ œ^ujet'™''''°" '^^ ^^^'' ''"' P°"^''' ^^ ''^"^"•"^■ 
Je crois que généralement l'on comprendra à quoi je 
fais ICI allusion : c'est qu'ayant étudié d'une manière spé- 
ciale la question des oratoires privés dans lesquels il soit 

^ Revd MBeauregard m'avait adressée en se retiLtl 
ministère, pour me prier de lui permettre d'ériger en sa 
demeure un oratoire de ce genre, je m'étais décidément 
convaincu que le Pape seul, depuis le Concile de Trente 
peut accorder le privilège de ces sortes d'oratoires. Ma 
conscience, formée d'après les décisions répétées de la 
Sacrée Congrégation du Concile, me contraignit d'infor- 
mer ce prêtre, qui m'avait mis dans la nécessité de le faire 
en m adressant une demande des plus extraordinaires, que 
non seulement il était hors de mon pouvoir de lui accor- 
der a faveur qu'il sollicitait (celle de garder le S. Sacre- 
ment dans son oratoire privé), mais qu'il devait considérer 






• i! 



1?'i*l 



■SI* 



iV" *. 



î l'' ..I 




— 142 - 

comme nulle et non 'avenue l'autorisation que je lui avais 
donnée de dire la mes.:e dans sa maison, vu que j'avais 
usé d'un pouvoir que je croyais avoir, mais que de fait je 
n'avais pas quand je lui avais conféré cette faveur. Ceux 
qui ont examiné la question, ont pu facilement se convain- 
cre que l'erreur dans laquelle j'étais tombé à ce ..ijet, 
était bien un peu excusable, puisque beaucoup d'aui,res 
l'avaient commise avant moi. Il n'y a cependant pas 
moyen de la soutenir, quand on pousse un peu les 
recherches. 

Je suis sûr que plusieurs d'entre vous me sauront gré 
de les avoir mis en pleine et entière possession de la 
vérité dans cette question ou affaire d'oratoire ! Car ici 
encore, il, est arrivé nue quelques prôtres m'ont jugé et 
condamné, sans se donner la peine de m'interroger et de 
m'entendre. Est-ce donc que la vieille ma.\\mQ, prœsitmp- 
tio stat pro siiperiore, ne serait plus aujourd'hui de mise, 
quand il s'agit du Supérieur Ecclésiastique? Et puis, 
est-ce que l'Evoque n'aurait pas droit au bénéfice du vieil 
adage, qui n'entend qu'une partie, n'entend rien; et que 
l'on ne serait pas tenu, aussi bien qu'envers tout autre, de 
lui garder une oreille pour l'entendre à son tour ? Mais 
je m'arrête, pour passer à une autre chose ; car je crains 
d'avoir l'air de vouloir faire des reproches ! Et pourtant 
il me semble qu'en vous écrivant, je suis bien loin de 
chercher à faire de la peine ! Je ne veux au contraire que 
faire du bien, et empêcher le mal ! Le grand mal que je 
crois avoir à combattre pour l'empêcher de se propager 
dans le diocèse, c'est le manque d'obéissance et de respect 
pour l'Evêque et le prêtre.— Aidez-moi à arriver à mo:. 
but! 

IV 

Je vous ai parlé, dans ma Circulaire du ler avril, et 
dans celle du 24 septembre dernier, du dixième que 'e 
Saint-Siège a donné droit à l'Evêque du diocèse de préle- 



'i 



-143- 

ver pendant dix ans sur les revenus des Fabriques. Je 
demeure maintenant convaincu que l'on a fini par être 
persuadé qu'il serait im])ossiblc de trouver moyen de met- 
tre l'Evoque en possession de cette faveur dont l'autorité 
souveraine du chef de l'Eglise 'ui a f^iit un droit réel. 

Le grand obstacle qui semble s'opposer au progrés et à 
la réalisation de cette mesure, vient, dit-on, de ce que les 
Fabriques sont généralement endettées. C'est ce que je 
n'ignore pas, Messieurs; et depuis que je suis Evêque 
j'ai eu bien des fois occasion de déplorer ce triste état de 
choses, qui attirait vivement l'attention des Evoques au 
dernier Concile, et sur lequel des réflexions furent faites 
qui, pour être sévères et à l'adresse des Curés et des 
Evoques eux-mêmes, n'en étaient pas moins fondées et 
exr.ctes. 

Je vous avouerai que, quoique je connusse bien en quel 
état sont les affaires des Fabriques, je ne .m'étais nulle- 
ment attendu qu'il y aurait en cela une difficulté insur- 
montable à l'application de l'induit, dans la presque tota- 
lité des paroisses ou missions du diocèse : je pourrais 
bien dire la totalité sans restriction, puisqu'il ne s'est 
trouvé que deux paroisses, celles de St-Jean-Baptiste de 
Roxton et de Ste-Marie de Monnoir, qui se soient occu- 
pées du devoir qu'elles avaient à remplir à ce sujet. Je 
leur offre' ici mes remerciements bien sincères pour leur 
acte de zèle et de bon vouloir. 

Puis donc que la chose est considérée par le très grand 
nombre d'entre vous comme d'une difficulté insurmonta- 
ble, il me faut bien, malgré ce cpie je vous disais en ma 
Lettre du 24 septembre, renoncer à l'exercice de mon droit 
à ce dixième, n'osant plus compter sur votre appui, 
sans lequel cette mesure ne pourrait évidemment avoir 
aucun succès. Il sera pourtant toujours bien juste que direc- 
tement ou indirectement les fidèles apportent leur contribu- 
tion au soutien de leur premier Pasteur, surtout quand il 
n'existe aucune fondation ni ressource spéciale pour lui as- 






m 



M'j: 






.,u 



èf '^r f 





— 144 — 

surcr l'honnOte traitement auquel il a un strict droit, tout 
comme ils doivent contribuer au soutien du prêtre chargé 
de veiller journellement à leurs besoins spirituels. Et 
c'est à raison de ce droit incontestable (^u'il existe depuis 
plusieurs siècles une loi toujours en Ibrce dans rp:glise, et 
mentionnée par tous les canonistes sous la désignation 
de JUS cathcdraticum, droit catliédratiquc, en vertu du- 
quel toutes les églises du diocèse sont tenues de payer 
à l'EvCque une redevance annuelle. Je vous ai dit un 
mot de ce droit dans ma Circulaire du i" avril, en vous 
rappelant qu'il est exercé par les Evéques des Etats-Unis, 
auxquels il fouri -t une importante ressource pour faire 
leurs œuvres et se supporter eux-mômes. L'Evéque de 
St-Hyacinthe a certainement autant et même plus de 
raisons que ceux des Etats-Unis de réclamer le bénéfice 
de ce droit. 

J'en suis aujourd'hui rendu à la détermination de ne 
plus insister sur mon droit de dixième, que je me propose 
de remettre aux mains du Saint-Siège, lors de mon voyage 
à Rome pour le Concile, en même temps que je présente- 
rai au Pape une supplique pour le jjrier de trouver bon 
que j'applique à touies les églises du diocèse la loi (|ui 
établit le droit cathcdratiquc, et de \ ouloir bien déter- 
miner la proportion de ses fonds quo chaque église devra 
payer annuellement à l'Evêque en vertu de ce droit. .Sans 
doute qiu- cette proportion sera bien au-dessous d'un 
dixième ; mais au lieu d'une taxe temporaire, elle établi- 
ra à l'Evêque une rente perpétuelle que la paroisse devra 
payer, si la Fabrique est trop endettée pour pouvoir le 
faire. Et ce sera une justice : car la plupart du temps, la 
Fabrique a été endettée parce que l'on a voulu épargner 
quelque impôt à la paroisse, en chargeant la Fabrique de 
dépenses que la paroisse eût dû supporter par des contri- 
butions directes, prélevées au moyen d'une répartition. 
Et en effet, que n'a-i-on pas fait ou voulu faire depuis 
quelques années en matière de réparations ou améliora- 




— 145 - 

tiens a,,x établissements ,.,roissiaux avec les deniers de 
K Hbr.quc, quelquefois mOme aux dépens des néce ité 
ou des convenances rigoureuses du ulte fait v 
ornements et du lin-a- d'T,,h.| a< """ '""^' '*" ^^^^■àcs 

i^tgi.feec;' Heureux encore quand l'intérieur de l'é.'lis.. ..^t 
Jans un état d'entretien et de propreté c n e' ' h e 
-a.sse.mo, vous rappeler .xi, Mossieuls et cher .H bor. 
tcurs que le temps n'est pas encore éloigné où 1 • "'et ri" 

ce, al Idée de détourner les fonds des églises de leur des 
."at.on canonique ! ! | Je me rappellerai toute nà v h 

i-^veque de Montréal, en me refusant une i.ermission nu'a- 
vec es,dées aujourd'hui répandues on ne se dZerait 
peu -être pas môme la peine de demander, tant o a 
porte a regarder comme un droit ce q e je so lie t" 
comme tme grâce I Et cela d'autant plus qu ne -1* 
sa. mdlement d'une ..nté personne» ' m^i'd'unëa X 
tZ:^T''''' '^''^'"^-• ^'-t pourtant bi, 

les 10^ Zill " "7 7-^' '•'"'^^ ^«"^ '' ^^l'l-« dans 
les lois de 1 Lghse : les b.ens des Fabriques sont toujours 

t do.vent toujours être traités comme chose appart.u 
'i D.eu, ;v. Deo sacra f Voyons si nous n'aurions 
contr,bue eu quelque chose à accoutumer le peuple à e 
ons.derer co„,me siens, et à s'en croire le mlîtri : D ! 
sodr d.dees et de principes, qui cause asse. souvent 
dans les paroisses les prétentions les plus bi/.arres, et les 
perturbations les plus déplorables. Travaillons Le 
prévaloir les vrais principes et les conséquences qui e 
découlent dans l'administration des Fabriques, e^bien- 
to tout sera convenable et à sa place dan,s l'église, aux 
autels et dans la sacristie; et si le cas arrive, l'on seïa 
encore en état de faire son devoir en payant à l'Evêque 
son droit cathédratique, quand il viendra le réclamer et 
une fois que l'exercice de ce droit aura été sanctionna et 
règle par la suprême autorité du < hef de l'Eglise il v 

10 ' 



«'Il 



i 



ï: 



146 ~ 




sera certainement attaché une obligation de consciepce à 
laquelle il sera probablement moins facile de se soustraire 
qu'à l'impôt du dixième, que l'on eût dû payer pendant 
dix ans. 

J'insiste d'autant plus fortement sur ce point, que je n'y 
mets aucun intérêt personnel. Car dans ce que j'ai fait 
aussi bien que dans ce que je médite, j'ai en vue mes suc- 
cesseurs et le bien du diocèse, et nullement moi-même ! 
Sans être riche, je pourrais absolument pourvoir à tous 
mes propres besoins ; et depuis que je suis Evêque, je crois 
n'avoir pas été beaucoup à charge à ce que l'on pourrait 
appeler, à défaut d'autre désignation, la mense épiscopale 
de St-Hyacinthe. En sortant de l'Evêché, j'ai formelle- 
ment averti Monsieur le Procureur de la mense que j'en- 
tendais bien ne pas lui demander un seul sou pour mon 
usage personnel, ni pour les dépenses et les personnes de 
ma maison, aussi longtemps que je demeurerai dans ma 
présente situation. Les revenus de la paroisse dont je 
me suis constitué le curé, seront d'abord employés aux 
frais de la desserte ; et cette dépense faite, je prendrai 
ce qui pourra rester. S'il ne reste rien, je n'aurai rien : 
si même il manque quelque chose, je l'ajouterai en le pre- 
nant sur mes petites ressources personnelles. 

Il est vrai que j'ai emporté de l'Evêché un certain mo- 
bilier, qui a garni en plus grande partie le presbytère que 
j'occupe. Mais j'ai eu soin d'en faire préparer un inven- 
taire bien exact, afin que le tout soit bien fidèlement 
remis à qui de droit, au jour où cesseront ma jouissance 
et mon usufruit. J'ai prescrit un pareil inventaire à Mon- 
sieur le Procureur pour tout ce qui est resté en sa 
possession et à son soin à l'Evêché. 

Vous serez, j'espère, contents et satisfaits de ces détails 
que je me fais un plaisir de vous donner, à raison du vif 
intérêt que vous avez toujours pris aux affaires de l'Evê- 
ché. Un peu de temps, une prière fervente et confiante 
en la Providence, une grande fidélité à apporter régulière- 



— 147 -- 

ment chaque année notre contribution au fonds destiné à 
éteindre la dette diocésaine, nous remettront en posses- 
sion de ces rapports si faciles et si commodes, j'ajouterai 
si vous voulez, si agréables, brisés par un concours de 
causes et de circonstances qui n'ont dépendu ni de vous 
m de moi, mais bien évidemment d'un arrôt de la sagesse 
et de la volonté divine ! Adorons, et soumettons-nous 
en attendant qu'il plaise à cette même sagesse et à cette 
même volonté toute -puissante suspendre c.t arrôt et 
accorder au diocèse de St-Hyacinthe un avenir plein de 
miséricorde et de bénédiction ! I 



Ce qui précède conduit bien naturellement à la ré- 
flexion que l'EvGque de St-Hyacinthe est et sera probable- 
ment longtemps encore réduit à attendre de la Providence 
les ressources nécessaires pour son pain efses besoins 
de chaque jour. Vous ne pouvez donc pas vous étonner 
SI je m'occupe avec détail de l'état des affaires financières' 
de ILvêche, et des moyens à prendre pour le relever de 
son naufrage, et remettre à flot la barque de son adminis- 
tration temporelle. Je désire que ce court préambule 
vous dispose à bien recevoir une suggestion dont la mise 
en pratique sauverait chaque année une somme d'à neu 
près cent dollars dans les dépenses du Secrétariat, si tous 
voulaient se faire un devoir de s'y conformer. Il s'agit 
des frais de poste, qui devraient bien naturellement, il me 
semble, ne pas peser sur le Secrétariat. La correspondance 
que Ion a avec l'Evêque ou le Secrétaire est généralement 
une correspondance d'affaires, et d'affaires qui regardent 
ceux qui écrivent et auxquels il faut répondre Aussi 
arrive-t-.l très rarement que l'on manque d'affranchir sa 
lettre. En vertu du principe qui fait ciue l'on n'oserait pas 
envoyer sa lettre sans l'avoir auparavant afl-ranchie il 
serait juste que l'on pourvût également à l'affranchisse- 
ment de la réponse que l'on demande ou que l'on attend 



il? r 

m 

■h-,r rr 



::Mj 



iiJ 



fr'i 



;'; ■■%'i 



11 



i 






I' 



1 


m 


m 


K" 


f '■■!•'■: 


i 


i A 



— 148 — 

Déjà plusieurs prôtres du diocèse ont senti cela ; et 
chaque fois qu'en écrivant ils attendent une réponse, ils 
ne manquent pas de déposer dans leurs lettres des tim- 
bres de poste destinés à affranchir cette réponse. C'est à 
cette louab'e pratique de plusieurs prêtres, qui est aussi 
celle de besucoup de laïques, que je dois l'idée qui m'est 
venue de vous prier de les imiter. Je crois vraiment qu'il 
suffira que je vous y aie fait penser, pour que vous com- 
preniez que ce ne serait qu'une justice. Et puis d'ailleurs 
n'est-ce pas que le fardeau serait bien léger à chacun ? 
tandis au contraire qu'il forme chaque année un item 
assez lourd dans nos dépenses de bureau ! Mais c'est un 
bien petit détail, direz-vous sans doute 1 et vous aurez 
raison ! Cependant je me flatte que vous l'accueillerez 
volontiers, vu les circonstances auxquelles il est dû. Il 
s'agit de préparer l'avenir, et de ne point laisser ceux qui 
viendront après nous exposés à des inconvénients comme 
ceux que nous avons à rencontrer ! Point de maison ni 
de fortune qui tiennent, sans ordre et sans économie dans 
les détails ! C'est un principe qu'il ferait bon ne jamais 
perdre de vue, soit en nos propres affaires, soit en celles 
que nous pouvons avoir à diriger pour les autres, pour 
nos Fabriques particulièrement. Et si faibles que puis- 
sent être nos ressources personnelles, ou celles de nos 
églises, nous trouverons encore le moyen de faire du bien ; 
et sinon de grandes, au moins beaucoup de petites œuvres, 
qui auront un mérite réel aux yeux de Dieu et des hom- 
mes. Un homme d'ordre dans les moindres détails n'est 
jamais en peine ; et jamais il n'y a besoin d'être inquiet 
à son sujet. Il arrivera certainement à son but ! Il fera 
le bien ! 

VI 

Et vous le savez, Messieurs et chers collaborateurs : 
du bien il y en a toujours à faire, dans l'ordre temporel 
aussi bien que dans l'ordre spirituel ! Et dans le cours de 



— 149 _ 

l'année dernière nous avons fait beaucoup de bien dans 
l'ordre temporel. Le diocèse, grâce à vous, s'est montré 
vraiment admirable dans ce qu'il a fait, malgré ses fai'oles 
ressources, pour les belles œuvres des Zouaves Pontifi- 
eaux, de la Propagation de la Foi, de la Sainte-Enfance, 
et des Orphelmats de l'Algérie ! ! Vous trouverez un 
compte rendu exact et fidèle de ces diverses œuvres à la 
suite de la présente Circulaire. 

L'on s'est montré si empressé et si zélé pour ces œu- 
vres, que dans la crainte d'être à charge je n'ai pas osé 
jusqu'ici faire appel à la bonne volonté et à la charité 
publique n faveur d'une autre œuvre pourtant bien 
divu toutes nos sympathies, et bien propre à les exci- 
' ^ ^'^^ •^e^" et magnifique le sentiment de com- 
passion qui a pénétré les cœurs de tous les catholiques 
du diocèse, à la peinture qui nous fut faite des maux et 
des souffrances de toute espèce qui pesaient sur ces mil- 
liers de pauvres petits orphelins arabes que" la foi avait 
entrepris de recueillir pour leur sauver la vie du corps et 
leur assurer la vie infiniment plus précieuse de l'âme, en 
les .aisant ses enfants!! Moins loin de nous. Messieurs 
et chers collaborateurs, nous savons qu'il se passe en 
ce moment un spectacle non moins touchant et propre 
a attendrir, dans lequel figurent des acteurs ou des victi- 
mes qui nous touchent peut-être de bien près ! Je veux 
parler de la famine qui sévit cette année dans les plaines 
de la Rivière-Rouge, comme elle sévissait l'an passé dans 
celles de l'Algérie. Et j'ai dit qu'il y a en scène des ac- 
teurs et des victimes! Les acteurs, c'est cet Evêque 
dévoué, enfant du Canada, distingué par tous les genres 
démérite; ce sont de zélés missionnaires et de saintes 
religieuses, vos parents, vos amis, ou vos connaissances, 
qui depuis des mois déjà se contentent chaque jour du 
pain de la ration, et qui s'en contenteront peut-être long- 
temps encore, pour le faire accepter à une population 
qui d elle-même n'eût jamais songé à la nécessité de s'y 



■' *i 



-îfi 



'Mil 

^ ! 1 







;r 




f: ■■ 


.11 r 


i 



— 150 — 

soumettre, et qui, sans cette mesure de prudence et de 
sagesse, efit été exposée à périr toute entière dans les 
horreurs de la faim, ou la rage du désespoir. Ce sont là 
les victimes qui figurent au spectacle dont je vous parle, 
et que j'ai voulu tout à l'heure désigner ! 

Vous me comprenez. Messieurs, quoique j'ose à peine 
le dire : je désirerais que l'on fît quelque chose dans le 
diocèse pour témoigner au digne Evoque, peut-être au- 
jourd'hui Archevêque d , St-Boniface, à ses missionnaires, 
à ses religieuses, qv- nous ne sommes point indifférents 
à la lutte d'héroïque charité qu'ils soutiennent avec tant 
d'énergie et de grandeur d'âme contre les envahissements 
de l'affreuse disette qui les menace eux-mêmes, mais qui 
menace surtout leur chère population, unique objet de 
toutes leurs préoccupations et de tous leurs dévouements ! 
Une quête dans touter les églises et chapelles du diocèse, 
annoncée le dimanche après la réception de cette Lettre 
pour être faite le dimanche qui suivra l'annonce, voilà 
tout ce que je demande : une offrande libre et de bonne 
volonté ! ! Et malgré la dureté et la misère des temps, je 
me flatte que votre parole, échauffée par le feu de la cha- 
rité, saura assez exciter la compassion de notre bon peu- 
ple, toujours si sensible aux malheurs et aux maux de ses 
semblables, pour que notre aumône soit encore cette fois 
proportionnée à nos moyens, malheureusement bien limi- 
tés, surtout à cette saison de l'année ! Mais enfin, vous 
m'avez compris : une offrande libre et de bonne volonté, 
voilà tout ce que je demande. Et si modique qu'elle 
puisse être, nos frères de la Rivière-Rouge, heureux de 
la manifestation de notre sympatJiie, prieront pour nous, 
et nous béniront ! 

Vous ferez parvenir le montant de votre quête à Mon- 
sieur le Chancelier du diocèse aussitôt que vous l'aurez 
en mains. 

C'est bien naturellement ici le lieu de m'acquitter d'un 
■engagement pris auprès de Sa Grandeur Mgr l'Evêque 



— 151 — 

de Montréal, qui m'écrivait A la fin de décembre au 
sujet de quelques sourds-muets du diocèse, envoyés dans 
les institutions de Montréal, et spécialement dans l'insti- 
tution de garçons du Coteau St-Louis, dont le direc- 
teur était allé trouver Sa Grandeur pour lui faire connaî- 
tre que les pensions de plusieurs de ces pauvres malheu- 
reux n'avaient point été payées. Vous n'ignorez pas que 
ces institutions sont des fondations particulières," dues à 
l'esprit de foi et au zélé du salut des âmes ; qu'elles n'ont 
aucune dotation, et qu'elles dépendent entièrement du 
prix bien modique de la pension que l'on fait payer à 
ceux qui en ont le moyen, et des soins et des secours de 
la Providence, qui fournit au moyen de la charité publi- 
que le supplément nécessaire à l'insuffisance de ces pen- 
sions, pour le soutien de ces belles œuvres, qui ont pour 
but de rendre à la possession de leur intelligence les infor- 
tunés auxquels un vice d'organe en enlève complètement 
l'usage. Vous êtes au courant des résultats prodigieux 
enfantés par les méthodes et le tra\'ail persévérant des 
écoles de sourds-muets, aujourd'hui répandues partout 
dans le monde, et dont la création est sortie de la chari- 
té sacerdotale. Pour les susciter, il a fallu le désir vif et 
ardent du cœur d'un saint prêtre, qui s'ingéniait à trouver 
le moyen de faire connaître et aimer Dieu par le nombre 
d'âmes, considérable dans le monde, privées de ce bon- 
heur faute de pouvoir entendre les divins 'enseignements 
de la doctrine révélée. Fides ex auditu, est un aphorisme 
de la théologie du grand Apôtre, et souvent l'ouïe man- 
que à quelque créature de nos semblables, destinée comme 
nous à la possession de la vérité dans le temps aussi bien 
que dans l'éternité. La patience chrétienne et énergique 
du célèbre abbé de L'Epée a tiiomphé de cet écart de la 
nature, et trouvé le moyen de remplacer l'ouïe et de ren- 
dre sans son secours l'essor à l'intelligence du sourd-muet, 
qui, grâce à son système, peut maintenant s'élever jusqu'à 
Dieu, et contempler avec amour les mystères de la révé- 
lation ! 



m.- 

.l' r 

'i- ■ ; 

lif ; ■■ ' , 



|!,M 



if 



: Il 

■i'ji 

A J 
' 1 1 



• . 3 



152 




Le diocèFe n'a pas les ressources nécessaires pour 
s'assurer l'avantage de posséder une de ces précieuses 
institutions. Mais puisqu'il lui est donné de pouvoir faire 
partager les bienfaits de celles du diocèse de Montréal à 
nos infortunés sourds-muets, il n'est que juste de songer 
à faire en sorte que ceux qui y sont admis, ne leur soient 
point à charge. Je prie en conséquence les curés des 
paroisses d'où quelque sourd-muet serait parti pour aller 
recevoir l'instruction soit c....s l'une, soit dans l'autre 
des institutions du diocèse de Montréal, de voir si la 
pension de ceux qui y sont allés a été payée, et si elle ne 
l'a pas été, et que les parents soient trop pauvres pour le 
faire, d'intéresser la charité de la paroisse à l'acquit de 
cette dette, en prenant pour cela tel moyen qu'il leur 
plaira. Pour l'avenir, autant que la chose pourra dépen- 
dre de lui, chaque curé devra voir à ce qu'avant d'en- 
voyer aucun sourd-muet dans ces institutions, il ait été 
sûrement pourvu au moyen de défrayer ses dépenses. 

J'acquitte par cette recommandation la promesse que 
j'avais faite au vénérable Evêque de Montréal, d'attirer 
votre attention sur ce sujet, qui intéresse à L fois la jus- 
tice et la charité. Je crois qu'il suffit de vous avoir signa- 
lé la chose, pour que vous vous fassiez un devoir de vous 
en occuper, autant que les circonstances rendront votre 
intervention utile ou nécessaire. 




VII 

Je crois qu'il est de mon devoir de vous rappeler que le 
Code civil a réglé avec détail tout ce qui tient aux formu- 
les à suivre pour les actes de baptêmes, de mariages et 
de sépultures, que nous pouvons être appelés, par devoir 
ou par circonstance, à inscrire dans les registres de 
paroisse, qui sont en notre pays les registres de l'état 
civil, destinés à constater tout ce tju'il importe de cons- 
tater pour satisfaire aux besoins et aux exigences de la 
loi relativement à la naissance, au mariage, ou à la sépul- 



i: ' 



— 163 — 

ture des individus. Il me serait inutile d'ajouter ce que 
vous savez aussi bien que moi : que la charge de tenir 
ces registres comporte une bien grave responsabilité, 
tant envers l'Eglise qu'envers la société, puisque les plus 
grands intérêts de l'une et de l'autre reposent sur les 
faits qui y sont consignés, et qu'ils sont destinés à authen- 
tiquer. 

J'ose me flatter qu'en cas d'enquête ou d'examen de la 
part de l'autorité ecclésiastique ou civile, le soin et la dili- 
gence que vous apporterez à la tenue des registres en 
question, qui sont spécialement à la charge de Messieurs 
les curés et de leurs vicaires, défieraient toute critique, 
et ne laisseraient aucun lieu au blâme ou à la censure. 
Malgré cette conviction, je me permettrai de vous recom- 
mander d'être aussi soigneux et particuliers que possible 
pour tout ce qui tient aux formules, et à la date des actes,' 
et aux noms et prénoms, mais surtout aux noms que vous 
avez à y inscrire. Que de noms propres de famille l'on a 
souvent altérés, estropiés, ou corrompus, et quelquefois 
entièrement changés faute d'avoir pris assez de soin et de 
précaution pour ne point s'exposer à un si grand incon- 
vénient ! ! C'est surtout le jeune prêtre qui entre dans 
1 exercice du ministère quia besoin d'être en cela extrê- 
mement particulier. Il sort du collège ou du séminaire 
ou 11 a bien pu apprendre à connaître exactement les noms 
historiques : l'expérience seule pourra lui apprendre le 
véritable nom des familles du pays. Et comme cette ex- 
périence lui manque encore à peu près complètement, en 
attendant qu'il l'ait acquise, il devra dans !e doute se faire 
un devoir d'interroger ceux dont il pourra tirer des infor- 
mations exactes sur le sujet, et avant tout autre Monsieur 
le curé, surtout quand-déjà il est un peu ancien dans sa 
paroisse. 

Pour ce qui est des formules, pour quelques centins 
Ion peut aujourd'hui se procurer des modèles imprimés, 
rédigés par des hommes spéciaux ; de telle sorte qu'en 



'■"■•1 i' 



; 'il 



.■il 



'M 



I 




* " 




— 154 — 

s'y conformant on est parfaitement sfir de n'avoir manqué 
en rien à la loi, soit ecclésiastique, soit civile. Il ne faut 
point hésiter à s'imposer le travail de changer la formule 
à laquelle on est habitué, ni môme de l'allonger i^lus ou 
moins, s'il est nécessaire de le faire pour bien remplir la 
mission que nous ont i .nfiée l'Eglise et l'Etat, en nous 
chargeant de la tenue des registres. J'ai l'espoir que ces 
recommandations, qui ont en vérité un peu nature de 
commandement, ne seront point mises en oubli, et que 
l'on se fera un devoir rigoureux de les suivre en toute 
chose. J'allais oublier de dire qu'il faut de régie ordinai- 
re dresser sur-le-champ, quand il n'est pas absolument 
impossible de le faire, l'acte du baptême, du mariage, ou 
de la sépulture que l'on vient de faire, aujourd'hui surtout 
qu'il y a tant de personnes qui savent écrire. Et qui ne 
sait qu'il est requis par la loi que tous ceux qui peuvent 
signer, signent aux deux registres l'acte dans lequel leur 
nom fig\ire à quelque titre que ce puisse être ? 

J'enjoins à Messieurs les curés qui veulent bien se- 
charger de tenir les comptes de leur Fabrique, et il est 
désirable qu'autant que possible ils se chargent de les te- 
nir, de suivre la méthode tracée dans l'Appendice au 
Rituel ; de ne pas manquer de faire la dépense de deux 
livres convenables, l'un pour servir de journal, l'autre de 
grand-livre, pour y faire régulièrement les entrées selon 
les modèles donnés dans l'Appendice. Des feuilles volan- 
tes ou détachées ne sauraient dans aucun cas convenir 
pour faire ces entrées. En se conformant à cette injonc- 
tion, l'on sera certain d'avoir des comptes parfaitement 
en ordre ; et un instant suffira toujours pour dresser un 
état d'affaires clair, et satisfaisant pour soi-même ou pour 
toute personne à qui l'on pourrait' avoir à le fournir. Je 
vous prie de croire que ce n'est pas sans quelque bonne 
rai- n que je vous fais ici une recommandation toute par- 
ticulière sur ce sujet, qui est assurément pour nous d'un 
bien grand intérêt. 



i 



— 155 — 



Quand ce n'est pas Monsieur le curé qui tient les comp- 
tes de la Fal^rique, il doit se faire un devoir de veiller ;i 
ce que celui qui en est chargé, soit attentif à bien remplir 
son devoir, et à suivre, lui aussi, la méthode donnée dans 
rA])pendice, et que les Supérieurs Ecclésiastiques ont 
fait i)lacer à côté des prescriptions quasi-liturgiques, pour 
manifester bien clairement le désir arrêté, si l'on ne peut 
pas dire la volonté déterminée qu'il y a chez eux, de 
voir régner l'ordre et l'uniformité dans tout ce qui de près 
ou de loin tient à l'Eglise et à ses institutions. 

Une faute grave, qui s'est commise dans quelques Fa- 
briques, serait de nommer ce que l'on a appelé des audi- 
teurs de comptes chargés de voir et reviser les comptes 
des marguilliers, et de consigner leur rapport dans les 
livres de comptes ou de délibérations de la Fabrique. La 
loi, tant ecclésiastique que civile, ne reconnaît point d'au- 
tres auditeurs ou examinateurs des comptes de Fabriques 
que les Evoques, auxquels elle confère les plus amples 
pouvoirs en cette matière. Ce serait donc une usurpation 
des droits de l'autorité ecclésiastique, un attentat coupa- 
ble aux yeux de l'Eglise et de la loi du pays, que de se 
permettre de nommer des auditeurs de comptes comme je 
l'ai dit tout à l'heure. Personne n'oubliera, j'espère, ce 
que je dis ici dans le but d'empêcher que cette faute ne 
soit commise à l'avenir. Un curé qui souffrirait un pareil 
abus sans s'y opposer bien fonnellement, s'exposerait à 
un blâme des plus sévères comme des plus mérités. J'ai 
bien la confiance que cette dangereuse innovation, jusqu'à 
nos jours inconnue dans l'administration de nos Fabri- 
ques, ne sera plus pratiquée nulle part dans le diocèse. 
Et à propos d'innovation dans les Fabriques, je me fais 
un devoir de vous recommander d'une manière bien spé- 
ciale d'éviter tout changement, toute innovation dans ce 
qui tient aux usages et coutumes de Fabrique ou de pa- 
roisse. 
Le précieux jugement rendu à l'unanimité par la Cour 



If 










Il 




— 156 — 

d'ApiJcl, dans une cause concernant deux paroissiens de 
Ste-Anne de Varennes, qui se disputaient la fonction de 
marguiiiier, à la(juelle tout, deux prétendaient avoir été 
élus, et que l'on a n^éré clans le Recueil des Ordonnances 
diocésaines de Québec, à la fin du volume, a consacré 
un principe qui rendra comme impossibles les querelles 
et procès de Fabrique, si 1 un est attentif à le mettre 
fidèlement en pratique ; à savoir, " qu'en l'absence de loi 
" positive, l'usage, non seulement général, mais particu- 
" lier à chaque Fabrique, est considéré comme faisant loi 
" et cela jusque dans les détails les plus secondaires j et 
" qu'en conséquence tel usage doit être maintenu par les 
" tribunaux civils appelés à juger." Il suffit de lire atten- 
tivement cet important jugement, pour en saisir toute la 
valeur, et pour comprendre qu'il a été dicté par une sa- 
gesse profonde, qui du coup visait à bannir pour toujours 
de nos affaires de Fabrique et de nos sacristies l'esprit de 
querelle et de division qui commençait malheureusement 
à s'y introduire. Permettez que je vous le répète, Mes- 
sieurs et chers collaborateurs, tant la chose est impor- 
tante à mes yeux : étudiez-vous à bien connaître les usa- 
ges de vos Fabriques et de vos paroisses ; suivez-les jus- 
qu'à un iota ! et soyez certains qu'après cela, l'on ne 
réussira jamais à vous jeter dans le trouble ou l'embarras, 
quand même on oserait vous susciter quelque mauvaise 
querelle, ou quelque mauvais procès. 

Dans les paroisses nouvelles où l'on ne peut pas encore 
parler de coutumes et d'usages, il importe beaucoup que 
les curés adoptent ce qu'il peut y avoir de mieux dans 
les usages ordinaires des anciennes paroisses qui ont 
la réputation d'avoir été toujours bien conduites et bien 
gouvernées, pour les introduire et les établir avec le temps 
dans ces nouvelles paroisses. Le moyen d'arriver à ce 
but, c'est de ne jamais varier dans ses manières de faire, 
soit qu'il s'agisse de convocation, de présidence, de tenue 
des assemblées de Fabrique, d'élection de marguilliers, 




— 167- 



de modo d'y i)rocéder et d'y prendre ou recueillir les vo- 
tes ou suffrages ; de préparation à la reddition des comp- 
tes, de la reddition môme des comptes ; et enfin, de dé- 
tails administratifs de quelque espèce que ce soit ; en 
tout et partout, appliquons-nous soigneusement à conser- 
ver les usages et les coutumes consacrés par le temps ; ou 
à établir les usages et les coutumes les plus propres à as- 
surer le bon gouvernement de la Fabrique et de la parois- 
se, si nous sommes dans des lieux où il n'existe encore ni 
usages ni coutumes. S'il est une matière où l'on doive 
consulter l'Kvêque, quand il peut y avoir dou>e ou incer- 
titude, c'esi celle des usages et coutimies. As;ez sur ce 
sujet, quelque imjjortant qu'il soit. Abordon::-en un autre, 
qui n'est peut-être pas moins digne de notre att'jntion. 

VIII 

L'apôtre saint Paul a proclamé dans sa première Epître 
aux Corinthiens une maxime à laquelle il semblerait que 
l'Eglise s'est toujours inspirée pour régler tout ce qui 
tient au culte pul)lic : Omnia lione fc et secundtun ordinem 
fiant [I Cor., 14,40]. Que parmi vous tout ce qui a rap- 
port aux choses de Dieu, se fasse avec convenance et avec 
ordre I De là le soin si particulier avec lequel elle veille 
à tous les détails qui y ont un rapport plus ou moin.-, im- 
médiat, et le zèle que toujours elle a déployé en cette 
matière, et qui l'a portée à instituer ce tribunal siégeant 
en permanence, revêtu de toute l'autorité du Souverain 
Pontife, chargé de régler tou.es les questions, de lever 
tous les doutes, de trancher toutes les difficultés qui peu- 
vent surgir dans l'exécution (.'t la mise en pratique des 
lois et des règles qu'elle a tracées pour le fonctionnement 
de sa liturgie, pour l'adminis .ration de ses sacrements, 
et pour la sainte fonction du ministère des autels : j'ai 
nommé la vénérable Congrégation des Rites. 

Il est certain que depuis quelques années l'on a généra- 
lement mieux compris que jamais, que rien ne doit être 



%. 



m 



>.' 



% 



■■y\ 






': -f 1 





ift f 



i ■; 



:'€■! 



— 168 — 

laissé rt l'arbitraire de tout ce (jui appartient au culte 
divin ; et que du moment qu'il existe en quelque chose 
que ce soit, une loi ou une régie, il ne peut être facultatif 
à personne d'observer ou de négliger à son gré cette loi 
ou cette règle. Il y a dans notre |)ays accord partait sur 
ce principe, que j'embrasse moi-même sans restriction, 
admettant volontiers qu'il est réservé au tribunal susdit 
de la Sacrée Congrégation des Rites, d prononcer sur 
les raisons et sur les causes qui pourraient quelquefois 
dispenser de l'observation de ce (jui est véritablement loi 
ou régie. Mais de là à conclure que sous prétexte de 
changements à faire pour rentrer dans les limites de la loi 
ou de la régie, ou d'introduire les usages de Rome, il 
puisse être permis à quelques particuliers, un jour surpris 
par un zèle plus ardent qu'éclairé pour la beauté de la 
maison du Seigneur, de faire main basse sur des coutumes 
ou usages qu'aucune loi ou règle liturgique ne condamne, 
et sur les(iuels la Congrégation des Rites ne s'est en 
aucune façon prononcée, il y a la distance de tout un 
monde ! Et c'est pour cela que je me sens pris d'un véri- 
table regret, que dans quelques églises du 'liocèse l'on se 
soit aventuré dans des innovations que rien ne comman- 
dait, pas même la manifestation d'une volonté ou d'un 
désir de la part de l'Evoque, à qui personne n'oserait ici 
contester le droit d'initiative ; et qui même, croyant de 
son devoir d'abolir quelque coutume ou usage dont la 
suppression pourrait être remarquée par les fidèles, et leur 
causer quelque surprise ou étonnement, devrait, avant de 
procéder, leur faire connaître d'une manière authentique 
et solennelle que tel changement va être fait par son 
ordre, et qu'il y a pour lui obligation de le prescrire. Il 
me semble qu'il serait assez difficile d'opposer quelque 
chose de plausible à l'opinion que j'émets ici en passant, 
dans la matière des coutumes et usages, dont je prétends 
qu'il est réservé à l'Evêque de s'occuper pour savoir s'il 



-169 — 



faut les supprimer ou les conserver. Dans le doute, c'est 
la Congrégation des Rites qui doit décider t 

Que l'on me comprenne bien : je ne prétends pas qu'en 
toute chose nous fussions, et (ju'à l'heure qu'il est, nous 
soyons encore en hannonie i nrfaite avec toutes les lois ou 
règles liturgiques; et q ■.. nos ui.''f;es étant tous louables, 
il n'y en avait aucun à mmoler : ; ne veux pas dire cela ; 
je ne le dis pas ! Ce q' e j ■ veux -J/e, c'est qu'il me paraît 
fâcheux et regrettable q"' l'on a' eu l'air d'oublier que 
les anciens Kvêques de : U'Mc, qui ont doté le pays 
d'une si belle discipline, et qui eurent certainement l'in- 
tention et la volonté de le doter en môme temps d'une 
liturgie véritablement romaine, n'avaient pas pu tellement 
se tromper et s'écarter de la vérité, que pour nous trouver 
dans le vrai, il fallût refaire tout ce qu'ils avaient fait. Je 
pense donc qu'il serait temps que ceux-là se désabusassent 
qui dans notre diocèse ont cru qu'il n'y avait rien à con- 
server dans nos anciennes formes liturgiques et cérémo- 
niales. Il y avait au contraire peu à changer au culte 
public pour nous trouver en possession d'un rite vérita- 
blement romain. Et pour opérer les changements qu'il 
pouvait y avoir à faire, il n'était nullement nécessaire de 
partir d'un principe que Rome n'a jamais cherché à faire 
prévaloir, à savoir : que pour suivre le Rite romain, // 
faut /aire tout comme d Rome. Rome, à côte d la loi ou 
règle liturgique, a quelques coutumes, quekpies usages 
qui lui sont propres, et que son génie d'uniformité, né de 
l'immutabilité de sa doctrme, la porte nécessairement à 
conserver, mais qu'elle ne songe point à imposer aux 
autres églises, pas même à celles qui semblent le plus 
désirer être dans une harmonie liturgique parfaite avec 
cette auguste Mère et maîtresse des églises de tout l'uni- 
vers ! De là vient qu'un personnage des plus distingués, 
occupant à Rome une position à revêtir sa parole d'un 
poids et d'une autorité plus qu'ordinaire, disait il n'y a pas 
longtemps encore, en parlant de la question môme dont 



''m 






1^^ 






Il 






— 160 — 

nous nous entretenons : "mais, c'est s'exposer à se trom- 
per et a s'embarrasser beaucoup, que de poser en prin- 
^^' cipe qu'en dehors de Rome, il faille faire tout comme à 
Rome!" Et quand je dis que Rome a quelques cou- 
tumes, quelques usages qui lui sont propres, je serais bien 
pemé que l'on allât croire que je veux faire entendre par 
k, que les lois ou règles liturgiques y sont mises en oubli. 
Ce serait me faire dire juste le contraire de mes convic- 
tions ! J'ai été à Rome, et j'en suis revenu bien convaincu 
que non seulement on y connaît à la perfection, mais que 
de plus on y suit avec une fidélité exemplaire les lois 
et les régies liturgiques et cérémoniales dans toutes 
les parties du culte religieux ; et si quelquefois il en est 
autrement, c'est que partout les hommes sont les hommes, 
plus ou moins exposés à être entraînés hors de la voie par 
la faiblesse, par l'ignorance ou par la négligence, et qu'à 
Rome on est peccable comme ailleurs ! Oui, à Rome on 
veut la loi, la règle ! Mais après cela, on est bien loin 
detre sévère vis-à-vis un usage qui n'est point abusif ou 
grossier, ou qm se borne à subsister à côté de la règle ou 
de la loi, sans avoir pour tendance de la corrompre ou de 
la détruire. Et pourrait-il en être autrement avec l'esprit 
de Rome si essentiellement conservateur? Je ne crains 
point de le dire : si parmi nous l'étude et l'application des 
l^rincipes eussent été faites selon cet esprit et dirigées 
vers le but louable de ramener à la règle tout ce qui y 
était opposé, ou pouvait lui ôter son sens et sa signifi- 
cation, sans donner dans l'exagération de croire que tout 
devait être remis en question et que l'on ne serait à la 
règle que quan-' on aurait tout changé, l'on n'aurait point à 
déplorer la bigarrure rien moins que belle dans les céré- 
monies du culte, que l'on remarque aujourd'hui en passant 
dune église à l'autre dans la province de Québec, où 
•egnait autrefois sous ce rapport une régularité uniforme, 
ne manquant point de dignité et de grâce, établie ,,ar la 
vigilance et sous la direction des premiers pasteurs, dont 



!'■' I 



161 — 



la sollicitude à ce sujet avait été jusqu'à publier un petit 
traité de cérémonies qu'ils avaieu!, rendues aussi romaines 
que possible. 11 n'y était toutefois question que des céré- 
monies à suivre dans les petites églises, ou églises ; irois- 
siales ordinaires. L'on n'ignorait pas que la suprême 
autorité de l'Eglise avait rédigé le Cérémonial des Evoques 
pour les cathédrales et les collégiales, où il est de rigueur 
d'en suivre les enseignements et les prescriptions. 

Le jour viendra, j'espère, où l'on verra renaître cette 
uniformité si désirable et si conforme à tous les vœux de 
l'Eglise ! Mais ce ne sera pas assurément tant qu'il y aura 
en présence deux opinions extrêmes, dont l'une se refuse 
à tout changement et à toute réforme, sous prétexte 
d'usage et de coutume, sans vouloir même se donner la 
peine d'examiner s'il n'existe pas une loi, une règle, ou 
une décision de la Congrégation des Rites qui condamne 
la coutume ou l'usage que l'on veut maintenir. C'est là 
véritablement une de ces extrémités vicieuses, opposée 
aux saines notions sur les principes liturgiques, et que 
condamne même le vieux proverbe connu de tout le 
monde : in medio stat virtus, cum extrema sint vitiosa. 
L'autre opinion extrême, qui riiet obstacle au retour à 
l'uniformité, et qui me paraît aussi opposée que la pre- 
mière aux véritables notions liturgiques, et au proverbe 
plein de sens et de sagesse que je viens de citer, est celle 
de ceux qui semblent avoir pris à tâche de tout changer 
et de tout refaire dans nos sacristies et dans nos chœurs, 
sous prétexte que l'on a pour soi l'opinion de tel auteur, 
et qu'il faut faire main basse sur des usages ou coutumes 
qu'aucune loi ni règle, ni aucune décision de la Congré- 
gation des Rites ne condamne, afin de leur substituer ce 
que l'on veut bien appeler les usages de Rome, mais dont 
Rome, quand même il serait vrai de dire que ce sont réelle- 
ment ses usages, ne fait certainement une obligation à per- 
sonne en dehors de son enceinte. Permettez que je vous 
cite quelques-uns des changements amenés par cette exa- 
T. m 11 



U,' ' 






•4 ■ 

r rf 



iiJ* 


















; i: 







— 162 — 

gération d'idées, cetf- extrémité d'opinion, que l'on a faits 
sans aucune nécessité, et que l'on ne saurait vouloir sou- 
tenir sans apporter un obstacle insurmontable au retour 
à l'uniformité. Commençons par le surplis, pour passer 
ensuite à quelques autres points de détail. 

On a prétendu, dit-on, nous donner le surplis romain 
sous le nom de cotta ! Mais que l'on ouvre les Institutions 
liturgiques de Fornici, livre précieux qui a fait longtemps, 
et qui fait encore, je crois, la base de l'enseignement litur- 
gique dans le sémina-e de Rome, et l'on verra qu'en 
Italie cotta ne signifie point une espèce de surplis parti- 
culier, mais bien simplement le surplis ordinaire. Quant 
à un sur*>lis romain, c'est-à-dire particulier à Rome, je 
serais heureux que quelqu'un m'indiquât le liturgiste qui 
en fait mention. Ce que je crois savoir bien certainement 
c'est que les Pères de l'un des conciles provinciaux de 
Baltimore, ayant fait un décret pour prescrire l'usage du 
surplis romain, en revisant ce décret à la Congrégation 
des Rues l'on fit l'observation que Rome n'avait point un 
surplis particulier. Pour être bien convaincu qu'il en est 
ainsi, il suffit de lire ce que l'auteur que je viens de citer 
dit de la forme du surplis, dont il ne fait nullement la 
description d'après l'usage de Rome, mais bien d'après 
l'usage général de l'Eglise, qu'il établit en s'appuyant sur 
les canons de quelques conciles provinciaux, évidemment 
faits pour consacrer et conserver cet usage. Après avoir 
cité ces canons, il fait la réflexion suivante, qui a bien 
naturellement ici sa place : " Mais beaucoup d'ecclésias- 
^' tiques ne réduisent pas ces lois en pratique, ne se con- 
' f'Tment pas à cette louable discijjline de l'Eglise I En 
" raccourcissant trop le surplis, on lui fait perdre aux 
" yeux des fidèles ses mystérieuses significations : on perd 
" la gravité, premier ornement des clercs.'' 

Il ne faudrait pas croire qu'en citant Fornici, je veuille 
que l'on recule au moyen âge, puisque cet auteur, mort en 
1828, a éié le contemporain de plusieurs d'';ntre nous. Et 






— 163 — 

pais Clavanti et Catalani, jjour avoir vécu le premier au 
17', et le second au 18' siècle, n'en sont pas moins encore 
partout dans l'Eglise, considérés comme des autorités du 
plus grand poids dans les m;''ières et les questions litur- 
giques. Il n'y a qu'à examine, ce qu'ils disent du surplis, 
de^ sa matière et de sa forme, et voir en môme temps ce 
qu'en a dit saint Charles Borromée, pour demeurer bien 
convaincu que notre ancien surplis était beaucoup plus 
conforme aux règles et à l'esprit de la liturgie, que celui 
par lequel plusieurs curés ou prêtres du diocèse se sont 
cru permis de le remplacer. Evidemment, le vrai surplis 
doit être un vêtement ample, à larges manches s'étendant 
jusqu'à la main, comme la manche de l'aube et du rochet : 
Superpellicaim manicis ita ob/o/igis, ut crispatœ usque ad 

digitos siimmos pcrtingant /// ipso ore potiiis forma 

sit rotunda quam quadrata; a pcdore nullo modo scissum 
aut dissectum; longe ducat ur in/ra ge?iua,/erc ad média 
crura, etc., etc. Pour moins nous étonner de cette descrip- 
tion du surplis, rappelons-nous que, pendant longtemps, 
les cJercs et tous les membres du clergé qui n'exerçaient 
point de fonction à l'autel, n'avaient point d'autre habit de 
chœur que l'aube : et ce fut quand on voulut plus tard 
porter sous l'aube des robes fourrées de peaux, pour se 
garantir du froid, qu'on lui donaa les larges manches qui 
lui sont aujourd'hui particulières, et qu'il prit son nom de 
superpelliceum ou tunica superpelliciùiis, habit que l'on 
met par-dessus la fourrure. Dans la suite, pour plus de 
commodité, il devint de pratique générale de raccourcir 
ces tuniques ou habits, qui à l'origine descendaient comme 
l'aube jusqu'aux talons. Il ne peut donc y avoir le moindre 
doute que le surplis ne constitue pour les ecclésiastiques 
qui sont appelés à s'en revêtir, un ornen-ent destiné à 
leur rappeler, et à rappeler en même temps aux fidèles, 
qu'ils ne sont plus à eux-mêmes ni au monde, mais qu'ils 
ont choisi pour leur unique partage le Seigneur et ses 
autels ! C'est pour cela que l'homme, dépouillé môme 






' '• L 






) ' 








— 164 — 

d'au moins une grande partie de ses cheveux, semblait 
autr ois disparaître tout entier sous le vaste et long habit 
dont le r-vêtait l'Evoque en l'introduisant clans le sanc- 
ti aire, -^t dont la blancheur devait être le symbole de la 
pureté de sa vie et de ses mœurs de lévite ! Il n'y aurait 
assurément pas moyen de contester l'exactitude de ces 
notions sur le surplis, pas pins que l'on ne pourrait con- 
tester l'exactitude de la signification que je viens de lui 
attribuer. 

Admettant que ces notions et ces idées sur le surplis 
sont exactes, comment ne pas voir avec peine que sans 
même consulter TEvêque, on se soit permis d'introduire 
dans plusieurs églises du diocèse un surplis de forme si 
peu tolérable, qui descend à peine jusqu'aux reins, qui 
ne couvre m le cou ni les épaules de celui qui en est 
revêtu, et auquel une ganse qui en relève les manches 
jusqu'à l'origine des bras, achève d'enlever toute grâce et 
toute gravité? Comme il est loin de paraître avec dignité 
le prêtre revêtu de ce surplis, dans sa stalle au chœur, ou 
a la banquette, paré de la chape par-dessus ce surplis, pour 
officier aux vêpres ! Observez attentivement, et examinez 
sans préjugé, et vous conviendrez bientôt que si le sur- 
plis, appelé suri..is de Québec, avait le tort d'être un peu 
exagéré dans sa 1 )ngueur et sa largeur, et de paraître en 
conséquence un pe. ... et embarrassant, il était cepen- 
dant bien un surplis d'après l'idée que nous en donnent 
les habiles liturgistes cités tout à l'heure : et je pourrais 
ajouter qu'un surplis qui est absolument le même, moins 
cette exagération, est en usage dans le chœur des Passion- 
nistes à Rome, où je l'ai porté moi-même à un exercice de 
concours, au milieu d'un grand nombre de prêtres et de 
religieux qui en étaient aussi revêtus. Mais pourrait-on 
véritablement, d'après cette même idée, reconnaître un 
surphs dans l'espèce de brassière qu'on lui a substituée, 
et qui va si mal aux larges épaules et aux formes déve- 
loppées d'un homme fait ? Passe encore, si l'on s'était 



I' » 



— 165 — 

borné à orner de ce surplis de nouvelle mode et à pro- 
portions si ginguettes, les épaules des jeunes entants de 
chœur, qu'en certaines solennités l'on revêt d'élégantes 
petites soutanes de couleur tantôt blanche, tantôt rouge, 
quelquefois bleu clair ! Il devient alors une espèce d'orne- 
ment d'appar.ut, qui s'allie très bien avec les autres parties 
du costume de ces enfants, dont on a garni le cou de gra- 
cieux/ri//e en dentelle, et les pieds de jolis cothurnes ou 
brodequins. Ce sont des formes légères et dégagées qui 
vont bien à des enfants, dont l'air plein dp candeur et 
d'innocence nous fait naturellement penser aux anges à 
l'entour des autels. Je sais qu'il y a en usage à Rome un 
surplis de ce genre, mais point de cette espèce, qu'en cer- 
taines circonstances et en certains temps de l'année les 
chanoines revêtent par-dessus leur rochet. Les deux vont 
très bien ensemble, comme on a pu le voir à la cathédrale 
de Montréal, dont les chanoines ont reçu du Saint-Siège 
le privilège d'un costume de chœur à l'instar de celui des 
chapitres de Rome. Les choses font toujours bien, quand 
elles sont à leur place, comme on sait toujours les mettre 
à Rome 1 Malgré cela, néanmoins, le surplis dont je blâme 
l'introduction dans les chœurs des églises du diocèse, ne 
me paraît pas plus supportable, surtout quand il est porté 
par-dessus un gilet, une veste, ou tout autre habit dont il 
ne couvre ni le collet, ni les manches, et dont il laisse 
apercevoir tous les défauts de forme et de couleur, et 
souvent de propreté ! Il ne fait guère mieux sur la sou- 
tane noire, dont en certaines églises on a pris depuis 
quelque temps la coutume de revêtir les jeunes laïques 
qui servent aux offices publics ; et cela, parce que, à raison 
de sa forme et de ses proportions si rapetissées, il laisse 
complètement dominer la couleur noire, qui n'est couleur 
liturgique que dans les cérémonies funèbres. J iv :':lé un 
peu long sur le surplis ; mais c'est à mes yeux un point 
important. Je ne crois pas qu'il se soit fait dans le diocèse 
un autre changement aussi frappant, j'ose dire aussi mal- 



' f '■ ■! 



mi 
m 



1 u 






îii- : 






h 



If I'- 







,U< .?'< 




- 166 -- 

Iicureux que celui-là. Le temps nous ramènera à Ix rc^gle 
^i laquelle notre usage était dT.lleurs vraiment beaucoup 
plus conforme. Passons à présent . quelques détails seoon- 
daires ma.s que je crois utile de vous mentionner, pour 

5*-uK nts. 

Il est pourtant une chose qui me p.raxv n'être i,ns 
rrmm grave que le changement de la for:ne dn s'rniis • 
^n cependant j'hésite à en parler, parce que je sens qu'ici 
ce ^ser:ut a l'eglisf pro-cathédrale que ma censure irait 
d.nord tout droit s'appliquer; je veux parler de la sup- 
prcs jcn du p^an bénit, qui ne se donne plus .a quelques 
paroisses, vu qu'il a plu aux curés d'en abolir ou laisser 
tomoer l'usage. 

Je ne puis dire quels motifs ont pu déterminer le pre- 
mier Eveque de St-Hyacinthe à ne point établir l'usage 
du pam bénit dans l'église qu'il bâtissait pour en faire sa 
cathédrale, avec l'intention qu'elle fût en même temps 
1 eghse paroissiale de la ville de St-Hyacinthe, si ce n'est 
que le soin de faire rendre le pain bénit par chaque famille 
de la paroisse a son tour étant laissé par la loi à la charge 
des marguihers, et n'ayant point de marguilliers dans 
on eghse, il ne crut pas devoir s'embarrasser personnel- 
ement de ce soin, jugeant que sa position exceptionnelle 
1 autorisait suffisamment à adopter ce qui s'est toujours 
pra uqi^ en ce p..ys dans les chapelles ou églises particu- 
lières et non paroissiales, dans lesquelles le pain bénit 
notait point offert, quoique dans quelques-unes! fit d" 
ofhces publics. Mais quels qu'aient été ses motifs, je ne 
puis voir qu'il pût être permis à tel ou tel curé d'aLolir à 
son gre l'usage du pain bénit, pour la raison qu'il ne se 
donnait point dans l'église de l'Evêque, et qu'il n'est 
point en usage à Rome. Pour avoir droit de faL c. mn e 
Itveque, Il eût fallu avoir d'au moins aussi . ^nll 
raisons que les siennes ; et, dans tous les cas, cor -er 
par lui exposer ces raisons et les lui faire .-loproi.. 



f 






— ir>7 - 

Mais si je suis bien renseigné, nul n'oserait affirmer 
que l'Evêque lui a fonnellement pv;rmis de supprimer 
l'usage du pain bénit dans sa paroisse : ce que je croirais 
d'ailleurs indépendamment de tout renseignement, parce 
que, pour ma part, il serait difficile de me persuader que 
la volonté seule de l'Evêque puisse suffire par elle-même 
pour abolir un usage aussi antique, et si vénérable à 
cause de son origine et de son symbole, et que la théo- 
logie compte parmi les sacramentaux. J'admettrais peut- 
être que si cet usage n'était qu'un usage local, particu- 
lier aux églises du pays, les Evoques pourraient être 
juges de l'opportunité de le conserver ou de l'abroger ! 
Mais je n'ai pas besoin de dire ici ce que tout le monde 
sait : qu'à peu près tous les liturgistes qui en parlent, 
font remonter cet usage aux agapes, aux eulogies des 
premiers âges de l'Eglise. Si toutefois on se croyait auto- 
risé à rejeter cette opinion, il faudrait admettre du moins 
avec les savants Père LeBrun et abbé Bergier, que 
" l'usage du pain bénit aux messes paroissiales fut ex- 
" pressément recommandé au neuvième siècle par le Pape 
" Léon IV, par un concile de Nantes et par plusieurs 
" Evêques, qui ordonnent aux fidèles de le recevoir avec 
" le plus grand respect." Il est donc incontestable que le 
pain bénit est bien loin d'être un usage local et particu- 
lier au- Canada ! Il n'y aurait pas même exagération à 
dire que notre usage est déjà vieux de mille ans, puis- 
qu'il est un héritage que nous a transmis avec beaucoup 
d'autres choses précieuses la vieille Eglise de France, qui 
l'avait elle-même au moins depuis l'époque citée il y a un 
instant, d'après LeBrun et Bergier ; usage que d'ailleurs 
on aurait bien droit de qualifier de romain, puisqu'il fut 
approuvé et recommandé par le Pape saint Léon IV, 
distingué non seulement par sa sainteté, mais aussi par 
son savoir dans les matières ecclésiastiques, et dont les 
notions et les idées devaient être bien naturellement en 
harmonie avec celles de la ville éternelle, qui lui avait 



■.t; • 






\i I f 



'X 









• ;i i 



Véi] 



V "'*#<■ 



— 168 — 

donné le jour, et à une partie de laquelle son nom est 

approuvée '«"';^"^P'^ '^et usage fut hautement 

P ù Vn V '"'""' ^^'^"^^ ^' Q"^^^<=' -°'^'^e on 
leur ;;";°"^^'"^^^ ^" '■■«^nt leurs Statuts synodaux, 
eurs Mandements ou Lettres pastorales, et les instruc 
t.ons ,„s rées au Rituel publié par le second de ces E . 
ques. Cet espnt des premiers pasteurs manifesté avec 
"ne co„,et,on pleine de piété, avait telleme^ nradné 

dL'tr;'"'*'^"^ '^"^ ''' idéesetleres e::Te 
hdees de tout rang et de toute condition, qu'elle était 

ons,de.ee comme partie intégrante du culte public d n 
les paroisses, et qu'il semblait qu'il manquait quelque 
chose a une messe, si solennelle qu'elle pût être d'aTeurs 

lorme et de volume plus ou moins remarquable, destiné à 

recevoir la bénédiction de l'Evêque ou du prêtr; officiant 

pour être ensuite distribué à toute l'assem'blée comme"^ 

s^ne de l'un.on et de la charité qui doivent exister Ttre 

ous les membres de la grande famille chrétienne E si 

ce que du l'abbé Bergier, que dans les paroisses Je la 

campagne en France, c'était ordinairement une mère de 

m, le qu. fa.sait l'offrande du pain bénit, et que ^ouven 

elle communiait à cette occasion, afin de joindre ensembk 

esymboe et la réalité, n'a jamais été une cou;^^:' ! 

tesab,: aTe\TV'' -P^^-' » -t de fait incon- 
testable que nos pères ont quelquefois été témoins du 
n^ême s ,,,, ,,g.^^^ ,, ,,,,,^„^_ modestement f^u™ 
par le brave et pieux cultivateur qui avait à son tour 
endu le p„„ bénit. Ce que j'ai vu de mes yeux, aux 
jou de mon enfance, et ce que sans doute beaucoup 

heur erdet" ""T "°'' ^'"' '' -Xonnement de bon' 
heur et de joie, avec lequel l'habitant de la campagne n„; 
devait offrir le pain bénit, quittait sa maison, rSanl 
matm, fier de paraître sous ses plus beaux habits, pour 



f; 



— 169 — 

aller déposer entre les mains de Monsieur le curé, à 
l'église ou à la sacristie, son pain, avec sa petite offrande 
en cire ou en argent, confiée à un clerc ou à un enfnnt 
de chœur qui la présenterait en son nom au moment de 
la bénédiction. Et que dirais-je de l'espèce de désir im- 
patient avec lequel les membres de la famille qui étaient 
restés à la maison, ne pouvant aller à la messe, atten- 
daient le retour de ceux qui y avaient assisté, et qui 
allaient leur rapporter quelques miettes du pain bénit, 
avec lesquelles ils se signeraient d'abord, pour les manger 
ensuite avec une véritable dévotion ! Voilà, Messieurs, ce 
qu'était notre usage du pain bénit ! Et combien parmi 
nous ont sans doute dans leur carrière de prêtre, et 
surtout de curé, dit en chaire des choses beaucoup plus 
propres que ce que je vous dis ici moi-même, à porter les 
fidèles à respecter et aimer ce pieux et bel usage ! Et 
avoir cru, parce que l'on a dans sa paroisse -l'autorité et 
les droits de curé, que l'on pouvait de soi-même abolir 
cet usage, n'est-ce pas que c'est à peine supposable ! 
Cependant cela s'est vu ! mais j'espère qu'on ne le verra 
plus, du moins tant que les Evêques ne se seront point 
entendus pour faire de l'abolition du pain bénit une 
mesure commune à tous les diocèses, et n'auront point 
obtenu à. cet effet l'autorisation du Saint-Siège, et fait 
abolir la loi civile qui en impose l'obligation à tous les 
paroissiens tenant feu et lieu, et table ou pot à part. En 
vain viendrait-on me dire que déjà la chose est faite dans 
un des diocèses de la province ecclésiastique ! A cela je 
répondrais que c'est une raison qui n'autorise personne 
à le faire chez nous ; et que sans doute, s'il est vrai que 
l'Evêque de ce diocèse ait formellement aboli l'usage du 
pain bénit, ce dont j'ai une grande raison de douter, il 
s'est mis en règle, en recourant à l'autorité du chef de 
l'Eglise, ^r que dire, si le Pape a approuvé? Si un jour 
il parle pr: . r nous dans le même sens, vous verrez avec 
quelle o'jeissance je me soumettrai ! 






i '^'A 






"X l!i 

■■•■'•0'! 



m 



I- !V il 



\ -h 







— 170 — 

En attendant, faisons-nous un devoir de maintenir et 
conserver l'usage c'„ pain l.^uU, partout où il subsis e 

!e"s' o'-' il '' f ;' 'f' ''"'''"' '^" '' ''''^''^ d'-^"^ ^« P-rois- 
2^^ TV '""''"'^ °" ^ '^'^' f-nellement 
f.^l T r T '^ ' ^ ''"™' "" ^'^''^ '""'-^^''^ à tâcher de le 
a.re II faudrait néanmoins, avant d'y essayer, pouvoir 
prudemment espérer réussir par les voies de 1 'pers'u al" 
Ou en est aujourd'hui rendue la question, il y aurait plu- 
tôt a craindre quelque scandale, que du bien à espérer des 
mesures de sévérité ou de rigueur! Je m'apergois que 
aurais dû être moins long sur cette question du pain bé- 
nit supi^nmé. pour ne pas m'exposer à n'avoir plus votre 
attention, en traitant les questions de détails moins im- 
portants que je v-ux a'-order, afin que l'on puisse ^ -"eux 
me comprendre, quandje me plains de ceux qui, emportés 
par une certaine exagération, ont fait des changements 
que rien ne rendait nécessaires et ne justifie ; mais t 
contribueront pour leur part à empêcher le retour à l'I 
formité, SI 'on s'obstine à croire que ces changements 
tiennent a l'essence du rite romain et qu'il faut n ce ! 

saitrïl ' f": • '"^°"^ ' ^^^ ''''''■ T-" '--""e 
sait que la pale était autrefois une partie même du corporal 

qui se repliait sur le ca„ce. Il y a déjà bien longtemps 

^timî^fnr'^^r'"^^"^^^^^^'^^^^^'^"^ 

continuant a être employée pour couvrir le calice. A Rome 
ou Ion garde SI soigneusement tout ce qui tient aux usa- 
ges et . ■. ,-adit.on du passé, la pale e -. tout simplement 
une peute toile double, coupée en carré, fortement em eî 
see, et ordinairement garnie d'-ine étroite denteile r'>st 
trsbien: H semble que !.. cette manière, il es^-lus 
a se de reconnaître ' ns la y-ale un morceau du corporal ! 
Lon manie et trai. te 'e en conséquence de son peu 
decor^sistance. I r pe ae l'empois appliqué à cette 
toile ait perdu deso , effet, il r.'est plus possible -1- la poser 
autrement qu'à plat ; et pour pouvoir la saisir facilement il 
a fallu trouver moyen de ne pas la placer directement sur la 




— 171 — 



nappe de l'autel, où elle eftt fui sous l'action de la main 
cherchant à la reprendre pour la remettre sur le calice. 
De là l'usage déplier et replier sur lui-môme jusqu'en huit 
et quelquefois en seize le voile du calice, que l'on met ainsi 
plié tout près du corporal pour y déposer la pale. Rien 
de plus rationnel que cette manière de faire, surtout avec 
des voiles de calice comme ceuv de Rome qui sont tou- 
jours une grande pièce en S( extrêmement souple et 
fle.xible, que l'en pourrait plier en cent sans s'exposer à 
la défigurer ni la briser. A propos de la pale, on a cru 
devoir introduire deux changements, certainement inutiles, 
et que l'on pourrait appeler déplacés. D'abord, malgré 
une décision de la Cong. des Rites qui en autorise l'usage, 
on a tenu à remplacer la pale que la France nous avait 
donnée avec ses autres ornements d'autel lui n'ont jamais 
ùV: condamnés à Rome, et qui ne diffère de Li pale 
ro-naine qu'en ce que depuis longtemps on a introduit 
entre les deux doubles de toile un léger carton qui '.i tient 
.oujours ferme et raide, de façon qu'elle apparaît de suite 
ce 1 'die est en effet aujourd'hui, purement et simplement 
un i couvercle pour le calice, qu'elle est destinée à 
protéger contre les mouches et les atomes de poussière 
qui pourraient voltiger au-dessus et y tomber. Cette 
pale ainsi affermie et raidie par son carton, possède l'avan- 
tage de donner au calice recouvert de son voile une for- 
me passablement élégante, er de pouvoir être gracieuse- 
ment appuyée à plomb sur elie-môme, soit contre le bord 
du canon d'autel, soit contre le gradin. Et tel était notre 
usage, que ne réprouve assurément aucune loi ni règle. 
L'amour du changement n'a point tenu compte de ces 
raisons ; il fallait absolument avoir l'usage de Rome : 
une pale sans carton ! et quand il n'y en a pas d'autre et 
qu'il faut se servir de la pale avec carton, la traiter 
comme la pale romaine ; plier nos voiles de calices en 
brocart ,une les voiles romains, et par conséquent 
les briser pour jeter la pale dessus à la longueur de son 



i-.ii 



■ ^5> 



'I 



mi 



■i '■; 





— 172 — 

fe aa.n ouelle se trouvait s, gracieusement à sa place 
nô re v , "", ™' .J"'^^"'' """"'^ ^^bsolument faire .avec' 

w :f,f.ot:t^^trTs '' T ' -"--^--- a^ 

etoù 'on ni J^r ""'''" '^ l'-'^'-f'^itement carré, 

durniit To :e":;t:'d:ir '" ^r'^ r^ ^"-^^-^^"^ 

ni. 'il j 'ouverture de la coupe du ca ce, de façon 

e cal ce le côté du vode tourné vers la personn . afin que 
a ma n gaucho qui soutient le calice par le nœ .d "este 

sur 1 avant-bras. Rendu à l'autel, le prûtre ayant déployé l! 
corporal, place dessus le calice, rabit le côt dt vo 'Zp 

sm,s'] "-rV^ '"""'■' ''^'"^' --P'^^tement 1 rire 

ou le vo, e. Comme il est aisé de voir, rien de plus n a t u 

rel et de plus gracieux que cette manière de fair servie 

«: r^ oTi ^^He1:dtr:'^^^^f '—^ --^-^^^ 

assez rétréci è nU "^^''T^'^' '' ^''''' ^«t au contraire 
cnZu ^ °"S- ^«"■'^ ^^^2 «ans doute remarqué 

romain" o'^' "^'?""'-^ '' ^'^" ^-'^ comme d 701^ 
roma m. On a jeté le milieu de ce voile oblong juste sur 
le nuheu de l'ouverture du calice : il ne retombe pÏ lus 
que sur le niveau où est appuyé le pied du c lice r ste 
comme en balance, inégalement suspendu s r to L 
et Ssi 1„7"' '.' '^ '''' ^" -'■- demeure découver e 
su 1 autel. Combien notre ancienne manière était ra ion- 
nelle et gracieuse à côté de celle-là ! Et puis, voyez eue 
bourse oblongue qu'autrefois on appuyait contre e g 1 
dm, ayant soin de la placer de façon que la croix dont 
e le est ornée, fût exposée dans une position vertical" 
et que maintenant l'on place sur son côté moin ev ' 
donnant par là même à la croix la position d'une croix 
renversée et appuyée sur son croisillon, au lieu de pr 
senter son arbre droit, et de reposer'à plomb sur 'son' 



.. {. 



— 173 — 

pied ! Vous savez sans doute à quoi attribuer ce gracieux 
( hangcmcni ! c'est qu'il est d'usage à Rome de placer la 
bourse contre le gradin, de façon que l'ouverture de la 
bourse destinée à y introduire ou à en retirer le coriioral 
soit tournée vers le tabernacle, ou le canon d'autel ([uise 
trouve au milieu de l'autel. Mais à Rome la bourse 
étant parfaitement carrée, le cûté où se trouve l'ouverture 
ne paraissant nullement différent des autres, vu que pour 
ménager cette ouverture l'on a simplement omis de lier 
par une couture le dessus avec le dessous de la l)ourse ; 
la croix qui orne le dessus de la bourse étant formée par 
deux petites pièces en galon ou en brpderie de longueur 
absolument égale, quel que soit le côté sur lequel on 
laisse reposer la bourse, la croix et la bourse elle-mônie 
se trouvent toujours dans une position régulière, à cause 
de la forme régulièrement carrée, et de la bourse et de la 
croix ! L'envie de changer ne s'est point occupée de ces 
différences : sans doute qu'elle trouvait que c'étaient des 
détails dont elle n'était pas obligée de tenir compte. 

D'après la rubrique, il est- clair qu'il est facultatif ou 
de porter le Missel à l'autel pour le placer sur son coussin 
ou pupitre avant que le prêtre se rende à l'autel, ou de l'y 
faire porter par le clerc servant la Messe, quand il précède 
le prêtre se rendant à l'autel. La première manière de 
porter le livre à l'autel avait toujours été suivie dans ce 
pays ; et il était assurément impossible de démontrer 
qu'en cela il y eût faute, ni même imperfection. N'im- 
porte, l'on voulait des changements : et c'est pour cela 
que dans quelques églises l'on a mis de côté notre vieille 
manière, pour introduire l'autre que rien ne commandait 
et faire porter le livre à. l'auiei par le servant, comme on 
le lui fait rapporter quand après la Messe il retourne à la 
sacristie marchant devant le jjrôtre. Qu'y avait-il à gagner 
à ce changement? Quel embarras pour le petit servant de 
Messe que ce Missel ainsi porté et rapporté, et qui souvent 
pèse presque autant que le pauvre petit lui-même ! Comme, 



■*■ ' 

'' ",1 

(••I 

.1 



I I :i 



•Il 



':^l 






-i 



h 



I 5| 










il' t 





— 174 — 

assez de ce que nous avons vu peut-être bien des fo.s 

are a la hauteur du pup.tre, s'élevant sur la pointe des 
pieds cqmme pour ajouter à la longueur de .e brT; 
dans cette position tendue, faisant, pour soulever le i^e 

par dessus sa tête i>our lu. revenir tomber sur les talons ? 
Quelle confusion, faisant vraiment mal à voir, épo^ai 

an.iê.ndu et humiliât.: ij;:s:^r^dr:2r;s 

dont .1 est ic. question, n'avait aucune raison d'êîre et 

nia^x"de^:;::;:. î'r;^^ ^^p""'' ^^^ ^"^"î"- ^^^^-o- 
caHc: :sq:r Lir r cir d^^ ''''-'' '- ^^^^ ^" 

.uelque.isnnpercepti^s:fSrquU:^,f::^S 

au voue letombant jusque sur le corporal ! Ici encore 

duou ?T!r' '"'^ ""^ "^ ^^"^'^'^ "^----. et e venu 
duquel d faudrait de suite déplier le corporal tout emier 
maigre notre usage si bien appuyé ' ' 

b.n^l f T !"f '' ''"" ' '"'^ '"^'" '^^««e sur. ces petites 
bandes de tode ornée d'une étroite et légère demeUe 
dont une raison de propreté avait foit garni le ha t d 
1 ouverture de la chasuble, et le côté du'milieu de ' to t 



arrive quel- 
■ d'une main 
3ir de l'autre 
it monter à 
'était-ce pas 
:n des fois, 
pas ,i attein- 

pointe des 
:s bras ; et 
'er le livre, 
sait passer 
les talons ? 

éprouvait 
re réussis- 
ivolontaire 
le liturgie 
larchepied 
angement 
d'être^ et 
ucoup les 
l'est sans 
)as d'être 

cérémo- 
e pied du 
sarcelles, 

eussent 
it au bas 

encore, 
en vertu 
t entier, 

petites 
!entelle, 
la ut de 

l'étole 



— 175 — 

qui s'appuie à la nuque ! Et pourtant elles étaient plus 
qu'une utilité, à en juger par la saleté graisseuse qu'elles 
avaient prise au contact inévitable des cheveux, et dont 
on les trouvait couvertes quand de temps à autre on les 
venait remplacer par des nettes ! Ces petites bandes, à 
peine perceptibles tant elles adhéraient à l'ornement dont 
elles faisaient comme partie, n'avaient rien de disgracieux, 
et n'affectaient certainement aucune prétention à l'élégan- 
ce 1 Mais malgré toute leur utilité et toute leur modestie, 
elles n'ont point été respectées parce qu'elles n'étaient 
point romaines, c'est-à-dire, qu'il n'y en a point à la cha- 
suble ni à l'étole romaine ! Mais on sait qu'à la manière 
dont on revêt l'étole à Rome, ell: n'est nullement expo- 
sée au contact des cheveux. Quant à la chasuble, le 
sommet de son ouverture est ordinairement garni d'un 
galon qui m'a bien l'air d'être posé là juste i)our la même 
raison qui nous a fait adopter l'usage de notre légère bande 
de toile. Et puis le missel substitué au carton, sur lequel 
on a depuis un temps immémorial transporté le chant, les 
versets et l'oraison de l'Aspersion. Et où a-t-on découvert 
une règle absolue à cet effet, aussi bien que pour la substitu- 
tion du Missel au Rituel, dont à la sacristie l'on s'est de tout 
temps invariablement servi pour faire l'eau bénite, et dont 
on avait évidemment droit de se servir, comme on peut 
s'en convaincre, en lisant ce qui est dit au titre Ordo ad 
faciendam aquam bcnediciam ? Je souris ici avec moi-même, 
en pensant à la cérémonie introduite dans quelques-uns 
de nos chœurs, à l'office des vêpres. Je veux parler de 
l'encensement des servants, et surtout de l'encensement 
que le cérémoniaire, d'abord encensé lui-même par le thu- 
riféraire, rend ensuite à celui-ci en recevant de ses mains 
l'encensoir qu'il lui remet immédiatement. Il y a vraiment 
quelque chose qui porte à rire, en voyant des enfants se 
traiter ainsi les uns les autres, comme s'ils étaient autour 
de l'autel ou dans le chœur de vrais personnages hiérar- 
chiques ! Aussi les chers enfants sont-ils évidemment 









■■!vi 



•M '•■ 1 , 

I 

.■"''(■'•t.! 



'■'hiV 



i ■t'1 
i 

'■'il 



m 



M 



I ril-, 





S: 





— 176 — 

obligés de faire des efforts pour ne point échapper leur 
sérieux. ' ' 

Mais enfin, je m'arrête; car j'ai vraiment sujet de 
cra„.dre de vous fatiguer, en vous entretenant si longue- 
ment de tous ces détails, qui paraissent si peu de chose 
en eux-mêmes Mais c'est parce qu'en effet ils ne son 
pas graves, qu',1 me semble que l'on n'aurait pas dû en faire 

une affaire d'Etat i C'est narre m, 'il. ,.„ . 

<-tbc parce qu lis ne sont pas graves, 

pas plus graves que plusieurs autres dont j'aurais encore 
pu parler, qu'il ne fallait pas tant se hâter de s'en occu- 
per en présence du danger manifeste de creuser une pro- 
fonde division entre les diocèses d'une province ecclési- 
astique dont tout le clergé, les prêtres aussi bien que les 
eveques eux-mêmes, ont toujours professé un si religieux 
attachement pour Rome et ses institutions, et surtout pour 
sa belle liUirgie et les cérémonies qui l'accompagnent ! 
Bréviaire Missel, Rituel, livres de Chant, tout étfit ro- 
main ! ht pour les cérémonies, encore à l'heure qu'il est 
maigre toutes les études que l'on vient de faire sur la' 
ques ion, quoi de plus romain que le livre qui depuis si 
long emps taisait la base de notre enseignement cérém ! 
mal? Vous devmez que je veux désigner le y,/...,/ ./,, 
céremo.sa romanes de St-Lazare. A Rome il est reconnu 
quiln'yariende plus parfaitement romain que l'ense - 
gnement et la pratique des Lazaristes en fait de liturgie 
et de ceremon.es. Mais enfin, il faut l'admettre : l'autoHté 
s était prononcée : le Afanue^ j,, ,,,,,,,,,,, 
pouvait plus être notre règle et notre guide. Mais il n'y 
avait certainement aucune raison de ne pas accepter le 
Cérémonial donné à la province ecclésiastique pa^ les 
Pères du preniier Concile de Québec, en tête duquel e 
trouve ^approbation formelle dont ils l'ont revêtu en dl 
clarant dans cette approbation même, qu'ils l'appro'uvaieit 
comme atteignant la fin du IV- décret de ce Concile ^ 
Ceranonuth: ce qui équivalait à dire que le CérémoniU 
donne a la province, était coi-.rorme au Cérémonial des 



■1 






— 177 - 

Evoques, au Pontifical, au Missel, et au Rituel roma-'n, 
puisque aux termes du décret le Cérémonial publié par 
les Evoques devait renfermer cette condition. Devant un 
fait comme celui-là, on s'arrête et on se prend à dire : 
Qu'est-ce donc qui a pu empêcher que l'on étudiât ce Cé- 
rémonial, pour s'y conformer, en en adoptant l'esprit aussi 
bien que la lettre ? La lettre se trouve dans le texte et 
l'esprit dans les notes importantes dont il est enrichi à 
presque toutes ses pages. Si l'on eût fait sérieusement 
cette étude avec la volonté de ne changer que ce qu'il 
faudrait absolument changer pour n'être pas en opposi- 
tion avec ce Cérémonial, revêtu de toutes les conditions 
propres à. nous assurer que nous étions dans l'ordre, il n'y 
aurait eu que très peu de changements à faire j et l'on ne 
serait point réduit à chercher le moyen de faire renaître 
l'uniformité dans les saintes cérémonies de. la liturgie, du 
chœur et de l'autel ! Les choses sous ce rapport sont dans 
un tel état de disparate et d'incertitude, que le Supérieur 
d'un Séminaire pourtant bien tenu d'ailleurs, justifiait l'a- 
bandon qui y a été l'ait de l'enseignement régulier des cé- 
rémonies, en répondant à son Evêque : "Mais.Monseigneur, 
sans doute que les cérémonies doivent s'enseigner dans un 
séminaire bien réglé. La difficulté pour nous est de savoir 
où s'arrêteront les changements, et quel auteur il nous fau- 
drait suivre pour un tel enseignement, le Cérémonial donné 
par le concile provincial ayant été comme mis de côté, et 
l'autorité ne l'ayant remplacé par aucun autre ! " Je n'ai 
point eu l'intention de parler, et de fait je n'ai point parlé 
de quelques changements qui ont été opérés par suite d'une 
décision de l'autorité épiscopale. On est dans l'ordre, si 
l'on s'en est tenu à cette décision, à laquelle il fallait se 
soumettre, même dans le cas où l'on eût révoqué en doute 
l'exactitude de la décision, qui ne pouvait être rejetée 
qu'en autant qu'elle aurait été évidemment opposée à quel- 
que loi ou règle liturgique. Le doute n'en eût point auto- 
risé le rejet ; et il appartenait à la seule Congrégation des 
T. m 12 



-'fil' 

:m 

fi f 



I ■■ n 



'Ai 





- 178 — 

Rites de prononcer sur ce doute. L'on devra donc conti- 
nuer à se conformer aux changements prescrits par l'auto- 
rité épiscopale, quand même l'on aurait droit de dire que 
tous n'étaient pas absolument nécessaires. 

De tout ce qui précède, vous conclurez facilement que 
je regrette avec beaucoup d'autres, qu'il y ait eu amour 
de la nouveauté et précipitation dans les changements. 
Vous en conclurez aussi bien facilement, que nul change- 
ment ne devra plus être fait à l'avenir, qui n'ait pas été 
proclamé nécessaire et formellement prescrit par qui de 
droit, c'est-à dire, par l'Evêque, qui lui-même ne peut as- 
surément rien en matière liturgique ou cévémonia.le, /> as 
même décider quand il y a doute; mais qui doit se faire 
un devoir de faire lever le doute par la seule autorité 
comçéi&nit, le tribunal de la Sacrée Concré^ation des Rites. 
Je me flatte que ce sont là des principes dont il ne serait 
pas possible de nier l'exactitude : et j'ai par là même la 
confiance que personne ne manquera de s'y conformer, 
pour s'en faire en toute occasion une règle de conduite. 
Je ne puis clore mes observations sur les coutumes et 
usages sans vous recommander bien spécialement de re- 
venir tous à l'excellente pratique de marquer légèrement 
avec le bord de la patène l'hostie de la messe aux endroits 
où doit s'opérer la fraction. L'on comprendra ce que je 
veux dire, sans que j'aie besoin de m'expliquer davantage. 
Cette pratique a été mise de côté parce qu'on ne la suit 
pas à Rome. Mais à Rome, il n'y a nulle raison de tra- 
cer sur la face de l'hostie, avec la patène, des lignes que 
les moules à hosties tracent eux-mêmes sur le dessous ou 
le dos de l'hostie, et qui produisent le même effet que 
celui que nous obtenions par notre ancienne pratique, 
une fraction fïicile, régulière et sans parcelles, ce qu'il 
est impossible d'obtenir avec la nouvelle manière de 
, traiter l'hostie, sur laquelle on ne trace plus ces lignes. 




— 17!) - 



IX 



Personne n'ignore que l'usagu du Rituel Romain est 
aujourd'hui d'une obligation rigoureuse dans toute notre 
Province Ecclésiastique, depuis la promulgation des 
décrets du premier Concile, dont le troisième, De Ri- 
tuali, a défini et réglé cette question, sur laquelle du reste 
il n'y a plus de doute ni de partage d'opinion, l'ancien Rituel 
de Québec, quoique presqu'en tout vraiment romain, ayant 
complètement cessé d'être en usage, si ce n'est qu'il faut en- 
core souvent y recourir pour les matières de discipline, sur 
lesquelles il renferme les plus précieux enseignements. 
Puis donc que nous sommes tenus de suivre en tout le 
Rituel Romain, sans y pouvoir rien ajouter autre chose 
que ce qui est contenu dans l'Appendice à ce Rituel pu- 
blié par autorité, il importe que chacun se fasse un devoir 
de n'avoir en mains qu'une édition bien correcte, et dans 
tous les cas revêtue de l'approbation de l'Ordinaire du 
lieu où elle a été faite. On ne serait point en règle si l'on 
se servait d'un Rituel qui ne porterait point cette appro- 
bation, requise pour le Rituel aussi bien que pour le 
Missel et le Bréviaire. 

L'on prépare dans ce moment à Québe, une édition 
du Rituel Romain, que je me suis engagé a recommander 
à votre attention. Le souvenir du peu de succès d'une 
première édition également faite à Québec pir l'ordre du 
premier Concile, pourrait peut-être vous inspirer quelque 
préjugé ou quelque défiance Tclativement à celle que l'on 
est sur le point de publier. Je crois pouvoir vous rassurer, 
et vous dire que vous n'avez à craindre rien de semblable. 
J'ai vu dernièrement Monseigneur l'Archevêque, auquel 
j'ai demandé des informations sur cette publication. Et 
notre vénéré Métropolitain n'a point hésité à m'assurer 
qu'il était certain que rien ne manquerait à l'édition en 
question du Rituel Romain, tant sous le rapport de l'exac- 
titude que sous celui de l'impression ; et qu'il est telle- 



1 


1 


î' 


H 


J> 




-> 


1 




1 


A ■ 


,-H 



'■■4\ 









H 



■ a 






1^: 





— 180 — 

ment convaincu qu'il en sera ainsi, qu'il a donné son con- 
cours et accordé son patronage à cette nouvelle édition, 
qu'il a même hautement recommandée au clergé de son 
diocèse. Si donc vous n'avez pas déjà une bonne copie du Ri- 
tuel Romain pour votre usage personnel (et le Rituel est un 
des livres que tout prêtre doit avoir constamment sous la 
main), et si votre Fabrique n'en a point non plus, ou qu'il 
soit à propos de renouveler celui qu'elle possède, je vous 
prie de vous faire un devoir d'encourager la pul)lication 
faite à Québec, en en prenant au moins un exemplaire 
pour vous-même, et un autre jjour votre Fabrique. C'est 
le seul encouragement que Monseigneur l'Archevêque 
demande et attend de nous, en faveur d'une œuvre qu'il 
honore de son patronage. J'espère que Sa Grâce ne l'aura 
pas vainement sollicité. Au reste, je crois que l'on en- 
verra un certain nombre d'exemplaires de cette édition 
du Rituel à l'évôché de St-Hyacinthe, où vous pourrez 
la voir, et juger si elle a vraiment le mérite que l'éditeur 
s'est engagé à lui donner : vous vous déterminerez ensuite 
en conséquence du jugement que vous en porterez vous- 
mêmes ; et je n'ai point Heu de douter que ce jugement 
ne soit favorable à cette publication, que des convenan- 
ces rigoureuses m'engageaient à vous recommander et 
que je vous recommande ici d'une manière toute spéciale. 




Vous savez tous que je me dispose à aller à Rome pour 
le Concile. Je vous annoncerai plus tard l'époque à. 
laquelle je devrai quitter le diocèse pour entreprendre ce 
voyage. Tout ce que je puis vous en dire aujourd'hui, 
c'est qu'il est probable que mon départ n'aura pas lieu 
avant la fin de septeml)re ou le commencement d'octobre. 
Avant de partir, je veux régler autant que possible toutes 
les affaires de notre année ecclésiastique courante, et 
pourvoir à celles de l'année prochaine. Je devrai nécessai- 




: i: 



-t 



'% 



— 181 — 

rement me préparer d'avance pour les combinaisons 
d'affaires à régler. C'est pour cela que je me propose de 
commencer la Visite pastorale aussitôt qu'il me sera pos- 
sible de le faire. Mais cela dépend entièrement du prin- 
temps plus ou moins précoce ou tardif que nous aurons. 
Je vous donne à. la suite de la présente circulaire l'ordre 
que je me propose de garder dans la visite des différentes 
.paroisses qu'il me reste à parcourir pour avoir visité tout 
le diocèse pour une première fois. Vous serez plus tard 
informés du temps et du jour où cette Visite devra avoir 
lieu. Les Curés qui la doivent recevoir se hâteront sans 
doute de faire tous les préparatifs accoutumés i)our la 
Visite pastorale. Je profite de cette occasion pour i)rier 
tous les Curés et Missionnaires du diocèse de se mettre 
en mesure de pouvoir me fournir aussi exactement que 
possible le chiffre de la population de leurs paroisses ou 
missions. C'est un renseignement dont j'ai absolument 
besoin pour le compte que je me propose -de rendre au 
Saint-Siège de l'état du diocèse, pendant mon séjour à 
Rome. 

XI 

Une chose importante que j'ai bien des fois pensé à 
régler, comme je m'étais proposé de le faire en créant le 
Conseil diocésain, c'est l'époque des réunions régulières 
du Conseil, qui ne s'est jusqu'ici assemblé qu'une fois l'an 
sur une convocation spéciale, au temps des Retraites 
pastorales. Et vraiment je dois avouer ici que c'est une 
mesure que j'aurais dû adopter plus tôt. J'ai souvent 
senti qu'une réunion annuelle ne suffisait pas pour me 
faire jouir de tous les avantages que j'attendais de la for- 
mation d'un Conseil diocésain. Je me décide en consé- 
quence à arrêter qu'il y aura jusqu'à nouvel ordre quatre 
assemblées fixes et régulières du Conseil diocésain dans 
le cours de chaque année ; la première, le premier mardi 
de février ; la seconde, le premier mardi de mai ; la troi- 



* V'ï' i 

If/* 

;4'i.',. 



n r 'i'i 



■\U 



\' 


il 


■■■! 




f. 


y». 




,1; 


xk. 




;; 


;p 


Vf 








% 






•i 


f* } ■ 


Vt> 


J^-v 


<t 




1. 


h 
i 




— 182 — 

sîémc, le premier mardi d'août ; et la quatrième, le quatre 
novembre, quand le quatre ne sera pas un dimanche • 
car dans ce cas, ce serait le cinq qu'aurait lieu la réunion' 
Ainsi donc, sans qu'il soit besoin d'aucune notice de con- 
vocation. Messieurs les membres du Conseil devront se 
rendre fidèlement aux jours que je viens d'indiquer à 
1 i^.vôche de St-Hyacinthe pour assister à ce que nous 
appellerons désormais les assemblées re-ulières du Con- 
seil. Ce qui n'empêchera pas qu'il puisse y avoir de temps 
a autre des assemblées spéciales. Si l'expérience vient à 
nous convaincre qu'il y aurait avantage à ajouter au nom- 
bre des assemblées régulières, je me ferai un bonheur de 
les multiplier au désir et à la demande du Conseil, ou 
de mon propre mouvement, s'il me paraît avantageux de 
le faire. 

XII 

Sans doute qu'il serait plus qu'inutile que je prisse soin 
de vous exhortera vous joindre au grand mouvement de 
joie et de piété filiale qui déjà se prépare dans tout le 
monde catholique pour le dix avril prochain, à l'occa- 
sion du cinquantième anniversaire de la promotion au 
sacerdoce de Jean-Marie Mastaï Ferretti, de la noble 
famille des comtes Mastaï, devenu depuis vingt-trois ans 
bientôt, le grand Pape qui gouverne aujourd'hui si glo- 
neusement l'Eglise ! -Pie IX lui-même, poussé par son 
esprit de foi si vive et de piété si ardente, est à la tête de 
ce mouvement ; et déjà les préparatifs de la fête se font à 
Rome par son ordre, dans la modeste église de Ste-Anne 
des Charpentiers, en laquelle, il y a un demi-siècle, il allait 
en quelque sorte se cacher pour se dérober aux regards 
du monde, et à toutes les attentions auxquelles son illus- 
tre naissance et les éminentes qualités dont il était doué 
lui donnaient droit d'aspirer, afin d'y offrir pour la pre- 
mière fois la sainte Victime dans le calme et le silence 
d'un recueillement plus profond, et de s'initier sans éclat 




— 183 



et sans bruit à l'exercice du saint ministère, où il débuta 
par les humbles fonctions de chapelain d'un pau/re or- 
phelinat. La noblesse de son nom et ses mérites per- 
sonnels pouvaient bien faire présager qu'il lui serait im- 
possible de vivre toujours dans l'obscurité à laquelle il 
semblait vouloir se condamner. Mais il était réservé au 
temps de révéler au monde étonné les trésors de grâces, 
de bénédictions, de sagesse et de grandeurs de tout genre, 
que cinquante ans plus tard la Providence aurait accu- 
mulés sur cette existence vraiment phénoménale, en 
laquelle s'est accomplie dans toute sa divine profondeur 
la parole du Sauveur du monde : Quiconque s'abaisse, sera 
élevé ! Qu'il y a de distance entre le pauvre asile appelé 
le Tata-Giovanni, où le nouveau prêtre Ferretti allait 
s'ensevelir, au trône impérissable des successeurs -de 
Pierre, sur lequel il est maintenant assis environné de 
toutes les gloires 1 ! ! Oh ! comme il sera grand dans tous 
les âges à venir le nom du saint Pontife Pie IX ! 1 — Y 
aurait-il besoin de rappeler aux membres du sanctuaire 
le devoir que chacun aura à remplir en ce jour? — Celui 
que l'on peut appeler la source Je tout le sacerdoce chré- 
tien, sera ce jour-là à l'autel, pour bénir et remercier le 
Seigneur de lui avoir permis d'y monter tous les jours 
pendant cinquante ans ! Quelle harmonie grandiose de la 
foi, que l'idée des prêtres du monde entier offrant en 
même temps que leur glorieux Souverain Pontife le calice 
du salut, et invoquant avec lui le nom du Seigneur ! ! 
Qui d'entre nous ne se ferait un véritable bonheur de s'as- 
socier au grand concert d'actions de grâces et de prières 
que le dix avril fera monter vers le ciel de tous les coins 
de la terre, pour remercier Dieu d'avoir donné, et le 
supplier de conserver longtemps encore à son Eglise, un 
si grand et si saint Pontife ! ! Je ne doute point que votre 
piété filiale ne vous porte à appliquer le frui.. principal de 
la messe de ce jour à acquitter le tribut de la reconnais- 
sance que nous devons à Dieu pour un aussi grand bien- 



■ '' ■ 1' 

•Va » tl 
'H ','P 

■ i 

'm 



I itl 



II 







I ' 












— 184 - 

loundur^v' '''-' '""''^' ^'"'" daigne prolonger les 
jour, du digne V.ca.re de son divin Fils, asse^ lonl„ , 
du mo.ns, pour qu'il puisse compléter sa couronne T 

■ l'étlrn.n accomplies pour la glorification de 

1 éternelle venté et l'exaltation de l'Eglise de Jésus-Christ 

g'ganttsque d'une fo, aussi vive que celle de Pierre nui 

a nt"e^t^rd"'^'" ^"' '' ''^"' ^" - ---^''- 

attente et 1 admiratmn ! ! En vous faisant cette sugges- 
bres'rur??".-^"'^'"^ "^^ goûtée de tous les mem- 

n feste^ u Jf . '°:^'"' ^" ^'"''"^'^ '^-'^-^ ^e ma- 
m ester une fo,s de plus son attachen.cnt et son dévoue- 
ment envers le medleur comme le plus saint des Po„. 

... fet d"""!,!" '■'''''' "^ ^''"^ P^^ «^"'^ tenus de re- 
^ . entablement selon son cœur, et que les fidèles doivent 

;^dSr/^'^'^'^^^^^^-^'^^^o-rd-unS 

,.and bienfait, les curés, les missionnaires, les suDérieur, 

anniversa re de /« /m///^r^ ;„^,,^ de l'auguste Pontif/ 
qu u y eût quelque mstruction propre à h rir 

communauté" e mâiCt '' ,■ ' "'"" """' '™«» '« 
samedi, dix avril " oit f," ^''="'" "" "'""''<'• " 

- i„..nti„„;';uir,t;rjrr^^^^^ 

-e.i„ Dieu d'avoi, do„„. L S e.Tsl'.'Vùuï 



■sS 



— 186 — 

à son Eglise, et lui demander en mCme temps qu'il daigne 
lui accorder encore de longs jours et une santé prospôre. 
Je suis heureux de terminer ma bien longue, neut-ôtre 
devrais-je dire ma trop longue Circulaire, • sujet 

si intéressant qui vient de nous occuper, et 4 est bien 
de nature à réjouir vos cœurs, et à vous faire oublier l'ennui 
que vous pourriez avoir éprouvé à la lecture de ce docu- 
ment dont l'intérêt pourrait ne pas vous paraître propor- 
tionné à sa longueur. Mais si en le lisant vous me tenez 
compte de la bonne volonté et du désir du bien qui 
m'animaient pendant que je travaillais à le préparer, et à 
lui donner une forme qui le rendît acceptable et digne de 
vous être présenté, vous l'accueillerez assurément avec 
bienveillance et avec respect; et vous y trouverez une 
preuve claire et évidente de la confiance que je repose 
en vous : on ne laisse pas courir aussi librement sa plume 
quand on écrit à quelqu'un dont on se défie ! J'ose donc 
me flatter que ce sera en présence de Dieu et dans le 
calme de votre conscience que vous vous retirerez, pour 
recevoir les confidences que je vous y fais, les conseils, 
les avis, même les ordres que je vous y donne, rempli de 
l'espoir que comme de bons prêtres vous respecterez les 
intentions de votre Evêque, lors même que vous croiriez 
ne pas pouvoir partager toutes ses opinions, ni entrer 
dans toutes ses convictions. 

Nous touchons à la Semaine Sainte, la grande semaine, 
la semaine de la consommation de tous les mystères de 
l'amour et de la charité que Jésus-Christ a daigné mani- 
fester à tons les hommes, mais plus spécialement à < eux 
auxquels avait résolu de confier les intérêts et le soin 
de son Eglise, c'est-à-dire, a ses Apôtres. Nous sommes 
à la place des apôtres dans l'Eglise de Jésus-Christ, qui 
nous aime de cet amour infini dont il aima les siens 
qui étaient dans le monde. — Cum dilexissd siios qui crant 
in mundo, in finem dilexit eos ! Répondons à l'amour de 
Jésus-Chn.c, en aimant son Eglise et ses âmes ; mais sur- 



■r\: 






li 



'r:\ 









i 




IMAGE EVALUATION 
TEST TARGET (MT-S) 




V 



^ 




A 





A 




Sr 






f/. 






1.0 



i.i 



2.5 



ë i;â il 2.0 






IL25 II 1.4 



1.8 



1.6 




Hiotographic 

Sciences 
Corporation 



23 WEST MAIN STREET 

WEBSTER, N.Y. 14S80 

(716) 872-4503 






•1>^ 



\ 





:\ 



\ 



\ 






^1 







<^ 






/ 

^ 



'^ 








vM* 



i 


s 


f 




W"' 




mÊi 




Si 


J 



^^B ff' 


I^H 


■ -'-i 


^H i 


h| i ' 


^^1 j 


<H 


i 


HHIi fl 


''4H 


.Il 


Hi 


■ 


i 


^^H H 


I^H 


^^H H 


^H 


i 



— 186 — 

tout en obéissant au commandement spécial par lequel il 
nous enjoint de nous aimer les uns les autres, comme 
lui-même il nous a aimés.— J/<j«</a/«,« uovum do vobis : ut 
diligatis invicem sicut diUxi vos.—Q.&K amour fraternel et 
mutuel est la marque à laquelle tous reconnaissent les 
vrais disciples, et surtout les véritables ministres du Dieu 
Sauveur. In hoc cognoscent omnes quia discipuli mei estis, 
st diUctionem habueritis ad invicem !. Rappelons souvent 
ces paroles, prononcées par le Dieu tout amour, au 
moment où il se préparait à aller consommer sur la croix 
l'œuvre mystérieuse de la rédemption du monde, pour 
lequel il était décidé à verser jusqu'à la dernière goutte 
de son sang ! 

C'était comme l'adieu suprême qu'il adressait à ceux 
qui devaient le remplacer dans le ministère du salut des 
âmes ! Et qu'a-t-il voulu nous signifier par là, si ce n'est 
que sans la charité, surtout la charité des uns pour les 
autres, nous ne saurions répondre aux desseins de son 
divin amour, qui nous a choisis pour faire de nous autant 
d'autres lui-même, Sacerdos aller Christus ! 

Que Dieu daigne répandre sur vous les trésors de ses 
plus précieuses bénédictions : c'est le vœu de mon cœur 
et de mon âme ! Agréez avec ce vœu l'assurance de 
l'affection et de la charité que je vous porte à tous en 
Jésus, Marie et Joseph. 

t C, Ev. DE St-Hyacinthe. 



CIRCULAIRE 

Au «lUet de» Conrërvnc» et des ceuvreii diocéaaine* 

EvÊCHÉ DE St-Hvacinthe, 3 avtil 1869. 

Messieurs et chers collaborateurs, 

Je vous présente sans aucune observation le résumé 
analytique des Conférences de l'année 1868. Vous vous 
expliquerez aisément la cause du retard que j'ai apporté 






— 187 — 

à vous faire connaître le résultat de vos études sur toutes 
les questions dont vous aviez à vous occuper, en lisant le 
préambule de la Lettre Circulaire ;i la suite de laquelle je 
fais imprimer >-e résumé, ainsi que les sujets de Conférences 
pour la présente année. La première Conférence, qui se 
tient ordinairement en hiver, devra avoir lieu en mai ou en 
juin, et la seconde appelée Conférence d'été, devra se 
tenir en septembre ou en octobre. Messieurs les prési- 
dents sont chargés de fixer les jours et les lieux où elles 
devront être tenues. Vous trouverez aussi, à la fin du 
présent cahier, le compte rendu des œuvres de la Propaga- 
tion de la Foi, de la Sainte-Enfance, des Zouaves Pontifi- 
caux et des Orphelinats de l'Algérie, — mentionnées dans 
le cours de la Circulaire, — ainsi que l'ordre de la Visite 
pastorale de cette année (*). Je vous prie de donner 
communication du résultat de ces œuvres à vos paroisses 
ou missions, afin qu'encouragées par le succès, elles fas- 
sent au moins aussi bien cette année que par les années 
passées. Insistez surtout sur l'œuvre de la Propagation de 
la Foi, qui intéresse si vivement les missions du diocèse, 
auxquelles elle a jusqu'ici été d'un si grand secours. 

Je demeure bien amicalement, Messieurs, votre très 
humble et obéissant serviteur, 

f C, Ev. DE St-Hvacinthe. 



RESUME 

Des ConrCrenoes Eccl^sloatlque» tenue* dauii le dloeèse eu 
l'année 186M 






' -t'i 



m 



CONFÉRENCE DE L'HIVER. 
THEOLOGIE. 

Cas de conscience. 
Charles vient d'hériter. II se décide à vendre par encan 
tous les biens meubles composant l'héritage. Il sait que 

(*) Cet itinéraire est renvoyé à la lin avec les autres. 



'm 



il 

ni. 



f* ! 





r 





— 188 — 

dans la bibliothèque, il y a un certain nombre de livres où 
Il ma:.que des feuilles à différents endroits; qu'il «manque 
un vo ,„e d'un ouvrage, et comme il n'y a pas de catalo- 
gue, cela ne sera très problablement pas remarqué ; qu'un 
des chevaux est atteint d'un vice difficile à découvrit et d 

frTl'A ? ^"^^ P°'"' ^'^ ^°"' <^^'- à l'encanteur, qui 
P o ède a la vente selon toutes les formalités usité;s' 

exD es 'r T ""'• ^'^'^'"^ ""°'^ ^" enchérisseurs 
exprès pour fa.re monter les objets à un prix plus élevé 
qu la valeur réelle, mais avec ordre de ne rien acheter 
Les acheteurs ne s'aperçoivent de rien et les choses se 
pas ent comme Charles le désirait. Un de ses amis qu'i 
avait mis dans le secret, lui dit nettement que sa cons 
aence est engagée. Inquiet, Charles soumette casTun 
théologien qu. examine : i« Si et quand le vendeur d'une 
chose est obligé d'en faire connaître les vices; .o,^;;;. 
ment on doit appliquer ces principes à la vente par encan 
telle qu'elle a eu lieu dans ce cas ; 30 ce que Charles es 
par conséquent, obligé de faire. ' 

R. A la première question, les réponses n„t été en 
substance les mêmes pour toutes les Confé. niais en 

gênerai on s'est abstenu de donner les ^. . ,ppem „' 
nécessaires pour élucider pleinement cette matière Voie 

sTeutr" T" '" ^''"""^ '^'^'^'" ^"'-^' d°»-es plu- 
sieurs Conférences, ainsi que des développements appuyés 
de preuves, qu'ont envoyés les autres Conférences 

Les principes, en ce qui regarde les défauts de la chose 
vendue, sont ainsi posés par saint Thomas (2.3.0 7,) A 
1 article 2^, il distingue trois sortes de défauts : le premier 
regarde , nature même de la chose; le second regarde la 
quantité, la mesure; le troisième, les qualités, v.g vendre 
un cheval infirme pour un cheval sain. Ces trois défauts ren- 
dent la vente Illicite et obligent le vendeur à restituer : non 
solum pcccat sed etiam ad restiiutioncn tenetur. A l'art 
3me II examine si le vendeur est tenu de faire connaîtra 
les défauts de l'objet qu'il vend: il pose ce princ^ 



— 189- 

" Vcnditor qui rem vendendam proponit, ex hoc ipso dat 
" emptori occasionem damtii vel periculi, quod rem vitio- 
" sam ci offert, si ex ejus vitio damnum vel periculum 
" incurrere possit. Damnum quidem, si propter hujusmodi 
" vitium, res quœ vendenda proponitur minoris sit pretii ; 
" ipsc vero propter hujusmodi vitium nihil subtrahat. Pe- 

" riculi autem si usus reddatur impeditus vel noxius, 

" v.g. vendere equum claudicantem pro veloci, ruinosam 
" domum pro firma ; unde si hujusmodi vitia sint occulta, et 
" ipsa non detegat, erit illicita et dolosa venditio et tene- 
" tur venditor ad danini recompensationem." Puis il ajoute : 

" Si vitium sit manifestum, puta si equus sit monoculus 

" et propter hujusmodi defectum stibstrahat quantum 
" oportet de pretio, non tenetur ad manifesUndum rei vi- 
" tium." 

La doctrine des théologiens modernes est fondée sur 
ces principes. Le P. Gury les résume en disant : i^ que 
le vendeur est toujou -s obligé de faire connaître les dé- 
fauts qui dénaturent la substance de l'objet qu'il vend, ou 
le rendent nuisible ou inutile; 2° il doit encore manifes- 
ter tous les défauts sur lesquels il est interrogé ; 3° dans 
es autres cas, il n'est pas obligé, pourvu qu'il diminue le 
prix en proportion des défauts, afin de ne pas vendre plus 
cher que la valeur réelle. Mais il peut prendre pour base 
de son calcul le prix le j)lus élevé, pretium summum, 
pour en déduire la réduction au prorata des défauts (Gury, 
Comp. theoL, n° 882). C'est aussi la doctrine de S. 
Liguori [n" 823 et' seq.], lequel dit aussi qu'il faut déduire 
du prix de vente, la valeur des défauts qu'on n'est pas 

obligé de déclarer. Car, aun» 823 il dit : " dummodo 

" non vendatur res ultra justuni pretium, saltem supre- 
" muvn, quanti res valet, habita ratione illius vitiiocculti." 

Ainsi, dans les contrats de vente ordinaires, il faut dé- 
clarer: i" tous les défauts sur lesquels on est interrogé ; 
2° tous les vices substantiels. Même dans les cas où cette 
obligation n'existe pas, il faut faire une déduction sur le 



'M 



■-^: 



I 






'■■% 



i.Ci' 






Il 



Ë-Ë 



— IJjO _ 

^fix, afin de prendre en considération les ,/é/aufs qu'on ne 
découvre pas. 

2. Comment appliquer ces principes au contrat de 
vente par encan ?. 

R Toutes les Conférences, à l'exception de deux, ont 
etedavis que ces principes ne s'appliquent point à la 
vente par encan ; par conséquent que Charles n'est tenu 
a rien, excepté pour la fraude qu'il a commise en envoyant 
de faux enchérisseurs. L'argument est ainsi donné par 
une des Conférences, et il résume les autres : "Dans le 

cas présent, le vendeur n'est pas tenu défaire connaître 

les défauts des objets à l'enchère; car il est reconnu 
^^ que Ion peut vendre à un prix plus élevé que la valeur 

réelle, et que les enchérisseurs, au moins dans le pays, 

n exigent aucune garantie quant à la nature et aux qua! 

lues des objets mis à l'encan." 

Une des Conférences, sans aller tout à fait aussi loin, 
d.t: Le vendeur n'est tenu de découvrir que les vices 

qui changent la nature de la chose".... et on a cité 
saim Liguon, sans reproduire ses paroles et sans indiquer 

rJ!'''^^'^ ^'f '''''''' "'°"' ^'' ^'-^ devoir admettre 
c te solution. Le contrat de vente par encan, ont-elles 
dit, do.ineb.t.i une certaine latitude au vendeur, vu qu'il 
y a quelque chose d'aléatoire dans cette transaction au 
moms en ce qui regarde /./;-.;., lequel est plutôt fixé par 
1 enchère que par l'estimation commune ou la valeur réelle 

"toVd hT""''?''''" '' qui "regarde lamanifesta- 
^^ tion des de auts, l'obligation reste substantiellement la 

" ZZn , '"''"' ^' ^'" '°" ^'^"^ ^^ dire quant 
" nar S 7 ' T!"^^"' '' ^'''''''' "'"verselle, énoncée 

aèsit/raus." En quoi peut consister cette fraude ? Non 
pas a vendre la chose plus que sa valeur réelle, puisque le 

•' ou^ f f r f ■ '"'"^""- ''^'"' ^■•^-^' '^ -^^ donc 
qu^ (fraus) vel intervenire potest ex parte venditoris, 



I 'M 



— 191 — 

" nempe si ceUt occultum vitium rei, aut si immittat fictos 
" licitatores." 

Ainsi, d'après S. Liguori, ne pas manifester les défauts 
occultes, cachés, constitue une fraude dans l'encan. Les 
enchérisseurs sont induits en erreur^ car le point de 
départ pour enchérir ne serait pas le même, et ils n'iraient 
pas si loin dans leur enchère, s'ils connaissaient ces vices. 
Il n'y a donc pas égalité entre eux et le vendeur et toutes 
les chances sont en faveur de celui-ci. 

Ces deux Conférences n'ont pas vu clairement que " les 
" enchérisseurs, au moins dans ce pays, n'exigent aucune 
" garantie quant à la nature et aux qualités des objets mis 
«' à l'encan." Cela peut être le cas dans certaines ventes 
à l'enchère, mais elles croient qu'on n'agit pas ainsi de 
bonne foi, et en principe, cette manière d'agir ne doit pas 
être tolérée, puisqu'elle paraît contraire à la nature du 
contrat. 

3. Toutes les Conférences ont décidé que Charles devait 
restituer l'excédent du prix procuré par les faux enchéris- 
seurs 3 il a agi directement et clairement contre la nature 
de la vente par encan. 

A l'exception des deux Conférences susdites, on n'oblige 
Charles à rien autre cboj? ; les uns parce qu'ils ne le con- 
sidèrent pr^s comme tenu de faire connaître aucun défaut • 
les autres parce qu'ils ne voient dans les défauts men- 
tionnés que des défauts purement accidentels, manifestes. 
Les deux autres Conférences obligent Charles, vu les prin- 
cipes exposés plus haut: 1° à restituer pour la totalité 
du prix ou une partie seulement, suivant évaluation, en 
ce qui regarde les objets frappés de vices substantiels et 
cachés, V. g. le cheval et l'ouvrage dépareillé par l'absence 
d'un volume; 2" &n théorie, à restituer en raison de la 
diminution de valeur pour les feuilles qui manquent, à 
moins que, vu les circonstances, les acheteurs n'aient dfi 
s'attendre et s'exposer à ce mécompte, car alors ils n'ont 
pas été trompés ; 3° à restituer pour l'excédent causé par 



nr- 









' 1 ^f 

. I ■ 



r,« 






',:<.■> \i\. 






!i; ^"4 



î.t;à 



ik 




I 




— 192 — 

les faux enchérisseurs. Telles ont été les solutions que 
1 on a données a cette question. 

LITURGIE. 

1° Combien peut-on allumer de cierges à l'autel nm, 
dant la messe et les offices solennels? ^ P^"" 

2- Combien peut-on en allumer pendant une messe 
basse célébrée par un simple prêtre ? 

R. i" Toutes les Conférences, une exceptée, ont été 
dav,s que pour les fêtes solennelles il faut si^ cierges 
C est ce qu'md.que le Cérémonial des Evoques : " Sut>ra 
vero m planifie altaris adsint candelabra scx^^ (Lib I 
c. XI , n • IX, 12). Les dimanches et fêtes de pré- 
cep e, le même nombre est exigé, ou au moins est conve- 
nable (n» .4). Quant aux fêtes moins solennelles, ainsi 
quaux dmianches du Car.me et de l'Avent. on n'en do 
mettre que quatre (B. C, n^ .4). Voyez lussi vl^l 
dice au R.tuel, p. VII, n- ., où l'on dit "que le Ce 
dnnanche de l'Avent, le IVéme du Carême e^ celui d"s 
Rameaux, ams. que ceux où il se rencontre quelqu 
solennité, on met s.x chandeliers sur l'autel... Il est S 
vra. comme l'a remarqué une Conférence, que de Herd" 

":":^U:t^S2rs;::^"^j:.rrv" 

fondé <=!, ri, K- "'^ **' "^^"^ SIX. Gava»f»slni-mème, 
fonde sur la rubrique ..eùamsi essenL.plura vel pauciom 
cande^ra, paraît admettre un plus grand nombre d" 
cierges .« soiemmortbus missis regulariter sex in linea 

(ex tit. IV partie 2, n- 5). Un certain nombre d'auteurs 

le?:: 1 te "T "'"^"^ ^°™"^ '^^^^^-- ^-" - 

les cas dit la Conférence précitée," Ux dubia, lex nuUa ■ 
or la loi dont il s'agit est douteuse : donc Ile n'o^t 

ruTrerc::fr" ^"^""■"-'^-^--- Néanm::' ; 

autres Confé ences y ont vu une loi /;-<?..///z„ , le sens 
preceptif est d'ailleurs plus conforme à l'usage du diorése 



— 193 — 

et à l'ensemble du Cérémonial, qui fait ajouter un septième 
cierge pour l'Evoque; or cette rubrique n'aurait i)lus 
fjUère de raison d'être ni de signification mystique si, 
comme l'observe Mgr de Conny, à la messe d'un simple 
prêtre, on mettait plus de six cierges. 

-■Rien n'empêche cependant de disposer un plus grand 
nombre de cierges à côté de l'autel. De cette manière on 
pourra satisfaire un goût légitime pour la beauté du culte 
sans crainte d'aller contre la rubrique et l'uniformité si 
désirable. 

R. 2» (a) A la messe d'un simple prêtre, il faut deux 
cierges allumés (Rub. Missae). (b) Il peut y en avoir 
plus de deux, " saltem duo" (pars I, tit. XX). (c) Mais cet 
usage est/>r^^/^^ chaque fois qu'il a pour motif une distinc- 
tion personnelle à l'égard du prêtre (Décrets du 9 août 
1627, n» 699, et des 5 juillet 1631, et 19 juillet 1659). {d) 
La solennité du jour, la messe paroissiale, la messe 
conventuelle, voilà des circonstances qui pourraient 
autoriser à mettre plus de deux cierges. "Si missa sit 
parochialis vel alicujus communitatis (Décret du 12 sept. 
1857). Voyez aussi Analedajuris Pont., 3e série, p. 354.' 

ECRITURE SAINTE. 
L'apôtre saint Paul met souvent les chrétiens des pre- 
miers temps en garde contre les pratiques de la Loi ■ il 
leur reproche (vid. Ep. ad Gai.) d'être retournés aux 
observances de cette loi. Notre-Seigneur dit positivement : 
Non veni solvere legem, sed adimplere, (Matth., V, 17). 
Quel est donc le sens de ces paroles et comment 'saint 
Paul a-t-il pu parler comme il l'a fait ? 
^ R. Notre-Seigneur parle de la partie morale de la loi : 
c'est ce qui ressort clairement de tout ce chapitre et des 
suivants. Or, il n'est pas venu abroger cette partie, fon- 
dée sur la loi naturelle. Il la pratique, l'explique et la 
complète, donne la grâce de l'accomplir (Vid. Dis Aug 
lib. 17 contra Faustum, c. ult. et alibi passim). Même 
T. m J3 



.y4j 



\-i 



f 



-.,'1 Vf* 



m, 

'•■■*;♦ i 

■■ i '> • 

'M 

iV'lJ 



M' ,ï, ^ 






. (' 




'^tiéln 



m 



m 



— 194 — 

I50ur la loi cèrimonielle, il l'accomplit en réalisant en 
lui-mCme ce qui, chez cette loi, n'était que figuratif, en 
mettant la réalité à la place des figures (S, Hilaire, S. 
Augustin et les autres interprètes). 

Saint Paul reproche aux chrétiens judaïsants de mettre 
leur confiance dans les pratiques de la loi mosaïque, avec 
ses cérémonies, ses ablutions, ses sacrifices ; d'y chercher 
une source de justification, alors que par la réalité de 
Jésus-Christ, ces figures étaient accomplies et que, simples 
ombres, elles avaient fait place à la réalité substantielle en 
qui seule se trouvait dès lors le salut. L'Apôtre revient 
souvent sur ce point. Le développement de cette idée 
occupe une grande partie de l'Ep. aux Romains et de l'Ep. 
aux Galates. Il n'y a donc évidemment aucune contra-* 
diction entre ces paroles et celles du Sauveur : la doctrine 
n'est même qu'une conséquence de ce que N.-S. dit au 
chap. V de S. Matthieu. 



CONFÉRENCE D'ÉTÉ. 

THEOLOGIE. 

Cas de conscience. 

Arthur (protestant) habitait en pays infidèle. Devenu 
veuf d'une femme infidèle, il épousa Flora (aussi infidèle) 
sœur de la défunte. En cela il méprise les lois du pays' 
Plus tard, revenu en pays chrétien, il se ravise, abandonne 
Flora et, avec une conscience douteuse touchant la vali- 
dité de cette nouvelle alliance, il épouse Malvina (protes- 
tante), qui lui donne plusieurs enfants. Quelques années 
après tous deux se convertissent à la religion catholique 
et, avant de recevoir le baptême sous condition, Arthur 
déclare au curé les circonstances du 2me et du sme mariage 
ajoutant : i" que Flora est morte deux ans après qu'il eut 
épousé Malvina; 2° que Malvina a toujours ignoré ses 
liaisons avec Flora. Quelle conduite doit tenir le curé? 

R. Les diverses Conférences se sont bornées à donner 



— 195 — 

une conclusion pratique, sans développer les raisons à 
l'appui, et les comptes rendus ne reproduisent presque 
aucune des discussions auxquelles ont pu donner lieu les 
différents points de doctrine que soulevait ce cas. On a 
dit : Le curé doit se contenter de bénir l'union d'Arthur 
et de Malvina, sans exiger un nouveau consentement : ce 
dernier mariage seul est valide. La première union était 
nulle pour empêchement de disparité de culte ; ce mê- 
me obstacle et, de plus, l'affinité, s'opposaient au second. 
Le protestantisme d'Arthur ne l'empêche pas d'être 
soumis aux lois de l'Eglise. 

LITURGIE, 
i' Quand un prêtre s'aperçoit d'une manière certaine 
qu'il y a une faute dans l'Ordo, par exemple, dans la 
translation d'une fête, que doit-il faire ? 

2" Dans le cas de doute positif, peut-il.-sans autre exa- 
men, s'en rapporter à l'Ordo ? 

R. i" Si la faute est évidente, il ne doit pas suivre 
rOrdo, mais s'en tenir à la rubrique. C'est la décision 
unanime de toutes les Conférences, moins une qui, s'ap- 
puyant : i° sur le décret du 13 mai 1835 ; 2' sur l'uni- 
formité que l'on doit faire régner dans les offices sacrés, a 
décidé qu'il fallait s'en tenir \ j'Ordo, dans tous les cas.' 

Les autres Conférences -a dit: L'Ordo n'est pas une 
loi rubricale, il n'en est que l'exposition. Si donc, il est 
évidemment contre la rubrique, il ne peut être considéré 
en aucune façon comme exprimant la pensée du législa- 
teur. Dans le cas d'une erreur évidente, il n'y a guère à 
craindre que l'ordre établi soit troublé, si l'Ordo n'est pas 
suivi. L'erreur étant évidente,\.o\is, ou à peu près tous ceux 
que cela regarde, pourront facilement découvrir cette erreur 
et la corriger. 

Le décret du 13 mai 1836 n'est pas contraire à cette 
décision, puisqu'il ne parle tout au plus que du cas où l'er- 
reur paraît certaine, ce qui n'est pas du tout la même chose 
qu'une erreur évidente. 



-H 






W 



•iy^i 



^ 



i 






' t s 



il;* 

-'if 












„ ^* 





— 196 — 

R. 2' On doit suivre l'Ordo tant que l'erreur n'est pas 
évidente. La S. Cong. des Rit., 13 mai 1835, ainsi interro- 
gée : i" "An in casil)usdubiisadiiœrendumsit kaiendario 

" dicecesis etiamsi quibusdam probabilior videtur sen- 

" tentia kalendario opposita Et quatenus affirmative, an 

" idem dicendum, de casu quo certumalicui videtur errare 
"kalendaiium? R. Standum kalendario. 

ECRITURE SAINTE. 

i.'otre-Seigneur dit : " Nemo venit ad me nisi Pater 
" traxerit eum" (S. J., VI, 44). S. Paul : " Non volentis, 
" neque currentis, sed miserentis est Deus " (ad Rom., IX, 
v. 16^, et encore, v. 18 : "Cujus vultmisereturet quos vult 
" indurat." 

Ces textes prouvent très bien la nécessité de la grâce, 
mais comment faire voir qu'ils n'indiquent pas 1° que le 
libre arbitre soit détruit par la grâce; 2° que le mal, au- 
tant que le bien, soit l'œuvre de Dieu, dont l'Apôtre dit : 
<' quem vult indurat ? " 

On a ainsi répondu : " 1° Les paroles de N.-S. n'offrent 
aucune difficulté : " dire que la grâce est nécessaire, ce 
n'est pas indiquer que le libre arbitre soit détruit. Plu- 
sieurs Conférences ont cependant très bien développé, 
d'après saint Augustin, le " modus operandi " de la grâce 
divine et ont clairement démontré qu'elle ne s'oppose 
point au libre arbitre de l'homme. 

2° La difficulté, si elle existe, se trouve dans les paroles 
de l'Apôtre. On l'a senti, car ces textes ont été expliqués 
avec soin, perspicacité et science. 

Nous reproduisons le procès- verbal d'une des Conférences 
qui renferme la substance de tout ce qui a été dit su: ce su- 
jet dans les autres Conférences. 

Les paroles "neque currentis" (v. i6) s'expliquent facile- 
ment sans danger pour la liberté humaine. S. Paul examine 
comment nous vient la justification. C'est le but principal 
de l'Ep. aux Romains. Or, l'Apôtre fait voir aux Juifs que 



— 197 — 

la justification ne leur vient pas de la Loi ; et aux Gentils 
il démontre qu'ils n'y sont pas arrivés par leurs efforts 
naturels ; pour les uns comme pour les autres, la cause 
c'est la miséricorde de Dieu. En particulier il prouve par 
l'exemple de Jacob préféré gratuitement à Esali, que les 
Gentils sent justifiés par la pure miséricorde de Dieu, 
tandis que les JuifS; comme peuple, sont rejetés. Donc, 
conclut-il, nequecurrentis, etc. Cette justification n'est pas 
le résultat d'une volonté naturelle (neque volentis), ni 
d'efforts naturels (neque cunentis), mais elle vient de Dieu, 
(sed miserentis est Dei). D'où il est facile de voir que Lu- 
ther, Calvin, et les Jansénistes se sont totalement mépris 
sur le but général de l'Apôtre dans cette épître et sur 
le sens particulier de ce texte (Voyez v^^ornelius a Lap. et 
Picquigny). 

Ainsi, tout ce qui ressort de ce texte, c'est l'entière gra- 
tuité de la vocation à la foi et à la justification ; il n'y est 
aucunement question d'un conflit entie la grâce et le libre 
arbitre. 

" Quem vult indurat," etc. Pour développer sa pensée au 
sujet de la vocation gratuite à la foi et à la justification, et 
en particulier, afin d'expliquer pourquoi les Gentils sont 
appelés, tandis que les Juif», comme peuple, restent dans 
l'endurcissement, il tâche de faire comprendre à ceux-ci 
que Dieu est maître de ses dons et, par conséquent, qu'il 
a pitié de celui qu'il veut, et laisse dans son endurcisse- 
ment celui qu'il veut. C'est au sujet de Pharaon que ces 
paroles ont été dites, et cette circonstance fait bien voir 
que, dans l'idée de l'Apôtre, Dieu n'est pas la cause du mal. 
Il est, en effet, très vrai que Dieu a endurci le cœur de ce 
roi, mais négativement, pour ainsi dire. Il lui a refusé la 
grâce spéciale et l'a ainsi Sbondonné à sa malice. Il le 
traitait avec douceur ; alors le cœur du roi s'endurcissait 
et Dieu, en le traitant ainsi, permettait qu'il s'endurcît, 
mais ne procurait pas positivement ce résultat. Il le procu- 
rait négativement et indirectement, permissivement, pour 






'-' . 



Iv 



m 



■{ 



-m 



I ■ 



i 



th ' 






^ 


Jli 1 


jt 






s '■■ 




i '^.' 




— 198 — 

ainsi dire (quem vult indurat), en le traitant bien et en ne 
lui envoyant pas la grâce spéciale, à laquelle il n'avait 
aucun droit, puisque c'est une grâce; et d'ailleurs il avait 
la grâce suffisante et commune, comme l'Ecriture sainte 
l'indique par les avertissements deux fois répétés, les prodi- 
ges, les menaces. 

Dieu n'était donc pas la cause directe et positive du mal, 
de l'endurcissement de Pharaon ; il l'était négativement en 
ne lui faisant pas la miséricorde d'une grâce spéciale, dont 
l'absence a laissé le roi dans sa malice. Les paroles de 
l'Apôtre n'ont donc pas le sens impie que leur donne 
Calvin ; elles sont un argument a pari contre les Juifs et 
les Gentils, pour leur prouver que Dieu n'est pas plus in- 
juste envers les Juifs en ne les appelant pas, qu'il ne l'a été 
envers Pharaon en ne lui donnant pas la grâce efficace. 
Mais que les Gentils ne se glorifient pas, car s'ils sont 
appelés, c'est par une vocation et une miséricorde toutes 
gratuites Ccujus vult miseretur). 



SUJETS 

De Conférences pour 1869 

1ÈRE CONFÉRENCE. 
THEOLOGIE. 

Mathilde a prêté à Jean, son époux, une somme assez 
considérable prise sur ses biens propres. Jean, avant de 
rendre cette somme, se trouve forcé par ses créanciers à 
faire cession de tous ses biens. Alors Mathilde met secrè- 
tement de côté, de l'argenterie appartenant à son mari, 
jusqu'au montant de la somme prêtée. On demande si' 
elle peut en sûreté de conscience garder cette argenterie. 
ECRITURE SAINTE. 
Quel est le sens des paroles de Notre-Seigneur rappor- 
tées au chap. XVI, v. 8, 9, 10 et 1 1 de saint Jean ? 



— 199 — 

LITURGIE. 

1° L'usage de sonner la clochette au Domine, non sum 
dignus, pour rappeler à l'attention des fidèles présents à 
la messe, que le moment de la consommation du sacrifice 
est arrivé, et les avertir en même temps qu'ils aient à se 
présenter, s'ils y doivent communier, eût-il pu être cou- 
sidéré comme un usage louable et immémorial? Existe- 
t-il quelque loi ou règle liturgique qui condamnât et pros- 
crivît cet usage ? Eût-il pu être conservé? Pourrait-il 
être rétabli en conformité au dés î bien des curés, vu 
surtout qu'il n'a pas été aboli dans tous les diocèses de la 
province ecclésiastique, où il était autrefois général? 

2° La rubrique du Missel dit : et ab eadein parte Epis- 
tolœ paretur cereus ad elevationem Sacra menti accendendus. 
L'autorité de l'Eglise a-t-elle dernièrement urgé l'exécu- 
tion de cette rubrique, et rétabli l'usage de ce cierge géné- 
ralement tombé en désuétude ? Y avait il, et y a-t-il encore 
obligation de mettre cette rubrique en pratique, en réta- 
blissant l'usage de ce cierge? 

3' Le Missel s'imprime toujours avec la rubrique sui- 
vante qui a trait à ceux qui viennent d'être communies : 
" Minister autem dextera manu tenens vas cum vino et 
" aqua, sinistra vero mappulam, aliquando post sacerdo- 
" tem eis porrigit purificatorium, et mappulam ad os abs- 
" tergendum." Le Ritue! Romain dans ce qu'il règle sur la 
manière de donner la communion hors le temps de la 
messe, en son article " Ordo administrandi sacram com- 
" munionem," renferme la même rubrique sur le vin et 
l'eau, et le linge à présenter à ceux qui ont communié. 
Faudrait-il raisonner de cette rubrique, partout tombée 
en désuétude, comme de la rubrique du troisième cierge, 
qu'il faudrait préparer, d'après la rubrique du Missel, pour 
l'allumer à l'élévation ? 



.T''^| 




, f 




?[■'■ 


( 




h 


1 (; 




- 


'! ' 








' 1. 1 ■ I 

■ 1' ~ - 1 


'*'r '' ' ■ 4 fi 




f 



,..,..M 









■S ■> 

im 



'■'', i'". 



If^^v 



! 



1 ■/ * 



'; I 




— 200 — 

2ME CONFÉRENCE. 

THEOLOGIE. 

Sévère, prêtre missionnaire, éprouve certaines craintes 

a la su.te d une mission pendant laquelle il a entendu un 

grand nombre de confessions. Voici la cause de ses scru- 

i; Il n'a aucunement inquiété un cultivateur qui lui 
avait fait connaître qu'il gardait chez lui une quantité de 
tabac plus considérable que celle permise par la loi et au 
delà de laquelle ,1 faut faire déclaration : même il en vend 
quelques livres au besoin. 

«° Il adonné l'absolution à un marchand qui, entre 
non dé 7." '^ commerce, possède et vendVtabac 

l-mpot. Sévère l'a absous sans rien exiger ni pour le 
passe, ni pour l'avenir, se contentant de l'exho'rter en 

fan : s T 'f\ •''^ '^""'^"^"^ ^---^ --"te- 
cience , 2^ s il y a heu à restitution, et à qui • ,^ ce 
qu'il faut penser de la pratique de Sévère. ^ '^ " 

ECRITURE SAINTE (Jean, VIII, «). 
^^ N -S. dit aux Juifs : « Vos ex pâtre diabolo estis et de- 

" in?t^".f''"' ''''" '"^''^ ''''''■ ^"^ h°™'^ida erat ab 
^^ mitio et m veritate non stetit : quia veritas non est in 

eo : cum loquitur mendacium ex propriis loquitur: quia 

mendax est, s.cut et pater ejus." Quelle est donc l'expHca- 

tion a donner de ce texte ? N.-S. semble assurément y 

S -^ '« r*""-' ^'P^"d^"' '1 P^'-le de lui comme d'un 
homicide " ab mitio " ; il parle aussi de son père. « et pater 

' ■ L'TURGIE. 

i" A une messe chantée, ceux qui assistent au chœur 
sans servir a l'autel, doivent-ils faire le signe de la croix 
aux paroles du G/oria in e^ceisis, " cum Sto Spiritu in 



— 201 — 

gloria Dei Patris;" et aux paroles du Credo, " et vita.m 
venturi sœculi ; " et à " Benedictus qui venit " du Sanctus, 
en même temps que l'Officiant le fait en récitant ces pa- 
roles ? ou doivent-ils attendre, pour le faire, que ces mêmes 
paroles soient chantées au chœur ou à l'orgue ? Que doit 
faire l'assemblée des fidèles ? se signer en même temps 
que l'Officiant, ou bien attendre, pour le faire, que l'on 
chante ces paroles ? . 

2° Y a-t-il quelque décision de la Congrégation des 
Rites relative à la manière de chanter les versets et les 
oraisons à la bénédiction solennelle du saint Sacrement? 
Et s'il y en a quelqu'une, que règle-t-elle, et que doit-on 
faire d'après cette décision ? 



Recette et dépense de r Œuvre de la Propagation de la Foi 
pour r année finissant /<? 31 décembre 1868. 

RECETTE. 

St-Hyacinthe $158.20 

Séminaire 10.32 

$ 168.52 

St- Denis 160.03 

St-Pierre de Sorel 150.00 

St- Antoine '3S'°S 

St-Césajre 100.00 

Notre-Dame de St-Hyacinthe 85.42 

Notre-Dame des Anges de Stanbridge 84.00 

St-Aimé , 80.00 

St-Mathieu de Belœil 78.56 

Ste-Rosalie 68.37 

St-Jean-Baptiste 66.15 

St-Athanase 63.26 

St-Simon 62.45 

La Présentation 49.30 

Ste-Marie 40.00 

St-Charles 34.16 

St-Dominique.. 34'OS 

Notre-Dame du Richelieu 32.50 



'M 



'■â\ 



i 






4 'j 



t- 



M 



'#' 



îi'.i 



W'^ 




— 202 — 

St-Marcel (pour 1868) 

" (pour 1867) 32-33 

St-Marc '3-62 

St-Hugues 30.00 

St-Pie .'."". • 28.00 

St-Mathias.,'....." ^7°° 

St-Barnabé "." ^7-°° 

St-Jude ".■'.■;" 2^-86 

St-Michel de Sherbrooke ^'^•°° 

St-Ephrem ".'.""IZ.".'.'.'."!!! ^'^'°° 

St-Jean-Baptiste de Roxton ^'■^° 

St-Grégoire... ^'•°3 

St-Robert 2°°S 

St-Sébastien " ^°°° 

St-Alexandre '°-°° 

St-Liboire .!..!........ '^'°° 

Ste-Croix de Dunham '^"^^ 

Ste- Victoire ï.ï.ï".'.'.*.".".'. '°"^^ 

St-Georges (pour 1868). '°'°° 

" (pour 1867)....!.T."."".'.". l°l 

Ste-Hélène ^-30 

St-Ours Z........ *°° 

Ste-Angèle 7-3S 

St-Valérien.,....'..'.."'." 7-°° 

4.00 

Excédent de 1867 $1919.80 

Vente d'objets sacrés..'..".* '^S-oo 

20.50 

$2115.30 
DÉPENSE. 

Eglises des missions 

Aux Missionnaires .".'!!."..."!..'.*.'."".' $1090.41 

Pour ornements, livres, cierges," etc.'".'.".'.'.". ^^'^'^^ 

Mandements et circulaires 203.20 

Visite pastorale et voyages "..'" 'S'-OS 

Remis aux Conseils Centraù'x.'.'.'..'.'"!!.' ^'^° 

Correspondance ".",", ^'^ 

Transport d'Annales.. ""'*'' 

2.59 

$2089.05 



32-33 
13-62 
30.00 

28.00 
27-00 

27.00 
26.86 

24.00 

24.00 

2I.S0 
2I.03 
20.0S 
2O.00 
20.00 

16.00 
12.36 

IO.S2 
lO.OO 

9.00 

8.36 
8.00 

7-3S 
7.00 
4.00 



$1919.80 

175.00 
20.50 

$21/5.30 



$1090.41 

524.35 

203.20 

151.05 

60.20 

44.80 

12.41; 

2.59 

$2089.05 



— 203 — 

Recette totale 2115.30 

Dépense totale 2089.05 

Excédent en recette $26.25 



Œuvre de la Sainte-Enfance pour Vannée 1868. 

St-Aimé, Paroisse $21.30 

" Couvent 15.20 

" Académie 7.50 

$ 44.00 

N.-D. des Anges de Stanbridge 38.60 

St-Hyacinthe 27.76 

St-Alexandre 24.00 

St-Mathieu de Belœil 24.00 

St-Pierrede .Sorel 2200 

St-Simon 20.55 

St-Antoine 15.00 

St-Jude 14-00 

St-Dominique 13.68 

Couvent de St-Georges 13-^5 

St-Césaire 13-00 

St-Ours 10.00 

St-Bamabé 10.00 

St-Sébastien 9-00 

Ste-Marie 7-^0 

St-Robert 7-50 

St-Athanase 7.00 

St-Hugues $2.50 

'' Couvent 4.50 

7.00 

Ste-Rosalie 6.61 

St-Liboire 5.00 

St-Mathias 4.47 

St-Pie 4.32 

St-Marc 3.96 

StMarcel (pour 1868) 2.60 

" (pour 1867) 4.33 

La Présentation 2,50 

Ste-Hélène 2.10 



\ 



à 

f'-' 






l'. 

t'M 



'Nil 



•fil .. 



' n 



If II 

;'l 'if. '.j fi 



■'^^:»i 



II-::- 



!'!ij' 





m 
( 


i4 




.H ■' l 

i "M 


f' 


:': 'vi 




' ' ■■■• 


* 




m% 



lu ;,'!' 



— 204 — 

Ste-Angèle 

Notre-Dame du Richelieu !.'"".'" '.".'.■".■■ 'oo 

i.oo 

Payé pour le transport des Annales.. ^266.23 

2.01 

— $364.22 

Œuvre des Zouaves Pontificaux en f année 1868 
St-Ainié 

Par un paroissien.',".'..".*, S^So.cxj 

200.00 

St-Pierre de Sorel ' $ 4So.oo 

St-Césaire 346.00 

St-Hugues 322.00 

Notre-Dame de St-Hyacimiiëy.",".".!".". ^^^-^5 

St-Hyacinthe 270.00 

St-Michel de Sherbrooke.'.....,',. '^^-oo 

N.-D. des Anges de Stanbridgë.'.!".'.',".'.",'. '^°'°° 

St-Antoine i88.oo 

St-Mathieude Beloeil 'S9.oo 

Ste-Rosalie I40.00 

St-Charles 10800 

Ste-Marie loo.oo 

St-Denis ' 98.20 

St-Hilaire 93.oo 

St-Robert 80.00 

St-Sébastien 80.00 

St-Jean-BaptistedeRoxton. .!*.!*...."..!'.'. ^°*°° 

St-Simon 60.00 

St- Alexandre 54.oo 

St-Athanase So.oo 

St-Jean-Baptiste So.oo 

St-Roch * 39.4s 

St-Marc 3S.oo 

Ste-Croix de Dunham "."]"..!.", 32.91 

La Présentation *,[^ 29.50 

St-Romuald de Famham "„„'' ^^"^ 

St-Bamabé 26.00 

St-Pie []"" 25,00 

St-Ours ]** 22.00 

21.00 




■ ? ; IJ' 



■ ', ïi 



— 206- 

St-André de Sutton 21.00 

St-Georges 20.00 

St-Marcel 20.00 

St-Jude 18.00 

St-Dominique 18.00 

St-Liboire 17.00 

St-Grégoire 15.00 

St-Mathias 14.2^ 

Notre-Dame de Stukeley 14.00 

St-Ephrem 12.00 

St-Paul 12.00 

Ste-Hélène 11.50 

Ste-Victoire 10.00 

Ste-Cécile de Milton 7.00 

St-Valérien 5.00 

$3852.06 

Œuvre des Orphelinats de PAgérie en 1868. 

St-Hyacinthe ; $ 292.43 

St-Pierre de Sorel 172.00 

St-Ântoine ^0,00 

St-Ours 36.05 

St-Grégoire 36.00 

St-Pie 35.86 

N.-D. de Stanbridge 32.15 

St-Robert 30.20 

Ste-Hélètie 28.00 

N.-D. de St-Hyacinthe 28.00 

St-Aimé 25.OQ 

Ste-Rosalie 24.20 

St-Marc 23.00 

St-Bernardin de Waterloo 21.15 

St-Jean-Baptiste de Roxton 20.00 

La Présentation '9.45 

Ste-Marie 18.51 

St-Mathieu de Beloeil 17.50 

St-Denis '750 

St-Athanase 16.25 

St-Jude 15.00 

St-Liboire 14.50 






U 



>--f 



I il ' ; . • ' 



S 

«;■ 

' ■ ' )f 
V;' , "y 



m-'^ 






'«; 





— 206 — 
St-Simon ; 

St-Ephrem .'...!."!!!.'.'... ''♦•S» 

St-Mathias '3 O" 

St-Etienne de Bolton ."."..... ''•°° 

.St-AIexandre ..""'_ '^-oo 

St-Barnabé "[[[][ "-So 

Ste-Victoire 'O-^o 

St-Marcel '050 

Ste-Angèle '°'" 

St-Doniinique 9-5^ 

St-Jean-Baptiste 9-So 

St-Paul ' " 910 

-te-Cécile de Milton. //."///."////////_"_"_ ^-50 

St-Damase ^-'2 

St-Edouard de Knowlton".'.'.".' '-5° 

' 6.00 

Ce montant a été remis à MM. Le:„auffet Rion, le .5 ^^o^T 



CIRCULAIRE 



EvÊCHÉ DE St-Hyacinthe, 10 mai 1869. 
Monsieur le Curé, 

rant i';,rr;„ 1 '^^■^ManfAe, numéro du 8 cou- 

Vous voudrez bien annoncer cette visita n . 



'4.38 
13.00 

12.00 
I2.0O 

ii.So 
io.8o 
10.50 
10,11 

9.52 
9.50 
9.10 
8.50 

8.12 

7-So 
6.00 



$1115.28 
S août 1868. 



neinento aar 



mai 1869. 



etit article 
du 8 cou- 
ale, le 



— 207 — 

de la population de votre paroisse, vous voudrez bien me 
fournir aussi exactement que possible des renseignements 
sur les objets suivants, qui doivent faire partie de ce 
compte rendu : 

1° Quel est le nombre de catholiques dans votre pa- 
roisse, et de quelle qualité sont-ils? 

2° Y a-t-il des écoles dans votre paroisse ? combien y 
en a-t-il et combien d'enfants les fréquentent ? 

3° Existe-t-il des écoles protestantes dans votre pa- 
roisse ? combien y en a-t-il, et sont-elles fréquentées par 
les catholiques, et en quel nombre sont ces catholiques ? 

4" Etes-vous en possession de quelques facultés du 
Saint-Siège, et quelles sont ces facultés ? 

5" Quels sont les principaux désordres ou abus dans 
votre paroisse, et quelles en sont les causes ? 

6^ L'état de la religion s'est-il amélioré, ou a-t-il décru 
dans votre paroisse depuis vingt ans ? 

Messieurs les curés qui auraient plusieurs paroisses ou 
missions à desservir, voudront bien donner des réponses 
séparément pour chacune des paroisses ou missions. 

Je vous prie de transmettre vos réponses à ces ques- 
tions, sous le plus court délai possible, à M. le Chancelier 
du diccèse. 

Je sui^ bien cordialement. Monsieur, votre tout dévoué 
serviteur, 

t C, Ev. DE St-Hvacinthe. 






« ■ • 

i 1 









I 



votre pa- 
réception 

ionnais au 

le 1867. 
19 mars, 

rendre au 

le chiffre 




Sî!f; Il if 



- 208 — 

LETTRE PASTORALE 

m«nlque du VBllcan ««cio,, ,|„ conelle «Scu. 

occasion du conk^;^:::^:;^"^-^^^^ 

décembre de la présenta a'Lé '^ "'"^^ '^'^^^^' ^"'^ 
Comme ce Jubilé doit ^'ouvrir dans tout l'univers chr^ 
t.en. le premier juin prochain, il Nous res te à oeinf 
instant pour vous l'annoncer et le publier dl le d. 
qu. recevra. Nous en sommes certai cette hn '' 

heureuse nouvelle avec la foi la plus vi^e e , r. "' 

sance la plus sincère. Dieu se montre oj : Z^;': 
miséricordieux, chaque fois que le vicaire T. . " 

Fils, ouvrant les trésors de l'Egl se In t ! '? ^"'" 
ser sur la terre les torrents de g Ss rfa'r"' T "" 
année ou une indulgence ju^i^e cZTtcT 
la seule réflexion que Nous ayons le temn« h ' 

et que même Nous veuillonj No Zettr"' '""' 
adressant ici la traduction fidèle dl l^ttr " "1- '""' 

qui défont porté, la connaissant i";rqrro':rS 



" -m- • I ■ !<j I lî: I 



"::' •■'^linmi 



i-roriKifi A ton* 
C!ondle «Ecu. 



e Dieu et du 
nthe. 

au. Fidèles 
tre-Scigneur 

i pour Nous 
:e pastorale, 
res apostoli- 
rc t Pape, 
Lie l'insigne 
e Jubilé, à 
s'ouvrir à 
la fête de 
'ierge, huit 

ivers chré- 
peine un 
le diocèse, 
bonne et 
reconnais- 
i bon et si 
son divin 
r les ver- 
ouler uns 
T. C. F., 
ous faire, 
en vous 
itoiiques, 
tous les 



— 209 — 

enfants de l'Eglise la grâce si précieuse du Jubilé, que 
Nous avons le bonheur et la consolation de vous annon- 
cer par la présente Lettre pastorale, et qui doit durer 
jusqu'à la consommation du grand événement qu; tient 
en ce moment le monde entier dans l'attente, parce que 
l'intelligence et la raison humaines sont forcées de recon- 
naître qu'il y a quelque chose de divin dans la détermina- 
tion du chef de l'Eglise, qui malgré tous les obstacles 
humainement insurmontables qui semblaient s'y opposer, 
n'a pas craint de convoquer un concile général, que la 
plupart des membres du sacré collège des cardinaux 
regardaient eux-mêmes comme une impossibilité. 

Entendez maintenant, N. T. C. F., avec foi, espérance 
et amour, la grande voix du représentant de Jésus-Christ, 
qui du milieu des tempêtes qui l'environnent, vous parle 
avec un calme divin, au nom et avec toute l'autorité de 
Celui qu'il représente au milieu des peuples, pour vous 
adresser la parole de l'espérance et du salut, en vous 
exhortant à faire, ou à raffermir votre paix avec le Sei- 
gneur, pour qu'il vous soit donné de pouvoir prier avec 
plus d'efficacité pour le plein et entier succès du Concile, 
dû sans aucun doute à une inspiration du ciel ; et dont il 
est évident et manifeste que le monde attend le remède 
à tant de maux qui l'accablent I Nous laissons aux pas- 
teurs des âmes le soin de faire connaître à leurs ouailles 
le détail des faveurs et des grâces toutes spéciales qu'un 
jubilé ne manqua jamais d'apporter aux peuples chrétiens. 
Prêtez maintenant une oreille attentive, N. T. C. F., 
pour entendre avec un religieux respect la parole si solen- 
nelle et onctueuse du glorieux et saint Pontife qui nous 
invite à profiter des grâces et à participer aux joies du 
Jubilé, dont sa foi si vive et sa piété si tendre lui ont fait 
concevoir le dessein, comme le moyen le plus propre à 
préparer la grande réconciliation de la terre avec le ciel, 
que sa confiance sans bornes en la bonté de Dieu et en la 
puissante intercession de la Vierge Immaculée, lui fait 
T. in 14 






<.X'' 






I 



'■m 



• !t 



• ;, t. 

! • 

M 






■■'. .'*' 



h i 

LJft 



i i 





— 210 - 

Ecoutt-A N T C V 'i" ^«"'^'le. 

même vous pa'rle l" * '"" '^"' '' ^-"^"^ ^''^ ^^ ^ui- 

A. on., „fl,«e. Chrétien», ai v.rron. le. pré«„.e.. e«r- 

LE SOUVERAIN PONTIFE ET PAPE PIE IX 

' SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE 

œc^^^r^q^r^r^^f " ^^°?^ ^°"-^"^ - concile 

Vatican le 8 dTc ^bre , n 7"' ''"'^ ""''^ ^^^'"'^"^ du 

"^"'^^ l^^ochain, jour cons-rr«i -110/- 
tion Immaculée de la très sain . "; °"' "^'^'^Concep- 

Dicu. C'est pourquoi eT'T ^'^' ^^"'^ ^ére de 

-s, dans k ;jsr r^::;"j°-'^ 

r-ven,e.s priereset supplica^^ ,Tu ^és clttuV? T 
iumiéres et des miséricordes de au iH ? '^ ^'' ' 
excellent et parfait, afin qu' envoi du"." ' 'T '°" 
pour nous assister, sa sagesse elô - n ' «ù .1 siège, 
travaille avec nous et nuf no ^u '"' '°" ^^«^ "°"^^ 

agréable. Et afin q^D^p e^^r■; ^^ ^"'" ^ P°- 
nos vœux et à nos nriére, nT ' ^^^'lement l'oreille à 

-"«.on . ,„ pi.:: rs ,rr«Ter.vs- ."'""" '- 

joignant leurs prières aux nr-,tr.c '^'^^^" ^^rist, pour que 

deladroiteduSoutï-rreurS^^^^^ 
puissions décider dans ce conc e ou t't t" '' "°"^ 
rapport au salut u.nmun du peuple chir''^ ^"'°"* 
J'"flité, à la plus grande gloire efé, "'' "'"' ^ 

paix de l'Eglise catholique Et comme , M ^ '""""' ^ ^^ 
les prières des l-^mes^sont plusTg ^ fa' d"'?" 
qu'ils se présentent à lui avec un ,f„ "^^^ ^ ^'«u lors- 
l'âme exempte de toute Ll M "^ P"""' ^'^^'à-dire, 

â cette occaLn, aux fid e 1^^:°:: ^^-'"^'ouvrir 
^Postolique, les trésors célest s des L ^^ ""' '"^^'"^'''^ 
notre distribution, afin que elb ses H ''r" '°"''^ ^ 
v-e..,Ucnce et purifiai di/tï;^^::::;-- 






le résultat tant 

'iicile. 

rand Pie IX lui- 

rétentea lettres 
PK PIE IX 

[QUE 

que un concile 
re Basilique du 
;ré à la Concep- 
larie Mère de 
:, Nous ne ces- 
resser de très 
ment Père des ■ 
'ule tout don 
el où il siège. 
>it avec nous, 
e qu'il a pour 
ent l'oreille à 
u d'exc;ter la 
ist, pour que 
)ns le secours 
"i^-re et nous 
i 1SC: qui ont 
'-"^'- tier, à 
surtout à la 
anifeste que 
à Dieu lors- 
c'est-à-dire, 
3lu d'ouvrir 
ne libéralité 
es confiés à 
"r par une 
péchés par 



— 211 — 

le sacrement de i)énitcnce, ils s'approchent avec plus de 
confiance du trône de Dieu, et obtiennent par un secours 
opportun sa miséricorde et sa grilce. 

C'est dans cette intention que Nous annonçons au monde 
,| catho!ique;rindulgeiice at/ instar Jubilœi. A cet efiet, fbrt 

H de la miséricorde du Dieu tout-puissant et de l'autorité de 

ses Ai)ôtrcs, les bienheureux Pierre et Paul ; par ce pouvoir 
de lier et de délier que le Seigneur Nous a confié malgré 
notre indignité ; à tous les fidèles du Christ de l'un et 
l'autre sexe qui demeurent dans notre bonne ville de Rome 
I ou s'y rendent, et qui, à partir du premier juin prochain 

1 jusqu'à la clôture du concile que Nous avons convoqué 

I visiteront les Basihques de St-Jean-de-Latran, de St-Pierre 

I et de Ste-Marie-Majeure, ou deux fois l'une d'elles, y prie- 

\ ront dévotement pendant quelque temps pour la conversion 

de tous ceux qui sont malheureusement dans l'erreur, pour 
la propagation de la très sainte foi et pour la paix, la 
tranquillité et le triomphe de l'Eglise catholique, et' en 
outre jeûneront non seulement aux Quatre-Temps de 
l'année, mais encore trois jours, môme non continués, soit 
le mercredi, le vendredi et le samedi, et, dans le môme 
espace de temps se confesseront, recevront avec respect le 
sacrement de l'Eucharistie, et feront quelque aumône aux 
pauvres selon ce fiue sa dévotion suggérera ;i chacun ; et 
au^ autres fidèles domiciliés hors de Rome, en quelque 
lieu que ce soit, qui visiteront pendant le même laps de 
temps les églises désignées après lecture de ce Bref par les 
Evêques, leurs Vicaires ou Officiers, ou ceux qui, délégués 
par eux ou en leur absence, exercent la charge des âmes, 
ou deux fois une de ces églises, en accomplissant les autres 
œuvres prescrites, Nous accordons miséricordieusement 
dans le Seigneur, par les présentes, l'indulgence plénière 
et la rémission de tous leurs péchés, comme on a coutume 
de l'accorder, l'année du Jubilé, à ceux qui visitent certai- 
nes églises de Rome ou hors de Rome, et cette intlnlirence 






• l-H 



^f 



:i' 



^y 






i;'; 



II 





— 212 — 

ont ouiftr. 'Ifr'^^'^^ '-'^«- sufra,J: aux âmes qui 
ontquitté cette vie unies à Dieu dans l'amour 

Nous accordons aussi. que les personnes en voyage sur 

aTs:i;^t"; t '"'""' ^^^"^ ^^"^ -^- "A-e 

respectifs, en accomplissant les œuv^ s susdites et en visi- 
tant deux fois l'église cathédrale ou principale ou leur 
eghse paroissiale. Quint aux religieux de l'un e^ l'autre 
sexe a ceux qui vivent dans une clôture perpétuelle à 
ous les autres, laïques, séculiers ou réguliers,' insiq' 

iZZ " ^""°" °" '" '''''''^' - empêchés par 

a n,alad>e ou toute autre raison, et ne pouvant accomplir 
les œuvres susdites ni quelques-unes d'entre elles, Nous 
accordons qu'un confesseur parmi ceux approuvés pa 
I Ev que diocésain, commuant ces œuvres en autres œ vre 
de p été, les ajourne à un autre temps rapproché où les 
pénitents puissent les accomplir, avec îa facu té de dbpen 
ser de la communion les enfants qui n'ont p,s encore "é 
admis à la première communion ^ 

En outre, à tous les fidèles séculiers et réguliers de quel 
que ordre ou institut que ce soit, même de ceux qui do ' 
vent être nommés spécialement, Nous accord "la f culte 
de se choisir à cet effet pour confesseur tout p et e 
eculier ou régulier approuvé comme tel par TO d^ie 

ceues exceptées c,-dessous, et de tous les péchés excé. 



— 213 — 

quant aux vœux quels qu'ils soient, même jurés et réser- 
vés au Saint-Siège (excepté toujours ceux de chasteté, de 
religion et d'obligation acceptés par un tiers ou bien où 
il s'agit du préjudice d'un tiers, si ces vœux sont parfaits 
et absolus, et excepté aussi les peines qui sont appelées 
préservatives du péché, à moins que la commutation fu- 
ture ne soit conçue de façon à ne pas moins empêcher de 
commettre le péché que la première matière du vœu) les 
commuer, en en dispensant, en autres œuvres pies et salu- 
taires, en leur enjoignant à tous, quels qu'ils soient, dans 
toutes les matières susdites, une pénitence salutaire et 
d'autres choses au choix du confesseur. 

Nous accordons en outre la faculté de dispenser de 
l'irrégularité provenant de la violation des censures, pourvu 
qu'elle ne soit ni publique ni de nature à le devenir facile- 
ment. Nous n'entendons, cependant, par les" présentes, ni 
dispenser de toute autre irrégularité ex delido ou ex defectu, 
publique ou occulte, ou de toute note, incapacité ou inhabi- 
lité encourue d'une façon quelconque, ni accorder quelque 
pouvoir d'en dispenser, ou de rendre habile et de rétablir 
in pristinum statum, même au for de la conscience, ni 
déroger à la constitution Sacramenttim Pœnitentiœ pu- 
bliée par notre vénérable prédécesseur Benoît XIV, avec 
des déclarations spéciales quant à l'inhabilité à absoudre 
le complice et à l'obligation de la dénonciation, ni établir 
que les présentes puissent ou doivent être en faveur de 
ceux qui ont été par Nous et le Saint-Siège, par quelque 
prélat ou juge ecclésiastique, excommuniés nominaiim, 
suspendus, interdits ou déclarés tombés sous le coup d'au- 
tres sentences et censures, ou dénoncés publiquement, à 
moins qu'ils n'aient satisfait dans le temps prescrit et ne se 
soient entendus avec les pa/ties. S'ils n'ont pu satisfaire au 
gré du confesseur dans le temps prescrit. Nous accordons 
qu'on les absolve dans le for de la conscience à cette seule 
fin de leur faire gagner les indulgences du Jubilé, et en leur 
imposant l'obligation de satisfaire aussitôt qu'ils le pour- 
ront. 



^0 

>*, .y 

II 



•■. .11 



'a 

■f 



I 



i 



.1 M 



li' ,.:|l 






^»Wi ^''i 



f!| 



I m 



— 214 — 

pre^cHv'^n''rT°'' '" '!,"" ^' '" '"'"'^ obéissance, Nous 
a tous l'o!^ '°'"'"'"^""^ strictement par les présentes 
leur dé! ,'"""" '.' ' ^^"" ^'"^^"^^ ^' °ffi--s et, à 
anrès vn ' ' 'T' ^"' °"* ^'^^''S^ ^'^'"^«' ^^e, aussitôt 
Sent!!"/''; ' '°^'' °" "" ^^^"^P''^'^^ ™P"-é des 
Sein.' ' '^ "' ''' ^"'''^ ^'^ J"g^^°"' '^ P'°P°« dans le 
S .gneur selon les temps et les lieux, ils publien; ou fassent 
publier les présentes dans leurs églises et diocèses 
P ovmces, villes, bourgs et localités', et désignent au 
peuple convenablement préparé autant que possible par la 
prédication de la parole de Dieu, l'église ou les églises 
visiter pour le présent Jubilé. 
Et ce, nonobstant les constitutions et prescriptions apos- 

de c'eri:"'"' """ ^" ^'"^^^"^ '^ faculté'd'absou'dre 

de certains cas y exprimés au Pontife Romain régnant de 

orteque des indulgences et des pouvoirs semblés ou 

non ne peuvent être accordés à personne s'il n'est fait 

t^ rréT?' °" '"'^'^'^^ ^P^-^^ ' cesujet nolb - 
tant la régie ^e non concedendis Indulgentih ad instar ■ 
nonobstant les statuts et coutumes, privilèges et rdul'; 

uTsret'n" "™'"'' ''^°^'^^^' congrégations o;t- 
tuts quelconques, et accordés, approuvés et renouvelés par 

tiJLTttir^^ ^"-^ '"^"^ '-''^'^ congrégaSL': 
nstituts et a leurs personnes; toutes choses auxquelles 
s me:,e qu'il faudrait faire d'elles et de leur'ten S 
ntière une mention ou toute expression spéciale, spTcfi 
que expresse et individuelle, mais non .ar de c lu e^ 
générales emportant le même effet, ou biei observe p" 
cela une forme particulière, tenant leur teneur pour suffisan 
njent exprimée par les présentes, et leur forme'pour gardTe 
Nous dérogeons cette fois spécialement, nonLtu^ 
l^effet que dessu,, nonobstant toutes autres choses con- 

Nous commandons en outre que, à partir du ler juin 
prochain jusqu'au jour où le concile œcuménique sera clos 
dans le.monde catholique tout entier, les prêtres de l'un 



éissance, Nous 
r les présentes 
t officiers et, à 

que, aussitôt 
; imprimé des 
propos dans le 
eut ou fassent 

et diocèses, 
désignent au 
lossible par la 
i les églises a 

riptions apos- 
té d'absoudre 
n régnant, de 
smblables ou 
i'il n'est fait 
JJet ; nonobs- 
> ad instar ; 
es et induits 
ons ou insti- 
louvelés par 
régations et 
i auxquelles, 
leur teneur 
aie, spécifi- 
des clauses 
server pour 
ursuffisam- 
3ur gardée, 
'titn et pour 
hoses con- 

u ler juin 
e sera clos, 
;s de l'un 



— 215 — 

et l'autre clergé ajoutent chaque jour à la messe l'oraison 
du Saint-Esprit, et que la messe du Saint-Esprit soit célé- 
brée, outre la messe conventuelle ordinaire, dans toutes 
les églises patriarcales, basiliques et collégiales. de Rome, 
ainsi que dans toutes les cathédrales et collégiales du 
monde par leurs chanoines, et dans toutes les églises des 
religieux des diverses familles religieuses qui sont tenues 
à célébrer la messe conventuelle ; cette messe du Saint- 
Esprit sera célébrée le jeudi, quand une fête de première 
et de seconde classe ne tombera pas ce jour-là, sans que, 
néanmoins, cette messe ait aucune obligation d'applica- 
tion. 

Comme les présentes ne peuvent être portées partout 
et afin qu'elles parviennent plus facilement à la connais- 
sance de tous, Nous voulons que, dans tous les pays, on 
ajoute la même foi à leurs copies ou exemplaires imprimés, 
revêtus de la signature d'un notaire public ou du sceau 
d'une personne constituée en dignité ecclésiastique, qu'aux 
présentes elles-mêmes, si elles étaient exhibées ou mon- 
trées. 

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, sous l'anneau du 
Pêcheur, le ii avril 1869, de notre Pontificat la 23e 
année. 

N. Card. Paracciani-Clarelli. 

A ces causes, et vu les saintes lettres apostoliques dont 
vous venez d'entendre la lecture, après avoir invoqué le 
saint Nom de Dieu, Nous avons, N. T. C. F,, réglé et 
ordonné, réglons et ordonnons ce qui suit : 

1° Un Jubilé aura lieu et sera célébré dans ce diocèse 
aux termes et selon l'esprit de l'intention des lettres 
apostoliques ci-dessus reproduites, avec toutes les faveurs 
et indulgences qui y sont accordées, à commencer du 
premier jour du mois de juin prochain pour durer jusqu'à 
la conclusion du concile général indiquée pour le huit 
décembre prochain, 



,7:H 



>.; 






■•! '\A 



■t >-» 



'^ 1;,' 

^,? .'■-3- 




m 



1 ■ ' 



I ; 



(' 1 





iH\l 




— 216 — 

ce Jubile, tout fidèle devra rigoureusement remplir les 
conditions prescrites par les ' ntres apostoliquesTmo n 

ces œuvres, ou a les commuer en d'autres œuvres. 

les facuS/r. ?"'','' ^''P'"'''"'^j°"^'°"' de toutes 

4^ Les curés et missionnaires du diocèse seront libres 
de fixer au temps qui leur paraîtra plus favorable, tel nom 
bre de jours qu'il leur plaira pour donner à leu s fidélTs 
les exercices publics et solennels du Jubilé. C s iou s 
partout cù U est possible de le faire, il y aura dans 1^ 
matu.ee grand-messe, pendant laquelle il'deTa êtr faU 
quelque instruction sur le jubilé et ses erâce. • JT 
soirée, sinon Vêpres solennelles, au mX ^lut d ^i t 
Sacrement. L'ouverture et la conclusion de ces exerdce 
seront annoncées par le son des r}nnh.o ,! exercices 

5 Nous désignons comme églises de stations qu'il fau 
tl r, :; '" '"'" "•"" ' "''" » ''ta'^tion du' S ouve 

m s^ons, afin de fournir i chacun l'occasion de faire 
aumône présente pour gagner l'indulgence du jubilé « 

de rm,,. n ^"0°"'" '""' ''' ""i"» <ie la supérieure 

XmLt :; t:«s'^"'"*^' ^" -' "p'°' *-: 

7» Kn. conformité à ce qui es. ordonné par les lettres 



a célébration de 
înt remplir les 
)liques, à moins 
le dispenser de 
œuvres, 
iront de toutes 
r sont accordés 

! seront libres 
)rable, tel nom- 
à leurs fidèles 
. En ces jours, 

aura dans la 
levra être fait 
îSj et dans la 
ialut du saint 

ces exercices 
e l'on sonnera 
1 soir, la veille 

ions qu'il fau- 
n du Souve- 
:s ou chapel- 
!s religieuses 
ir monastère 

t fixés pour 
2s publiques 
isses ou de 
on de faire 
lu jubilé; et 
ir Messieurs 
1 supérieure 
nployées au 

• les lettres 



— 217 — 

apostoliques, tous les prêtres du diocèse devront pen- 
dant tout le temps du Jubilé, ajouter aux oraisons de la 
messe prescrites par la rubrique, l'oraison du Saint-Esprit, 
Deus qui corda fiddium, qui tiendra lieu de l'oraison De 
mandata, que l'on dit maintenant pour le Pape 

8<' A la place des trois Ave Maria et des autres priè- 
res prescrites depuis longtemps, et récitées après les 
messes paroissiales et les messes de règle, l'on dira pen- 
dant toute la durée du Jubilé, après les mêmes messes, 
Ihymne Vent creator Spiritus, avec le verset Emitte 
Sptrtiumtuumetcreabuntur,a son répons, et l'oraison 
du Saint-Esprit, Deus gui corda fidelium, etc., l'oraison Pro 
quacumque necessitate, Deus re/ugium nostrum et virtus, 
I oraison de la sainte Vierge, Concède nos famulos tuos, et 
1 oraison pour le Pape, Deus omnium fidelium pastor et 
rector, etc. 

Ce que Nous voulons, N.T.C.F., en prescrivant ces 
prières publiques qui se feront par le prêtre uni avec les 
fidèles cest faire en sorte que ceux-ci aient toujours pré- 
■;ente la pensée du grand événement sur le point de s'ac- 
complir, la célébration du Concile œcuménique, au suc- 
cès duquel Ils doivent se sentir si vivement intéressés. 
Personne ne peut ignorer que ce furent les prières fer- 
ventes et persévérantes des premiers chrétiens, ceux-ci 
priant en union avec leurs prêtres, qui par un miracle 
édatan tirèrent saint Pierre de la prison où Hérode l'avait 
jeté et le faisait garder par une troupe de soldats. Oraiio 
autemfiebatsine intermissione ab Ecclesia adDeumproeo 
Vous save., N.T.C.R, toute la suite de la touchante 
intervention de la bonté de Dieu, qui se plut à exaucer 
cette prière de la foi et de la piété. Aujourd'hui comme 
alors 11 y a plus d'un Hérode qu'une aveugle fureur excite et 
pousse a enchaîner Pierre et l'Eglise ! Que les fidèles 
imitent 1 exemple de leurs frères de l'Eglise naissante; 
que comme eux ils lancent vers le ciel une prière animée 
par la ferveur et la persévérance : Dieu les exaucera, et 



> ■ï'ï' 



fi" . U 



m 

iv'f i 
ii- 



< m 

'if 



Il ' ■ 



m 



I .,1 , 
I il, > 



I 







^» 1 




■ 'i 


É 11, 


■ni 


li '' '' 


H^i^. 


1 -t-Ji-^ 



— 218 — 

fera quelque nouveau prodige pour rendre à l'Eglise et à 
son chef une pleine et entière liberté, cette liberté d'en- 
seignement et d'action qu'il leur faut pour apporter 
remède à ce déluge de maux de toutes sortes qui inon- 
dent les sociétés modernes, et menacent de les engloutir ! 
Si malades qu'elles puissent être. Dieu a fait les nations 
guérissables fecit nationes sanabiles, et c'est toujours la 
prière qui mène à la guérison ; témoin toutes les infir- 
mités guéries par le divin Sauveur, que touchait infailli- 
blement l'humble supplication : Jésus, Fils de David, ayez 
pttté de moi! C'est à guérir les peuples malades que le 
grand cœur de Pie IX songe et s'ingénie depuis le com- 
mencement de son glorieux et immortel pontificat ; et sa 
foi, qui enfante les merveilles, et l'on pourrait môme dire 
les miracles, lui a suggéré la tenue des grandes assises de 
l'Eglise, la célébration du Concile général, comme le 
remède aux misères qui désolent la terre entière. Le 
triomphe de sa foi et de son espérance en Dieu est assuré, 
si les fidèles comprenant bien le devoir qu'ils ont à ac- 
quitter en cette circonstance si grave et si solennelle, 
font bien leur partie, qui est celle de la prière, pendant 
que priant de leur côté les pasteurs de l'Eglise, les évo- 
ques unis au saint et glorieux successeur de Pierre assis 
aujourd'hui sur le Siège apostolique, sont occupés de la 
pensée de remplir fidèlement et dignement la divine 
mission qui leur est dévolue en la célébration du Con- 
cile ! 

Et c'est parce que Nous croyons fermement à la grande 
influence que peut exercer sur les travaux et le succès du 
Concile l'humble et fervente prière des fidèles, que Nous 
désirons que de ce jour à la conclusion de l'auguste as- 
semblée, chaque soir les membres de toutes les familles du 
diocèse s'unissent en une prière commune, faite tout haut 
et bien dévotement. Des grâces et des lumières toutes 
spéciales pourraient descendre du ciel sur le Concile à 
Ui.e prière faite avec de pareilles dispositions, quand elle 



i l'Eglise et à 
liberté d'en- 
)ur apporter 
tes qui inon- 
es engloutir ! 
t les nations 
: toujours la 
ites les infir- 
chait infailli- 
David, ayez 
lades que le 
puis le com- 
iificat ; et sa 
;t même dire 
:s assises de 
, comme le 
entière. Le 
:u est assuré, 
ils ont à ac- 
i solennelle, 
re, pendant 
se, les évê- 
Pierre assis 
cupés de la 
it la divine 
on du Con- 

à la grande 
le succès du 
s, que Nous 
'auguste as- 
5 familles du 
te tout haut 
ières toutes 
; Concile à 

quand elle 



— 219 — . 

ne consisterait qu'en la récitation d'une dizaine du cha- 
pelet, et même d'un Pater et d'un Ave. 

O Marie, Vierge pure et sans tache, vous qui vous plai- 
sez évidemment à glorifier le pieux Pontife que sa dévo- 
tion si tendre et si confiante envers vous a poussé à faire 
de la croyance universelle de l'Eglise au privilège de votre 
Immaculée Conception un article et un dogme de foi, au- 
quel tous les fidèles de ce diocèse ont adhéré de cœur, 
d'âme et de volonté, parce que le sentiment de leur véné- 
ration sans bornes envers votre qualité de Mère de Dieu 
se trouvait heureux d'être tenu de croire en vertu de la foi 
sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu, ce que 
déjà ils croyaient comme une pieuse tradition en harmonie 
parfaite avec cette auguste qualité : vous, dis-je, qui vous 
plaisez à glorifier le saint Pape Pie IX, quia comme mis 
la dernière perle à la couronne de toutes vos gloires, par 
cette définition de votre Conception Immaculée, répandez 
sur les diocésains de Saint-Hyacinthe toutes les faveurs 
de votre maternelle et toute-puissante protection, afin que, 
dociles à la voix de votre dévoué et fidèle serviteur Pie IX, 
ils recueillent avec un religieux empressement toutes 
les grâces du Jubilé accordé par le digne et saint Pontife, 
et que par une prière faite avec pureté d'âme et de cœur, 
il leur soit donné de contribuer quelque peu à assurer le 
succès de la grande œuvre du Jubilé, qui sera comme le 
couronnement du pontificat déjà si glorieux du grand 
Pape, qui met toute sa gloire à être l'un de vos plus dé- 
vots serviteurs ! ! En bénissant le troupeau, bénissez aussi 
le pasteur, qui invoque avec la plus filiale confiance le se- 
cours de votre bonté maternelle sur lui-même, et sur tout 
son diocèse ! Ainsi soit-il ! Ainsi soit-il ! 

Sera la présente Lettre pastorale lue et publiée au 
prône des messes paroissiales des paroisses et missions, 
et au chapitre des communautés religieuses, le premier 
dimanche après sa réception. 



11»' 

' R' i I fil 






I st fir.l 



II 






— 220 — 

Donné à SaintHyacinthe sous notre seing et sceau et 
le contreseing de notre Secrétaire, le vingt-sept mai; jour 
de la Fête-Dieu, rail huit cent soixante et neuf. 

^^^- ^O t C., Ev. DE St-Hyacinthe. 

Par Monseigneur, 

L. Z. MoREAUt Ftre, 
Secrétaire. 

LETTRE PASTORALE 

Concernant 1» Vl.lte du diocé.e. le. ConrIIo. en K^nérol le 
rouelle du Vatfean, le. devoir, de. fldéle. enver. Ie/h.; Â 
«„lTt '•.'*•*.""'''" eondan...HtIon de l'In.lllut Canadien de 
IvZéXZ •'--»•»»-"»" "« «"«»«*.« Pendan, r^^l^nZ 

SOMMAIRE. 

1ÈRE PARTIE. 

L— L'Evêque rend compte de la Visite pastorale du 
diocèse qu'il terminait au commencement de juillet.— Il 
exprime sa satisfaction de l'état du diocèse en général.— 
Il croit qu'il ne faut point tenir compte des quelques om- 
bres qu'il y a au tableau qu'il trace.-II exhorte les fidèles 
a ne pas se laisser séduire par ceux qui travaillent à les 
détacher du prêtre, et à être de plus en plus empressés à 
s acquitter de tous leurs devoirs religieux.— C'est le moyen 
de conserver leur heureux état de bonheur social et 
domestique. 

2E PARTIE. 

II.— Le Concile.— Petit préambule.— Dispositions avec 
lesquelles l'Evêquea reçu la Bulle indiquant le Concile.— 
Il n'a pas annoncé plus tôt le Concile, parce qu'il préférait 
attendre à le faire jusqu'au moment de son départ. 

m — J.-C. vient sur la terre, organise son Eglise qu'il 
h; 3se à sa place, et retourne au ciel.— Il a laissé à l'Eglise 
qu'il établit pour continuer l'œuvre de salut qu'il est venu 



i'ACINTHE. 



— 221 — 

commencer, les moyens nécessaires ,)our arriver à sa fin • 
le dépôt delà foi. les préceftes de sa loi, et toutes les 
mstitutions qu'.l a établies pour cela.-Pour garder sûre- 
ment ce dépôt l'Eglise devait être infaillible, comm c" 

-' 7-uu'-r'.^'". ^'" '^'"' '" sagesse.-Comment il a é abli 
hnfa,lhb,hté dans l'Eglise.-L'Eglise enseignante d.W 
see, un,e a son chef, est infaillible.-Une'opin on^ien 
appuyée regarde le Pape comme infaillible.-Mlis ce te 
infadhbdite coexistant avec l'Eglise n'a pas empêch! 
l''nst,tufon des Conciles, que le Pape convoque à ce tain 
moments de besoins particuliers dans l'Eglise.-Les E^ 
ques en concile définissent, proclament Tes dogmes plus" 
olennelement, et prononcent anathème, etc. UnTde éë 

rrcn:::va^^.:^ ' ''-''- --^^^^ -- ^^ 

peut ajouter au dépôt de la foi.-îl ne ffit ^r xpo^^^^^^^ Tt 

développer la vérité révélée.-Il y aurait err'eur, Es e1 

apposer que le concile puisse dépasser les limi'tes de so 

ne t h" ''''; P'?"'- '^« conciles-Motifs de ce res- 

conciiT^'lTaTté V''t^ '^'"""^ "^^"^ ^- --' - 
concile.-.Il a été réservé à nos jours d'en voir un convo 

que parle grand Pape quigouverneaujourd'huil EgSe - 
Sa grande fozn'areculé devant aucun obstacle.--IU'rco;^ 
voqué au moment où il semblait le plus impossible. 
I ;;~ , i' '°"''^' général, il y a le concile particulier 

avecTElt! "'"^ ""' -t infaillible.-Les conciles S 
avec 1 Eghse, ne sont pourtant pas nécessaires, parce que 
1 tgl.se subsiste toujours et chaque jour, avec son autnri^! 
suprémeetinfaillible._Maissa's être n'é sa res, i son 
d une grande utilité, d'un immense avantage à l'Êg se - ' 

f-;^;i-'^'efo.s moralement nécessaireLLe Jo^cï 
de Irente.-Les circonstances où il fut célébré ~I es 
services qu'il a rendus suffiraient à prouver la i écessï é 
morale des conciles.-L'époque que nous traversons de- 



; 
t 

r 



é 



r-J: 



'm 






p 


1, ' 




t 



222 — 



'» (!' 



>. 




mandait un concile. — Le Pape expose les raisons qui l'ont 
déterminé à le convoquer. — Pie IX oppose le concile aux 
maux de notre époque, nouvelle preuve de la nécessité des 
conciles. — Le concile fera luire des jours meilleurs. — Il 
rendra le calme et la paix aux esprits qui viendront lui 
demander la vérité. — Il ne donnera pas la vérité à la terre 
qui la possède déjà. — Il ne fera que remplir sa rfiission, 
exposer, développer, rendre plus évidente la vérité, qu'il 
proclamera sur un ton, avec des termes qui sentant ce 
qu'il y a de divin dans son autorité. — Grand, sublime 
aspect du concile. — Impression qu'il produit invincible- 
ment. — Impression salutaire aux uns, funeste aux autres. — 
On peut dire du concile, qu'il a été établi pour la ruine 
et la résurrection de plubieurs, — Comment on peut appli- 
quer au concile ces paroles du vieillaid Siméon. — Le con- 
cile n'était pas nécessaire pour noui;, soumis, obéissant à 
l'Eglise en toute chose. — Ce sera néanmoins avec bonheur 
que nous en recevrons les lois et les décrets. 

VI — Le Concile ne s'occupe pas seulement de la foi. — 
Il s'occupe des mœurs, de la discipline, du culte public. — 
Immenses et magnifiques travaux des conciles en ces 
matières. — Belle législation et administration de l'Eglise. — 
Il en devait être ainsi, puisque l'Eglise est le royaume de 
Jésus-Christ. — Les plus belles institutions civiles et politi- 
ques empruntées au gouvernement, aux lois de l'Eglise. — 
Eclairés par la foi, nous savons que le futur Concile fera 
aussi bien que ses devanciers. — Confiance illimitée du 
chef de l'Eglise, qui dans ses lettres apostoliques indique 
aux Evêques les maux auxquels ils auront à chercher 
remède, etc. — L'état de l'Eglise en Canada ne laisserait 
point soupçonner les maux sur lesquels l'Eglise a à gémir. — 
On n'en peut pas douter : on le sait d'ailleurs, mais sur- 
tout parla voix du chef de l'EgHse, qui les publie. — Prions 
avec Pie IX, qui nous y invite. — Dieu a fait les nations 
guérissables. — Par le concile l'Eglise sera mise en posses- 
sion des moyens, des remèdes propres à les guérir. — 




Malheur des peuples menacés-de périr—L'Efflise nrie et 
obtient de la toute-puissante de Dieu un prodige ;mn les 
.auve.-L-Eghse est en prière, en travail, die se prépare 
quelque nouveau triomphe-Jusqu'ici préservés des maux 
qu, pèsent sur tant de peuples, il faut n, s souvenir ue 
c'est la fidéhté à Dieu et à ses lois qui sa. . e.-Réfléchis 
sons sur les malheurs des autres, et évitons-les, en no s 
attachant plus étroitement à l'Eglise.-Par là lous con 
serverons notre heureux état de bonheur social et dôme - 
tique, comme dit plus haut.-La parole de J.-C ne nas 
sera pas, qui nous dit que l'homme ne vit pas seulemen"t 

dordre temporel a remplir envers l'Eglise. Les devoirs 
spirituels consistent à prier, faire les exercices du Tubilé 
avec foi et piété, faire des communions, prier en commun 
pner en partie uher. Les devoirs temporels consistent dan^ 
une offrande a faire au Pape pour contribuer aux frais du 
Concile, et dans le maintien de l'œuvre des Zouaves 
Pontificaux canadiens—Beauté de cette œuvre.-Gloire 
ConSe''''"'-^'' P-ys.-C'est un autre moyen d'aider au 

VIIL-Cette Lettre allait être adressée, quand a été 
annoncée la condamnation de l'Institut Canadien de 
Montréal et de son Aunuaire pour 1868. Réflexions sur 
cette condamnation. II y a dans le diocèse un Institut 
qui a les idées, les principes, les tendances de celui de 
Montréal. Il est averti que s'il ne se met en règle avec 
lEghse, Il sera condamné comme celui de Montréal — 
L'Evêque espère qu'il fera son devoir et lui évitera la dou- 
leur de le condamner. 

IX.-Administration du diocèse pendant l'absence de 
1 Evêque pour le Concile. 

Dispositif.— Conclusion. 



' .■* 



3.r 






■®j 



■y .'I 





fi ,.h.1jj 




— 224 — 

CHARLES LAROCQUE, par la grâce de Dieu et la 
faveur du Saint-Siège Apostolique, Evêque de St-Hya- 
cinthe. 

Au C/ergé, aux Communautés religieuses, et aux Fidèles 
de notre diocèse, Salut et bénédiction en Notre-Sei- 
gneur Jésus- Christ. 

Nos TRÈS CHERS FrÈRES, 

Hier vingt-neuf juillet, Nous étions à l'autel, environné 
d'un nombre de prêtres plus considérable que n'eussent 
semblé le permettre des pluies d'averse qui depuis la 
veille s'étaient succédé presque sans interruption, ainsi 
que les circonstances exceptionnelles dans lesquelles Nous 
nous trouvons placé. Une foule recueillie de pieux fidèles 
remplissait la modeste église qui depuis bientôt une 
année Nous tient lieu de cathédrale. Prêtres et fidèles, 
poussés par un même sentiment de foi, étaient venus 
s'associer à Nous dans l'accomplissement d'un devoir que 
Nous impose sinon une volonté expresse, du moins une 
intention évidente de l'Eglise, celui de célébrer chaque 
année par une messe solennelle l'anniversaire de notre 
consécration épiscopale. 

C'était pour la troisième fois que dans les sentiments 
d'une reconnaissance aussi vive que sincère Nous célé- 
brions cet anniversaire, remerciant le Seigneur, non pas 
de Nous avoir fait Evêque, puisque Nous sommes aujour- 
d'hui plus que jamais convaincu qu'il eût mieux valu pour 
Nous n'avoir jamais été élevé à cette sublime dignité, 
mais de ce que malgré la pauvreté de l'holocauste, il n'a 
pas rejeté l'immolation entière que Nous lui faisions de 
Nous-même, en Nous soumettant aux décrets de sa pro- 
vidence, et en consentant à Nous laisser imposer le carac- 
tère et le fardeau redoutable de l'épiscopat. Les grâces 
et les bénédictions abondantes qui depuis notre entrée 
dans la charge pastorale n'ont cessé de pleuvoir sur les 



'S, 



— 225 — 

I)cui)le.s confi«:'s à nos soins, Nous autori 



ce 



aux Fidèles 
1 Notre-Sei- 



:1, environné 
Lie n'eussent 
li depuis la 
iption, ainsi 
[uelles Nous 
pieux fidèles 
bientôt une 
s et fidèles, 
aient venus 

I devoir que 

II moins une 
brer chaque 
re de notre 

i sentiments 

Nous célé- 

ur, non pas 

imes aujour- 

jx valu pour 

me dignité, 

auste, il n'a 

faisions de 

de sa pro- 

>er le carac- 

Les grâces 

lOtre entrée 

voir sur les 



iseiu a entretenir 
t cs|,oir!!-I.oin cependant de Nous attribuer la moindre 
part m le moindre mérite en ces faveurs de la divine misé- 
ricorde. Nous sentons, N. T. C. F., que si Dieu n'efu re- 
gardé quà Nous, la rosée du ciel et les pluies de la grâce 
ne seraient point descendues avec tant d'abondance sur 
cette parfe du champ du Seigneur que Nous avons été 
charge de cultiver. Le sentiment de la justice Nous force 
a reconnaître que Nous sommes arrivé juste à temps pour 
recueillir ce que d'autres avaient semé: et Nous n'hési- 
tons nullement à admettre, ce qui est d'ailleurs évident, 
que s ,1 se fait quelque bien dans le diocèse, il est dfl ce 
l'ien au zèle et au dévouement de nos illustres et vénè- 
res Prédécesseurs, et au travail soutenu de ceux qui 
furent leurs collaborateurs, et qui sont aujourd'hui les 
nôtres dans le saint ministère. Nous sommes tellement 
cx)nva.ncu qu'il en est ainsi aux yeux du Seigneur, que 
Nous croyons pouvoir emprunter la parole de l'Apôtre et 
vous dire: "J'offre pour vous à mon Dieu des remercie- 
ments continuels, de ce que la grâce de Dieu vous a été 
^^ donnée en Jésus-Christ, et de ce que vous avez été enri- 
^^ ch,s en Un de toutes sortes de biens spirituels, spéciale- 
^_ ment en-tout ce qui a rapport à la divine parole et à la 
doctrine du salut." Gratias ago Dca nuo sempcr pro 
vobts ui gratia Dei, quœ data est voHs ,n Christo Jesu, 
quod ui omnibus divitcsfacti estis in Ulo, in omni verbo e 
m omm scient ia (i Cor., i, v. 4 et 5). 

Et ce besoin d'exprimer à Dieu la reconnaissance dont 
Nous nous semons pénétré à la vue des bienfaits dont il 
vous a comblés. Nous l'avons éprouvé d'une manière en- 
core p us forte et plus vive, N. T. C. F., depuis qu'il Nous 
a ete donne de compléter l'œuvre importante de la Visite 
pastorale, que Nous nous étions fait un devoir rigoureux 
de commencer au printemps qui suivit notre arrivée à l'ad- 
mimstration du diocèse, et que depuis Nous avons chaque 
-année continuée au retour de la belle saison, pour la ter- 

15 



.;•)• 






\\h- 






'Î!,l 











- 226 — 

miner dernièrement dans l'église de Notre-Dame de St- 
Hyacinthe, en laquelle Nous entonnions, en présence d'un 
clergé nombreux et des fidèles de cette paroisse, l'hymne 
de la reconnaissance de l'Eglise, le Te Deum, qui fut 
chanté avec une émotion qui indiquait que Nous avions 
été compris de tous les cœurs présents, quand un instant 
auparavant Nous leur avions demandé de s'unir à Nous 
pour remercier Dieu de toutes les grâces et de toutes les 
faveurs précieuses qu'il avait daigné répandre partout 
dans le diocèse, depuis qu'il Nous y envoyait comme évê- 
que, mais surtout dans le cours de la Visite pastorale que 
Nous allions clore dans les sentiments de la consolation 
la plus vive comme de la joie la plus pure. 

Et comment en effet, N.T.C.F., ne pas Nous sentir 
dans la consolation et dans la joie, après avoir été témoin 
de l'esprit de foi et de piété qui anime partout les âmes 
qui Nous ont été confiées ?— Si l'Apôtre saint Jean éprou- 
vait un si grand bonheur à entendre dire que ses enfants 
marchaient dans la vérité, Majorcm horum non habco 
gratiam quam ut midiam filios meos in veritate ambulare 
(3 Jean, v. 4), combien Nous avons dfi Nous trouver 
heureux de voir de nos propres yeux et de juger par 
Nous-même, avec quelle ardeur et avec quelle fidélité nos 
chères et bien-aimées brebis recherchent les gras et salu- 
taires pâturages des saints enseignements de la religion, 
et courent aux sources rafraîchissantes des divins sacre- 
ments, pour s'y désaltérer à l'eau vive qui coula du côté 
ou du cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et qui jaillit 
jusque dans la vie éternelle. Aqua quam ego dabo et, 
Jict in eo/ons aquœ salientis in vitam œternam (Jean, 4' 
14). Ce qui Nouo a aussi grandement réjoui, N. T. C. F.' 
c'est la fidélité avec laquelle l'on met partout en pratique 
la recommandation. Nous devrions dire le précepte for- 
mel donné aux fidèles par ces paroles de l'Apôtre : "Obéis- 
" sezà vos conducteurs spirituels, et soyez soumis à leurs 
" ordres : car ili= sont chargés de veiller sur vous, comme 



vous, comme 



— 227 ~ 

" devant un jour rendre compte à Dieu de vos âmes." 
Obedite prœpositis vestris, et subjacete eis : ipsi enhn 
pervigilant quasi rationem pro animabus vestris reddituri 
(Heb., 13, 17). Nulle part encore l'on ne s'est habitué à 
négliger ou mettre en oubli la maxime solennelle dont 
Notre-Seigneur a voulu se servir pour inculquer à tous les 
chrétiens le respect qu'il leur commande envers ceux aux- 
quels il a donné mission de le représenter auprès de leurs 
frères : " Qui vous écoute, m'écoute ! Qui vous méprise 
me méprise." Qtii vos audit, me audit ! Qui vos spernit, 
me speniit (Luc, 10, 16) ! Nous vous disons donc en toute 
sincérité, N. T. C. F., comme l'Apôtre aux Thessaloniciens : 
" Voilà pourquoi votre foi nous a fait trouver en vous 
" notre consolation dans toutes les souffrances et les 
" tribulations qui nous arrivent : puisqu'en effet pour nous 
" c'est vivre que de vous savoir si fermes dans le Sei- 
" gneur." Ideo consolati sumus, Jratres, in vobis, in oinni 
necessitate et tribulationenostra, per fidem vestram: quo- 
niam nunc vivimus, si vos statis in Domino (i Thés., 3, 7 
et 8). Et ce témoignage que Nous avons tant de bonheur 
à vous rendre, N. T. C. F., les dignes et vénérables prêtres 
qui ont travaillé avec Nous, et qui ont si largement 
contribué au succès de cette grande œuvre de la visite 
pastorale,- vous l'ont tous également rendu. Combien ils 
ont été édifiés de votre invincible attachement à la foi et 
à ses saintes pratiques, et de l'empressement avec lequel 
ils vous voyaient accourir de toutes parts, et quelquefois de 
bien loin, pour recueillir les grâces spéciales versées par 
Notre-Seigneur sur le passage du premier Pasteur du 
diocèse, au-devant et à la suite duquel vous vous pressiez 
en masse, comme si Jésus Christ lui-même fût venu vous 
visiter en 'jersonne ! C'est alors que Nous les entendions 
bénir et louer Dieu de ce que dans sa miséricorde il a 
daigné conserver en vos âmes les sentiments d'une foi si 
vive et si agissante ! Que de fois dans l'épanchement de la 
joie dont leur cœur surabondait au souvenir de tant de 






'^■: 



'V 






'S 

I ■ 
i 

■ t\ 



'm 




Il, /i 





— 228 — 

fidélité à la grâce dont ils avaient été les témoins, et de 
tant de miséricordes dont ils étaient les heureux instru- 
ments, Nous les avons entendus s'écrier : " Quelle reli- 
1^ g.on ! quelle piété ! qu'ils sont bons encore, nos chers et 
^^ bien-amiés compatriotes ! Ah ! puissent-ils être toujours 
^^ es véritables chrétiens qu'ils sont aujourd'hui, craignant 
^^ Dieu et amiant son Eglise ! Oui, c'est bien à eux qu'on 
^ peut appliquer en toute vérité ces belles paroles du Psal- 
miste ; " Heureuse la nation dont Dieu estle maître et le 
_ Seigneur ! Heureux le peuple qu'il a choisi pour son 
héritage \"'Beata ^rus cujus est Dominus Deus ejus ! po- 
puliis quein degit in hœrediiatem sibi (Ps. 32, 12) 

Nos très chers Frères, voulez-vous que les réflexions 
de ces dignes et vertueux prêtres soient toujours vraies ? 
voulez-vous que le vœu de leur cœur et de leur âme reçoive 
son entier accomplissement? voulez-vous être toujours di- 
gnes de SI belles louanges devant Dieu et devant les hom- 
mes? faites selon l'avis que l'apôtre saint Pierre inculquait 
aux premiers fidèles pour les engager à persévérer dans la 
bonne voie 011 ils avaient été conduits par la grâce de 
D.eu : ' Efforcez-vous donc de plus en plus, mes frères, 
d affermir votre vocation et le choix que Dieu a fait de 
1; vous, par les bonnes œuvres : car en agissant ainsi, vous 
^ • ne tomberez jamais dans le péché; par là, il sera abondam- 
^ ment pourvu à votre entrée dans le royaume éternel de 
Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ!" Quapropter, 
/rcures, m agis satagite ut per bona opéra certam vestram vo- 
cationem e eleetionem faciatis : kœc enim facientcs non 
peccabitts altquando : sic enim abundanter ministrabitur 
vobis mtroitus m œtcrnum regnum DonUni nostri et Salva- 
toru JesuChristi{2Y,,,x^, r, v. 10, „). L'on a beau 
être bon, on peut toujours devenir meilleur j et l'Esprit- 
Sçunt nous fait un devoir de faire des efforts pour le deve- 
nir, lorsqu'il nous dit que celui qui est déjà juste, doit 
travailler à ajouter à sa justice, et que celui qui est saint, 
doit sc;rorcerd: l'être encore plu<. Qni Jnstusesf, justi- 



les témoins, et de 
s heureux instru- 
'-r : " Quelle reli- 
cure, nos chers et 
it-ils être toujours 
ird'hui, craignant 

bien à eux qu'on 
i paroles du Psal- 
estle maître et le 

choisi pour son 
^s Deus ejus ! po- 
■ 32. 12). 
e les réflexions 
oujours vraies ? 
eur àme reçoive 
être toujours di- 
ievant les hom- 
'ierre inculquait 
rsévérer dans la 
par la grâce de 
lus, mes frères, 
: Dieu a fait de 
sant ainsi, vous 
1 sera abondam- 
.ume éternel de 
Quapropter, 
'a m vestram vo- 
1 facientes non 

m inistrabitur 
wstri et Salva- 
). L'on a beau 
r ; et l'Esprit- 
3 pour le deve- 
jà juste, doit 
i qui est saint, 
stusest, justi- 



— 22J) — 

ficetnr adhuc, et sandus sandificctur adhuc (Apoc. 22, 11). 
Notre-Seigneur nous avertit même que de ne pas ajouter 
au trésor de ses grcâces et de ses mérites, c'est le dissiper ! 
Qui non coUigit mecuvi, dispcrgit. Donc N. T. C. F. 
soyez plus que jamais fidèles à vos devoirs de chrétiens et 
à vos pratiques de piété. Nourrissez-vous avec une ardeur 
plus grande du pain des sacrements, et des doctrines de 
de la vérité, dont l'Eglise est seule ici-bas et la dépositaire 
et la gardienne. Soyez sur vos gardes : car l'homme ennemi 
esta l'œuvre, épiant le moment où il pourra semer dans le 
champ du])ère de famille une funeste ivraie ! Ne prêtez ja- 
mais l'oreille aux paroles mensongères et séduisantes, ayez 
toujours en horreur les écrits dangereux, les principes faux, 
les maximes corrompues de certains hommes égarés, qui 
se font une étude de chercher à vous faire perdre le ca- 
ractère de peuple éminemment religieux qui vons distingue; 
et qui comi)rennent parfaitement que pour vous faire 
partager leurs égarements, il leur faut d'abord vous désaf- 
fectionner et vous détacher du prêtre, et vous accoutumer 
peu à peu à le mépriser comme ils le méprisent eux-mêmes. 
Or, comme Nous vous le rappelions il y a un instant, N. 
T. C. Y., mépriser le prêtre et la mission ou l'autorité 
dont Jésus-Christ: l'a revêtu, c'est mépriser Jésus-Christ 
lui-même ! Et comment aimer et pratiquer une religion 
dont on serait arrivé a mépriser et l'auteur et les minis- 
_ très? Or, selon un oracle de l'Esprit-Saint, le mép is en 
fait de religion, c'est la consommation de l'iniquité ! 

Empruntant les paroles de l'apôtre saint Paul, Nous 
faisions tout à l'heure allusion à quelques souffrances, à 
quelques tribulations qu'il a plu à Dieu nous envoyer. Eh 
bien, N. T. C. F., ces souffrances et ces tribulations Nous 
sont venues de l'esprit d'irréligion que Nous venons de 
vous signaler, et dont il était du devoir de notre charge de 
travailler à empêcher la propagation, parce qu'il constitue 
un imminent danger, contre lequel Nous vous supplions, 
au nom du salut de vos âmes, de vous tenir constamment 



■'.'Vk 



"\-AA 



m-- 









■m ' 



là 



:.',% • 



} Il 




( ^ 






il 



. ifîs: 



m %^M 



m :'!< 



— 230 — 

en garde. Cependant n'allez pas croire, N. T. C. F., que 
cette bien faible épreuve nous paraisse comptable, en pré- 
sence de tant de consolations que Dieu daigne nous ména- 
ger d'ailleurs, pour soutenir notre faiblesse et relever notre 
courage. A côté de tant de bien que de toute part Nous 
apercevons dans notre diocèse, et que Nous nous plaisons 
à admirer dans la régularité du clergé, dans la piété des 
fidèles et la ferveur des communautés, le mal, cause de 
ces quelques peines et soucis, dont Nous ne nous plaignons 
qu'à Dieu pour le prier de le faire cesser, ne Nous apparaît 
même pas comme une ombre légère dans le beau tableau 
qu'offre au regard de la foi l'ensemble du diocèse de St- 
Hyacinthe : et si toutefois il fallait admettre que c'est 
véritablement un», ombre, il Nous semble qu'elle ne saurait 
avoir d'autre effet que celui de faire mieux ressortir le 
mérite et la beauté de ce tableau. C'est ainsi que l'apôtre 
saint Paul se voyant dans la nécessité de reprendre quelque 
chose dans la conduite de ses chers Corinthiens, trouve 
moyen de tempérer l'amerture du reproche, en leur disant 
que môme les hérésies ont quelque chose d'avantageux, 
puisqu'elles servent à rendre plus évidentes les vertus 
éprouvées des chrétiens fei vents. Oportet et hœreses 
esse, ut et qui probati sunt, manifcsti fiant in vobis (i Cor,, 
II, 19). 

Nous sommes donc heureux, et très heureux, N. T. C. 
F., à l'idée du compte qu'il Nous sera donné de pouvoir 
rendre de l'état de notre diocèse à l'auguste chef de l'Eglise, 
lorsque tout prochainement Nous aurons le bonheur de 
nous prosterner à ses pieds, et de le prier de vous bénir 
en nous bénissant Nous-même ! Personne n'ignore aujour- 
d'hui que la célébration du Concile Nous impose le devoir 
de nous rendre bientôt à Rome ! Et Nous jouissons par 
avance d'un véritable bonheur, en pensant à la joie dont 
sera inondé le cœur du Vicaire de Jésus-Christ, le saint 
et vénérable Pie IX, lorsque vous rendant la justice qui 
vous est due, Nous ferons l'éloge des brebis qu'il confiait 



if^ 



s[. T. C. F., que 
iiptable, en pré- 
igne nous ména- 
et relever notre 
toute part Nous 
is nous plaisons 
ans la piété des 
; mal, cause de 
; nous plaignons 
e Nous apparaît 
le beau tableau 
u diocèse de St- 
lettre que c'est 
ju'elle ne saurait 
ieux ressortir le 
nsi que l'apôtre 
^rendre quelque 
nthiens, trouve 
ï, en leur disant 
e d'avantageux, 
;ntes les vertus 
jrtet et hœreses 
in vobis (t Cor., 

Lireux, N. T. C. 
»nné de pouvoir 
chef de l'Eglise, 
i le bonheur de 
r de vous bénir 
n'ignore aujour- 
mpose le devoir 
lis jouissons par 
it à la joie dont 
Christ, le saint 
nt la justice qui 
bis qu'il confiait 



— 231 — 

à nos soins, en Nous nommant votre KvGque et en nous 
imposant la charge de pasteur de vos âmes. 

Mais il est temps que Nous en venions au Concile, dont 
Nous voulions particulièrement vous entretenir en la pré- 
sente Lettre pastorale, et auquel Nous devons l'honneur 
d'avoir été convoqué par autorité apostolique, à notre 
caractère d'Evêque, et à notre qualité de premier pasteur 
de l'Eglise de St-Hyacinthe. 



II 



Il n'est personne qui ignore aujourd'hui, N. T. C. F., 
qu'il a plu au Vicaire de Jésus-Christ notre .Saint-Père le 
Pape Pie IX indiquer par lettres apostoliques datées le 29 
juin 1868, un Concile général ou œcuménique, qui doit 
s'ouvrir à Rome dans la Basilique de St-Pierre du Vatican, 
le huit décembre prochain, fête de la Conception Immacu- 
lée de la Vierge Marie. 

Le bruit de cet événement qui au point de vue religieux 
et historique sera sans contredit le plus grand événement 
du dix-neuvième siècle, remplit le monde et le tient dans 
une suspense pleine d'attente et d'admiration depuis au 
delà d'une année déjà j et cependant c'est à peine si Nous 
vous en avons dit quelques mots, en vous annonçant la 
faveur du Jubilé qu'à cette occasion l'indulgence du chef 
de l'Eglise a jugé bon d'accorder à l'univers catholique. 
Est-ce à dire pour cela que Nous avons reçu cette impor- 
tante nouvelle avec indifférence? A Dieu ne plaise, et loin 
de là, N. T. C. F., car Nous n'hésitons point à vous protes- 
ter ici solennellement du contraire! ^ }us osons môme 
affirmer qu'aucun Evoque n'a reçu la Bulle d'Indiction 
avec un plus religieux respect, avec une soumission plus 
profonde que Nous-même ! La voix du Souverain Pontife, 
s'adressant à tout l'Episcopat catholique pour le réunir en 
concile, a été pour Nous la voix du Ciel : et Nous sommes 
tombé à genoux pour l'écouter, comme si Nous avion 



^■\[ 



\ 

■ M 



i^ 1 






U 






— 232 — 

c'estàHir. 1 : ''°"' P'^'""'^ «e« agneaux et ses brebis 

respect pour le Siéee de Pierre Pn , °'^^"^'^"^e et notre 
et asse. énergiques' our r d7; id^t^sT^d""^ ■^'^'" 
avec lesquelles Noul avions accudt' .^^^e dri:''T 
brauon du Concile. Laisse.-nous vous I^ dt V^ 
CF., que l'accomplissement de ce devoL de pi ■ • ^ial" 
etde smcere dévouement envers le chef de VV^y 

Nous honorer, signée de sa main, et en aouet "f 

smf H. I. "^'"'^Se le tait si extraordinairement intéres- 
sant de la convocation du Concile, dont Nous avons de 
sem remis de vous parler jusqu'au moment où il Nou tu 

III 

n.e par ,e péch.. e,„ descend: d',' s'S' r"": 
Vierge Mane, ,1 ses. fa,thom,„e, et „ ,pfonéH la lerrela 



— 233 - 

bonne nouvelle du salut avec la lumière de son Evanuile • 
et .prés une vie de trente-trois années, passée dans la 
l.;auvrete. la pnére et la pénitence, il consommait sa mis- 
sien deSauveur du monde sur le Calvaire, en mourant sur 
une croix. Pms étant ressuscité et sorti glorieux du tom- 
beau, ,1 est remonté aux cieux pour s'asseoir et régner à 
ladro.te de D.eu le Père tout-puissant. Mais ava' d 
rentrer dans la possession de son repos et de sa gloire 
éternelle ,1 ava.t réglé et disposé toute chose pour que 
1 œuvre de redempt.on qu'il était venu opérer durâm 
produ.su ses effets jusqu'à la consommation des siècles 
et pour cela .1 avait établi son Eglise, c'est-à-dire, et e' 
socete sp,rnuele, cet empire des âmes, dont la durée 
serau pomt hmuée par le temps, et dont l'étendue n'aura 
pomt d'autres bornes que celles de l'univers. Et coZ 
cest au moyen de cette société que le divin Sauv .^r ""- 
a.t faire durer autant que les âges le grand ouvrage de 
régénération et de sanctification qu'il était venu consom 
mer en faveur des hommes, étant Dieu il a dû dans a 

tgl.se (..f.y^caio Eccksiam ,nea>n) sur des bases et dans 
des cond.t.ons qui lui permissent d'atteindre infaillible- 
ment la fin a laquelle il la destinait. Or cette fin (ceci est 
une ver.t4 admise par tous ceux qui sont ou se d i e' 
.scples de Jésus-Christ et de son Evangile), c'était eL 
remplacer a travers les siècles auprès du genre humain 
tout ent.er, et de sauver les honîmes com'me \ leTe 
sauves lu.-même s'il ff,t demeuré au milieu d'eux visible- 
ment et en personne, pour leur enseigner la vérité et leur 
d.spenser ses mérites. 
Et pour la .nettrelen état de remplir cette fin surnatu- 

le t.ls de D.eu a voulu que son Eglise exerçât jusqu'à la 
consommation des temps le même divin ministère d'ensei- 
gnement, de réconciliation et de salut, qu'il avait lui-même 
activement rempli pendant son séjour sur la terre et sur 






m 



tvU 



W 



;' 






• ' .U 



•r 






i !<■ 



m ' 



234 






■^^ 



■ :m^^ 




r,f*ft« ; 



lîîli''^*l!ii 






;:■ t 







tout pendant les trois derniùres années de sa vie ; —et en 
conséquence il lui a confié Timmense dépôt du grand 
ensemble de vérités, de commandements, et de divines 
institutions, qu'en descendant du ciel il était venu révéler 
et donner à la terre. Mais pour que ce dépôt sacré de la 
révélation et de la charité divine, renfermant tout ce qu'il 
faudrait croire et pratiquer pour être sauvé, pût traverser 
les âges sans aucune corruption ni altération, et porter 
sûrement aux hommes de tous les siècles le salut et la paix, 
ces fruits célestes de l'incarnation du Verbe éternel, il fallait 
que l'Eglise, dépositaire de ce trésor de vérité, de miséri- 
corde et d'amour, d'un prix comme d'un mérite infini, fût 
revêtue d'une autorité souveraine d'enseignement, ayant 
droit d'imposer à tous les esprits, à tous les cœurs, à toutes 
les volontés un entier assentiment, une adhésion ferme et 
inébranlable, comme si au lieu d'enseigner par son Eglise, 
le divin Fondateur du Christianisme eût fixé son séjour 
sur la terre pour enseigner toujours lui-même en personne. 
Et puisqu'elle devait ainsi parler et enseigner au nom et 
à la place de l'éternelle vérité, il fallait nécessairement que 
l'Eglise fût à l'abri de tout danger, et même de tout soup- 
çon de possibilité d'erreur ; il fallait que son autorité doc- 
trinale participât au caractère de divine infaillibilité, 
essentiellement inhérente à la parole du Verbe ou de la 
Sagesse de Dieu ; c'est-à-dire, qu'il fallait, pour que l'œu- 
vre de Jésus-Christ ne fût point simplement une œuvre 
humaine, que jamais l'Eglise dans son enseignement ne 
pût tromper, ni être trompée, ni se tromper, dans les ques- 
tions qui intéressent la Religion. Et c'est ce qu'a voulu 
l'auteur et le consommateur de la foi, Notre-Seigneur 
Jésus-Christ. Or ce qu'il a voulu, il a pu le faire, comme 
personne ne saurait avoir l'idée d'en douter ; et il l'a fait 
véritablement et en effet, lorsque donnant la mission à ses 
Apôtres, il les constitua ««//(jr//^ enseignante dans son Egli- 
se, employant à cette fin des expressions, un langage dont 
la solennité et la clarté rendent tout doute impossible sur 



sa vie : — ot en 
épôt du grand 
, et de divines 
lit venu révéler 
pût sacré de la 
nt tout ce qu'il 
:, pût traverser 
tion, et porter 
salut et la paix, 
iternel, il fallait 
rite, de miséri- 
lérite infini, ffit 
jnement, ayant 
cœurs, il toutes 
hésion ferme et 
par son Eglise, 
fixé son séjour 
le en personne, 
gner au nom et 
ssairement que 
e de tout soup- 
n autorité doc- 
e infaillibilité, 
Verbe ou de la 
pour que l'œu- 
lent une œuvre 
iseignement ne 
-, dans les ques- 

ce qu'a voulu 
Notre-Seigneur 
2 faire, comme 
er ; et il l'a fait 
a mission à ses 
' dans son Egli- 
in langage dont 

impossible sur 



— 235 ~ 

ses intentions et sur sa volonté : '' Je vous envoie comme 
"mon Père m'a envoyé, leur dit-il !— Tout pouvoir m'a été 
" donné dans le ciel et sur la terre, Allez donc enseigner 
" toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du 
" Fils, et du Saint Esprit : leur apprenant :i garder tous mes 
" commandements ! Et voilà que je suis avec vous tous les 
"jours jusqu'à la consommation des siècles. — Celui qui 
" croira et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais au contraire, 
" celui qui ne croira pas, sera condamné ! " 

Ces paroles n'ont assurément besoin ni d'explication ni 
de commentaire : elles portent en elles-mêmes la lumière 
et la clarté. Le dogme de l'infaillibilité de l'Eglise ensei- 
gnante ne pouvait être plus clairement ni plus évidemment 
énoncé et affirmé ! Voyons, s'il vous plaît, N. T. C. F. : 
l'Eglise enseignera providentiellement et journellement 
assistée par son divin Auteur : et elle enseignera avec une 
autorité si décisive, que Pon ne pourra §e sauver, et qu'au 
contraire on se damnera, si l'on refuse de croire sa doc- 
trine. Et serait-il conforme aux idées de justice que l'on 
pût être damné pour n'avoir pas cru ce qui eût pu être une 
erreur? Donc il faut de là nécessairement conclure à 
l'infaillibilité de l'Eglise ; et c'est môme dans l'infaillibilité 
que doit consister le caractère essentiel de l'Eglise de Jésus- 
Christ, contre laquelle les portes de l'enfer, c'est-à-dire le 
mensonge et l'hérésie, ne prévaudront jamais, et qui est, 
selon la parole de l'Apôtre, " l'Eglise du Dieu vivant, la 
colonne et le fondement de la vérité : " ce qu'elle ne pour- 
rait être assurément, si l'erreur lui était possible. 

Mais bien que l'Eglise enseignante (c'est-à-dire les suc- 
cesseurs des Apôtres ou les Evêques unis au Pape), disper- 
sée dans tout l'univers, ne cesse jamais un seul instant de 
conserver son caractère d'infaillibilité ; bien même que 
selon la doctrine la mieux appuyée et la plus universelle- 
ment admise, l'infaillibilité d'enseignement ait été accor- 
dée par un privilège spécial à celui que Notre-Seigneur 
avait mis à la tête du collège de ses Apôtres, qu'il choisit 



'' r 



b < 
7"H 






. k 






n4 






St 'î,".„ 




n ;l 



m 




t.>- 



((: : ;ll 



m 



— 23fi — 

pour en faire la i.ierre fondamentale de son Eglise ; auquel 
>1 conha les clefs du royaume des cieux, et donna la 
charge de confirmer ses frères dans la foi ; qu'enfin il 
établit pasteur de tout son troupeau : et bien que conformé- 
ment a cette même doctrine, ce privilège ait été et doi.e 
être toujours l'apanage de ceux qui se sont assis coiMne de 
ceux qui s'assiéront sur la chaire de Pierre en qualité de 
ses successeurs et de vicaires de Jésus-Christ : Nous vou- 
lons dire, que quoique le dogme de l'infaillibilité de l'Eglise 
soit un dogme absolu, coexistant avec l'Eglise dont il est 
la vie, essentiel à la mission qu'elle a à remplir à travers 
les siècles, sans lequel elle n'eût pu se constituer et encore 
moins subsister ; il est vrai néanmoins, N. T. C. E., qu'il 
y a des jours, des t»mps, où poussée par les besoins 
d occasion et les circonstances spéciales qu'elle a à ren - 
contrer, elle se lève à la voix de son chef; et se réunissant 
des quatre coins du monde où elle vit dispersée, au lieu où 
Il la convoque, l'Eglise enseignante, c'est-à-dire,les Evoques 
successeurs des Apôtres et pasteurs des Eglises particu- 
lières du monde entier, viennent se constituer en assem- 
blée régulière sous la présidence et la direction de l'Evê- 
que de Rome, du Pape, successeur de saint Pierre et pas- 
teur de l'Eglise universelle ! Et là et alors, cette Eglise 
enseignante, s'affirmant à la face du ciel et de la terre 
établissant les lois qu'elle juge bon d'imposer à ses mem- 
bres, proclamant avec une assurance toute divine les dog- 
mes de sa foi, et prononçant anathème contre quiconque 
oserait rejeter ce qu'elle a défini comme appartenant à la 
révélation et au dépôt de la foi dont elle est la dépositaire 
et la gardienne, forme, ainsi réunie, "ces grandes et solen- 
nelles assises religieuses" auxquelles l'histoire a toujours 
donné le nom de Concile général ou œcuménique. 

L'assemblée des évêques du monde entier bien légiti- 
mement convoquée pour le huit décembre prochain de 
pari autorité souveraine du chef de l'Eglise, l'..uguste et 
immortel Pie IX, qui la présidera par lui-même ou par 



Cglisc ; auquel 

et donna la 
ji ; qu'enfin il 
jue conformé- 
it été et doive 
isis coi.>me do 
en qualité de 
t : Nous voû- 
té de l'Eglise 
se dont il est 
plir à travers 
uer et encore 
!'. C. F., qu'il 

les besoins 
'elle a à ren - 
se réunissant 
:e, au lieu où 
les Evoques 
ses particu- 
r en assem- 
on de l'Evê- 
'ierre et pas- 
cette liglise 
de la terre, 

à ses mem- 
ine les dos- 
; quiconque 
rtenant à la 

dépositaire 
les et solen- 
■ a toujours 
[ue. 

bien légiti- 
rochain, de 

"Uguste et 
me ou par 



— 237 — 

ses légats (mais bien certainement par lui-mùme, s'il jouit 
alors d'un état de santé aussi prospère qu'aujourd'hui), 
ajoutera sous le nom de Concile du Vatican, un nouvel 
anneau à la chaîne d'or des dix-neuf conciles généraux 
jusqu'ici célébrés dans l'Eglise. 



IV 

Vous l'avez entendu et déjà sans doute vous le saviez, 
N. T. C. F., un Concile général ou œcuménique, c'est l'as- 
semblée des évoques du monde entier, convoquée et pré- 
sidée par le Pape, qui achève de lui donner sa valeur et 
son ai..orité, en confirmant ses décrets. Le but, la fin de 
ces assemblées, c'est de délibérer et prononcer jugement 
sur ;es questions qui ont rapport à la foi, aux m,eurs, ou 
a !;t discqjhne de l'Eglise. iMais quoique l'Eglise ensei- 
gnante, réunie en concile, prenne sa forme la plus impo- 
sante et la plus solennelle, et revête la i^lus haute et la 
plus majestueuse expression possible de son autorité, ce- 
pendant pas plus réunie en concile que dispersée, ell'e n'i 
le pouvoir ni le droit de rien ajouter ni retrancher au dé- 
pot de la foi, qu'elle tient de la révélation évangélique 
En concile comme dispersée, elle n'a point d'autre mis- 
sion dogmatique à remplir, que celle de dire aux hommes ■ 
Voila ce qu'il faut croire ! et il faut le croire parce que 
Dieu l'a révélé ! La révélation, et rien autre chose que la 
révélation, mais la révélation exposée, expliquée et dé- 
veloppée par son autorité doctrinale, souveraine et infail- 
lible, constitue le domaine de l'enseignement de l'Eglise 
en matière de foi. Ce serait une erreur que de supposer 
que le Concile puisse jamais dépasser la limite d'enseigne- 
ment tracée à l'Eglise par son divin Fondateur : ce serait 
même une hérésie, i>uisque ce serait le supposer faillible. 
Avec quel religieux respect, avec quelle impression de foi 
vive et profonde devez-vous donc les envisager, N.T.C.F., 
ces augustes réunions des successeurs des Apôtres, puis- 









i 1 



1/ 



Int'i 



m 



m 



m 



•M 



■' .''î' 



'M 



il i' 



— 238 — 

que quand ils prononcent et définissent en concile, ils 
peuvent dire avec la môme autorité et le môme droit que 
les Apôtres eux-mômcs, réunis en concile à Jérusalem : 
yisum est Spiritiii Sancto, et nobis /Il a paru bon au 
Saint-Esprit et à nous ! Sublime grandeur de la Reli- 
gion ! ! Produit divin des mérites d'un Dieu fait homme, 
que l'assemblée d'un Concile, en laquelle l'œil de la foi 
contemple avec admiration de pauvres et simples mortels 
qui, y siégeant comme juges, n'hésitent point à imposer 
au Saint-Esprit la responsabilité de leurs décisions et de 
leurs jugements, parce qu'ils savent et croient, sur l'auto- 
rité de la parole de Dieu, qu'ils forment conjointement 
avec lui un même tribunal 1 Heureux le siècle, heureux 
les yeux qui ont l'avantage d'être témoins de la célébra- 
tion d'un Concile ! Beati ociili qui vident qttœ vos vide- 
tis (Luc, 10, 24). Depuis longtemjjs un Concile était l'ob- 
jet des désirs des membres de l'Eglise de toute condition 
et de tout rang, surtout de ceux qui y ont la charge ou la 
conduite des âmes ! Afu/ti propketce et reges volueritnt 
videre quœ vos videtia, et non viderunt (Ibid.). La divine 
Providence avait réservé à nos jours d'admirer sur le 
Siège Apostolique le saint Pontife (|ui l'occupe si glorieu- 
sement aujourd'hui, suscité de Dieu pour étonner notre 
siècle si sceptique, par l'énergie de sa foi aussi gran. le que 
celle (jui mérita à Pierre de devenir la base et le tunde- 
ment de l'Eglise, et de porter les clefs du royaume des 
cieux. Cette foi si vive a tout fait entreprendre à Pie IX 
pour la glorification de l'Eglise par le triomphe de la vé- 
rité, et l'a empêché de compter avec les obstacles et les 
difficultés de tout genre, que des causes aussi diverses que 
multipliées semblaient opposer à la tenue d'un Concile ; 
et il a, en dépit de tous les calculs de l'impiété et des rai- 
sonnements humains, convoqué le Concile au moment 
même où il paraissait le moins possible, humainement 
parlant. Mais la foi n'a-t-elle pas le privilège et la force 
de renverser et transporter les montagnes ? 



'M 



% 



— 239 — 



Observons en passant qu'outre le Concile général qui 
représente l'Eglise universcre, il y a le concile particulier, 
(jui ne rejjrésente qu'une 'urtie de l'Eglise, et qui peut 
être, ou national, ou provincial, ou diocésain. Ces qualifi- 
cations sutlisent à en indicpi'-r la nature et la fin. Seul le 
concile général est infaillible, parce (juc seul il représente 
l'Eglise universelle, à laquelle appartient le privilège de 
l'infaillibilité doctrinale. 

Les Conciles sont pour ainsi dire nés avec l'Eglise, puis- 
que les Apôtres eux-mêmes se réunirent en concile à 
Jérusalem ; et que malgré la difficulté qu'avaient les Evo- 
ques de s'assembler pendant les trois premiers siècles à 
cause des persécutions qui sévissaient presque continuelle- 
ment contre l'Eglise, et surtout contre ses ministres, il fut 
tenu plus de soixante ilus .particuliers, à compter de 

la prédication de l'Exangile jusqu'au premier concile géné- 
ral, qui fut célèbre ,i Nicée en l'an 325. Cependant, malgré 
que leur origine ^oit certainement apostolique, et que selon 
l'opinion d'à peu près tous les docteurs et tous les théolo- 
giens, Notn -Seigneur Jésus-Christ lui-même en ait inspiré 
la pensée et la conception à son Eglise, lorsqu'il a dit à ses 
Apôtresque " là où deux ou trois sont assemblés en son 
nom, il se trouve au milieu d'eux, " il n'est pas moins vrai 
de dire qu'absolument parlant, les conciles, et nous par- 
lons ici spécialement des conciles généraux, ne sont point 
nécessaires, puisque réunie ou dispersée, l'Eglise ensei- 
gnante, c'est-à-dire les Evêques ayant le Pape a leur ôte 
forment un tribunal jjermanent, revêtu d'une nutorité 
suprême et infiiillible, qui suffît pour terminer toute contes- 
tation en matière de religion. Et encore moins pourrait-on 
dire qu'ils sont nécessaires, si l'on embrasse la croyance 
que le Pape jouit du privilège de l'infaillibilité, toutes les 
fois qu'il juge solennellement, en sa qualité de chef et de 
souverain Pasteur de l'Eglise. Nous aurions dfi dire plus 



•• 

h- 

1 

r 


l'. 

1 



■,1 



'.m 






•i .K il 



m 



ï] :■■ a 



a i. 



*><■ :■ . 





— 240 — 

tôt ce que d'ailleurs vous savez et comprenez facilement, 
JN. 1. C. K, que le Pape, de même que le corps de l'Eglise 
enseignante, n'est et ne peut être infaillible qu'en con é 
quence d'un don surnaturel et divin, reçu d'e la volonté 
souverame et toute-puissante de Jésus-Christ, qui ay^ 

Iz fu ''': ^"^ '^ ^^' "°- '^ prése^ti et r 

Mais pour revenir aux conciles, s'il est vrai que les conci- 
les généraux ne sont point absolument nécessaires, il et 
au mo,ns auss. vrai qu',1 y aurait plus que de la témérité 
j en contester la grande utilité et l'immense avantag 
1 P^ghse elle-même les considérant comme sa pièce d ré' 
serve pour l'occasion des grandes luttes ou des grands" 
combats ; ou comme son remède le plus efficace contre le 
nmlad,es part.cul,ères et plus graves dont ses memb e 
peuvan être quelquefois atteints. Il peut même se fa e 

arwv ffr îr'J:r''' ^-'^"^ ^^ i—ivre ::: 

arriver a sa fin, se trouve à un moment donné en face 
d obstacles si grands, de circonstances si difficiles e si em 
barrassantes, qu'à raison de ces obstacles ou de ces ci oT 
tances, l'on pourrait dire qu'un concile est moraern 
nécessaire. Et il Nous semble véritablement qu'il se'a U X 
que permis d'affirmer la nécessité du dernier concU t 

i?-rt:;r^is-rrxnf^'^^--'^- 

bleConcne de Trente Lo-^:t::^L:r:;::St 

délibérations mftres etprolongées d'un concile un remèd 

efficace aux maux dont l'Eglise et la société en géÏÏrt 

e aient a ors inondées .P-L'Eglise, si elle pouvaifpSr 

eût te ab.mee dans le cataclysme non moins redoutlwe' 

de hnondation des barbares, qui au .seizième sS e 3'- 

battaient, poussés parla main de Dieu, sur toutes les part '3 

P us ou moins vermoulues de l'édifice social et rehg , 

de 1 Europe Un affreux débordement de mœurs avare" 

vahi toutes les classes de la société, et les désordres de 



■"V f 



— 241 — 

toute espèce de cette époque si déplorablement gangrenée 
avaient reçu leur châtiment dans l'apparition d'une hérésie 
monstre, grosse de toutes les hérésies possibles ! Et comme 
il était auparavant arrivé tant de fois en crise semblable 
ceux des peuples chrétiens qui n'avaient pas mis le comble 
à leurs malheurs par l'abandon de la foi, haletants et gémis- 
sant sous le poids de leurs horribles souffrances morales 
se tournaient instinctivement vers l'Eglise, en ir-obrant son 
secours ! Et cette mère toujours si bonne, émue jusqu'aux 
entrailles a la vue des maux qui accablaient ses enfants 
jugea dans sa sagesse divinement inspirée, qu'un concile 
seul pourrait l'aider efficacement à les arracher à l'abîme 
qui menaçait de ks engloutir I De là ce Concile de Trente 
SI fameux dans les annales de l'Eglise, et dans le souvenir 
des peuples, dont il fut le salut, en contribuant puissam- 
ment, par la sagesse et l'énergie de ses décrets et de ses 
lois, à raviver les sentiments de la foi, à réformer les 
mœurs, et à remettre en vigueur les saintes règles de la 
discipline modifiées et accommodées aux besoins des 
temps ! 

Les immenses services rendus à la société chrétienne 
par le Concile de Trente, seraient seuls suffisants pour 
démontrer que si l'on ne peut pas dire absolument que les 
Conciles-sont nécessaires, il est du moins évident qu'ils 
peuvent être quelquefois d'une nécessité relative et acci- 
dentelle. L'histoire générale des Conciles démontrerait 
cette venté jusqu'à l'évidence, puisqu'au fait l'histoire par- 
ticulière du Concile de Trente, quand on l'étudié au point 
de vue de l'état et des besoins de la république chrétien- 
ne a l'époque où il fut célébré, des causes qui en détermi- 
nèrent la convocation et la tenue, et des avantages qui en 
résultèrent pour le bien de la société, devient à peu près 
sans exception l'histoire de tous les Conciles généraux. 

Or, N. T. C. F., l'Eglise eut-elle jamais à traverser une 
époque plus hérissée de maux de toute espèce que celle 
qu'elle franchit aujourd'hui ? Il est plus que permis d'en 
T. m ig 



t': 



' ■l ■ ■i m 






1 

i 

5 - ''. 


1^1 




■ 



^m 




/ f 



'#; 



'j:é. 



i H' 



i i 






1 :■!■■ n'.j 





( l'i,.- 



1 ri.l. 
1'^ 


' 1 ; '. 






<■ ■; 




iH- 





242 



douter, quand on jette yur le monde un regard éclairé par 
la lumière de la foi, et quand, rentrant en soi-môme, l'on 
réfléchit et médite sur le triste spectacle que les yeux de 
l'âme et de l'intelligence y ont aperçu ! Mais ici la parole 
ne Nous appartient plus, N. T. C. F.! Une voix inspirée 
et plaintive comme celle de Jérémie se lamentant sur les 
maux de Jérusalem et de la Synagogue, s'est fait entendre 
à l'univers, pour lui peindre la désolation dans laquelle 
sont plongées l'Eglise et la société, et exposer en même 
temps les causes et les motifs qui ont déterminé la convo- 
cation et la tenue d'un Concile. Cette voix c'est celle de 
notre saint et vénéré Pontife, qui dans sa bulle d'indic- 
tion, emploie un langage d'une autorité et d'une dignité 
tout apostolique, pour faire le détail des nombreuses ca- 
lamités qui pèsent sur le monde et le menacent d'une 
entière ruine ! Prêtez, N. T. C. F., une oreille attentive 
aux accents de sa douleur, et recueillez ses paroles avec 
un religieux respect, comme si elles sortaient de la bouche 
de Jésus-Christ lui-même, puisqu'en effet c'est son vicaire, 
son représentant qui va vous parler en son nom et avec 
toute son autorité ! Ecoutez maintenant : elle parle cette 
grande voix ! 

" Or depuis longtemps on sait et tout le monde connaît 
par quelle horrible tempête l'Eglise cst aujourd'hui battue, 
et de quels grands maux est affligée la société civile elle- 
même. L'Eglise catholique et sa doctrine salutaire, sa 
puissance vénérable et !a suprême autorité de ce Siège 
Apostolique sont attaquées et foulées aux pieds par des 
ennemis acharnés de Dieu et des hommes ; toutes les cho- 
ses sacrées sont vouées au mépris, et les biens ecclésiasti- 
ques dilapidés ; les Pontifes, les hommes les plus vénéra- 
bles consacrés au divin ministère, les personnages émi- 
nents par leurs sentiments catholiques sont tourmentés de 
toutes manières ; on supprime les connnunautés religieu- 
ses ; des livres impies de toute espèce et des journaux 
pestilentiels sont réiiandus de toutes parts ; les sectes les 



— 24a — 



plus pernicieuses se multiplient partout et sous toutes les 
formes; l'enseignement de la malheureuse jeunesse est 
presque partout retiré au clergé et, ce qui est encore 
pire, confié en beaucoup de lieux à des maîtres d'erreur et 
d'u)=quité. Par suite de tous ces faits, pour notre désola- 
non et la désolation de tous les gens de bien, pour la perte 
des âmes, qu'on ne pourra jamais assez pleurer, l'impiété 
la corruption des mœurs, la licence sans frein la conta' 
gion des opmions perverses de tout genre, de tous les vices 
et de fous i. ,s cnmes, la violation des lois divines et hu- 
ma..- , sont partout propagées d ce point que non seu- 
le .:f;..-. ^tre très sainte religion, mais encore la société 
humaine sont d'une manière déplorable dans le trouble 
et la confusion. 

" Dans un tel concours de calamités dont le poids acca- 
ble notre cœur, le suprême ministère pastoral à Nous con- 
r.e divinement, Nous impose le devoir de mettre en action 
de plus en plus toutes nos forces pour réparer les ruines de 
1 Eglise, pour procurer le s.Iut de tout le troupeau du 
Seigneur, pour arrêter les efforts, pour repousser la furie 
devas^tatnce de ceux qui réunissent toutes leurs forces 
pour détruire, jusque dans leurs fondements, l'Eglise elle- 
même s. jamais cela pouvait se faire, et la société civile 
Pour Nous, Dieu Nous aidant, depuis le début même de 
notre souverain pontificat, comme Nous y obligeait le de- 
voir de notre si importante charge, Nous n'avons jamais 
cesse, par nos allocutions consistoriales et nos lettres 
apostoliques multipliées, d'élever notre voix, de défendre 
constamment de toutes nos forces, la cause de Dieu et de 
sa sainte Eglise à nous confiée par le Christ Notre-Sei- 
gneur, de combattre pour le maintien des droits de ce 
biege Apostolique, de la justice et de la vérité, de signa- 
ler les pièges tendus par les hommes ennemis, de condan- 
ner les erreurs et les fausses doctrines, de proscrire les 
sectes de l'impiété, de veiller avec le plus grand soin et de 
pourvoir par toutes les mesures possibles au salut de tout 
le troupeau du Seigneur. 



If 



'I 

■ •{■ 
'à 



Mi 



Il 



! 






w 


■ 1 TP 


1 


1 ' 


y 


!" 

1. 


1 





ii: 



— 244 — 

"Maintenant, marchant sur les traces glorieuses de 
nos prédécesseurs, Nous avons jugé opportun, pour 
toutes les raisons que Nous venons d'exposer, de réunir 
en Concile général, comme Nous le désirions depuis 
longtemps, tous nos Vénérables Frères les Evêques de 
tout l'univers catholique, qui ont été appelés à entrer en 
partage de notre sollicitude. Enflammés d'un ardent 
amour pour l'Eglise catholique, remplis pour ce Siège 
Apostolique d'une piété et d'un dévouement connus de 
tous, pleins de sollicitude pour le salut des âmes, illustres 
par leur sagesse, leur doctrine et leur science, et déplo- 
rant avec Nous le triste état de la religion et de la société 
civile, ces Vénérables Frères désirent par-dessus tout dé- 
libérer et pouvoir se consulter avoc Nous, pour appliquer 
à tant de maux des remèdes eflicaces." 

Comme vous le voyez, N. T. C. F., au déluge de maux 
qui a inondé le bercail des âmes, dont Jésus-Christ lui a 
confié le soin et, la garde, le Pasteur suprême, guidé par 
l'Esprit-Saint, et par l'exemple de ses illustres et vénéra- 
bles Prédécesseurs sur la chaire de Pierre, oppose le 
Concile général, comme la digue la plus puissante et la 
plus eflicace pour le contenir et en arrêter les progrès. 
Telles sont aux yeux de l'Eglise la haute importance et 
l'immense valeur de l'institution des Conciles. Ne soyons 
donc plus étonnés, N. T. C. F., que tant de désirs et de 
vœux appelassent un Concile, déterminé enfin par le zèle 
et la sagesse du glorieux et saint Pontife que le Père des 
miséricordes et le Dieu de toute consolation a choisi pour 
gouverner son Eglise en ces jours si mauvais, en ces temps 
si orageux et si difliciles ! ! 

Rassurons-nous néanmoins : malgré la malice des temps, 
la foi de Pie IX triomphera^ et les espérances qu'il a 
fondées sur le Concile, ne seront point de vaines espé- 
rances ; Dieu ne saurait le permettre ! Bientôt, il faut 
l'espérer, des jours meilleurs luiront sur le monde ! Les 
esprits, depuis si longtemps en proie aux agitations de 



' -Il 



r^— j^ , 



glorieuses de 
portun, pour 
ser, de réunir 
sirions depuis 
!s Evêques de 
lés à entrer en 
d'un ardent 
)our ce Siège 
;nt connus de 
âmes, illustres 
2nce, et déplo- 
;t de la société 
essus tout dé- 
)our appliquer 

iluge de maux 
lis-Christ lui a 
ne, guidé par 
res et vénéra- 
•e, oppose le 
juissante et la 
:r les progrès, 
importance et 
;s. Ne soyons 
e désirs et de 
fin par le zèle 
je le Père des 
a choisi pour 
, en ces temps 

ice des temps, 
mces qu'il a 
; vaines espé- 
entôî, il faut 
monde ! Les 
agitations de 



— 245 — 

l'incertitude et du doute, aux chimères enfantées par une 
imagination en d-Mire, aux déceptions d'une science et 
d'une philosophie vaines et monsongères, aux utopies reli- 
giev.ses et politiques les plus insensées, las et fatigués d'a- 
voir tant couru après le vide et le néant, trouveront enan 
le calme et le repos qu'ils viendront demander au Concile, 
dont les infaillibles enseignements les mettront en posses- 
sion de la vérité, de cette vérité qui est l'essence de Dieu 
même, et qui i^^ule peut fournir aux âmes l'aliment qui, en 
leur donnant la vie, leur assure en môme temps la joie et 
le bonheur que l'on trouve dans la paix avec Dieu et avec 
soi-même. 

Ce n'est pas, N. T. C. F., que la vérité n'habite plus sur 
la terre, et qu'elle soit remontée au ciel d'où elle est des- 
cendue. La vérité est la compagne inséparable de l'Eglise, 
et quand celle-ci aura terminé la mission qu'elle a à rem- 
plir ici-bas, elle retournera en même temps que la vérité 
dans le sein de Dieu, d'où elles sont sorties l'une et l'autre. 
Le Concile, selon ce que Nous avons dit plus haut, n'^st 
donc pomt destiné à mettre la terre en possession de la 
vérité, puisque déjà Dieu lui a fait don de ce trésor. Mais 
sans rien ajouter à ce trésor, le Concile le sonde, l'exa- 
mine, le développe et l'expose aux yeux de la foi, de ma- 
nière à en étaler les richesses avec plus d'éclat, à les lais- 
ser voir sous quelque aspect nouveau, à en mieux taire 
comprendre toute l'étendue et toute la valeur :— et selon 
le mot plein de sens, "non nova, seô nove," il no tire 
point de ce trésor des choses nouvelles : ce sont des choses 
qui y avaient toujours été, mais qui en sortent sous une 
forme nouvelle ; envisagées, considérées à un nouveau 
point de vue, présentées avec un nouveau développement ; 
mais toujours en gardant fidèlement la règle de foi, si ca- 
tégoriquement tracée parle Pape saint Etienne : "Point de 
nouveauté : rien que la Tradition :" Nihil innovetur, nisi 
qiiod traditum est. Et puis enfin, le Concile affirme ses 
appréciations et ses jugements sur un ton, avec des formes 






4.: F" 



m 



I « 



■fi 






lî'i' 'I i'i 










lif" I 




— 246 — 

qui lui sont propres, et qui impriment à son infaillibilité 
un cachet qui semble porter une empreinte plus éclatante 
et plus marquée du doigt de Dieu qui a tracé ses oracles ! 
Il doit nécessairement en être de même, quand on n'en- 
visagerait le Concile que dans sa forme extérieure. C'est 
toujours la même Eglise enseignante, il est vrai ; mais ce 
n'est plus cette Eglise dispersée, et contemplée pour ainsi 
dire dans le lointain : c'est cette même Eglise (Nous ris- 
quons l'expression) à l'état concret ! Quand on 

jette un regard sur le Concile réuni, du même coup d'œil 
on aperçoit tout entier ce cor/>s immense qui remplit l'u- 
nivers : et après s'être reposés avec amour, respect et 
vénération sur son auguste chef, les yeux se promènent 
avec un égal sentiment de respect, d'étonnement et d'ad- 
miration, sur tous les membres qui le composent, nom- 
breux, venus de tous les coins de l'univers, souvent carac- 
térisés par une manière d'être propre et spéciale, et ce- 
pendant, tous animés du même esprit, tendant à la môme 
fin, n'ayant en Jésus-Christ qu'un même cœur, une même 
âme, une même volonté, présentant en un mot dans son 
état le plus parfait et le plus saisissable le sublime spectacle 
de cette majestueuse unité catholique, sortie du sein de Dieu 
avec son Verbe éternel descendant sur la terre ; r ,-. jamais 
les temps ne verront se dissoudre, et qui ne cessera de sub- 
sister ici^bas que pour aller un jour se confondre avec la 
grande Unité du ciel ! Nulle raison, nulle intelligence hu- 
maine, qui n'aperçoive quelque chose d'évidemment surna- 
turel et divin dans le Concile envisagé à ce point de vue. 

Et de là vient que jamais les actes, les opérations d'un Con- 
cile ne manquent de faire sur tous les esprits une imiiression 
bien vive et bien profonde (voyez en effet, N.T.C. F., de quel 
mystérieux frémissement le monde entier s'est senti agité 
à la simple nouvelle de l'indiction du Concile), et cette 
impression, produisant invinciblement ses effets, devient 
ou salutaire, ou funeste : salutaire à ceux qui aiment et 
cherchent encore la lumière de la vérité ,; funeste au con- 



i(li 



-247 



traire ;i ceux qui négligent d'en étudier la cause et de s'en 
rendre compte, et qui dorment avec indifférence dans les 
ténèbres et les onbres de mort qui les environnent. De 
sorte que l'on peut dire en toute vérité du Concile, comme 
le saint vieillard Siméon disait à Marie, la divine Mère de 
notre divin Sauveur, en lui parlant de son Fils qu'elle ve- 
nait d'offrir en sacrifice à la majesté de Dieu pour le salut 
des hommes : "Voilà qu'il a été établi pour la ruine et 
pour la résurrection d'un grand nombre en Israël." Ecce 
posiius est hic in ruinam, et in resurrectioncm inultorum in 
Israël. C'est-à-dire, que le Concile sera une perte con- 
sommée, ou un entier retour à la vérité pour ceux en fa- 
veur desquels Dieu l'a suscité, selon les dispositions avec 
lesquelles ils recevront ses enseignements : tout comme 
Jésus-Christ lui-même, qui, malgré son véhément désir de 
sauver tous les hommes, n'a cependant sauvé que ceux 
qui ont voulu profiter des grâces et des lumières de son 
Incarnation, tandis au contraire que beaucoup se sont 
perdus pour les avoir méprisées ou rejetées ! ! 

Pour vous, N. T. G. F., qui n'avez jamais eu le malheur 
de contrister l'Eglise par une résistance opiniâtre à la vé- 
rité ; qui vous distinguez par un vif et sincère attachement 
à la foi et à ses saintes pratiques ; qui êtes aujourd'hui 
connus- à tous les pays du monde par, votre généreux et 
filial dévouement à la cause de la Religion et de son au- 
guste Fontife : oh non! ce n'est point pour vous que le 
Concile était nécessaire ! I Enfants soumis et obéissant à 
l'Eghse, vous avez conservé votre foi dans toute son inté- 
grité. Ce sera donc pour vous un véritable bonheur de 
pher votre raison et votre intelligence à tout ce que le 
Concile jugera bon de décréter touchant la foi, source et 
mère de toutes les vertus, sans laquelle vous n'ignorez pas 
qu'il est impossible de plaire à Dieu. 



,'■• 



r% 






, r M 



248 — 



(■-;;i 




m 'ê 



k 



I, 



VI 

Mais la foi n'est pas la seule matière qui tombe sous 
le contrôle et l'autor-'é du Concile. Comme vous ne pou- 
vez l'ignorer, x\. T. C. F., c'est surtout dans ses Conciles 
que l'Eglise a déployé toute sa sollicitude pour la préser- 
vation des saintes mœurs, pour la beauté de l'ordre et de 
la discipline ecclésiastique, et pour la splendeur du culte 
divin. Et c'est de ces vénérables assemblées qu'est prin- 
cipalement sorti le magnifique ensemble de canons, dé- 
crets et lois de toute espèce, qui règlent jusque dans les 
moindres détails tout ce qui tient au gouvernement et à la 
direction de ses menbres et de ses ministres, et au fonc- 
tionnement du culte public et de toute la sainte liturgie : 
œuvre immense, complétée par les constitutions des Papes, 

et par les travaux des Congrégations Romaines ! ij 

en devait être de même, puisque l'Eglise est le royaume 
de Jésus-Christ ; mais aussi est-il incontestable que sur la 
terre il n'y a aucun Etat, aucun gouvernement, qui ait une 
législation aussi parfaite, une administration aussi régu- 
lière que celle de l'Eglise. Nombre des plus belles institu- 
tions civiles et politiques ne sont même que des emprunts, 
des imitations que les pouvoirs humains ont été heureux 
de venir chercher dans son domaine, ou dans le vaste 
code de sa jurisprudence. 

Eclairés par notre foi, encore plus que par l'expérience 
d'un passé si beau et si rassurant, n'hésitons pointa croire 
que le prochain Concile participera abondamment aux 
lumières et à la sagesse de tous ses devanciers, dont l'in- 
failhbiHté lai a été transmise par droit divin ; et que les 
décrets et les lois qu'il portera sur les sujets, sur les ma- 
ti. es qui requerront son attention et ses délibérations, ne 
feront point défaut à la confiance sans bornes du chef de 
l'Eglise, qui attend de ces décrets et de ces lois un remède 
efficace à la longue suite de maux dont il fait si énergique- 
ment la peinture dans le cours des lettres apostoliques par 



! !' 



M'i 



in 



II 



li tombe sous 
vous ne pou- 
5 ses Conciles 
lour la préser- 
3 l'ordre et de 
leur du culte 
:s qu'est prin- 
e canons, dé- 
que dans les 
lement et à la 
;s, et au fonc- 
inte liturgie : 
tis des Papes, 

les ! Il 

it le royaume 
)le que sur la 
it, qui ait une 
n aussi régu- 
)elles institu- 
es emprunts, 
été heureux 
ans le vaste 

l'expérience 
)ointà croire 
imment aux 
rs, dont l'in- 
I ; et que les 

sur les ma- 
cérations, ne 
3 du chef de 
3 un remède 
i énergique- 
toliques par 



— 249 — 

lesquelles il a convoqué le Concile. Ecoutez avec respect, 
N. T. C. F., le passage suivant, dans lequel notre saint et 
vénérable Pontife indique d'avance aux Evoques quel- 
ques-unes des misères et des souffrances morales dont ils 
auront à s'occuper, et auxquelles ils devront s'efforcer de 
trouver une guérison, avec le secours de Jésus-Christ qui 
s'est engagé à èlre au milieu d'eux quand ils seront réunis 
et avec l'assistance du Saint-Esprit, chargé de leur ensei- 
gner toute vérité : 

" Ce Concile œcuménique, dit-il, aura donc à exami- 
ner avec le plus grand soin et à déterminer ce qui convient 
le mieux de faire dans ces temps si difficiles et si durs, pour 
la plus grande gloire de Dieu, pour l'intégrité de la foi 
pour la beauté du culte divin, pour le salut éternel des 
hommes et la discipline du clergé régulier et sécuHer et 
son mstruction salutaire et solide, pour l'observance des 
lois ecclésiastiques, pour la réformation des mœurs, pour 
l'éducation chrétienne de la jeunesse,pour la paix commune 
et la concorde universelle. Il faudra aussi travailler de 
toutes nos forces, avec l'aide de Dieu, à éloigner tout mal 
de l'Eglise et de la société civile ; à amener dans le droit 
sentier de la vérité, de la justice et du salut les malheureux 
qui se sont égarés ; à réprimer les vices et à repousser les 
erreurs, afin que notre auguste religion et sa doctrine salu- 
taire acquièrent une vigueur nouvelle dans le monde entier, 
qu elle se propage chaque jour de plus en plus, qu'elle re- 
prenne l'empire, et qu'ainsi la piété, l'honnêteté, la justi- 
ce, la chanté et toutes les vertus chrétiennes se fortifient et 
fleurissent pour le plus grand bien de l'humanité. Car 
1 influence de l'EgHse catholique et de sa doctrine s'exerce 
non seulement pour le salut éternel des hommes, elle con- 
tribue au bien temporel des peuples, à leur véritable pros- 
périté, mais encore, et personne nepourraprouver le con- 
traire, au maintien de l'ordre et de la tranquillité, au pro- 
grès même et à la solidité des sciences humaines, ainsi que 
les faits les plus éclatants de l'histoire sacrée et de l'his- 



;^■ 



n 






»f" 



i tf,J. 



■ ! '] I 



'.iii 









-mi . 


''■■; 



— 250 — 

toire profane le monlicnt clairement et le prouvent cons- 
tamment de la manière la plus évidente. Et comme le Christ 
Notre-Seigneur nous réconforte, nous ravive et nous con- 
sole par ccj paroles : Zà où deux ou trois sont rassemblés 
en mon nom, là Je suis avec eux, Nous ne pouvons pas 
douter qu'il ne veuille bien lui-môme nous assister dans ce 
Concile par l'abondance de sa grâce divine, atin que Nous 
puissions régler toutes choses de manière à procurer le plus 
grand bien de sa sainte Eglise. C'est pourquoi après avoir 
répandu nuit et jour, dans toute l'humilité de notre cœur, 
nos plus ferventes prières devant Dieu, père des lumières, 
Nous avons pensé qu'il était nécessaire de réunir ce 
Concile." 

A voir l'état heureux et prospère de la Religion, l'hon- 
neur et le respect dont elle est entourée en ce pays, la 
ferveur et la piété dont vous vous donnez les uns aux au- 
tres le bel et touchant exemple, sans doute que vous 
n'eussiez jamais pu soupçonner, N. T. C. F., que l'Eglise 
ait à gémir sur tant de maux et de désordres. C'est mal- 
heureusement une triste et déplorable vérité, bien connue 
d'ailleurs, mais dont il ne serait plus possible de douter, 
quand la voix du Vicaire de Jésus-Christ s'est fait enten- 
dre pour la publier à la face du ciel et de la terre. Le 
souverain Pasteur des âmes verse des larmes abondantes, 
mais verse encore plus de prières sur ces maux et ces 
désordres dont le poids accable le troupeau que Jésus- 
Christ a confié à son amour. Joignons notre prière à la 
sienne, il nous y invite, N. T. C. F.; le Ciel se laissera 
toucher. Et Dieu qui dans sa bonté a fait les nations gué- 
rissal)les, viendra au secours de son Eglise, et lui inspirera 
les moyens, les remèdes propres à guérir ces multitudes 
d'âmes, d'esprits et de cœurs atteints d'une véritable 
peste morale, comparable au terrible fléau qui a fait le tour 
du monde après être sorti des miasmes des pays de l'Asie 
que la civilisation n'a point encore assainis, et produite 
par les effluves empoisonnés, répandant partout la désola- 



.tï*,*? 



I I 



' t 



— 251 — 

lion et la mort, et s'exhalant de la corruption de l'orgueil, 
du rationalisme et du sensualisme de ces vieilles sociétés 
si policées de l'Europe, qui, engouées et enllées de leur 
civilisation et devenues ingrates dans leur orgueil, se sont 
odieusement insurgées et rebellées contre l'Eglise, comme 
si elles ne lui eus sent i)as été redeval. les de leur haut 
degré de prospérité et de grandeur, et l'on pourrait dire 
sans exagération, de leur existence même ! Mais l'Eglise, 
comme une mère tendre et dévouée, n'en veille pas moins 
avec sollicitude au chevet des peuples malades : elle sait 
qu'elle est leur salut ! Bien des fois elle a vu k monde 
menacé de l'abîme ! Alors elle i)riait et gémissait . Et au 
moment où il semblait sur le point d'y être englouti, Dieu 
intervenait et étendait son bras tout-puissant pour l'em- 
Iiôcher d'y tomber ' Espérons : la main j)aternelle du 
Seigneur peut toujours façonner les jirodiges et les pro- 
portionner aux desseins de sa miséricorde. L'Eglise uni- 
verselle esf en prière et en travail ; elle se prépare sans 
doute à enfanter quelque nouveau prodige et à étonner 
encore une fois le monde ! C'est l'espoir que nourrit la 
foi de Pie IX. 

Et vous jusqu'ici si providentiellement préservés des 
malheurs auxquels sont en proie tant d'autres peuples de la 
terre, souvenez-vous, N. T. C. F., que jamais le Seigneur 
n'abandonne ceux qui le craignent etgard<'nt se comman- 
dements. Réfléchissez et méditez sur les châtiments que 
subissent aujourd'hui les nations qui n'ont point été fidèles 
à son Eglise, et prenez une ferme résolution de vous y 
attacher plus fortement que jamais. Nous vous l'avons dit 
dans la première partie de cette Lettre, c'est le moyen 
de conserver i)our le transmettre à vos descendants, comme 
vous en avez hérité de vos pères, l'état de bonheur social 
et domestique dont vous jouissez sous sa garde et à l'om- 
bre de ses enseignements. La parole de Jésus-Christ ne 
passera jnmais : et il a dit que l'homme ne vit pas seule- 
ment de pain !— Et les peuple^ pas pliw les individus ne 



,1, L '■ ' " 






ii'^i 






t .-' 






— 252 - 

peuvent vivre de la vie véritable qui est la vie de l'ordre 
et de la paix en Dieu, sans la Religion qui leur prépare et 
leur distribue cette nourriture de la divine parole, essen- 
tielle à cette vie d'ordre et de paix en Dieu, comme le pain 
ou la nourriture matérielle à la vie du corps. Non in solo 
pane vivit /loino, sed in omni verbo <iu.Hi procedit de ore 
Dei (Matth., 4, 4). Soyez toujours affa nés de la divine pa- 
role dont l'Eglise est chargée de vous nourrir, et qu'elle 
met tout son bonheur à vous dispenser ; et jamais les 
maladies qui mènent les peujiles au tombeau, ne pour- 
ront vous atteindre, nos très chi^rs Frères ! 

Nous espérons avoir atteint le but que Nous nous pro- 
posions particulièrement, N. T. C. F., en vous adressant 
la présente Lettre, celui de vous faire bien comprendre ce 
qu'est un Concile général ou œcuménique, les raisons qui 
déterminent ordinairement la célébration des Conciles, et 
les motifs particuliers qui ont porté le Pape actuellement 
régnant, l'immortel Pie IX, à convoquer le Concile qui 
s'ouvrira prochainement à Rome. Si toutefois les explica- 
tions que Nous vous avons données, les réflexions que 
Nous vous avons faites sur la nature, les avantages, l'impor- 
tance et la divine autorité des Conciles, n'avaient point 
suffi à vous inspirer le respect profond, la religieuse vénéra- 
tion dont tous les membres de l'Eglise doivent èt'e péné- 
trés pour ces augustes assemblées, qui ont toujours si effica- 
cement procuré la gloire de Dieu, le triomphe de la vérité 
et le salut des peuples chrétiens, Nous nous flattons que 
la voix de vos pasteurs, ces voix amies, habituées à vous 
exposer et développer les enseignements de la foi ; ces 
voix que vous connaissez et écoutez comme les bonnes 
brebis doivent en effet connaître et écouter la voix de leur 
pasteur, suppléeront à ce qui pourrait avoir manqué à 
notre parole, pour vous disposer à apprécier, aimer et 
vénérer le grand événement dont vous allez avoir le bon- 
heur d'être témoins, et que Dieu dont les miséricordes sont 
infinies et les trésors de bonté inépuisables, a préparé 



— 253 — 

comme le remède aux maux si grands qui accablent les 
nations de la terre, le Canada jusqu'ici excepté, mais 
menacé quoiijue faiblement encore, de la contagion qui a 
fait tant de ravages dans ton , |.. ; .litres pays. Dieu le veut I 
Son grand serviteur Pie IX agit ;,.k!s son inspiration; et 
le Concile aura lieu mal} ce les obst. ries que les passions 
des hommes et la malice 'cl' nfer po^rraient susciter pour 
l'empêcher d'arriver au ten ■ d'i-n. Heureuse consomma- 
tion. Mais quelle que soit n'.' j espérance à ce sujet, il ne 
faut point nous reposer en une sécurité qui sc • liange en 
indifférence, et nous laisse sans souci vis-à-vis un événe- 
ment auquelles chrétiens du monde entier sont si éminem- 
ment intéressés. 

Il Nous reste à vous dire, N. T. C. F., quels sont 
les devoirs particuliers que vous avez à remplir à l'occa- 
sion du Concile, en votre qualité de membres de la 
grande famille de l'Eglise, et d'enfants" dévoués à son 
auguste Chef Ces devoirs sont de deux sortes, et regar- 
dent, les uns l'ordre spirituel, les autres l'ordre matériel ou 
temporel du Concile. 

Les devoirs de l'ordre spirituel consistent dans l'obliga- 
tion où sont tous les fidèles de prier pour le plein et entier 
succès du Concile. Car bien que la foi nous assur- que, 
quoi qu'il puisse arriver, le Concile jouissant du divin pri- 
vilège de l'infaillibilité dont Nous avons parlé plus haut, 
nous devons être parfaitement rassurés et tranquilles à 
l'endroit de ses décisions et définitions dogmatiques, néan- 
moins le plus ou moins d'utilité et d'avantage que les tra- 
vaux du Concile apporteront à l'Eglise et à la société, 
dépend certainement des lumières plus ou moins abon- 
dantes que la bonté de Dieu daignera répandre sur ses 
opérations. Or, N. T. C. P., nous le savons : toujours les 
lumières descendent du ciel en proportion des prières que 
la foi et la piété y font monter pour les en attirer. Et 
quelque grande et sublime que soit l'assemblée du Concile, 
elle est cependant soumise à cette disposition de l'ordre 



■■}' 



< 



ri 



! H 



ii.^i 



254 — 




1 r 



divinement établi dans les rapi)ort.s entre la terre et le ciel. 
Jésus-Christ a voulu qu'il en soit ainsi, et il n'a pas mis 
d'exception à sa loi : Demandez, et vous recevrez ; petite, 
et accipidis ! Aussi pourrait-on dire avec vérité que si 
l'Eglise existe pour enseigner, elle existe aussi pour prier. 
De là toutes ces institutions de formes aussi variées que 
multipliées, qu'elle a établies et consacrées pour les fins 
de la prière, de la prière de la nuit aussi bien que de la 
prière du jour ! Et telle a toujours été sa pratique aussi 
bien que son esprit. Voyez ce qu'elle fait au moment où 
elle est jjrivée de la présence sensible et visible de son 
divin fondateur, qui s'est séparé d'elle en retournant au 
ciel le jour de l'Ascension ? Obéissant à l'ordre que lui a 
donné le doux Sauveur, elle descend du sommet de la 
montagne des Oliviers, et s'en va à Jérusalem s'enfermer 
dans le cénacle -t y attendre cette vertu d'en haut qui lui 
a été promise. Mais reste-t-elie oisive en attendant? Ah! 
vous le savez, N. T. C. F., quoique Jésus-Christ se soit 
contenté de lui dire de s'aller asseoir et reposer dans la 
ville, sedetc in civitate ; pour se rendre digne de recevoir 
avec toute l'étendue possible, cette vertu d'en haut qu'elle 
attend, elle se met en prière ; et, guidée par la divine Marie, 
mère de Jésus, elle y persévère dans l'union de la charité 
et de la ferveur jusqu'à ce qu'enfin le Paraclet, l'Esprit de 
toute force, de toute lumière et de toute vérité se commu- 
nique, se donne personnellement à elle. C'est ainsi que 
l'Eglise, agissant sans doute en conformité au sentiment 
à l'esprit don! ;lle s'est inspirée aux leçons de Jésus, nous 
enseigne comment il fiuit nous préparer à recevoir les 
dons, les faveurs, les secours du ciel, lors môme que nous 
avons droit de les attendre, en comptant sur la parole de 
Jésus-Christ. Et quels sont ceux qui prennent part à cette 
prière fervente et persévérante du cénacle ? Ce ne sont 
point seulement Marie et les Ajjôtres ; mais avec eux 
les disciples, les frères de Jè>us et les saintes femmes, c'est- 
à-dire, tous les membres de l'Eglise naissante. C'est sans 



— 255 — 



doute le Collège Apostolique, ou l'Eglise enseignante, qui 
doit surlout bénéficier de la descente du Saint-Esprit • 
mais tous les autres membres de l'Eglise sont intimement 
convaincus que c'est pour eux, pour leur salut, i)our ..a 
sanctification de leurs âmes, que l'Eglise enseignante a été 
établie, comme c'est pour eux qu'elle est au moment de 
recevoir sa dernière forme et son complément par le don 
qui va lui être fait de la troisième personne de la Trinité 
sainte. Et de là, la ferveur avec laquelle ils prient en nion 
de cœur et d'âme avec l'Eglise enseignante, réunie dans le 
cénacle par l'ordre de Jésus-Christ. Parf^iit modèle qu'ont 
fidèlement imité les chrétiens de tous les âges, chaque 
fois que l'Eglise a eu besoin que le Ciel lui envoyât un 
secours spécial, parce qu'elle avait ou à vaincre quelque 
dangereux ennemi, ou à triompher de quelque obstacle 
extraordinaire semé sur sa voie par la malice de l'enfer et 
les passions des hommes, ou à déjouer les complots et les 
conspirations des puissances de la terre, qui cherchaient 
à l'opprimer ou à porter atteinte à son indépendance et à 
ses droits. Jamais cette prière de l'Eglise universelle n'a 
été répandue devant le Seigneur, sans obtenir de sa bonté 
et de sa miséricorde la grâce ou le bienfait sollicité. Sou- 
vent même, pour mieux faire comprendre la toute-puis- 
sance de cette prière, Dieu s'est plu à n'intervenir que 
lorsque humainement parlant, tout semblait perdu et sans 
espoir ! Or la foi nous l'apprend ; les trésors où puise la 
prière, resteront toujours infinis et inépuisables ; et Dieu 
y tient encore en réserve de nouveaux prodiges, qu'il est 
toujours prêt à faire éclater à la prière fervente et persé- 
vérante de ses enfants ! 

Aussi véritablement que ceux qui ont à une époque 
quelconque vécu dans son sein, vous êtes les enfants de 
l'Eglise, N. T. C. F., et aussi bien qu'eux, vous devez à 
votre mère le tribut et le secours de vos jjrières, pour 
l'aider dans les luttes et les combats que tous les jours 
elle soutient pour remplir sa mission et sauver le monde ; 



!.• 



V :^ 






l-'a' 




— 256 — 

et vos prières aussi bien que les leurs peuvent, au besoin, 
obtenir de la bonté de Dieu des merveilles de grâce et de 
miséricorde. La circonstance solennelle et importante de 
la célébration d'un Concile est sans doute l'un de ces mo- 
ments, l'une de ces époques où tout fidèle doit se faire un de- 
voir d'adresser au Ciel d'humbles et ferventes supplications 
pour que Dieu daigne protéger et assister son Eglise, qui ne 
tient ses Conciles que lorsque ses plus graves intérêts ou 
ceux de ses enfants sont menacés ou attaqués. Mais enfin, 
si vous hésitez encore à croire que ce soit en effet pour vous 
un devoir, écoutez, N. T. C. F., ce qu'a dit à ce sujet 
notre Saint-Père le Pape, dans les Lettres apostoli- 
ques par lesquelles il a accordé la grâce d'un Jubilé, à 
l'occasion du Concile. Voici comment s'exprime Sa Sain- 
teté : " Nous ne cessons dans l'humilité de notre cœur 
d'adresser de très ferventes prières et supplications au 
très clément Père des lumières et des miséricordes, de qui 
découle tout don excellent et parfait, afin qu'il envoie du 
ciel, où il siège, sa sagesse qui Nous assiste et soit avec 
Nous; et qui travaille avec Nous, pour que Nous sachions 
ce qu'il a pour agréable. Et afin que Dieu prête plus facile- 
ment l'oreille à nos vœux et à nos prières. Nous avons 
résolu d'exciter la religion et la piété de tous les fidèles du 
Christ, pour que joignant leur3 prières aux nôtres, Nous 
implorions le secours de la droite du Tout-Puissant et sa 
céleste lumière, pour pouvoir décider dans ce Concile tou- 
tes les choses qui ont rapport au salut commun du peuple 
chrétien tout entier, à l'utilité, à la plus grande gloire et 
lélicité, et surtout à la paix de l'Eglise catholique." 

Vous l'entendez, N. T. C. F., ce vœu, ce désir du cœur 
de Pie IX, qui souhaite que les fidèles du monde entier 
joignent leurs prières aux siennes, pour réclamer le se- 
cours du Très- Haut sut la grande entreprise du Concile. 
Et vous savez ce qu'il a jugé bon de faire pour vous 
exciter à prier avec plus de ferveur et de confiance : il a 
ouvert les trésors célestes des Indulgences confiés à sa 



f : 






li 



— 257 — 

distribution, afin que purifiés par une vraie pénitence des 
taches du péché, vous vous approchiez avec a.^^surance du 
trône de la grâce et de )a divino miséricorde, pour en 
faire descendre un secours opporu.n. Vous prierez don-^ 
pour le succès du Concile, N. T. C. F., c'est votre devoir^ 
et tout doit vous porter à vous en acquitter fidèlement' 
Vous prierez surtout pendant les saints exercices de 
votre Jubilé et vous ferez aussi souvent que possible la 
sainte communion pour cette fin ; vous prierez tous l-^s 
jours en particulier; vous prierez en commun les diman- 
ches et les fêtes d'oLligation, récitant pieusement les priè- 
res que Nous vous avons prescrites, de concert et en 
union avec vos pasteurs, qui ont eux-mêmes à prier tous 
les jours au saint autel, eu conformité à une injonction de 
notre très saint Père le Pape. Vous ferez enfin, avec les 
mêmes dispositions de ferveur et de confiance, les prières 
que Nous vous commanderons en terminant la présente 
Lettre. 

En vou. acquittant ainsi d'un devoir que vous imposent 
des motifs si puissants, vous vous trouverez associés à 
vos frères dans la foi de toutes les parties de l'univers • 
avec toutes les saintes âmes qui peuplent les couvents, leJ 
monastères et les cloîtres ; avec les n inistres de la religion 
de tout rang et de toute dignité, le Souverain Pontife en 
tête. En un mot, comme aux jours de la rei-aite du céna- 
cle, ce sera l'Eglise universelle en prière avec l'Immacu- 
lée Vierge Marie, Mère de Jésus, à laquelle la piété filiale 
et la grande dévotion du chef de l'Eglise ont confié la 
garde et la protection de toutes les opérations du Coitcile 
Ce grand concert de prière, formé dans les saintes harmo- 
nies de la foi, de l'espérance et de la charité, s'élèvera 
comme un encens d'agréable odeur, jusqu'au trône de 
outesles miséricordes I Et les grâces, les bénédictions et 
les lumières de toute sorte descendront en abondance sur 
tous ceux qui sont appelés à prendre part aux délibéra- 
tions et aux travaux de l'auguste assemblée. Les espé- 
T. m ,^ ' 



•f'! 


II 






1 




1 






'i-^-ii: ■■':■: 


Si 


:}\''^ 




■1 


■'i 




',^ 


'f 




i'^ 






1 ï 


y^ m 




• M'. « ' 


i U' ! 


f &!^i '■ 


■' '^ii» 


■ kM 


■■0 


'.'•ri' 


■Ht f î 


■•''■ 


'h 


1 



,. f ;•!■ 



'^■/'V) 









4 y 




b 






— 268 — 

rances fondées sur le Concile se réaliseront. Des jours 
meilleurs, une ère de prospérité nouvelle et de paix pro- 
fon e brilleront enfin pour l'Eglise ! La joie et le bonheur 
inonderont le cœur et l'âme de tous ses enfants ! Des 
chants d'amour et de reconnaissance monteront v^rs le 
ciel, louant et bénissant le Dieu infiniment miséricor- 
dieux d'avoir encore une fois arraché le monde à l'abîme 
vers lequel l'entraînait le torrent des mauvais principes, 
auquel la sagesse et l'autorité du Concile sont appelées à 
opposer une digue puissante qui l'arrête et le contienne. 
Ce sont là sans doute de grandes choses, et de grandes 
merveilles, que seule la toute-puissance de Dieu peut 
opérer ; mais aussi, N. T. C. F., la foi nous apprend 
que c'ast à cette toute-puissance de Dieu que la prière 
s'adresse pour lui demander sans hésiter même un mira- 
cle, quand il est nécessaire aux desseins miséricordieux 
de sa providence et de son amour I Venons-en mainte- 
nant, N. T. C. F., aux devoirs d'ordre matériel ou tempo- 
rel qui nous sont imposés par les circonstances qui se 
rattachent au futur Concile. 




vn 



! k 



Le Conc>' " .ime vous le savez, et comme Nous ve- 
nons de vou^ !e dire, N. T. C. F., est donc une grande °t 
solennelle assemblée à laquelle tous les Evêques du mon- 
de, au nombre d'environ neuf cents, sont convoqués et 
tenus d'assister. Et comme la grandeur et la majesté de 
l'Eglise doivent se refléter dans ces assemblées qui la 
représentent, le Souverain Pontife n'a pu se décider à 
appeler auprès d" sa personne l'Episcopat du monde 
entier, sans se préparer à recevoir dignement ceux qui 
forment ce grand et vaste corps, d'une dignité sans égale, 
dont il est lui-même le chef et la tête. Le temps que 
durera cette réunion des Evêques autour du Pape, est le 
secret de la Providence. Plusieurs Congrégations nom- 



— 259- 



breuses d'hommes éminemment distingués par leur savoir 
et leur sagesse, invités par le Saint-Père de toutes les 
parties de la catholicité, ont été formées à Rome où elles 
siègent tous les jours depuis assez longtemps, pour discu- 
ter, disposer et mettre en ordre les matières soumises à 
leur examen par Sa Sainteté, pour être plus tard livrées 
aux délibérations et au jugement du Concile. Il n'y a 
pas même jusqu'au lieu où doivent se tenir les Congréga- 
tions générales et les sessions du Concile, qui n'p.k été le 
sujet d'études assez longues et sérieuses, et l'occasion de 
travaux considérables. Il faut ajouter à tout cela des frais 
d'impression de documents des plus considérables et 
des plus nombreux, et de traduction de ces mêmes docu- 
ments en langues diverses. C'est vous dire, N. T. C. F. 
quelles énormes dépenses la célébration du Concile doit 
nécessairement entraîner ! Pour y pourvoir il faudrait les 
ressources d'une caisse publique dans les meilleures condi- 
tions de prospérité. Or vous savez avec le monde entier 
que le gouvernement pontifical a toujours été le plus 
modeste et le plus pauvre de tous les gouvernements de 
l'nnivers. Vous n'ignorez pas non plus que la révolution 
d'Italie a enlevé au Saint-Père la plus riche partie de ses 
petits Etats ; et qu'en conséquence il est depuis plusieurs 
années réduit à recevoir avec reconnaissance les aumônes 
de la bonne volonté et du dévouement de ses enfants, qui 
grâce à Dieu ont jusqu'ici assez noblement rempli le devoir 
qui leur était imposé par cette pénible situation des affaires 
du Père commun de la chrétienté. Vous-mêmes, un jour, 
N.T.C.F., à la parole de notre illustre et vénéré Prédéces 
seur, vous vous levâtes dignes de votre renommée de vrais 
enfants de l'Eglise, et, malgré la modicité de vos ressources, 
vous vîntes déposer une belle et généreuse offrande tafre 
les mains de votre premier Pasteur, qui goûta un véritable 
Donheur à la transmettre en votre nom à celui à qui vous 
l'aviez destinée, comme le gage de votre respectueux 
dévouement et de votre piété filiale. Bientôt, N.T.C.F 



>^h': 



>' . r 





— 260 - 

Nous nous acheminerons vers Rome pour aller assister au 
Concile; t-r, Nous voiif l'avons dit, c'est en qualité de 
votre Evêquc et de premier pasteur de ce Jiocèse que 
Nous devons Nous y rendre ; et par cela seul, Nous auri 
ons pu Nous adresser à vous, et vous mettre à contribu- 
tion pour les frais de ce voyagi; : Mus la Provid^ni^e y 
ayant autrement pourvu, Nou;. osons Non.', rîatter que 
vous serc7. heureux d'imiter le bel exemple que déjà l'une 
lies paroijiies de ce diocèse a donné à toutes les autres, en 
venant, de son propre mouvement. Nous apporter la jolie 
sormne de trois cents piastres, qu'elle abandonnait à notre 
entitre disposition, en vue de notre pèlerinage à Rome ! 
Nous n'avons point hésité un seul msfant, N.T.C.F., sur 
la destination que Nous ferions à cettt- somme : et Nous 
l'avons de suite mise en réserve comme le premier item 
d'un nouveau tribut que Nous nous flatto is que le diocèse 
s'estimera heureux de présenter au Chef de l'Eglise à 
l'occasion du Concile, convoqué dans votre intérêt aussi 
bien que dans celui de tous les autres peuples chrétiens. 
C'est un devoir d'ordre matériel ou temporel que vous 
remplirez avec joie et honneur, à cause de la circonstan- 
ce et du motif qui vous l'imposent. Un autre devoir qui 
vous est imposé par la même circonstance et le même 
motif, N.T.C.F., c'est la continuation de notre si belle 
œuvre des Zouaves Pontificaux Canadiens ! N'y eût-il que 
l'honneir et la gloire qui nous reviennent de cette œuvre 
pour nous engager à la continuer, notre détermination 
serait sans doute bientôt arrêtée. Oh ! qu'elle est belle et 
glorieuse la page que vos enfants viennent d'ajouter aux 
annales de notre pays, par leur héroïque dévouement à la 
plus noble comme à la plus sainte des causes, .la cause 
de la vérité et de l'ordre, personnifiée dans le Pape, qui 
est aujourd'hui son seul appui dans !• T.^nde ! Le nom 
canadien, mêlé aux événements les -graves et les 

plus importants dont les siècles aient é •■ .ep ais longtemps 
téu oins, et mêlé à ces événemci, H ijère à comman- 



iUer assister au 
en (}ualité de 
:e Jiocèse que 
eul, Nous auri- 
tre à conr,ribu- 
Provid-.ni.e y 
ou;, Piatter que 
que déjà l'une 
s les autres, en 
pporter la jolie 
lonnaità notre 
nage à Rome ! 
N.T.C.F., sur 
nme : et Nous 
: premier item 
que le diocèse 
de l'Eglise à 
; intérêt aussi 
jles chrétiens, 
lorel que vous 
la circonstan- 
tre devoir qui 
:e et le même 
notre si belle 
N'y eût-il que 
e cette œuvre 
détermination 
lie est belle et 
d'ajouter aux 
vouement à la 
ises, .la cause 
> le Pape, qui 
nde ! Le nom 
graves et les 
dis longtemps 
e à comman- 



— 261 -- 

der le respect et l'admiration de l'univers entier c'est 
plus qu'il ne faudrait, N. T. C F., pour nous faire 'aimer, 
louer et bénir à jamais l'idée qui, en se développant, a 
procuré à notre cher pays l'insigne honneur de voir 
quelques-uns de ses enfants, l'épée au poing et l'arme au 
bras, placés en sentinelle autour des degrés du trône le 
plus antique qu'il y ait en ce moment, et le plus vénéra- 
ble qu 11 y ait jamais eu sur la terre ; et désireux de ver- 
ser leur sang pour la défense de ce trône, menacé par 
la fureur des hordes révolutionnaires, qui brûlent d'ense- 
vehr sous ses ruines et la religion et la civilisation i Et ce 
qui devrait suffire à vous rendre ivres de joie et de bon- 
heur, c est que l'auguste vieillard qui est assis sur ce 
trône, 1 immortel Pie IX, cette si grande figure historique 
des temps modernes, à laquelle nulle autre ne saurait être 
comparée, et qui apparaîtra aux âges futurs avec un 
reflet de quelque chose de surnaturel et divin, vient de 
déclarer en une magnifique lettre adressée au Comité des 
Zouaves, que l'histoire des Zouaves Pontificaux Canadiens 
mériterait d être tracée sur le marbre et l'airain ! Aussi belle 
parole fut-elle jamais prononcée par aussi digne et aussi 
noble bouche, à la louange d'un peuple? Eh bien ! N T C 
F cette œuvre des Zouaves qui vous a valu tant d'honneur 
et tant de gloire, on vient aujourd'hui vous demander de 
faire en sorte qu'elle ne soit point interrompue ! Et Nous 
oserons vous supplier de faire en effet tout ce qui pourra 
dépendre de vous pour la continuer, cette œuvre déjà si 
belle en elle-même, mais à laquelle pourrait être encore atta- 
che le nouvel honueur d'avoir contribué à protéger à la fois 
et la personne sacrée de notr: Saint-Père le Pape, et celle 
de tous tes Evêques du monde réunis autour de lui pour la 
grande et auguste assemblée du Concile. Et c'est en ce 
sens, N.T.C.F., que Nous considérons la continuation de 
1 œuvre de nos Zouaves Pontificaux comme un autre 
devoir d'ordre temporel et matériel que vous avez à rem- 
plir a 1 occasion du Concile. Dieu vous fasse la grâce 






■■t-' 



i'.r.f 



.• if'-.' 



■ xH 






II rj 




li 



.' 1 




,f llihti; 






|lil;. ;|f 




- 262 — 

de ne point reculer devant ce nouveau sacrifice qui Nous 
paraît être le complément de tous les devoirs que la 
Providence vous impose en ce moment en commun avec 
tous les autres peuples catholiques de l'univers. Et si en 
effet les peuples catholiques les comprennent bien, ces 
devoirs, et s'en acquittent avec un zèle et un dévouement 
inspirés par la foi, il ne sera pas moins beau et glorieux 
de pouvoir un jour se dire fils des croisés du 19e siècle, 
enrôlés pour combattre la barbarie révolutionnaire, qu'il 
ne le fut autrefois et qu'il ne l'est même encore aujour- 
d'hui, de s'appeler le descendant de ceux qui au moyen âge 
se croisèrent pour aller combattre la barbarie musul- 
mane ! 

VIII 

(Pendant la Retraite, 31 août 1869.) 

Au moment même où Nous allions vous adresser cette 
Lettre, N. T. C. F., l'on publiait dans toutes les chaires 
du diocèse de Montréal deux jugements prononcés à 
Rome, l'un par la Sacrée Congrégation de l'Index con- 
damnant l'Annuaire de V Institut Canadien de Montréal 
pour r année 1 868, l'autre par celle du Saint-Office, condam- 
nant à la fois ce même/4«««a/r^ et l'Institut lui-même. Ce 
sera pour vous une véritable consolation, N, T. C. F., 
d'apprendre ainsi, que votre Evêque n'avait fait qu'acquit- 
ter un devoir absolu de conscience, en vous défendant, il 
y a maintenant dix-huit mois, sous peine de refus des sa- 
crements pendant la vie et à l'article de la mort, la lectu- 
re de certains journaux, qui se faisaient un zèle de pro- 
pager les doctrines du susdit Institut, qui viennent d'être 
condamnées comme pernicieuses par la suprême autorité 
du Saint-Siège. Car il est évident que s'il est rigoureuse- 
ment défendu de s'aller abreuver à la source empoisonnée 
de l'Institut Canadien, il doit être aussi rigoureusement 
défendu de boire aux canaux établis pour répandre par- 



ifice qui Nous 
evoirs que la 
commun avec 
vers. Et si en 
nent bien, ces 
in dévouement 
lu et glorieux 
du 19e siècle, 
;ionnaire, qu'il 
încore aujour- 
i au moyen âge 
irbarie musul- 



) 

adresser cette 

;s les chaires 

prononcés à 

: l'Index con- 

I de Montréal 
ffice, condam- 

lui-même. Ce 
N. T. C. F., 
fait qu'acquit- 
; défendant, il 
; refus des sa- 
îiort, la lectu- 

II zèle de pro- 
ienn^nt d'être 
irême autorité 
5t rigoureuse- 
! empoisonnée 
goureusement 
épandre par- 



— 263 — 

tout les eaux de cette source corompue et pestilentielle 
Or ,1 faudrait plus que de la témérité, il faudrait encore 
une mauvaise foi évidente, ou une ignorance impardonna- 
ble, pour oser nier qu'en effet les journaux dont Nous 
avons SI sévèrement proscrit la lecture, que Nous proscri- 
vons encore aujourd'hui, eussent absolument le même 
esprit, les mêmes principes, les mêmes tendances, et dans 
1 occasion le même langage, et par conséquent ne portas- 
sent avec eux le même danger, et même à raison de leuf 
diffusKjn, un danger plus grand que l'Institut lui-même 
dont Ils étaient les organes ou du moins les échos fidèles' 
Ainsi, paix à Nous, puisque Nous n'avons fait en cela que 
notre devoir, paix aussi à notre digne clergé, qui a 
courageusement fait le sien, et paix enfin à vous, N T 
C. F., qui Nous avez chrétiennement obéi 

Maintenant, quant à l'Institut Canadien de Montréal 

IT- T'^'J^^^T "^''^ ''" '""^P'^ ^"'^'^"" "'^■^bres' 
parmi les fidèles de notre diocèse, tous se feront un devoir 

de se hâter de se conformer au jugement définitif porté 
contre cette malheureuse institution, qui n'a assuré- 
ment rien de canadien que dans le nom, s'ils veulent 
être traités comme membres de l'Eglise et être admis à ses 
sacrements. Pour ce qui regarde V Annuaire, personne ne 
peut k publier, le garder, le lire sans encourir les peines 
portées contre ceux qui publient, gardent, lisent les livres 
condamnés Voici du reste ce que porte textuellement le 
décret rendu le 12 juillet dernier par la Sacrée Congréga- 
tion de l'Index: "En conséquence personne, quels que 
soient son rang et sa condition, ne peut ni publier, ni lire 
m garder le dit ouvrage {V Annuaire), condamné et pros! 
« T. ' • ,^,'^!'^"" ^^^" q"'» «oif. 0" en quelque langue qu'il ait 
^^ été publié ; mais il doit le remettre entre les mains des 
Evêques ou inquisiteurs, sous les peines portées par les 
Règle^ j.^ l'Index des livres défendus. '' Il ne sera donc 
désorm-:; : ms possible ni permis à une amitié complaisan- 
te, a la aiblesse du respect humain, aux faux prétextas 



.'(M 



n 

it'/ji'. ,';■■ 



■■■' 



:, .;* 



■■ f 



u 



j m 



•'!l?fii 






il l*f:vi 



IK .1 



■ h' 

lit!''. 



1 M 



mi 







-1 '::l 



i ii: 



-264- 

I)uisés dans In. iaiso.i cita rapports ou liens de famille, de 
ne pas condamner les idées fausses, l'esprit sophistique, 
les doctrines anti-catholiques, qui apparaissent avec évi- 
dence et à tout propos dans les discours ou les écrits de 
certains hommes qui osent encore se dire catholiques, 
mais qui pour introduire plus sûrement en ce pays les 
produits des vieilles usines philosophiques de l'Europe, 
prétendent avoir un droit inattaquable de les couvrir de 
ce qu'ils appellent leur drapeau i)olitique. C'est un vérita- 
ble piège, et un piège d'autant plus dangereux qu'on le 
déguise €t cache sous le voile trompeur des prétendus in- 
térêts du peuple ' Défiez-vous des hommes de cette es- 
pèce, soit l'ils parlent, soit qu'ils écrivent, " T. C. F, 
Ce sont eux qui se trouvent atteints et condamnés parles 
jugements que Rome vient de prononcer II Nous nous 
flattons que l'autorité de ces jugements sera pour vous 
définitive, et que vous n'hésiterez plus à réprouver ce que 
Rome réprouve si fortement, qu'elle vous défend de lire, 
de garder en votre, possession le livre ou paniplil- 1 dans 
lequel i'<! avaient pris complaisance à faire étalage de leurs 
idées et de leurs principes : et souvenez-vous que s'il faut 
garder nvec tous s hommes 'es règles et les convenances 
■ie la ^.iiarité clin.uenne, il taut aussi se faire un ricrou- 
reux devoir de respecter les décisions de l'Eglise et les 
principes de la foi. L'apôtre saint Jean, à la fin de sa 
seconde Epître, dir à ceux à qui .;lle est ndressée, " que si 
" quelqu'un vient à eux sans apporter la dcotrine du 
" Christ dont il s'est '" igné, et tn laquelle il n a pas vou- 
" lu persévér-r, ils :.e doivent point le recevoir dans leur 
" maison n saluer, parce que celui qui le salue, com- 
" munique œu -s de sa malice." C'est là une règle 
de conduite li pau. tra sans doute bien sévère aux parti- 
sans des idées de tolérance malente 'ue qui viennent 
d'être condamrtées à Rome. Et cependant ' 'est l'Apôtre 
de la charité qui l'a tracée avec toute sa sévérité aux 
chrétiens de l'Eglise naissante ! et quoi qu'il en puisse 



I 



'■il 



U' 



— 266-. 

coûter, ceux qui désirent conserver leur foi dans toute 
son intégrité et sa pureté, instruits j)ar le malheur arrivé 
à tant d'autres qui, pour ne l'avoir pas suivie, ont fait un 
triste naufrage dans la foi, feront sagement de s'y confor- 
mer dans leur manière d'agir, et dans leurs rapports avec 
ceux de nos infortunés cor toyens dont Nous voulons ici 
parler, qui d'enfants de l'Eglise qu'ils étaient, sont deve- 
nus les ennemis acharnés de ses doctrines, de son autorité 
et de ses droits, et qui par là même se sont exclus et sont 
sortis de son sein. C'est pour eux qu'il faut réserver les 
sévérités d'une répulsion et d'une' réprobation formelle 
aussi longtemps qu'ils persévéreront dans leurs trop dé- 
plorables voies de révolte et d'insubordination : gardant 
toute notre compassion et notre pitié pour les pauvres 
malheureux égarés qui ont reçu l'hérésie, aussi bien que la 
v:e, des auteurs de leurs jours. Qui n'apercevrait de suite 
que ceux-là, il faut plutôt les plaindre que les blâmer, et 
pousser à leur égard la charité jusqu'à ses dernières 
r es.'' 

us ne voulons dire que peu de chose aujourd'hui 
dun Institut Canadien qui existe dans le diocèse, et qui 
ne peut ignorer. Nous étant franchement exprimé à ce 
sujet a l'un de ses présidents, que Nous Nous sommes 
souvent alarmé devant Dini, sur son esprit, sur ses dispo- 
sitions et sur ses tendance Nous voudrions pouvoir - 
bher entre autres choses regrettables (ce serait une dou- 
leur de moins à notre cœur d'Evêque), une certaine soirée 
prétendue littérah., en laquelle le sentiment catholique 
fut SI péniblement outragé par les éloges et les applaudis- 
sements (ah ! qu'il fait mal au cœur de se rapneler qui 
était la pour applaudir!) donnés aux injures qui étaient 
prodiguées à la religion et à ses ministres dans une lec- 
ture qui n'était rien autre chose que l'expression bien libre 

dêtre définitivement condamnés avec le susdit lunuaire/ 
Dieu veuille, N. T CF., que cette condamnation pro- 









i. 



1 '^i 



U Vi 






i '/■■■'r 

■I ■ •vil 
1 ' l' I 





— 26f) — 

noncéeau nom et par l'autorité du chef de l'Eglise, serve 
à dessiller les yeux à ceux dos catholiques de ce diocèse 
(et parmi eux Nous comptons une portion notable de nos 
plus chères et de nos plus intéressantes brebis) qui 
s'étaient si insensiblement habitués à marcher dans ces 
idées et ces principes, qu'ils s'étonnaient de s'entendre 
dire qu'ils étaient engagés dans une fausse voie, et qu'ils 
ont môme cru avoir raison de se plaindre de Nous, parce 
que voulant acquitter notre devoir de gardien de leurs 
âmes, Nous avions cherché à leur faire apercevoir qu'ils 
étaient dans l'erreur, et qu'ils couraient à leur perte, avec 
le danger d'entraîner un grand nombre d'autres dans leur 
ruine. Nous osons espérer que le Dieu Je toute bonté 
exaucera la prière que Nous lui adressons si souvent pour 
qu'il daigne les éclairer ! 

Nous nous bornerons à ces quelques réflexions sur 
l'Institut en question, désirant de toute l'ardeur de notre 
âme qu'elles servent à engager ceux qui y appartiennent 
en qualité de membres ou à quelque autre titre, à se mettre 
en règle avec l'Eglise et avec leur conscience. A défaut 
de ce faire, ils ^.-raient exposés à subir, un jour ou l'autre, 
une sentence semblable à celle qui a été portée contre les 
membres de l'Institut Canadien de Montréal, qui, à moins 
de retour au devoir, ont été jugés par leur vénérable Evoque 
indignes d'être admis aux sacrements de l'Eglise pendant 
la vie, et même à l'article de la mort ! Nous nous estime- 
rions trop heureux, s'il Nous était donné de pouvoir es- 
pérer que Nous ne serons point une seconde fois dans la 
nécessité de décerner une pareille peine, un pareil châti- 
ment contre une partie de nos diocésains, si minime 
qu'elle pût être ! Nous demandons à Dieu qu'il daigne, 
dans sa miséricorde, Nous épargner cette douleur, en ra- 
menant au bercail ces brebis égarées de notre troupeau, 
et en leur faisant voir clairement qu'elles périront infail- 
liblement, si elles ne viennent se ranger sous la houlette 
de leur légitime Pasteur. 



~ 267 — 



IX 

(l'endant la Retraite, i" septembre 1869.) 

Nous croyons devoir profiter de l'occasion de cette 
Lettre pour vous informer, N. T. C. F., que vu notre pro- 
chain départ pour Rome et l'incertitude de l'époque de 
notre retour, Nous avons dû songer il pourvoir régulière- 
ment à l'administration du diocèse pendant notre absence. 
Il eût été sans doute aussi conforme à vos vœux qu'aux 
nôtres que cette charge pût être confiée à notre illustre et 
vénéré prédécesseur, Mgr l'Evêque de Germanicopolis, 
qui Nous a jusqu'ici rendu l'important service de remplir 
les fonctions de notre vicaire général ! Mais outre que 
l'état toujours précaire de sa santé ne Nous eût guère 
permis de lui proposer le fardeau de l'administration en- 
tière du diocèse, vous savez la détermination qu'a prise 
dernièrement le digne et saint Evêque.de se retirer comme 
pensionnaire chez ses chères filles du Précieux-Sang, afin 
de surveiller de plus près l'œuvre de cette importante 
fondation, à laquelle il se fait un bonheur de se dévouer 
. tout entier, comme de pouvoir en même temps suivre plus 
librement l'inclination qui le pousse vers la retraite, les 
exercices de la piété, la méditation des années éternelles, 
toujours disposé à faire au diocèse une large part dans ses 
prières, et à ne point retirer à nos deux autres commu- 
nautés de Sœurs les précieux services que son zèle se plaît 
à leur rendre. Voulant être dans sa nouvelle position 
tout a fait à l'abri des distractions des affaires, Mgr de 
Germanicopolis est al)é ia..ij'à Nous prier de reprendre 
et annuler ses lettres de vicair-- général, que Nous avons 
néanmoins tenu à lui laisser a titre d'honneur, libre à lui 
de s'en servir à titre d'oflSce. Il Nous était donc tout à 
fait impossible en de telles circonstances de songer à 
insister pour faire agréer à Sa Grandeur l'administration 
du diocèse ! Cependant quelque naturel et légitime que 



t ! 






( 










'Xi 

\ i f 
1 -é 



' lll' 





1^^ ; 


'■■■ $1 




/ / 





— 268 — 

fût le désir que Nous avions ainsi que vous-mêmes à ce 
sujet, il nous est permis de moins regretter qu'il n'ait pu 
se réaliser, en présence de la bonne volonté avec laquelle 
deux amis dévoués du clergé et des intérêts du diocèse, 
Monsieur le grand vicaire Raymond, et Monsieur le secré- 
taire Moreau, se sont immolés à l'occasion, et ont accepté 
de rendre à l'Eglise le service qu'une fois déjà ils lui ont 
rendu en administrant le di'^cèse avec une prudence et 
une sagesse que notre vénéré prédécesseur se plaît encore 
à reconnaître, et qui ne laissèrent rien à désirer, ni au 
clergé ni aux fidèles. Nous sommes heureux, puisqu'il 
Nous faut nous éloigner du diocèse, d'en pouvoir confier 
la garde et le soin à des mains aussi sftres, aussi habiles ; 
et Nous sommes persuadé, N. T. C. F., que vous accueil- 
lerez la nomination de ces deux dignes et vertueux prêtres 
à la charge d'administrateurs du diocèse pendant notre 
absence, avec autant de satisfaction et de pLisir que Nous 
en éprouvons Nous-même à vous l'annoncer ! Nous par- 
tirons avec l'espoir qu'ils trouveront en vous le même res- 
pect, la même soumission et la même obéissance, dont 
vous vous êtes en toute circonstance montrés remplis en- 
vers Nous, depuis qu'il a plu à Dieu de Nous établir le 
pasteur de vos âmes. Puisqu'ils ont bien légitimement 
charge et mission de Nous remplacer auprès de vous. 
Nous entendons que vous les respectiez et honoriez 
comme Nous-même ; car telle est la volonté de l'Eglise, 
et par conséquent la volonté de Dieu ! 



Nous terminons cette I-ettre à laquelle les circonstances 
sans doute, mais aussi l'intérêt et l'affection que Nous 
vous portons, ont donné une longueur un peu en dehors 
des proportions ordinaires. On se plaît à prolonger le dis- 
cours, et il en coûte toujours de dire le dernier mot, quand 
on s'entretient avec ceux que l'on aime. Et puis, N. T. C. F., 



— 269 — 

à la veille de Nous séparer de vous pour le long 
voyage de la Ville Eternelle, il Nous semblait en vous 
écrivant que c'était comme des adieux que Nous vous 
adressions ! Eh ! qui sait en effet? Un voyage en pays si 
éloigné n'est jamais sans quelque danger ! La mer qu'il 
Nous faut traverser est toujours un élément perfide ! Dieu 
jugera-t-il bon de Nous préserver de tous les accidents et 
de Nous ramener au milieu de vous ? Ces reflexions Nous 
sont revenues bien des fois à la pensée, à mesure que Nous 
tracions ces lignes, et que les matières que Nous avions 
à traiter, s'épuisaient sous notre plume ! ! ! Ceci vous ex- 
pliquera, N. T. C. F., comment nos page.s se sont multi- 
pliées beaucoup au delà de ce que Nous eussions pu cal- 
culer en commençant à vous écrire. Nous ne saurions 
néanmoins regretter d'avoir si longuement développé nos 
pensées et épanché notre cœur dans les vôtres, parce que 
Nous pouvons en toute vérité Nous rendre le témoignage 
qu^en tout ce que Nous vous avons dit, Nous avons été 
animé par le sentiment de notre devoir, de la charité que 
Dieu sait que Nous vous portons, et du bien que Nous 
vous désirons à tous dans les entrailles de Notre-Seigneur 
Jésus-Christ. 

Passons maintenant, N. 'J'. C. F., aux conclusions pra- 
tiques qui découlent tout naturellement de cette longue 
Lettre, et qu'elle vous a sans doute préparés à recevoir 
avec une attention respectueuse et avec une obéissance 
filiale. 

A ces causes, le saint Nom de Dieu invoqué, Nous 
avons réglé et ordonné, réglons et ordonnons ce qui suit : 

I'' Le dimanche où l'on aura fait la lecture de la pre- 
mière partie de la présente Lettre pastorale, il sera chanté 
immédiatement après la messe, dans toutes les églises et 
chapelles de ce diocèse, un Te Dcum solennel pour remer- 
cier Dieu des grâces et des miséricordes abondantes qu'il 
a daigné répandre partout dans le diocèse pendant le cours 
de la première Visite pastorale que Nous avons eu la conso- 









fi 



M i; 



m.. 

m 



f! 



;ïf-qi 






H 













i ' :'t 




!!/; 1»,;"' 



- 270 — 

lation d'y faire et que Nous avons close et terminée le pre- 
mier juillet dernier. 

2° Pour acquitter les devoirs d'ordre spirituel envers 
le Concile, outre les exercices du Jubilé prescrits par la 
volonté du Souverain Pontife, et que Nous vous avons 
pressés d'accomplir par notre Lettre pastorale du 27 mai 
dernier, et outre les prières que Nous avons ordonnées en 
cette même Lettre pastorale, l'on fera dans toutes les égli- 
ses et chapelles, du diocèse, les chapelles de communautés 
y comprises, la neuvaine préparatoire à la fête de l'Imma- 
culée Conception ; et autant que possible l'on communiera 
le jour de cette grande fête, pour se trouver ainsi plus 
étroitement uni en Notre-Seigueur à toutes les prières qui 
se feront ce jour-là à Rome et dans le monde entier pour 
l'ouverture du Concile; et après la messe du jour, l'on 
chart.jra, et si on ne peut les chanter, on récitera les lita- 
nies des Saints, avec les versets et oraisons qui les suivent, 
tel que marqué au Rituel. Et ensuite, pendant la durée du 
Concile, les communautés feront chaque semaine une de 
leurs communions à l'intention du Concile, et les fidèles se 
feront un pieux devoir de communier quelquefois à la même 
intention. 

Dans toutes les communautés l'on dira le matin, immé- 
diatement après l'exercice de l'oraison, cinq l'aier et cinq 
Ave ; et dans les familles, chaque soir après le souper en 
se levant de table, l'on se mettra à genoux pour réciter en 
famille la même prière de cinq Fater et cinq Ave. L'on 
commencera à faire ces prières le jour de l'ouverture du 
Concile, et on les continuera jusqu'à la nouvelle de sa 
clôture, qui sera officiellement annoncée au diocèse par 
Messieurs les administrateurs, qui entreront dans l'exercice 
de leurs fonctions le premier du mois prochain. 

3° Pour acquitter les devoirs d'ordre temporel envers 
le Concile, dans toutes les paroisses et tous les lieux du 
diocèse où il y a une desserte par un prêtre, l'on devra 
prendre des mesures pour collecter et réunir des fonds 



— 271 — 

destinés à être présentés parnos mains au Souverain Pontife 
comme l'hommage et le tribut du dévouement et de la 
piété filiale des fidèles de ce diocèse envers le Saint-Siège 
Apostolique ; et ce, dans l'intention de contribuer pour 
quelque chose aux dépenses si considérables que le Saint- 
Père aura nécessairement à encourir à l'occasion de la 
célébration du Concile. Pour former ces fonds, toutes les 
églises et fabriques du diocèse, sans aucune exception, 
devront se mettre à contribution, chacune selon ses moyens' 
Les particuliers en état de le faire, devront avoir la bonne 
volonté de contribuer à ces fonds par une offrande. Toutes 
les communautés et institutions publiques du diocèse y 
apporteront leur léger contingent. Et enfin, pour que tous 
les pauvres aussi bien que les riches, aient la consolation 
de pouvoir dire qu'ils ont présenté leur offrande au Saint- 
Père, l'on fera par deux ou trois dimanches pendant la 
messe, des coflecles ou quêtes dans toutes les églises et 
chapelles du diocèse. Nous laissons à Messieurs les curés 
ou missionnaires, à Messieurs les marguilliers et aux princi- 
paux citoyens de chaque localité le soin de faire réussir 
cette œuvre. Et il serait bon pour cela que l'on se concertât 
dans une assemblée qu'il faudrait tenir le premier diman- 
che après la réception de la présente lettre. Et comme 
Nous devons nous embarquer pour Rome le 23 octobre 
le montant de toutes ces collectes devra avoir été déposé 
entre les- mains du Rév. M. Moreau, à l'Evêché, le plus 
tard samedi le 16 octobre. 

4° Pour ce que Nous avons appelé un autre devoir d'or- 
dre temporel, notre belle œuvre des Zouaves Pontificaux 
Canadiens, Nous ne pouvons ici qu'exhorter. Ce que Nous 
venons de régler et ordonner rentrant plus ou moins directe- 
ment dans les limites de notre juridiction épiscopale 
Nous avons cru pouvoir y commander ; mais s'il ne Nou.s 
est pas permis de commander dans l'œuvre des zouaves 
Nous pouvons du moins vous supplier, et vous supplier 
ardemment de répondre avec empressement à l'appd des 



% 

-i '■■■ 



j ri ■ 



I ■ 
'i,'. ' 



\' ,'■•;■■ & 

yi il" 



i'' 



'^M 



fi 









fi;ii;, 






i 




— 272 — 

membres du comité des Zouaves Pontificaux de Montréal, 
qui se sont adressés avec notre entier agrément à Messieurs 
les curés du diocèse, pour leur demander de les seconder 
et de les aider à accomplir la détermination qu'ils ont prise 
de continuer leur belle œuvre si glorieusement commencée. 
Messieurs les curés sont instamment priés de faire ce qui 
dépendra d'eux pour faire réussir les vues du comité, 

S'^ Enfin, comme Nous sentons bien vivement quel 
besoin Nous avons du secours d'en haut pour pouvi 
remplir l'important devoir que la divine Providence a voulu 
Nous imposer en Nous appelant au Concile par la voix 
du chef de l'Eglise ; comme aussi Nous voulons entre- 
prendre et faire notre voyage sous la garde de Dieu, Nous 
sollicitons la part à laquelle Nous avons droit dans les 
prières du diocèse ; et Nous prenors pour Nous la prière 
des enfants ; et à cette fin, Nous réglons et ordonnons que 
dans toutes les institutions d'éducation, collèges, pension- 
nats, écoles, chaque jour en finissant leurs classes ou leurs 
écoles de l'après-midi, ou du matin quand il n'y aura point 
de classe ou d'école l'après-midi, les maîtres ou maîtresses 
de classe ou d'école récitent avec les élèves ou enfants de 
leur classe ou école cinq Pater et cinq Ave à notre inten- 
tion ; et ce à commencer du jour de notre départ le 23 
octobre jusqu'à notre retour. Les supérieurs et les direc- 
trices d'institutions d'éducation, collèges ou pensionnats, 
et Messieurs les curés relativement aux écoles, devront se 
faire un devoir de veiller à ce que notre volonté à ce sujet 
soit fidèlement exécutée. 

Et sur ce, N. T. C. F., Nous prenons congé de vous ; 
et Nous vous disons adieu, pour toujours peut-être, car 
l'avenir n'est à personne ! Dans tous les cas, quoi qu'il 
arrive, soit que Nous revenions au milieu de vous, soit qu'il 
plaise à Dieu en décider autrement. Nous élevons notre 
cœur et notre âme vers le ciel pour vous bénir dans toute 
l'effusion de l'amour et de la charité dont Nous nous 
sentons rempli pour vous : et en Nous éloignant de vous, 



de Montréal, 
it à Messieurs 
; les seconder 
u'ils ont prise 
t commencée, 
le faire ce qui 
i comité, 
ivement quel 
pour pouvo 
dence a voulu 
e par la voix 
oulons entre- 
ie Dieu, Nous 
Iroit dans les 
Jous la prière 
rdonnons que 
iges, pension- 
isses ou leurs 
n'y aura point 
ou maîtresses 
ou enfants de 
à notre inten- 

départ le 23 
et les direc- 

pensionnats, 
es, devront se 
nté à ce sujet 

ngé de vous ; 
peut-être, car 
as, quoi qu'il 
ous, soit qu'il 
îlevons notre 
lir dans toute 
: Nous nous 
nant de vous, 



-273- 

Nous goûtons un véritable bonheur au témoignage que 
Nous rend notre conscience, que jamais un sentiment, 
une pensée d'aigreur envers qui que ce soit n'entra dans 
notre esprit ou notre cœur ; qu'au contraire, Nous avons 
toujours été animé d'un désir sincère et ardent devons 
faire du bien à tous. Aussi, N. T. C. F., pouvons-Nous 
dire avec l'Apôtre, qu'absent de corps. Nous serons néan- 
moins toujours au milieu de vous, soit que notre pensée 
traversant l'espace qui nous séparera, Nous Nous re- 
trouvions avec vous au pays, pour prendre part aux fôtes 
et aux solennités de la religion, ou à vos joies ou à vos 
douleurs de famille ou de société, soit que dans nos 
courses et pérégrinations Nous aimions à Nous figurer 
que vous êtes à côté de Nous, et que vous voyagez avec 
Nous. Ce sera la pensée qui Nous suivra dans tous les 
lieux ou sanctuaires consacrés par la foi et la piété et 
spécialement favorisés des bénédictions du ciel, que Nous 
aurons la consolation de visiter à Rome ou ailleurs. C'est 
surtout lorsque agenouillé aux pieds du Vicaire de Jésus- 
Chnst Nous le supplierons de Nous bénir, que vous serez 
tous présents au souvenir de notre esprit et de notre cœur 
pour partager avec Nous les abondantes bénédictions que 
ses augustes mains appelleront du ciel sur notre personne 
et, à notre prière, sur tous ceux qui Nous sont chers et 
Nous intéressent ! Et ici, vous venez assurément en pre- 
mière ligne, no. très chers Frères ! Enfin, confiant le 
diocèse tout endtr, les œuvres qui s'y font, les fidèles les 
communautés, le clergé, à la protecùon de la toute-puis- 
sante el immaculée Vierge Marie, et de tous les saints 
patrons et anges gardiens des personnes et des lieux Nous 
vous disons encore une fois adieu, N. T. C. F • mais en 
môme temps, au revoir, soit sur la terre, soit dans le ciel 1 
Que la paix de Notre-Seigneur Jésus-Christ demeure tou- 
jours avec vous ! Amen ! Ainsi soil-il '. ! 

Sera la présente Lettre pastorale lue et publiée au 
prone des messes paroissiales des parois.ses et missions et 

18 ' 



- S' 

't 


^ 


il- 




'" 'S 


• 

-' 


r'f .■•; 


'J 



't k 



;ji'. 



t*..,.! 



•r u.^,i 



■ i!'. l't <*■! 



M 



'lu 

m 




wm 






#* 



- 274 — 

au chapitre des communautés religieuses, le premier di- 
manche après sa réception. 

Donné eh notre retraite de Belœil, sous notre seing et 
sceau et le contreseing de notre Assistant-Secrétaire, le 
trente juillet de l'an mil huit cent soixante-neuf. 

(L. t 6.) t C., Ev. PE St-Hyacinthe. 

Par Mandement de Monseigneur, 

Jean B. Michon, Ptre, 

Asst.-Hecrétaire. 



I 



■ ■ » 




CIRCULAIRE 



r^-.^' 



Pour convoqoer le Clergé A la retraite et prciicrlrc une quête 
en faveur de» naronlten 



ÉvÊCHÉ DE St-Hyacinthe, 22 aout 1869. 
Monsieur, 

La Retraite Ecclésiastique aura lieu au Séminaire, 
selon l'usage. J'ai cru devoir cette année abréger un peu 
la Retraite, et n'assigner que la semaine pour la durée 
des exercices, comme il s'est autrefois pratiqué dans ce 
diocèse. Ce sera dimanche le 29 courant, à six heures du 
soir, que s'ouvrira la Retraite, pour se terminer samedi 
matin quatre septembre. Je permets que l'on omette les 
vêpres le dimanche de l'ouverture de la retraite, dans les 
paroisses ou missions où il ne restera pas un prêtre, afin 
de faciliter le voyage de ceux qui auront à s'y rendre. 

Chaque prêtre est prié d'apporter un surplis et une 
étole blanche pour les cérémonies de la retraite, commu- 
nion générale, etc. Il faudra de graves raisons, qu'ils de- 
vront m'exposer, pour exempter ceux qui ne sont point 
chargés du soin dei paroisses ou missions, d'assister aux 
exercices de la retraite. 



st. -Secrétaire. 



rire une quCte 



— 270 — 

Voici la liste de ceux qui seront chargés du soin des 
paresses ou rn.ss,ons, et vis-à-vis leur nom celui des pa 
roisses dont ils sont chargés. ^ 

MM. F. X. JEANNOTTE ^ Sorel et Ste-Victo,re. 

P-^'^''^'' \ ^'fl^l'' St-Antoine, St-Ourset St- 

''-^•^"^"^'' ^St-ChariesetSt-Marc 

J- ^- ^"=«°^ j ^'S S'-Hi'^i^e el St-Jea„.Bap. 

^•^^^^''-"E j Ste-Marie St-Grégoire. St-Mathias 

,,^'-^"g'^'«.N.-D. du Richelieu.' 

°- ^'""^ t 'l^irs^t:4^:''^"'^^' «'-s^^- 

'■•^'^^"^''' j ^Tunon.' ^"ee-Gardien, Dunham, 

J, A. Provençal j ^'-Cgaire, St-Pie, St-Paul, Ste-Bri- 

^- Recours (Notre-Dame. St-Damase, la Pré- 

j sentation, St-Jude. 

A. Delacroix | St-Hyadmhe, St-Bamabé, Ste-Ro 

J. DUROCHER ; /^'.'^- S'-Dominigue. 

-f S'-^""é. St-Robert, Sf-Marcel. 

^•^"^ 1 ''Rrr- ''^'^■^^^''^' s'-Ep'^-. 

^- '^"'^'^'^^ 1 ^^^:^'^^'^' St-Hugues. 

L' D™ K j S^erbroo^e, Co.,.,,,, Co.p.on. 

F P '^^"'^ -{ Coaticook, Hereford. 

M. be! r"' \ tT'' ^^^'°^'«-'^^ 

Un .es mm. ^l;;;;;;;;;::: g;;^: It' S- "' V°'r- 

M. LE CuRi OK Sx-JKAK \ sj^inale! "^' ''""'°- 

Plusieurs des curéb « missionnaires n'ont point fait la 
quête que Javais prescrite dans ma arculaire^l^^ 
en faveur de la mission de la Riviére-Rouge. Grâcra" 
zèle de Messieurs les curés et missionnaires qui ont ob^i 

donné ^ur venir au io:;:I:^:rl:uf:^q:rr 

f-ent de la faim, n'a certainement apprauvri p'eTscZ; 









1' 



.a 



I i r 



■'■''.' 



■-'■m 



\ -à 



fi 

■■ 'i 
Ij.l" 



{ji 



% 



I (1: 





Km 


'1 


W " 


€ 


m. 


\ 


W^ 




,'«.r 


II' 


f ■ 


\ ■ 


:,j,i. 





--276- 

et la charité a été faite, et Dieu a été glorifié ! A leur 
tour les paroisses et missions qui n'ont point pris part à la 
bonne œuvre faite en faveur de la Rivière-Rouge, sont 
appelées à faire la charité pour une autre fin, également 
digne d'exciter le zèle et la bonne volonté. Et pour cela 
Messieurs les curés et missionnaires feront une quête 
dans leur église ou chapelle, de la même manière qu'ils 
eussent dft faire pour la Rivière-Rouîe. Je ne demande 
toujours que l'offrande de la bonne volonté. Quand on 
aura apporté du zèle à faire réussir la chose, on pourra 
goûter la satisfaction d'avoir fait son devoir devant Dieu 
comme devant l'Evêque. Quand même on ne recueillerait 
que peu de chose de ses efforts, Dieu ne regarde point à 
la plus ou moins grande valeur de l'offrande qu'on lui fait, 
mais seulement à la bonne volonté qui l'accompagne : il 
bénit également celui qui ne peut donner que peu, et ce- 
lui qui donne davantage. Nous savons tous l'éloge que 
Notre-Seigneur fait de la pauvre veuve qui n'a qu'une 
obole à déposer dans le tronc du Temple. 

Voici de quoi il s'agit cette fois : dernièrement, un vé- 
nérable prêtre de l'Eglise orientale, Mgr Michel Chalda- 
ni, vicaire général, ou chore-évêque de l'archevêque du 
rite maronite à Alep, s'est présenté à moi, muni des meil- 
leures recommandations, entre autres d'une lettre de S. 
Em. le cardinal Préfet de la Propagande, pour solliciter 
quelque secours destiné à aider à la construction d'un 
séminaire national à Rome. Mgr l'Evêque d'Anthédon a 
fortement recommandé cette œuvre au clergé du diocèse 
des Trois-Rivières. Sa Grandeur me pardonnera d'avoir 
emprunté à sa circulaire les intéressants détails dans les- 
quels Elle est entrée pour faire mieux comprendre le mé- 
rite de l'œuvre qu'Elle recommandait ; 

"Les Maronites sont un peuple remarquable par leur 
histoire, et remarquable surtout, parmi tous les chrétiens 
de l'Orient, par leur fidélité à l'Eglise catholique et par 
leur vie édifiante. L'abbé Rohrbachcr les appelle " les 




*.l 



— 277 - 

cathoh ,rlanda,s de l'Orient ; seulement leur héroïs- 

mplacables ennemKs, les Druses, sont infidèles et ido- 
faible gouvernement turc. 

" Il y a environ trente ans, il s'opéra parmi les Druses 
un grand mouvement de conversion dfl à la v osa 
des Maronites chrétiens. Mais le démon, alarmé ck ce 
mouvement, excita une guerre civile. A l'instigation d 
leurs prêtres idolâtres, les Druses devinr.n. , ^ °" "^.^ 

achar..s des fidèles cH;étie,:^::;^-:rS^ S ~^ 

mT; r^n'V^"^ ''''''' '''° ' ^''S, trente mL 
Maron tes on ete mis a mort par les idolâtres Druses et 
leurs all.es Turcs. Des milliers de veuves et d'orphe in 
sans ressources, de blessés et de mutilés, sont res£ 

1 espace de quelques années, les féroces barbares Druses 
ont détruu les édifices érigés sur le mont Liban po^e 
som des mdigents et l'éducation de la jeunesse. 

Dans un des diaboliques assauts des Druses les dei.Y 
^eres de Mgr Chaldani furent tués, et lui-méTe' sérieuse- 
ment blesse par un coup de sabre, fut laissé pour mort 

naire .T"' . ^'' ' "°"^ '^°'"'"^ "" •"^"diant ordi- 

naire, et c est pour cela que nous avons cru ne pouvoir 
refuser de lui venir en aide." F""vuir 

Les prêtres auxquels je m'adresse spécialement aujour- 
d hui sont priés de considérer comme un devoir ce que je 
leur prescris ici. L'oifrandede la bonne volonté des autres 
sera reçue avec reconnaissance. La retraite sera une 
bonne occasion pour la faire. Le produit des quêtes qui 
devront être faites le plus tôt possible, devra êlenvoy 
sans délai à M. le Secrétaire du diocèse 

L'assemblée du bureau de la Caisse Ecclésiastique aura 
heu immédiatement après le déjeuner de samedi, jour de 
a conclusion de la retraite, au séminaire, dans la ^ile qu 
aura servi aux exercices. 



/fJ^ 



f 1 

.' i' 






■ I ^,1 



1. Il 




-278 - 

Je demeure en attendant notre prochaine rencontre 
dans le cénacle où nous prierons bientôt en commun, 
Votre très humble serviteur, 

t C, Ev. DE St-Hyacinthe. 



CIRCULAIRE 



d un Jugement Imporlunt dan, une «Hi»lre de fabrique 




EvÊcHÉ DE St-Hvacinthe, 6 septembre 1869. 
Messieurs et cùers Collaborateurs, 

Je vous adresse avec la présente Circulaire la Lettre 
rastorale qui était à la presse depuis trois semaines et que 
.(•r vous annonçais dans notre entretien du dernier soir de 
!a retraite. Le dispositif est chargé de plusieurs détails 
qui vous amèneront un peu de travail et de fatigue Je 
me flatte que vu les motifs qui m'ont déterminé à vous 
imposer ce nouveau fardeau, votre zèle et votre bonne 
volonté n'hésiteront point à s'en charger, et que vous 
ferez ce qui dépendra de vous pour que mes intentions 
soient fidèlement suivies et mises à exécution. Veillez 
s'il vous plaît, à ce que les devoirs d'ordre spirituel à' 
remplir envers le Concile soient bien compris et accomplis 
Ne craignez pas de revenir sur le sujet dans vos prônes 
ou instructions, autant de fois qu'il pourra être nécessaire 
pour que nos chers fidèles soient bien pénétrés des senti- 
ments de foi avec lesquels ils doivent accomplir ces devoirs 
Ils sont en général si bien disposés, que l'occasion du 
Concile peut devenir un moyen des plus efficaces pour 
reve.lkr en eux les sentiments d'un respect plus profond 
d un attachement pks vif, d'un amour plus ardent encore 
pour notre bonne et tendre mère la sainte Eglise dont ils 
sont déjà les enfants si soumis et si dévoués. Pour obtenir 



JACINTHE. 



— 279 - 

la belle et divine organisation de l'Eglise, sa mi.. ' n pour 
enseigner, son infaillibilité doctrinale. Fait, bien 

rTr„'M '^"•'' '^"' ^' "" '""'"'■• '' 'i^'^^'' ^«- --^'inai. 
remtnt les circonstances dans lesquelles les conciles sont 

convoqués. Il y a en cela matière pour intéresser vive- 
ment nos excellents catholiques, toujours si avides d'ins- 
truction religieuse, dogmatique et morale, mais surtout 
dogmatique, parce que jusqu'ici on leur a parlé beaucoup 
plus rarement de dogme que de morale. Je pense que ma 
Lettre pastorale pourra vous être de quelque utilité pour 
nous aider a arriver à ce but : c'est du moins pour iette 
fin que je l'ai écrite. Mais vous devrez en développer 
es enseignements, en recourant à vos livres, où vous les 
trouverez exposés avec plus de détail que je n'ai pu le 
faire dans le cours d'une lettre, si longue q.u'elle soit. 

J espère que vous exhorterez fortement vos fidèles à 
faire avec foi et piété les prières et autres dévotions que 
J a. cru devoir leur commander en cette circonstance si 
grave pour toute l'Eglise. Faites goûter et aimer à nos 
bons jeunes enfants la faveur qui leur est faite d'être ap- 
pelés aussi eux à prendre part au grand concert de prières 
qui s élève en ce moment vers le ciel de tous les oins du 
monde catholique. Pour réussir à faire prier ces chers en- 
fants avec joie et ferveur, et par conséquent avec efficaci- 
té. Il faudra exciter le zèle et la bonne volontédes maîtres 
et maîtresses d'école : et après avoir parlé de la chose au 
prone, les vo-r pour leur en parler en particulier. Permet- 
tez-moi daj< :terquejesais que rien de ce que j'ai con- 
seillé ou prescrit, ne saurait réussir sans votre zélée et 
laborieuse coopération. A Dieu de vous bénir et de vous 
récompenser pour tout ce que vous aurez entrepris pour 
vous conformer à mes désirs : moi je ne puis que recon- 
naître les efforts de votre bonne volonté, et vous en re- 
mercier de tout mon cœur. 
J'avais l'intention, mais j'ai oublié de vous informer, 



r-Jf 



l'fK 




^n. 







IMAGE EVALUATION 
TEST TARGET (MT-S) 



1.0 



l.l 



■ 50 """^ 



2.5 
2.2 



IL25 II 1.4 



m 



1.6 



6" 



Photographie 

Sdences 
Corporation 




% 



'V- 



-^ 









A 







l\ 



f/. 








:<\^ 




\\ 



^v 




^\ ^^\ 



'TS' 







23 WEST MAIN STREET 

WEBSTER, N.Y. 14580 

(716) 873-4503 



^ 



\t 



^ m 



I. 






uv\ 






M' 



— 280 — 

pendant la retraite, qu'il a été décidé parla Sacrée Congré- 
gation des Indulgences qu'à raison des paroles, triâus 
diebus etiam non continuis, qui se lisent dans les lettres 
apostoliques, on peut pendant le présent jubilé diviser ses 
trois jeûnes, et les faire, si l'on veut, en trois différentes 
semaines. 

Veuillez bien considérer, et dire à la messe comme orai- 
son de mandata, en gardant les dispositions des rubriques, 
la collecte Ad postulandam serenitatem, que vous rempla- 
cerez pendant une dizaine de jours aussitôt qu'il aura plu 
à Dieu fixer l'inconstance de l'atmosphère et arrêter les 
pluies trop fréquentes, par celle de la messe votive Pro 
gratiarum actione, selon ce que je vous en ai dit à la fin 
de la retraite. Comme je présume de votre disposition à 
me faire une part spéciale dans vos prières pendant mon 
absence, je vous prie de choisir chaque fois qu'il y aura 
une oraison ad libitum à dire à la messe, celle de la messe 
votive Pro peregrinantibus, en appliquant votre prière à 
moi d'abord, et ensuite à tous les Evêques absents de chez 
eux pour le Concile. 

Je tiens à ce que personne n'oublie ce que j'ai dit au 
sujet des componendes des dispenses de mariage en ma 
circulaire du 24 septembre 1868. Je renouvelle l'injonction 
que j'y faisais à l'égard de tout prêtre qui a sollicité ou 
sollicitera une dispense. Les missionnaires aussi bien que 
les autres doivent rendre compte et un compte scrupuleux 
des componendes qu'ils peuvent avoir reçues. S'ils peuvent 
déclarer sur leur conscience que le montant qu'ils ont 
retiré, leur est nécessaire pour vivre, mon intention est de 
ne pas les priver de ce montant, les componendes pour 
les dispenses de trois bans étant toujours exceptées ; mais 
j'exige qu'ils le fassent connaître exactement à Monsieur 
le secrétaire Moreau, ou à quiconque pourrait être dans 
l'avenir dépositaire des fonds de l'Evêché. 
^me semble qu'après ce qui a été fait à Rome, il me 
sera bienjpermis^de recommander à votre faveur le journal 



— 281 — 

le Courrier de Saint- Hyacinthe, qui est à tous égards digne 
d encouragement. Ses principes sont certainement bons, 
et ses propriétaires et rédacteur, dans les meilleures disposi- 
lons. Ce dernier est un jeune homme qui me paraît appe- 
lé a rendre d'importants services à la société et à la reli- 
gion, par ses bons principes, ses grands talents et ses pro- 
fondes convictions religieuses. Encourageons le bien chez 
nous, et ensuite à l'étranger, si nous en avons le moyen ■ 
mais toujours et en toute chose, chez nous d'abord, selon 
un principe connu de tout le monde, et que les Anglais 
expriment d'une façon qui va parfaitement à la circons- 
tance : Chartty begins at home. 

L'édition hebdomadaire de ce journal est ce qu'il y a de 
mieux en son genre ; et en y souscrivant, on en aura 
certainement plus que pour son argent. La grande édition 
est aussi à un prix bien modéré. 

Je recommande à votre attention toute particulière un 
jugement qui vient d'être rendu en Cour d'Appel, dans 
une affaire entre Girard, appelant, et Choquet, intimé. Il 
s'agit en cette affaire d'une importante question de Fabri- 
que. Les motifs et considérants du jugement répandent la 
lumière sur plusieurs détails en fait de droit et d'adminis- 
tration de Fabrique, qu'il fait bon ne pas ignorer. Ce juge- 
ment sera prochainement publié dans le Courrier de Saint- 
Hyacinthe, et sera disposé dans les colonnes de ce journal 
de façon à pouvoir être aisément conservé. 

J*ai pensé que vous seriez intéressés par la lecture delà 
lettre que la bonté du Souverain Pontife m'a fait l'insigne 
honneur de m'écrire en réponse à ma lettre d'adhésion au 
Concile. Je l'ai en conséquence fait imprimer a la suite de 
la présente circulaire, et je vous l'envoie comme le souvenir 
de notre retraite pastorale de 1869. Vous serez sans doute 
aussi sensibles que moi-même au ton de bienveillante et 
paternelle bonté qui caractérise cette lettre, dont l'auguste 
auteur est véritablement pour tout le clergé de l'Eglise 
entière un père commun, digne de tout amour comme de 



\ l'i.' 



■if •/ 

' m 

■ f#ïll 









■' 1 



m II] I ; !i ."» 






— 282 — 

tout respect et de tout honneur. J'y ai joint pour souvenir 
d'adieu, et d'adieu éternel peut-être, la modeste lettre qui 
m'a valu l'honneur de cette belle réponse. Je vous l'a- 
dresse comme gage de la confiance, de l'amitié et de l'affec- 
tion que je vous porte à tous dans les sacrés Cœurs de 
Jésus et de Marie. Je n'ajoute rien aux paroles d'adieux 
qui terminent la lettre pastorale j c'était avant tout à votre 
adresse que je les dirigeais. Je me bornerai à vous dire que 
jamais, pendant mon absence, je ne monterai à l'autel sans 
vous y avoir à côté de moi, offrant avec moi dans l'union 
de notre sacerdoce et les liens de la divine charité la victi- 
me sainte dont le sang en abreuvant nos âmes les remplit 
de plus en plus de l'onction de cette plus grande et plus 
belle de toutes les vertus. " Et pax Dei... custodiat corda 
vestra et intelligentias vestras in Christo Jesu Domino 
nostro." 

Adieu, Messieurs et chers collaborateurs. 

Je demeure de vous tous le très humble et dévoué ser- 
viteur, 

t C, EvÊQUE DE St-JF ■ KTHE. 



LETTRE A PIE IX 

PréaenMe an Clerc« en non venir d'adieu de Mgr I'ET«qne 
partant pour le Coneile du Vatican 




PIO PAP^ IX, Pontifici Marcimo, felicissime regnanti, 
etc., etc., etc. 

Beatissime Pater, 

Apostolicae Litterte quibus Vestrae Sanctitati plaçait 
Œcumenicum indicere Concilium Romae die octava de- 
cembris currentis anni, beatissima Virgine Maria Imma- 
culata auspice aperiendum, admejamdudum pervenerunt. 

Quanta cum reverentia illas quasi e cœlo delapsas acce- 
perim, mihi deest enarrandi facultas. Nam vocem Sancti- 



»e regnanti, 



— 283 — 

tatis Vestrse, cujus sicut Pétri ipsiiis est dominici gregis 
agnos et oves pascere, et fratres in fide confirmare, et 
Christi Ecclesiam infallibiliter regere, gemcnti et malis 
oppresse medicinam et remedium mundo evangelisantem 
summa cum exiiltatione suscepi ; Deo laudes et gratias 
agens quod hisce nostris pravis temporibus Œcumenici 
Concilii pergrandem gratiam contulerit, et Servo suo bo- 
no et fideli Summo Pontifici Pétri sedem adeo féliciter 
occupanti gloriani talem tribuerit, ut post dogmaticam de 
beatae Virginis Mariifi Immaculata Conceptione definitio- 
nem, quam toto plaudente orbe catholico, dum e contra 
illuderet hœresis et fureret infernus, proclamare non clu- 
bitavit, ipsi etiam praestantissimum Concilii (jeneralis 
tenendi munus reservaverit. Quod Generalis Concilii 
opus a multis jamdiu desideratum, sed a non paucis etiam 
vere catholicis velut impossibile consideratum, et quasi 
merum somnium ab Ecclesir hostibus habitum solo divino 
consilio adgredi potuit Sanctitas Vestra, dubio procui ad- 
juvante Domino Nostro Jesu Christo, Sancto Spiritu in- 
sufflante et auxiliante Immaculata Virgine Maria quœ 
cunctas hœreses in universo mundo sola semper inter- 
emit. 

Hinc precor, Beatissime Pater, judicare libeat quam 
alacri animo, quanto cum gaudio de Concilio a Vestra 
Sanctitate statuto, et tam multis gravibus œtatis nostrœ 
malis omnia in societate civili et christiana republica labe- 
factantibus occurrere parato audierim. 

Et nunc Deum omnipotentem rogare mihi superest ut 
Vestram Sanctitatem sospitem et incolumem servct, ut 
Ipsa tam grande ac Christi Ecclesiae perutile consilium a 
se inceptura ad finera fauste perducere valeat. Intérim 
mihi liceat, humillime precor, Vestram Sanctitatem de 
mea erga quam tenet Pétri sedem intégra cordis et animi 
subjectione et devotione certiorem facere, sicut etiam 
de mea plena et perfecta ad Apostolorum limina proficis- 
cendi voluntate, ut Sanctitatis Vestrœ tanquam Christi 



il 



y, 
ît . 



■ '4i 

''■ ■ . J 



t.' , 






■Il 

% 

■ il , 



• *•'.»■ Si 
■ ' .' H» 



! 



A i 



• ■ f-'- l, 


.;;■'' p 


;| 1 


'• H 


m 



' J tn 




— 284 — 

vices tenentis pedes deosculari denuo perfruar : et ut 
partes meas in indicto, Romse in admodum veneranda 
Vaticana Basiiica celebrando Concilio, quam humilius, 
sed quam fidelius adimpleani. 

Denique ad Sanctitatis Vestrre pedes provolutus, et 
Apostolicam Benedictionem mihi ipsi et meœ curœ addic- 
tis fidehbus obnixe implorans, uti Sanctitatis Vestrœ de- 
votissimus et obsequentissimus filius subscripsi. 

t CAROLUS, Episcopus Sancti Hyacinthi. 

E vico Belœil, prope Stum Hyacinthum, die januarii l^, 
anno Domini 1869. 



REPONSE DE PIE IX 

Pr«*ent«e ou «lersé en .ouvenlr «le la Retraite de 186e 






''^ ''' i 



Plus pp. IX. 

Venerabilis Frater, Salutem et Apostolicam Benedic- 
tionem. 

Obsequentissimam Tuam Epistolam libentissime acce- 
pimus, die 13, proximi mensis Januarii datam, ex qua lu- 
culenter agnovimus quanta cum reverentia ac Itetitia exce- 
peris Apostolicas Nostras Litteras, quibus Œcunienicum 
Concilium in hac Urbe Nostra, die sacro Immacuiatœ 
Deiparœ, hoc anno inchoandum indiximus. Niliil enim 
optatius, nihil gratius iisdem litteris Tibi, Venerabilis 
Frater, accidisse testaris, ac a Dec clementissimo obla- 
tum opportune lemedium agnoscis, quo tôt malis, quse 
christianam asque ac civilem rempublicam affligunt, pos- 
sit occurri. Hinc Te ad obsequendum voluntati nostrje 
paratissimum esse ostendis, ejusdem Concilii causa ad nos 
profecturus, ac simul vota facis Deo Optimo Maximo, ut 
nos incoiumes prasstet, et grande iilud opus optatum ad 
finem féliciter dignetur adducere. Nos equidem, Venera- 
bilis Frater, hisce pientissimi Tui animi sensibus non po- 



— 285 — 

tuimus non vehementer delectari, qui certe sacro antis- 
tite omnino digni luculenter produnt Tuam erga nos, et 
hanc Apostohcani Sedem pietatem et observantiam, qua 
le intime animatum esse disertis verbis profiteris. Sicuti 
vero eximiœ Tui animi significationes jucundissim^ 
nobis ext.terunt ; sic etiam nihil erit paternœ Nostra^ 
cantati gratius, quam Te in Urbem advenientem cum 
alus Venerabilibus Fratribus amanter amplecti. Intérim 
vero divitem in misericordia Deum enixe precamur, 
ut Tua, et omnium Venerabilium Fratrum Ecclesiœ 
suae Sanctse Sacrorum Antistitum vota exaudire velit ac 
reipsa efficiat, ut salutares maxime fructus, atque ubéres 
m cathohcam Ecclesiam, et humanam societatem ex eius- 
dem Concilii celebratione dimanent. Denique cœlestium 
c nnium munerum auspicem et praecipuœ Nostraî erga Te 
benevolentiœ testem Apostolicam Benedictionem Tibi 
Venerabilis Frater, et gregi Tu^ vigilantia, concreditô 
toto cordis affectu peramanter impertimus. 

Datum Romas apud Sanctum Petrum die I Martii Anno 
1869. Pontificatus Nostri anno vicesimo tertio. 

Plus PP. IX, 

CIRCULAIRE 

l»oar condamner une .odétédl.e de. Cordonnier, ou de Saint. 









1 ' ■ * k th m 



't 



■M' 



,'■■ 



m 

n 






EvÊCHÉ DE St-Hyacinthe, II septembre 1869. 
Messieurs et chers Collaborateurs, 

Une société dite des Cordonniers ou deSt-Crispin cher- 
che a se répandre dans le diocèse, et y a même déjà un cer- 
tain nombre d'adeptes. Comme il est évident que cette so- 
ciété est fondée d'après des règles ou règlements dont quel- 
ques-unes ou quelques-uns sont opposés à la saine morale 
a 1 ordre social chrétien et à la justice, je ne puis faire autre' 



.\ t 

- 1 


I 


i 

i 1 

. i 


1 



il 



:,l 



t , 
"I, 'f 

r, 



HTi 



Fî ^ ■<: ■% 



!'■'''' M 



— 286 — 

ment que de joindre ma condamnation à celle qui a déjà 
été prononcée contre cette société, ou une société du môme 
genre, par quelques Evêques, et nommément par sa Grâce 
Monseigneur l'Archevêque de Québec. En conséquence, 
vu cette condamnation déjà portée par une si haute et si 
respectable autorité j vu l'avis des plus habiles théologiens 
du diocèse ; vu l'opinion que j'ai moi-même formée de cette 
société, après l'avoir étudiée devant Dieu et devant ma 
conscience, et d'après des renseignements et des données 
qui ne me laissent aucun doute sur l'immoralité et l'esprit 
d'injustice et de désordre social que comporte la dite 
société, je l'ai moi-même jugée condamnable ; et par la 
présente je la condamne et la déclare condamnée en vertu 
de l'autorité qui m'appartient comme au premier pasteur 
de ce diocèse ; et en vertu de la sainte obéissance, je 
défends à tout fidèle de ce diocèse de joindre la dite socié- 
té, d'en faire partie ou d'y adhérer sous quelque nom et 
titre que ce puisse être ; et j'enjoins, toujours en vertu de 
la sainte obéissance, à tout fidèle de ce diocèse qui aurait 
commis l'erreur ou la faute de joindre cette dite société, 
à quelque titre et dans quelque circonstance que ce puisse 
être, de s'en séparer et de cesser immédiatement d'en faire 
partie. Et ce, sous peine de désobéissance grave, et que je 
considère comme d'une si grande conséquence, que j'atta- 
che à la résistance à l'injonction et à la défense que je fais 
ici, une réserve spéciale dont je veux et entends faire 
comme en effet je fais un cas réservé dont nul prêtre de 
ce diocèse, excepté Messieurs les grands vicaires et le curé 
de la cathédrale ou pro-cathédrale de St-Hyacinthe ne 
pourra donner l'absolution qu'en autant qu'il aurait été 
spécialement autorisé à le faire par moi-même personnelle- 
ment, le cas de mort naturellement excepté, dans lequel il 
faudrait encore repentir sincère et réparation du scandale. 
Et afin que personne ne puisse prétendre cause d'igno- 
rance, j'enjoins à tous les curés, missionnaires et prêtres 
chargés de quelque desserte dans le diocèse, de lire aux 



M 



H 



:11e qui a déjà 
iété du même 
t par sa Grâce 
conséquence, 
si haute et si 
s théologiens 
innée de cette 
ït devant ma 

des données 
lité et l'esprit 
)orte la dite 
île ; et par la 
inée en vertu 
mier pasteur 
aéissance, je 
la dite socié- 
Ique nom et 
> en vertu de 
3e qui aurait 
dite société, 
lue ce puisse 
;nt d'en faire 
ve, et que je 
-, que j'atta- 
e que je fais 
iitends faire 
il prêtre de 
es et le curé 
yacinthe ne 
il aurait été 
personnelle- 
ms lequel il 
lu scandale, 
luse d'igno- 
s et prêtres 

de lire aux 



— 287 — 

fidèle? confiés à leurs soins, au prône, le premier diman- 
che , -.près sa réception, la présente Lettre circulaire, dont 
Us oevront expliquer la signification et la portée, en même 
temps qu'ils leur feront comprendre, autant que les circons- 
tances 1,: leur feront juger nécessaire, les motifs de la con- 
damnation que j'ai prononcée contre la dite société et de 
la pénalité de refus d'absolution et môme de cas réservé 
pour quiconque refuserait de se soumettre et de se confor- 
mer à ce que mon dsvoir m'a obligé de défendre ou d'en- 
joindre en vertu de la présente Lettre circulaire. 

En foi de quoi j'ai signé la présente Lettre circulaire et 
1 ai fait contresigner par Monsieur le Secrétaire du diocèse 
Donné à St-Hyacinthe, le onzième jour de septembre dé 
1 année mil huit cent soixante-neuf. 

t C, Ev. DE St-Hyacinthe. 
Par Monseigneur, 

L. Z. MoREAU, Prêtre, 
Secrétaire. 

CIRCULAIRE 

»e m. I'Adnilnl.tr.tenr louohant lofflce et la m».» de ..int 
P»«I de I» Croix, et I œa»r« de. ïon.ve. p"„tîfleîîir 



EvÊcHÉ DE St-Hyacinthe, 15 novembre 1869. 
Monsieur, 

Il est de mon devoir de vous informer qu'il a plu à 
notre Saint-Père le Pape, par un décret (/râi et Orâi en 
date du 14 janvier dernier, étendre à tout l'univers catho- 
lique l'office et la messe de saint Paul de la Croix, confesseur 
non pontife, et fixer sa fête, sous le rite double mineur 
au 28 avril. En conséquence de ce Bref Apostolique que 
je porte aujourd'hui à votre connaissance, tous ceux qui 
sont tenus à la récitation des heures canoniales, seront 
désormais obligés de réciter ce nouvel office, et les prêtres 



'U'< 
';".,.;■ 












' '•Pi 



^'1 



*i 



ri il 

■' 1'.. 



•< u 



i ■ 






— 288 



m. 



H ■<• ''^ 



. n 



m. 






") 1 




de dire la messe de ce bienheureux, qui a reçu les hon- 
heurs de la canonisation le 29 juin 1867, en la fête si 
mémorable du dix-huitiéme centenaire de la mort des SS. 
Apôtres Pierre et Paul. Vous pourrez vous procurer cet 
office et cette messe au Secrétariat de l'Evôché, en vous 
adressant au Rév. M. Dupré, chargé de les distribuer. Je 
vous ferai remarquer que vous ne pouvez vous servir de 
l'office et de la messe que l'on trouve au supplément de 
plusieurs bréviaires et missels, parce cju'ils sont différents 
de ceux qui ont été transmis aux Ordinaires des diocèses 
par la Sacrée Congrégation des Rites. 

Saint Paul de la Croix ayant été pendant sa vie un mis- 
sionnaire admirable par son zèle apostolique et par les 
étonnants fruits de salut qu'il a opérés, nous ne manque- 
rons pas de lui demander, en célébrant annuellement sa 
fête, qu'il nous remplisse de ce feu sacré dont il était 
animé, afin que nous travaillions tous avec ardeur à notre 
propre sanctification et à celle des âmes qui nous sont 
confiées. Nous lirons sa légende avec une pieuse atten- 
tion, et nous nous efforcerons de retracer en nous les su- 
blimes vertus de ce saint, prêtre comme nous, qui comprit 
si bien la grandeur de notre sacerdoce et qui en remplit 
avec une si céleste ferveur les importantes obligations. 
Nous invoquerons avec une tendre confiance ce saint 
protecteur et modèle, que l'Eglise veut bien ajouter à 
tous ceux que nous avons déjà le bonheur de posséder 
au ciel : sous sa paternelle et bienfaisante protection, 
nous pourrons combattre les bons combats et remporter 
de glorieuses victoires sur notre ennemi et celui des chères 
brebis dont nous avons la garde. Pardonnez-moi, cher 
confrère, de vous adresser ainsi une exhortation qui est, 
je vous l'avouerai candidement, l'expression des senti- 
ments qui se pressèrent dans mon âme, lorsque j'eus, en 
décembre 1866, le bonheur de me prosterner et de prier 
devant les restes sacrés de ce saint, qui reposent sous un 



— 289;— 

des autels de la magnifique église des SS. Jean et Paul, 
sur le mont Cœlius à Rome. 

Vous recevrez avec la présente un exemplaire de la 
iiulle de convocation du Concile œcuménique du Vatican. 
Cet unportant document aurait dû vous parvenir en 
même temps que la Lettre pastorale de Monseigneur an- 
nonçant le Concile : un oubli de ma part est l'unique 
cause de ce retard. (*) 

Je profite de la circonstance pour prier MM. les Prési- 
dents des Conférences ecclésiastiques de me transmettre 
au plus tôt les procés-verbaux des assemblées de leurs 
arrondissements, afin que je puisse en faire préparer le 
résume et le communiquer au clergé à l'époque ordinaire. 
MM. les curés et missionnaires sont priés de vouloir 
bien faire remettre à l'Evêché, d'ici au .5 décembre pro- 
cham, les fonds collectés dans leurs paroisses et missions 
pour les œuvres de la Propagation de la Foi, de la Sainte- 
Enfance et des Zouaves Pontificaux. Je crois devoir faire 
observer, au sujet de cette dernière œuvre, que quoique 
Monseigneur se soit contenté, dans sa Pastorale du 30 
juillet dernier, d'exhorter à y contribuer, Sa Grandeur 
désire néanmoins beaucoup que dans toutes les paroisses 
et missions du diocèse on se montre zélé ci procurer à 
notre bien-aimé Père Pie IX les 1... ,ens d'entourer de 
gurdiens vigilants et de défenseur >:Urépides son trône 
vénérable et sa personne sacrée. J'ai la confiance que ce 
désir de notre digne Evêque sera réalisé, et qu'une fois 
encore le diocèse donnera une preuve non équivoque de 
son adhésion et de son dévouement à une œuvre qui a 
jeté un si grand lustre sur notre pays, et qui a été, nous 
devons en être sûrs, une source abondante de grâces et de 
bénédictions pour tous ceux qui l'ont patronisée. 



t-; 



(*) Ce document a été imprimé en son lieu (pages 96 et suiv.). 
TOM. III 19 



f \ 


■ ■' . 


^_ 


1 

à 



Il ., 



î< 



— 290 — 

Veuillez agréer, mon cher Monsieur, mes sentiments de 
bien sincère estime, et me croire votre tout dévoué en N.-S. 

L. Z. MOREAU, V. Cf., 

Aiiministrateur. 



CIRCULAIRE 




I 



i^X 






V..'^ 



iU: 



m : 





M, ■ 




TV 
1 


i ■ 


■1 


> :<■ 


■ 


i 


â^^ 


ààlïl 



('onrprniiiil In l'»iir<r>ri<nrr* Rrrl^*la*llqiit>ii, Ira monimle* amé' 

rlmliiea, le* «lliipviiftr» ninlrlmonluleit. Ir C'onollr fin Vall< 

rnn «t l'htiitolrv dm parolH«M <lii dlor^ae 



EvftcHÉ m. Sï-HvAciNTHK, 1er mars 1870. 

Monsieur, 

11 est plus (juc temps que je vous fasse parvenir les su- 
jets (jui doivent Ctre imités dans les Conférences de la pré- 
sente année. J'en ai retardé l'envoi, pensant pouvoir vous 
communiepier en môme temps le résumé des Conférences 
de l'année dernière ; mais outre le manque de quelques pro- 
cès-verbaux de ces assemblées qui n'ont pas encore été 
transmis à l'Evôché, la nature môme des matières traitées, 
surtout celles qui regardent la Liturgie, m'incline à croir, 
qu'il est mieux d'en différer la publication à l'année pro- 
chaine, afin que ce travail s'effectuant sous les yeux de 
Monseigneur, Sa Grandeur puisse y ajouter ses observa- 
tions et ses prescriptions môme, si besoin il y a. Vous 
trouverez ces sujets de conférences à la suite de la pré- 
sente circulaire. 

Je dois attirer votre attention sur une proclamation 
de Son Excellence le Gouverneur-Général de la Puissance, 
au sujet de la valeur qu'auront au 15 avril prochain les 
monnaies américaines qui circulent parmi nous. Aux 
termes de cette proclamation, insérée dans la Gazette 
Ofjicielie du 12 février, et à la date susdite, les écus ne 
vaudront plus q'ie fiuarante centins, les trente sols vingt 
ccntins, les dix sols huit centins, et les cinq sols quatre 



r 



— 291 — 

cemins. MM. les curés voudront bien voir à ce que les 

tant sou peu considérables, il est de leur devoir de prcn- 
dr les n,oyens cle les faire écouler, soit en les conv r i - 

Ues dettes dont elles seraient redevables, ou encore en les 

plaçant d'une manière bien sOre et de fâvon a ce q "lie 

.mssent les recouvrer facilement au temps du besoin. 

les, que dorénavant on ne reçoive les monnaies améri! 

cames pour es paiements aux Fabriques qu'au tau.x fixé 

par la proclamation. Quant aux honoraires c' messes 

dcja payés, après avoir pris ce qu'il vous en faut d'ici au 

Fv^Lh; T ""''" '"" '^'^ "^^°>" "---diatement d 

d "aire ;";;"" ""^ """""^ "' '" '"°>'-- "-«-'-s 
de faire ac.,uitter toutes les intentions. Je n'ai .as besoin 

de cette recommandation, la responsabilité retombera ,- 
.erement sur celui qui s'en sera rendu coupable Pc r 
avenir, la prudence doit prescrire à chacun d „' ccep 

aclt"?" '"'"^'"" ^"'*' '"^-^ -q-tter ou ti 
acquitter d'ici au 15 avril prochain. 

St Hv?'''.k'""'"' '^'"' ''' '"''"''°"« ^' Mgr l'Evêque de 
?om':t de •? ''''"' T- '" ''''' '' -d-'^'- d'ef- 
demln. !, ' ^ ''°'" ^''°"''"" '^"--^ Paroissiens de 

ouTffi' V " ""r""-' '" ^"^ ^^«^^ d^' consanguinité 
ou d affinité, et a plus forte raison des dispensas qui tou- 
cheraient au ler degré. Sa Grandeur m'écrivait de Rome 
le 30 janvier dernier, pour m'infoimer que trois demandes' 
de dispenses mentionnées en premier lieu avaient été eje- 
tees. faute de raisons suffisantes, et Elle m'ajoutait Z 
.n^gre qu'El^le eût fortement insisté auprès de' la "0'"; 
la Propagande pour faire ressortir le danger de scandale 

iTr fu^drcf T'''' ^"^"^' '"""^ ordinaireirn'ie: 
Inn f n ^'^'"'''' '^" ^"' ^ invariablement répon- 
du qu il fallait présenter quelques-unes des raisons voulues 






1 



W; 



i ;.'.1 



i,' . ■' 



!" 



■;» i 






m 



;1 i 







— 292 — 

par le droit canon à l'appui de ces suppliques, et que l'at- 
tachement ou l'amour invincible entre deux personnes pa- 
rentes à ces degrés n'était pas une raison suffisante pour 
les dispenser de ces empêchements. Je sais par expérience 
qu'il est extrêmement difficile de faire entendre raison, 
sous ce rapport à nos fidèles qui, dans leur ignorance de 
cette matière qu'ils devraient pourtant regarder comme 
très imponante, croient que l'Evêque et les grands vicai- 
res ont le pouvoir d'accorder ces dispenses, et que s'ils 
ne le font pas, c'est dû à un parti pris ou a un mauvais vou- 
loir de leur part. Une semblable disposition est triste à 
constater, cependant elle n'est que trop réelle. 11 nous est 
donc bien nécessaire de parler souvent en public et en 
particulier de cette grave question, et de nous élever fré- 
quemment contre la négligence des parents qui tolèrent 
des fréquentations entre personnes qu'ils savent ne pou- 
voir se marier à raison d'empêchements qui existent entre 
elles. En obtenant la cessation d'un pareil abus, MM. les 
curés déchargeront l'administration diocésaine d'un bien 
lourd fardeau, et lui enlèveront une source de bien vives 
inquiétudes. 

Dans presque toutes les lettres que Mgr veut bien m'é- 
crire de Rome, Sa Grandeur insiste sur le devoir qu'ont 
tous les diocésains de prier avec la plus grande ferveur 
pour la prospérité du Concile. Cette sainte assemblée 
marche sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, mais chacun 
des vénérables Pères qui la composent, sent qu'il a forte- 
ment besoin d'être aidé et éclairé dans l'accomplissement 
de l'importante et divine mission qui lui incombe. Ce 
secours, ces lumières, chaque Père du Concile du Vatican 
les attend tout naturellement de ceux dont il est le pas- 
teur, de ses bien-aimés enfants qui doivent se trouver si 
honorés et si glorifiés de voir leur père siéger dans ce 
sénat, le plus grand, le plus auguste, le plus saint qui soit 
sur la terre, et des délil)érations duquel vont sortir des 
choses étonnantes et des mesures propres à régénérer la 



— 293 — 

surface de la terre. Je vous prie de rappeler souvent aux 
fidèles dont vous êtes chargé et aux âmes que vous con- 
duisez, de ne pas mettre en oubli ce devoir de la piété 
filiale, et de s'intéresser toujours vivement devant Dieu au 
complet et entier succès de cette grande œuvre, dont ils 
retireront des avantages précieux comme tous les fidèles 
du monde entier. Les exercices du beau mois de saint 
Joseph, que nous commençons aujourd'hui et auxquels les 
fidèles aiment tant à assister, seraient excellente occa- 
sion de travailler à procurer ce redoublement de ferveur 
dans les prières pour le Concile. 

Plusieurs membres du clergé ont témoigné à différentes 
reprises le désir qu'il fût fait une histoire ou un historique 
de chacune des paroisses et missions du diocèse. Rien 
assurément ne peut plus nous intéresser qu'un pareil 
travail, qui nous mettrait sous les yeux un tableau réel et 
fidèle du développement de la religion et de ses progrès 
dans l'Eglise de St-Hyacinthe, à laquelle nous appartenons 
et dont la gloire doit être la nôtre. Je vous avoue que pour 
ma part j'ai constamment été désireux que ce beau travail 
pût s'effectuer, et que même je m'en serais bien volontiers 
chargé, si mes occupations ne m'eussent forcé de demeurer 
continuellement au poste. J'ai néanmoins lieu de me con- 
soler de li'y avoir pas procédé, car voici qu'un confrère 
zélé pour cette œuvre diocésaine, et qui possède des aptitu- 
des toutes particulières pour ce genre d'occupation, veut 
bien s'offrir de la faire. En vous nommant le Rév. M. Isidore 
Desnoyers, je sais que vous direz tous avec moi que l'ou- 
vrage ne peut être en meilleures mains. Ce cher confrère, 
que sa santé débile tient éloigné des fatigues du ministère, 
et qui cependant ne peut demeurer inactif, tient à consa- 
crer ses loisirs et son repos à quelque chose d'utile à 
l'Eglise. Nous ne pouvons que le bénir de cette belle 
disposition que nous aimerions à trouver dans chacun de 
nous, et donner nos encouragements les plus fraternels à. 
son œuvre de dévouement. Je me flatte que MM. les curés 



ti 



•I .'.; 



'l'f.- 






m : 



ftih'iTl 



■ 'F i' 



'•.ri, 



'^rf' 



.1 1 



H i 



If , ^^J. ■ ^ 




hijlî/ 



ifi '■* 



^^^ ii 


uêi 


Hjf 


il 


^^^^^^^B "' 


ri 


^^H "' 




^^^H V" *''- 


^Mà 


l« 



^ ■ « ,- 







— 294 — 

accueilleront avec un véritable plaisir notre historien diocé- 
sain, lorsqu'il se présentera chez eux, et qu'ils seront heu- 
reux de lui mettre en mains tous les livres et documents 
dont il pourra avoir besoin, et aussi de le mettre en rapport 
avec les anciens de la paroisse qui pourraient le renseigner 
sûrement. M. Desnoyers se mettra à l'œuvre aussitôt que 
la saison lui permettra de voyager sans inconvénient pour 
sa santé. 

\'ous avez probablement remarqué, il y a quelque temps, 
dans les journaux l'annonce d'un excellent livre de prières, 
intitulé : Trésor des âmes pieuses, édité par un prêtre du 
séminaire de Montréal. On ne saurait mettre entre les 
mains des fidèles un livre qui leur soit plus avantageux 
sous tous rapports ; tous y trouveront des enseignements 
à leur portée, des pratiques de dévotion à ieur goût et des 
prières conformes aux besoins et aux aspirations de leurs 
cœurs. Si MM. les curés désirent s'en procurer pour leurs 
paroissiens, ils pourront s'adresser à l'Evêché, où s'en 
trouve un dépôt d'une vingtaine de douzaines. Chaque 
exeinplaire coûte 80 centins. 

Vous verrez à la suite des sujets de Conférences le tableau 
des offrandes ou collectes faites en 1869 pour les diverses 
œuvres diocésaines. Pour l'édification et l'encouragement 
des fidèles, il serait bon, je crois, d'en faire la lecture au 
prône. En présence d'un aussi consolant résultat, nous 
devons bénir la divine Providence de l'esprit de foi et de 
charité qu'elle conserve parmi nos populations, et nous 
fortifier dans la résolution de ne pas craindre de nous 
adresser a elles, chaque fois qu'un besoin ou une nécessité 
se présente, puisque i)ar là nous leur procurons une 
occasion favorable de faire fructifier les talents ou les dons 
que le Ciel a déposés en elles, et que nous devons plus que 
tout autre tenir à leur conserver. 

Je me recommande beaucoup à vos ferventes prières, et 
je vous prie de me croire en toute sincérité votre dévoué 
et obéissant serviteur, 

L. Z. MoREAU, V. f}.. Administrateur, 



•w, 



Sttjetg de Conférences pour l'année 1870 



CONFÉRENCE D'HIVKR 

THEOLOGIE. 
Michel et Caroline arrivent des Etats-Unis, où ils ont 
demeuré plusieurs années. Ils se présentent au curé de 
leur paroisse pour faire /eurs dévotions. Le curé découvre 
que Michel et Caroline ont été mariés aux Etats-Unis de- 
vant un ministre protestant. Or, dans le diocèse où ils 
étaient alors, l'évéque a depuis longtemps déclaré ex- 
communiés, ipso facto, les catholiques qui se marient 
ainsi. Voilà le curé quelque peu embarrassé. Michel doit 
repartir pour les Etats-Unis et y rester deux ans et peut- 
être plus longtemps. Caroline restera en Canada. Enfin le 
curé se dit : Ils ne sont plus sous la juridiction de l'évê- 
que qui les a excomuniés ; cet évêque n'a pas de pouvoir 
dans ce pays-ci et ils sont mes sujets maintenant ; je crois 
donc que je n'ai pas à tenir compte de cette sentence et 
je les admets aux sacrements. On demande i" quelle diffé- 
rence il y a entre l'excommunication a jure et l'excommu- 
nication ab homine; 2» à qui il appartient d'absoudre 
de l'une et de l'autre ; 3» ce qu'il faut penser de la ma- 
nière d'agir de ce curé ; 4» ce qu'il aurait dû faire. 

ECRITURE SAINTE. 
Quel est le sens de cette parole de l'Apôtre : Tentatio 
vos non appréhendât, nisi hnmana (i Cor., X, 13)? 

LITURGIE. 

!• Le curé chargé de deux paroisses doit-il faire l'office 
des patrons de ces deux paroisses sous le rite de 1ère 
classe avec octave ? Dans le cas où un des patrons serait 
S. Tiburce, 14 avril, que fera-t-ildes autres saints qui sont 



1 

l'-;J 1 



r S • 



' t.' 



' I, j 
II 



k'' 






m 



. m 






'■■,f; 


il 


: 

; 

. 1 ; ' 


1 




,1 . 










h 



'■■'*>»-\ 



■'I i!.; ? 



— 296 — 

jointL à S. Tiburce? Quit^, si l'autre patron est S. Nérée, 
12 mai, ou S. Philippe, ler mai ? 

2» De quels ornements doit se servir pour la levée 
du corps le prêtre qui doit chanter un service ? 



CONFÉRENCE D'ÉTÉ 
THEOLOGIE. 

■ Un catholique se présente à son curé et lui demande 
de bénir le mariage qu'il veut contracter avec une fille 
catholique. Mais il est notoire que cet homme fait partie 
d'une société littéraire et scientifique qui garde en sa biblio- 
thèque bon nombre de livres condamnés par toutes les 
règles de l'Index et dont les membres ont été pour cette 
raison déclarés par l'autorité ecclésiastique indignes des 
sacrements. Cette circonstance inquiète le curé ; il exige 
que cet homme renonce à la dite société. Il en reçoit 
un refus formel. On demande i» quel est l'effet des lois 
de l'Index ; 2» quel est l'effet des excommunications ma- 
jeure et mineure ; 3» quelle conduite il doit tenir envers 
cet homme. Se conduira-t-il comme s'il s'agissait d'un 
catholique non censuré; le considérera-t-il, pour les fins 
du mariage, comme un protestant, ou du moins, comme 
un homme censuré et comme un pécheur public, dont il 
ne peut bénir le mariage ? 

ECRITURE SAINTE. 

Notre-Seigneur Jésus-Christ dit : Sicergo omnis ex vobis 
qui non renuntict omnibus quœ fiossidet, non potest meus 
esse discipulus (S. Luc, XIV, v. ^3). Mais, en S. Matthieu, 
chap. XXVII, v. 57, on voit que Joseph, homo dives,(t\.tix\. 
pourtant disciple de Jésus : et ipse discipulus erat Jesu. 
Comment accorder ces deux textes ? 

LITURGIE, 
i" A quel jour du mois et de la semaine et à quelle 
fête doit se dire l'oraison pour les morts Fidelium Deus 



— 297 — 

omnium? Quelle place doit occuper cette oraison parmi 
les oraisons du jour ? La môme oraison peut-elle être dite 
dans tous les temps de l'année ? 

2" Quels ornements doit avoir le prôtre pour célébrer 
un mariage qui doit être suivi 'de la messe ? 

3° Les Saints semi-double ad libitum peuvent-ils être 
transférés ? 



Recettes de la Propagation de la Foi pour F année 1869. 

St-Hyacinthe, Ville $,^3 gj 

" Séminaire ig 06 

167 71 

S'-I'^"'^ / .4767 

^'-Antoine , ^^ 

Sorel ,,, „, 

• 121 Q2 

N.-D. de St-Hyacinthe gg ' 

St-Aimé '• '•' 

^ff 7620 

St-0"« 7260 

S'-Césaire gg g^ 

N.-D. des Anges gg ^ 

Ste-Rosalie g^ 

St-Simon 

St-Athanase 

■ 50 00 

St-Jean .Baptiste ^^ ^ 

St-Sébastien 

St-Marcel ]""" gg 

s'-H"g"es "."'.'.!!!!!!!"". 32 es 

S'e-Marie 

N.-D. du Richelieu ,. „, 

31 00 

fP- 2546 

^""t"" 2S 00 

Sherbrooke ^500 

S'Mathias 25 00 

St-Don.inique ^^ ^^ 

La Présentation 

S'-Lil'oire 'Z'ZZ. 2200 

St-Ephrem 20 

S'-J"de aooo 



:i ,'■ * 



:.i': lil 



'"; rii 







'!■■ -fi 






'; ;^^ 




— 298 — 

St-AIcxandre jp -^ 

^'■Marc ,g ^2 

St-Grégoire ,2 00 

Stc-Angèle ,(, g^ 

St-Geoiges ,0 ^q 

Ste-Hélène .*. y ^g 

Diinham » j_ 

St-Valérien , ^o 

$1.700 74 

Recettes de la Sainte-Enfance pour r année 1869. 

Stanbridge J37 ^q 

St-Hyacinthe ". 27 80 

" Couvent g iq 

.St-Aimé II 00 

" Couvent 16 00 

" Académie g 00 

35 00 

St-Alexandre 2% eo 

Soi-e' 19 65 

St- Antoine ,g ,q 

St-Sébastien ic 00 

St-Georges, Couvent |r qq 

Ste- Marie ^ qq 

" Couvent 10 35 

14 35 

Ï't-Oufs ,, 00 

S'-J"Je ,0 00 

Belœil ^ g^ 

St-Dominique 8 2? 

Ste-Rosalie g 21 

St-Césaire m ,q 

St-I,iboire , r cq 

St-IIugues 5 ^Q 

^'■^''^ 4 57* 

Ste-Cécile de Milton... -, n- 

La Présentation 2 02* 

St-Marcel 2 85 



Il 11 



8o 


*37 V" 


10 






35 90 


00 




00 




oo 




— 


35 oo 




23 50 


• ••• 


19 6s 


.... 


16 50 


.... 


15 00 


.... 


15 00 


00 




3S 




— 


'4 35 




II 00 


.... 


10 00 


.... 


9 80 


.... 


8 25 


.... 


8 21 


.... 


7 50 




S 50 


... 


5 40 


... 


4 57* 




3 15 




2 92J 


... 


28s 



— 29î> — 

N.-D. du Richelieu ^ co 

Ste-Hélène ^^1!!!1!!"!3!!ZZ 2 10 

St-M.itliias 

2 00 

St-Marc 

Ste-Angèle '".'............ , ^o 

St-Valérien ^° 

o 60 



$320 01 



Offrande au Saint-Père à l'occasion du Concile, collectée 
pendant l'année 1869. 

•'^"•■«^ $Soo 00 

^'■^«"'s 442 28 

"'='•"' 40000 

St-Hyacinthe 21:6 21; 

" Séminaire ,00 00 

356 25 

St- Antoine _. .,., 

St-Césaire """ 3^^ ^ 

S'-R°bert 28^ ^^ 

«'■A™^ 22s 00 

St-Charles ^^ ^ 

S'-Ours ,53 ,2 

^'•""6"^^ 15000 

St-M"<^ 15000 

St-Athanase ^^^ ^ 

St-Damase ,20 qq 

S'e-I^°«^"^- MO 00 

St-Pi<^ .0400 

St-Jean-Baptiste ,0^00 

S'-""aire ,0000 

La Présentation ,qq ^^ 

N.-D. de St-Hyacinlhe _" jqq ^^ 

^'■Swion ZZ. 90 20 

Stanbridge ^2 ^ 

Ste-Marie q„ 

00 00 

Sherbrooke ,--• 

0000 

St-Grégoire 

^ S3 00 

Parnham 

4700 

^'^•^^"R^''= 45 00 



1 ni 

1 B 


ï \ 


* ■: 






m. 



-;*■ , ; 



■• '\(>- 




l'HIP^"*" 



â 

I 



4 n 



I»» I! 







'^ft 



— 300 — 

St-Jiide ^, OQ 

St-Mathias ^^ ^q 

St-Barnabé ^^ q^ 

Î^'-Marcel ^^ qq 

St-Sébastien .„ -- 

Ste-Brigide 3. ^ 

St-Roch 32 00 

St-Liboire 3^ j^ 

St-Dominique jq eg 

St-Damien 3^ ^o 

N.-D. du Richelieu 26 20 

St-Alexandre 2e 00 

Coaticook 21; 00 

St-Georges 23 58 

Waterloo ^3 00 

Ste- Victoire 20 00 

St-Ephrem 20 00 

^"nharn jo 00 

Ste-Hélène ,. -g 

st-paui ;:;:; ,^ i^ 

Ste-Cécile de Milton ,3 eg 

St-Joseph d'Ely ,2 jg 

L'Ange-Gardien 12 gg 

StVenant , ,2 gg 

Roxton ,, 00 

Ste-Anne ,2 gg 

Stukeley ig gg 

Magog 10 00 

Hatley ,g gg 

Stanstead „ g» 

Cookshire g -g 

Compton g gg 

Sutton , j 53 

Granby g ^j 

KnOWltOn c gg 

BoltOn. 4 gg 

St-Valérien ^ gg 

$5.369 47 
N. B. — Une personne pieuse de N.-D. de St-Hyacinthe a fait don 
au Saint-Père d'un bijou de la valeur de $80. 






— 301 — 

Collectes pour les Maronites pendant r année 1869. 

St-Pie ^ 

Beld'il 

St-Aiitoine ." '^ "^ 

Ste-Victoire " ^^ 

^. , , . 10 00 

Cookshire 

St-Hilaire ." 1Ï.Ï171Ï1Ï.7Ï.... ^ ^^ 

Ste-Brigide ^ °° 

Granby "''IIZZ.'Z'Z"ZZ. ^ T 

Coaticook ' 

Ste-Angèle ^ °° 

St-Paul ■;.■■■ '^ 50 

Waterloo "'''''ZZZ''ZZZZ"\ '^ "^ 

St-Grégoire ^ '^ 

ç, . 2 00 

Lompton 

'75 

$94 79 

Collectes pour la Rivière-Rouge pendant Fannie 1869. 

Sorel «, 

ot-Césaire 

Belœil -^5 00 

St-Aimé ZZZZZ'Z'ZZZ. ^IZ 

St-Hyacinthe „ 

N.-D. de St-Hyacinthe „ ,<, ^' 

St-Denis o 

st-o«rs ■.iz::z;;z::::::::::::::::::;;;:::" i z 

'^'■«"e"« ""..".".'.".".'.".".".!!"!;!!"!!!;! Il ^ 

Stanbridge 

Ste-Marie -Z^'ZZ'ZZZZZ'"'. 2^ '° 

St-Antoine 

St-Athanase 

St-Marc „ 

Sherbnoke .. 

S'«-Angèle 

Ste-Rosalie / , 

St-Charles "ZZZl " , 

St-Simon ".'.'.'.!!'.! ."!!!.."" '"^ ^° 

St-Alexandre '* ^^ 

St-Jean-Baptiste 



X- 



il 



w 






f-ni 



' I,.. . 



m 



■il, t>: ■ 





' r: 






mV i 



. ! • r 



I ' î 





— 302 — 

St-Sébastien ii 25 

St- Robert H 00 

St-Marcel 10 20 

La Présentation 10 00 

St-Jucle 10 00 

St-Georges 10 00 

St-Damase 9 62 

St- Barnabe 9 52 

Stukeley 9 5° 

N.-D.du Richelieu 8 25 

St-Mathias 8 00 

St-Pie 8 00 

Ste-Anne 7 32 

liolton 7 32 

Ste-Hélène 6 00 

St-Ephrem 6 00 

Roxton 5 50 

Sutton 4 6; 

Dunham 4 65 

St-Liboire 4 00 

St-Dominique 4 00 

1-' Ange-Gardien 4 00 

Ste-Cécile 4 00 

St-Valérien 2 50 



$699 18 



Cûl/cdes pour ies Zouaves Pontificaux pendant 
r année 1869. 

St-Hugues $123 65 

Petit Séminaire de Ste-Marie 72 05 

Ste-Rosalie 50 00 

Ste-Marie Ao 00 

St-Antoine 39 oc 

St-Eplireni 20 ck) 

Coaticook , 5 00 

Ste-Angèle 3 8l 



$353 SI 



%' . 



! *■ 



u 25 
II 00 

10 20 

10 00 

10 00 

10 00 

9 62 

9 52 

9 50 

8 *S 

8 00 

8 00 

7 32 

7 32 

6 00 

6 00 

5 50 
4 6s 

4 65 
4 00 
4 00 
4 00 
4 00 
2 50 

$699 18 



$123 65 


72 


OS 


50 


00 


10 


00 


39 


oc 


20 


00 


S 


00 


,3 


81 



303 



CIRCULAIRE 

A MM. !«■ Vart» an «ujrl dm anlutr* llullei» 



St-Hvacinthk, s avril 1870. 
MoNsiKUR LE Curé, 

Monseigneur l'Evoque de Germanicopolis ne pcavant, 
au jugement de son médecin, faire l'office du jeudi saint 
sans s'exposer à une fatigue qui aggraverait notablement 
ses infirmités, la consécration des saintes huiles néces- 
saires aux besoins du diocèse aura lieu à Montréal, et la 
distribution ne pourra s'en faire que le jeudi saint à 
quatre heures de l'après-midi, temps auquel seulement 
elles seront ici. Comme il arrive tous les ans qu'on envoie 
des ampoules ou fioles qui non seulement n'ont pas été 
lavées et purifiées, mais qui renferment même encore les 
huiles de l'année précédente, je vous prie d'y voir afin de 
ne pas imposer au distributeur un travail qui ne lui appar- 
tient pas et dont il n'a pas le temps de se charger dans 
un moment où il est i)ressé de répondre à tant de de- 
mandes. 

Je suis bien cordialement, Monsieur, votre tout dévoué 
serviteur, 

L. Z. MoREAU, V. G., 
Administrateur. 

LETTRE PASTORALE 

Aux l'Ideiea de M(-Epbreni il'Upton an «njet dr I'upoiita»'e 
de li6 d'entre eux 



$353 SI 



LOUIS ZÉPHIRIN MOREAU, Vicaire Général et 
Administrateur du diocèse de St-Hyacinthe. 

Aux Fidèles de la paroisse de St-Ephrem d'Upton. 

La pénible nouvelle de l'apostasie formelle de vingt-six 
de vos coparoissicns est venue jeter notre âme dans la 



f • 4 



I . 



k '■:■ ■ 






':*i 



iv^ il 



'» 



^a 



•i«i 
'k-: 



^ï 




'f. À 


-! 


V r^ ,,] 




.t' /il 


1 


.«-■^ '-'I 


B 


f ' ■ Il 


8 



Mi I 

fi 'J 'ï 



''à 



— 304 — 

plus amère douleur et la plus profonde affliction. Nous ne 
pouvions croire à la rumuur qui s'en était rci)anduc d'a- 
vance jusqu'ici ; nous nous bercions toujours de l'espoir 
que la paroisse de St-Ephreni, à laquelle nous nous sommes 
particulièrement intéressé d';puis sa fondation, ne nous si 
affligerait pas aussi sensiblement, et ne donnerait pas au 
diocèse et au pays tout entier l'énorme scandale dont elle 
vient de se rendre coupable. Nous croyions à de meilleures 
dispositions et à une plus solide fermeté dans la foi chez 
ceux que nous avons j)our ainsi dire initiés aux connais- 
sances et aux bienfaits de la religion, et qui no-s don- 
naient de si douces consolations par leur ardeur, leur gé- 
nérosité et leur dévouement dans les sacrifices qu'ils 
durent s'imposer pour établir leur paroisse et la doter des 
établissements indisnensables au culte divin. Hélas 1 nous 
nous sommes bien trompé, et force nous est maintenant 
d'enlever de notre cœur ce beau souvenir, que nous y con- 
servions pourtant soigneusement, parce qu'il était pour 
nous une véritable source de jouissance et de bonheur. 

En vous écrivant, très chers Frères, nous avons sous 
les yeux un de ces lugubres documents par lequel un ca- 
tholique, un enfant de l'Eglise de Jésus-Christ, un de vos 
coparoissiens, de propos délibère et de sa pleine et en- 
tière volonté, déclare à son pasteur qu'il abjure sa religion, 
qu'il l'abandonne et qu'il veut et entend ne plus en faire 
partie. Nous avons frémi dans tout notre être en lisant 
cette effroyable et blasphématoire déclaration d'.inostasie ! 
Quelle épouvantable pièce et quel infernal do-; "tu», que 
celui là I comment un catholique peut-i: m vsmv a une 
aussi coupable détermination sans trembler de tous ses 
membres et sans craindre que les foudres du ciel ne vien- 
nent l'écraser et l'abîmer à l'instant? C'est bien là un de 
ces secrets de l'étonnante perversité du cœur humain et 
un de ces mystères d'iniquité qui doivent nous jeter dans 
■ne profonde terreur. Car, qu'est-il, ce diabolique docu- 
ment ? '^ '^n autre chose, T. C. F., qu'un engagement for- 



— 305 



mel do la part de celui qui l'a signé de se remettre entière- 
ment et pour toujours aux mains du démon, d'accepter 
celui-ci i)our son maitrc et de se c unstituer son esclave, 
parce que celui qui n'est pas avec l'Kgiise n'est pas avec 
Dieu, et celui qui n'est pas avec Dieu est contre Dieu, et par 
conséquent avec son plus cruel ennemi, Lucifer, homicide 
dés le commencement: Q^iii non est mecum contra me est. 
Vingt-six d'entre vous, vivant au milieu de vous, (pie vous 
compte/ peut-être parmi vos parents et vos amis, ont 
ainsi sacrilègemcnt renié le Dieu (pii les a faits tout ce 
qu'ils sont, criminellement déserté la foi qui a été jusqu'ici 
pour eux la source des plus pures jouissances, et scanda- 
leusement abandonné la religion qui s'est montrée jusqu'à 
ce jour, pour eux, une mère si tendre et si dévouée. ]'',tcu 
sont pour la plupart des pères de famille qui par état et 
par devoir étaient tenus d'édifier leurs enfants et de les 
faire marcher dans les sentiers tpii condt'isent à Dieu et 
au véritable bonheur. Quel scandale pour ces familles ! 
quelle malédiction jiour ces enfants ! ipielle ruine pour 
ces maisons où, il n'y a encore tpie quelques jours, tous 
les membres appartenaient à la même foi et à la même 
religion et où maintenant les chefs, les pères ne prient 
plus, ne croient plus, n'adorent plus ! Peut-il se concevoir 
un plus navrant spectacle que celui-là ? Vous en êtes ter- 
rifiés, T. C. F., et vous avez grandement raison de l'être. 
Epouses inlortunées de ces maris malheureux, que vous 
devez regretter le jour où vous contractiez avec eux une 
alliance bénie par la religion sainte ipi'ils ont abjurée et 
que vous présumiez pour cela devoir être si heureuse pour 
eux et pour vous 1 Vos cœurs sont [ilongés dans une amére 
douleur. Une tristesse profonde s'est emparée de vos âmes. 
Vous êtes seules maintenant à cheminer vers le temple 
saint où vous goOtic/ de si i)un;s délices à prier à côté 
de vos époux, pour vos chers enfants et ]jour la iJiospérilé 
de toutes vos entre{)rises. Seules vous irez désormais au 
tribunal de la réconciliation et à la table sainte : vos 
i. m 20 



I ih 



I .'i j 



; ' r 



If. 



I-, ■! 



' . ' 

':*-à.'i 
.1. 



'■S 






■•■ 1 




( . M 



'-'l 't*^ ■.(' 



'^ ^ '' / ■* 




> ■,.■:,■ s 



— 8U<> — 

malheureux époux ne croient plus à l'efficacité et à la 
nécessité de ces sacrements, et dans leur étrange aveugle- 
ment ils les regardent comme des choses mauvaises ; 
seules vous prierez dans vos maisons et dans l'intérieur de 
vos familles, vos maris ne reconnaissant plus le besoin de 
la prière ; seules vous rendrez vos ' ommages à la Vierge 
Marie et à son angélique époux saint Joseph, vos maris reje- 
tant le dogme si consolant de la communion des Saints et 
n'étant plus dignes des regards et de la protection des 
bienheureux amis de Dieu ; seules enfin, vous marcherez 
dans la voie qui conduit au ciel, vos maris renonçant à ce 
beau ciel et à y vivre éternellement avec vous ! Et quand 
viendra pour vos maris infortunés le terrible moment de 
la mort, c'est alors que vos cœurs seront plongés dans des 
angoisses mortelles. Le ministre du Dieu de consolation 
n'apparaîtra pas au chevet de leurs lits pour adoucir leurs 
souffrances en leur faisant entendre des accents de paix, 
calmer les appréhensions, inquiétudes et tortures de leurs 
âmes en prononçant sur eux la sentence du pardon, et 
leur rendre facile et même agréable le passage du temps 
à l'éternité, en les munissant de toutes les grâces et de 
tous les mérites renfermés dans les sacrements divins et 
indulgences conférées aux enfants soumis de l'Eglise à 
cette heure suprême et solennelle. Les saints noms de 
Jésus, Marie, Joseph, noms d'espérance et de paix, ne 
seront pas même prononcés autour de leurs couches de 
douleur ; l'eau sainte ne sera non plus là pour mettre en 
fuite les esprits infernaux. La religion avec toutes les dou- 
ceurs qu'elle procure aux mourants, ne pourra plus rien 
pour ceux qui l'ont lâchement, indignement et criminelle- 
ment reniée. Et après le trépas, de quelle scène horrible 
ne serez-vous pas témoins, épouses éplorées et mille fois 
malheureuses ! Les restes mortels de vos époux, au lieu 
d'être transportés dans le temple saint pour y recevoir les 
honneurs et les dernières bénédictions de l'Eglise et être 
ensuite déposés dans le champ des morts sanctifié par les 



— ;?o7 — 

prières de cette Eglise sainte, où reposent en paix leurs 
parents et amis, prendront le chemin de la synagogue de 
Satan pour y subir les froides et vides formalités d'un 
culte exécré de Dieu, ou seront jetés dans un champ où 
les animaux immondes les fouleront sous leurs pieds. Ah : 
que votre sort est digne de pitié et qu'il inspire de la 
commisération à tous ceux qui en sont les tristes témoins 1 
Que le Dieu de toutes bontés vous fortifie et vous remplisse 
d'une sainte résignation au milieu de cette accablante 
épreuve ! 

Et vous, pauvres enfants de si coupables pères, qu'allez- 
vous devenir ? Jusqu'à présent vous avez eu dans vos pères 
des mentors, des guides et des soutiens i)our vous initier 
aux choses de la vie, vous éloigner des mauvais sentiers 
et des dangers nombreux auxquels vous êtes exposés, 
vous prémunir contre les faux principes et les maximes 
perverses d'un monde corrupteur et corrompu et conduire 
vos pas chancelants dans la voie difficile qui mène au 
ciel. }în abjurant leur croyance et en désertant l'Eglise, 
vos pères ont forfait à la mission importante qu'ils s'é. 
talent chargés de remplir auprès de vous. Par leur sépa- 
ration de l'Eglise, ils se sont rendus complètement indi- 
gnes des grâces sur lesquelles ils pouvaient et devaient 
compter pour accomphr leurs devoirs de pères, de maniè- 
re à vous procurer le véritable bonheur en ce monde et en 
l'autre ; par leur rébellion contre l'autorité divine de 
l'Eglise, ils onc abdiqué l'autorité que Dieu leur avait don- 
née sur vous, rompu les liens spirituels qui les unissaient 
si intimement à vous, et mis entre eux et vous une barrière 
infranchissable et une distance presque infinie. Quel vide 
affreux s'est fait dans vos âmes et vos cœurs depuis le jour 
où ces mêmes pères, n'écoutant que la voix de leurs pas- 
sions et celle de ces suppôts de Satan qui les ont si indi- 
gnement trompés, ont dévié de la voie où vous étiez si 
heureux de marcher avec eux, préféré les sentiers de l'erreur 
à ceux de la vérité, renoncé aux jouissances si pures de la 



•M.' 



\ .-.■. 



X .1 II 






fil 



II'. 



■m «' ^ 




:^.''.^^ 


■I ■ 


j(" Y 


i.f- 



iî, .^: 




1^' 



— 308 — 

religion imur embrasser les affreux tourments et les indici- 
bles déchirements du cœur et de l'câme que seuls ils peu- 
vent trouver dans un culte fondé en haine de Dieu et pour 
la satisfaction des plus grossières comme des plus criminel- 
les passions, et sacrifié les inénarrables délices du séjour 
des bienheureux pour les éternels rugissements de l'enfer 
creusé par la juste colère de Dieu pour y précipiter la pre- 
mière créature qui a eu l'audace de se révolter contre son 
autorité suprême. Comme vos infortunées mères, chers 
enfants, vous êtes infiniment à plaindre ; il n'y a plus pour 
vous comme pour elles de joie et de bonheur en ce mon- 
de. Que le Dieu de toute charité, père des orphelins, 
veille paternellement sur vous, et se constitue votre appui 
et votre défenseur, pour remplacer les appuis et les 
défenseurs que vous avez perdus. 

Pour vous, bons et pieux habitants de la paroisse qui 
êtes demeurés fidèles à votre Dieu, à votre foi, à votre reli- 
gion, qui avez fui avec soin les chaires de pestilence qui 
s'étaient établies au milieu de vous ; qui avez compris que 
votre premier devoir comme catholiques était d'accepter 
les décisions et les ordonnances de l'autorité diocésaine, 
et de vous y soumettre d'esprit et de cœur, vous gémissez 
aujourd'hui bien amèrement sur la scandaleuse conduite 
de vos coparoissiens. A la lueur du flambeau de la foi dont 
vous êtes encore heureusement animés, vous pouvez mesu- 
rer l'étendue du malheur dans lequel ils sont tombés et la 
profondeur de l'abîme cju'ils ont creusé sous leurs pas. 
Aussi les prenez-vous en pitié et les plaignez-vous bien 
sincèrement de s'être laissé égarer ],as des hommes qui 
se sont présentes à eux comme amis, mais qui n'étaient 
dans le fond que leurs cruels ennemis, puisqu'ils leur ont 
méchamment et malicieusement enlevé et ravi ce qu'ils 
possédaient en ce monde de plus i-rècieux: leur foi, leur 
religion et leur honneur, et cela en leur débitant toute sor- 
te de mauvais princijK's et de palpables faussetés, et en 
exploitant d'une manière tout astucieuse les considéra- 






!■: 



■ >■ 



— sot) — 

lions d'ordre temporel et d'argent qu'ils savent taire tou- 
jours une impression particulière sur des hommes non dé- 
gagés de l'amour des biens de ce monde. Ils ont malheu 
reurement réussi dans leur tactique diabolique et ont pris 
dans leurs filets les imprudents qui ont préféré les écouter 
que d'écouter la voix de l'Eglise. Un immense malheur 
s'en est suivi : puisse la miséricorde divine s'exercer en- 
vers ces dupes infortunées du plus noir complot 1 

Vous voyez, T. C. F., en cette bien triste affiiire cpii 
s'est passée sous vos yeux, la réalisation parfaite de ces 
paroles des Livres saints : celui qui fréquente la synagogue 
des méchants, des hommes pervers, devient comme eux, 
et aussi de cet axiome si connu dans le monde : dis-moi 
qui tu hanter et je te dirai qui tu es. Heureux celui qui ne 
va pas dans les conseils des impies et qui ne se tient pas 
dans les sentiers des pécheurs, et qui ne s'assied ])as dans 
les chaires de pestilence, car l'homme, par lui- môme et 
sans le secours de la grâce, ne peut résister aux séductions 
et aux entraînements du péché ; il ne peut trouver son 
salut que dans la fuite et dans l'éloignement de ces hommes 
sans foi, sans principes et sans mœurs qui se donnent l'in- 
fâme mission de précipiter leurs semblables dans l'abîme 
de tous les maux. Vous avez devant vous un exemple 
terrible de cette vérité. Vous serez donc, T. C. F., sur vos 
gardes, vous vous défierez de ])lus en jjIus de votre faibles- 
se, vous aurez soin de vous laisser guider et diriger par 
ceux qui en ont reçu la mission du ( iel, vous serez attachés 
plus que jamais aux saints enseignements de l'Eglise, et 
c'est toujours à cette infaillible et divine Mère que vous 
l'ecourrez en toute circonstam e ; Qui vos audit, me audit, 
" celui qui vous écoute m'écoute." Oui 1 T. C. F., en écou- 
tant votre pasteur, vous écoulerez Jésus-Christ. Recevez 
ses avis et directions avec respect et docilité : il est votre 
meilleur ami et celui qui vous veut la plus grande somme 
de bien. 

Il est temps que nous vous invitions. T. C. V., à la i)rière 



km 




(' ,\ 




m 

En ij![-.i 



— 310 — 

et d une prière, bien fervente pour les pauvres égarés dont 

vous déplorez si amèrement le sort. Leur impiété les a à 

la vérité rendus grandement coupables aux yeux de Dieu, 

vis-à-vis de leurs familles et de vous tous, mais il faut 

espérer et espérer beaucoup que la m'.,éricorde divine qui 

aime tant à s'exercer envers les pauvres pécheurs, se 

manifestera envers ceux-ci, qu'elle leur ouvrira les yeux en 

faisant tomber le funeste bandeau qui les couvre, et qu'elle 

touchera leurs cojurs en leur montrant dans toute son 

énormité et sa laideur le crime dont ils se sont souillés. 

Nous vous exhortons donc bien instamment à faire dans 

toutes vos familles des prières spéciales pour le retour au 

bercail de ces pauvres brebis qui ont méconnu la voix du 

pasteur et qui se sont imprudemment aventurées dans des 

sentiers dont l'issue n'était qu'un effrayant abîme. A vos 

prières se joindront les prières de l'Eglise, qui pleure sur 

l'éloignement de ceux qui étaient jadis ses enfants et dont 

elle désire ardemment la conversion, malgré l'amertume du 

calice dont ils l'ont abreuvée. 

Avant de prescrire ces prières, qu'il nous soit permis de 
nous adresser aux coupables eux-mêmes, et de les assurer 
que, malgré leur faute, l'Eglise remplie de la plus tendre 
charité de son divin fondateur, leur porte toujours un 
amour de mère, et fait les vœux les p'ius ardents pour qu'ils 
rentrent au plus tôt dans son sein. .Si nous vous avons 
adressé, chers et bien-aimés frères, dans le cours de cette 
lettre des jia rôles aussi énergiques et des reproches aussi 
amers, ah ! c'est que nous voulions vous démontrer la 
gradeur de votre faute, et vous inspirer une crainte salu- 
taire des jugements de Dieu ! A Dieu ne plaise que nous 
vous condamnions pour toujours aux rigueurs de sa justice ! 
Oh non I ce ne serait pas là le langage d'un pasteur des 
âmes, mais bien celui d'un mercenaire. Quoique vous ayez 
péché, nous vous aimons encore, et la preuve que nous 
vous aimons, c'ez. que nous venons vous exciter au repen- 
tir, et vous assurer de votre réconciliation avec Dieu et 



— 311 - 

avec l'Eglise, du moment que. contrits et repentants, vous 
la demanderez à votre curé, que nous revotons à cette fin 
de tous les pouvoirs dont il a besoin. Revenez donc au 
plus tôt à Dieu, chers frères, et Dieu reviendrai vous avec 
le bonheur pur et les joies saintes que vous avez déjà gofi- 
tés à son service. 

Nous réglons en conséquence (ju'il se fera dans l'église 
de votre paroisse pendant trois dimanches ou jours de fête 
consécutifs, à commencer dimanche jjrochain, des prières 
publiques et solennelles pour fléchir la colère; de Dieu, 
faire revenir les coupables dans le devoir, et ramener la 
paix et l'union dans la paroisse. Ces prières se feront 
comme suit : Immédiatement après la grande messe, M. le 
curé exposera le saint Sacrement, puis on chantera le Mise- 
rere \.o\xX au long, trois fois la supplication : Parce Domine 
et le Tantum ergo, qui sera suivi du verset Panem de cœlo et 
des oraisons ZJ^«^, qui nobis, et Deus, quiculpa offenderis- 
Avant le Tatitum ergo, M. le curé lira une amende honora- 
ble au SS. Cœur de Jésus, et pendant toutes ces prières, 
la cloche de l'église fera entendre des soupirs, pour inviter 
au repentir et à la componction du cœur, et le tout se 
terminera par le chant de l'invocation L la sainte Vierge, 
trois fois répétée : Maria, reftigium peccatorum, ora pro 
nobis. 

Sera la présente lettre lue au prône de la messe parois- 
siale de la .dite paioisse, dimanche prochain, jour de la 
Pentecôte. 

Donné à St-Hyacinthe, sous notre seing, le sceau du 
diocèse et le contreseing de notre Secrétaire, le 28 mai 
mil huit cent soixante-dix. 

(L, t S.) L. Z. MoREAU, V. G., AdiTiinistrateur. 

Par M. l'Administrateur, 

L. L. DuPRÉ, 

Secrétaire, 



i Mm' 



m 

m ^ 






'^^ f^^ 1: 



'ii 






i.^ 




t';\ i :|* 



hf ■£ 



-I 



— 312 — 



CIRCULAIRE 



Dpiiiaiulaiii «le «ecourir lo. Iii<eiull<<. <lu MaRueuay et du lac 
Mt-Jenn 



EvÊCHÉ DE St-Hyacinthe, 4 juin 1870. 

Monsieur le Curé, 

Une grande infortune vient de frapper plusieurs mil- 
liers de nos frères d'origine et de religion vivant dans les 
nouvelles paroisses du Saguenay et du lac St-Jean. Dans 
l'espace de six heures seulement, cinq cent neuf familles 
ont entièrement et littéralement perdu tout ce qu'elles 
possédaient, et cent quarante-six autres ont été en grande 
partie ruinées, par un terrible incendie qui a exercé ses 
affreux ravages sur un parcours de plus de trente lieues. 
Vous avez lu dans les journaux les émouvants détails de 
cette terrible conflagration, qui met à néant le fruit des 
rudes labeurs et des pénibles sacrifices que se sont impo- 
sés les courageux et intrépides défricheurs de ces établis- 
sements encore assez récents. Grâce à cette énergique 
persévérance qui distingue le pionnier canadien, les mal- 
heureuses victimes du désastre avaient surmonté les pre- 
miers obstacles et les principales difficultés, et une cer- 
taine aisance commençait à se faire remarquer au milieu 
de cette laborieuse population. Toutes ces bellçs espéran- 
ce;; se sont aujourd'hui évanouies, et ces infortunés se 
trouvent maintenant dans un état à exciter la plus profon- 
de pitié : il ne leur reste ,>lus rien, pas même la semence 
qu'ils venaient de confier à la terre. Se peut-il concevoir 
une position plus horrible et une perspective plus lamen- 
table ? 

Impossible, en présence d'une si désolante calamité, de 
rester impassible et froid : les plus cordiales comme les 
plus généreuses sympathies doiventsemanifester à l'égard 
de ces frères qui doivent nous être d'autant plus chers 



?:;P 



— 313 — 

qu'ils sont plongés dans la plus amùrc affliction. Il y au- 
rait ])liis que de la cruauté à ne pas voler à leur secours 
et à ne pas leur témoigner, par une aumône aussi abon- 
dante que nous le permettent nos moyens, la part bien 
grande que nous prenons à leur immense malheur. 

Plein de confiance dans l'esprit de charité dont les fidèles 
du diocèse ont donné en tant d'occasions des preuves si 
consolantes, et pour entrer dans les désirs de Mgr l'Ar- 
chevêque de Québec, je crois devoir prescrire une cpiête 
qui sera faite dans toutes les paroisses et missions du dio- 
cèse en faveur des pauvres incendiés du Saguenay. Dési- 
rant que tous, les pauvres comme les riches, participent à la 
bonne œuvre, et recueillent les bénédictions particulières 
qui lui sont attachées, je me persuade que partout, dans 
les petites comme dans les grandes localités, on se fera 
un devoir de répondre généreusement à l'appel qui est 
fait. Pour cela, Monsieur le curé, faisons bien comprendre 
à nos ouailles que rien ne les assure que demain ce ne 
sera pas leur tour d'être visités par un terrible fléau, car 
nul ne sait ce que le ciel lui réserve. 

Quant au mode de cette quête, je suis porté à croire que 
celui qui serait le plus eflîcace à cette saison de l'année 
serait une collecte à domicile. Les pauvres incendiés man- 
quant de tout, et ayant besoin de tout, on pourra prendre 
tout ce qui sera offert, argent, grain, habits de toute sorte, 
linge, articles et ustensiles de ménage, instruments d'agri- 
culture, etc., etc. Des hommes intelligents et dévoués pour- 
raient être nommés dans chaque rang de la paroisse pour 
faire cette collecte, dont le produit devra être transmis im- 
médiatement à sa destination. Dans les lieux oii il ne serait 
pas facile de faire la quête à domicile, on la fera à l'église 
après l'avoir annoncée un dimanche à l'avance. Les mon- 
tants en argent me seront adressés, et les effets, mis dans 
des boîtes ou sacs portant pour adresse : Comité du Fende 
Chicoutimi, seront consignés à MM. Priée, coin des rues 
St-Pierre et St-Paul, à Québec. Tous les effets déposés 



.. '!'f 






' t 




si ' 1 ' ■ '^ 



M^ 







'f- 






.i. 






I' 


t.'' 


1 








* 


P' 




, 1 




».;j.;î 



— .111 — 

au Orand-Tronc seront transportés f^ratis, (■onformément 
à la demande que j'en ai faite à M. Brydges, directeur-gé- 
rant de cette compagnie, qui a accueilli ma supplique avec 
la plus grande bienveillance et qui y a répondu d'une ma- 
nière ou ne peut plus gracieuse. M. le G. V. Millier ayant 
adressé une demande dans le même genre à MM. les di- 
recteurs de la compagnie du Richelieu, en a reçu pareille- 
ment une réponse qui témoigne hautement de leur géné- 
rosité et de leur sympathie pour nos pauvres incendiés. 
MM. les curés pourront donc faire transmettre à. Québec, 
I)ar l'une ou l'autre de ces voies, tous les articles, de quel- 
que nature qu'ils soient, qui seront collectés dans leurs 
paroisses. 

Je vous prie de lire la présente au prône le premier di- 
manche après sa réception, et de vous mettre aussitôt à 
l'œuvre pour organiser cette quête, car le temps presse et 
doit paraître bien long aux pauvres nécessiteux que nous 
nous proposons de soulager. 

Veuillez bien me croire, Monsieur le curé, votre tout 
dévoué et alîectionné seviteur, 

L. Z. MoREAU, V. G., 

A dm in istra teu r . 



'ém 



i- ' 



r 



CIRCULAIRE 



Pnnr annonper la Retraite eccl^slantlque, et le retour de I'Et^i- 
que du Concile du Vutlean 



EvÊCHÉ DE St-Hyacinthe, 19 juillet 1870. 

Monsieur, 

La retraite pastorale se fera comme à l'ordinaire au 
séminaire diocésain. Les exercices s'ouvriront le dimanche 
soir, 28 août, et se termineront le 3 septembre au matin. 
Tous les retraitants voudront bien se munir d'un surplis et 
d'une étole pour la communion générale. J'autorise MM. 



i\' 



— 815 _ 

les cures à umettic lerliant des vêpres le jour de l'ouver- 
ture de la retraite, afin qu'ils puissent su rendre i)lus facile- 
ment pour le commencement des evercices, et à avancer 
d'inie semaine les mariages cpii auraient lieu pendant la 
retraite, accordant pour cela dispense d'un l)an. Pour la 
desserte, il suffit .pril y ait un prêtre pour trois ou (juatre 
paroisses, et dans les arrangements qui seront effectués à 
ce sujet, on voudra bien faire en sorte que ceux qui n'ont 
pu assister à la retraite l'année dernière, puissent y partiel 
per cetic année. 

J'ai le plaisir de vous informer que notre vénérable Evo- 
que sera bientôt au milieu de nous. Une lettre que je reçois 
aujourd'hui même de Sa Clrandeur, m'informe qu'KIle doit 
s'embarquer le 21 courant à Liverpool, et qu'EUe sera a 
Québec dans les premiers jours d'août. Je me ferai un 
devoir de vous faire connaître plus tard", par la voie du 
Courrier de St-Hyacinthe, le jour précis de l'arrivée de Sa 
Grandeur en cette ville, afin qu'il soit permis à tout le cler- 
gé du diocèse de venir lui présenter ses respectueux 
hommages. 

En attendant, faisons-nous un devoir de prier avec fer- 
veur pour l'heureux retour de notre premier Pasteur et 
l^our le complet succès des exercices de la retraite. 

Avec une bien affectueuse estime, votre tout dévoué et 
obéissant serviteur, 

\.. Z. MOREAU, V. G., 

Administrateur. 

CIRCULAIRE 

Hr^ifi.nnt lejourde larrivéeile Mitr:iKv*.,ue*tle.e<'réiiioiile. 
dr »ai'4<r<-pfloii 



St-Hvacinïhe, 2 août 1870. 
Monsieur, 

Je m'empresse de vous informer que j'ai reçu ce matin 
une lettre de Monseigneur, datée le 17 juillet dernier, du 



Il 



■ , 1 



m 



i' ■■'#.. 
.■ 1' ■. 



» ' 1: 



M ■ 



■.y.v 








— 316 — 

I)rcsbyii''re de M. Delacroix, dans laquelle Sa Grandeur 
nie dit (iu'f:ile est hcauc nip mieux et qu'I-llle s'embar- 
quera ;i Liverpool le 28 du nièmj mois. Nous pouvons 
maintenant compter sûrement sur l'arrivcc de Monseigneur 
la semaine prochaine. Toutes choses sont disposées pour 'a 
réception de Sa ( handeur tlans sa ville épiscopale meicredi 
prochain, 10 courant, à 7 heures du soir. Je n'ai i)as besoin 
de vous dire cpie Monseigneur éprouvera un plaisir bien 
grand à rencontrer tout son clergé en cette circonstanvje 
joyeuse et toute de famille. L'heure tardive de la cérémonie 
ne doit pas être un obstacle .à votre venue, car vous trouve- 
rez comme toujours au Séminaire et chez nos bonnes 
Sœurs de l'Hôtel- Dieu l'hospitalité toute cordiale que vous 
avez coutume d'y rencontrer. Je vous prie, en arrivant à 
St-Hyacinthe, de venir à l'I'^êché apposer votre signature 
au bas d'une adresse que j'ai préparée au nom du clergé, 
et que je présenterai à Sa (Irandeur avant son entrée dans 
la cathédrale. 

Je demeure bien affectueusement. Monsieur, votre 
dévoué serviteur, 

L. Z, MoREAU, V. G., 

Administrateur. 



CIRCULAIRE 



A .fin. Ip» (!ur<>NniiHuJ<'* «le» iBoiinve» Pniitlfloniix 



EviîcHÉ ])K St-Hvacintiik, s août ICS70. 

Monsieur, 

Le Comité des Zouaves Pontificaux de Montréal fait 
un nouvel et pressant appel à la jeunesse de notre pays 
pour voler au secours du Saint-Pére qui, par la diminution 
notable de sa petite mais bien fidèle armée, et par le re- 
trait des troupes françaises du domaine pontifical, ne 
trouve grandement exposé à une invasion italienne, non 




fi' 



— 317 - 

seulement dans les Ktats qui lui restuU, mais môme dans 
Kome. Les journaux ont beau nous assurer que le gou- 
vernemenl français a pris vis-à-vis du gouvernement ita- 
lien toutes les précautions pour que celui-ci n'inciuiète 
nullement le Saint-l'ère pendant la guerre anco-prus- 
sienne, nous ne devons pas demeurer iranquules sur le 
sort de notre Père l.ien-aimé. Nous savons ce (|ui en est 
des promesses du malheureux Victor-Kmmanucl : ce ne 
sont que les promesses d'un ennemi déclaré du pouvoir 
spirituel et temporel de la Papauté. 

I/immortel et infaillible Pie IX est de nouveau en butte 
a une bien amére épreuve : hâtons-nous, dans notre amour 
tout f.lKil, de lui envoyer des défenseurs intrépides qui 
éloignent de sr ville et de son trône les hordes impies 
qui vont infailliblement tenter de les assaillir et de l'en 
chasser, pour y faire asseoir, non pas leur chef, mais la 
révolution avec toutes ses horreurs. (J bienheureu;: Père ! 
faut-Il donc que vous buviez le calice juscpi-à la lie, et 
qu'avec la nouvelle auréole de gloire qui vient de vous 
être si justement décernée, vous soyez traîné dans la boue, 
et que les derniers jours de votre immortel pontificat 
soient des jours de douleur et d'amertume ! xNon, le ciel 
ne voudra pas cela, pour la consolation de vos enfants et 
pour la glorification de l'Eglise, a laquelle vous avez pro- 
curé un SI brillant éclat ! 

Je vous prie. Monsieur le curé, de vous mettre immé- 
diatement a l'œuvre pour trouver dans votre paroisse des 
jeunes gens qualifiés, suivant la circulaire du comité que 
vous avez entre les mains, à être Zouaves Pontificau.x, 
c'est-a-dire soldats de la plus noble, la plus belle et la plus 
sainte de toutes les causes. Il n'y a pas de temps à perdre, 
les événements se précipitent rapidement : veuillez faire 
en .sorte que votre contingent soit prêt pour le 15 août 
courant. Vous trouverez, j'en ai la confiance, dans vos 
bons paroissiens les dispositions de générosité et de sym- 



1 P. 



u ;,' 



ni; 



r^ 






(. > ; 



1 i; 



'm. 



m 



: i I 



■"' ; '( 



.1 



{M 



i> "* 



'hl: 



■f/,:';"'^ 



■|i 



— 318 — 

l)atliie propres à vous faire réussir dans l'œuvre sainte à 
laciuclle vous allez vous dévouer. 

Avec nies meilleurs souhaits pour V(jtrc entier succès, 
je demeure, Monsieur, votre tout dévoué serviteur, 

L. Z. MoRKAU, V. G., 

AJininistrateur, 



ADRESSE 

nu CU>r((é <lii fll<M-è«r ik M|tr l'Kv4><|iif d<- Wl-ll,THt'liith<-, A «on 
ri'toiir dn t'onrilr du Vitllran 



Monseigneur, 

Permettez a votre tout dévoué clergé dont je me sens 
fier d'être l'organe en cette belle circonstance, de présen- 
ter à Votre Grandeur ses plus respectueux hommages et 
ses plus sincères félicitations, à l'occasion de son heureux 
retour dans sa ville épiscopale. Dix mois se sont écoulés 
depuis qu'en ce même lieu nous adressions à Votre Gran- 
deur nos souhaits les plus ardents pour la prospérité de 
son pèlerinage à la Ville Éternelle, et jjour l'entier succès 
de la glorieuse et sainte mission qu'Klle allait y ac'comi)lir. 
Nos prières les plus ferventes n'ont cessé de vous accompa- 
gner. Monseigneur, pendant cette longue absence que nous 
avons sentie comme les enfants sentent toujours l'absence 
d'un j)ère. Grâce au ciel, ces filiales supplications ont eu 
leur i)leine efficacité, puisqu'il vous a été donné de prendre 
une part active aux immenses travaux du Concile, sans 
(|ue votre santé en ait souffert aucune atteinte, et que 
nous avons la douce consolation de vous voir revenir sain 
et sauf au milieu de nous, (^ue la divine Providence soit 
bénie de toutes les faveurs dont elle vous a comblé pen- 
dant ce lointain voyage, et de la vive allégresse qu'elle 
procure à l'Egli.se de St-Hyacinthe, en lui redonnant son 
digne et vénéré Pasteur ! 

Après ces premiers épanchements du cœur, que nous 



i <:■ 



e sainte à 



iithf, A ami 



— 31J» — 

éj^rouvions le besoin de vous exj.rin.cr. Monseigneur, .m'il 
Nous so,t permis de dire à Votre Grandeur combien nous 
lui soimncs reconnaissants et combien n„us nous réjouis 
sons de la gloire et des avantages pre. iuix que vous ave/ 
apportes au diocèse par votre présence dans la sainte et 
vénérable assemblée du Vati,:an. Vous ave^ mis votre lart 
de travaux et de lumières dans cette im,;érissable Coustùu- 
twn de la Foi, élaborée, on le sent en la lisant, sous IVeii 
et 1 inspiration de l'Esprit-Saint, promulguée et sanctionnée 
au milieu des acclamations de l'auguste assemblée, nous 
pouvons même dire, de l'univers entier, et aujourd'hui 
répandue dans toutes les parties du monde, pour être le 
pliare lumineux qui doit éclairer toutes les intelligences et 
conduire les hommes dans les véritables sentiers du bon- 
heur. Il est un autre monument à l'édification duquel Votre 
C^randeur a aussi consacré ses prières et ses labeurs Les 
circonstances ne vous ont pas permis, et nous le regrettons 
beaucoup avec Votre Grandeur, de voir le dénouement 
de a lutte imposante et gigantesque engagée entre les 
hdeles soutiens de l'Infaillibilité du Vicaire de Jésus- 
Lhrist, croyance SI chère à tout cœur vraiment catholique 
et les aveugles partisans d'un gallicanisme qui a tait son' 
temps et qui, dans ,on zèle tout puritain, se fait une gloire 
de refuser à Pierre et à ses successeurs la splendide auréole 
de 1 indéfectibilité dans la foi, qui repose néanmoins sur 
une promesse on ne peut plus formelle du divin Fondi- 
teur de l'Eglise. Nous étions à vos eûtes, Monseigneur, 
pendant que vous combattiez pour cette noble et sainte 
cause ; nous unissions notre foi à votre foi en cette croy- 
ance ancienne comme l'JOglise elle-même ; nous joignions 
nos vœux à vos vœux pour le triomphe de cette vérité 
qui permet d tous les enfants de l'Eglise de voguer en 
pleine sécurité et sans nul souci dans la barque du pêcheur 
de Galilée, et avec la ferme assurance que ce vaisseau 
divin, dirigé par une main divine, n'ira jamais se briser 
contre les ecueils de l'erreur et des fausses maximes d'un 
monde corrompu. 






^% 



\< : 



'f. 



):% 



fi 



-^* 



if,i 














'K' >^h 



1 !< 



I I 



— 320 ~ 

Ce trioniplit; si magnifique et tant désiré, vous n'avez 
l)as eu le bonheur de le contempler de vos yeux, mais 
vous l'avez cependant appris. Monseigneur, avant de quit- 
ter le vieux continent : à la grande joie de votre âme et 
au profond contentement de votre cœur, vous êtes en 
arrivant sur ces plages et vers votre troupeau chéri le 
messager de cette nouvelle de salut et de cette sublime 
victoire qui confère à notre Père bien-aimé, l'immortel 
Pie IX, la seule gloire qui lui manquait pour en faire l'un 
des plus grands Papes et de son pontificat le plus admi- 
rable et le plus merveilleux qui fut et sera jamais. Une 
ère pour ainsi dire nouvelle s'ouvre aujourd'hui pour 
l'Eglise: plus de voix discordantes dans son sein, autour 
de cette question qui tient depuis des mois le monde en- 
tier en suspens ; les Pères du Concile ont parlé, le Saint 
Esprit a parlé ; Pierre par la bouche de Pie IX a dit : 
Visum est Spiritui Sancto et nobis coui^regatis, et a sanc- 
tionné; alors nous croyons, nous sommes infiniment heu- 
reux de croire à l'oracle qui vient d'être prononcé, et 
nous crions tous en chœur ; Vive le Pontife- Roi infail- 
lible ! Vive le Pasteur suprême infaillible ! Vive Pie IX 
infaillible ! 

Vous nous revenez, Monseigneur, rempli des grâces et 
des bénédictions précieuses que vous avez puisées en 
abondance dans les sanctuaires bénis de la Ville Eternelle, 
et surtout dans le cœur tout paternel et si aimant de Pie 
IX. Nous avons la douce confiance que vous ferez une 
large part de ces trésors inappréciables à tous ceux qui 
sont vos aides dans la culture de la vigne confiée à votre 
sollicitude. Veuillez croire que nous entretenons en nous 
le désir le plus ardent d'être constamment les soutiens les 
plus fermes de vos travaux et de vos entreprises, pour la 
prospérité toujours croissante de cette jeune Eglise de 
St-Hyacinthe, aux destinées de laquelle nous sommes heu- 
reux d'être étroitement et intimement liés. Qu'il plaise à 
V'^olte Grandeur avoir pour agréable celte manifestation 



! /' 



— 321 — 

bien sincère dos sentiments de son clergé à. son égard, et 
le bénir avec toutes les brebis dont il a la garde sous sa 
paternelle surveillance ' 

St-Hvacinthk, 10 août 1870. 

L. Z. MoRKAU, Ptre, V. Ci. 

Eu. Crevier, p. C, Ste-Marie. 

W. LussiER, Ptre, Vie. Ste-Rosalie. 

P. U. Brunel, Ptre, Curé de St-Liboirc. 

H. M11.LIKR, P. Curé deSorel. 

1'. Pratte, Ptre, Curé de Roxton. 

J. A. Dufresne, Ptre, Vie. de Coaticook. 

H. L. GiRouARi), Ptre, Curé de Sî-Simon. 

G. Marchesseau, Ptre, Curé de Ste-Rosalie. 

F. P. DiGNAN, Ptre, Vie. à N.-I). de St-Hyacinthe. 

P. Larochelle, Ptre, Vie. à la Cathédrale. 

L. C. Blanchard, Ptre, Curé d'Upton. • 

E. Blanchard, Ptre, Vicaire à Ste-Marie de M. 
Ls M. Deschamps, Ptre, Vie. à St-Hugues. 

J. A. Catien, Ptre, Vicaire à Milton et Ste-Pud. 

V. Gatineau, Curé de Ste-Hélène. 

C. PouLiN, Ptre, Curé de St- Dominique. 

F. X. Is. SoLV, Ptre, Curé de la Présentation. 
Chs Boucher, Ptre, Curé de St-Hilaire. 

C. St-Gkorges, Ptre, Curé de StAthanase. 

L. H. Lassalle, Ptre, Helœil. 

L. E. PouLiN, Ptre, Curé de Ste-Angéle. 

A. O'DoNNELL, Ptre, Curé de St-Denis. 

I. Besseti'e, de Ste-Marie. 

P. Dufresne, Ptre. 

J. D. MiCHON, Ptre. 

P. J. Crevier, Ptre. 

E. DuRoci-KR, Ptre. 

J. Durolhek, Ptre, Dire<leur du Petit Séminaire de 
Ste-Marie. 

F. X. Bouvier, Ptre, Vicaire a la Cathédrale. 



ÏM \ 






'";:4 



1. m 



•Zi 



(id 



li '»i 



if m 




tri 



iT~ 






Ë^M, 




— 322 — 

J. Btk Duhochek, Ptre, Curé de Ste-Victoire. 
F. P. Coté, Ptre, Vicaire à St-Georges. 

E. Springer, Curé de St-Joseph d'Ely. 

Az. DesNOYERs, Ptre, Miss. St-Etienne de Boltou. 

F. Z. Mondor, Ptre, Miss, à Magog. 
1. Hardy, Ptre, Curé de St-Mathias. 

B. J. Leci.aire, Ptre, Curé de Stanbridgc. 
A. Lemay, Ptre, Curé de St-Charles. 

J. P. DupuY, Ptre, Curé de N.-D. du Richelieu. 

O. Pelletier, Ptre, Curé de St-Robert. 

M. J. M. Balthazard, Curé de Granby. 

H. Balthazard, Ptre, Vicaire à Grandy et St-F.-X. 

C. E. Fortin, Ptfe. 

P. Eévesque, Ptre, Sém. St-Hyac. 

A. E. Malhiot, Ptre, Sutton. 

F. Hèvey, Ptre, Curé de St-Grégoire. 

J. B. H. MiLETTE, Ptre. 

J. NoisEUX, Ptre, Vicaire de Sorel. 

V. Chartier, Ptre, Vicaire de St-Jude. 

P. L. Paré, Ptre. 

J. B. Ol. Guy, Ptre. 

L. F. Coderre, Ptre, Vicaire, .St- Antoine. 

J. B. Duhamel, Ptre, Curé de St-Paul d'Yamaska. 

J. B. ViiRONNEAU, Ptre, Curé de Farnliam. 

J. C. Germain, Ptre, Curé de Ste-Brigide. 

L. L. DuPRÉ, Ptre, Vie. à la Cathédrale. 

J. E. LÉVE.SQUI'., Ptre, Curé de St-Marc. 

Jos. Beaureuard, Ptre, ancien Curé de la Présentation. 

P. N. Gauthier, Ptre. 

j. Z. Dumontier, Ptre, Curé de St-Aimé. 

J. S. Taupier, Ptre, Curé de Ste-Cécile de Milton. 

L. MTSA.EL Archambault, Ptre, Curé de St-Hugues. 

OcT. MoNET, Ptre, 

Frs Michon, Curé de Sic- Anne. 

J. B. Dupuv, Ptre, Curé de St-Antoine. 

j. A. Provençal, Ptre, Curé de St-Ccsairc. 



i -d- 



;523 — 



M. ]U;aui)ry, p. Vie. 

F. GiGAULT, Ptre, Curé de St-Damien. 

AD Limoges, Ptre, Curé de St-J.-BxE de Rouville. 

l'. X. Jeannottk, Ptre, Vie. Eeiœil, 



REPONSE 

De nonuciicneui- <lo .Snint-H.vni-inliM- 



MoNSiEUK LE Grand Vicaire, 

Le clergé du dioeèse de St-Hyacinthe s'est toujours 
montre si sincèrement dévoué à ses Evoques, que. quoique 
je ne m'y attendisse nullement, la manifestation de bien- 
veillance qu'il vous a donné mission de m'exprimer de sa 
part, est loin de me surprendre : je reconnais à cette dé- 
marche l'esprit véritablement ecclésiastique qui le distin- 
gue, et qui a été l'une de mes plus grandes et de mes plus 
douces consolations, depuis que la volonté de Dieu char- 
geait mes faibles épaules du poids de la charge pastorale 
et de l'administration du diocèse ; et je crois sans hésiter 
à l'assurance que vous me donnez en son nom, que ses 
plus ferventes prières m'ont accompagné pendant tout le 
cours de ma longue absence ,; et qu'il bénit avec amour 
la Providence qui m'a ramené sain et sauf au milieu des 
miens et m'a rendu à ma chère Eglise de .St-Hyacin"ie. 
U est toutefois bien vrai que je n'ai été absent que de 
corps, et que j'ai toujours été présent d'esprit et de cœur 
à mon digne clergé, m'associanl continuellement par la 
pensée aux travaux de son /.éle et de son dévouement à 
tous ses devoirs, priant en même temps le Dieu de toute 
bonté de verser sur ses œuvres ses bénédictions les plus 
abondantes ! L'éloignement ne nous a donc uoint empê- 
chés de demeurer unis, puisque nos âmes .se s.jnt ainsi 
constamment rencontrées par le doux et constant échange 
d'une prière mutuelle nu pied du trône de la divine misé- 



p:' !.;!. H-, 



'iK.'P^ 






f^^BÇ? 



U.f 



< 1 
1 






Us 


i. 

r, ■ ' 


:fr: 


i 


1 



'^'■- îMlli'^' 




'm^(f^ 




— 324 — 

ricorde, pour implorer sa grcâcc et son secours sur nos be- 
soins récii)roques. 

Mais malgré tout ce (juc j'ai pu faire, je reconnais, M. 
le grand vicaire, ipie j'ai contracté envers vous et envers 
tous les prêtres du diocèse, une nouvelle dette à laquelle 
je ne puis avoir à opposer que le redoublement d'affection 
et de reconnaissance dont mon cœur se sent pénétré pour 
un clergé qui s'est toujours mortré et qui se montre par- 
ticulièrement aujourd'hui si bon et si bienveillant envers 
moi. Qu'avec vous il veuille bien agréer le lé^r à-compte 
d'un remerciement aussi vif que sincère, que j'éprouve sa- 
tisfaction à vous offrir en présence de la portion si notable 
des fidèles du diocèse ici réunis et confondus avec nous, 
évidemment heureux de l'échange de sentiments dont nous 
nous faisons en ce moment un mutuel hommage, et édifiés 
des protestations de respectueux attachement et de piété 
filiale, par lesquelles vous saluez mon retour dans le dio- 
cèse ! Puissent-ils être également édifiés de m'entendre 
vous protester qu'en retour je vous garde ■\ tous le dévoue- 
ment le plus affectueux et le plus paternel ! 

Pour garder le môme ordre d'idées que vous, j'ai d'abord 
satisfait au besoin du cœur, pour passer maintenant à ce 
que je puis appeler le second point de votre si gracieuse 
adresse : Le Concile du Vatican et l'es importants travaux 
qui s'y sont accomplis. Hélas ! il faut bien vous l'avouer : 
comme tous les autres Evoques du Canada, je n'ai pris à 
la grande œuvre de ce magnifique Concile et à ses travaux 
qu'une bien faible part : celle d'écouter avec respect et 
attention les intéressantes et savantes discussions qui 
ont préparé et mûri ces travaux et leur ont donné la 
forme si belle et si majestueuse dont ils se sont trouvés 
revêtus au jour où ils étaient livrés à l'admiration et à la 
foi du monde chrétien ! Toutefois cette part, si modeste 
qu'elle soit, était pourtant la seule que nous eût faite l'état 
encore si heureux de l'Eglise de notre cher et bien-aimé 
jjays où, grâce à iJieu, ne règne encore nullement le dé. 



sur nos be- 



— 325 — 

sordre de principes qui inondent aujourd'hui le plus grand 
nombre des sociétés chrétiennes du déluge de maux sous 
lesquels elles gémissent et auxquels le Concile était ap- 
pelé à chercher un remède. Or, je l'ai dit en ma Lettre 
pastorale sur le Concile ; chez nous il n'y a encore à 
guérir que les maux et les miseras ordinaires de la fai- 
blesse humaine, et le Concile ne nous était en consé- 
quence nullement nécessaire ! ! Vos Evoques n'avaient 
donc point à s'immiscer dans des questions et des débats 
qui n'intéressaient directement ni eux-mêmes, ni les 
ouailles confiées à leurs soins. Voilà pourquoi leur rùle 
devait être naturellement celui d'un silence respectueux. 
Mais je crois pouvoir affirmer que ce rôle en apparence 
si humble et si modeste, leur a été, ainsi qu'à vous et au 
peuple véritablement chrétien qui forme l'Eglise de ce 
pays, des plus glorieux et des plus honorables : je ne sau- 
rais en effet vous dire combien de fois j'ai entendu comme 
une manifestation d'envie portée à l'état religieux de notre 
cher et bien-aimé Canada ! Quand je ne rapporterais du 
Concile que cette réflexion si consolante à vous offrir, je 
croirais avoir fait un grand bien à vos cœurs si dévoués à 
tout ce qui concerne la gloire de Dieu et les intérêts de 
l'Eglise dont vons êtes les fidèles ministres. Mais est-ce à 
dire que si les Evêques du Canada n'ont point parlé, ils 
n'ont rien fait au Concile ? Nullement, Messieurs. Les 
Evêques du Canada ont eu, au Concile, le mérite d'une 
tenue qui les a fait respecter par tous les Pères du Con- 
cile : ils ont en toute occasion manifesté une opinion 
éclairée et porté un jugement ferme et sûr dans toutes les 
questions sur lesquelles ils o:A eu à se prononcer ; 'Is ont 
fait preuve d'un attachement inviolable aux régie: ;t à la 
discipline de l'Eglise j ils ont surtout édifié par l^.nir dé- 
vouement au Saint-Siège et à ses prérogatives, et par Fu- 
nanimité et l'énergie avec laquelle ils se sont déclarés en 
faveur du privilège de l'Infaillibilité accordée par Jésus- 
Christ à Pierre et à ses successeurs ; et ils ont été classés 



m' 



!'■■ iU 



'<' Il 



' :■! 







Mm 


1 " ■ 




l 










Si- ,■.:'■ ^M^' 



— 32(î — 

avec honnciirijanni ceux qui ont été les plus empressés à, 
provoquer la définilion qui a mis fin à tout doute sur ce 
point de doctrine qu'il était devenu si important, disons 
môme nécessaire, de fixer à jamais par la décision solen- 
nelle d'un Concile. 

Voilà ce qu'ont fait au Concile les Evoques du Canada ! 
Et je n'hésite point à dire qu'ils ont fait assez pour graver 
dans tous les esprits le sentiment d'une estime et d'un 
respect véritable pour la modeste ICglise dont ils se sont 
ainsi montrés les dignes Pasteurs ! Ce que j'hésite à dire, 
mais qu'il me faut pourtant avouer pour votre consolation 
et votre édification, c'est que je crois que l'Evèque de St- 
Hyacinthe a marché d'un pas ferme et assuré dans les 
mêmes voies que ses vénérables collègues. 

Messieurs, vous me félicitez et vous vous félicitez de ce 
qu'il m'a été donné de prendre part à cette auguste as- 
semblée du Concile, parce que vous espérez qu'il en ré- 
sultera de précieux avantages pour le diocèse I Moi, je 
vous félicite et me félicite de l'esprit de foi et de piété 
qui vous fait concevoir ces espérances. Je vous félicite et 
vous bénis du bonheur et de la joie que vous manifestez 
de ce qu'enfin la prérogative de l'infaillibilité doctrinale, 
cette perle la plus brillante de la couronne du Vicaire de 
Jésus-Christ, fait maintenant partie du domaine de la foi ! 
Le clergé du diocèse, par une faveur toute particulière de 
la Providence, était depuis longtemps préparé à accepter 
avec la soumission la plus entière et l'allégresse la plus 
vive le décret solennel que le Concile du Vatican vient 
de porter sur ce sujet. A Rome, je n'avais point hésité à 
affirmer que vous recevriez cette définition avec amour et 
reconnaissance, parce qu'elle rangeait parmi les articles de 
la foi une doctrine que vos convictions avaient toujours 
envisagée comme appartenant essentiellement à l'organi- 
sation qu'il a plu à N.-.S. J.-C. donner à son Eglise ! Je 
me réjouis grandement de voir aujourd'hui mes affirma- 
tions si hautement et ïi solennellement confirmées par le 



— ;!27 - 

langage rempli de foi et de piété f,ui caractérise votre 
belle adresse ! 

Je me sens tout heureux de pouvoir terminer en vous 
assurant que le désir que vous m'exprimez de devenir 
particiii.mts des bénédictions que j'ai recueillies dans les 
sanctuaires si vénérables de la A'ille Eternelle, et puisées 
dans le cœur paternel de Pie fX, ce l'ontife si bon et si 
amiant, a reçu d'avance une ample satisfaction, juiisciue 
je puis vous dire en toute sincérité, qu'en tous ces sanc- 
tuaires, aussi bien qu'aux pieds du saint et immortel Pie 
IX, mes vœux appelaient sur vous aussi bien que sur moi- 
même toutes les grâces et les faveurs du Ciel I 

Il ne me reste plus qu'à vous remercier et à vous 
bénir de l'engagement que vous voulez bien prendre de 
me continuer votre appui dévoué et constant dans les 
entreprises et les travaux que je puis méditer pour l'a- 
vantage de la jeune et intéressante Eglise de St-Hyacin- 
the confiée aux soins communs de notre zélé et de notre 
dévouement ! 

St-Hvacinthe, 10 août 1870. 

t C., Ev. DE St.-Hvacinthk. 



CIRCULAIRE 



M 



f.f 






ït 












Pour (lttli<<> connaître In iiIluaUou |>«nlble<l<> Pie IX. Minabnn- 
«Ion pur In Frnnee, et preiierire <le> prIèreM publique» 



St-Hvacinthf, 10 octobre 1870. 
Monsieur» 

Il y a bientôt deux mois que je rentrais dans le diocèse 
après mon voyage à la ville éternelle, et à mon retour du 
Concile du Vatican : et un état de santé languissante m'a 
empêché jusqu'ici de présenter au clergé et aux fidèles le 
salut ou bonjour officiel auquel ils avaient droit de s'atten- 
dre. Mon cœur a véritablement souffert de ce silence, que 



 i I 



■'. ml 




ai*r 


1 


M 




)i- f K ' 




^,^V*. 


' i\-\ 




f 



•'Y/i 








— 828 — 

je ne romps cependant encore aujourd'hui que pour faire 
entendre un mot qu'il ne saurait m'être permis de retenir. 

L'importance et la rapidité des événements qui se sont 
succédé depuis le jour à jamais mémorable de la définition 
de l'infaillibilité du chef de l'Eglise, proclamée par le 
Concile du Vatican, le dix-huit juillet dernier, démontrent 
évidemment à l'observateur chrétien que la main de Dieu 
s'est appesantie sur le monde, pour y verser les colores et les 
châtiments de sa justice provoquée par l'iniquité des 
hommes et les blasphèmes de l'impiété. 

Je n'ai ni le temps ni l'intention de m'étendre en debien 
longues réflexions à propos de ces événements, que votre 
sagesse et vos lumières vous mettent en état de mieux 
apprécier que je n'espérerais pouvoir le faire. Je me borne- 
rai pour le moment à accomplir ce que je considère comme 
un impérieux devoir qui m'est imposé parles circonstances. 

Malgré l'incertitude des nouvelles et des informations 
qui nous arrivent par le télégraphe transatlantique, il n'y 
a plus moyen de douter que la première et la plus déplora- 
ble des conséquences qui devaient évidemment résulter du 
retrait des troupes françaises des Etats pontificaux, ne 
soit malheureusement un nouveau fait à ajouter à ceux 
qu'une politique plus qu'étrangère à tout principe chrétien, 
vise depuis quelque temps à faire accepter comme légiti- 
mes à la sagesse de notre monde moderne, sous les nom 
et titre illusoires à^ faits accomplis ! La révolution est enfin 
arrivée au but qu'elle convoitait depuis si longtemps avec 
une fureur qu'elle ne prenait même pas la peine de dégui- 
ser ; sous la protection et avec l'appui d'un souverain dont 
la couronne se trouve plus que compromise par les avan- 
ces et les concessions qu'il lui a faites, elle est parvenue à 
s'installer à Rome, où elle a eu l'audace et la témérité 
sacrilège de substituer son règne à celui du Pontife-Roi. 
L'auguste Pie IX est aujourd'hui son captif! Et nul ne 
pourrait dire quelles tribulations la rage des méchants et 
des ennemis de l'Eglise lui tient encore en réserve ! Il ne 



! t 



329 — 



faudmit nullement s'étonner si leurs indignes et coupables 
ma'nsalhiientquelquejourcouronnersa vénérable vieillesse 
de la gloire du martyre, dans l'idée et l'espoir de noyer et 
éteindre la papauté dans son sang 1 

Mais s'il était facile de présumer ce qui arriverait aussi- 
tôt que l'épée de la France ne serait plus là i)Our arrêter 
le torrent de ces adeptes de la révolution, menaçant Rome 
d'une invasion non moins redoutable que ne furent celles 
des farouches barbares dont l'aveugle fureur se plut autre- 
fois à y entasser les ruines ; il n'eût certainement été donné 
à personne de prévoir l'épouvantable châtiment qui allait 
sitôt ttsi soudainement tomber sur la fille aînée de l'Egli- 
se, qui a commis le crime, égal au parricide, d'abandonner 
ainsi sa mère, sans protection et sans défense, aux fureurs 
et aux coups des cruels ennemis liés et conjurés contre 
elle, et dont les perfides desseins et les noirs complots ne 
lui étaient ni un mystère, ni un secret ! Ah ! qu'il est 
navrant pour nous catholiques et Canadiens-Français le 
spectacle de ce châtiment, qu'il nous est impossible de ne 
pas trouver aussi juste que nous le trouvons horrible ! 
Hélas ! cette belle France que nous devons tant aimer, et 
que nous aimons tant en effet, parce que c'est d'elle que 
nous tenons et le sang qui coule en nos veines et le flam- 
beau de la foi qui nous fait marcher à la lumière de la 
céleste vérité ; il faut bien cependant nous l'avouer, cette 
belle France chère à nos cœurs à tant de titres, outre la 
faute si grande qu'elle vient de commettre en retirant au 
Chef de l'Eglise le bouclier de sa protection, avait déjà 
contracté envers la justice de Dieu, depuis un siècle sur- 
tout, les énormes dettes que vous savez ! ! ! Son dernier 
péché a comblé la mesure : elle gémit en ce moment sous 
le pressoir de la colère divine, et elle est menacée de se 
trouver tout à l'heure bien au-dessous de son rang parmi 
les nations de la terre, si le Ciel, lui tenant compte des 
grandes œuvres de foi et de charité qu'au milieu des iniqui- 
tés quelquefois si révoltantes d'un grand nombre de ses 



il, 'f 






J < 



n\ 



>!;;v: 



sao - 



ri, 




enfants clic ne cessa jamais de pralitiucr pour la gloire et 
l'exaltation de l'Eglise de Jésus-Christ et pour le salut des 
âmes, ne se hâte de lui envoyer le secours dont elle a 
besoin ])our se soustraire à l'étreinte du cercle de fer et de 
feu dont son ennemi est ])arvenu à l'environner de toute 
part. 

Et ce secours. Dieu le refusera-t-il aux ardentes et 
humbles supplications que de '.ous les coins de la France 
des âmes ferventes, des chrétiens aux vertus héroïques 
font monter vers le trône de sa miséricorde ? Je ne puis 
vraiment me le persuader, et je vais jusqu'à oser espérer 
un miracle d'éclatante protection, s'il le faut, pour sauver 
ce beau pays, coupable sans doute, mais qui renferme un 
si grand nombre de justes dans tous les états et toutes les 
conditions de la vie; et qui, nous devons le croire, ne se 
montrera ])oint indocile et rebelle j la dure et rigoureuse 
leçon que lui fait en ce moment la justice divine ! ! 

Cet exposé succinct d'une situation telle que le monde 
chrétien n'en vit peut-être jamais, et que l'on ne peut en- 
visager sans trembler et frémir : l'Eglise universelle plon- 
gée dans un océan de douleur par la violation inpudem- 
ment ouverte des droits si sacrés du Saint-Siège, et par la 
condition de captif et de prisonnier à laquelle elle voit 
réduit son vénérable et auguste Chef; la France, appelée 
le soldat de Dieu, parce que jusqu'ici c'était à son bras et 
à son épée qu'il avait eu recours, chaque fois qu'il daigna 
employer les hommes pour faire triompher les desseins de 
sa providence sur l'Eglise et sur le monde ; la France, 
cette clé de voftte de l'édifice social chrétien, tombée du 
haut de ses gloires et de ses grandeurs dans un abîme de 
désolation et d'humiliation, au fond duquel l'espérance 
semble se refuser à descendre : tel est, Monsieur et cher 
collaborateur, le sujet dont j'ai voulu vous entretenir un 
instant, non pas pour vous le faire connaître (je suis sûr 
que déjà plus d'une fois il a provoqué vos larmes °t vos 
gémissements de prêtre et de Canadien-Français), mais 



iB 



Ul 




— 3;!i 



• I 



pour vou^ dire que les |irôlns ne iloiveiU poiiU se ccm- 
tenter de i)leurer et de gémir solitairement entre le vesti- 
bule et l'autel, sur ces douloureux et lamentables événe- 
ments ; qu'ils doivent encore presser les âmes confiées à 
leurs soins de se joindre à eux i.our aijplicpier à de si 
grands maux le seul remède qui puisse les guérir, celui 
il'une prière fervente et constante, envoyée sans cesse 
vers le trône des infinies miséricordes, jusqu'à ce cpi'enfin 
le Ciel apaisé fasse luire sur le monde des jours meilleurs, 
et console l'Eglise et sa fille aînée, la chère France, en 
leur accordant bientôt le triomphe et la paix 1 

Voici maintenant les prières que vous aurez, à faire 
vous-mèri,_\ et que vous ferez en votre qualité de ministre 
du Seigneur et au nom de l'Eglise, afin d'être plus sûre- 
ment -'xaucé : i" tous les jours à la messe, en gardant 
toutefois les prescriptions de la Rubrique, à la suite de la 
collecte du Saint-Ksprit commandée par le Pape à l'occa- 
sion du Concile, vous ajouterez celle Pro quacumque 
tribulatione ; Ne despicias, omnipotens Deus, Qtc, qui se 
trouve parmi les oraisons acf diversa, etc. 2° Tous les 
jours après la messe, en descendant de l'autel, vous vous 
agenouillerez sur le dernier degré et direz avec votre 
servant, et l'assistance, s'il y en a une, les litanies de 
la sainte Vierge, avec la confiance que sa vertu toute- 
puissante mettra bientôt en déroute les ennemis de 
l'Eglise et ceux de la France ; elle est cette forte tour de 
David qui protège la sainte Sion : elle se doit à la France, 
qui a tant fait pour son culte et sa gloire ' Vous ajouterez 
aux litanies le verset Ora pro nohis, sanda Dei Genitrix, 
etc., avec l'oraison de la sainte \'ierge, Concède nos fatmi- 
los tuas, etc., celles Pro Ecclcsia et Pro Papa, et enfin la 
collecte de la messe votive Tcmpore belli : Deiis, qui con- 
tcris hella, etc. Et vous ferez ces prières après votre 
messe, soit qu'elle ait été messe jjrivée, ou messe chantée \ 
et cela, jusqu'à ordre du contraire. 3° Si vous êtes curé 
ou niissionnaire, vous exposerez dans votre église ou cha- 



,..1 






>'^v 



\'\^ 



ii-«r 



.1" i( 



''ii'^r^i 




— 332 — 

l)cllc le saint Sacrement, par roiiue d'expiation et de sup- 
plication, après la messe de concours, dimanche, le 33 
octobre courant ; et l'exposition durera jusqu'à la fm du 
jour, et sera terminée par le salut du saint Sacren\cnt, auquel 
vous chanterez après l'oraison Dcus qui nobis suh Sacra- 
vicnto, etc., les oraisons ci-dessus prescrites après la réci- 
tation des litanies. Kt s'il y a dans votre paroisse ou mis- 
sion quelque couvent de Sœurs ou Religieuses avec 
cha])elleoi'i l'on ait privilège de garder le saint Sacrement, 
vous vous entendrez avec les Sœurs pour faire en cette 
chapelle pareille et môme exposition, au jour qui convien- 
dra le mieux, depuis le natin après la messe, avec salut à 
la fin du jour, comme il vient d'être dit pour les expo- 
sitions dans les églises de paroisses ou de missions. 

Vos bons et chers fidèles ont prié et prient encore, je le 
sais, avec beaucoup de foi et de piété, à l'occasion et 
pour le succès du Concile, selon que je le leur avais deman- 
dé et prescrit ; je les autorise à suspejidre leurs ])rières 
pour le Concile, en les engageant à prier avec la même 
piété pour l'Eglise et le Pape, aussi l)ien que pour la 
France, dont il sera bon que vous leur fassiez connaître 
la situation, en leur faisan: part du contenu et des pres- 
criptions de la présente Lettre. 

II en sera de vous, Monsieur et cher collaborateur, 
comme des fidèles du diocèse : vous êtes autorisé à sus- 
pendre les priiies que j'avais prescrite^ pour le Concile; 
et jusqu'à nouvel ordre, vous vous bornerez à celles que 
par la présente Lettre je vous enjoins de faire en vue des 
besoins actuels de l'Eglise et de son auguste Chef, et des 
maux qui pèsent si durement sur le beau pays de nos 
ancêtres. 

J'espère qu'il me sera bientôt donné de pouvoir me 
mettre au travail, pour préparer la Lettre pastorale que je 
devais au diocèse, et que j'ai bien vivement désiré pou- 
voir lui adresser à mon retour du Concile. En attendant 
que je puisse remplir ce di \oir, je vous prie d'accepter et 



I '" 



— 333 — 

de communiquer aux tidùlcs confiés à vos soins, la béné- 
diction pleine d'afTection et de dévouement (jue je consi- 
gne i( i, et ([lie je charge mon ;inyu de vous aller porter I 
Kt je vous demande en retour la iKiri (|u'il vous plaira me 
faire dans vos bonnes et ferventes prières ! 

Adieu, mon cher Monsieur 1 Et croyez-moi bien sincè- 
rement, en Jésus, Marie et Josejjh, 

Votre très humble et dévoué serviteur, 

t C, EV. UK .ST-HvALlNTIlt;. 



LETTRE PASTORALE 

Au NiOol du f'oiifllolii Viillraii. il<- In «'oiiNtltiilloii <l»Kniiilli|ue 
Kiir I» l<il «■ntli)>lli|iie, il'iiii l><>tlt t:nl4<rhli>iu«' iiiiit criifl <>l <li> la 
C'oiiKlItutItilKluKniulUlUc itrfiiil^rpKur rKclUvale JéMiiii-l'hrliit 



/-M 



ïfp' 






CHARLES LAROCOT- ^ i yràce de Dieu et la 
faveur du Saint-Siègt _ ostolique, EvCque de Saint- 
Hyacinthe, etc., v\ 

Au Clergé, aux (Mmmunautés religieuses, et aux Fidèles 
de notre diocèse, Salut et bénédiction en Notre-Sei- 
gneur. 

Nos TRES CHKRS FRÈRES, 

En une lettre circulaire au clergé, en date du dix octo- 
bre dernier, écrite à l'occasion de l'envahissement de Rome 
par les troupes italiennes, et des malheurs dont la Fram e 
est en ce moment accablée par suite de la guerre désas- 
treuse dans laquelle elle se trouve engagée contre a 
Prusse, Nous exprimions l'espoir qu'il Nous serai; bientôt 
donné de pouvoir Nous livrer au travail pour préparer la 
Lettre pastorale que Nous aurions si vivement désiré vous 
adresser à notre retour du Concile, et dont un état de 
santé languissante Nous avait empêché jusque-là de Nous 
occuper ! 



'.'I 



l>\ 












% 



; r'» 



rm 



I 'I 



t f 



— 334 — 



m! 4 'W 



'i > 






> I 



t'A 



Et permettez, N. T. C. F., que Nous vous le disions 
bien candidement : aujourd'hui encore Nous ne nous sen- 
tons i)as tout à fait Nous-môme : et il Nous faut nous 
imposer une certaine contrainte pour rompre enfin un 
silence que Nous n'avons si longtemps gardé qu'en répri- 
mant les mouvements de notre cœur, qui éprouvait un 
bien vif besoin de s'épancher dans les vôtres, et de vous 
entretenir du grand événement du Concile, auquel Nous 
avons eu le bonheur d'assister et de prendre part. Cepen- 
dant, malgré que Nous craignions de ne pouvoir traiter 
dignement un aussi grave et important sujet, Nous som- 
mes convaincu qu'il ne Nous est plus possible de différer 
l'accomplissement de ce que Nous considérons comme un 
important devoir : et Nous abandonnant à la grâce de 
Dieu, à l'assistance de l'Esprit-Saint, et à la protection de 
l'Immaculée Vierge Marie, Nous Nous mettons à l'œuvre 
avec l'espoir de donner à vos justes désirs une satisfac- 
tion qui sera sans doute loin d'être complète et entière, 
mais à laquelle Nous avouons sans hésiter que vous avez 
un droit des mieux acquis, à raison de la si religieuse 
attention que vous avez apportée à tous les mouvements 
et à toutes les opérations du Concile, et delà ferveur avec 
laquelle vous avez prié pour son succès. 

Mais souffrez, N. T. C. F., qu'avant de vous parler du 
Concile, Nous vous disions de Nous-même un mot que 
Nous ne saurions taire, parce que la loi qui impose le de- 
voir de la reconnaisance, a été gravée au fond de nos cœurs 
par la main de Dieu même ! Or, N.T.C.F., que de remer- 
ciements et d'actions de grâces Nous vous devons pour la 
piété filiale avec laquelle vous vous êtes souvenus de Nous 
en toutes vos prières pendant notre absence ! Lorsqu'en 
notre Lettre du 30 juillet 1869, après vous avoir parlé 
du Concile auquel Nous Nous préparions à Nous rendre. 
Nous vous adressions nos adieux et nos recommenda- 
tions, c'était la prière des enfants que Nous avions spé- 
cialement imuloréc, pour obtenir de la bonté de Dieu les 



grâces et les bénédictions dont Nous sentions si vivement 
le besoin, en vue du long voyage que Nous allions entre- 
prendre, et du devoir si grand et si important qui Nous 
appelait en la Ville Eternelle 1 Mais si Nous avons eu à 
Nous réjouir en apprenant avec quelle fidélité cette por- 
tion chérie du troupeau de Notre-Scigneur Jésus-Christ 
s'était conformée à notre désir, et avait chaiiue jour lait 
monter pour Nous vers le ciel des supplications qui ne 
manquent jamais d'être exaucées à cause de la i. ireté et 
de la candeur angéliques qui les accompagnent, et qui en 
sont comme l'essence et le parfum. Nous n'avons pas goû- 
té un moindre bonheur à savoir que parce que leurs chers 
enfants priaient pour Nous, les parents ne se sont ])as 
crus pour cela dispensés de se souvenir de Nous devant 
Dieu, et d'invoquer sur Nous avec ferveur les dons de sa 
bonté et les bienfaits de sa providence paternelle. Et 
c'est à peine si Nous devons ajouter que dans ce concert 
de prières qui se sont sans cesse élevées cà notre inten- 
tion vers le trône des divines miséricordes, les voix du 
clergé et des communautés religieuses n'ont pas été les 
moins empressées à se faire entendre : de leur part c'était 
une attention et une pratique qui sont ordinaires à un dé- 
vouement que N.us ne saurions assez reconnaître. Hélas! 
Nous le sentons, c'est uniquement à votre esprit de foi, 
ù la bonté de vos cœurs et de vos âmes que Nous devons 
ce magnifique tribut d'une prière aussi f-"-vente que cons- 
tante ; car Nous ne voyons pas ce que jusqu'ici Nous 
avons fait pour le mériter, si ce n'est que Nous pouvons en 
toute sincérité vous dire, comme l'Apùtre aux Philippiens, 
que de notre côté, Nous i)rions toujours pour vous tous 
avec joie en toutes nos prières : Semper in ctmctis oratio- 
nibiis mcis pro omnibus vobis cum gaudio tleprecationem fa- 
ciens, et que Dieu Nous est témoin combien Nous vous 
aimons tous dans les entrailles de Jésus-Christ : Testis 
enini milnest Deiis qnomodo cupiam vos o m nés in 7'isirribus 
Jcsu Cliristi ( l'hil,, o, i, v. 4. 5). 



î.'tfw 



:■ ,,1 



\- F- 



.r 



1 



[ V ^ 






i 









(t^. 






''M\ 


: ^H 




1 


' 3 ' 
... f 


il 




^^H 

.^^H 
^^1 


4;>. V 






1 




— 336 — 

Merci donc,' N. T. C. F., merci de tant de bienveillance 
et de bonne volonté, inspirées par le sentiment d'une pié- 
té vraiment filiale, et d'une foi éclairée, qui vous font 
comprendre qu? l'Evêque est ci la fois pour toutes les bre- 
bis de son trouieau un pasteur et un père rempli de solli- 
citude et de tendresse 1 Et si au bonheur et à la joie que 
Nous avons goûtés en assistant au Concile, sont venues se 
mêler quelques légères épreuves du côté de la santé, qui 
n'a pas toujours été très prospère pendant notre absence. 
Nous sommes plus que certain qu'il n'en a nullement dé- 
pendu de vos vœux et de vos désirs, comme Nous de- 
meurons bien convaincu que Nous vous devons le calme 
et la résignation qui Nous ont fait accepter l'épreuve, sans 
que iJous ayons ouvert la bouche pour Nous plaindre, 
pas même lorsqu'après avoir assidûment assisté aux inté- 
ressantes et profondes discussions qui depuis près de qua- 
tre mois avaient répandu journellement une lumière de 
plus en plus vive sur la grande question de l'Infaillibilité 
pontificale, Nous Nous voyions contraint par une assez 
pi ave indisposition de quitter Rome au moment où la 
doctrine qui fut, grâce à Pieu, celle de toute notre vie, 
allait être mise au rang des articles de la foi par une défi- 
nition solennelle du Concile. 

N'avoir pu donner notre vote et prononcer notre pla- 
cet en cette circonstance à jamais mémorable, a été pour 
Nous un véritable sacrifice, auquel Nous eûmes même la 
volonté de Nous soustraire, tant il Nous paraissait pé- 
nible ! Dans cette intention, bien que déjà Nous fussions à 
Nous reposer en France, Nous reprîmes, malgré un état de 
faiblesse évidente à tous ceux qui Nous apercevaient, le 
chemin de Rome, pour Nous donner la satisfiiction d'être 
présent à la session en laquelle la voix des Pères du Con- 
cile allait solennellement proclamer la croyance de l'Eglise 
universelle en cette vérité fondamentale du Catholicisme. 
Le Pape, Vicaire de Jésus- Christ, successeur de saint 
/'terre, est //i/aiUiù/e / Nq\xs apprîmes en route qu'il Nous 



h^-:'P 



— 387 — 

serait impossible d'arriver à temps pour jouir de ce bon- 
heur ! Il Nous restait, pour Nous consoler, la satisfaction de 
savoir qu'il était connu de tout le Concile que nul d'entre 
les Evoques du Canada n'avait hésité à affirmer en toute 
rencontre son entière adhésion à la doctrine de l'Infailli- 
bilité personnelle du Chef de l'Eglise. Et il Nous restait 
encore la satisfaction beaucoup plus grande de savoir 
qu'en Nous bénissant pour la dernière fois, l'auguste Pie 
IX n'ignorait pas qu'il bénissait en Nous un Evêque rem- 
pli d'un dévouement sans bornes à sa personne et à ses 
prérogatives, puisqu'en ce moment il avait poussé la bon- 
té jusqu'ci N' s dire avec une expression propre à lui 
seul, e» , . -ant sur Nous un regard dans lequel se pei- 
gnait : un mélange de bienveillante considération 
la tena.esse et l'affection de son grand cœur : Addio,caro 
Monsignor ! Jo voi conosco ! Addio ! Addio ! Adieu, cher 
Monseigneur ! Je vous connais ! Adieu ! Adieu ! 

Inutile de vous dire, N. T. C. F., que des larmes inon- 
daient à ce moment notre cœur et nos yeux ! Et comme, 
entre le père et les enfants, tous les biens sont communs, 
acceptez votre part du bonheur que leur doux souvenir 
Nous fera goûter toute notre vie ! C'est d'ailleurs un droit 
qui vous est plus qu'acquis; car en Nous bénissant Pic 
IX vous bénissait aussi vous-mêmes : Nous l'en avions 
humblement supplié. Et en vous l)énissant, il sp.vait qui 
il bénissait ; Nous venions de lui rappeler ce que déjà 
Nous avions eu tant de bonheur ;l pouvoir lui assurer, 
qu'il a en vous des enfants affectueux, dociles, dévoués et 
respectueux ! N'y a-t-il pas là, N. T. C. F., pour vous aussi 
bien que pour Nous, une consolation suprême que Dieu 
Nous a ménagée comme compensation pour les justes et 
communs regrets que nous avons éiirouvés de voir l'Eglise 
de St-Hyacinthe sans représentant au Concile, au mo- 
ment où l'auguste assemblée apposait par son vote le 
sceau au Décret de P Infaillibilité, (lui sera sans contredit 
le fait principal et dominant du Concile du Vatican!... 
T. iii 22 



1 



I -V.l 



m.. 

r# 

•'■ ■.■•■ 



m 



I 



'■ '■ i' 






M 







», 



N 






i; 




1 

If 


ii 






^ 


2-. 

.-,^ 






— 338 — 

Mais que Dieu soit loué, puisqu'il l'a ainsi voulu ! Et 
espérons qu'il a agréé nos bons désirs et notre bonne 
volonté ! 

Pour notre part, content, heureux de Nous revoir au 
milieu de vous ; encore tout ému des démonstrations 
pleines de foi et de religieux enthousiasme qui saluaient 
r. ,,tre retour du Concile ; après vous avoir encore une 
fois remerciés avec toute l'effusion de notre cœur, de 
toutes les preuves qu'en cette occasion vous Nous avez 
fournies d'un respectueux et filial attachement ; après 
vous avoir affectueusement bénis des dispositions si chré- 
tiennes et sincèremcht catholiques avec lesquelles vous 
vous êtes acquittés des devoirs de circonstance que vous 
imposait la célébration du Concile, Nous éprouvons un 
véritable bonheur à pouvoir vous dire que plus que jamais 
Nous Nous sentons disposé à tout sacrifci et à Nous im- 
moler Nous-même tout entier à vos intérêts spirituels et 
au salut de vos âmes : Libentissimc impendam et super- 
impendar ipse pro aniinabns vestris, bien déterminé, 
pouvons-Nous ajouter, comme l'Apôtre à ses chers Corin- 
thiens, à vous aimer toujours davantage, quand même il 
pourrait Nous être permis de craindre que vous ne Nous 
rendiez point l'amour que Nous vous portons ; Licet plus 
vos diligens, minus diligar (2 CoR. XII, 15). 

Passons maintenant, N. T. CF., au sujet dont Nous 
avons à vous entretenir en cette Lettre, le Coucile : non 
plus pour vous dire ce que c'est qu'un Concile (Nous es- 
pérons avoir satisfait à notre devoir sur ce point 
par l'instruction pastorale que Nous vous adressions 
avant de Nous diriger vers le tombeau des saints Apôtres, 
auprès duquel la voix du Chef de l'Eglise avait donné aux 
Evêques du monde entier le grand et solennel rendez-vous 
(pie vous savez ); mais pour vous dire ce qu'a été dans sa 
tenue le Concile du Vatican, quels ont été jusqu'ici les 
principaux travaux de ce Concile, et où en est aujour- 
d'hui ce Concile. 



-S» 



1 



— 339 



11 



Ce qu'a été dans sa tenue le Concile du Vatican, pour 
vous le dire, N. T. CF., il faudrait une plume plus exer- 
cée que ia nôtre, il faudrait une élévation de pensées et de 
langage à laquelle il ne Nous est pas même permis das- 
pirer : car sous quelque rapport qu'on le considère, le 
Concile du Vatican a constitué l'assemblée la plus grande, 
la plus belle et la plus magnifique qu'il ait peut-être 
jamais été donné ù la terre de contempler. 

Voyons-le s'ouvrir soub les voûtes hardies et élancées 
de l'immense Basili(|ue, qui déjà lui a donné son nom, la 
Basilique Vaticanc, le plus vaste, le plus riche, le plus ma- 
jestueux et grandiose édifice que la main de l'homme soit 
jusqu'ici parvenue à élever ; dont le génie des Bramante 
et Michel-Ange a pu seul concevoir les formes et embras- 
ser les proportions ; et que seul le courage de la foi a pu 
oser entreprendre, sans s'effrayer des centaines d'années, 
ni des centaines de millions (ju'il faudrait dépenser à le 
construire. Ah ! comme elles pâlissent les merveilles d'ar- 
chitecture dont s'est glorifié le monde païen, devant cette 
incomparable merveille de l'architecture clirétienne, 
qui porte reposant sur son toit, avec autant d'aisance 
que de grâce, l'un des plus imposants chefs-d'œuvre 
d'architecture qui ornaient la Rome des Césars, et sur 
les restes duquel Rome chrétienne arrête encore ses 
regards avec complaisance et admiration ! Qu'ont été 
en effet tous les produits de l'art païer, eu comparai- 
son de notre grande merveille chrétienne, dont l'extérieur 
par ses gigantesques proportions, par les détails et l'har- 
monie de son ensemble, défie la capacité de tout œil hu- 
main ; et dont l'intérieur consiste en une foule d'autres 
merveilles, moins grandes à la vérité, quand pour les ob- 
server et les étudier on les détache l'une de l'autre; mais 
dont tous les talents et tout le génie des plus gran Js artistes 



?::,» 



m 



iÇ.» 



■i ■/' ■ 


1 


•, -s' 


il 


'^■■\^, 




;.a>' ■ 


nll'^^^l 



w * i 





l. ■«' : "i 

r V - '•■(' ; 

i' '-.iV., i ' 

i "fi 




— 340 — 

n'ont pu produire et exécuter l'ensemble et les détails, 
qu'en épuisant toutes les ressources et toutes les richesses 
de l'architecture, de la sculpture, de l'art de couler et tra- 
vailler le bronze, de la dorure, de la mosaïque et de la 
peinture ? Et ce ([ui met à cette œuvre le comble de la 
perfection, c'est ([u'elle n'a rien à craindre de la fureur de 
l'incendie, et que le temps seul ])ourra jamais l'entamer! 
C'est dans ce grandiose et presque divin monument 
que va s'ouvrir et se tenir le Concile, aux rayons de la 
belle et douce lumière qui semble descendre du ciel, en 
tombant des fenêtres vraiment aériennes de l'immense 
coupole aux formes si élégantes et si dégagées qui le do- 
mine, et dont le sommet s'élance dans les airs à une hau- 
teur de prés de cinq cents pieds au-dessus du sol ! Mais 
le Concile ne saurait occuper pour ses sessions et ses con- 
grégations qu'une bien petite partie de la vaste Basilique. 
Ce sera la partie appelée le bras droit de la croix immense 
figurée par l'intersection des deux grandes nefs, ayant 
l'une (la principale) 575 pieds, et l'autre (la transversale) 
417 pieds de longueur, toutes deux larges de 82 pieds, et 
hautes de 142 ; cette minime partie de la Basilique for- 
mant une chapelle qui pour nos idées serait une belle 
grande égHse, longue d'environ 150 pieds, de même lar- 
geur et de même hauteur que les deux grandes nefs ; t ">•- 
minée par une absidi' des plus régulières et des plus gtd- 
cieuses, et offrant un local le plus magnifique et de la con- 
venance la plus parfaite pour la fin à laquelle elle va être 
passagèrement affectée sous le titre de salle Conciliaire ; 
isolée du reste de la Basilique par un léger mur d'occasion 
assez élevé pour que cette chapelle, devenue la salle con- 
ciliaire, semble constituer un édifice complètement à part. 
Dans ce mur d'occasion l'on a pratiqué une porte colos- 
sale, dont les proportions s'harmonisent parfaitement avec 
le milieu où elle se trouve placée, et dont les deux vastes 
et larges battants, lorsqu'ils sont ouverts, permettent au 
regard, qui y plonge de la Basilique, d'embrasser tout l'en- 



'1 



— 341 — 

semble et tous les détails à effet grandiose de cette salle 
ainsi improvisée, dans laquelle s'étale le déploiement 
d'une magnificence vraiment royale, mais qui ne détruit 
nullement le caractère de noble simplicité que l'on devait 
naturellement désirer y rencontrer. Au-dessus de cette 
porte, du côté qui regarde la basilique, une belle fresque 
représente le Christ étendant les bras, qui semble laisser 
échapper de sa divine bouche ces paroles de l'Evangile, 
écrites en latin et en très gros caractères dans la partie 
inférieure de la fresque : " Enseignez toutes les nations ! 
Voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la con- 
sommation des temps ! " 

Vis-à-vis la porte, au fond de la salle, sur une plate- 
forme élevée qui couvre toute l'étendue de l'abside, et 
sur laquelle on arrive en mor.tant les douze degrés d'une 
rampe douce et facile, recouverte ainsi que les parquets 
d'un riche tapis vert foncé, on aperçoit le trône pontifi- 
cal, en soie blanche, placé sur une estrade à deux degrés, 
couronné d'un dais pourpre, avec franges en or et lames 
en argent. De chaque côté du trône, tout autour de l'ab- 
side sont les bancs des Cardinaux ; puis à droite et à gau- 
che, sur la longueur de la salle, sont disposées sept ran- 
gées d'autres bancs, destinés aux Kvêques, garnis ainsi 
que ceux des Cardinaux d'une draperie verte comme les 
tapis, et qui forment sur chacun des côtés de la salle un 
gracieux amphithéâtre dont le dernier gradin se trouve 
sur le même niveau que la plate-forme établie dans l'ab- 
side. Des couloirs divisent chacun de ces amphithéâtres 
en quatre sections. Un espace libre, large d'environ 
quinze pieds, sur toute la longueur de la salle, en com- 
plète la disposition. Dans cet espace, assez rapproché de 
la porte à laquelle il tourne le dos pour regarder le trône 
papal, se trouve un autel d'un style simple, mais parfaite- 
ment pur et correct. 

Dans la partie supérieure de l'abside, directement au 
dessus du trône, un grand tableau représente la descente 



|i I 



.'1:1 
«II. . I 



'■M m 



t 

'.1 


t 


t • J 






^i^\ Li 


■M 

m 


I 




1 


•■'1 


1 


> . 

i, ■ i' , 


!• 


" 1 


i' 


't , 


; 







m 


■i. ■ 


i ^H 


î- 1'' ^ 


■j' i 

U 


H 





— 342 — 

du Saint-Esprit sur les Apôtres au jour de la Pentecôte. 
A droite et à gauche de ce tableau, sont disposés de 
beaux médaillons, portraits des Papes qui ont convoqué 
des Conciles. Puis se faisai.. face l'un à l'autre, viennent 
quatre autres grands tableaux, où sont représentés les 
Conciles de Jérusalem et de Nicée, de Trente et du Va- 
tican. Sur des panneaux, heureusement adaptés dans les 
encadrements des niches encore vides, pratiquées direc- 
tement au-dessus de celles où sont installées les statues 
colossales, en beau marbre blanc, de S. Jérôme Emilien 
et de S. Joseph Calasance, de S. Cajétan et de S. Bruno, 
l'on a peint les quatre grands Docteurs des Eglises grec- 
que et latine. 

Sur chaque côté, on aperçoit élégamment disposée une 
magnifique tribune où l'on arrive par des escaliers déro- 
bés ; celle de droite destinée aux ecclésiastiques et aux 
laïques de distinction qui auront obtenu la permission 
d'assister aux sessions du Concile ; et celle de gauche ap- 
pelée la tribune des souverains, qui pourront l'occuper en 
personne, ou par leurs représentants. Joignez à toutes ces 
magnificences les décorations si belles et si riches, propres 
et spéciales à cette chapelle ainsi transformée pour la 
grande occasion du Concile ; couronnez le tout d'une 
voûte solennelle et grandiose, enrichie de beaux caissons 
à compartiments et fonds variés, et formant au dessus de 
tout ce grand et magnifique ensemble comme un beau ciel 
qui semble prendre plaisir à l'éclairer de sa lumière : et 
Nous n'oserions encore Nous assurer, N. T. C. F., que vous 
êtes parvenus à vous faire une idée bien exacte de l'en- 
ceinte en laquelle doit siéger le Concile du Vatican ! ! 
Nous Nous bornerons néanmoins à ce rapide aperçu de ce 
que ■ in pourrait appeler la beauté matérielle de ce 
Concile, pour l'envisager maintenant sous le rapport de 
sa beauté morale. 



— 343 — 



ni 



Et cette beauté morale dont Nous voulons vous entre- 
tenir, en quoi la faisons-nous consister, N. T. C. F. ? Déjà 
votre pensée a devancé notre réponse, un s'arrêtantsurje 
spectacle, d'effet si saisissant, qu'a dû présenter la réunion 
de ces 765 Pères du Concile, qui tous ont pris place sur 
les sièges qui leur sont destinés : cardinaux, patriarches, 
archevêques,évôques et généraux d'ordres religieux, ve- 
nus des extrémités et de toutes les parties de l'Europe, 
de l'Asie, de l'Afrique, et aussi de l'Amérique, qui pour la 
première fois a l'honneur de fournir des Pères à un Con- 
cile œcuménique ! Elle ne venait que d'avoir été décou- 
verte quand fut convoqué le dernier! Vous l'admiriez 
tout à l'heure cette salle conciliaire, dans ses proportions, 
ses formes et ses décorations si belles et si' majestueuses ! 
Mais voyez maintenant l'aspect nouveau, plein de vie, de 
dignité et de grandeur, que lui donne la présence des 
Pères du Concile! En vérité, y eut-il jamais réunion 
d'hommes comparable à celle-là? Les costumes à eux 
seuls lui imprimeraient déjà un cachet de beauté et de 
grandeur spéciale, que l'on ne retrouverait assurément 
dans aucune assemblée d'un autre genre. Regardez tous 
ces Evêques de l'Occident, majestueusement drapés dans 
leurs belles chapes blanches, unies et simples, mais dont 
l'expression de dignité vraiment royale est si noblement 
rehaussée par la mitre qui les couronne. Tous en outre 
portent ces emblèmes ordinaires de leur dignité dont ils 
ne se dépouillent jamais, vu leur symbolisme : la croix 
d'or sur la poitrine, et au doigt l'anneau enrichi de quel- 
que pierre précieuse. Et placés au milieu d'eux selon leur 
âge ou leur dignité, voyez les Evêques de l'Orient, que dis- 
tinguent des costumes aussi divers que les pays d'où ils sont 
venus, avec leurs simarres en soie brochée d'or et d'argent 
aux couleurs et aux dessins variés, sur lesquelles tranche 



.1!.. 

I»" 



M 






II 

f 









^ 



^J ;i 



fi. ."^ ' 



. m. ! ! 



— 344 — 

assez souvent une élégante écharpe, portée en ceinture ou 
en sautoir, ou pendani <]<■ l'épaule. Ils sont couronnés, 
selon des usages traditionnels, l'un d'un turban, l'autre 
d'une tiare, toujours également riches, et dont le sommet 
porte quelquefois une belle croix en or enrichie de bril- 
lants et de pierreries. Puis remarquez ces généraux d'or- 
dres religieux, qui produisent dans la scène un si heureux 
contraste ])ar les grands manteaux quelquefois blancs, le 
plus souvent noirs, dont ils sont enveloppés, et par les 
modestes capuces ou calottes qui les couvrent ! Quel spec- 
tacle présente maintenant l'amphithéâtre de la salle con- 
ciliaire, dont tous les degrés offrent au regard une suite 
de têtes des plus belles et des plus expressives ! les unes 
comparativement encore jeunes ; les autres donnant 
comme l'idée du milieu de la vie ; plusieurs portant les 
premières traces de la vieillesse ; et le plus grand nombre 
blanchies par les années, peut-être plus encore par le tra- 
vail et les soucis de leur position; toutes empreintes du 
vif reflet d'une intelligence supérieure, et du signe évident 
d'une prudence et d'une sagesse qui ne sont point ordi- 
naires parmi les hommes. Quel calme, quelle sérénité, 
quelle absence du mouvement des passions sur toutes ces 
belles et nobles figures, d'où est disparue jusqu'à la der- 
nière trace delà vie des sens, pour faire place à une douce 
et attrayante expression de la vie du cœur et de l'âme ! 

Portons maintenant notre regard vers le fond de la 
salle, et arrêtons-le sur les membres du Sacré Collège, ces 
vénérables Cardinaux de la sainte Eglise romaine I Quelle 
alliance de grandeur et de noble simplicité dans ces émi- 
nentissimes princes de l'Eglise! Quelle expression de 
dignité sans ostentation dans leurs personnes et leurs ma- 
nières ! Revêtus de leurs robes et de leurs longs manteaux 
de pourpre, quel brillant et splendide cercle ils forment au- 
tour de l'abside et du trône pontifical ! Et sur les degrés 
comme autour de ce trône, voyez le pompeux cortège de 
ministres et d'officiers de tout rang et de toute fonction 



— 345 - 

qui sans le soupçonner, laissent si évidemment apercevoir 
quel honneur et bonheur il y a pour eux ix servir le Vicaire 
de Jesus-Christ I Ils sont nombreux mais tous également 
remplis de ces religieux et nobles sentiments, depuis les 
habiles et gracieux maîtres de rérémonies, sans cesse en 
mouvement autour du trône, afin que rien ne man(,ue à 
1 ordre et à la perfection du service, jusqu'aux deux véné- 
rables Cardinaux assistants, qui debout, l'un à la droite et 
1 autre a la gauche du trône, sont là dans une religieuse a ti- 
tude, toujours prêts à faire honneur de leur haute dignitS 
de leur personne et de leur ministère à l'auguste personna- 
ge qui remplit ce trône, et dans lequel ils vénèrent, comm> 
Nous venons de le dire, le Vicaire de Jésus-Christ, le 
i'ontife-Roi, que l'on pourrait aussi proprement appeler le 
roi des Pontifes ! Et celui qui le remplit en ce moment ce 
trône du Vicaire de Jésus-Christ, c'est Pie IX, cet homme 
aux SI nobles formes, dont la tête est d'une majes- 
té royale, et la figure empreinte d'une grâce, d'une 
bonté et d'une beauté parfaites ! C'est Pie IX, ce Pape 
aux aspirations d'une céleste grandeur, au génie divine- 
ment inspiré, dont l'âme est si élevée et le cœur si rempli 
d'un apostolique dévouement ci la sainte cause de l'Eglise 
de Notr£NSeigneur Jésus-Christ 1 C'est, N. T C F ce 
saint Pontife et ce grand Pape, de mémoire assurément 
impérissable, qui forme le couronnement des beautés et 
des grandeurs de tout genre qui distinguent, et rendent 
mcomparable la magnifique assemblée du Concile du 
Vatican ! 

Et comme témoins de l'ouverture de cette grande 
assemblée, venus de toutes les parties du monde, l'im- 
mense Basilique renferme en ce moment une foule com- 
pacte et recueillie d'environ 40 mille personnes, qui veu- 
lent tour à tour se succéder vis-à-vis la vaste porte de la 
salle conciliaire, et là s'arrêter au moins un instant pour 
contempler et admirer le beau et sublime spectacle pré- 
paré et donné par la foi, qui y frappe et étonne le 



It, 



-i t 






I It 



! . ; * 



r:''!,;: 






:Ï'i 







*='►' 



•<•) 
•*>', 



î 



- 346 — 

regard, et qui restera peutôtre sans pareil dans tout le 
cours des âges... C'était véritablement quelque chose 
comme la grande scène que l'apôtre saint Jean vit se 
dérouler dans le ciel, et qu'il a décrite au septième cha- 
pitre de son Apocalypse ! ! L'Agneau y était sur son trône, 
dans la personne de celui qui le représente ur la terre ; 
les vieillards y étaient représentés par les Pères du Cou 
cile ; la grande troupe que personne ne pouvait compter, 
de toutes les nations et de toutes les tribus, de tous les 
peuples et de toutes les langues, yétait aussi, personnifiée 
par cette foule si grande de chrétiens qui sont passés 
devant le trône pontifical, et qui, n'ayant pas la liberté 
de le faire entendre, refoulaient dans le fond de leur cœur 
et de leur âme, où ils avaient peine à le contenir, le cri de 
la multitude céleste : " Gloire à Dieu ! salut à l'Agneau 1 
parce que l'Agneau qui occupe le trône, sera notre pas- 
teur, et qu'il nous conduira aux fontaines des eaux vives" 
qui jaillissent de la vérité révélée ! 

Vous aussi, N. T. C. F., vous étiez là, Nous le savons, 
non point de corps, mais de volonté et de désir, joignant 
vos prières et vos supplications à celles de votre Evoque, 
et vous tenant étroitement unis à lui par les pieuses et 
saintes aspirations de votre foi ! Et Nous, N. T. C. F., 
Nous rappelant que si Nous étions partie en cette grande 
scène, c'était en qualité de votre pasteur et de votre repré- 
sentant, Ngus n'avions pas à faire un grand effort pour 
vous rendre tous présents au souvenir de notre cœur, 
d'où Nous sentions s'échapper des larmes qui remontaient 
à nos yeux pour venir inonder notre visage ! ! Mais ces 
larmes n'avaient rien d'amer. Nous pouvons vous l'as- 
surer, N. T. C. F ! 

Nous vous dirons maintenant ce qu'a été le Concile du 
Vatican considéré dans les hommes qui l'ont composé, et 
dans les délibérations et les discussions qui y ont eu lieu. 
Et c'est ce que Nous allons tâcher de faire aussi briève- 
ment que possible. 



— W — 



IV 



Apre, ce que Nous vous c'...u.n.s il . a un instant d. 
n agn.hque aspect que prése. tai, ,u les' /fres du Ccncile 
du Vatican reun.s pour son u.vu.urc, .1 .eniblerait pres- 
que superflu de nen ajouter po., relev.v i'idée que Nous 
avons eu l'.ntent.on de vous en f.; .- concevoir. N T. C F 
Mais Nous croirions ne leur avoir rendu qu'une bien' 
atble jusfce, s. Nous Nous bornions à vous avoir parlé 
de leur apparence et de leur expression. Sans doute que 
pour un groupe d'homnies aussi bien que pour un indi 
v.dtj avo.r un extérieur distingué par une expression 
d .n elhgence et par les avantages de la personne, est bien 
quelque chose qui a son prix et sa valeur. Mais là ne se 
trouve point la réalité du mérite, co.n,ne personne ne 
1 Ignore. Ce .sont les dons de 1-intelligence et les qualités 
du cœur qu, donnent au.x hommes un véritable prix et les 
rendent vraiment dignes d'estime. Et Nous n'hésuons 
potnt a 1 aftrmer, N. T. C. F., l'assemblée des Pères du 
Concle du Vafcan a présenté une réunion d'hommes si 
emmemment qualifiés sous ce rapport, qu'il serait, Nou, 
le croyons, permis de défier l'histoire de pouvoir r; w 
trouver dans ses annales qui lui ait été supérieur, et Nous 
oserions môme dire, qui lui ait été , umparable 

Pour être convaincu de l'exactitude de cette assertion, 
suffirait de se rappeler que les Pères du Concile du 

ca't T' "n°",' '°"-' ''' ''""^"^^ ^-^^"^'^ du monde 
catholique. Or il est généralement admis, N. T C F que 

sd est vrai que l'Eglise a aujourd'hui à traverser" des 

temps bien difficiles et bien orageux, il est aussi vrai que 

jamais peut-être elle n'eut la consolation d'avoir un Fpis- 

copat plus à la hauteur de sa position et de sa mission 

que celui de notre époque. Vertus épiscopales, prudence, 

sagesse, étude approfondie de l'état de société connais^ 

sanre sQre des hommes et des choses, science profonde 



&:.' 



, I 






'Il 



m,r. Kl f " i 



— 348 — 

de l'Ecriture sainte, des Pérès de l'Eglise, de l'histoire, de 
la philosophie, de la théologie, du droit canon, de la 
liturgie, en un mot, de tout ce qui peut être matière 
d études sérieuses et utiles j tel est l'apanage de mérites 
d'ordre intellectuel et moral avec leciuel les Eveques ou 
les Pères entrent au Concile du Vatican, pour s'y livrer à 
l'examen des sujets et des questions qu'il plaira à la 
sagesse du Chef de l'Eglise de soumettre à leur jugement 
et à leur approbation. 

A défaut de l'histoire, les travaux des Conciles jusqu'ici 
célébrés dans 1 Eglise fourniraient un moyen de juger 
assez sûrement les hommes qui y ont pris part : et les 
chapitres, décrets, canons du fameux Concile de Trente, 
dans lesquels brille une science ecclésiastique si profonde, 
suffisent à faire connaître quels hommes Dieu avait susci- 
tés pour faire face aux besoins de l'Eglise à cette époque 
surchargée d'événements désastreux, qui ébranlèrent la 
société chrétienne jusque dans ses fondements. Or Nous 
remercierons toute notre vie la divine Providence de 
Nous avoir fait la faveur de Nous conduire au Concile 
du Vatican, dont Nous avons suivi avec empressement 
et fidélité tous les travaux et toutes les opérations, en 
assistant avec une grande exactitude à toutes ses congré- 
gations. Nous avons écouté avec une attention recueillie 
qui ne Nous a jamais fait défaut, les belles et savantes 
délibérations et discssioiis dans lesquelles les Pères ont 
souvent étalé leur science profonde avec un déploiement 
ae qualités oratoires d'un mérite insurpassable ' Nous 
avons lu avec une application sérieuse leurs recherches, 
leurs observations écrites sur les matières examinées et 
discutées ! Nous avons lu avec le même soin jusqu'au 
dernier mot des constitutions adoptées, mais qu'ils n'ont 
approuvées qu'après les avoir passées et repassées au 
CTuset de leur habile et consciencieuse critique : et il 
Nous semble qu'il Nous est permis d'affirmer sans hésiter, 
que les travaux des Pères du Vatican sont loin d'avoir 



— 349 — 

grand et célèbre Concile de Trente, celui de tous le<- 
Conciles dont les actes, décrets, canons renfermen de 
laveu de tous les théologiens et canonistes, la co riais 
sance la plus approfondie des matières ecdésiaZu ' 
spécialement de la théologie, de l'Écriture et du 

dro.t canon ! Et i, Nous paraît incontestable q 1 st 
trouve att Conc.le du Vatican bon non.bre d'homme 
comparables par leur savoir aux théologiens et aux a 
vants des ph.s belles époques de la scienc'e ecclésirst ^ . 
Mais ce n'est pas, comme Nous l'avons dit, tmique- 
mentpar les dons et les qualités de l'intelligence ^du 
savoir qu'ont brillé les Pères du Vatican. Ils n'ont pa 
etc moins remarquables du côté de ce que l'on pour ait 
appeler les qualités du cœur : et Nous entendons' p 
a bienveillance mutuelle, l'urbanité dans les manières la 
fraternité dans les rapports, l'a ménité dans les parois 
ces belles qualités qui distinguent les hommes bien 'nés 
ou formes à l'école du sentiment chrétien, ils les possé' 
daient à un degré éminent. Et c'est chose aussi facile à 
admettre qu'a concevoir, quand on se rappelle seulement 
quel savoir-vivre doivent posséder les Evêques à cause 
du rang qu'ils tiennent partout dans la société, et q.ielle 
c arite dou briller en eux à cause du rangqu^ oc.i em 
dans 1 Eghse de Jésus-Christ ! Avec de pareilles disposi- 
t.ons les hommes pourraient toujours se rencontrer en 
n importe quel nombre, sans danger de collision d'intérêts 
ou de passions ! Aussi qu'ils étaient beaux à voir ces vé- 

s. remplis de bonne grâce et d'urbanité dans toutes leurs 
.namères, qui pour rien au monde n'auraient consenti à 
proférer avec intention un mot offensant, ou une parole 
b ssane Et ces dignes et vertueux procédés desVère 
du Concile les uns envers les autres ont été le caractère 
invariable de toutes leurs rencontres, soit privées, soit, 
bhqucs. Et Nous croyons devoir ici vous affirmer d' ne 



H\ 



■«' :1 :f 




>.fù 



h 




II' > 



— 360 — 

manière spéciale et formell»-, qu'il n'en a jamais été autre- 
ment dans les délibérations et les discussions qui ont dft 
nécessairement avoir lieu dans les congrégations, sur les 
matières ou les sujets dont le Concile a été appelé a 
s'occuper ! 

Aussi, N. T. C. F., il Nous serait difficile de vous ex- 
primer la peine et la douleur que Nous avons ressenties, 
en apprenant les indignes calomnies au moyen desquelles 
les ennemis de l'Eglise ont cherché à rabaisser et humilier 
le caractère et ';i conduite des Evêques et la majesté du 
Concile, en répandant de faux bruits de discorde et de 
division, de paroles déplacées, de discussions acrimonieu- 
ses et tumultueuses, dont les murs de la salle conciliaire 
auraient eu à gémir, s'il en eût été de même ? Mais Nous 
Nous estimons heureux d'être parfaitement en mesure de 
vous consoler, à raison de l'assiduité avec laquelle Nous 
avons suivi jusqu'aux moindres mouvements du Concile, 
et de pouvoir vous assurer qu'il n'y a rien de fondé dans 
ces rapports mensongers, dont ceux-là mêmes qui les met- 
taient en circulation connaissaient parfaitement la faus- 
seté ! Ils voulaient faire du scandale à l'entour du Concile; 
mais il était, par bonheur, plus que facile de les démentir ! 

Oh ! qu'il serait à désirer que dans toutes les assemblées 
publiques et officielles, si communes aujourd'hui dans le 
monde, l'on sfit toujours conserver quelque chose du dé- 
corum et des convenances parfaites qui ont si éminem- 
ment distingué le Concile du Vatican, malgré que toujours 
il ait été composé d'un nombre de membres présents beau- 
coup plu -rand qu'on ne trouve d'ordinaire dans les as- 
semblées politiques et sociales les plus nombreuses. 
Car Nous n'hésitons point à dire que l'assemblée du 
Vatican est demeurée en toutes choses un modèle tout à 
fait digne d'être suivi et imité, si même on le compare sous 
ce rapport avec tous les vénérables Conciles jusqu'ici cé- 
lébrés dans l'Église, dont aucun n'a été plus digne et plus 
noble dans ses procédés ! El pour exprimer en quelques 




— 351 - 

mots notre pensée et nos convictions à ce sujet, Nous 
dirons que le Concile du Vatican a été digne du grand 
Pontife qui l'a convoqué et présidé ! 

Mais il ne faudrait pas conclure de là ue les délibé- 
rations du Concile ont été froides et sans vie. Elles ont au 
contraire toujours été remplies du plus grand intérêt, 
d abord par les connaissances si variées et la scienre si 
profonde qui s'y produisaient à chaque instant • et .ais 
par une parole souvent vivifiée par l'éloquence, par' une 
réplique vive et claire dans la discussion et l'argumenta- 
tion, qui n'ont nullement fait défaut à la vénérable assem- 
blée. Et ce qui n'a pas peu contribué à augmenter encore 
cet intérêt, c'est que jamais une parole blessante ou offen- 
sante ne s'est fait entendre dans ses délibérations ou dis- 
cussions, qui ont toujours été empreintes du caractère de 
gravité et de dignité que l'on avait lieu et droit d'attendre 
des vénérables personnages qui se trouvaient en scène ' 
Jamais personne n'.i oublié le respect qu'il .e devait à Im- 
même, ainsi qu'à l'auguste assemblée en présence de 
laquelle il parlait, et qui se composait d'autant de juges 
qu'il s'y trouvait d'auditeurs ! 

Ici toutefois. Nous Nous rappelons un petit incident 
dont Nous croyons devoir vous dire un mot, N. T. C. F 
non pas qu'il s'y trouve rien d'opposé à ce que Nous 
venons dé vous dire, mais parce que Nous savons que 
quelque part en dehors du Concile on a donné à cet inci- 
dent, que l'on n'avait pu connaître que d'après des rumeurs 
contre lesquelles on ne s'était pas assez mis en garde, une 
couleur fausse et mensongère, et dont la malice infernale 
que Nous avons plus haut stigmatisée en la signalant, a 
cherché à faire un esclandre qu'elle imputait comme une 
disgrâce et une tache au Concile. Nous avons que^^ue 
raison de croire que tous les journaux du pays n'ont pas 
été assez discrets pour ne point accueillir ces rumeurs ; et 
que quelques-uns n'auraient peut-être pas été fâchés 
d'aider à leur diffusion. Ecoutez la vérité que Nous allons 



m 



ii4 



t 










— 352 ~ 

fidèleme. vous rapporter sur ce sujet : Nous étions pré- 
sent nuand L jhose arriva, 

Un des Pères du Concile, homme assurément remar- 
quable et disti.igué sous plus d'un rapport, était à l'am- 
bon (c'est ainsi qu'était invariablement désignée la tri- 
bune du Concile), et y traitait un sujet grave, une matière 
des plus délicates au point de vue théologique, et même à 
raison des dispositions de l'auditoire, qui en général 
n'était point sympathique à sa thèse ! Et voilà que tout à 
coup comme un mouvement électrique s'empare de tous 
les Pères, qui, debout à l'instant même, manifestent une 
répulsion et font entendre une protestation ! Ils avaient 
cru entendre sortir de la bouche de l'orateur une affirma- 
tion, une proposition hérétique ! Mais en moins de temps 
que Nous n'en mettons à vous le dire, le calme et l'ordre 
étaient rétablis sans que ni la foi, ni la charité eussent été 
atteintes ! Car ce mouvement, qui n'avait été de la part 
des Pères qu'une forte et vive manifestation de leur sin- 
cère attachement à la foi, avait suffi pour rappeler à lui- 
même celui d'entre eux qui parlait alors, et pour lui faire 
comprendre que sous l'influence d'une parole peut-être 
un peu trop ardente et enthousiaste, il s'était servi d'une 
expression incorrect; ^t malsonnante, qui justifiait la con- 
damnation et l'humilia -.v^.. ^u'il venait de subir. De suite, 
il se désavoua et se condamna lui même I Et ce désaveu 
et cette condamnation, accueillis avec un empressement 
des plus charitables et des plus bienveillants, avaient en un 
instant rétabli le calme le plus parfait. 

A votre manière ds voir, n'est-ce pas, N. T, C. F., que 
de ce fait à un scandale, à un esclandre ou à un mouve- 
ment tumultueux, il y a toutf; la distance du ciel à la terre. 
Nous pourrions dire, toute la différence du blanc au noir? 
C'est, comme vous pouvez facilement l'apercevoir, qu'en- 
tre vous et ceux qui ont jugé si différemment de vous, il y 
a aussi toute la distance du ciel à la terre, et toute la dif- 
férence du blanc au noir. Pour juger ce fait, (juc leur 




— 353 — 

oreille ou leur œil furtivement appliqué au trou de quel- 
qu'une des serrures de la salle conciliaire n'avait pu saisir 
ou embrasser exactement, ceux qui y ont aécouvert une 
disgrâce pour le Concile, s'étaient placés au point de vue 
d'une erreur passionnée, ou d'une impiété ouvertement 
hostile à l'Eglise et à son Concile 1 Vous au contraire, 
N. T. C. F., du point de vue du zèle et de l'amour de la 
vérité, de l'attachement à l'Eglise et du respect pour le 
Concile où vous vous placez pour l'envisager, vous n'y 
apercevez qu'un devoir de foi, dignement acquitté, et par 
les Pères du Concile si prompts et énergiques à réprouver 
une parole qui sent l'hérésie, et par le digne Père qui de 
son côté se montre si empressé à accept r la condamna- 
tion et à s'y soumettre ! ! Et au lieu d'y trouver un scan- 
dale, vous y voyez un nouveau motif d'aimer plus que 
jamais la sainte Eglise et ses divins enseignements, et 
d'imiter le vif attachement à la foi dont les Pères du Con- 
cile vous ont en cette circonstance donné un si bel ex- 
emple, assurément des plus propres à vous ramener sou- 
vent à la méditation de cette grande et importante vérité : 
" Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu 1 " 

Nous n'osons Nous flatter d'avoir réussi à vous faire 
bien connaître et comprendre quelles ont été la grandeur 
et la beau.té du Concile, considéré sous ces différents as- 
pects, et spécialement sous le rapport du mérite des Pères 
qui y ont assisté, et de la manière noble et digne dont ils 
se sont acquittés des importants devoirs qu'ils avaient à 
y remplir. Il Nous faut bien cependant mettre des bornes 
au désir que Nous aurions de donner a votre bien légi- 
time et bien chrétienne curiosité une plus cnlièrc et plus 
complète satisfaction, pour en venir maintenant à ce qu'a 
fait le Concile. 



- T 



:■!*(■ 



Le huit décembre de l'an dernier, 1869, sous les auspices 
et la protection de l'auguste Mère de Dieu, la très sainte 
T. III 03 



•■,"1 



— 354 — 



fi"l! 




N 



p 



Vierge Marie, dont à [^ nei! jour, (ji.nîze ans auparavaiit, 
Pie IX avait dûgmatiqucment défini ia Conception fmma- 
culée, eut lieu selon qu'il avait été r'^glé î-ar ;?3 lettres 
apostoliques du 29 juin 1868, l'ouverture du Concile 
œcuménique du Vatican, présidé par le Pape en pe-- 
sonne, à la suite d'une splendide et pompeuse pror.eshion 
;. travers les portiqiscs et sous les voûtes de l'immense 
Basilique Vutitanc, avec un déploiement de solennité dont 
il vouï ff t facile de vous faire une idée, d'après ce que 
Nous vvHs disioiis plus haut de la richesse et de-; propor- 
tions île cette colossale basilique, et de la beauté et de la 
splendeur du spectacle que présentait la salle cou iliaire, 
lorsqu'à ce moment sublime d'intérêt pour toute ! Eglise, 
le Souverain Pontife venait prendre place sur son trône, 
les Cardinaux sur leurs bancs autour de l'abside, tt les 
Evêques sur leurs sièges disposés en amphithéâtre sur 
chaque côté de la salle. Une messe pontificale célébrée par 
le sous-doyen du Sacré Collège, fut le prélude du grand 
drame de foi qui allait se déployer aux regards du ciel et 
de la terre. Puis à la suite du divin sacrifice vinrent les 
prières prescrites par la liturgie particulière a ces rares et 
mémorables circonstances. Les voix de tous les Pères du 
Concile se joignirent à celle du Chef de l'Eglise, pour im- 
plorer sur l'assemliiée dans la mesure la plus large pos- 
sible à la bonté et i la miséricorde divine les bénédictions 
du ciel et les lumières de l'Esprit-Saint. Cette liturgie 
accomplie, le Concile était déclaré ouvert, et il allait bien- 
tôt se mettre à l'œuvre. Et Nous allons maintenant vous 
dire, N. T. C. F., quels ont été ses principaux travaux 
pendant les sept mois et quelques jours qui se sont écou- 
lés depuis son ouverture jusqu'au 18 juillet, jour auquel 
l'autorité du Souverain Pontife trouvait bon d'ar o.der 
aux Pères le rei)os d'une vacance qui se termin le 

1 1 novembre alors prochain, en la fête du grar 1 daiat 
Martin, E\ :■ e de Tours. 

\'ous vo 1 étonnerez peut-être, N. ' ',. i.. mais 




— 365 — 

quelque sérieux et importants qu'aient été ces travaux, 
Nous ne Nous proposons pas de vous en entretenir bien' 
longuement. Vous n'avez pas oublié sans doute ce que 
Nous vous disions en la Lettre jiastorale que Nous vous 
adressions au moment de vous quitter pour nous rendre 
au Concile, que pour vous un Concile n'eût été nullement 
«<r^ma;rf, parce que, enfants soumis et obéissants de 
l'Eglise, vous avez conservé votre foi dans toute sa pureté 
et son intégrité. Aussi est- il vrai de dire que ce qu'a fait 
jusqu'ici le Concile, à part un décret disciplinaire, ne s'a- 
dresse guère à vous, et n'a pour vous d'autre intérêt que 
celui que, en catholiques sincères et dévoués, vous portez 
nécessairement à l'Eglise aujourd'hui et depui.s assez long- 
temps plongée dans la douleur et la désolation à la vue 
des maux qui affligent un si grand nombre d'âmes en dan- 
ger de se perdre, et du trouble et de la confusion à jamais 
déplorables qui ont envahi presque toutes les sociétés de 
l'ancien monde, par suite des épouvantables progrès de 
l'impiété, de la corruption des mœurs, de la licence sans 
frein, de la contagion des opinions les plus perverses en 
tout genre, de tous les vices et de tous les crimes, et de la 
violation de toutes les lois divines et humaines !... Vous 
frémissej devant ce tableau si hideux I Et pourtant, N. 
T. C. F., il ne serait pas permis d'en soupçonner l'exac- 
titude et de le croire surchargé ! C'est le doux et clément 
Pie IX qui l'a lui-même tracé de sa main, avec des cou- 
leurs peut-être plus sombres encore que celles que Nous 
lui donnons ici, dans la partie de la Bulle d'Indiction du 
Concile, que Nous vous citions en notre Instruction pas- 
torale du 30 juillet de l'an dernier. Grâces en soient 
mille fois rendues à Dieu, N. T. C. F. ! ce triste et lugubre 
tableau n'est point le vôtre, ni celui de l'excellente popu- 
lation catholique du Canada en général, et Nous ajoute- 
rons, par un sentiment de convenance et de justice, ni de 
la respectable population protestante avec laquelle il a 
plu à la divine Providence nous mêler en qualité de con- 



^ 






'.rM"* 



, 1 

,1 
li 














i~ 


■''''i 


\ 




.', . 




\ 


ê> 








V' Il 



il 





/■ :J^> 



— 356 — 

citoyens sur le sol de notre modeste mais heureux pays ! 
Oh ! i)uisse-t-il ce cher pays être toujours véritablement 
religieux comme il l'est aujourd'hui 1 Ce sera le moyen 
d'y voir régner toujours l'ordre qui naît de la soumission 
et de la fidélité à la loi ; et avec l'ordre, la tranquillité pu- 
blique, et le repos et la paix des individus ; en un mot, le 
véritable bonheur social que les enseignements de la reli- 
gion, fidèlement suivis et mis en pratique, peuvent seuls 
garantir. 

Et ici, N. T. C. F., Nous sentons le besoin de vous dire, 
et Nous n'aurons pas la faiblesse de vous taire une bien 
déplorable vérité : c'est que l'école d'impiété et d'irréli- 
gion qui a produit ces lamentables désordres, signalés par 
la voix du Pasteur suprême du troupeau de Jésus-Christ, 
et que Nous venons de vous rappeler, n'est malheureuse- 
ment pas tout à fait étrangère et inconnue parmi nous : 
elle y a des adeptes, encore peu nombreux à la vérité, 
qui se sont depuis quelque temps montrés complètement 
à découvert, dans les journaux qui leur servent d'organes 
et jusque dans les tribunaux publics de la justice, où ils 
se plaisaient naguère, dans le cours des débats judiciaires 
amenés par un triste procès qui aura certainement un rang 
parmi les causes célèbres de notre pays, à étaler leur mé- 
pris de l'ordre religieux, età laisser paraître au grand jour 
leur intention bien arrêtée de renverser notre ordre social ! 
tout cela déguisé sous le voile et le nom de ce funes- 
te libéralisme, qui depuis bientôt un siècle s'est abattu 
comme un torrent dévastateur sur les sociétés chrétiennes 
de la vieille Europe, où il a partout amoncelé des monta- 
gnes de ruines sous lesquelles il croyait pouvoir ensevelir 
le principe chrétien ! 11 n'y a plus moyen de nous faire il- 
lusion à ce sujet : il y a parmi nous des hommes qui travail- 
lent avec ardeur dans la même intention et pour la même 
fin ! Gare aux imprudents qui s'obstineraient à ne pas s'é- 
loigner d'eux et des pièges où ils cherchent à les faire tom- 
ber ! Et malheur à ceux qui sont devenus les partisans de 



— 357 — 

leurs idées et de leurs doctrines, irrévocablement jugées 
3t condamnées en un impie et audacieux livret, soumis à 
l'examen du Saint-Siège, qui a formellement décidé qu'il 
n'est ])as môme permis à un bon chrétien de garder en sa 
possession ce produit d'une intelligence dévoyée, qui court 
vers l'abîme au fond duquel il lui faudra nécessairement 
tomber avec ses partisans. C'est la parole de l'Evangile : 
Cœcus si cœco ducatum prcestet, amho infoveam cadunt I 
" Quand un aveugle conduit un aveugle, tous deux tom- 
bent dans le précipice ! " Et il n'y a personne de plus 
aveugle que celui qui s'attaque à l'Eglise et aux principes 
de son divin enseignement, et que celui qui marche à sa 
suite et partage ses idées ! Aw6o in foveam cadunt ! Ils 
sont tous deux également perdus, parce que tous deux sont 
également coupables ! Et c'est à avertir et à menacer ces 
égarés de la foi, que le Concile du Vatican a consacré les 
prémices de ses travaux, dont il Nous faut bien enfin 
vous parler ! 

Les principaux travaux du Concile ont été compris 
sous trois titres, qui en sont comme l'analyse, et dont cha- 
cun porte l'énoncé qui suit: le premier. Constitution 

DOGMATIQUE SUR LA FOI CATHOLIQUE; le SCCOnd, DÉCRET 

D'un PETIT CATÉCHISME ; et le troisième, Première cons- 
titution DOGMATIQUE SUR L'ÉGLISE DE JÉSUS-CHRIST ! 

Il serait inutile de vous dire, N. T. C. F., que pour ces 
titres aussi bien que pour leur développement, pour tous 
les travaux et pour toutes fins conciliaires, il a été fait 
usage de la langue latine, qui étant la langue liturgique 
et oflScielle, l'on pourrait même dire dogmatique de l'Egli- 
se, puisqu'elle s'en est invariablement servie pour les docu- 
ments solennels où elle a consigné sa doctrine, devait 
naturellement être celle du Concile, qui n'est rien autre 
chose que cett • > -me Eglise réunie pour traiter les inté- 
rêts de sa d-, „ jause, et des moyens à prendre pour la 
faire triompher. 

Or dans une réunion de cette nature, il y aura nécessai- 






f ï :€ 



M i 



r«%. 



— 358 






''■ m 


i' 


■ h 


1,1 


' 




:yi^ 



renient besoin d'informations détaillées, d'explications, 
d'observations, de délibérations, et môme de discussions 
sur bien des sujets dont il faudra s'occuper. Et l'on com- 
prend de suite que pour satisfaire à ce besoin d'une néces- 
sité indispensable, et atteindre la fin ou les fins que s'est 
proposées le Chef de l'Kglise en convoquant le Concile, 
il iaut qu'il y ait en toutes chose unité de langage, sous 
peine de se trouver bientôt dans une vraie Babel, où l'on 
n'arriverait jamais à autre chose qu'à la confusion, et de 
la confusion à la division et à l'erreur, comme c'est bien- 
tôt le cas chaque fois que l'on ne s'entend ni ne se com- 
prend plus. Et comment s'entcdre et se comprendre dans 
une assemblée comme le Concile du Vatican, où il y avait 
des Evêques d'au moins quinze idiomes différents, s'il eût 
été libre à chacun de faire usage de celui de son pays? 
La Providence et la miséricorde divine n'ont jamais jugé 
à propos de renouveler en faveur des Conciles le miracle 
de la première Pentecôte chrétienne, en laquelle S. Pierre 
et les autres Apôtres ne pii-jant que leur dialecte galiléen, 
étaient cependant entendus des hommes dj toutes les ré- 
gions du monde en ne momenl éunis à Jérusalem i)our 
assister à 1. cntecô» ■ juive. 

Il n'entre point dans le cadre de notre sujet de faire 
voir la sagesse qui a inspiré l'Eglise, en la portant à adop- 
ter pour sa sai- 'airgie une seule et même 1, igue pour 
le monde catiiolique entier, laquelle étant une langue 
morte, et par là même fixe et invariable, devient suus 
ce rapport un très beau symbolisi, : ae l'unité et de l'in- 
variabilité du dogme chrétf. , lequel étant une émanation 
de la vérité éternelle de ], de être un, fixe et inva- 
riable comme Dieu lui-mê, Au le autre langue donc 
ne pouvait être aussi con\ .i.iblemciu adoptée que cette 
langue de l'Eglise, comme langue du Concile ! Et laissez- 
Nous ajouter, N. T. C. F., que Nous sommes intimement 
convaincu qu'aucune langue vivante, quand môme il efit 
été possible d'en choisir une qui pût convenir à tous les 



HA 



— :w,) — 

Pères, n'eût donné au Concile le r.ra.ièr. .le n,yst,;.rieuse 
solennité que leur imprimait l'usage de cette langue qui 
n étant plus usitée parmi les hommes, semblait par cela 
seul mieux convenir pour parler de Dieu et des choses de 
sa sainte religion. Nous ajouterons .me que l'usage de 
cette langue, qui n'est plus la langue de personne sur la 
terre, Nous faisait constamment l'effet de placer le Concile 
'lans un milieu qui n'était point de ce monde, pas plus 
que les choses dont il avait à s'occuper et à s'entretenir 
Il est d'ailleurs reconnu que la langue latine a une beauté, 
une riches;.., une ampleur et une gravité que bien peu de 
langues ont jamais possédées; et à raison de ces qualités 
toutes spéciales, elle avait en outre l'heureux effet de 
'harmo us.T plus parfaitement avec la grandeur et la ma- 
jesté du Concile ! 

^ lis retournons à notre sujet pour faire quelques cour- 
t. , ..njxions et observations sur les trois importantes me- 
sures pas.. dans le Concile, et approuvées par le Chef 
de l'Egli!.^ ous disons importantes mesures, N.T.C.F., 
quoique, à les jug.r d'après leurs titre., vous ne puissiez 
peut-être pas facilement comprendre ni même supposer 
en quoi consiste leur importance. 

En effet, pour parler d'abord de la Constitution sur la 
foi catholique, il est bien naturel pour quiconque, soumis 
en toutes choses a x enseignements de la religion, n'a 
jamais douté ni hésité dans sa foi, de se demander pour- 
quoi et comment un Concile œcuménique a pu, au présent 
âge de l'Eglise, juger nécessaire de formuler une Consti- 
tution dogmatique .ur la foi catholique en général, comme 
si l'ensemble des articles de cette foi n'était pas déjà bien 
défini, et pouvait avoir besoin d'une nouvelle exposition. 
Aussi, N. T. C. F, ne s'agit-il point dans cette coi ,titu- 
tion de rien déc ,u.r en matière de foi, quoiqu'il puisse 
arriver jusqu'à la fin des temps, comme il vi-.iu d'arriver 
dans le Concile du Vatican lni-mt-ae a propos de l'Infail- 
libilité pontificale, que l'Eglise ait a se prononcer dogma- 



— 360 — 




^^ m 



tiquenicnt sur quelque point de doctrine ; mais simple- 
ment d'exposer d'une maniùre sommaire et lucide les 
vérités élémentaires et les dogmes fondamentaux du chris- 
tianisme ; ce que le saint Concile a fait en un langage 
d'une telle clarté, d'une si grande noblesse, en môme 
temps que d'une si admirable simplicité, que l'on sent 
que les Pères n'ont point parlé seuls, mais que selon la 
promesse de Notre-Seigneur, l'Esprit l'araclet qui devait 
être envoyé aux Apôtres pour leur enseigner toute vérité, 
a vraiment parlé par leur bouche, ou leur a du moins 
prodigué le secours de ses divines lumières ! 

Et ce bel exposé de la doctrine catholique, le saint 
Concile l'a fait dans le but d'en tirer les conséquences, et 
de s'élever contre la foule d'erreurs, d'hérésies et d'im- 
piétés monstrueuses qui régnent aujourd'hui au milieu 
des sociétés chrétiennes du vieux monde, où se trouvent 
nombre d'hommes qui nient et rejettent non seulement la 
révélation, mais même l'existence de l'âme et d'une autre 
vie, et dont quelques-uns sont arrivés à ce degré de folie 
dont parle le Prophète royal, d'oser dire dans leur cœur 
qu'il n'y a point de Dieu : Dixit insipiens in corde suo, non 
est Deus ! C'est en vue de cette folie de la corruption du 
cœur, et de l'orgueilleuse perversité d'esprit de ces hommes, 
méchants sans doute, mais encore plus malheureux que 
méchants, et qu'il voudrait porter à rentrer en eux-mêmes 
et à se convertir au Seigneur et aux vérités saintes de 
l'Evangile, que le saint Concile a formulé sa constitution 
sur la foi catholique, ne se bornant point à affirmer les 
dogmes de la foi, et à, condamner les doctrines mons- 
trueuses que la raison humaine, aveuglée par les passions 
et bouffie d'une infernale superbe, avait la témérité et 
l'audace de vouloir substituer aux enseignements d'éter- 
nelle vérité, mais qu'il a encore ajouté à la condamnation 
un formel et formidable anathème ! Et comme avant de 
prononcer son anathème, le saint Concile indique aussi 
clairement que succinctement l'hérésie ju'il entend con- 



— 361 — 

damner et anathématiser, Nous croyons devoir consigner 
ICI, pour votre instruction, les solennelles et terribles sen- 
tences qu'il a portées contre les imi.ies dont parle l'Esprit- 
baint, lors.,u'il dit au livre des Proverbes : l'impie parvenu 
au fond de l'abîme où l'ont fait descendre ses iniquités, 
affecte le mépris dans sa chute profonde ; mais l'ignominie 
et 1 oi)probre le i)oursuivent jusqu'au fond de cet abîme : 
Impius cum in profunJum vcncrit peccatorum, contemnit ! 
iied seguttur eum ignominia et opprobrium > Et c'est 
dans l'espoir qu'ils s'humilieront, et demanderont au Sei- 
gneur pardon et miséricorde, que le saint Concile leur a 
lancé l'Ignominie et l'opprobre de l'anathéme, en m6me 
temps qu'il a voulu inspirer à ceux qui n'ont point le mal- 
heur d'y être engagés, tout l'éloignemcnt et toute l'horreur 
possibles pour leurs voies d'impiété et de perdition. 

Recueillez-vous maintenant, N. T. C .F., écoutez avec 
un religieux respect, Nous devrions dire avec un religieux 
treinblement, ces majestueuses et formidables sentences 
de l'Eglise, qui les prononce en les revêtant d'une forme 
laconique et concise qui sent la maxime ou l'aphorisme, 
afin qu'elles se gravent plus sûrement dans la mémoire et 
dans le cœur de ceux auxquels elle prétend les adresser r et 
elle les adresse, comme Nous venons de le dire, aux mé- 
chants comme un*- menace des jugements de Dieu, et aux 
bons afin qu'ils s'affermissent davantage dans cette crain- 
te salutaire du Seigneur qui est le commencement de la 
sagesse. 

Les voici maintenant ces graves et solennelles senten- 
ces portées particulièrement contre ies hérésies et les im- 
piétés qui s'attaquent à Dieu, à la révélation, à la foi di- 
rectement et considérée en elle-môme, ou il la foi consi- 
dérée dans ses rapports avec la raison. 

"Si quelqu'un nie un seul vrai Dieu, Créateur et souve- 
rain Seigneur des choses visibles et invisibles, Qu'il soit 
anathème ! 



, 1 






• 1. 



w 

'1' 



;'^ 






^ É il 




M 



m • ' 


f ^ 




f" 






f 


V 


"t 



> : ' 




— 362 — 

" Si quelqu'un ne rougit pas d'affirmer qu'il n'y a rien 
en dehors de la matière, Qu'il soit anathème ! 

" Si quelqu'un dit que la substance ou l'essence de Dieu 
et celle de toutes choses est la même, Qu'il soit anathème ! 
" Si quelqu'un dit que toutes les choses finies, tant cor- 
porelles que spirituelles, ou du moins les spirituelles, sont 
une émanation de la substance divine , 

" Ou que l'essence divine devient toutes choses par une 
manifestation ou un déploiement de soi-même ; 

" Ou enfin, que Dieu est l'êlre universel ou indéfini, qui 
en se donnant des limites ou des bornes, constitue l'uni- 
versalité des choses, divisée en genres, en espèces et en 
individus, Qu'il soit anathème ! 

" Si quelqu'un refuse d'admettre que le monde et toutes 
les choses qu'il contient, tant les choses spirituelles que les 
matérielles, ont été créés de rien dans leur substan..e tout 
entière par la toute-puissance divine ; 

'= Ou dit que Dieu a fait la création, non en vertu d'une 
volonté libre de toute nécessité, mais que la même né- 
cessité, qui le contraint de s'aimer lui-même, l'a contraint 
de créer ; 

" Ou nie que le monde a été créé pour la gloire de Dieu ; 
Qu'il soit anathème 1 

" Si quelqu'un dit que par la lumière naturelle de la rai- 
son humaine on ne peut pas arriver sûrement, au moyen 
des œuvres de la création, à la connaissance d'un seul vrai 
Dieu, notre Créateur et Seigneur, Qu'il soit anathème ! 

" Si quelqu'un dit qu'il ne peut pas se faire, ou qu'il n'im- 
porte point que l'homme apprenne par le mèyen de la 
révélation à connaître Dieu et le culte qu'il faut lui rendre. 
Qu'il soit anathème ! 

" Si quelqu'un dit que l'homme ne peut pas être élevé par 
l'opération divine à un degré de connaissance et de per- 
fection au-dessus du naturel, mais que de lui-même, il peut 
et doit par un perfectionnement ou progrès continuel ten- 
dre: et arriver enfin à la pleine possession du vrai et du 
bon, Qu'il soit anathème I 



I I 



é. 



gloire de Dieu ; 



— 8(53 — 

" Si quelqu'un ne reçoit pour saints et canoniques les li- 
vres de la sainte p:criture entiers avec toutes leurs parties, 
tels que les aénumérés le saint Concile de Trente, ou nie 
qu'ils aient été divinement inspirés, Qu'il soit anathème '. 

" Si quehpi'un dit que la raison humaine jouit d'une telle 
indépendance que Dieu ne puisse lui faire un commande- 
ment de la foi, Qu'il soit anathème '. 

" Si quelqu'un dit que la foi divine n'est point distincte 
de la science qu'on peut naturellement acquérir de Dieu 
et des choses morales ; et qu'en conséquence il n'est pas 
requis pour qu'il y ait foi divine, que la vérité révélée soit 
crue à raison de l'autorité de Dieu qui l'a révélée, Qu'il 
soit anathème ! 

Si quelqu'un dit que les signes extérieurs ne peuvent être 
des motifs de croyance à la révélation divine ; et qu'en 
conséquence ce n'est qu'en vertu de ce que chacun sent 
ou éprouve au-dedans de soi-môme, ou par inspiration 
privée, que les hommes doivent être amenés à la foi. Qu'il 
soit anathème ! 

'' Si quelqu'un dit qu'il ne peut pas se faire des miracles, 
et qu'en conséquence toutes les histoires de miracles, mê- 
me celles qui sont contenues dans la sainte Ecriture, doi- 
ve>:.t être rangées parmi les fables ou les mythes ; ou que 
janiàis on ne peut savoir certainement qu'il y a eu miracle, 
et qu'au moyen des miracles on ne peut faire une dé- 
monstration régulière de l'origine divine de la Religion 
chrétienne. Qu'il soit anathème 1 

" Si quelqu'un dit que l'assentiment à la foi n'est pas 
libre, mais qu'il est nécessairement produit par les ar- 
guments de la raison humaine, ou que la grâce de Dieu 
n'est nécessaire que pour la foi vivante qui est produite 
ou opère par la charité, Qu'il soit anathème ! 

" Si quelqu'un dit que les fidè'es (c'est-à-dire ceux qui 
sont en possession du don de la foi) et ceux qui ne sont 
pas encore arrivés à la connaissance de la seule vraie foi, 
sont dans la même condition ; de sorte que les oatholi- 




i .11' 



— 364 — 

ques pourraient avoir une juste cause de suspendre leur 
assentiment, et de révoquer en doute la foi que déjà ils ont 
reçue sous le magistère de l'Eglise, jusqu'à ce qu'ils soient 
parvenus à une démonstration scientifique de la crédibi- 
lité et de la vérité de la foi, Qu'il soit anathème ! 

" Si quelqu'un dit que la Révélation ne renferme aucun 
mystère véritable et proprement dit ; mais que tous les 
dogmes de la foi peuvent être compris d'après les princi- 
pes naturels, et démontrés par les seules ressources d'une 
raison bien cultivée, Qu'il soit anathème ! 

" Si quelqu'un dit que les sciences humaines doivent jouir 
d'une si grande indépendance dans l'application de leurs 
principes et de leur méthode, que leurs assertions puis- 
sent ôtre emb-assées et soutenues, sans que l'Eglise puisse 
les condamner ou proscrire, malgré qu'elles soient oppo- 
sées à l'enseignement révélé, Qu'il soit anathème ! 

" Si quelqu'un dit qu'il peut arriver qu'en conformité au 
progrès de la science, il faille quelquefois donner aux dog- 
mes proposés par l'Eglise un sens différent de celui dans 
lequel l'Eglise les a compris et les comprend. Qu'il soit 
anathème ! " 

Tels sont, N. T. C. F., les anathèmes formidables que le 
saint Concile a jugé à propos de prononcer contre ceux 
qui refuseraient de croire les dogmes ou vérités fonda- 
mentales de la Religion, qu'il a si clairement et si digne- 
ment exposées dans sa Constitution- de la Foi, ou qui ose- 
raient affirmer des idées ou des doctrines contraires à ses 
divins enseignements ! Mais quel bonheur Nous éprou- 
vons, N. T. C. F., à rendre encore une fois témoignage 
aux sentiments de foi vive et sincère qui vous animent ; 
et à pouvoir en conséquence Nous flatter de l'espoir bien 
fondé, que jamais vous ne serez atteints ni frappés par 
ces foudres que l'Eglise ne lance que contre ceux qui 
s'obstinent à marcher dans les voies d'aveuglement et de 
ténèbres spirituelles où les a poussés le funeste esprit 
d'orgueil et de révolte, qui a fait dire un jour à Lucifer et 



i 



— 365 — 

à ses adhérents dans le ciel : JVou scrviam, "nous ne nous 
soumettrons point !" Continuez, T. C. F., à vous estimer 
toujours comme infiniment petits devant Dieu, c'est-à-dire, 
à être toujours véritablement humbles ; et jamais vous' 
n'aurez de peine à plier votre faible raison aux sublimes 
et divms enseignements de la foi ! Et marchant toujours 
a la lumière de ce céleste flambeau, vous arriverez sûre- 
ment au terme de l'éternelle félicité, où se dissipent les 
ombres de la foi, qui ne nous donne ici-bas que la subs- 
tance et l'abrégé des choses qu'elle nous fait espérer, et 
qui ne nous apparaissent point encore ! Fides sperandu- 
riiin substantia rerum, argiimentum non apparentitm. 
Et être en possession de cette substance, de cet abrégé, 
c'est, N. T. C. F., avoir reçu de la bonté de Dieu le don 
au-dessus de tous les dons ! Fides donum Dei donorum 
prœstantissmum, a dit un Père de l'Eglise ! Conservez 
donc avec le soin le plus vigilant et le plus empressé cette 
perle de la grâce et du salut, que vous n'avez point eu la 
peme d'acheter, mais dont Dieu vous a enrichis jjar une 
pure et mfinie libéralité de sa prévenance et de Son amour 
pour vous. Nous allons maintenant aborder le "décret 
sur un Petit Catéchisme," dont Nous n'avons que quelques 
mots à vous dire. 

VI 

Il peut vous paraître étonnant, N. T. C. F., que le Con- 
cile du Vatican, que la volonté du Souverain Pontife sem- 
blait n'avoir convoqué que pour s'occuper des grands in- 
térôts de la religion, et pour chercher remède aux maux 
SI nombreux sous le poids desquels gémissent l'Eglise et 
les sociétés chrétiennes de notre époque, soit descendu 
jusqu'à un détail en apparence aussi secondaire que la 
question d'un Petit Catéchisme. Mais laissez-nous vous 
dire aussi brièvement que possible en quel sens et pour 
quelles raisons le Concile s'est occupé de cette question ; 
et vous comprendrez de suite que le sujet a une gravité et 






;.,', 



ij-i 






M' 



I 



fÀM 



) f| 



kl. 





-366 — 

une importance qu'on ne lui soupçonnerait pas d'abord. 
Et de fait, il est arrivé que plusieurs Evêques ou Pères du 
Concile étaient dans les commencements bien loin de se 
montrer disposés à approuver la mesure, qu'il leur était 
pourtant impossible de ne pas accueillir avec le plus pro- 
fond respect, parce que personne n'ignorait que le Pape 
lui-même en était l'auteur et l'instigateur. Cependant il est 
certain que malgré cela, il y avait une opposition assez 
nombreuse et prononcée contre un projet qui allait avoir 
pour résultat de toucher à un point de discipline des plus 
délicats, parce que sur ce point il y a eu jusqu'ici liberté 
entière dans l'E^glise, et que chaque Evèque a joui du 
privilège de préparer lui-môme ou d'adopter la forme 
de catéchisme qu'il lui plaisait. Et la conséquence de 
cette liberté, de ce privilège, c'est qu'il y a aujourd'hui 
dans le monde autant de variété de formes de catéchisme 
qu'il y a de pays divers ; et assez souvent même autant 
qu'il y a de diocèses, ou du moins de provinces ecclé- 
siastiques dans chaque pays ! 

Vous apercevez de suite, N. T. C. F., combien de rai- 
sons vont se présenter contre la mesure proposée d'un 
petit catéchisme uniforme pour l'Eglise universelle 1 Cler- 
gé et fidèles de tous les pays du monde auront à immoler 
à cette occasion bien des affections légitimes ! Depuis 
une longue suite de générations, à l'église, dans la famille, 
à l'école^ telle forme de catéchisme était traditionnelle et 
usitée. Restait gravé dans le cœur un doux souvenir des 
premières impressions religieuses que l'on avait gofitées, 
lorsque tout jeune encore on gravait dans sa mémoire les 
définitions et les réponses de son catéchisme. Et qui ne 
tient aux premières impressions de la vie, les seules qui 
soient ineffaçables ? Et puis, l'amour de la patrie croyait 
pouvoir ici réclamer un droit : " Ce catéchisme était le ca- 
téchisme national, rédigé en harmonie avec l'état intellec- 
tuel, avec les circonstances el les besoins particuliers du 
peuple ou de la nation 1 " Quoi de plus justifiable, et par- 



# 






— 3fi7 — 

tant de plus légitime que toutes ces raisons et tous ces 
motifs d'opposition à la loi qui allait être portée, par suite 
de laquelle il faudrait renoncer aux formes, aux images, à 
1 ordre d Idées religieuses qui les premières avaient envahi 

I intelligence et le cœur ! Tel est, N.T.C.F., aussi fidèle que 
possible a notre mémoire, le résumé des difficultés ou ob- 
jections calmes et consciencieuses, faites au beau projet 
d un 1 etit Catéchisme universel ! Et malgré toute leur 
valeur et leur légitimité, elles ne tinrent pas longtemps 
contre l'exposé des raisons et des motifs qui avaient engagé 
le Che^ de l'Eglise à le soumettre à l'approbation du Con- 
cile. S'il vous a été facile d'apercevoir quels obstacles pou- 
vait rencontrer l'miportante mesure d'un Petit Catéchisme 
universel pour toutes les églises ou chrétientés du monde 

II ne vous sera pas moins facile de saisir la valeur des 
raisons qui devaient lui assurer le succès et le triomphe ' 

La première des raisons qui militaient en faveur de ce 
Catéchisme, c'est que le Pape le désirait et le proposait < 
I est en effet bien clair que le Concile reconnaissant 
dans le Pape le pasteur suprême de tout le troupeau de 
Notre-Seigneur Jésus-Christ, des brebis aussi bien que 
des agneaux, ne pouvait faire autrement que de recon- 
naître a ce pasteur suprême un drut de contrôle sur les 
moyens à prendre pour que le troupeau confié à ses soins 
reçoive sous la forme la plus aval tageuse la nourriture 
de 1 instruction religieuse, qui doit lui procurer ou lui con- 
server cette vie, que le divin Sauveur a déclaré --re venu 
lui apporter avec toute l'abondance possible. Et le Pape 
ce pasteur suprême, jugeait qu'il y aurait à attendre les' 
plus beaux résultats, si tous les enfants de la foi, qui sont 
les vrais agneaux du troupeau, recevaient cette nourriture 
de l'instruction religieuse sous une même forme, préparée 
avec le plus grand soin, adaptée aux besoins de leur âge 
facile à prendre et à digérer ! Et puis, cette idée d'un 
Petit Catéchisme universel, qui servirait aux enfants la 
nourriture de l'instruction rdigieuse avec toutes ces con- 



",■ ': 



;(' 



,', ■ 1! 

M 

â 






,1 ,.\ 



vIPï l 



■368 — 






'^- 





ditions ou qualités, n'était point une idée neuve dans 
l'Eglise : Pie IX l'avait empruntée au Concile de Trente, 
où elle avait pour la première fois vu le jour, bien qu'elle 
n'ait pas alors été mise à exécution, le grand Concile 
s'étant borné à approuver et recommander une mesure qui 
a valu A l'Eglise le trésor de science religieuse et ecclé- 
siastique appelé /e Catéchisme romain, à r usage des curés, 
que l'on désigne le plus souvent sous le nom de Catéchisme 
du Concile de Trente, destiné à préparer la voie au Petit 
Catéchisme dont le Concile du Vatican, à la suggestion 
de Pie IX, a compris qu'il devait' doter l'Eglise. Mais 
cette raison est loin d'être la seule qui ait vaincu l'oppo- 
sition qu'avait d'abord rencontrée cette grave mesure. 
Comme toujours une discussion calme et consciencieuse 
produisit ici ses effets, et ne tarda pas à rendre évidents 
les inconvénients si facilement saisissables de cette mul- 
titude de formes de catéchisme répandues et usitées 
dans l'univers catholique. Des abus, et des abus réels 
furent signalés, qui démontraient qu'il y avait eu et qu'il 
y avait peut-être encore en usage, des catéchismes qui 
laissaient beaucoup à désirer, sinon à reprendre, quelque- 
fois pour le fond, très souvent pour la forme : que chaque 
Evoque jouissant de la liberté et du privilège dont Nous 
avons parlé plus haut, de préparer lui-même, ou d'adop- 
ter la forme de catéchisme qui pourrait lui plaire, il en était 
résulté en plus d'un endroit des changements de caté- 
chisme malheureusement trop fréquents, et par consé- 
quent, nuisibles à l'instruction religieuse des enfants. 

Une rn-ison qui a beaucoup servi la cause du Petit 
Catéchisme universel, fut tirée de la facilité avec laquelle 
les hommes se déplacent aujourd'hui, pour passer d'un 
endroit, d'un pays, même d'un monde à l'autre ; cette 
transmigration continuelle et fréquente des individus et 
des populations créant une véritable difficulté pour le 
prêtre chargé de donner des développements à l'instruc- 
tion religieuse des enfants, qui se trouvent souvent en sa 



— 369 — 

présence avec des formes de catéchisme aussi diverses 
que les pays, et même que les diocèses d'où ils sont ve- 
nus. Puis vient le reproche sans doute mal fondé de l'hé- 
resie protestante, qui ne comprenant rien, et ne voulant 
même nen comprendre à nos doctrines, et concluant de 
la forme au fond, nous impute des croyances aussi diverses 
et divisées que les siennes, appuyant ses imputations sur 
les diversités que, sans s'en rendre compte, elle a remar- 
quées dans la manière dont nos divers catéchismes expo- 
sent ou développent les vérités de la foi ' 

Une raison d'un autre ordre n'a pas peu contribué à 
détruire les difficultés que l'on avait d'abord cru aperce- 
voir dans l'adoption d'un seul catéchisme pour le monde 
entier Et cette raison, c'est que de fait et en réalité un 
catéchisme n'est au fond qu'un symbole un peu plus déve- 
loppé que ceux que l'Eglise possède sous les noms de 
syMe des Apôtres, symbole de Nicée, symbole de saint 
Athanase, (jui renferment ce que l'on pourrait appeler la 
quintessence des enseignements du christianisme, et dont 
le texte est traité dans l'Eglise avec un respect compa- 
rable a celui que l'on doit aux saintes Ecritures ' Et n'est- 
il pas vrai que presque tous, sinon tous les catéchismes 
actuellement en usage, ne sont qu'un développement du 
symbole des Apôtres, qui leur sert de base ou de point 
de départ ? Rien sans doute de plus evangcliquement 
rationnel que ce procédé. Les Apôtres, évidemment diri- 
ges par l'Esprit-Saint, ont tracé le» grandes lignes du 
grand tableau des mystères de la révélation et de la ré- 
demption : C'était l'étendard sous lequel marcheraient 
jusqua la fin des temps les soldats du Christ et de son 
bvangile ! Et cet étendard, dans la pensée des Apôtres 
serait en même temps le signe auquel se reconnaîtraient' 
entre eux tous les disciples du divin Maître qui est venu 
enseigner aux hommes la vérité, oui sans doute, mais 
surtout la chanté qui leur apprend a être unis en Dieu 
pour être plus parfailcmciH unis les uns aux autres ' U'iis 
T. ut ,^ 









;1t: 



■: f 



^}:k 






m 

■ ul 



r« !.' 



ih^ 



il-, -'H 




,;» 





; * 



- 370 — 

en Dieu et en son divin Fils"par la vérité et la charité, 
s'ils apprennent à parler tous de la vérité et de la charité 
divine, sinon dans un même langage, du moins avec des 
mots ayant une même signification, avec les mômes termes 
et les mêmes expressions, d'après des idées et des images 
aussi ])arfaitement identiques que possible, n'est-il pas 
évident que leur union dans la vérité et la chanté sera 
nécessairement plus intime et plus parfaite ? Et n^. serait- 
ce pas en son genre le véritable beau idéal, que le spec- 
tacle des enfants de la foi du monde entier rendant ainsi 
d'une manière parfaitement uniforme témoignage à Dieu 
et à son éternelle vérité, à Jésus-Christ et à son incom- 
l)réhensiblc charité ? 

Ajoutez que l'enseignement religieux, le développement 
des vérités de la foi, devient beaucoup plus facile ; que 
l'insensé reproche de l'hérésie n'a plus même une appa- 
rence de fondement ; et vous aurez l'ensemble des raisons 
et des motifs qui ont déterminé les Pères du Concile à. 
donner une approbation unanime à un " Petit Catéchisme 
universel, partout obligatoire," qui deviendra bientôt pour 
toute l'Eglise catholique comme un quatrième symbole 
qui pourrait être appelé le symbole de Pie IX ou du Va- 
tican, et qui ne sera pas moins vénérable ni vénéré que 
les trois déjà en usage et en si grand honneur dans l'E- 
glise. 

C'est sans doute plus qu'il n'eût fallu, N. T. C. F., pour 
vous convaincre c^u'en s'occupant de son décret d'un 
Petit Catéchisme, le Concile du Vatican ne s'est nulle- 
ment écarté de la grandeur et de l'importance de sa mis- 
sion. Et l'on comprendra mieux encore l'importance de 
son œuvre d'un Petit Catéchisme universel, si l'on fait 
la réflexion si naturelle, que c'est à une époque où rien 
ne semble résister au torrent de division partout débordé, 
et qui se précipite avec une violence toute particulière 
vers le domaine de la vérité qu'il voudrait envahir, que le 
Concile du Vatican est venu élever cette nouvelle et forte 



— yn — 

digue destinée à protéger contre ses funestes ravaues le 
ciianip de l'unité, divinement uni à celui de la vérité 
C/nus Deus, una fidcs : " Un seul Dieu, une seule foi » 
•Jn.te parfaitement symbolisée par ce seul et même exposé 
de doctrine chrétienne, que les âges futurs regarderont 
comme 1 un des fruits les plus importants du Concile du 
Vatican. 

Voici maintenant, sous forme de renseignements histo- 
riques, comment le décret du Concile sur ce sujet doit tHre 
mis u exécution : le Saint-Siège est chargé de faire prépa- 
rer ce Petit Catéchisme universel, qui sera rédigé en 
latin. Quand le travail sera achevé, un exemplaire en 
sera adressé à chacun des Evêques du monde, afin que 
chacun puisse faire ses observations et ses remarques cri- 
tiques qu'il devra faire parvenir à Rome aussitôt que pos- 
sible. Pour faire leurs observations et leurs remarques 
les Evoques d'une môme province ecclésiastique jwurront 
se concerter et agir conjointement. 

Quand le Saint-Siège sera en possession des observa- 
tions et des remarques des Evêques, il en fera l'examen, et 
leur rendra justice. Cela fait, on renverra aux Evoques le 
travail modifié d'après les observations et remarques 
reçues et admises. S'il y a lieu, de nouvelles observations 
et remarques pourront être présentées à Rome, qui en 
tiendra le compte que sa sagesse jugera à pro].os. Ce 
sera le dernier procédé de critique, après lequel le Petit 
Catéchisme universel, ainsi préparé, sera définitivement 
publie par le Souverain Pontife, qui accompagnera cette 
publication de Lettres apostoliques qui rendront ce caté- 
chisme obligatoire pour l'univers catholique, et fixeront 
l'époque où commencera l'obligation de le mettre en 
usage. 

Quant à la traduction qu'il en faudra nécessairement 
faire avant de le mettre en usage, elle devra être uniforme, 
autant que possible, pour toutes les parties de l'Eglise 
parlant une même langue, de manière par exemple à 




,li'1" 









m 



m 



— 372 — 

avoir partout une môme traduction anglaise, une môme 
traduction française, une mÊme traduction allemande, etc. 
Nous ne sommes point à même de pouvoir dire positive- 
ment quelle approbation devra porter la traduction ; s. 
ce sera celle du Saint-Siège, ou bien celle de l' Autorité 
ecclésiastique locale. 

I e texte du Catéchisme sera inviolable, et nul, si ce n est 
la souveraine autorité de l'Eglise, ne pourra le changer, 
ni en retrancher ou y ajouter un iota. H sera néanmoms 
Hbre aux Kvèques de le publier avec telles notes explica- 
tives avec telles additions qu'ils pourraient croire utiles 
ou nécessaires aux fidèles confiés à leurs soins. Mais ces 
notes, ces explications ou additions ne devront en aucun 
cas être incorporées et confondues avec le texte. Elles 
devroiv. /ncme être imprimées en caractères différents du 
texte f'U du moins, être accompagnées désignes qui indi- 
nuen. 'Uiriment qu'elles n'appartiennent pas au texte. 
Ces notes, explications ou additions pourront être faites 
sous t-rme de demandes et de réponses ; et si elles ne 
sont point intercalées à travers les demandes et les ré- 
ponses du texte, elles pourront être imprimées au bas des 
pagps, ou renvoyées à la fin du livre. 

Après ces détails que Nous avons cru devoir consigner 
ici à titre d'informations sur un sujet qui Nous parait 
d'un si haut intérêt, Nous passons à notre troisième titre : 
Prmure Constitution dogmatique sur l'Eglise de Jésus- 
Christ. 

VII 

Il est clairement indiqué par le titre de cette constitu- 
tion qu'il entre dans le plan du Concile de consacrer a la 
grande question de l'Eglise une assez large part de ses 
travaux- ce n'est que ?,o. première constitution sur cet im- 
portant sujet ! Il y reviendra donc, et peut-être plusieurs 
fois ' Et de fait, n'est-il pas évident que le déluge d'im- 
' piétés et de maux de toutes sortes qui inonde notre monde 



;• .' 



— 373 _ 

moderne pourtant si fier de lui mOnie et de ses progrés 
vient uniquement de ce que les iionimes refusant d'écou- 
ter 1 Eglise et de suivre ses divins enseignements, pour 
prêter 1 oreille aux vaines utopies de l'„rgueil et des sens 
en délire, s'en vont chaque jour se paganisant davantage ? 
ht ne faudrait-il pas être complètement aveugle pour ne 
pas apercevoir les complots partout ourdis par les nations 
et les peuples, par les rois et les princes, contre cette 
sainte l.pouse du Christ, dont la présence et le regard 
leur apparaissent comme un reproche continuel adressé à 
leurs égarements à jamais déplorables ! Aussi, secondant 
les fureurs de l'ange des ténèbres, scml.lcnt-ils avoir pris 
a tache de la bannir de la terre, pendant qu'appuyée sur 
sa foi, toujours ferme dans son espérance, et se reposant 
sur la parole divine qui lui a promis que jamais les portes 
de l'enfer ne prévaudront contre elle, elle s'avan-c vers 
son terme, calme et sereine au milieu de tant d'orages et 
de tempêtes, sachant que rien ne saurait l'empêcher de 
donner, jusqu'à la fin des temps, des enfants à Dieu, et des 
élus au ciel, et tirant des entrailles de sa charité des gé- 
missements et des prières qu'elle verse sur les projets in- 
sensés des méchants acharnés à sa perte ! Car si certaine 
qu'elle soit que, malgré toutes les persécutions qu'elle en- 
dure, le triomphe lui est un jour assuré, elle ne peut ou- 
blier qu'elle est mère, et que tous les hommes sont ses en- 
fants ! Et pour leur faire partager son triomphe, elle veut 
employer tous les moyens en son pouvoir pour les récon- 
cilier avec leur Père qui est dans les cieux, et les conduire 
à la possession de son céleste et éternel héritage. Et plus 
ses efforts sont incompris et méconnus, plus son amour et 
son dévouement materhel lui inspirent de pitié et de com- 
passion pour -ses enfants égarés. 

La grande entreprise du Concile n'est rien autre chose 
que le produit et le résultat de cet amour et de ce dévoue- 
ment inépuisable pour le salut des âmes, et le Pape, en le 
convoquant, suivait san- doute le mouvement de ses pro- 



-■;1 






A. 

••) ' 

■l'i 



i^^ 



i,,!'! i,J 



^!i,:^ 



'M 



,(?: 



w ë 




IMAGE EVALUATION 
TEST TARGET (MT-3) 




k 




// 





.</ 







4<^ 



Sp ^. 



:a 









1.0 



l.l 



11.25 






12.5 
2.2 



^ 1^ 12.0 



lUUu 

lu 

U 111,6 



<? 



/; 







Photographie 

Sciences 
Corporation 



23 WEST MAIN STREET 

WEBSTER, N. Y. 14580 

(716) 872-4503 





V 




a>^ 





v> 



^V^. ^.\ Wris 



^ 










\r .A "«i^ 







Z 
^ 



& 
%' 



r 




— 374 



{^ 





près convictions, mais il se conformait en môme temps a un 
vœu que de toute part dans le monde la voix de l'Eglir^e 
dispersée exprimait depuis longtemps avec ardeur. Et com- 
me, à en juger par l'état de presque toutes les sociétés qui 
se prétendent chrétiennes parce qu'elles n'ont pas encore 
ouvertement nié que le christianisme a posé la base et ame- 
né le développement de leur civilisation, l'on croirait vrai- 
ment que ces temps sont arrivés dont il est parlé dans le 
saint Evangile, où l'on aura peine à trouver de la foi sur la 
terre, l'Eglise n'a pas été plutôt réunie en Concile, (lue, 
comprenant bien que ces sociétés, que Dieu peut encore 
guérir dans son infinie miséricorde, ne languissent et ne se 
meurent que parce qu'elles ne se désaltèrent plus à la fon- 
taine de la vérité qui fait vivre les nations aussi bien que 
les inividus, elle a consacré les prémices de ses travaux a 
l'affirmation des dogmes fondamentaux du christianisme 
et à la condamnation des erreurs et des hérésies enfantées 
par cet orgueilleux rationalisme, allié fidèle des sens et des 
passions, qui, rejetant tout surnaturel, croit avoir droit de 
demander à Dieu compte des mystères dont il lui a plu se 
réserver le secret, et de les nier parce qu'il ne peut pas 
les comprendre. De là, le magnifique exposé de doctrine, 
que, dans son désir de ramener tous ces peuples à la vente, 
elle a consigné en sa belle Constitution dogmatique sur la 
foi catholique, et les anathèmes qu'elle y a si fermement 
prononcés contre ceux qui oseront persister à la mer, ou 
à en contredire les infaillibles enseignements ! De là aussi, 
son si sage et si admirable décret disciplinaire sur un Petit 
Catéchisme, qui établit et rend obligatoire une même for- 
me d'instruction religieuse pour l'enfance catholique du 
monde entier ; moyen évidemment des plus efficaces pour 
mieux garantir et conserver le premier et principal carac- 
tère de cette divine foi, l'unité, qui lui appartient et lui 
est essentielle comme à Dieu lui-même, selon la parole du 

grand Apôtre 1 

Kt comme le t:oncile, bien qu'assemblé pour expc-er 



I 



' ( 



Cme temps à un 



blé pour exposer 



- 875 - 

et affirmer les grandes vérités et les principaux enseigne- 
ments de la foi en présence des erreurs et des hérésies si 
nombreuses qui les attaquent et les nient, n'a point pour 
but d'établir un cours régulier de dogme, et ne se croit nul- 
lement tenu de s'astreindre à l'ordre que suivent ordinai- 
rement les théologiens dans la disposition de leurs traités 
dogmatiques, de suite après l'important décret dont Nous 
vous avons parlé plus haut, et que Nous venons de ra,)pe- 
lera votre attention, il passe au moyenquc Notre-Seigneur 
Jesus-Lhrist a choisi dans son infinie sagesse, pour con- 
server jusqu'à la fin des temps à la vérité, descendue avec 
lui du ciel en terre, son caractère divin d'unité, en établis- 
sant sur la terre avant de retourner au ciel une autorité 
infaillible dans son enseignement ! Et c'est pour arriver a 
déterminer dogmatiquement où se trouve, et en qui réside 
cette merveilleuse autorité, dont l'existence a toujours été 
admise et reconnue, et par les Pères, et par les Docteurs, 
et par les Théologiens de tous les siècles, que le saint 
Concile a consacré sa Constitution dogmatique première 
sur l'Lglise de Jésus-Christ, de laquelle Nous avons main- 
tenant à vous entretenir, N. T. C. F. ! 

viir 

Au commencement des temps Dieu fit l'homme à son 
image et a sa ressemblance, le destinant à rcgner un jour 
avec Im dans le ciel. Mais vous savez, N. T. C. F., que 
l'homme, en se révoltant contre Dieu, tomba bientôt'dans 
le gouffre d'une éternelle perdition, à laquelle il ne pou- 
vait être soustrait que par le même amour infini qui l'a- 
vait tiré du néant, i/œuvre de la rédemption aussi bien 
que celle de la création devait donc être une œuvre divi- 
ne ! Aussi, a-t-il fallu que le Fils de Dieu, en tout égal l 
son Père, descendît du ciel pour se faire homme, afin de 
sauver les hommes en fondant sur la vérité de sa divine 
et évangélique parole, aussi bien que sur les mérites de sa 



■.À 



,■■■' 



M' 

■ { '■ 

y- 



l 



I- '' ' S!' 



fr!' 



• ''"'' 'M 










l^--^:/ 



■■ f ■ 



il 



iï^ 




i?nfî 



— 376 — 

vie, de sa passion et de sa mort, la religion destinée à les 
réconcilier avec Dieu, et à leur rendre le droit au céleste 
héritage. Il suffit de se replier sur soi-même et de réfléchir 
un instant, pour comprendre que cette religion, divine 
dans son fondateur, n'aura pour arriver à sa fm que des 
moyens surnaturels et divins ; et que si l'homme est appelé 
à prendre quelque part dans l'exécution du plan que 
le père des infinies miséricordes a conçu pour relever le 
genre humain de sa chute, ce n'est pas en son nom, encore 
moins par sa vertu et ses mérites qu'il aura à y intervenir; 
la toute-puissance de Dieu même ne saurait l'élever plus 
haut qu'à la qualité d'instrument destiné à servir ses miséri- 
cordieux desseins ! Rien donc de naturel et d'humain dans 
ce que la religion fait ou opère pour régénérer les hom- 
mes et les conduire au salut ! C'est là une vérité avec la- 
quelle vous êtes plus que familiers, N.T.C.F.! Personne 
d'entre vous n'ignore, par exemple, que chaque fois que le 
prêtre accomplit quelque fonction de son saint ministère, 
il y a toujours intervention divine, puisque c'est Jésus- 
Christ lui-même qui opère par lui et avec lui ! Nous ne 
connaissons rien de plus élémentaire que cet enseigne- 
ment dans l'ordre de la foi : et Nous y rer vis votre 
attention, N.T.C.F., afin que vous pussiez f? .ent com- 

prendre que le saint Concile du Vatican, ti affirmant 
avec toute l'autorité dont il était revêtu, les prérogatives 
du Siège de Pierre, et en définissant qu'il est de foi que 
celui qui l'occupe, reçoit comme Pierre l'avait lui-même 
reçu de Jésus-Christ, en sa qualité de docteur, de juge 
souverain dans l'Eglise, le privilège de VJnJaillibilité ou 
Inerra"ce doctrinale, n'a jamais prétendu ni pu prétendre 
que le Pape, qu'il a ainsi dogmatiquement déclaré infailli- 
ble, puisse l'être autrement que par suite de l'action divine 
sur lui, et d'une assistance spéciale que lui donne l'Es- 
prit-Saint chaque fois qu'il a à porter dans les matières de 
foi un jugement solennel, prononcé ex cathedra, suivant 
l'expression ordinaire et partout reçue et comprise. 



— 377 — 

Préparés par ces courtes réflexions à mieux suivre et à 
mieux entendre les enseignements du saint Concile sur la 
SI importante question des prérogatives accordées par 
Notre -Seigneur à saint Pierre et à ses successeurs, 
écoutez avec attention, N.T.C.F.,le langage solennel et sen- 
tant vraiment l'inspiration dont s'est servi l'auguste assem- 
blée pour traiter ce grave sujet dans la Constitution sur l'E- 
glise dont Nous vous entretenons en ce moment, et que 
Nous croyons devoir insérer ici textuellement et en entier, 
vu le haut intérêt qui se rattache à ce précieux document. 
Elle se compose d'un préambule, et de quatre chapitres, 
dont chacun a pour conclusion un anathème porté contre 
celui qui oserait nier ou contredire la doctrine qui y est 
exposée. 



Constihitioii dogmatiqae première sur l'Eglise de Jésus-Christ. 

" PIE, Evêque, serviteur des serviteurs de Dieu. 
" De l'approbation du sa:nt Concile, pour le souvenir 
' perpétuel de la chose. 

" Le Pasteur éternel et l'évêque de nos âmes, afin de 

' rendre perpétuelle l'œuvre salutaire de sa rédemption. 

' résolut d'édifier la sainte Eglise, en laquelle, comme 

' dans la maison du Dieu vivant, tous les fidèles sont unis 

' par le lien d'une même foi et d'une même charité. C'est 

' pourquoi, avant qu'il ne fût glorifié, il pria son Père, 

' non seulement pour les apôtres, mais aussi pour eaux 

• qui, par leur parole, devaient croire en lui, afin que tous 

fussent un, comme le Fils lui-même et le Père sont 

un (i). De même donc qu'il a envoyé les apôtres qu'il 

s'était choisis dans le monde, comme lui-même avait été 

■ envoyé par son Père, de même il a voulu des pasteurs 

et des docteurs dans son Eglise jusqu'à la consomma- 



(I) Voyez saint Jean, XVII, l, 20 et suivants. 



!•;;;,. 



n 



4i 



'if' ■ 



I 



'.'•■"'.i.i 






M 



H 


■ 


i :'.'^ 


!■ 


*^, ''U 


■ 


:y 


■ 


'i 


1 




:M- 



'% 



'%■ 




- 878 — 

" tion des siècles. Mais pour que l'épiscopal ffit mis à 
" l'abri des divisions, pour que la multitude de tous les 
•' croyants fût conservée dans l'unité de foi et de commu- 
" nion pai des prêtres unis entre eux, plaçant le bienheu- 
" reux Pierre au-dessus des autres apôtres, il a institué en 
" lui le principe iierpétuel et le fondement visible de cette 
" double unité, afin que sur sa solidité fCit bâti le temple 
'' éternel, et que sur la fermeté de sa foi s'élevât l'édifice 
" sublime de l'Eglise, qui doit être porté jusqu'au ciel(i). 
" Et comme les portes de l'enfer s'élèvent de toutes parts, 
" avec une haine chaque jour croissante, contre le fonde- 
" ment divinement établi de l'Eglise, afin de la renverser, 
" si c'était possible. Nous jugeons, de l'approbation du 
" saint Concile, qu'il est nécessaire, pour la sauvegarde, 
" le salut et l'accroissement du troupeau catholique, de 
" proposer, pour être crue et tenue par tous les fidèles, 
" conformément a l'ancienne et constante foi de l'Eglise 
" universelle, la doctrine sur l'institution, la perpétuité et 
" la nature de la sainte primauté apostolique dans laquelle 
" consiste la force et la solidité de toute l'Eglise, et de 
" proscrire et de condamner les erreurs contraires, si pré- 
" judiciables au troupeau du Seigneur. 



,1 » 



y.' 



CHAPITRE I. 






ÊÊ 



DK I 'institution DK LA PRIMAUTÉ APOSTOLIQUE DANS 
LA PERSONNE DU BIEN HKUREUX PIERRE. 

" Nous enseignons donc et nous déclarons, conformé- 
" ment aux témoignages de l'Evangile, que la i)rimauté 
" de juridiction sur toute l'Eglise de Dieu a été immédia- 
" tement et directement promise et conférée par Notre- 
" Seigneur Jésus-Christ au bienheureux apôtre Pierre. 



(I) Saint Léon le Grand, serm. IV (al. III), chap. 2. An jour de 
sa naissance. 






— ;i7f) — 



;opat ffil mis à 
ide (le tous les 
31 et de commu- 
çant le bienheu- 
i, il a institué en 
t visible clc cette 
it bâti le temple 
s'élevîit l'édifice 
usqu'au ciel (i). 
de toutes i)arts, 
contre le fonde- 
de la renverser, 
'api)robation du 
r la sauvegarde, 
u catholique, de 
tous les fidèles, 
:e foi de l'Eglise 
, la perpétuité et 
[ue dans laquelle 
ite l'Eglise, et de 
;ontraires, si pré- 



)RTOLIQUE DANS 
PIERRE. 

arons, conformé- 
que la j)rimauté 
u a été immédia- 
"érée par Notre- 
X apôtre Pierre. 

:hap. 2. Au jour de 



1^' C'est, en effet, au seul Simon, à qui il avait dit: Tu 
' seras appelé Céphas (i), après qu'il eut fait cette con- 
'fession: Tu es le Christ, fils du Dieu vivant; c'est a 
' Simon seul que le Seigneur a adressé ces paroles : Tu 
^' es bienheureux, Simon, fils de Jean, par<:c que ce n'est 
^ ni la chair ni le sang qui te l'a révélé, mais mon Père, 
' qui est aux cieux ; et mui je te dis que tu es Pierre, et 
' sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de 
' l'enfer ne prévaudront pas contre elle ; et je te donnerai 
I les clefs du royaume des cieux, et tout ce que tu lieras 
I sur la terre sera aussi lié dans le ciel, et tout ce que tu 
' auras délié sur la terre sera aussi délié dans le ciel (2). 
' C'est aussi au seul Simon Pierre, que Jésus, après sa 
résurrection, a conféré la Juridiction de pasteur suprê- 
' me et de guide pour son troupeau, en lui disant : Pais 
mes agneaux, pais mes brebis (3). A cette doctrine si 
manifeste des saintes Ecritures, telle qu'elle a toujours 
été comprise par l'Eglise catholique, sont ouvertement 
contraires les opinions de ceux qui, renversant la forme 
de gouvernement établie dans son Eglise par le Christ 
Notre-Seigneur, nient que Pierre seul ait été investi par 
le Christ d'une véritable et i)ropre primauté de juridic- 
tion au-dessus des autres apôtres, pris séparément ou 
tous ensemble ; ou qui affirment que cette même pri- 
mauté n'a pas été immédiatement ou directement con- 
férée au bienheureux Pierre, mais à l'Eglise, et que c'est 
par celle-ci qu'elle lui est transmise comme ministre de 
cette même Eglise. 

"Si donc quelqu'un dit que le bienheureux Apôtre 
Pierre n'a pas été constitué par le Christ Notre-Seigneur 
le prince des Apôtres et le chef visible de toute l'Eglise 
militante ; ou que le même Pierre n'a reçu directement 



(i) Saint Jean, I, 42. 

(2) Saint Matthieu, XVI, 16- ig. 

(3) Saint Je.in. XXI, 15-17. 



-.4 ■ 



■1:1: 



I 



t,««l, 




^'ê 








w 


ïfp 




:4 

1 



380 



" et immédiatement du Christ i\otre-Seigneur qu'une pri- 
" niauté d'honneur, et non de véritable et proj)re juri- 
" diction, Qu'il soit anathéme ! 




CHAPITRE H. 

UK LA l'ERl'ÉTUITÉ UK LA PRIMAUTÉ UE l'IERRE DANS 
LES PONTIFES ROMAINS. 

" Mais il est nécessaire que ce que Notre-Seigneur, le 
" prince des Apôtres et le pasteur suprôme des brebis, a 
" établi en la personne du bienheureux Pierre pour la 
" conservation et le bien permanent de l'Eglise, subsiste 
" toujours par lui dans l'Eglise, laquelle fondée sur la 
" pierre demeurera inébranlable jusqu'à la fin des siècles. 
"Et il n'est douteux pour personne, il est au contraire 
" notoire à tous les siècles que jusqu'à notre temps et 
" toujours, le saint et bienheureux Pierre, prince et chef 
" des Apôtres, colonne de la foi et fondement de l'Eglise 
'■ catholique, qui a reçu de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 
" Sauveur et Rédempteur du genre humain, les clefs du 
" royaume, vit, règne et juge en ses successeurs les évê- 
" ques du saint Siège de Rome, établi par lui et consacré 
" par son sang (i). C'est pourquoi, quiconque succède à 
" Pierre sur ce siège, possède, en vertu de l'institution de 
" Jésus-Christ lui-même, la primauté de Pierre sur 
" l'Eglise universelle. L'économie de la vérité subsiste 
" donc, et le bienheureux Pierre gardant toujours telle 
" qu'il l'a reçue, la solidité de la pierre, n'a pas quitté la 
" charge du gouvernemen' de l'Eglise (2). C'est pourquoi, 
" il a toujours été nécessa.re que toute l'Eglise, c'est-à-dire 
" tous les fidèles partout répandus, fût en union avec 

(1) Concile d'Ephèse, act. III. -S. Pierre Chrysologue, ép. au 
prêtre Eutychès. 

(2) Saint I..éon le Grand, serm, III (al. II), c. 3, 



r ' 



^•\ 



■. l'IERRK DANS 



— 381 — 

^'_' l'fciglisf rumaiv.c, à cause de sa principauté dominante, 
^ ahn que unis, comme les membres à leur chef, à ce 
" siège d'où émanent en faveur de tous les droits' de l'i 
'• vénérable communauté, ils ne formassent qu'un seul et 
même corps (i;. ' 

^^ " Si donc quelqu'un dit que ce n'est pas par l'institution 
d^e Jesus-Chnst ou de droit divin, que le bienheureux 

^^ i lerre a des successeurs perj.étuels dans la primauté 

^^ sur toute l'Eglise; ou que le pontife romain n'est pas le 
succes:ic..: du bienheureux Pierre dans la môme pri- 

" mauté : Qu'il soit anathème ! 






CHAPITRE iri. 

UE LA NATURE KT DU CARACTÈRE DE LA PRIMAUTÉ OU 
PONTIKE ROMAIN. 

"C'est pourquoi, appuyés sur les témoignages mani- 
' festes des saintes Ecritures et fermement attachés -aux 
' décrets formels et certains tant de nos prédécesseurs 
' les pontifes romains, que des conciles généraux, nous 
' renouvelons la définition du concile cecuménique de 
' Florence, en vertu de laquelle tous les fidèles du Christ 
' sont obligés de croire que le Saint-Siège apostolique et 
I le pontife romain a la primauté sur le monde entier • 
' que le môme pontife romain est le successeur du bien- 
' heureux Pierre, prince des apôtres, le vrai vicaire de 
' Jésus-Christ, le chef de toute l'Eglise, le père et le doc- 
' teur de tous les chrétiens, et qu'à lui a été confié par 
' Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans la personne du bien- 
^ heureux Pierre, le plein pouvoir de paître, de régir et 
de gouverner l'Eglise univerrelle, ainsi qu'il est contenu 
dans les actes des conciles œcuméniques et les saints 
' canons. 



m 



''Ml 



Si m 



I 
p. î'j 

'w 



-1- 



(I) Saint bénéc. -Coiidlcd'AquilOe.-i>Le VI, hie{ Super so/idi(uU. 



A: 



1 






i 






• 11- 


»• 

i 




''J 


i 





'.4 



1' 

\f ■ 



— :}8-' — 

" Nous enseignons donc et nous déclarons que l'Eglise 
" romaine, par l'institution divine, a la principauté de 
" pouvoir ordinaire sur toutes les autres églises, et que ce 
" pouvoir de juridiction du l'ontife romain, vraiment épis- 
" copal. est immédiat ; cpie les pasteurs et les fidèles, tous 
" et chacun, (jucls (juc soient leur rite et leur rang, lui 
" sont assujettis par le devoir de la subordination hiérar- 
" chique et d'une vraie obéissance, non seulement dans 
•■ les choses qui concernent la foi et les mijeurs, mais aussi 
•' dans celles (pii appartiennent à la discipline et au gou- 
" vernement de l'Kglise dispersée dans tout l'univers, de 
" sorte (pie gardant l'unité scjit de communion soit de 
" profession d'une mê-me foi avec le Pontife romain, 
" l'Eglise du Christ est un seul lrou])eau sous un seul 
" Pasteur suprême. 'J'elle est la doctrine de la vérité 
" catholique, dont nul ne ])eut dévier sans perdre la foi et 
'• le salut. 

" Mais loin que ce pouvoir du souverain Pontife nuise 
" à ce pouvoir ordinaire et immédiat de juridiction épis- 
" copale par lequel les évêques cpii, établis par le Saint" 
" Esprit, ont succédé aux apôtres (i), paissent et régis- 
" rent, comme vrais pasteurs, chacun le troupeau jjarticu- 
" lier confié à sa garde, ce dernier pouvoir est proclamé, 
" confirmé et corroboré par le suprôme et universel Pasteur, 
" selon la parole de saint Grégoire le Grand : " Mon hon- 
" neur est l'honneur de l'Eglise universelle. Mon honneur 
" est la force solide de mes frères. Et je suis véritable- 
" ment honoré lorsque l'honneur dû à chacun ne lui est 
" pas refusé (2)." 

'• De ce pouvoir suprême du Pontife romain de gou- 
" verner l'Eglise universelle, résulte pour lui le droit de 
" communiquer librement dans l'exercice de sa charge 
" avec les pasteurs et les troupeaux de toute l'Eglise, afin 



(1) Concile de Trente. 

(2) Saint Grégoire, éj). XXX. 



'■:|: 



— SH^i ~ 

;^' qu'ils puissent être instruits et dirigés par lui dans la 
^^ voiedusalut. C'est I>ourquoi nous condamnons et réprou- 
^^ vons les maximes de ceux qui disent que cette commu- 
_^ n.cafon du chef suprême avec les pasteurs et les trou- 
_ peaux peut Otre légitimement empêchée, ou qui la font 
^_ dépendre du pouvoir séculier, prétendant ,,ue les choses 
^^ établies par le Siège apostoluiue ou en vertu de son au- 
_^ tor.te, n ont de force et d'autorité que si elles sont con- 
firmées i)ar l'agrément de la j.uissance séculière. 
^^ " Kt comme le Pontife romain, par le droit divin de la 
_ pnmauté apostolique, est préposé à l'Eglise universelle, 
_ nous enseignons de .même, et nous déclarons qu'il est 
^^ le juge suprême des fidèles (i) et (lu'on peut recourir 
_^ a son jugement dans toutes les causes .pii sont de la 
^ comi^elence ecclésiastique (2) ; <,u'au contraire le juge 
ment du -Siège apostolicpie, au-dessus du(iuel il n'y i' 
'' point d'autorité, ne peut être réforme ].ar personne, et 
^_ quil n'est permis à personne de juger son jugement. 
Ceux-Ia donc s'écartent du droit chemin de la vérité 
1; qu. affirment qu'il est permis d'appeler des jugementsdes 
^^ souverains Pontifes au Concile œcuménique comme à une 
" autorité supérieure au Pontife romain. 

" Si donc quelqu'un dit que le Pontife romain n'a que 
' la charge de surveillance ou de direction et non le plein 
" et su])rême pouvoir de juridiction sur l'Eglise universelle 
'• non seulement dans les choses qui , , ncernent la foi et 
" les mœurs, nuis aussi dans celles (,;u uennent à ladisci- 
I' pline et au gouvernement de l'Eglise répandue dans tout 
' 1 univers ; ou qu'il a seulement la principale part et non 
" la plénitude de ce pouvoir sujjrême ; ou que ce pouvoir 
I' qui lui appartient n'est pas ordinaire et immédiat soit 
" sur toutes les églises, soit sur chacune d'elles, soit sur 
" tous les pasteurs et sur tous les fidèles et sur chacun 
" d'eux : Qu'il soit anathème ! 



(1) Pie VI, Bref Si,J>cr sû/iJi/at,: 

(2) Second Concile œcuménique de Lyim, 



•*■ 



:'"v 



i !^ 



ir: 



i'f,..! 



É: 






k' 

If: , 



'M 






w^0l* 



n r.. 



M.' ' 





— 384 — 
CHAPITRE IV. 

DU MACilSTÈRE INKAILMHI.K DU l'ONTIFE ROMAIN. 

" Ce saint Siège a toujours tenu, comme l'usage perma- 
" ncnt de l'Eglise le iirouve, et les Conciles œcuméniques 
" eux-mCraes, ceux-là surtout où l'Orient se réunissait à 
" l'Occident dans l'union de la foi et de laciiarité, ont déclaré 
" que le pouvoir suprême du magistère est compris dans la 
" primauté apostolique que le Pontife romain possède sur 
" l'Eglise universelle, en sa qualité de successeur de Pierre, 
" prince des apôtres. C'est ainsi que_^ les Pères du quatriè- 
" me Concile de Constantinople, marchant sur les traces 
" de leurs prédécesseurs, ont émis cette solennelle pro- 
" fession de loi : '' Le salut est avant tout de garder la rè- 
" gle de la vraie foi. Et comme la parole de Notre-Seigneur 
" Jésus-Christ disant : Tu es Pierre, et sur cette pierre je 
" bâtirai mon Eglise (i), ne peut être vaine et sans effet, 
" elle a été vérifiée par les faits ; car, dans le Siègf^ apos- 
" tolique, la religion catholique a toujours été conservée 
" immaculée et la sainte doctrine toujours enseignée. l)é- 
" sirant donc ne nous séparer en rien de sa foi et de sa doc- 
" trine, nous espérons mériter d'être dans l'unique commu- 
" nion que prêche le Siège apostolique, en qui se trouve 
" l'entière et vraie solidité de la religion chrétienne (2). 

" Avec l'approbation du deuxième Concile de Lyon, les 
" Grecs ont professé " que la sainte Eglise romaine a la 
" souveraine et ])leine primauté et principauté sur l'Eglise 
" catholique universelle : i)rincipauté qu'elle reconnaît en 
" toute vérité et humilité avoir reçue, avec la plénitude 
" de la puissance, du Seigneur lui-même, dans la personne 
" du bienheureux Pierre, prince ou chef des apôtres, dont 

(1) S.iint M.itthieu, XVI, 18. 

(2) De la formule du Pape saint Ilormisclas, telle qu'elle a été 
proi)osée par Adrien II et souscrite par les Pères du 8me Concde tecu- 

méniijue, 4e do Couitanlinople. 






E ROMAIN. 



— 885 — 

;; le Pontile romain est le su'cresse.ir ; et, de mCme qu'elle 
^^ est cnue plus q.,e toutes les autres de défendre la vérité 

^^ t.vement a la fo>, ees quest.ons doivent être définies par 

qc le Pont, e romam est le vrai v'ieaire du Christ, la 
^^ ^U^de oute PEgU^^^ 

" pL 1 '■!- ''"'■'"' ^'"' '" '"''■"'""^' '^^ l'ienheureux 
" ,W in : ' ' ?'■'' '^'^ N°'^--^^-i«"^-"r Jésus-Christ, le 
1 Ic.n pouvoir de paître, de conduire et de gouverner l'E- 
"ghse universelle ^^). '^ 

" ni r'-'r"" °"' '""J""^^ ardemment travaillé à 

« , '' ■' ''-"^'•■' '^^ ""' ^^"''^' ^'^'^^ "ne égal, .sollici- 

^^ tude a la conserver pure et sans altération partout où 
eleaete reçue. C'est pourquoi les évoques de tout 
1 "Hivers tantôt dispersés, tantôt réunis en synodes 

" s'Ind 1 ^'11 ^"'"■■"" ''' ^■^"'■^" (^^ ^^ ''-'■••^P ■ 
signaler a ce .S.ege a,)ostolique les dangers qui se pre 
sentaient sHirtout dans les choses de foi, J, ^.J , 

^^ dommages fa.ts à la foi trouvassent leur souverain reméd^- 

cote les lontdes romains, selon que les y engageait la 
;; cond.fon des temps et des choses, tantôt 'n con vt^uln: 

des Conciles œcuméniques, tantôt en consultant l'Eglise 
^^ dispersée dans l'univers, tantôt par des synodes p.rti- 
^_ cuhers, tantôt par d'autres moyens que la Providence 
^^ leur fournissait, ont défini qu'il fallait tenir tout ce que 

avec 1 aide de Dieu, ils avaient reconnu être conforme' 



(1) Voyez saint Jean, XXI, 15.17. 

(2) -Saint Cyrille d'Alexandrie au Pape saint Célestin. 

(3) Saint Innocent 1er aux Conciles de Carthage et de Milène. 

(4) Voyez saint Bernard, épître 190 



■n; 



:[} 



■■'■ i i 



, ifUi» g/- 



. I 



f^-l 






fp. 


i 




1 



Tfl"" 



m 


m 


n 


■%"■ 











f' 


,• ^ 




V ; 


\m ' 






"A^ 




/ 



%' 



a 



— 386 — 

" aux saintes Ecritures et aux traditions apostoliques. Le 
" Saint-Esprit n'a pas, en effet, été promis aux successeurs 
" de Pierre pour qu'ils publiassent, d'après ses révélations, 
" une doctrine nouvelle, mais pour que, avec son assis- 
" tance, ils gardassent saintement et exposassent fidèle- 
" ment les révélations transmises par les apôtres, c'est-à- 
" dire le dépôt de la foi. Tous les vénérables Pères ont 
" eml)rassé, et tous les saints docteurs orthodoxes ont 
" vénéré et suivi leur doctrine apostolique, sachant par- 
" faitement (lue ce Siège de Pierre reste toujours exempt 
" de toute erreur, selon cette divine promesse du Seigneur 
" notre Sauveur, faite au prince de ses disciples : " J'ai 
" prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, 
" lorsque tu seras converti, confirme tes frères (i). 

" Ce don de la vérité et de la foi qui ne faillit jamais a 
" donc été divinement accordé à Pierre et à ses succes- 
" seurs dans cette chaire, afin qu'ils s'acquittassent de leur 
" éminente charge pour le salut de tous ; afin que tout le 
" troupeau du Christ, éloigné par eux du pâturage empoi- 
" sonné de l'erreur, fût nourri de la céleste doctrine ; afin 
" que, toute cause de schisme étant enlevée, l'Eglise fût 
" conservée toute entière dans l'unité, et qu'appuyée sur 
" son fondement, elle se maintint inébranlable contre 
" les portes de l'enfer. Or, à cette époque où l'on a besoin 
" plus que jamais de la salutaire efficacité de la charge 
" apostolique, et où l'on trouve tant d'hommes qui cher- 
" chent à rabaisser son autorité, nous pensons qu'il est 
" tout à fait nécessaire d'affirmer solennellement la préro- 
" gative que le Fils unique de Dieu a daigné joindre au 
" suprême office pastoral. 

" C'est pourquoi, nous attachant fidèlement à la tradi- 
" tion, qui remonte au commencement de la foi chrétienne, 
" pour la gloire de Dieu notre Sauveur, pour l'exaltation 

(i) Voyez saint Agathon, épît. à l'Empereur, app. par le 6e Con- 
cile œcuménique. 



app. par le 6e Con- 



— 387 — 

;; de la religion catholique et le salut des peuples chrétiens, 
^^ nous enseignons et définissons, de l'approbation du 
,c' ' , ^J^"^','f ' q^e «^'est un dogme divinement révélé, 
^^ que le Pontife romain, lorsqu'il parle ex cathedra, c'est- 
à-dire lorsque, remplissant la charge de pasteur et doc- 
^^ eur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême auto- 
^^ me apostolique, .1 définit qu'une doctrine sur la foi ou 
les mœurs doit être tenue par l'Eglise universelle, jouit 
^_ P -nement. par l'assistance divine qui lui a été p;omise 

" lih > ^^r'TJ- ^" ^'^""^^"^^"^ Pierr ie cette infail- 
^^ libihte dont le divin Rédempteur a vouk que son Egli- 
^^ se fût pourvue en définissant sa doctrine touchant la foi 
ouïes mœurs; et, par conséquent, que telles défini- 
^^ tions du Pontife romain sont par elles-mêmes, et non 

en vertu du consentement de l'Eglise, irréformables. 
^^ Et si quelqu'un, ce qu'à Dieu ne plaise, avait la témé- 
rité de contredire notre définition, Qu'il soit anathème - " 
Quels que puissent être à l'avenir les travaux du Con- 
cile du Vatican, il Nous paraît évident, N.T.C.F que la 
Constitution dont vous venez d'entendre la lecture sera 
son œuvre principale, à raison des importantes questions 
dont il y est traité. ^ 

Il est certain que, depuis assez longtemps, l'esprit d'or- 
gue.l et d indépendance, qui sous le nom de révolution a 
réussi a tout bouleverser dans le monde, en y laissant à 
peine subsister quelque vestige du principe d'autorité sur 
equel il a plu à Dieu établir la société, cherche à complé- 
ter son œuvre de destruction, en sattaquant avec une fu- 
reur satanique à l'autorité du Chef de l'Eglise. Mais la foi 
qui ne craint rien des noirs complots de l'enfer, a j né par 
la voix du Concile un défi solennel aux attaques de cet 
esprit d'orgueil et d'indépendance, personnifié dans le 
schisme, les hérésies et les impiétés de toutes sortes en 
affirmant à sa face les prérogatives et les attributs 'que 
Notre-Seigneur Jésus-Christ a daigné dans son infinie sa- 
gesse conférer au bienheureux Pierre et aux Pontifes ro- 



fi]: 



i 






1.^ 



!» 



■ f: 






m 









•| 



— 388 — 



[Il \^ 

¥ 

h' 



l 'il 



m 



mains ses successeurs, pour gouverner et conserver sa 
sainte Eglise dans une unité que jamais l'erreur ne puisse 
dissoudre ; et c'est par la Constitution dont Nous vous 
entretenons qu'il a dogmatiquement défini ces prérogatives 
et attributs qui consistent spécialement dans le souverain 
pouvoir de juridiction et d'administration, et dans l'infailli- 
bilité d'enseignement dont le divin Sauveur a revêtu 
saint Pierre et qui doivent passer à ses successeurs jus- 
qu'à la consommation des siècles. 

Il n'y avait guère ([ue le schisme, l'hérésie et l'impiété 
qui osassent ouvertement nier au Pontife romain le sou- 
verain pouvoir et la plénitude de juridiction qu'il tient 
de Notre-Seigneur ;<our conduire et gouverner son Eglise, 
pour lier et délier, pour paître les agneaux et les brebis 
de son divin troupeau. Il s'est néanmoins trouvé dans 
l'Eglise des catholiques assez nombreux, ecclésiastiques 
et laïques, pour former ce qu'on pourrait appeler une 
école que le Saint-Siège ne tolérait qu'en lui faisant sentir 
en toute occasion l'osprit anti-catholique et le danger de 
ses principes, qui amoindrissaient ces augustes préroga- 
tives jusqu'à les rendre vaines et illusoires, et qu'ils avaient 
même quelquefois l'air de nier po,îitivement, tout en s'y 
soumettant néanmoins dans la pratique et la conduite. Cette 
école, connue en France sous le nom de Gallicanisme, en 
Autriche et en Allemagne, sous celui de Fébronianisme, 
restreignait considérablement ce souverain pouvoir et 
cette plénitude de juridiction attribué par Notre-Seigneur 
à Pierre et à ses successeurs pour le gouvernement de l'E- 
glise; et grossissait les privilèges et les droits du pouvoir po- 
litique ou de l'Etat de tout ce qu'elle enlevait à la divine au- 
torité du Pape. Il ne serait pas possible de contester que le 
résultat de ce que l'on a[)i)elait en France les libertés galli- 
canes, était un véritable asservissement de l'Eglise à l'E- 
tat. Le fébronianisme avait iait à l'Eglise une condition 
peut-être encore jilus anormale en Autriche et en Allema- 
gne, et dans les provinces et les pays qui en dépendaient 






^. 'A 



'%X 



— 389 — 

politiquement. Et cette école, si tant est qu'elle puisse être 
honorée de ce titre, n'attaquait pas seulement le pouvoir 
souveram de juridiction et d'administration du chef de 
1 Eglise ; elle allait jusqu'à mettre en question et à révo- 
quer en doute sa prérogative d'enseignement infaillible, 
quand elle ne la lui refusait pas formellement. Et quoiqu'on 
ne^le puisse avouer sans regret, il faut pourtant admettre 
quelle a certainement compté parmi ses sectateurs des 
hommes d ailleurs dignes de respect et de considération, 
distingués par le mérite et le savoir, et dans le monde et 
dans 1 Eglise, a commencer par l'homme d'un si éminent 
génie qui en a été le plus habile défenseur et apologiste 
aussi souvent désigné par le glorieux titre d'Aigle de Meaux 
que par son nom véritable ! La postérité, mieux encore que 
les hommes de notre époque, en le jugeant avec indépen- 
dance et sans partialité, trouvera que ce ne fut certaine- 
ment point cet écart qui donna des ailes à ce grand génie 
quoiqu'il soit bien certain que le prestige de son nom â 
été pour beaucoup dans l'ardeur avec laquelle les parti- 
sans du gallicanisme en ont soutenu les principes jus- 
qu'au sein même du Concile du Vatican, où l'on s'est im- 
posé le charitable devoir de consacrer au delà de quatre 
mois a détruire leurs arguments, et à résoudre leurs ob- 
jections, avec un déploiement de science, avec une force 
d'argumentation non moins admirables que la patience 
et la charité des vénérables défenseurs de la cause de 
Pierre et de ses successeurs, et par conséquent de l'Eglise, 
puisque selon la pensée d'un saint Père, l'Eglise est où 
est Pierre: Ubi Petrus, ibiEcclesia. 

Oh 1 qu'elle a été noble et sainte cette lutte si habile- 
ment et si charitablement soutenue jusqu'à ce jour où 
enfin un si beau triomphe couronna la vérité des doctri- 
nes appelées ultramontaines, aux grands applaudissements 
de l'univers catholique entier, qui, sous l'influence de la 
grâce et de la lumière du ciel, sentait sa conscience allé- 
gée du poids d'un doute que ne partageait assurément 



.. 1 



«il' 



'm- % 






m V 



t ,', • > 








— 390 — 

point l'immense majorité des enfants de l'Eglise, mais 
qui n'ei- avait pas moins été la cause de discussions, de 
divisions d'opinions à jamais déplorables et tout entières 
au profit du schisme, de l'hérésie et de l'impiété, qui s'en 
taisaient un argument dont il est aisé de comprendre la 
force contre l'unité, et par conséquent contre la vérité du 
principe catholique ; ces divisions servant aussi bien 
efficacement la cause diabolique de l'esprit révolutionnaire, 
qui sut toujours habilement exploiter l'appui que lui four- 
nissait cet amoindrissement des droits et de l'autorité du 
chef de l'Eglise, pour faire triompher sa funeste doctilne, 
subversive de tout ordre social et de tout repos public, 
laquelle, contrairement à la parole de l'Ecriture et à l'en- 
seignement de l'Eglise, ose affirmer que /t'Mi /« hotnmes 
sont égaux, et que toute autorité qui ne vient point du 
peuple souverain, n'est qu'une usurpation ! 

Dieu soit loué, N.T.C.F., le saint Concile du Vatican, 
inspiré et fortifié par la lumière et les grâces de l'Esprit- 
Saint, a parfaitement compris que la Providence l'avait 
destiné à la mission qu'il a courageusement et patiemment 
remplie, en condamnant si fermement les principes galli- 
cans et fébroniens, malgré les ruses et les ressources de 
la diplomatie et de la politique, malgré même certaines 
menaces assez directes employées par les puissances du 
monde, peu disposées à entendre condamner les usurpa- 
tions de droits dont elles s'étaient rendues coupables à 
l'endroit du domaine du chef de l'Eglise ; malgré les atta- 
ques violentes et les injures grossières de la presse irréli- 
gieuse et impie ; malgré les dérisions de l'hérésie déver- 
sées sur les prérogatives du Pontife romain et sur le Con- 
cile qui allait les affirmer dogmatiquement, en pleine 
lumière du 19* siècle; malgré les reproches et les bouta- 
des d'une certaine presse soi-disant religieuse, qui dans 
ses journaux et ses brochures affichait la prétention aussi 
peu modeste que peu catholique de dicter ce qu'elle 
appelait le devoir aux Pères du Concile ; malgré la persis- 



F' 

M 



— 391 — 

tance avec laquelle un petit nombre de Pères, à peu près 
un sur dou^e, ont combattu jusqu'à la fin la mesure, 
objectant à la doctrine qu'ils prétendaient n'être pas 
suffisamment établie pour en faire un dogme de foi, et 
combattant surtout l'opportunité d'une décision dogma- 
tique ! Mais rien n'y a fait: l'action divine pesait évi- 
demment sur le Concile, en le maintenant ferme et iné- 
branlable dans sa détermination à affirmer et définir quels 
sont les droits, les privilèges, les prérogatives que la croy- 
ance de l'Eglise a toujours reconnus et attribués au Pape, 
successeur de Pierre, et comme lui Vicaire de Jésus- 
Chnst, et qu'on ne saurait lui refuser sans manquer à la 
toi, et sans devenir anathème ! Et après des discussions 
des explications sérieuses et laborieuses, qui avaient 
absorbé tout le temps des Congrégations pendant au delà 
de quatre mois, répandant chaque jour une lumière plus 
abondante et plus vive sur la question, et ne laissant sans 
une réponse ou une solution claire et décisive aucune 
difficulté, aucune objection historique, théologique ou 
dogmatique ; la conscience des Pères étant parfaitement 
éclairée et formée, et leur raison pleinement satisfaite, 
lundi le i8 juillet, devient un jour à jamais mémorable ' 
La constitution dogmatique si longuement élaborée, si 
consciencieusement discutée et examinée, y est acceptée 
et approuvée par le Concile du Vatican, en sa quatrième 
session, 538 des Pères présents votant phicet, et 2 seule- 
ment non placet ! Et en conséquence de ce résultat du 
suffrage, le Souverain Pontife, l'auguste Pie IX confirme 
et promulgue de suite, à la plus grande joie des Pères et 
des fidèles présents, la vénérable Constitution que le Con- 
cile vient d'approuver, et en laquelle il a été dogmatique- 
ment affirmé et enseigné, sous peine d'anathéme pour 
quiconque oserait dire le contraire, que la primauté 
apostolique instituée dans la personne du bienheureux 
Pierre, passe, pour s'y perpétuer jusqu'à la fin des temps 
dans la personne des Pontifes romains; et qu'en vertu et 



t-\ 




— 392 — 

à raison de cette primauté, le Pontife romain a non 
seulement une charge d'inspection et de direction, mais 
aussi un plein et suprême pouvoir de juridiction sur 
l'Eglise universelle, tant dans les choses qui appartiennent 
à la discipline et au gouvernement de l'Eglise répandue 
dans l'univers, que dans celles qui concernent la foi et les 
mœurs ; et qu'il a non seulement la principale part, mais 
toute la plénitude de ce pouvoir suprême, lequel est épis- 
copal, ordinaire et immédiat sur toutes les églises et tous 
les pasteurs, aussi bien que sur tous les fidèles du monde 
entier ! Ce sont les doctrines proclamées dans les trois 
premiers chapitres. 

Et la vénérable constitution dans son quatrième cha- 
pitre a aussi bien solennellement enseigné et proclamé 
\' Infaillibilité personnelle du Pape, qu'elle a définie 
comme l'un des dogmes et rangée au nombre des articles 
de la foi ! 

Il est certain qu'à raison des circonstances diversee, 
ménagées sans doute pas la Providence pour hâter l'avè- 
nement de cette si importante décision du saint Concile, 
et trop connue pour qu'il Nous soit nécessaire de vous 
les rappeler, la conscience du monde catholique tout en- 
tier éprouvait à l'endroit de cette décision un laborieux 
serrement d'espérance et de crainte, qui se dilata en une 
immense et universelle explosion de joie et d'actions de 
grâces, au moment où il fut connu que le doute n'était 
plus permis à ce sujet, et que l'Eglise, par suite du fait 
consommé de son Concile, pouvait triompher et s'exalter 
dans sa foi ! Elle pouvait enfin se sentir et se voir déga- 
gée des proportions étroites qu'eût voulu lui attribuer 
l'œil mal éclairé d'une foi incomplète et vicieuse ! Elle 
reprenait sous l'effet du rayon de céleste lumière qui ve- 
nait de l'illuminer aux regards attentifs de l'univers, les 
proportions et le caractère de majestueuse grandeur, es- 
sentielle à une institution divine ! 

Qu'est en effet l'Eglise ? sinon une partie du royaume 



wèààai' 



\-n 



romain a non 
direction, mais 
juridiction sur 
ui appartiennent 
Eglise répandue 
ment la foi et les 
;ipale part, mais 
:, lequel est épis- 
:s églises et tous 
idèles du monde 
s dans les trois 

i quatrième cha- 
îné et proclamé 
[u'elle a définie 
mbre des articles 

îtances diverse?, 
pour hâter l'avè- 
iu saint Concile, 
cessaire de vous 
.tholique tout en- 
îion un laborieux 
i se dilata en une 
e et d'actions de 
le doute n'était 
par suite du fait 
ipher et s'exalter 
r et se voir déga- 
Dulu lui attribuer 
2t vicieuse ! Elle 
; lumière qui ve- 
1 de l'univers, les 
:use grandeur, es- 

irtie du royaume 



— 393 — 

de l'éternelle Vérité, descendue sur la terre avec le Verbe 
divin, qui l'a choisie pour sa portion et pour son héritage, 
s'est incarné et incorporé en elle pour en faire ici-bas son 
royaume jusqu'au jour où après la consommation des 
temps, elle redeviendra partie de l'empire du ciel ! Et le 
Verbe divin qui s'est fait homme pour venir se consti- 
tuer ce royaume, après l'avoir gouverné pendant queUpie 
temps en personne, après l'avoir établi et fondé en son 
sang et en la vérité qu'il était venu donner d la terre, re- 
monte aux cieux pour s'y asseoir dans le repos et la 
gloire à la droite de Dieu le Père tout-puissant. Mais 
avant de s'en éloigner, il a pourvu au gouvernement de 
son royaume : il s'est donné un substitut, un lieutenant 
ou vicaire auquel il a donné mission de gouverner ce 
royaume à sa place ! Et ce substitut, lieutenant ou vicaire 
sera un homme qui s'appellera de bien des noms jusqu'à 
la fin des temps, depuis Pierre à Pie IX, et depuis Pie IX au 
dernier des successeurs de Pierre ! Mais cet homme, chargé 
de gouverner ce royaume établi et fondé sur la vérité, sera- 
t-il à la place de Jésus-Christ sans jouir des prérogatives et 
des privilèges nécessaires pour mettre son gouvernement à 
l'abri du danger de s'écarter des voies de la vérité tracées 
par le divin fondateur ? S'il en devait être ainsi, N. T. C. 
F., l'œuvre divine que Jésus-Christ était venu faire en 
fondant son Eglise, eût au moment où il quittait la terre 
le jour de l'Ascension, perdu son caractère d'œuvre di- 
vine pourn'avoir plus que la nature et les proportions d'une 
œuvre purement humaine, puisqu'elle fût tombée aux 
soins et à la charge d'un pur et simple homme, que celui 
qu'il avait préposé au gouvernement de son royaume et 
de tous ceux qui étaient appelés à en être les sujets, c'est- 
à-dire le genre humain tout entier, n'eût en rien distingué 
du reste des hommes ! Mais l'Evangile est là, et à côté 
de PEvangile toute la sainte antiquité, les Pères de 
l'Eglise, les docteurs et les théologiens de tous les siècles, 
le sens intime d'une pieuse tradition conservée dans la 



î 



.m 



' ■■ , 



1' 



.t 






'■ Il 



i' 



I 



,il 




iiê^ 






— S94 — 

conscience et les convictions des fidèles de tous les temps 
et de tous les pays du monde, pour mettre à néant cette 
sup[)osition véritablement injurieuse à la sagesse du Fils 
de Dieu, qui dans cette supposition n'eût pas avisé aux 
moyens de conserver à son œuvre le caractère de divine 
et majestueuse grandeur qu'il lui avait imprimé en con- 
sentant à se faire homme et à venir sur la terre i)our l'é- 
tablir et la fonder 1 Et le Concile du Vatican s'attachant 
fidèlement a cette belle chaîne de la tradition qui remonte 
jusqu'à l'origine de la foi chrétienne, et s'appuyant sur 
le saint Evangile et sur les autorités et preuves aussi 
nombreuses que respectables qui rendent évidente la vé- 
rité ua cette tradition, a confirmé et rendu inattaquable 
. le caractère d'amour divin inhérent à l'institution de 
l'Eglise, en décidant qu'il est de foi que le chef de l'Eglise, 
le Pape qui la gouverne au nom et à la place de Jésus- 
Christ, a reçu de ce divin Sauveur une prérogative, un 
privilège qui le rend participant de sa divine infaillibilité; 
et " que c'est un dogme divinement révélé que le Pontife 
" romain, lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de 
" docteur de tous les chrétiens en vertu de sa suprême 
" autorité apostolique, il définit qu'une doctrine sur la 
" foi et les mœurs doit être tenue par l'Eglise universelle, 
" possède essentiellement, par l'assistance divine qui lui 
" a été promise dans la personne du bienheureux Pierre, 
" cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu 
" que son Eglise fût pourvue en définissant sa doctrine 
" touchant la foi ou les mœurs." 

Inutile maintenant de chercher une solution à. la ques- 
tion de savoir où et en qui réside l'infaillibilité de l'E- 
glise ! Le saint Concile du Vatican a bien nettement 
tranché cette question, qui n'a certainement pas toujours 
été agitée dans l'Eglise, au sein de laquelle il est clair 
qu'elle était comparativement nouvelle : et il l'a si nette- 
ment tranchée, qu'il a prononcé anathème contre celui 
qui osera contredire la doctrine qu'il a proclamée à ce su- 



f 



— 395 — 

jet, et par laquelle il enseigne <iiie Tinfaillibilité que la foi 
a toujours reconnue comme l'un des attributs de l'Eglise 
de Jésus-Christ, réside habituellement dans le Chef de l'E- 
glise, qui peut exercer cette prérogative seul et par lui- 
môme, ou en s'entourant, quand il le juge a propos, de ses 
vénérables frères, les KvOques réunis en Concile ! De façon 
que d'après cet enseignement dogmatique du saint Con- 
cile, le tribunal infaillible de l'Eglise siège en permanen- 
ce, toujours i)rêt à satisfaire aux besoins ou aux nécessi- 
tés de la société chrétienne ; et la raison et le bon sens 
sont ici d'accord avec la foi pour condamner les doctrines 
gallicanes et fébroniennes, qui constituaient ce tribunal 
de manière à en rendre le fonctionnement et les opérations 
Illusoires et même à i)eu près impossibles, en dehors de la 
célébration des Conciles 1 Or qui ne sait que si l'on met 
le nombre des Conciles jusqu'ici célébrés, en rapport avec 
les années de l'Eglise, c'est à peine si l'on en trouve un 
pour chaque siècle ? Et les erreurs, les fausses doctrines 
n'attendent pas le siècle pour naître et se multiplier ! Nous 
Nous bornons à cette réflexion, à elle seule suffisante pour 
démontrer que l'éternelle sagesse, en constituant son Eglise 
comme elle a fait, devait faire ce qu'elle a fait, " lui don- 
ner un Chef Infaillible ! " Et les âges futurs aussi bien que 
la génération présente, en bénissant le Concile du Vatican 
d'avoir empêché un rationalisme déguisé de porter une 
main sacrilège sur la principale marque d'œuvre divine 
que cette infinie sagesse a voulu imprimer à l'arche du 
salut, en lui donnant un pilote incapable d'erreur ou de 
méprise sur la route à suivre pour la conduire au port 
diront pour déterminer quelle fut la mission providentielle 
de ce Concile, qu'il eut pour but d'attacher inèbranlable- 
ment au front du successeur de Pierre, le Pontife romain, la 
perle la plus précieuse ds sa couronne de Vicaire de Té- 
sus-Christ, "la glorieuse prérogative de son infaillibilité !" 



'i: 






.liJ 



i;7 









&■ 



^ Il 



u 



il ' 



'4 



'k 



ê^^ 




396 



IX 

Avant de clore nos oI)servations sur les travaux du Con- 
cile, Nous croyons devoir vous dire, N. T. C. F., que rien 
dans le cours des longues discussions qui ont eu lieu sur la 
Constitution dont Nous venons de vous entretenir, n'a été 
en opposition avec ce que Nous vous avons afl'irmé dt; l'es- 
prit de bienveillance et de charité, de la convenance et de 
l'ordre parfait qui ont caractérisé tous les procédés de la 
vénérable assemblée. Et en mentionnant l'opposition faite 
par un certain nombre de Pérès à l'attirmation et uéflni- 
tion des prérogatives, et surtout de l'infaillibilité person- 
nelle du Pape, Nous n'avons nullement eu l'intention de 
jeter du blâme sur leur conduite, du moins en ce qui con- 
cerne les Congrégations dans lesquelles ont eu lieu ces 
discussions. Il est possible qu'en dehors de la salle con- 
ciliaire il se soit dit, fait ou passé quelque chose que le 
véritable esprit ecclésiastique ou apostolique aurait à dé- 
savouer ! Vous ne sauriez douter aue la malice du démon 
a fait bien des efforts pour empêcher les heurerx résul- 
tats attendus du Concile ! Et il est toujours et partout ha- 
bile à exploiter les faiblesses et les passions de notre pau- 
vre humanité, au profit de ses projets infernaux! Nous igno- 
rons jusqu'à quel point sa i.aine du bien aurait réussi à se 
satisfaire en dehors des réunions conciliaires : Nous n'é- 
tions à Rome que pour Nous occuper du Concile qui 
siégeait au Vatican, et nulle part ailleurs. Nous croyons 
avoir vu et entendu tout ce qui s'y s'est fait, et tout ce qui 
s'y est dit. Et en Nous plaçant au point de vue de la jus- 
tice aussi bien que de la charité, pour former un jugement 
aussi correct et impartial qu'il peut Nous être possible, 
Nous Nous croyons tenu de dire que pas un seul d^s Pè- 
res n'a disgracié la mission qu'il avait à remplir, ni oublié 
le respect qu'il se devait à lui-même aussi bien qu'à l'auguste 
assemblée ! Sans doute qu'à travers de si nombreux dis- 



ti 



i travaux du Con- 
r. C. F., que rien 
ont eu lieu sur la 
entretenir, n'a éte- 
ins atlirmé de l'es- 
convenance et de 
;s procédés de la 
l l'opposition faite 
-mation et uéfini- 
faillibilité person- 
eu l'intention de 
ins en ce qui con- 
s ont eu lieu ces 
5 de la salle con- 
que chose que le 
lique aurait à dé- 
malice du démon 
es heurei X résul- 
3urs et partout ha- 
;ions de notre pau- 
;rnaux! Nousigno- 
1 aurait réussi à se 
iliaires : Nous n'é- 
r du Concile qui 
irs. Nous croyons 
fait, et tout ce qui 
t de vue de la jus- 
)rmerun jugement 
ous être possible, 
)as un seul dvs Pè- 
i remplir, ni oublié 
i bien qu'à l'auguste 
î si nombreux dis- 



— 397 — 

cours, il a pu s'échapi)er quelquefois une parole que l'on 
efit mieux amié n'avoir pas prononcée ou entendue ; mais 
en vente, s. peu de chose Nous a paru répréhensible, qu'il 
ne serait vramient i.as permis de tenir compte d'un si fai- 
ble détail, (luand il s'agit d'apprécier l'ensemble pour lui 
rendre justice. Et Nous n'avons assurément pas à rétracter 
ce que Nous avons i)lushaut affirmé sur la dignité, la gran- 
deur et la majesté de l'assemblée du Concile du Vatican, 
qui i)eiit jusqu'ici défier t(jut parallèle ! 
Quant aux l'éres que l'on a appelés "de l'opposition 
en dehors du Concile" (ce mot n'a jamais été prononcé 
dans les Congrégations), Nous ne saurions Nous résoudre 
a penser, encore moins a croire qu'ils n'ont pas été i.ar- 
fa.tement consciencieux! Ils ne Nous ont jamais paru 
avoir d autre tort que celui d'être les victimes des préju- 
ges de leurs propres études et d'une certaine éducation 
malheureusement moins sfire et moins orthodoxe que celle 
que dans tous les temps, grâce à une providence toute 
spéciale, a reçue le clergé du Canada, qui a titre pour se 
glorifier de la manière dont ses évoques ont paru >H l'ont 
représenté au Concile. 

S'il est vrai que dans les discussions sur les préroga- 
tives du Saint-Siège de Rome, il s'est trouvé des Pères qui 
n'étaient point favorables à toutes ces vénérables préroga- 
tives, il est aussi vrai de dire que dans le grand nombre 
de discours prononcés à cette occasion, Nous n'avons ja- 
mais pu découvrir 1 1 négation absolue d'aucune de ces 
prérogatives, pas même de celle de l'infaillibilité du Pape • 
et Nous croyons que mis en demeure de manifester sa 
conviction, aucun des Pères n'aurait voulu ni osé afiirmer 
positivement que dans sa conscience il croyait le l'ape 
faillible! Entre douter de l'exactitude et de la vérité 
d'une proposition, et nier absolument l'exactitude et la 
vérité de cette proposition contre laquelle on objecte, il 
y a une différence qu'il serait plus que superflu d'établir 
Hé bien, notre conscience Nous dit que, dans la grave ' 



H I 

r 



,«!"' 



.' f» 






'H 

I. ! 






— 398 — 

Cl iinportaiite (luestion de l'infaillibilito du l'ape, il a été 
fait des ul)jecti()ns, ex|)osc dcsdiftkultcs, émis des doutes, 
dont plusieurs des Pères ont persisté à dire qu'ils ne 
voyaient pas clairement la solution, <'t qui ont emi)Oché 
et suspendu l'adliésion du iiueliiues-uiis, tant que le Con- 
cile n'a pas eu définitivement prononcé ; mais aussitôt le 
jugement final rendu, tous se sont soumis et ont cru à la 
doctrine définie et ])roclamée, ([ueUiues-uns, téméraires 
sans doute, sans néanmoins être ni hérétiques ni frapi)és 
d'anathéme, demeurant toujours convaincus de rinop[)or- 
tunité de la définition 1 Kt sans vouloir aucunement les 
justifier de tout reproche, c'est ainsi qu'en justice aussi 
bien que par charité, Nous croyons devoir Nous expli- 
quer et comprendre les soixante et une al)stentions et 
les deux votes de non placct, qui eurent lieu lorsque la 
définition fut solennellement proclamée en la dernière 
session du Concile 

Il est possible, N. T. C. F., fjue ces observations et ex- 
plications ne soient pas en harmonie parfaite avec ce que 
vous avez i)u lire dans les journaux ou ailleurs sur les 
procédés du Concile, et sur les discussions qui ont eu lieu 
à propos de la Constitution dogmatique sur l'Kglise de 
Jésus-Christ ! Nous n'avons nullement l'intention de vous 
demander de déposer ou de changer les convictions que 
vous ave/, pu vous former à ce sujet ; mais Nous vous 
prions de croire à la franchise et à la sincérité des nôtres, 
que Nous avons cru de notre devoir d'exposer et mani- 
fester ici bien hautement, pour venger au; i - qu il pou- 
vait être en notre pouvoir, l'Eglise insultée dans la digni- 
té et la majesté de son Concile, par des r.ii'[ oris .;u ii est 
imjiossible de ne pas attribuer à la haine contre la vérité 
et ses défenseurs, et spécialement contre son infaillible 
défenseur, notre très saint Père le Pape, le vicaire de 

Jésus-Christ!! Nous sommes enfin arrivé à notre 

dernière question ; où en est le Concile ? 



399 — 



lu l'ape, il a (ité 
émis des doutes, 
à dire qu'ils ne 
[ui ont empoché 
tant (lut le Con- 
; mais aussitôt le 
is et ont cru à la 
s-uns, téméraires 
;ti(iue3 ni frappés 
icusde rino])por- 
aucunement les 
l'en justice aussi 
voir Nous expli- 
e abstentions et 
t lieu lorsque la 
e en la dernière 

bservations et ex- 
rfaite avec ce que 
ailleurs sur les 
)ns qui ont eu lieu 
le sur l'Kglise de 
intention de vous 
s convictions que 
mais Nous vous 
icérité des nôtres, 
l'exposer et mani- 
ai' iii qu il pou- 
Itéedaas !;i digni- 
r;i|ir'or;.s .;u li est 
e contre la vérité 
tre son infaillible 
pe, le vicaire de 
in arrivé à notre 
? 



X 

Ap^é, la session du .8 juillet, la volonté souverainedu 
V^ : accordau aux Pères du Concile une suspension de 
^ravaux, et hxa.t au m novembre leur prochaine réunion 
en congrégation. l'enda.u ce temps, il serait libre à chi- 
ciin, ou de demeurer à Rome, ou de s'en éloigner pour 
aller prendre ailleurs, même en son propre pays si l'on 
voulait, le repos dont tous sentaient le besoin, à cause de 
1 application continuelle à laquelle on était astreint de- 
puis au delà de sept mois, et aussi peut-être, à cause de 
1 mtensite de la chaleur (lui commençait alors à se faire 
sentir pour durer au moins trois longs mois, et à laquelle 
beaucoup d'évêques habitués à des climats plus tempérés 
n eussent pu demeurer si longtemps exposés, sans danger 
pour leur santé. Le Concile se trouvait alors dans une si- 
tuation parfaitement analogue à celle de notre Assemblée 
législative, lorsque pendant une session du Parlement a 
l>eu ce que l'on appelle une vacance, la vacance de Noël 
la vacance de Pâques, par exemple. Alors la séance or' 
dinairement fixée du matin au soir, ou du jour au lende- 
main à telle heure, est renvoyée après la vacance i telle 
heure de tel jour. Le parlement malgré cela a toujours 
été censé siéger; et la session n'a pas même été susi.en- 
due; elle n'a été qu'ajournée d'un ajournement un peu 
plus long que d'ordinaire. Et sans qu'il y ait besoin 
d aucune nc^.-e de convocation, chaque membre devra 
être a .son poste, après la vacance, au jour et à l'heure 
marqués. 

Donc, N. T. C. F., après la session du i8 juillet le 
Concile ne se trouvait nullement suspendu, mais simple- 
ment ajourné d'un ajournement un peu plus long que ce- 
lui qui avait eu lieu jusque-là d'une congrégation ou 
séance aélibérante à lautie, ou d'une session solennelle à 
la congrégation suivante. Sans attendre une notice de 



fi" 
/I 



rt 



!•.; 



w 



1«. :f 






1 > 












* 




— 400 — 

convocation, tous les Pères du Concile devaient se trouver 
de nouveau réunis à Rome pour une congrégation qui 
aurait lieu le 1 1 novembre. 

Mais ce n'était pas sans quelque appréhension de ne pou- 
voir se rencontrer au poste le jour désigné, que ces vénéra- 
bles Pères se disaient adieu en se séparant ! Un cri de guer- 
re venait de retentir dans le monde ! et cet effroyable en 
avait même fait avancer de quelques jours la tenue de la 
quatrième session du Concile. O Pr..idence que tes 
secrets et tes desseins sont inscrutables ! Que de fois pen- 
dant le cours des discussions qui venaient d'avoir heu 
sur les prérogatives du Chef de l'Eglise, l'on avait entendu 
auelque Père, timide ou hésitant dans la question, expri- 
mer la pensée qui pouvait être une conviction, mais une 
conviction vraiment regrettable, que si, sans tenir compte 
de l'opposition des puissances de la terre et d'une certaine 
opinion publique ayant de bien nombreux partisans, 1 on 
osait passer outre à une définition dogmatique de ces 
prérogatives, plus ou moins contestables, disait-on, le 
Concile poserait /«/^^//-^ sans une absolue nécessité, un 
scandale dans le monde, sur lequel viendraient se heurter 
bien des consciences, peut-être, vu le mouvement des 
esprits déjà ouverts à la vérité sur laquelle cette décision 
leur refermerait les yeux , et qui attirerait sur l'Eglise des 
maux et des désolations redoutables, par suite des rancu- 
nes et des haines qu'en concevraient les gouvernements, 
et de la défection d'un très grand nombre de fidèles, dont 
la foi fail)le et chancelante ne tiendrait pas au choc d'une 
définition qui déclarerait le Pape infaillible 1 L'on semblait 
dire que l'intelligence des hommes de notre époque était 
trop éprise de son développement pour se plier sans résis- 
tance à une pareille doctrine 1 II faut avouer qu'il y avait 
bien un peu de vrai en tout cela; mais il est aussi bien 
évident que l'on tenait un peu trop compte des hommes 
dans les choses du royaume de Dieu et de la sainte Eglise, 
contre laquelle on semblait oublier que les portes de 1 en- 



If F|.t 



V 



— 401 — 

Doinr/^'r'^'T''^'*"''''"''^' ^'^^' 1'°" n'envisageai, 
vé In '. 'r '"'"'^ '^ --naturelles avec l'œil d'un 
œ 1 :;: r ""' °" '" ^"^'^'^^'^^'^ assurément ave.. 
Wes e .' "' "" '''" '"'^ '''"«^"^"^^ de faux pré- 

juges et sans avoir par cela seul trop conscience de la 
gravté qu, s'attachait à la manifestation de "a- H 

Dites maintenant, N.T.C.F., de quel étonnement doi- 
:^^:r'T'' remp^s ceux qui, se laissai: domi- 
ner par de pareilles cramtes ou de pareilles convictions 
^sa.ent les exprimer, sans tenir compte non plus des om-' 
mes et de leurs passions, que l'on avait en vain opposés au 
saint Concile, résolu de remplir fidèlement sa miss In 
quoi qu'il pût arriver ; mais même de la Providence ed"' 
sa divine intervention, qui jamais au jour du besoin ne 
peut aire défaut à l'Eglise de Jésus-Christ , Dan ,e t^o" 
ble et l'agitation que leur causaient leurs pusillanimes 
appréhensions, encore plus que leurs convictions, ils c oy 
a.ent deja apercevoir les rois et les princes, le la oTs 
t les peup es de la terre ligués contre le Seigneur et on 
tre son Christ, et contre l'Eglise sa sainte épouse, par^e 
que les Pères du Concile du Vatican s'étaLn n Jm 
o u^s a leurs réclamations, et que, sans souci des m l 
ces de lirrehgion et de l'impiété, ils avaient osé dogmati- 
quement afhrmer qu'un secours surnaturel, promis 

fn^im^in T'^''"" '^-'P— dre'u!. hoiLn 
in aillible dans l'enseignement de la vérité I Mais voili 

llfT '"' '"'' *^'-* J^g^-nent et ce, oracle ratifié 

dans le cel en môme temps que prononcé sur la terr 
mondaient d. la joie la plus vive les cœurs et les âne: 
de ous les fidèles chrétiens sincèrement attachés a 1 fS 
et a toutes ses saintes doctrines, n'est point en vain cri 
m une fausse alarme ! ' 

28 



'4^ 



H: 

if' 
■iii 






t: 



W 



fi": 



li Ml 



t 






M 



K,fi 



lé " 



i:^ 



— 402 - 

A peine la porte de la salle conciliaire s'était-ellc 
refermée sur le départ de la plus grande partie des Pères 
nui avaient quitté Rome aussitôt que sortis de la session, 
d'impérissable mémoire, en laquelle un nouveau dogme 
venait d'être tiré du trésor de la foi, au très grand avan- 
tage de la société chrétienne et de toutes les sociétés 
civiles, que déjà de nombreuses armées étaient en mouve- 
ment pour s'aller mesurer sur les champs de bataille. 
Deux des plus puissantes nations de l'Europe venaient 
de se déclarer la guerre, l'une et l'autre formidablement 
armées et prêtes à mettre en campagne d'innombrables 
légions de soldats, de part et d'autre enflammés du desir 
de 11 victoire 1 I-a France est déterminée à ne point se 
laisser enlever les lauriers dont ses armées, jusqu'ici in- 
vincibles, ont ceint son front et couronné sa tête 1 La 
Prusse qui depuis des années se prépare sourdement a la 
Ruerre, excitée par de brillants faits d'armes encore tout 
récents, espère être arrivée au moment après lequel elle 
soupire depuis si longtemps, de devenir la première 
puissance militaire de l'Europe ; et elle croit que si le sort 
des armes lui est favorable dans la gigantesque lutte 
qu'elle va soutenir contre la France, il n'y aura pas moyen 
de lui en contester le titre 1 Serait-il possible, N.T.C.F., de 
dire l'immense intérêt qui tient le monde entier en 
suspens et dans l'attente des incomparables événements 
qui vont nécessairement surgir de cette épouvantable 
guerre, entreprise dans des circonstances telles, que les 
annales de l'histoire n'en ont peut-être jamais enregistre 
de semblables ! ! Le moyen de ne pas Nous écrier ici avec 
le grand Apôtre : "Oprofondeur des trésors de la sagesse 
'• et de la science de Dieu, que vos jugements sont in- 
" compréhensibles et vos voies insondables 1" Le bruit du 
cmon et des foudres de la guerre «pu retentit si forte- 
ment aux oreilles de l'univers, le Seigneur tout-puissant 
et infiniment sage l'a suscité pour étouffer ou empêcher le 
bruit infernal des voix de l'impiété et de tous ses suppôts, 






«-M^ 



— 403 — 

qui allaient crier et se faire entendre pour prodiguer l'in- 
sulte au Christ et à son Vicaire, et pour blasphémer l'E- 
ghse et la vérité révélée, dont elle vient une fois de plus, 
sans s occuper du jugement des hommes, de s'affirmer 
courageusement la fidèle dépositaire et l'incorruptible gar- 
d.enne I ! Et ces nations et ces peuples de la terre, qui al- 
laient se soulever avec frémissement et ourdir leurs vains 
complots; et ces rois et ces princes dont on avait appré- 
hende et signalé les colères et les vengeances, Dieu s'est 
n etjoué d eux, et les tient dans la stupeur ! Ils tremblent 
a Ja vue du dévorant incendie allumé par sa justice irritée 
et dont les flammes peuvent à chaque instant envelopper 
I Europe entière ! ! La France, cette fille aînée de l'Eglise 
coupable d'avoir oublié sa mère et la protection qu'elle 
lu. devait à ce titre et en sa qualité de soldat de Dieu ! La 
i-rance inondée du sang de ses valeureux soldats, qui coule 
en torrents grossis d'une proportion peur le moins aussi 
grande du sang de l'ennemi ! Pauvre France ! Que va-t- 
elle devenir! Elle a péché! mais qu'effrayant et terrible 
est son châtiment! Vaincue, dans la poussière! Elle si 
fière, hier encore, et aujourd'hui la risée des nations qui 
jalousaient sa gloire ! Et son puissant empereur, héritier 
d un nom synonyme de la victoire, humilié sur un champ 
de bataille, où commandant à une vaillante armée encore 
forte de 150 mille hommes, il consent, sans doute troublé 
dans son intelligence, à remettre lâchement son épée 
entre les mains de son vainqueur. Il M'avait pas respecté 
le Vicaire du Christ, dont il avait laissé violer les droits 
sacres. Devenu aveug!e de la cécité dont Dieu frappe 
celui qu'il veut perdre, il avait asse. ouvertement menacé 
la liberté de l'Eglise ! Il est aujourd'hui en terre étrangè- 
re, captif et prisonnier, méditant sans doute forcément 
surlesortdu captif de SteHélène, dom il partage le 
châtiment pour n'avoir pas évité ses fautes ! 

Etnwic, reges,intellisite! Erudimini quijudicatista- 
ram ! Et maintenant, ô rois, et vous qui jugez la terre 



1 



'i.' ' 



■«i'I 



tf^« Ï 



l»i.U 




"«fTf 



'. ;|. 



— 404 — 

refuserez-vous de vous instruire, et de comprendre îa nou- 
velle et si terrible leçon que vous donnent en ce moment 
la justice et la providence de Dieu, dont vous n'êtes que 
les serviteurs et les instruments ; et qui, comme vous le 
voyez bien clairement, vous brise cr :nme un vase d'argile, 
quand vous résistez à ses desseins I 




) ■ 



'¥' 



f'; 



.;|- 



XI 

Pendant que l'univers assiste tremblant à ce grand dra- 
me providentiel que le souverain arbitre du ciel et de 
la terre déroule à ses regards stupéfiés, l'Eglise, qui sait 
que le ciel et la terre passeront, mais que jamais la pa- 
role de Jésus-Christ ne passera, se repose calme et tran- 
quille sur la promesse de ce divin Sauveur, qui lui a for- 
mellement garanti qu'elle survivrait au temps ; et elle en- 
visage, sans s'en troubler, les mouvements convulsifs qui 
secouent le monde, mais ne sauraient remuer la pierre qui 
lui sert de fondement, et sur laquelle viendront toujours 
infailliblement ?e briser tous les efforts de l'enfer. Et ce- 
pendant, cette sainte épouse du Christ, naguère si joyeuse 
et si fière du magnifique triomphe que la foi décernait à 
son auguste Chef, apparaît en ce moment aux yeux du 
monde comme si déjà elle était devenue victime des lu- 
gubres événementr, dont Nous venons de vous tracer le 
sombre tableau ! C?r a peine la France avait-elle commis 
l'erreur de se croire autorisée, par les nécessités de la 
guerre qu'elle venait d'entreprendre, à retirer à Rome 
l'appui de son épée, que la Révolution y entrait à main 
armée et sous la protection du malheureux roi d'Italie, 
pour s'y installer et substituer son règne à celui du Pon- 
tife-Roi. Et aujourd'hui, par suite de cet horrible attentat 
que Nous avons signa'é à votre attention mais bien trop 
légèrement stigmatisé par notre Circulaire du lo octobre, 
Pie IX, l'auguste et saint Pontife, le vénéré chef et père 
de toute la chrétienté, est au pouvoir et à la merci des 



r î 



:J!,'nf 



!■ 



— 405 — 

hordes mazziniennes, auxquelles l'infortuné Victor-Em- 
manuel ne peut bientôt plus imposer le frein de la loi et 
du devoir, et qui humainement parlant ne sauraient tarder 
a s emparer de toute autorité dans la Ville Eternelle et à 
y établir le règne de la terreur et du poignard 

Cependant, N. T. C. F., n'allez pas croire que ce triste 
et déplorable état de choses sur lequel Nous avons implo- 
re vos gémissements et vos prières en notre Circulaire 
c.tee 11 y a un instant, et dont Nous ne pouvons vous 
dire ICI qu'un mot en passant, ait pu abattre la grande âme 
et la confiance pleine de foi de l'immortel Pontife dont le 
long règne n'aura été qu'une continuelle vicissitude d'é- 
preuves et de triomphes. Malgré ce qu'en osent dire les 
violateurs sacrilèges de son domaine et de sa liberté, bien 
qu évidemment captif et prisonnier dans sa demeure du 
N atican, il n'en continue pas moins à s'occuper avec son 
zèle et sa sollicitude ordinaires de tous les détails journa- 
liers du gouvernement de l'Eglise. Et remettant entière- 
ment a Dieu le soin de protéger sa personne, et de faire 
triompher la sainte cause de l'ordre et de la vérité qu'il 
soutient avec tant de courage, il possède son âme dans ia 
patience, et son cœur est dans la joie, en attendant le jour 
ou 11 plaira à Dieu dissiper par un souffle de sa justice le 
règne de désordre et d'iniquité qui passe sur la cité sainte 
conime un torrent dévastateur, et qui semble menacer 
de faire une ruine complète de ce siège de la vérité évan- 
gelique, et de ce berceau de la civilisation chrétienne ' La 
main de Dieu élèvera certainement la digue destinée à ar- 
rêter et briser ce to rent furieux auquel il ne sera certai- 
nement pas donné de pouvoir ébranler l'édifice élevé par 
Pierre, et cimente de son sang ! Nous n'entendons point 
parler ic. de l'édifice spirituel de l'Eglise, qui n'a pas été 
bâti par Pierre, mais que Notre-Stigneur Jésus-Christ a 
Im-même bâti sur Pierre, qui n'en est que le fond'-ment 
sans en avoir été l'architecte ! Nous voulons parler de Ro- 
me que Pierre choisit pour en faire son siège et celui de 



•I 





■4 


i 
1 


t'i 1 


T 1 • 




W '' 


î, 








! 


:;ï 


' 


!*' 



i ■ 



m m 



'm 

m' 


■1 
1 ' .hI 

i n 



- 1 ^ I II n yi 



^ t. 




— 406 — 

ses successeurs; choix que la ^^«-^ence a si fo^me^^^^ 
lement confirmé, qu'elle a enlevé aux César, le domamt 
tomporel de Rome pour le transférer aux 1 apes ^ 

C-estla violation de ce domame ^^P^^^^f /^^^^ ; 
dont aucun vrai catholique, aucun ^ ^^ ' ''"^"^iJ^. 
civilisation, aucun homme d'Etat écla.re m ^u^m en 
vain sérieux ne méconnaissent aujourd'hui la necessi t 
;:: ^Lr l-indépendance spirituelle et l'ent^^ Ub..U^ 
le parole et d'action du Chef de l'Eghse, f^^^^^^^^ 
cle ont d'ailleurs apporté une sanction et '" P""^*;. " " 
ractère évident dMntervention divine dont nulle mst>t un 
purement humaine n'a jamais encore ete revctue . cest 
disons-Nous, la violation de ce domau.e ^^2Ztnoll 
créé au Souverain Pontife une situation tellement anorma 
le que l'univers entier s'en émeut, et enregistre de toute 
: n ce moment un protêt d'une solennité sans exem- 
ple, accompagné de démonstrations qui -*--; -;^_ 
noir démontrer que le monde du présent, maigre m 
mensit de ses torts, sait encore franchement reconnaître, 
avec le monde du passé, que la papauté telle que consti- 
tu pou" le fond par le divin Sauveur, et comp étee pour 
a forme par une opération visible de la Providence 
incontestablement la clé de voûte posée al editice soc a 
par la main de Dieu même 1 Hé b.en N. T C. K appr 
nez avec admiration, si déjà vous ne le save., cpae ptn 
dant que le monde s'émeut ainsi sur la situation faite, par 
h malice des hommes et l'enfer, à l'auguste et vénérable 
dif de l'Eglise, lui, ce digne Vicaire du Christ, au témoi- 
gnage de ceux qui l'entourent, il dort peut-être plus calme 
Ss tranquill que j.nais, du sommeil dont P.ei.e dor 
mait dans sa prison les fers aux mains et aux pieds, et dom 
Imait Notrè-Seigneur, malgré la ^--sc tempête qui s^ 
couait SI violemment la barque sur laquelle il état mo e 
avec toute son Eglise pour traverser le lac de Genesareth 1 
M^st rieuse image de ce qui est tant de fois arrive depuis 
dix neuf siècles et ce qui arrivera tant de fois encore avant 



- 407 _ 

la consommation des temps : Ht .'est ainsi que, confiant 
dans ]afo> qu, l'anmie et l'inspire, le pienxet dévot servi- 
teur de Mane Immaculée, Pie IX, laisse ,)asser les événe- 
n en s, d.sant tout haut et sur un ton qui tient du prophète, 
q>^ le moment est proche où le Seigneur, a la prière de son 
ijgl.^se, va se lever pour juger sa cause et la faire triom- 

Cependant, N. T. C. I.'., malgré toute sa foi et sa con- 
fiance en p.eu et en Marie, Pie IX n'a pas cru pouvoir 

Lr/ -.^ '"^^f-^" ^"■"^'"•^'^ '' ^^" ''S'''' q"i ont tou- 
jours gu.de les .nfa.lhbles pilotes de la barque de Pierre • 

et en conséquence des événements si graves et si impor- 
tan s qu. se sont succédé depuis le i8 juillet, il a jugé 
qu . est nnpossible que le Concile du Vatican puisse 
continuer a siéger, et par des lettres apostoliques datées 
le 20 octobre, ,1 a déchargé tous les Evêques de l'obliga- 
tion de se trouver à Rome le ,i novembre, pour y re- 
prendre les travaux du Concile, selon qu'il leur avait été 
enjoint après la quatrième et dernière session : et il a non 
plus ajourné, mais formellement suspendu et prorogé le 
Concile jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu apaiser les orages 
et les ternpêtes qui menacent de tout bouleverser dans le 
monde dehvrer Rome du joug de ses oppresseurs et ren- 
dre al Eglise et à son auguste Chef la pleine et entière 
liberté sans laquelle un Concile devient une œuvre véri- 
tab ement impossible. L'épouvantable guerre qui fait cou- 
ler tant de sang, et qui peut tenir aux prises assez longtemps 
encore es deux malheureux pays qui ne reculenf point 
devant les horreurs chaque jour entassées par d'effrayan- 
tes boucheries d'hommes immolés a de vieilles rancunes 
politiques ou à l'orgueil national, et par le fer et le feu qui 
portent partout l'incendie, le carnage et la désolation, sans 
parler de ces infâmes outrages aux personnes commis avec 
une brutalité féroce que l'on ne croirait pas possible à des 
peuples qui se disent chrétiens, et peut-être sans pareilles 
dans ces guerres des barbares dont on garde un si affreux 



1 



i 



•V 



.\ 



^\ ' 






u\ 



w 



• H- 



' !i 











— 408- 

souvenir : Nous le répétons, cette épouvantable guerre 
efit été seule un motif suffisant pour nécessiter la suspen- 
sion du Concile, auquel n'auraient pu retourner les nom- 
breux Evoques de France et d'Allemagne, que le devoir 
eût nécessairement retenus au milieu de leurs troupeaux, 
qui doivent éprouver un si grand besoin de leurs conso- 
lations au milieu des maux accablants et des douleurs 
cuisantes partout semés et répandus par l'horrible fléau 
qui les a si cruellement frappés et atteints ! 

Vous savez maintenant, N. T. C. F., où en est lagran- 
de œuvre du Concile du Vatican : elle subit un temps 
d'arrêt qui peut être plus ou moins long. Par des causes 
diverses le dernier Concile œcuménique, le célèbre Con- 
cile de Trente, commencé sous le Pape Paul IIl en 1545. 
continué sous Jules III et Paul IV, se termina enfin, 
grâce au zèle et aux efforts de saint Charles Borromée, sous 
le Pape Pie IV en 1563, après s'être prolongé, à raison des 
diverses suspensions ou interruptions dues à des circons- 
tances incontrôlables à la volonté des Souverains Pontifes, 
le long espace de dix-huit ans. Il est plus que permis 
d'espérer qu'il n'en sera pas ainsi du Concile du Vatican. 
Mais combien de temps durera la suspension décrétée 
par les desseins de la Providence, et ordonnée par la vo- 
lonté du Chef de l'Eglise? c'est un secret caché dans les 
conseils de Dieu, qui n'a encore été manifesté à personne, 
quoique l'on puisse dire qu'il ne serait pas impossible que 
déjà Dieu eût fait connaître à son grand et fidèle serviteur 
Pie IX, dont les pieux épanrhements autoriseraient quel- 
quefois' à le croire, que la crise violente que subissent en 
ce moment la société et l'Eglise, ne sera pas de longue du- 
rée, et que le jour du triomphe de l'Eglise et de son chef 
ne se fera pas longtemps attendre ! Une chose reste en 
attendant certaine et bien connue : c'est que quand même 
le Ciel serait d'airain, la prière conjointe des fidèles en- 
fants de l'Eglise pourrait encore l'attendrir sur les maux 
de la terre, aller chercher une grâce de pardon dans le 



il 



— 409 — 

trésor des infinies miséricordes ; faire luire bientôt des 
jours meilleurs et plus sereins, et rendre aux nations la 
paix et la tranquillité. C'est la conviction de foi et de j.ié- 
é vive, exprimée par notre très saint Père le Pape dans 
les lettres apostoliques émanées pour suspendre le Con- 
cile, dans les termes suivants: " Et puisque plus nom- 
breux et graves sont les maux et les périls qui affligent 
ltgl.se, plus 11 faut redoubler de prières et implorer nuit 
et jour Dieu, Père de N.-S. J.-C. et le Père des miséri- 
corde en même temps que le Dieu de toute consolation, 
Nous voulons et Nous ordonnons que les dispositions des 
Lettres apostoliques du 1 1 avril 1869, par lesquelles Nous 
avons accordé à tous les fidèles une indulgence plénière en 
forme de Jubilé, à l'occasion du Concile œcuménique res- 
tent en vigueur selon le mode prescrit par ces mêmes Let- 
tres, absolument comme si le Concile continuait à siéger," 
c est-a-dire, N.T.C.F, que jusqu'à ce qu'il en soit autrement 
ordonne par la volonté suprêmede notre Saint-Père le Pape 
les trésors de l'Eglise continueront à demeurer ouverts; afin 
que les fidèles du monde entier y puisent à pleines mains, 
et pour leurs propres besoins spirituels, et pour les besoins 
et les nécessités de leur mère la sainte Eglise. Bien des 
fois déjà, N. T. C. R, il vous a été donné de pouvoir re- 
cueillir les précieuses faveurs que portent avec elles ces 
années jubilaires de miséricordieuse institution, dans le 
cours desquelles la bonté de Dieu se laisse plus aisément 
toucher, le cœur de Jésus plus facilement attendrir, et le 
Saint-Esprit se montre plus prodigue de ses grâces, et de 
ces lumières extraordinaires qui convertissent les pécheurs 
perfectionnent les justes, et enfantent dans les âmes les 
prodiges et les merveilles qui changent et renouvellent 
la face de la terre ! Et telles sont les abondantes miséri- 
cordes qu'en sa qualité de Vicaire de Jésus-Chri.sc et de 
dispensateur souverain des mérites infinis de ce divin 
Sauveur, Pie IX, qui nous les avait accordés comme un 
moyen des plus afficaces pour disposer nos esprits et nos 



1 . 



su. 






H 



il; 






. ■'. 







m 





m 



'V'I, 



— 410 — 

coeurs à bien prier pour le succès du Concile laisse à no- 
tre disposition, pour un temps que le ztMe dont .1 brf.le pour 
le salut de toutes ses brebis l'a empêché de limiter, afin 
qu'aucune ne puisse être justifiable de n'en avoir pas 
profité. Approchons-nous donc avec confiance du trône 
de la «race, N. T. C. F., pour déposer au pied de ce trô- 
ne nos vœux et nos supplications en union avec les fidèles 
du monde entier, et solliciter avec toute la ferveur dont 
nous pouvons être capables, miséricorde pour nous-mê- 
mes, paix pour l'Eglise, et pour notre très saint 1 ère le 
Pape, santé et longue vie, triomphe sur tous ses enne-.is, 
ici-bas le repos, et dans le ciel la joie éternelle du Sei- 
gneur promise et assurée au bon et fidèle serviteur ! 
Ainsi soit-il 1 A'nsi soit-il ! Amen ! Fiat ! Fiat 1 
\ ces causes, le saint nom de Dieu invoqué, Nous avons 
réglé et ordonné, réglons et ordonnons ce qui suit ; 

i" En conformité à la volonté exp-sse du Souverain 
Pontife, et selon la teneur de ses lettre, apostoliques du 20 
octobre dernier, l'indulgence plénière en forme de Jubile, 
accordée à tous les fidèles par les lettres apostoliques du 
II avril 1869, est de nouveau publiée dans le diocèse, 
pour y être gagnée aux conditions prescrites par les dites 
lettres apostoliques, aussi longtemps qu'il plaira au Sou- 
verain Pontife de laisser subsister cette faveur. 

20 Les prières prescrites par les 1° et 2° de la qua- 
trième page de notre circulaire du 10 octobre dernier, 
sont et demeureront obligatoires jusqu'à ce que Nous en 

ordonnions autrement. o • ^ u • 

," Pour entrer dans les intentions de notre Saint-Pere 
le Pape, les curés et missionnaires rappelleront de temps 
\ autre aux fidèles confiés à leurs soins l'état et les besoins 
actuels du Saint-Siège, et les exhorteront à demanderavec 
ferveur que ce déplorable état de choses cesse bientôt, of- 
frant à cette fin leurs prières journalières et spécialement 
relies que tous les jours après sa messe le prêtre fait avec 
eux au nom de l'Eglise. Les exhorter aussi à prier souvent 
pour le Pape. 



l' 



cile, laisse ù no- 
lont il brûle pour 
de limiter, afin 
n'en avoir pas 
ifiance du trône 
i pied de ce trô- 
•n avec les fidèles 
i la ferveur dont 
e pour nous-me- 
rès saint Pt^re le 
tous ses ennen-iis, 
éternelle du Sei- 
le serviteur ! 
Fiat ! Fiat ! 
oqué, Nous avons 
ce qui suit ; 
sse du Souverain 
apostoliques du 20 
a forme de Jubilé, 
:s apostoliques du 
dans le diocèse, 
crites par les dites 
u'il plaira au Sou- 
faveur. 

'" et 2° de la qua- 
o octobre dernier, 
'à ce que Nous en 

e notre Saint-Père 
)pelleront de temps 
i l'état et les besoins 
nt à demander avec 
es cesse bientôt, of- 
:res et spécialement 
ie le prêtre fait avec 
lussi à prier souvent 



— 111 — 

4" Sans rien ajouter aux prières déjà prescrites. Nous 
recommandons de ne pas oublier la malheureuse et chè 
rc France, si châtiée et si humiliée, afin <iue ces châti- 
ments et humiliations ramènent dans la voie du devoir le 
■s> grand nombre de ses enfants .pii, par leurs inicpiités, et 
surtout par leurs horribles blasphèmes, lui ont attiré les 
terribles coups de la justice de Dieu sous lesnuels elle 
est en ce moment accablée ! l,eur conversion, ei, les sau- 
vant, sauverait aussi leur pays ! 

5° Comme la reconnaissance envers Dieu ]H)ur les 
grâces déjà reçues est le moyen d'en obtenir de nouvelles 
en plus grande abondance, afin de remercier le Seigneur 
pour toutes les laveurs que, pendant le cours de l'année 
qui va hnir, il a daigné verser r.ur l'Eglise et tous ses en- 
fants en général, mais en particulier sur les fidèles du 
dioces-e de St-Iîyacinthe, pour le remercier bien spéciale- 
ment de l'ass.stance qu'il a accordée au saint Concile et à 
tous ses travaux, en tête desquels il flmt placer la défini- 
tion dogmatique de la si importante question de l'Infailli- 
bilité du Chef de l'Eglise, dimanche, premier jour de 
lan prochain, à la suite du service divin du matin, et 
après l'avoir solennellement annoncé au prône, l'on chan- 
tera dans toutes les églises et chapelles du diocèse, le 
Je Deum avec les verset et oraison pour l'action de grâces, 
selon qu'il se pratique ordinairement. 

•Sur ce, N.T.C.F., Nous prenons congé de vous, après 
un entretien qui a duré si longtemps, mais dont la lon- 
gueur, SI grande qu'elle ait été, ne Nous paraîtrait pas 
encore exagérée, si Nous pouvions espérer que bien des 
raisons que Nous reconnaissons volontiers en Nous 
humiliant, ne Nous ont pas empêché de donner d notre 
sujet un peu de l'intérêt dont il était susceptible. Nous 
"avons pu que si tard Nous mettre au travail, que 1- 
temps Nous a manqué pour polir et repolir notre ouvrage^ 
avec un soin et une attention en rapport avec l'impor- 
tance et la délicatesse de la matière à traiter. Tel qu'il 



.1 ■{ 



M < 






!■: , 



II' 



èi 



( \ 



'< m 



I m 






— 412 — 

est, et malgré les nombreuses imperfections que les 
circonstances ne Nous ;iermettent \)as ik' travailler à 
faire disparaître, Nous vous l'offrons comme le gage cl 
l'assurance du dévouement et de l'affection que Nous vous 
portons dans les cœurs de Jésus et de Marie, et laissez- 
Nous ajouter, dans notre cojur d'Evé^iue ! Kl comme il 
ne vous arrivera guère que dans les derniers jours de 
l'année, Nous y joignons, sous forme d'étrennes à l'occa- 
sion du nouvel an sur le point d'apparaître, nos souhpùs, 
nos vœux les plus sincères et les plus ardents pour votre 
prospérité spirituelle et temiiorelle 1 Kl elle sera i)arfaite, 
si elle est en rapport avec l'étendue de nos désirs '. Nous 
ne vous dirons pas que Nous enrichissons ces ètrennes de 
notre bénédiction, qui vous est néanmoins due à tant de 
titres, et que Nous sommes loin de vous refuser ; mais 
Nous profiterons de cette occasion pour verser sur vous 
une bénédiction bien plus précieuse que la nôtre, celle 
du Souverain Pontife, du si bon et si aim ant Pie IX, qui 
dans sa bienveillance plus que paternelle. Nous a spéciale- 
ment chargé de vous bénir à sa place et en son nom ! Kt 
pour Nous acquitter d'une commission si douce et si 
agréable à notre cœur, et aux vôtres, Nous n'en doutons 
nullement, élevant nos mains et notre âme vers le ciel 
pour en attirer sur vous toutes les grâces que le regard 
plein de foi, la digne, noble et sainte élévation des mains 
de Pie IX y vont puiser pour les répandre dans la plus ten- 
dre effusion de la charité sur ceux qu'il bénit ; et avec une 
affection plus grande encore s'il était possible que quand 
Nous la prononçons si souvent commj votre Evêque, 
Nou laissons tomber sur vous la formule de la bénédic- 
tion solennelle de l'Eglise, qui tombe toujours avec tant 
de ferveur et d'onction de sa vénérable bouche de Vicaire 
de Jésus-Christ : 

"Que la bénédiction du Dieu tout-puissant, Père, et 
Fils, et Saint-Esprit, descende sur vous pour s'y fixer à 
jamais 1" £f benctiictio Dei omnipotentis, Patris, et Filii, 



If 



- 413 - 

Ad eu. après cela, nos très chers Frères I Et au revoir, 
tlans le ciel, sinon sur la terre ! Ainsi soit-il I 

to.Ue?,!r'',-"'"""l^"""''-" I'^'*'"^'^'^'"^- •-^>' l-rôno. dans 
toutes les églises et chapelles où se fait l'office i.ublic et 

Iv nd,'''" ^T '" '^°'-"""'^"^- ^^''isieuses, le premier 
Uimanclie après sa réception. 

nonne à Belceil, le .piin.e novembre mil huit cent 
ue notre Secrétaire. 

t C., Év. DE St-Hvacinthe. 
Par Monseigneur, 

' '' L. Z. MoREAU, Ptre, 

Secrétaire. 

CIRCULAIRE 



II 



,i 



EvftcHÈ DK ST-HVACINTHK, 15 décembre 1870. 

MESSIEUR.S ET CHERS COLLABORATEURS, 

Avec la présente vous recevrez ma Lettre pastorale sur 
le Concile, datée de Belœil, le 15 dernier, jour où je me 
mettais au travail pour la préparer. Sa longueur est vrai- 
ment un défaut ; mais je n'ai véritablement pas eu le 
temps nécessaire ])our la rendre plus courte. Je pense 
bien que malgré ce défaut et bien d'autres que j'admets 
volontiers, vous me ferez la faveur de la lire, ne fût-ce 
que pour vous préparer à en faire part à ceux auxquels 
vous aurez à en donner communication. Pour bien lire 
comme pour bien parler au prône, il faut avoir préparé 
ce que l'on doit lire, afin d'y mettre un peu d'onction et 
d'âme. La monotonie d'une lecture faite sans cette con- 



1 ^' 



A\ 



0^ -1 








■% 



* :■ r 



•i' . 



:i 



— 414 — 

dition, fait qu'elle sera à peu prèi? nulle et de nul effet, si 
elle ne la rend pas tout à fait inutile. 

Malgré la formule ordinaire à'injonction de lire, qui se 
trouve à la fin de la lettre, je laisse à votre jugement et à 
Totre discrétion, de déterminer s'il la faudra lire tout en- 
tière, ou n'en lire que les parties que vous croiriez les 
plus propres à intéresser vos fidèles. Vous ne manquerez 
pas de juger que vous devez aux circonstances de n'o- 
mettre dans aucun cas de lire le préambule, la première 
partie, et la conclusion de la lettre, laquelle, je pense bien, 
n'aura pas un grand intérêt pour vous, qui avez sans doute 
dans le temps suivi avec une attention toute particulière 
jusqu'au moindre mouvement du Concile, et avez eu l'a- 
vantage de pouvoir lire tant d'écrits divers publiés sur ce 
grave sujet. Vos fidèles n'ont pas été à même de se 
donner cette satisfaction. Aussi c'est plutôt à leur inten- 
tion qu'à la vôtre, que je me suis imposé ce travail. Je 
souhaite toutefois bien vivement que vous y puissiez trou- 
ver assez d'intérêt, pour n'avoir pas eu la peine de le lire, 
sans avoir tiré de cette lecture une compensation propor- 
tionnée cà cette peine. 

Permettez que je profite de l'occasion de cette circulai- 
re pour vous prier instamment de déployer un grand zèle 
pour faire prospérer l'œuvre de la Propagation de la Foi, 
si importante, je pourrais même dire nécessaire pour les 
besoins du diocèse. Quelle que fftt jusqu'ici notre recette, 
nous n'avions jamais moins de dix mille francs de France, 
environ cinq cents louis, à distribuer aux différentes œuvres 
diocésaines ayant besoin de secours, surtout à l'œuvre 
précieuse entre toutes les autres de nos missions des can- 
tons de l'Est : le conseil central de Paris faisait depuis 
assez longtemps au diocèse une allocation annuelle de dix 
mille francs, quelle qu'eût été la recette faite dans le dio- 
cèse. Il est bien probable que, vu les calamités de la 
France, les fonds de l'œuvre vont diminuer de beaucoup, 
et que le conseil ne pourra pas continuer à nous assurer 



t de nul effet, si 

n de lire, qui se 
e jugement et à 
dra lire tout en- 
ous croiriez les 
s ne manquerez 
istances de n'o- 
ule, la première 
e, je pense bien, 
avez sans doute 
)Ute particulière 
;, et avez eu l'a- 
s publiés sur ce 
à même de se 
itôt à leur inten- 
se ce travail. Je 
3 y puissiez trou- 
, peine de le lire, 
ensation propor- 

ie cette circulai- 
er un grand zèle 
Tation de la Foi, 
;essaire pour les 
'ici notre recette, 
rancs de France, 
afférentes œuvres 
urtout à l'œuvre 
missions des can- 
iris faisait depuis 
n annuelle de dix 
faite dans le dio- 
calamités de la 
Lier de beaucoup, 
r à nous assurer 



— 415 — 

la faveur d'un octroi régulièrement aussi élevé. Il faut 

rZtZ'X' 'm "'' T'"''' '''''''''''' ^1"' "^ diminue- 
ront pas, j en a. la confiance, grâce à la bénédiction que 

votre Téir'"'''"''"'^"'' '^" '■''''"^^' '" ^'' ^'^""■^ de 
Je me fais un devoir de vous informer que vous pouvez 
en vous adressant à Monsieur le grand vicaire Ceau 

Ma.s Us ont ete publies conjointement avec ceux des Con 
clés précédents, et forment, grossis de cette addition iu 
gee nécessaire par les Pères du Concile, un joli vo ùmê 
qu. coûte, assez bien relié, une piastre et demie Javol 
que c'est peut-être un peu cher ; mais ce n'esT pas^^ o 
a recommencer, c'est une fois pour toujours, e^ i, y'H 

res grand avantage à avoir ainsi réunis tous les Zv.^ 
et décrets de nos Conciles provinciaux. J'espère que ous 
rous imposerez libéralement ce sacrifice, sans leque vo"^ 
ne pourriez d'ailleurs satisfaire à l'obligation qu vouITn 
combe, de vous mettre en possession des décrets d d ?. 
n.er Concile, et même de ceux des Conciles antérieurs si 
deja vous ne les avez. ' ^' 

Voici maintenant trois induits que j'ai obtenus de l'in- 
dulgence du Saint-Pére pendant mon voyage à Rome "t 
quelle publie avec l'intention que l'on en iis'e dans ^^à" 

I' Induit du 29 mai 1870, qui autorise à chanter des 
messes de reçu^e,n aver. ornements noirs, trois fois Z 
semame,unjourdefète double mineur. (Accordé ,Z 

J" Induit du 19 juin 1870, qui permet de chanter des 
antiques en langue vulgaire, /«/.. ,n^ssan.. solemTa 
Je désire néanmoins que partout où l'usage de chanter ces 
cant.ques est tombé, il „e soit pas relevé. Il y a dans l'i,- 
dult quelques pa.oles restrictives qui me forcent à vous 
donnercette direction, dont je ne puis néanmoins vou 
^a.re une règle absolue. Vous tiendrez scrupuleusemen 



■'■ \ 



■ II'/ 



l'y 

à 

:' , t 

' •■-\ 

1'^ 



%■ 

i t. 






\ '■ 






!, 



— 416 — 



y 'y 



r.; 
















compte de la régie établie par l'induit même sur le choix 
des cantiques, et conçue dans les termes suivants : " Fai- 
" sant attention que les cantiques conviennent à la cir- 
" constance et soient propres à exciter la dévotion. " 
Cauto ut cantus sint ad rem, et vere devotionem foveant. 
(Accordé pour dix ans.) 

3° Induit du 12 juin 1870, en vertu duquel la fête de 
la dédicace de toutes les églises et chapelles du diocèse 
se célébrera à l'avenir, comme on faisait autrefois dans 
tout le pays, le second dimanche de juillet, sous le rite de 
1ère classe avec octave. Cette fête entre maintenant dans 
le calendrier du diocèse. Et vous remarquerez que l'or- 
do ou le directoire pour l'office du Bréviaire et la sainte 
Messe publié pour l'année prochaine (1871) tient compte 
de cette addition liturgique, et indique les rubriques à 
suivre en conséquence. Il y a obligation pour tout prêtre 
du diocèse de se conformer à cet induit accordé à perpé- 
tuité, et que je mets en force en vous l'annonçant en la 
présente Circulaire. 

Je conclus ici en vous présentant l'assurance de mon 
estime ei de mon affection ; et en vous priant de croire 
que vous n'avez pas la moins large part dans les étrennes 
que j'adresse au diocèse en terminant ma Lettre pastorale 
sur le Concile. Je puis vous assurer que vous occupez la 
première place dans mon cœur, et que je n'ai jamais d'ou- 
bli pour vous. Les années auront beau me rapprocher de 
plus en plus du plein hiver de la vie, j'espère qu'elles ne 
refroidiront jamais les sentiments que la bienveillance dont 
vous m'honorez .n toute occasion, a nécessairement fait 
naître en moi. 

A la fin d'une année, on ne peut guère s'empêcher de 
faire quelque réflexion sur la rapidité avec laquelle le 
temps nous emporte. C'e.^t bien l'occasion de se dire ; Ergo 
ûperemur bonum, diiin tempits liabemus ! Vcnitnox qiiando 
nemo potest operari ! Donc notre année 187 1 sera une 
année de travail de sanctification, opérée en nous-mêmes 



-417- 



me sur le choix 
uivants : " Fai- 
nnent à la cir- 
: la dévotion. " 
iionein foveant. 

quel la fête de 
;lles du diocèse 
autrefois dans 
t, sous le rite de 
naintenant dans 
juerez que l'or- 
lire et la sainte 
i) tient compte 
les rubriques à 
pour tout prêtre 
ccordé à perpé- 
nnonçant en la 

surance de mon 
priant de croire 
ans les étrennes 
Lettre pastorale 
vous occupez la 
n'ai jamais d'ou- 
; rapprocher de 
5père qu'elles ne 
ienveillance dont 
;essairement fait 

e s'empêcher de 
avec laquelle le 
1 de se dire ; Ergo 
Venit nox quando 
;e 187 1 sera une 
e en nous-mêmes 



encore plus que dans les autres ! Adieu ! je me recom- 
mande à vos bonnes et ferventes prières, dont j'éprouve 
de plus en plus le besoin ; et je demeure en toute charité 
et affection, 

Votre tout dévoué serviteur, 

t C, Ev. DK St-Hyacinthe. 

CIRCULAIRE PRIVEE 

l.rop«M: 1» de cer.»i,.,„uet, relatif, a «e, quc'tlon. "e rele- 
"icn. •"'•'""" *" "" *^»«'* «•«" Cur«,,M«r«ullUer« et Paroi- 

Belœil 23 janvier 1871. 
Messieurs et chers Collaborateurs, 

Il y a déjà assez longtemps que je diffère d'un jour à 
l'autre de vous parler d'une discussion engagée entre cer- 
tames feuilles publiques, sur des matières qui seraient 
évidemment du ressort de l'autoricé ecclésiastique plutôt 
que de la compétence des journaux, puisqu'il s'agit de 
choses qui intéressent exclusivement l'Eglise et ses droits. 
Je n'ai nullement besoin de vous expliquer à quoi je veux 
ICI faire allusion : vous me comprenez, j'en suis sûr, et 
cela me suffit. Mais comme il y a /^ temps de se taire, il y 
a aussi le temps de parler: et je crois qu'il est aujour- 
d'hui du devoir de. ma position, comme Evêque, d'élever 
la voix, non point pour examiner, discuter ot juger r/'a«- 
torité la valeur et le mérite des questions soulevées, ce 
qui serait le droit de tous les Evêques de la province de 
Québec, qui ont dans ces questions des intérêts communs 
et indivisibles, mais uniquement pour vous prier de ne 
point vous diviser d'opinion à propos des sujets débattus, 
et de demeurer calmes et tranquilles spectateurs d'une 
lutte à laquelle la convenance et la prudence vous font un 
devoir de demeurer étrangers, et que pour ma part je re- 
grette bien vivement, parce que je suis intimement con- 
T. m 27 



1 






',!„•!».. ■ 






I J 









f:. 




rn 





: * t 





\ 


■' i 


h 


it- 


^ 



V 

^ 

*' 






i 



' — 418 - 

vaincu que fiotre cause, qui est à la fois la cause de tous 
les diocèses du Bas-Canada, n'a rien à y gagner, et que 
j'en anticipe au contraire des résultats désavantageux, vu 
les exagérations de principes qui y ont été manifestées. 
Il est reconnu qu'il n'y a pas de moyen plus sftr de com- 
promettre et de perdre son droit ou son autorité, que de 
l'exagérer. 

Vous n'ignorez point que c'est toujours pour moi un 
bonheur et une consolation de me trouver uni d'opinion 
avec vous, parce que c'est surtout de l'Evoque et de son 
clergé qu'il est vrai de dire, r union fait la force. Et ici, à 
raison de circonstances vraiment délicates, et sur lesquelles 
vous pouvez pour ainsi dire mettre le doigt, je crois de- 
voir me borner, pour garantir et assurer cette union, à vous 
exhorter à bénir et louer Dieu de P indépendance, de la liberté 
et des privilèges si amples et si larges dont jouit notre mo- 
deste Eglise de la province de Québec, mieux partagée 
sous ce rapport qu'aucune autre Eglise du monde peut- 
être ; et si je me laissais aller à mes convictions, qui sont 
aussi les vôtres, je le sais, je n'y mettrais point de doute : 
mon affirmation serait formelle et positive. Donc, Mes- 
sieurs et chers collaborateurs, soyons bien attentifs à ne 
pas nous laisser emporter par le préjugé, la passion, ou le 
parti pris, en présence des intérêts en discussion, et enjeu 
par conséquent ! Et puisque par un bienfait de la Provi- 
dence qu'il y aurait ingratitude à méconnaître, nous pos- 
sédons un état de choses si avantageux et à l'Eglise et à 
n )us-mômes en tant que ses ministres, prenons garde à 
ne rien faire, à ne rien dire ou écrire, qui puisse mettre 
en danger cet état de choses, auquel portent envie tous 
les étrangers qui le connaissent, et qu'à Rome même on 
apprécie hautement ! 

Notre devoir est de continuer à nous montrer heureux 
et satisfaits de la protection que la loi accorde à nos ins- 
titutions religieuses et à tout ce qui s'y rattache, aussi 
bien que ce réseau de dispositions législatives, qui em- 






a cause de tous 
gagner, et que 
savantageux, vu 
été manifestées, 
^lus sûr de com- 
lutorité, que de 

rs pour moi un 
er uni d'opinion 
.fêque et de son 
a force. Et ici, à 
, et sur lesquelles 
ligt, je crois de- 
;tte union, à vous 
îance, de la liberté 
it jouit notre nio- 

mieux partagée 
du monde peut- 
actions, qui sont 
; point de doute : 
ive. Donc, Mes- 
en attentifs à ne 
la passion, ou le 
;cussion,et enjeu 
fait de la Provi- 
uaître, nous pos- 
et à l'Eglise et à 
prenons garde à 
[ui puisse mettre 
)rtent envie tous 

Rome même on 

montrer heureux 
ccorde à nos ins- 

y rattache, aussi 
;islatives, qui em- 



I 



— 4i;> — 

brasse, pour la protéger et l'appuyer, l'organisation tout 
entière de notre Eglise. Je m'épargne les détails, que vous 
connaissez aussi bien que moi ; mais je cite, en laissant 
courir ma plume, la loi qui reconnaît les Evoques et les in- 
corpore, les lois si favorables et si libérales qui président 
a la formation de nos paroisses, à l'édification ou cons- 
truction de nos églises, cimetières, presbytères et dépen- 
dances, en même temps qu'à leur réparation ou recons- 
truction, à la perception des droits de nos fabriques, ain- 
si que de nos dus et dîmes. 

Et pour tous ces avantages d'un si grand prix, dont 
nous jouissons bien paisiblement à la faveur de ces lois 
^'autorité civile, qui me semble loin de se montrer dispo- 
sée a les amoindrir, nous a imposé avec le plein consen- 
tement et l'entier agrément de l'autorité ecclésiastique 
qui nous en. a fait un devoir, la charge de confiance de 
nous constituer ses <#«m pour l'enregistrement solennel 
et authentique des naissances, morts et mariages. Et si 
seulement nous prenons la peine de nous rappeler l'im- 
portance de cette mission ou office relativement aux fins 
et aux besoins de l'ordre civil, nous pardonnerons volon- 
tiers a l'Etat d'avoir voulu s'assurer, en cette matière d'un 
si haut intérêt pour la société et les individus, un service 
régulier et correct par la menace d'une pénalité qui est 
demeurée à peu près sans application jusqu'ici, et qui est 
de fait plutôt nominale que réelle, et contre laquelle d'ail- 
leurs les Supérieurs ecclésiastiques n'ont nullement récla- 
mé, sans doute pour s'épargner la peine d'avoir à punir eux- 
mêmes les rares négligences que, là comme ailleurs, la fra- 
gilité humaine peut rendre possibles. Et puisque de ait 
nous sommes ici les serviteurs ou officiers de l'Etat, i. me 
paraît très rationnel que nous acceptions son contrôle, 
d'autant plus que l'Etat ne nous a fait aucune violence pour 
nous imposer cette charge, à laquelle l'autorité ecclésiasti- 
que a volontiers consenti de nous voir astreints, parce qu'il 
y a pour nous un intérêt tout spécial d'ordre spirituel ou 



i'> 



>fl 1 









-,!' 



Cli 



m 



'•?-! t. 




J '^ 



1 fflaii 



ti 



— 420 ~ 

moral à être en possession de cette charge, et qu'elle 
n'ignoiait point qu'il entre dans les vœux et les désirs du 
Saint-Siège, qu'à côté du registre canonique le prêtre 
tienne le registre de l'état civil ! 

C'était bien la peine, en vérité, de chercher à prouver 
à cette occasion, qu'en vertu de l'immunité ecclésiastique 
le pouvoir civil ne peut point nous constituer ses officiers ! 
Pour demeurer dans le vrai, il eût du moins fallu faire une 
distinction : et en s'inspirant à la pensée de Celui qui a 
dit ; Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui 
est à Dieu, l'on aurait facilement admis (jn'en ce qui n'est 
incompatible ni avec notre caractère, ni avec notre mis- 
sion de prêtres, rien ne s'oppose à ce que nous puissions 
devenir officiers du pouvoir civil, surtout quand ceux qui 
sont juges en pareille matière, les Evêques, ne s'y mon- 
trent point opposés, et que le juge suprême, le Pape, va 
jusqu'à déclarer que la chose est bonne et désirable, com- 
me c'est précisément le cas pour l'espèce qui nous occupe. 
L'Eglise n'aime point que nous refusions à l'Etat les ser- 
vices qu'il nous est facile ou possible de lui rendre, sans 
préjudice pour notre caractère sacerdotal ou les devoirs 
de notie position. Et vraiment le chapitre XIII de l'Epî- 
tre aux Romains me fait douter si pour le cas particulier 
dont il s'agit, la sagesse du Chef de l'Eglise nierait à l'E- 
tat le droit de nous connnander ! La présomption est 
qu'elle ne condamnerait point ce que nos Evêques ont 
adn.is jusqu'ici ; et ils n'ont jamais protesté contre la pé- 
nalité ci-haut mentionnée ! Et puis, quoi de moins incom- 
patible, avec notre caractère ou notre mission de prêtre, 
que de tenir en duplicata notre registre canonique, pour 
en livrer le double à l'Etat, qui dès lors le classe parmi 
ses documents authentiques et solennels, et le revêt du 
privilège de faire foi à première vue, prima facie, dans 
ses tribunaux de justice, et partout où il sera cité ou in- 
voqué légalement. 
Arrêtons- nous là, Messieurs et chers collaborateurs, 



iV> 



'iwSlr ' 



arge, et qu'elle 
et les désirs du 
nique le prôtre 

rcher à prouver 
té ecclésiastique 
uer ses officiers ! 
lis fallu faire une 
de Celui qui a 
/ d Dieu ce qui 
l'en ce qui n'est 
avec notre mis- 
e nous puissions 
quand ceux qui 
;s, ne s'y mon- 
me, le Pape, va 
t désirable, coni- 
qui nous occupe. 
cà l'Etat les ser- 
lui rendre, sans 
1 ou les devoirs 
eXIII de l'Epî- 
le cas particulier 
ise nierait à l'E- 
présomption est 
los Evêques ont 
:sté contre la pé- 
de moins incom- 
lission de prêtre, 
canonique, pour 
s le classe parmi 
;, et le revêt du 
rima facie, dans 
1 sera cité ou in- 

rs collaborateurs, 



— 421 _ 

et n'ayons point le courage inopportun de nous élever 
contre le titre d'officier civil, qu'à raison de quelques de- 
voirs attachés à notre ministère, d habiles jurisconsultes 
nous attribuent et nous reconnaissent dans l'occasion. De 
fait, puisque nous avons la charge ou l'office, il est diffi- 
cile de comprendre pourquoi nous ne pourrions pas avoir 
le titre qui en découle I Et ce titre, n'est-il pas vrai que 
nous ne l'avons pas toujours eu pour odieux } Qui ne sait 
en effet que c'est en venu de son titre, de sa qua- 
ited officier civil, que feu le digne curé de L'Acadie, 
le Révérend Messire Robert, entreprit avec la permission 
et 1 agrément de son Evêque, de foire annuler et révoquer 
par le tribunal supérieur de ^lontréal la sentence rendue 
par la cour du district de St-Jean d'Iberville, qui l'avait 
condamne à une assez forte amende dans une affoire de 
mariage de mineur, sans vouloir lui allouer le bénéfice 
d'immunité qu'il invoquait, en se fondant sur sa qualité 
d'officier public de l'Etat. Ce moyen de défense fut admis 
par le tribunal de Montréal, qui non seulement le déchar- 
gea de l'amende, mais fit encore retomber sur son fonati- 
que agresseur les frais du double procès. Les raisons pour 
lesquelles cette qualité ou ce titre d'officier civil nous est at- 
tribué, sont d'une telle nature qu'il est pour moi bien 
évident qu'il ne s'y trouve rien d'opposé à l'immunité ec- 
clésiastique ; et il faudrait une décision explicite et for- 
melle du Saint-Siège pour me faire croire le contraire. 

Une chose facile à conclure de ce qui précède- et qu'il 
est important de ne pas perdre de vue p^ur ne pas battre 
l'air de nos raisonnements, c'est que nous ne tenons point 
les registres de l'état civil parce qu'il nous appartient de 
./m/delestemr;etquoiqu'enlestenant nous rendions 
a l'Etat un service qui pour ne nous cofiter qu'un léger 
travail, ne lui en est pas moins très important selon qu'il 
l'admet volontiers, il reste toujours vrai de dire que nous 
ne les tenons qu'à raison de la confiance dont nous ho- 
nore le pouvoir civil, qui ne saurait à la vérité trouver fa- 



j 



ï:1i 






.. ; ' I 



< û 



H" 



w 




$1 




i 



— 422 — 

cilement mains plus sûres et moins coûteuses auxquelles 
les confier : et il est permis de croire que jamais il ne suc- 
combera à la tentation de chercher ailleurs mieux qu'il n'a 
trouvé chez nous jusqu'ici ! Malgré tout cela il n'en est i)as 
moins incontestable que l'Etat, qui dans sa sphère a droit 
de jouir de l'indépendance comme l'Eglise en doit jouir 
dans la sienne, demeure toujours maître, absolument par- 
lant, de faire tenir ses registres par d'autres que par nous, 
c'est-à-dire, par des officiers publics qu'il appointerait pour 
cette fin. 

Puis donc que l'Etat peut nommer qui il pourrait lui 
plaire, en dehors de nous, à la fonction ou charge de tenir 
ses registres, il ne serait plus Ipgique de lui refuser le droit 
d'imposer quelques formes, quelques conditions à suivre 
pour la tenue de ces registres et de déterminer quels se- 
ront et où seront placés les bureaux dans lesquels ces 
mêmes regis'.l's seront installés par son ordre et par ses 
employés, afin que le but qu'il se propose, d'y faire ins- 
crire et constater pour les fins et besoins de l'ordre civil, 
les naissances, morts et mariages, soit suffisamment et ré- 
gulièrement atteint. Et l'Etat, qui ne ferait certainement 
pas assez pour remplir le but et la fin de la loi, s'il faisait 
moins qu'il n'a fait jusqu'ici, prétend qu'en installant des 
registres d'abord dans toutes les paroisses canoniquement 
et civilement érigées, puis dans celles qui ont reçu l'érec- 
tion canonique d'après les formalités voulues par la loi 
et que l'autorité civile doit bientôt reconnaître et ériger à 
bon tour, pour se conformer au vœu et aux dispositions 
de la loi ; et enfin, dans les parties du pays oii la popula- 
tion est encore trop peu nombreuse et trop pauvre pour 
pouvoir jouir du bénéfice de la loi et se constituer en pa- 
roisses, mais où un prêtre est néanmoins envoyé par l'é- 
vêque pour desservir les fidèles que s'y trouvent, l'Etat, 
dis-je, prétend avoir par ce moyen suffisamment pourvu 
à l'inscription et à la constatation de toutes les naissan- 
ces, de toutes les morts et de tous les mariages qui pour- 



uses auxquelles 
jamais il ne suc- 
5 mieux qu'il n'a 
la il n'en est pas 
a sphère a droit 
se en doit jouir 
absolument par- 
es que par nous, 
ppointeraitpour 

i il pourrait lui 
i charge de tenir 
i refuser le droit 
ditions à suivre 
•miner quels se- 
ins lesquels ces 
)rdre et par ses 
e, d'y faire ins- 
i de l'ordre civil, 
ffisamment et ré- 
ait certainement 
la loi, s'il faisait 
en installant des 
s canoniquement 
i ont reçu l'érec- 
)ulues par la loi 
naître et érigera 
aux dispositions 
lys où la popula- 
rop pauvre pour 
constituer en pa- 
3 envoyé par ré- 
trouvent, l'Etat, 
isamment pourvu 
utes les naissan- 
ariages qui pour- 



— 423 — 

ront avoir lieu dans le pays, du moins .n ce qui concerne 
la partie catholique de la j.opulation, sauf à lui d'aviser 
aux moyen;: à prendre pour arriver au même résultat re- 
lativement à ceux de ses sujets qui n'appartiennent point 
a notre croyance. De plus, le gouvernement de l'Etat af- 
hrme que pour ce qui concerne la population catholique, 
la 01 du pays ne lui permet pas d'installer des registres 
ailleurs que dans les paroisses érigées tel que dit il y a 
un mstant, et dans les missions encore dans une situation 
a rendre mipossible la formation de la paroisse régulière 
Et de prime abord il paraît bien clair qu'en procédant 
amsi, le pouvoir civil ne saurait être taxé d'imprudence à 
1 endroit des intérêts de la société et des individus, puis- 
qu a la manière dont il entend distribuer, comme il a de 
fait toujours distribué les bureaux où doivent se trouver 
ses registres,chaque naissance, mort et mariage pourront 
aisément être constatés ; et il ne saurait non plus être taxé 
d arbitraire et d'injustice, à raison de la manière dont il 
interprète la loi, puisque l'interprétation qu'il lui donne 
se trouve justifiée par les faits du passé. Ainsi, par exem- 
ple, lorsqu'à Montréal l'on jugea qu'il était de convenance 
rigoureuse que l'église cathédrale, située dans les limites 
de la paroisse de Notre-Dame, fût mise en possession du 
droit de tenir les registres de l'état civil; quand à Qué- 
bec. Montréal et Longueuil, l'on crut nécessaire d'établir 
des églises succursales dépendantes de paroisses canoni- 
quement et civilement érigées, et dont les curés étaient de 
droit en possession de tenir les registres civils, l'on a par 
avance admis l'interprétation aujourd'hui donnée par le 
pouvoir civil à la loi des registres, puisqu'au lieu de pré- 
tendre que l'on avait droit à des registres pour ces églises 
Ion a compris qu'il fallait s'adresser au parlement provin- 
cial, et solliciter la faveur, que l'on a aisément obtenue, 
d une loi spéciale qui autoVisât à tenir des registres civils 
dans les diverses églises ci-dessus mentionnées ; démar- 
che qui indique clairement que l'on reconnaissait que ces 






n 



f.S. Y- 



i-i; 



m- 



m 





Û 



l 














— 424 — 

églises, à raison de leur mode de création et d'existence, 
n'avaient point de droit à ces registres. 

Et enfin, dans le mois de décembre dernier, les journaux 
de Québec et de Montréal livraient à la connaissance du 
public le fait d'un juge assurément des plus compétents 
en cette matière, fait que vous avez sans doute remarCi'ic 
comme moi, et qui va bien directement à l'appui de not» - 
thèse ! Et si jamais quelqm' circonstance particulière, 
quelque besoin exceptionnel me forcent de me mettre en 
dehors de la loi ])our établir une ou des paroisses en vertu 
du droit absolu que les lois de l'Eglise reconnaissent à l'é- 
vêque en cette matière, ce fait me servira de règle de 
conduite : je m'adresserai à la législature, qui s'est toujours 
montrée si condescendante pour l'autorité ecclésiastique 
en ces cas extrêmes, pour Iji demander une loi qui vienne 
au secours de mon embarras ; ei cette loi ne me sera pas 
refusée!! Le passé me dit par ses précédents ce qu'en 
pareille conjoncture je pourrais attendre de l'avenir. 

Je m'arrête ici, sans avoir aucunement besoin de dire 
que je ne prétends blâmer personne d'avoir, sur les sujet;: 
que je viens de toucher si rapidement, une opinion ou 
conviction différente de la mienne ; mais je réclame le 
droit, qu'il est impossible de me contester, d'avoir sur ces 
sujets mon opinion propre et personnelle, que vu les cir- 
constances j'ai jugé à propos et même nécessaire de vous 
faire connaître, et qui se trouve clairement manifestée 
par l'ordre d'idées ci-des3us exposé, et que j'ai cru devoir 
vous présenter et vous soumettre comme moyen de nous 
réunir dans une seule et même opinion, et d'éloigner les 
divisions regrettables qu'eussent pu engendrer parmi noi's 
les discussions et les débats de journaux qui ont donné 
occasion à la présente lettre, et que vous avez suivis et 
dont vous vous êtes même entretenus, je le sais, avec un 
intérêt sentant l'anxiété, les uns tenant /e pour et les 
autres /e contre. Il me semble n'avoir point placé l'accord 
et l'harmonie entre nous à des conditions assez étranges 



\ 



r. et (l'existence, 



— 425 — 

et assez élevées pour qu'elles ne soient point acceptables. 
Je SUIS sfir d'ailleurs que nous aurions rout à perdre et 
nen à gagner, si vous refusiez de vous réunir autour de 
moi sur le terrain de paix où je vous invite et vous ap- 
pelle, et où nous sommes certains de trr.iver, pour conti- 
nuer à y marcher, la voie tracée par le temps et l'expéri- 
ence, qui nous a conduits à la si heureuse entente et à l'u- 
nion SI précieuse qui existent entre l'Eglise et l'Etat, et 
dont l'une et l'autre ont tiré jusqu'ici les ].lus avantageux 
résu'.ats ! Et qui pourrait dire où nous en serions aujour- 
d'hui et comme Eglise, et comme société politique et civile, 
sans cette entente et cette union ? Je sais en conséquence 
d'une approbainn que j'y ai reçue à propos d'une obser- 
vation que j'y faisais sur le sujet même des rapports de 
l'Eglise et de l'Etat, qu'à Rome l'on nous conseillerait for- 
tement de r.ous appliquer à éviter tout ce qui pourrait 
fausser ou briser une si belle harmonie, parce que là, à 
Rome, on a la prudence de savoir redouter les dangers 
du conflit entre le pouvoir religieux et le pouvoir civil. 
La cause des maux dont sont inondées les vieilles sociétés 
de l'Euiope, remonte au jour où l'entente entre les deux 
pouvoirs auxquels Dieu a confié la régie de ce monde de- 
venait impossible ! Et vous savez que ce ne fut jamais 
l'Eglise qui prépara la voie à cette funeste rupture entre 
l'ordre spirituel et l'ordre temporel, inséparables dans les 
desseins et les dispositions de la Providence. La pertur- 
bation a été jetée dans le plan divin par la liberté et les 
passions humaines, que les sévères enseignements de la 
foi n'ont point réussi à contenir dans leurs bornes légiti- 
mes ! ! ! 

Je vous laisse à vos réflexions sur ce que mon devoir 
et ma conscience m'ont inspiré de vous dire sur les im- 
I)ortants sujets dont je viens de vous parler, pour passer 
aux quelques courtes observations que je crois devoir 
vous faire, et que je sais que vous souhaitez vivement que 
je vous fasse sur l'ouvrage si digne de notre attention qui 



I 





f 


i, 




f- ^ 


1 Î' ■* 




1 







■ ! I 
\ 

■ i\ 

II 

■' il 



lit 



h-J. 



w 




(iÉJîkK 



M; . 




— 420 — 

vient d'ôtre publié sous le titre de Cû(/e des Curés, 
Mar^uilliers et Paroissiens. 

Si j';ii cru devoir vous parler de cet ouvrage, qui aura 
nécessairement dans nos affaires de Fabrique et de pa- 
roisse une grande portée et une grande influence, à rai- 
son de la position qu'occupe son auteur (que je n'ai point 
l'avantage de connaître personnellement, que je n'ai môme 
jamais eu l'occasion de rencontrer, mais dont j'ai souvent 
entendu citer le nom comme d'un homme très appliqué à 
l'étude et d'un jurisconsulte savant), ce n'est point que je 
veuille vous en faire l'appréciation dans le détail. J'ai lu 
ce travail une fois si ulement, et encore assez rapidement, 
à cause des occupations où je me trouvais alors engagé. 
Cependant cette lecture rapide a suffi pour me convaincre 
que sur quelques points il me serait imjjossible d'adopter 
les principes et les conclusions de l'honorable auteur, 
qui m'avait fait l'attention de m'adresser un exemplaire 
de son livre, accompagné d'une lettre caractérisée i)ar le 
ton d'une parfaite urbanité. En répondant à sa gracieuse 
lettre, je l'informai du regret que j'éprouvais de ne pou- 
voir concourir dans toutes ses opinions ! 

Sans s'être trouvé aucunement blessé de mon observa- 
tion, ce digne Monsieur me répliqua poliment qu'il conce- 
vait que je ne puisse approuver toutes les parties de son 
ouvrage, qui pourrait bien n'être mis exempt d'erreur, 
malgré tout le soin qu'il y avait ap jorté. Il avait la bien- 
veillance d'ajouter qu'en me le soumettant, il avait atten- 
du de moi un jugement plus impartial que celui qu'il avait 
rencontré quelque part ailleurs, me disant en même temps 
qu'il était résolu de ne point répondre à une critique faite 
par quelqu'un qui avait lu son livre d'une manière dont il 
lui était impossible de se rendre compte, si toutefois môme 
il l'avait lu ! C'est bien là la prudence et le calme du haut 
magistrat ! Et vraiment il n'en faudrait pas davantage 
pour me persuader que ce Monsieur a été consciencieux 
et de bonne foi, et n'a eu que de bonnes intentions en 



^l,:" 



427 - 



'odt des Curés, 



publiant son livre. Mais il y a plus en sa faveur : c'est que 
1 auteur de la critique à laquelle il faisait allusion en sa 
rtponse a ma lettre, a reconnu publiquement, dans l'un des 
articles de sa critique, que l'auteur du Code des Curés. Mar- 
gui/hers et Paroissiens, est un homme de re/igion, de piété 
et devenu ! Et une autre chose cicore, c'est qu'il fallait 
bien que sa conscience ne lui reprochât point trop haute- 
ment mancjue de bonne foi et de !,onne intention, pour 
qu II pût se décider à soumettre son travail et à en de- 
mander l'approbation à l'une des plus hautesautorités ec 
clesiastiques qu'il y eût dans le pays au moment où il se 
préparait» le mettre sous presse et le à livrer au public. C'est 
une mformation que je n'hésite point à vous donner pour 
certaine, la tenant de qui de droit en pareille occurrence. 
C est, je pense, autant qu'il fallait pour nous engager à 
ne pomt juger avec une sévérité outrée, encore moins 
avec passion, et par là môme peut-être avec injustice, un 
ouvrage qui, moyennant quelques r ,, .Jons et quelques 
amendements, pourrait devcn . guid. sûr et uniforme, 
et un manuel pratique dans les matières dont il y est 
traité. S'il était déféré au tribunal de Rome, je ne puis 
m'empôcher de croire qu'il en sortirait avec une note -lui 
ordonnerait qu'il soit corrigé et amendé, avant qu'il puisse 
être mis en usage. P rsonne n'ignore qu'il n'y aurait en 
cela rien d'infamant, ni pour l'auteur, ni pour son livre ' A 
Rome, la vérité condamne l'erreur, mais la charité excuse 
la personne ! Et quand cela aurait été fait, c'est-à-dire, 
quand il aurait été corrigé et amendé, nous aurions un 
excellent livre, dans lequel on découvre déjà, malgré les 
quelques imperfections et défauts qu'il renferme dans son 
état actuel, les preuves les plus amples et les plus nom- 
breuses de la disposition de l'auteur à respecter en tout 
1 ordre, les principes et le droit, même au point de vue 
canonique et ecclésiastique. Eût-il pu en être autrement de 
la part d'un homme auquel la force de la vérité contraint 
son critique de reconnaître, comme je viens de le dire de 



ff» 



■' ' ' 



— "T' 



ii:^t.' 




Ç?. u,t 




à' 



t 






H', '« 






— 428 — 

la religion, de la piété, des vertus ! Il nous est donc plus 
que permis de croire que l'honorable auteur ne manquera 
pas de rendre justice et de faire honneur à sa belle réputa- 
tion ; et que sans attendre que Rome ait parlé, et lui ait in- 
fligé quelque note ou fait quelque remarque plus ou moins 
pénible, il se fera un devoir, sur les observations que les 
autorités ecclésiastique du pays devront tôt ou tard lui 
soumettre (il est difficile, vu la vacance du siège métro- 
politain, d'espérer que ce puisse être bien prochainement), 
de corriger et amender son livre, de manière à ce que 
tous les Evoques de la province en puissent recomman- 
der l'usage aux " curés, marguilliers et paroissiens," aux- 
quels il est destiné. 

Je vous avouerai candidement que je ne me sens point 
capable d'entreprendre l'examen de cet important ouvrage 
pour en faire seul et par moi-même une appréciation, une 
critique qui rende à l'auteur toute la justice qui lui est 
due, et qui ne laisse rien à désirer sous la rapport des 
principes et du droit en ces matières. C'est pourquoi je 
demande votre concours, en vous priant de vous mettre 
à l'œuvre pour l'étudier avec toute la diligence et tout le 
soin possible, afin de pouvoir me passer ensuite vos re- 
marques et vos observations. Et pour donner à votre tra- 
vail plus de valeur et d'ensemble, je fais de l'examen de 
ce livre les sujets de vos recherches et de vos études ec- 
clésiastiques pour la Conférence ecclésiastique d'été de la 
présente année. Les- rapports des conférences des divers 
arrondissements me fourniront les informations et les se- 
cours dont je sens le besoin pour agir en toute chose 
avec la prudence et la justice requises à l'endroit du livre 
et de son auteur. J'espère pouvoir vous adresser bientôt 
le programme complet des Conférences ecclésiastiques de 
l'année. 

Permettez-moi de profiter de cette occasion pour vous 
dire que, quoique je n'aie reçu de Rome aucun document 
officiel à ce sujet, j'ai cessé de dire à la Messe la collecte 



— 429 — 

du St-Esprit, Dem qui corda fidelium, prescrite par le Pa- 
pe a loccasK)n du Concile. Et j'ai cru devoir le faire, à 
raison du décret ou monitum adressé par le Cardinal 

lu dans plusieurs des journaux publics. La chose m'a 
paru assez authentique, pour que j'aie cru pouvoir m'y 
cmifurmer. Vous êtes libres de faire comme j'ai fait moi 
n^me. Il est possible d'ailleurs que rien ne nous vieTne 
d Rome sur cette question, que l'on aura probablement 
la.sseeau jugement des Evêques. Vous savez maintenant 
comme je lai jugée ; et je l'avais même jugée en ce sens 
avant d avoir eu connaissance du décret ou " monitum "' 
auquel je viens de vous référer. 

Dieu veuille tirer sa gloire e't le bien de notre chère 
Eglise de la province de Québec, du travail que m'a im- 
pose ma conscience pour préparer cette lettre, que je vous 
adresse avec l'espoir que vous y trouverez une nouvelle 
preuve de ma disposition à liVimmoler et à me sacriâer 
chaque fois que je crois nécessaire de le faire pour l'inté' 
rôt de la cause que Dieu a confiée à notre commune sol- 
licitude et au dévouement de notre zèle. Adieu i Priez 
pour moi, et croyez-moi. Messieurs et chers collabora- 
teurs, avec beaucoup d'estime et d'affection en Tésus 
Mane et Joseph, "' ' 

Votre très humble et obéissant serviteur, 

t C, Ev. DE St-Hyacinthe. 
Par mandement de Monseigneur, 

L. Z. MoREAU; Ptre, 

Secrétaire. 



\ . 



J' 



i^.t 



'il 1 









!" 


!-i 




■ 1, 


h 


U 


t.( 


,;■>* 



■•^! 



1 , 



Ç.1.1 






— 430 — 



MANDEMENT 

Au .ujet dune contribution »a« frai» du '"P"'"'^'"* **" 
L«»»c« Pont.fflcaux Canadien., de lŒuTre du Précieux- 
Saurdanfre d. oeè.e. dn I»ec..n.ement elvll. et du Patronage 
de aalnt Jo«ep ï 



CHARLES LAROCQUE, par la grâce de Dieu et du 
Saint-Siège Apostolique, Evêque de St-Hyacinthe, etc., 
etc., etc. 

Au Clergé, aux Communautés religieuses, et aux Fidè- 
les de notre diocèse, Salut et bénédiction en Notre-Sei- 
gneur Jésus-Christ. 

Ce n'est pas sans raison, N. T. G. F., que vous étiez 
fiers de la grande et belle œuvre des Zouaves Pontifi- 
caux Canadiens, dont le souvenir subsistera certainement 
comme l'une de nos gloires religieuses et nationales : car 
oette œuvre était éminemment catholique dans son but, 
que vous connaissez trop pour que Nous songions à en 
parler ici ; et ceux de vos enfants que la Providence à 
appelés à y prendre part, ont paru avec tant d'avantage 
au milieu du corps d'armée composé de jeunes gens réu- 
nis de toutes les parties du monde catholique, auquel ils 
étaient allés se joindre à Rome, que le titre de zouave 
canadien était partout accueilli comme une passe de dis- 
tinction et d'honneur ! 

Mais cette belle œuvre appartient désormais à l'histoire 
de notre pays, pour en devenir sous la plume de quelque 
habile écrivain catholique lune des pages les plus palpi- 
tantes d'intérêt pour les générations futures : nous som- 
mes encore trop près de l'événement, d'ailleurs absorbé 
par les immenses mouvements sociaux qui agitent et 
bouleversent en ce moment la vieille Europe, pour l'aper- 
cevoir dans toute la beauté et l'étendue de ses propor- 
tions ! Elle n'existe plus cette belle œuvre ! Elle a dû 



— 431 - 

pui s'ionr"' '°"'" ""^ '' '^'^"P d« 1'événen.ent de- 
pu long en, p , p^^,^^ ^^^.^^^ ^^ ^^^^^^^ ^^^ 

l'Slise vï '.^^°^":'°""^''-^^ q^e les vrais enfants de 
Eglise s efforçaient de conjurer par tous les moyens en 
leur pouvoir: prières ferventes et persévérantes acri 
fiées pe^cuniaires ; sang versé sur les champs de batame 

du désir de sv T^'' ^''^'^^^ canadiennes, brûlant 
du désir de s immoler, mais dont la douceur et la mansué 

tion. C est a ce pnx que l'univers catholique avait espéré 

de fois si u ^' ''°"P' ^"' l'ont tant 

bien If .'■'""' ^^^^'l''' et l'assailliront sans doute 

r sir ■ l'^bal^er^r;^ ''■ '" '^^ ^^'"l^^' ^^ ^^ 
réussir a I abattre et aie détruire ! Mais rien n'y a fait i I a 

Providence a voulu de noirveau présenter au moi de ^e 
pec ac e de la vérité devenue captive pour avoir eu la 
force et .e courage de s'opposer à l'erreur et aux pas lons 
des hommes, dans le but d'empêcher le genre humnin^ 
retomber dans la barbarie et Lclavi e'^olu l'a^d ^ Î 
la lumière évangélique 1 oeuvre 

Comme vous le savez, N.T.C.F., et comme Nous vous 
le disions en notre Lettre pastorale sur le Conci e le 
hordes mazzmiennes sont dans Rome, et le Ch [ de 
1 Eghse est à leur merci 1 Le soleil du .o septembre échf 

battan en bruche, au service de la révolution, les murai! 
es de la VUle Eternelle, qui ne tardaient point s" o" 

doux^F r^""T '' "^ ''''"''' ""l^'^ ^' sacrilèg Le 
m résistance a sa petite armée, qui ainsi que les murs 
dont Rome estait environnée, avait pour but de p otége 
la personne du Pape et l'heureuse cité dont il est le roi 
contre les coups de mains des brigands et des malfaiteurs 
organises ; mais non de faire ou de soutenir la gue 






4 



!? • . if- 



•Jfl '» 



I 






i i 






[■ 



f. 

.1' 



i 




f,r • < 






I ' 



r:^ 






I 



— 432 — 

contre les armes d'aucune puissance régulière; le re- 
présentant du roi pacifique ne songea jamais à entrer 
en campagne pour l'honneur d'une victoire, ou le profit 
d'une conquête ! Et malgré ses beaux faits d'armes de 
Mentana et de Monte^Rotondo, dont son courage et sa 
confiance en Dieu lui faisaient espérer le renouvellement, 
l'armée de nos Machabées chrétiens, décidée à vaincre ou 
à périr, s'il lui eût été permis de combattre, respectant la 
volonté du Chef de l'Eglise comme celle de Dieu lui- 
même, obéit et déposa les armes ! 

Et parmi ces généreux soldats de la cause de Dieu et 
de son Eglise, se tr^-vaient des enfants du Canada, fiers 
héritiers de la valeur des héros de Monongahela et de 
Châteauguay, qui se voyant ainsi arrêtés dans l'ardeur et 
l'éian qui les poussaient au combat, brisèrent contre les 
murs et contre les pavés leurs armes bénies par la main 
de Pie IX, plu^ôt que de les livrer aux mains impures des 
brigands que la révolution venait de faire pénétrer dans 
Rome, à l'ombre et sous la protection du drapeau italien ! 
Ces nobles vaincus, qui s'étaient soumis et s'étaient 
même constitués prisonniers de guerre par un sentmient 
de religieux respect pour le désir et la volonté du repré- 
sentant de Dieu sur la terre, avaient un droit des mieux 
acquis à revoir leur patrie, et à rentrer dans le sein de 
leurs familles, en y rapportant l'auréole de gloire et d'hon- 
neur qui ceignait leurs fronts de soldats du Christ du 
Seigneur ! Des négociations entamées sans délai et pour- 
suivies avec ardeur par le digne prêtre qui remplissait au- 
près d'eux les fonctions d'aumônier, et enfin couronnées 
de succès, les avaient rendus à la liberté ? Restait à pour- 
voir au moyen de les ramener au pays: et le moyen 
c'était de l'argent pour défrayer les dépenses du voyage. 
Il fut assez facile de s'en procurer par un emprunt ! Et 
c'est cet emprunt qui vous a rendu vos enfants, N.T.C.F., 
qui vous a procuré l'immense joie de les revoir, de les em- 
brasser, de les presser contre vos cœurs, de confondre 



— 433 — 

sous l'effet d'un mutuel attendrissement vos larmes avec 

eurs armes, et de jouir du plaisir de les entendre vous 

raconter,, ains. qu'aux parents et au:: amis qui s'étaient 

o nts a vous pour les embrasser et les féliciter au retour, 

intéressants épisodes, les émouvante, péripéties dé 

leui longue absence et de leur sainte croisade '■ 

Le but d. la présente lettre est de vous supplier, N. T. 

pou faire face a la part de cet em;)runt dont nous a char- 
ges e comité des Zouaves Pontificaux Canadiens de Mon 
treal, qu,, a sa manière d'envisager la question, affirme par 
on président, que la proportion de cet emprunt attribuée 
au diocèse de St-Hyacinthe est conforme à la justice et 
reclame en conséquence la somme de $1780.25. Nous' ne 
sommes pas tout à feit prêt à admettre la base sur laquelle 
le comité a établi ses calculs; mais Nous osons néan- 
moins Nous flatter, N. T. C. F., que votre générosité, .pii 
Nous est SI bien connue, ne reculera pas devant ce devoir 
de circonstance; et que chacun se fera un honneur de 
contribuer selon ses moyens au remboursement de la som- 
. mes qui Nous est demandée. Cependant, comme Nous ne 
sollicitons ic, qu'une offrande faite à Dieu lui-même, à cau- 
se du moft qui la provoque, et qui doit par conséquent ve- 
nir du mouvement d'une volonté parfaitement l,[)re Pour 
liM être agréable. Nous avons jugé que le moyen le plus 
efficace pour obtenir le résultat désiré, serait une collecte 
faite au jour et selon le mode indiqué au dispositif de la 
présente lettre, dans toutes les paroi,;ses et missions du 
diocèse. 

Quoiqu'il Nous en ait véritablement coûté, N T C F 
de Nous adresser a vous pour vous demander le nouveau 
sacrifice dont Nous venons de vous exposer l'occasion et 
le motif, Nous ne pouvons néanmoins Nous dis])ens-r de 
recourir à votre foi et à votre piété pour en implorer en- 
core quelque argent I De l'argent, toujours de l'argent! 
Oui, N. T. C. F., ceci est vrai dans l'ordre spirituel ou 

28 



n 

■m 






; i r 







[fti 





11 



— 434 — 

moral comme c.ans l'ordre matériel ou temporel, dans les- 
(liiels, vu l'état actuel de la société, il est certainement im- 
possible d'arriver à un résultat d'une espèce quelconque 
sans le secours de l'argent, qui est assurément la plus 
grande puissance de notre époque. Et c'est parce qu'il en 
faut en tout et partout aujourd'hui, que la Providence l'a 
tellement multiplié qu'il s'en trouve dans toutes les mains 
en proportion plus ou moins grande, selon la condition 
et les besoins des individus, la Providence en a sans 
doute ainsi disposé, parce que le monde moderne n'eCit 
1)U accomplir ses gigantesques entreprises qu'au moyen 
de l'association ; et que l'Eglise, dépouillée de ses riches- 
ses et de ses possessions d'autrefois, attend aujourd'hui 
l'existence et la vie de ses œuvres de l'aumône ou de la 
contribution universelle. A quels immenses et merveil- 
leux résultats n'est point arrivée la belle et magnifique 
association de la Propagation de la Foi, qui ne demande 
cependant à ses membres que la si modique aumône d'un 
sou par semaine ! ! 

Mais dans la crainte de vous paraître importun par la 
demande du nouveau sacrifice que Nous vou'ons 'ci im- 
plorer, N. T. C. F., Nous Nous hâtons de vous dire qu'en 
faisant cette fois appel à votre foi et à votre piété, Nous 
n'avons point l'intention de demander une aumône ou une 
contribution générale, quoiqu'il soit bien facile de com- 
prendre que Nous bénirons de tout notre cœur tous l ix 
et toutes celles d'entre les fidèles de notre diocèse, et mê- 
me des diocèses voisins, qui voudront bien contribuer à 
l'œuvre dont il s'agit. C'est particulièrement au petit nom- 
bre d'entre vous que Nous voulons aujourd'hui Nous 
adresser, c'est-à-dire, à ceux qu'une dévotion spéciale a 
portés à devenir membres de la Confrérie du Précieux- 
Sang ! 

Vous connaissez tous, N. T. C. F., l'œuvre et la dévo- 
tion du Précieux-Sang que le digne et saint Prélat, Monsei- 
gneur Jean Charles Prince, [remier Evêque de St-Hya- 



f .^ 



F?M 



nporel, dans les- 
crtainement im- 
lèce quelconque 
urément la plus 
;st parce qu'il en 
a Providence l'a 
toutes les mains 
;lon la condition 
lence en a sans 
; moderne n'eût 
;es qu'au moyen 
iée de ses riches- 
tend aujourd'hui 
umône ou de la 
uses et merveil- 
le et magnifique 
, qui ne demande 
ique aumône d'un 

importun par la 
s vou'.ons 'ci im- 
ie vous dire qu'en 
otre piété, Nous 
ne aumône ou une 
n facile de com- 
re cœur tous i ax 
tre diocèse, et mê- 
bien contribuer à 
lient au petit nom- 
aujourd'hui Nous 
ivotion s])éciale a 
rérie du Précieux- 

jeuvre et la dévo- 
.int Prélat, Monsei- 
^vêque de St-Hya- 



— 435 — 

cinthe, mort au commencenieni de mai de l'an 1860, ins- 
tituait sur son lit de mort, et léguait a son diocèse comme 
le plus précieux héritage de sa piété, de son affection pater- 
nelle, et de son dévouement épiscopal ! Son successeur im- 
médiat notre vénéré prédécesseur, l'illustrissime Monsei- 
gneur Joseph LaRocque. arrivé en 1860 a l'administration 
du diocèse, adoptait cette œuvre dont le but et la fin al- 
laient s, b:en à sa tendre piété, et lui donnai, l'institution 
canonique par Mandement solennel en date du r. avril 
.866. Bientôt après Dieu lui envoyait les graves infirmités 
qui 1 ont forcé à la retraite, et ont privé le diocèse des 
longs et importants services qu'il était plus que permis 
dattendre des talents et des qualités qui le distinguent 
et de son âge comparativement encore peu avancé Nous 
taisons les réflexions qui se pressent ici dans notre esprit 
en présence de l'événement i.rovidentiel qui l'enleva à sa 
chère Etil.se de St-Hyacinthe, pour le pousser dans une 
solitude à peu près complète, et lui permettre de se don- 
ner tout entier à l'œuvre qu'il venait de revêtir du sceau 
de son autorité épiscopale, et pour laquelle il vit unique- 
ment depuis plusieurs années déjà ! 

Nous n'avons nullement l'intention de vous parler ici 
du niénte de cette belle œuvre. Des presses de M 
tusebe Senécal, imprimeur à Montréal, sortait, au mois 
de décembre dernier, un tout petit livre que Nous re- 
commandons bien spécialement à l'attention de votre 
piété, et qui a pour titre, Dévof^ou au précieux Sang, ses 
motifs, sa pratique. Lisez ce livre, si vous voulez appren- 
dre a connaître et aimer l'œuvre du Précieux-Sang ! Nous 
voulons Nous borner à vous dire qu'il Nous semble évi- 
dent que Dieu s'est plu à la bénir dans le diocèse, puis- 
que, née et instituée d'hier pour ainsi dire, elle y est 
aujourd'hui dans un état assez florissant, pour qu'il soit 
permis de dire, sans aucune témérité, qu'elle est vraiment 
le grain de sénevé de l'Evangile devenu un grand et bel 
arbre, dont le tronc est une intéressante communauté de 



H 



V ('■ 



'ïï 



-il ■: 



1': 



,-i I! 



:^ B^ 




■ 'h 



■■M 



M^m^ 



— 430 — 

femmes régulièrement établie ;i St-Hyacinthe ; les bran- 
ches, les religieuses déjà assez nombreuses qui composent 
cette communauté ; et les rameaux, les 30 mille membres, 
de toutes les parties du pays, affiliés à la confrérie du 
Précieux-Sang, qui a son autel dans la modeste chapelle 
du monastère de la communauté ! Kt déjà les oiseaux du 
ciel, c'est-à-dire, des âmes yant besoin du calme et de la 
paix du cœur, viennent en assez grand nombre chercher 
le frais et le repos à l'ombre de cet arbre, qui malgré sa 
croissance si rapide et déjà si avancée, est encore loin 
sans doute d'avoir atteint son complet développement. 
Nous ne pouvons nous empêcher d'espérer, quand nous 
réfléchissons sur les vertus et la piété si remarquables 
des deux vénérables Prélats auxquels Dieu a inspiré la 
pensée de planter cet arbre dans le champ de son Eglise, 
([u'il ne l'ait destiné à y produire des fruits abondants de 
arâce et de salut. 

Un prêtre du diocèse, le révérend M. Lecours, curé 
de Notre-Dame de .St-Hyacinthe, dont le dévouement à 
l'œuvre du Précieux-Sang est partout reconnu, désirant 
lui donner une plus grande extension, a entrepris de 
compléter l'établissement dans lequel est installée la 
communauté que Nous venons de mentionner, laquelle a 
été fondée et existe uniquement pour rendre au sang 
divin de Notre-Seigneur, versé pour nous laver de nos 
péchés et nous rendre la justice originelle, un culte 
d'adoration, d'amour et de reconnaissance ; pour honorer 
sans cesse ce sang divin par les pratiques de la mortifica- 
tion et de la pénitence, et en implorer nuit et jour l'infi- 
nie et mystérieuse efficacité pour tous les besoins de 
l'Eglise, spécialement pour la conversion des pécheurs et 
la conservation de la foi et des mœurs dans notre cher 
pays du Canada. Ce digne prêtre a consacré à cette 
sainte entreprise tout son avoir présent et futur. Mais 
il f certain que ses ressources ne sauraient suffire à 
atteindre le but auquel il aspire, puisqu'il reste encore à 



— 487 — 



constru.re à peu près la moitié du monastère destiné à 
loger la communauté, et l'église qui y doit être attachée 
pour fournir aux religieuses le sanctuaire où elles doivent 
continuellement verser leurs larmes et leurs prières en 
présence de la victime eucharistique, et pour recevoir les 
nombreux fidèles qui déjà viennent de toute part prier 
dans la chapelle actuelle, attirés par le culte et la dévo- 
tion du Précieux-Sang 1 Et c'est particulièrement aux 
membres de la Confrérie du Précieux-Sang qu'un appel 
est fa.t aujourd'hui en faveur de la belle .euvre à laquelle 
lis se sont affiliés avec tant d'empressement, pour de- 
mander à chacun de vouloir bien s'imposer le sacrifice 
d'une modique aumône de vingt-cinq centins (trente sols) 
pour contribuer à la construction de la dernière partie du 
monastère et de l'église du Précieux-Sang, si courageuse- 
ment entreprise par le pieux prêtre dont Nous donnons 
c.-haut le nom. Et moyennant cette légère contribution, 
Ion s assurera une part toute spéciale dans le mérite de 
toutes les œuvres qui se pratiqueront dans le monastère, 
et un memen/o particulier à toutes les messes qui se di- 
ront dans l'église ; et ce, dès maintenant et à toujours 
Nous osons espérer que tous les confrères du Précieux- 
Sang se feront un bonheur de se rendre à cet appel • et 
Nous espérons même que beaucoup de bonnes âmes^Mi 
dehors de celles qui appartiennent à la confrérie, aime- 
ront à prendre part à la bonne œuvre pour participer aux 
avantages ci-dessus énoncés, et offerts à tous ceux qui y 
auront contribué. 

A ces causes, le saint nom de Dieu invoqué. Nous 
avons réglé et ordonné, réglons et ordonnons ce qui suit ■ 
i" Pour ce qui concerne le nouveau et dernier sacrifice 
a faire en faveur de la belle œuvre de nos Zouaves 
Pontificaux Canadiens, une quête sera faite dans toutes 
les églises et chapelles du diocèse où se font les offices du 
dimanche. Cette quête sera faite de concert par les curés 
ou missionnaires et par les marguiUiers • et s'il n'y a pas 






i 



'. •!. 



; :' 1 



<* j) 




If 


i 

1 


à 



if 



— 438 — 

de marguilliers, par quelques bons fidèles de chaque pa- 
roisse ou mission, tel jour de dimnnche ou de fOte ajirès la 
réception du présent \î;indeinent, que Monsieur le curé ou 
missionnaire jugera plus propre à assurer le succès de 
cette quête, laquelle devra Otre annoncée au prône un ou 
deux dimanches d'avance, afin que chacun se trouve i)rêt 
à offrir sa contribution ou son aumône au moment du elle 
devra être recueillie. 

Pour ce qui concerne l'œuvre du Précieux-Sang, dans 
toutes les paroisses et missions où il se trouve des mem- 
bres de la Confrérie, le curé ou missionnaire après avoir 
lu au ]irône le présent Mandement, fixera un dimanche, 
où après l'office du matin chaque confrère devra se pré- 
senter à la sacristie ou au presbytère pour lui remettre sa 
contribution : et si quelque autre fidèle désire contribuer 
à l'œuvre, ce sera le moment où il devra présenter son 
aumône ! Le montant de ces contributions ou aumônes sera 
remis le plus tôt possible à Monsieur le chancelier du dio- 
cèse. 

Puisse Dieu être glorifié par la bonne volonté et le zèle 
que chacun apportera sans doute à l'accomplissement des 
devoirs de circonstance que Nous venons d'imposer en 
son nom ! 

Nous profiterons de cette occasion pour vous informer, 
N. T. C. F., qu'avec le présent Mandement Nous adres- 
sons à vos rjasteurs une Lettre circulaire en laquelle 
Nous leur enjoignons de vous expliquer avec détail l'im- 
portance du devoir de citoyens que vous serez bientôt 
ai)pelés à remplir au sujet du recensement qui se fera 
prochainement dans toute la Puissance de Canada. Ecou- 
tez avec attention, pour les mettre en pratique, les avis et 
les conseils qu'ils vous donneront à cette occasion : vos 
intérêts de toute espèce, religieux, civils et politiques, ne 
pourront qu'y gagner, et y gagner beaucoup ! 

Sur ce, N. T. C. F., Nous prenons congé de vous, en 
priant Dieu de répandre sur vous ses grâces et bénédic- 



— ^'î^- 
tionslesplusabondantesjetn.vousexhortant a mettre 
a profit le temps favorai.le, les jours si précieux de la sainte 
quarantame que nous venons de commencer. Kt pour en 
cuclhrplus sûrement les fruits, recourez avec confiance 
au grand sanu Joseph, en lui adressant . haque jour de son 
be^'^o.s, qu, conunence aujourd'hui môme, l'hommage 
d une prière fervente ou de quelque exercice de ,,iété 
Nous regrettons de n'avoir pas eu le temps de vous annon- 
cer dune mamérc solennelle le glorieux ùir.dc Patron de 
fEghsc universelle qui vient d'être décerné à ce plus granc^ 
des patriarches ! Nous Nous acquitterons de ce devoir à 
1 époque de la fête que déjà nous célébrions en l'honneur 
du puissant patronage qu'il a toujours exercé envers tous 
ceux qui recourent à sa puissante protection 

Sera le présent Mandement lu au prÔne de toutes les 
églises et chapelles où se fait l'office public, et au chapitre 
des communautés religieuses, le premier dimanche après 
sa réception. 

Donné à Belœil sous notre seing et sceau et le contrc- 
semgdc notre Secrétaire, le premier mars mil huit cent 
soixante-onze. 

^^- ^ ^-^ t C., Ev. DE St-Hvacinthe. 

Par Monseigneur, 

L. Z. MoREAU, Ptre, 
Secrétaire. 



CIRCULAIRE 



* ?irt.''T?* "" '•"••"«••'«••"«'nJ de» Zoun^c. Ponlincaux, lœuvre 
l"Fr;;no;"' "■"'• '-«-—""»".»'.,.. e. ,e.„.a.he««d: 



Belœil, ler mars 1871. ' 
Messieurs et chers Collaborateurs, 

Avec la présente Circulaire vous recevrez un Mande- 
ment que j'ai cru devoir adresser au diocèse sur les diffé- 
rents sujets qui y sont traités, mais dont je comprends 
qu'il n'y aurait à attendre aucun résultat, si vous ne vous 



M 



■^ï 



i 



^i- i 






. *. 



— 440 — 

faisiez un devoir de circonstance d'y donner l'appui 
d'un liienveiilant et zélé concours. 

Je sens bien que le diocèse ne devait guère s'attendre 
à ôtre appelé à contribuer pour un aussi haut montant au ra- 
patriement de nos dignes et chers Zouaves Pontificaux. 
Mais le fait de nous avoir présenté la proportion dont on 
nous charge, engage jusqu'à un certain point notre hon- 
neur : si donc nous ne pouvons pas faire au'tnt qu'il nous 
est demandé, faisons au moins ce que nou- [louvons et 
vous voudrez, bien employer tous les moyens en votre 
pouvoir, surtout l'exhortation en chaire, pour déterminer 
les fidèles confiés à vos soins à se montrer gér.éreux cha- 
cun en proportion de ses moyens. Soyez attentifs à choi- 
sir le jour que vous croirez le plus favorable au succès de 
votre quC'te ; et si au jourtixé, par suite de mauvais temps 
ou de quelcpie autre cause, il n'y avait pas à l'église un 
concours assez considérable pour vous faire espérer un 
résultat satisfaisant, vous remettrez à un autre dimanche 
à faire la quête. 

Quant à la collecte en faveur de l'œuvre du Précieux- 
Sang, comme il s'agit plus spécialement d'y faire contri- 
buer les membres de la confrérie, je vous prie de vouloir 
bien employer toute l'influence que vous pourrez exercer 
sur eux en chaire et dans la rencontre privée, pour leur 
faire comprendre que le sacrifice qui leur est demandé, 
est fondé sur une convenance rigoureuse qui naît de leur 
qualité de membres de la confrérie, vu qu'il est partout 
entendu et compris qu'en entrant dans une association 
quelconque, l'on devra tôt ou tard être appelé à contri- 
buer pour quelque chose à son soutien. Et les trente sols 
demandés à chaque membre, forment toute la contribu- 
tion que l'on ait l'intention de solliciter de chacun une 
fois pour toutes. Et qu'est, par le temps qui court, l'aumô- 
ne d'un trente sols, implorée de la bonne volonté de cha- 
que 'associé du Précieux-Sang, si ce n'est, aux termes et 
selon l'idée du saint Evangile, le verre d'eau donné pour 



donner l'appui 

guère s'attendre 
ut montant au ra- 
Lvcs l'ontificaux. 
jportion dont on 
point notre hon- 
aii'aiit qu'il nous 
lour- pouvons ; et 
noyens en votre 
pour déterminer 
er géi'Léreux cha- 
; attentifs à choi- 
ilile au succès de 
de mauvais temps 
pas à l'église un 
faire espérer un 
1 autre dimanche 

vie du Précieux- 
it d'y faire contri- 
s prie de vouloir 
s pourrez exercer 

privée, pour leur 
2UT est demandé, 
e qui naît de leur 

qu'il est partout 
s une association 
; appelé à contri- 

Et les trente sols 
toute la contribu- 
er de chacun une 

qui court, l'aumô- 
e volonté de cha- 
st, aux termes et 
d'eau donné pour 



— 441 — 

l'amour de Jésus-Christ, ,,ui aura assurément sa récom- 
pense dans le ciel, puisque ce v.rre d'eau est en quel<,ue 
sorte réclamé de leur charité par la voix môme du ..mu di- 
v.n coulant des veines de Jésus-Christ, qui leur crie comme 
a ceux qui étaient au pied de sa croiv • \Uio, "j'ai soifl" 
Kt contribuer a rafraîchir les ard, u.s d,; . ."te soif mysté- 
rieuse qui n'était rien autre chose qu'un vchv.nent désir du 
salut des âmes, c'est se constitue k droit de ,2 désaltérer 
un jour au torrent des délices éteri.-'.,,-- ' p,,- eut tous les 
confrères du Précieux-Sang s'appliq ;. .. o.en mcditer et 
bien comprendre l'amour et la charité renfermés dans la 
divine I.arole,/',»-,.,// et ils se feront un grand bonheur 
et une grande consolation d'aider à en réaliser le sens et la 
s.gnihcat.on, en déposant entre vos mains la si modique 
aumône que l'on attend de leur esprit de foi et de piété - 
J ose me flatter, Messieurs et chers collaborateurs, que 
vous n'attribuerez l'appel que je fais ici à votre zcle et à 
votre bonne volonté, qu'aux motifs et intentions qui me 
ont insi.iré. Ce n'est pas à des prêtresqu'il pourrait Être 
besoin de rappeler les mérites et l'efficacité du Sang divin 
eux qui tous les jours, remplissant la principale et la plus' 
sainte fonction de leur ministère, le font couler sur l'autel 
et l'élevent aux regards de la justice et de la miséricorde 
divines, qui se laissent toujours toucher par la voix de ce 
Sang d'un mérite et d'un prix infinis ! Nous ne sommes 
prêtres que pour distribuer et aj^pliquer son prix et ses 
mentes ! Imposons le silence à toute ,u,tre réHexion ou 
considération : celle-ci suffira pour nous engager a ne pas 
refuser notre zélé concours à la bonne œuvre à laquelle 
je vous engage à contribuer, indirectement du moins en 
vous chargeant de recueillir les aumônes que les circons- 
tances me pressent de solliciter, pour la fin énoncée au 
mandement, des fidèles en général, mais particulièrement 
des confrères du Précieux-Sang. 

Vous aurez de plus, en vous prêtant avec bonne èrâce 
et bonne volonté à l'espèce de tâche que je me permets 



,1;) 



ilm 




,r * 




il 



1| 



— 442 — 

de vous imposer à cette occasion, la satisfaction et le plai- 
sir de prouver bien clairement, que si quelquefois vous 
avez cru devoir laisser ouvertement comprendre que vous 
n'étiez pas convaincus que l'établissement de l'œuvre du 
Précieux-Sang dans le diocèse fût vraiment opportun, 
vous n'agissiez en cela ni prr passion ni de parti pris, mais 
uniquement par suite de convictions parfaitement honnê- 
tes et consciencieuses ! je pourrais peut-ôtre m'épargner 
cette protestation ; mais soyez-en bien certains, Messieurs 
et chers collaborateurs, ceci est dit sans la moindre inten- 
tion de blâme ou de reproche à l'adresse de qui que ce soit ! 
Laissez-moi terminer sur ce sujet, en ajoutant que j'attends 
ici de vous une nouvelle preuve de cette bonne volonté 
et de cette condescendance respectueuse, qui font assuré- 
ment mon unique soutien au milieu des épreuves que la 
miséricorde de Dieu a jugé à propos de ne point m'épar- 
gner, pour me faire marcher plus sûrement, j'ose l'espérer, 
dans la voie de la sanctification et du salut. 

Je passe maintenant à la question du recensement, que 
je n'ai fait qu'aborder dans le Mandement, pour vous 
laisser le soin des détails dans lesquels il est très désira- 
ble que vous entriez vis-à-vis vos bons et chers fidèles, et 
en chaire lorsque vous lirez les quelques mots que je leur 
adresse sur ce sujet, et dans les entretiens particuliers ou 
conversations que vous pourriez avoir avec eux à cette 
occasion. 

P'aites-leur bien comprendre que les recensements se 
pratiquent dansl monde et sous tous les gouvernements, 
depuis les temps les plus reculés. C'est pendant un voya- 
ge que faisait t Marie et Joseph pour se conformer à une 
loi de recensement, que Notre-Seigneur prenait naissance 
dans l'étable de Bethléem. Il en avait sans doute bien 
coûté à Marie et à Joseph de se mettre en route à la 
veille du grand événement qui allait donner un Sauveur 
ù la terre ; mais tous deux se font un devoir d'obéir, mal- 
gré l'excuse en apparence si légitime qu'ils eussent pu 



— 443 — 

mettre en avant pour se soustraire à cette loi ou en diffé- 
rer l'exécution. Que tous comprennent par cet exemple 

I importance et le mérite de l'acte d'obéissance et de sou- 
mission à l'autorité qu'ils ont à accomplir, et sachent s'en 
taire un mérite devant Dieu, par la fidélité avec laquelle 
Us repondront à toutes les questions qui leur seront adres- 
sées par les officiers du recensement. 

Voilà pour ce qui pourrait s'appeler le côté religieux 
de cette importante mesure. 

Maintenant, à l'envisager du côté civil et politique, il 
est de nos plus chers intérêts de ne point donner des ré- 
ponses qui ne seraient point exactes et fidèles, et surtout 
des réponses qui auraient pour résultat d'amoindrir notre 
valeur, soit par rapport au chiffre de la population, soit 
par rapport à l'évaluation de nos propriétés, soit pour ce 
qui concerne les revenus de nos terres, les produits de 
notre agriculture, de notre commerce ou de notre indus- 
trie. 

Insistez pour que l'on comprenne bien que notre influ- 
ence dans toutes les affaires civiles et politiques, vu notre 
position vis-à-vis les autres provinces qui forment avec 
nous la Confédération du Canada, est en rapport direct 
avec notre population et notre richesse. Il serait vraiment 
pénible que le progrès de l'éducation n'eût pas encore 
dissipe certaines craintes ou appréhensions futiles et pué- 
riles, qui avaient autrefois assez libre cours parmi nous 
comme d'enrôlements pour le service militaire dans les 
familles nombreuses, de taxes sur la propriété dans le cas 
d un certain degré de valeur ou de prospérité ' 

II y aurait pour nous un immense désavantage, un mal- 
heur réel, si l'on allait par ces considérations se déter- 
miner a donner un état inexact, un rapport incorrect et 
mensonger relativement à aucune des réponses à faire 
aux formules du recensement, outre l'injure que l'on fe- 
rait a la vérité, qui blesserait la conscience de celui qui 
s en rendrait coupable au mépris de la loi, laquelle veut 



M 



1 . 

... |r 

' . ht 

■!.i f, 

■ <>-■. 



■■'V| 



.1 i 



;,: I 



II 


m 


1 


1 


M 


1 



m^ 



."H I 



i. ' 



^1 



'n 




'ii! 



.' fi 






— 444 — 

que chacun réponde hoi.nêtement à toutes les questions 
posées en cette grave circonstance par l'autorité légitime, 
à laquelle c'est pour tous un devoir d'obéir et de se sou- 
mettre en toutes choses. Nos compatriotes des autres pro- 
vinces et d'origine non française entendent mieux que 
nous leurs intérêts en cette occasion : car, au lieu de pré- 
senter les chiffres les plus faibles, ils savent bien qu'ils y 
gagnent à donner en tout le chiffre le plus élevé, et ils le 
donnent toujours en effet. Et je me rappelle qu'à ce sujet, 
un de nos journaux disa.t lors du dernier recensement, 
qu'ils avaient été assez adroits pour compter les enfants nés 
et à naître, et les biens venus et à venir ! Je crois bien qu'il 
y avait quelque chose d'immérité dans cette imputation, 
qui n'en laisse pas moins apercevoir quelle déplorable et 
funeste différence d'appréciation il y a entre nous et nos 
compatriotes d'une autre origine, relativement aux consé- 
quences du recensement ! Et il faut avouer que cette diffé- 
rence n'est point de nature à convaincre une personne 
éclairée que nous sommes au niveau des lumières de 
notre temps, si nous alUons encore une fois agir en con- 
séquence d'idées aussi surannées et de principes aussi 
chimériques. Epargnons-nous cette disgrâce qui serait un 
véritable malheur, en donnant en toute chose un rapport 
fidèle et correct, tendant plutôt à la hausse qu'à la baisse ; 
car soyons bien certains que telle sera la prudence des 
autres provinces. Et nous avons droit de les imiter, mais 
nullement de les blâmer. Elles comprennent bien leurs 
intérêts ; comprenons bien les nôtres ; alors nos chances 
seront égales et ])areilles aux leurs. En développant, ou 
exposant sous un meilleur jour ce fond d'idées, je crois 
que vous réusdrez assez facilement à faire bien compren- 
dre à nos si bonnes et si belles population? leur véritable 
intérêt, et vous leur aurez rendu un important service. Il 
n'est pas nécessaire d'ajouter que chacun devra se faire 
un devoir de recevoir les officiers chargés de remplir les 



— 445 — 

détails du recensement avec la politesse et l'urbanité de 
manières qui distinguent nos mœurs canadiennes. 

Vous'^ne serez nullement surpris, j'en suis sf.r, que je 
profite de cette occasion pour dire un mot de la Fran.e et 
de ses malheurs. Déjà, je le sais, vous avez accorde vos 
plus vives sympathies à cette patrie de os pères, tou- 
jours s, chère à nos cœurs. Hélas ! il est doue vrai que md- 

ticeZ '^'''^'"''' '' "°^ l'""^^' !es jugements de la jus- 
tu:e de Dieu sont passés terribles et inexorables sur la 
malheureuse et trop coupable France! Tous les jou,-..,ux 
sont remplis des détails de ses humiliations, des sanglan- 
tes défaites qu'elle a éprouvées, des conditions de pdx 
aussi onéreuses que blessantes pour son honneur qu'il lui 
a fallu accepter de son implacable vainqueur, et des cruel- 
es souffrances sous lesquelles gémit une partie de sa pcpu- 
at.on par suite de la dévastation et de la désolation que le 
fer et le feu y ont répandues de toute part sous les pas 
vainqueurs d'un impitoyable ennemi ! Et les enfants de la 
France ne sont-ils pas nos frères ? I! y aurait donc pour 
nous une souveraine disgrâce à ne ])as entrer dans lemou- 
vement qui se fait partout aujourd'hui dans le monde en 
Amérique aussi Lien qu'en Europe, en faveur de l'infor- 
tune pays de nos pères, et à nous borner a une stérile 
sympathie pour les maux qui l'accablent ! Nous sommes 
pauvres, et peu nombreux, il est vrai ! nous ne pouvons en 
conséquence apporter qu'une faible contribution à la grande 
œuvre de philanthropie et de charité chrétienne rédamée 
par la circonstance. Faisons néanmoins tout ce qui peut 
dépendre de nous pour ne pas rester en arrière du devoir 
qui nous est aujourd'hui imposé par notre double qualité 
de chrétiens et de descendants de Français ! 

En conséquence, afin de pouvoir obtenir un résultat 
proportionné à nos moyens et aux mallieurs à soulager 
) ordonne, autant qu'il peut m'être permis de le faire qu'T, ,1 
souscription soit ouverte à cette fin dans toutes les par 
tifS du diocèse. Les curés et missionnaires de toutes les 






i; k 





r.- V 



— 446 — 

paroisses et missions devront se faire un devoir de se met- 
tre à la tôte de cette souscription, en s'adjoignant les pnn- 
cipauv citoyens de leurs localités respei;tives, afin de 
mieux ..ssurer le succès de l'entreprise. Comme on le voit, 
il re s'agii /oint ici de collecte ou de quête, mais d'une 
souscription régulière, en laquelle- je m'estimerai vérita- 
blement heureux de voir figurer tous les membres du 
clergé, chacun pour une offrande proportionnée à ses 
moyens, et avec eux tous nos jons et dignes citoyens qui 
sont dans des circonstanc<;s à permettre de compter sur eux, 
et d'en attendre quelque chose de plus qu'une aumône 
ordinaire, sans négliger toutefois la plus modique offrande 
venant du cœur et de la bonne volonté ! J'ose me flatter 
que le diocèse de St-Hyacinthe ne manquera pas de se 
faire honneur ;n la présente circonstance, comme il a tou- 
jours fait jusqu'ici chaque fois qu'un appel a été adressé 
à sa charité ou à sa générosité. Et ici comme toujours, 
donnons en vue de Dieu, et le centuple nous sera remis 
en ce monde et en l'autre. 

Nous avons imploré avec ferveur la protection du ciel 
sur les armes de la France, en disant chaque jour, depui;; 
assez longtemps, l'oraison de l'Eglise, Deus qui conteris 
bella, etc. Dieu n'a pas exaucé notre prière. Et sans être 
téméraire, l'on pourrait croire, avec un grand nombre de 
chrétiens éclairés, qu'elle a été rejetée par un juste châti- 
ment provoqué p.- !°s néchés et les impiétés d'un grand 
nombre des enfants ac la France, qui, au lieu de s'humi- 
lier sous la main qui les châtiait, se sont montrés rebelles 
à la grâce et endurcis dans leurs iniquités ! Mais la France 
a d'autres enfimts que ceux-là, et en très grand nombre, 
qui prient et gémissent devant le Seigneur pour fléchir sa 
colère, et implorer ses miséricordes sur leur infortunée 
patrie et sur leurs coupables frères. Nous nous ferons un 
devoir de prier en union avec eux pour solliciter de la 
bonté de Dieu la conversion de ces pécheurs misérables, 
qui ont attiré sur leur beau pays les si terribles coups de 



— 447- 

la justic. divine dont il vient d'être frappé, et pour qu'en- 
fin une e.e de pa.x et de prospérité chrétienne, amenée 

a ia encre France la glo.re et la grandeur dont elle a joui, 
uss ongtemps qu'elle a su bien comprendre la misiion 
quelle avau a rempl.r au milieu des nation, de la terre 
u venu de son titre et de sa qualité de fille aînée de l'E- 

fi n z/"""'''"^' ■ ^' '""^ ''''''' '^"' ' '^ P'-^ de l'o- 
raison Z?.«. ,yru coûtera- bdla, nous dirons à l'avenir à la 

sjme des htanies de la sainte Vielle que nous avo^L^ 

TE. i /r" '^"■^' """■' "^^'^^ 1'°"^ 1^^ besoins de 

1 tghse, la collecte de la cinquième férié après les Cendres 

J;iensq„t culpa <#.«./m., dont copie imprimée vous esl 
c. adressée, afin que vous la puissiez facilement adapter 

qii elle est destinée à remplacer. 

A mesure que vous serez en possession des fonds que 
vous aurez collectés pour les œuvres et les fins spécifias 
au Mandement et en la présente Circulaire, vous vou- 
drez bien les déposer a l'Evêché de St-Hyacinthe, e^tre 
les mains de Monsieur le grand vicaire Moreau. 

Les hstes de souscriptions, portant le nom et la somme 
souscrite par chaque souscripteur, devront être conservées 
avec soin, et envoyées à l'Evêché avec le montant de h 
souscription. Et à mesure que ces listes nous seronl en- 
voyées, elles^ seront publiées dans les journaux, comme il 
est d usage de faire en pareille circonstance. 

Je n'ai pas besoin de dire que mon intention est que li 
partie du Mandement qui concerne l'œuvre du Précieux- 
^ang, soit lue au prône comme le texte du Mandement 
dans toutes les paroisses et missions, même dans celles où 
Jl ny aurait point de membres de la confrérie. 

Je joins au Mandement et à la Circulaire <raHques ren- 
seignements imprimés à part, que je vous envoie afin que 
vous puissiez en donner communication aux membres de la 
confrérie et à tous ceux qui se montreraient disposés à le 



.• ■ * ' I 



% -k 




— 448 — 

devenir, ou à faire quelque aumône en f.iveur de l'œuvre. 
Et en vous réitérant l'assurance de mon estim< et de 
mon affection, je me souscris, Messieurs et chers colla- 
borateurs, 

Votre très humble el dévoue serviteur, 

t C, Ev. I)K Sl-Hv.U!NTHE. 



MANDEMENT 

r«,„ ««•..►n«>r » tUro de Pntron do 1K«11«- uiilver«ell« 
iltfreriK^ A «uint JoHrph 



l 




CHARLES LAROCQUE, par la grâce de Dieu et du 
.Saint-Siège Apostolique, Evêque de St-Hyacinthe, etc., 
etc., etc. 

Au Clergé, au.v Communautés religieuses et aux Fidèles 
de notre diocèse, Salut et bénédiction en Notrc-Seigneur 
Jésus-Christ. 

Aujourd'hui 31 mars vont se clore dans ce diocèse com- 
me partout dans l'Eglise les exercices du beau mois de saint 
Joseph, que Nous vous exhortions, en terminant notre 
Mandement du premier de ce mois, à invoquer avec con- 
fiance, et à honorer chaque jour ])ar l'hommage d'une fer- 
vente prière, ou de quelque pratique spéciale de piété, 
afin de recueillir plus sûrement les fruits de grâce et de 
salut de la sainte quarantaine, et de vous mieux préparer 
aux joies de la grande fête de Pâques. 

D'après les informations qui nous sont arrivées de 
toutes les parties du diocèse, Nous avons la consolation de 
pouvoir vous dire (pie le vœu que Nous formions à ce su- 
jet, a été pleinement comblé, puisque les sentiments de la 
dévotion envers ce plus grand des patriarches, (pii a dans 
tous les temps distingué les catholiques de ce pays, se sont 
manifestés partout cette année avec un redrullemeiit de 
ferveur des plus frappants comme des plus . nts ! 



eur de l'œuvre. 

m estime et de 

et chers colla- 



l-H'-AtîNTHE. 



I[ll»<> unlvcrtielle 



;e de Dieu et du 
• Hyacinthe, etc., 

ses et aux Fidèles 

1 Notre-Seigiieur 

\s ce diocèse com- 
jeaunioisde saint 
terminant notre 
voquer avec con- 
)mmage d'une fer- 
;pécia!e de piété, 
s de grâce et de 
us mieux préparer 

sont arrivées de 
s la consolation de 
formions à ce su- 
;s sentiments de la 
iarches, (jui a dans 
de ce pays, se sont 
1 redeiillement de 
)lus . . nts ! 



— 449 — 
ne Birôe't'r*' '"■''■"■ '■ "" " '"" "" - «-'« " divi- 

ioieethnnJ, , "' P'^'-'P^cs à recevoir avec 

joie et bonheur lannonce du pieux événement oui 1 

P etau les gloires en attachant à sa couronne, au 8 dé em- 
bre 1854, la perle de la définition dogmatique de son T 
maculée Conception Pif> ty , ^ "'^"^"^ ^^ ^on Im- 

v^in-cpuun, 1 le i\ a voulu oiie cp ionr ff,t 

un jour de gloire et de triomphe poriluguste ,"' 
gehque Lpoux de cette pure et auguste Reine des Vi^ 
ges, en datam en ce jour le dérrPt ..i ,1 '" 

;^ Vine Sainte etlenîond^llï-rrr es r: 
dans la plénitude de son autorité souveraine a s L 
saint Joseph le rang qui lui appartient dan l'Eg rfé' 
sus-Christ, en le déclarant /><,/r^;, ,/, /-/r,.//.,^ !/V 
ou uHwerse//e / ^^"' catholique 

Et comme ce décret renferme, quoiqu'en peu de mots un 

e Chef de 1 Eghse à décerner à saint Joseph ce tribm 
d honneur et de confiance qui lui était da à tant d t f 
Net. Nous faisons un devoir de le publier ici textuellemen; 
e da. son entier, afin que, soutenues pa, les enseignemen" 
de celui a qui H est réservé de paître et de nourrir de t 
parole de la Vérité et du salut toutes les brebis d t 
peau de Jesus-Christ, votre dévotion et votre confiance 
envers Tepoux de Marie et le gardien de Jésus deviemien: 

29 



1:; 





" 


' 


;m 


jJi . 






' ' ;'i ■■' 


« .1!' 


i 







*' 



■■ ?■" , 



-!!.*. 



■f:.:' 




— 450 — ■ 

encore plus vives et plus grandes I Im outez avec une reli- 
gieuse attention le langage rempli de foi et d'angélique 
simplicité, avec lequel l'Kglise annonce à ses enfants la 
détermination qu'elle a i)rise d'opposer à la malice des 
temps la toute-puissante protection du grand Saint choisi 
de Dieu pour entrer comme aide dans l'accomplissement 
des desseins de son éternelle miséricorde ! 



i.'.t 



DKCRET POUR LA VILLE ET LE MONDE ENTIER! 

" Dieu avait placé Joseph, fils du patriarche Jacob, à 
la tête de toute l'Egypte, pour mettre en réserve le blé 
nécessaire au peuple : de même, la plénitude des temps 
venue, lorsqu'il voulut envoyer sur la terre son Fils uni- 
que, le Sauveur du monde, il choisit un autre Joseph, dont 
le premier n'avait été que la figure, pour faire de lui le 
maître, le prince de sa maison et de son héritage, le gar- 
dien de ses plus précieux trésors. Il lui donna en effet, 
pour épouse, l'Immaculée Vierge Marie, de laquelle est 
né, par l'opération du Saint-Esprit, Notre-Seigneur Jésus- 
Christ, qui a daigné passer aux yeux des hommes pour fils 
de Joseph et lui être soumis. Et Celui que tant de rois et 
de prophètes avaient désiré voir, le nouveau Joseph non 
seulement l'a vu, mais il a conversé avec lui, il l'a pressé sur 
son cœur, embrassé avec un amour de père ; il a nourri 
avec des soins extrêmes Celui qui, vrai pain descendu du 
ciel, devait être pour le peuple fidèle l'aliment nécessaire à 
l'acquisition de l'éternelle vie. 

" Révérant cette dignité sublime que Dieu a conférée à 
son très fidèle serviteur, l'Eglise a toujours décerné à 
Joseph, après la Mère de Dieu, sa virginale Epouse, les 
honneurs les plus élevés et les plus grandes louanges, et 
elle a imploré sa protection dans les circonstances diffici- 
les. En ces temps lamentables où l'Eglise, violemment 
assaillie de tous côtés par ses ennemis, est accablée sous 
le poids de maux si extrêmes, que les impies se flattent 



— 451 — 



de 



E ENTIER ! 



vofr les portes de l'enfer prévaloir enfin contre elle, les 
sentt leurs supplications et celles de leurs diocésains au 
seM patron lie l'I'.ghse catholique 

leul^deZr "h""' '■'"°"''-"" '^"^'^^^ P)"^ instamment 
"'quL du Vatican, notre très saint Père le Pape Pie IX vi 
vement touché de la triste condition o.', des éJ;"' ent^" 

vœux de "vï '""''f' ^""'^"' '"'"^^ "^'^-^ -- 
vœux des evêques, confier sa personne et tous les fidèles 

autres puissantpatronage du saint patriarche Joseph i 
la soen „e„ ,, déclaré Patronne r Eglise Itl^l 

serai A ["';.'" "'^"'' *''"P^' ^"^ «^ ''^'^ ^u 19 niars 
erait célébrée a l'avenir sous le rite double de 1ère classe 
sans octave toutefois, à cause du carême. Il a enfin nre!' 
cru qu en ce jour consacré à la Mère de Dieu, Vierae Im 

s^în^r^^rr '" '''' '"''-'' J'^^^p^' -"^ ^^^'-tln 

soit rendue publique par le présent décret de la Sacrée 
Congrégation des Rites, nonobstant toute disposition con 

" Le 8 décembre de l'an 1870. 

CoNSTANiiN, Evêque d'Ostie et de Vellétri 
Cardinal Patrizzi, Préfet de la Sacrée Congrégation 
des Rites. 
(L. t S.) D. Bartolini, .Secrétaire de la Sacrée Con- 

grégation des Rites. 

Ainsi donc, N. T. C. F., un autre grand événement s'ac 
complissait encore au 8 décembre dernier ! En ce otir 
Marie a dicté au Pontife qui aura été pour elle sur a 
chaire de Pierre ce qu'a été .saint Bernard parmiÏÏ Doi 
teurs de 1 Egli.se, ce mémorable décret, en vertu duquel le 
patronage universel de l'Eglise de Dieu est formellement 
et rcennellement confié à saint Joseph, et dans le ciel et 
sur la terre, puisque ;, ■ décrets que Piei-re ou son succès- 



■^1 










— 452 — 

sciir prononce sur la terre, doivent, selon la promesse de 
Jésus-Christ, être ratifiés dans le ciel. Et ne serait-il pas 
permis d'ajouter que la Vi.,^c nu: ..uiée a voulu qu'en 
ce jour commençassent à s'accomplir les paroles prophé- 
tiques qui; deux vénérables religieux, qui vivaient l'un au 
i6e et l'autre au 17e siècle, adressaient du haut de la chaire 
aux fidèles de leur époque respective, à la louange et à la 
gloire de notre saint Patriarche ! " Dieu a suscité et glo- 
" rifié saint Joseph, disait le premier, pour l'honneur de 
" sonproprc nom enl'établissant le chef et le patron de l'E. 
" glise militante. Comme il faut qu'avant le jugement tous 
" les peuples connaissent, vénèrent et adorent le seul vrai 
" Dieu, il faut aussi que tous admirent les dons longtemps 
" cachés et cependant inestimables qu'a reçus saint Jo- 

" seph. Oui, tous les 'ons lui seront accordés Vien- 

<' dra un temps fortuné où le Seigneur donnera une pius 
" subtile intelligence à l'esprit et au cœur des élus, qui 
" scruteront le cœur de ce grand Saint pour y admirer les 
'« merveilles amoureuses de la grâce ; et ils y trouveront 
" un trésor admirable, tel que les patriarches de l'ancienne 
" loi n'en découvrirent ni soupçonnèrent mf'me jamais. 
" C'est ainsi que celui qui est le premier parmi les Saints 
" du ciel, prendra sur la terre le premier rang qui lui ap- 

" partie nt." 

L'auif annonçait, un s. .de plus tard, en le précisant 

davantage, ce dont nous sommes aujourd'hui les heureux 

témoins : " Sur le déclin du monde, Dieu déchirera le voi- 

" le qui ..ou=, dérobe les merveilles du san :tuairedel'âme 

" de saint Joseph. L'Esprit saint agira sur les cœurs des 

" fidèles pour les émouvoir et le-- pousser à gloriuer cedi- 

" vin personnage On ai. : .'ra ;l avoir pour protecteur 

" particulier ce saim ù a étc le protecteur et le gardien 

" de Jésus-Christ. 1 iu' lins Pontifes euxmêmes or- 

" donneront, par u cre: mvement du ciel, que ce 

" grand patriarche suii solennellement honoré dans toute 

" l'étendue du domaine spirituel de Pierre." C'c^t bien à 



— 45;i _ 

la lettre ce qui vient d'avoir lieu, N. T. C F et l'on 
peut d>re que Pie IX, à peine élevé sur la chaire de saint 
P-erre, sentant dès lors le besoin qu'il aurait d'une protec- 
t.on puissante et spéciale pour les temps orageux et diffi- 
cies qu.l aurait à traverser, songeait a se tourner vers 
sa.nt Joseph, qu'au mois de septembre 1847 iU.onorait 
par un témoignage éclatant de sa piété et de sa confiance 
en étendant à toute la catholicité In Ote du patronage de 
ce samt Patriarche, qui n'avait été ,., que-là qu'une dévo- 
tion particulière à quelques églises. Aujourd'hui ce n'est 
plus simplement une fois l'an, à un jour particulier, qu'il 
est dans les intentions de l'Eglise que nous recourions à 
ce puissant patronage; mais c'est tous les jours, c'est à 
tous_ les instants où notre piété nous portera à invoquer 
assistance de ce grand saint, puisque, pour entrer dans 
1 esprit et nous conformer aux désirs de cette sainte Mère, 
•1 ne nu .s est pour ainsi dire plus permis de prier saint 
.oseph, saus nous rappeler à chacune de nos invocations 
son glorieux titre de patron de l'Eglise universelle, dont 
K> -.venir est désormais inséparablement lié à son nom 
t-tcestpa.e qu'il en doit être ainsi, que c'est la fête 
même de ph, et non pas celle de son patronage déjà 
instituée da,.l'F,f,lise, qu'il a plu au Souverain Pontife 
élever au rang des solennités religieuses de premier ordre 
ou de première classe; ce qui resterait assurément sans 
signification, s'il n'était point dans l'intention et la volonté 
du \ icaire de Jésus-Christ, auquel il est réservé de fixer 
quel degré d'honnc r et de culte ,, convient rendre aux 
saints, que le tit.c de patron de l'Eglise univer- 
selle et le nom de Joseph expriment à l'avenir une 
seule et même idée, celle de la plus puissante protection à 
laquelle il puisse nous être donné de recourir : de même 
quautrefo., le roi d'Egypte, en abandonnant au fils de 
Jacob le gouvernement de son royaume, et en le désignant 
a ses sujets comme celui auquel ils devraient désormais 
s adresser pour tr .s leurs besoins, excitait leur confiance 





- AM — 

en ce nouveau ministre de sa toute-puissance, en l'appe- 
lant d'un nom <iui en langue égyptienne signifiait le sau- 
veur du monde; de sorte que lorsque |i()ur répondre a 
leurs demandes il leur disait : Allez à Joseph, c'était leur 
dire, allez à celui qui peut vous sauver. Et telle est sans 
doute, N. T. C. F., la pensée d'espérance et de consola- 
lion rènfirmée dans l'une de ces paroles de foi et de piété, 
comme il en tombe si souvent de la bouche de l'auguste 
l'ie IX, et que toujours Ton recueille avec un si profond 
respect; " Ce n'est pas en vain, a dit le saint Fontife, que 
" Dieu répand dans l'Kglise, avec plus d'abondance (lue 
'• jamais, l'esprit de prière ! L'on prie beaucoup plus, et 
" on prie beaucoup mieux. Les soutiens de l'Eglise nais- 
" santé, Marie et Joseph, reprennent dans les cœurs la 
" place qu'ils n'auraient jamais dû perdre. Le mondosera 
•' encore une fois sauvé." 

11 n'est plus permis d'en douter, N. T. C. F., lorsqu'il 
les prononçait ces pieuses paroles. Pie IX, en communion 
directe avec les lumières de l'Esprit-Saint, méditait et pré- 
parait les nouveaux honneurs qu'il vient de décerner au 
grand patriarche, chef delà sainte Famille, en le décorant 
du nouveau titre sous lequel il le présente H la confiance 
de tous les enfants de l'Eglise, et dont la signification est 
parfaitement analogue à celle du nom que Pharaon donnait 
autrefois à l'ancien Joseph, en le reconnaissant et le pro- 
clamant comme le sauveur de son peuple. 

Et comme au temps de Pharaon, le monde ne gémit-il 
point de nos jours sous le fléau de la phis affreuse des diset- 
tes? Il est vrai que ce n'est point le pain matériel qui 
manque aux peuples de notre époque : le pain de ce genre, 
ils l'ont en abondance I Mais c'est de ce pain-là même que 
N.-S. J.-C. a dit qu'il ne suftit point pour donner la vie aux 
hommes. Il leur faut surtout, et essentiellement, le pain 
qui se compose de toute parole sortie de la bouche de 
Dieu, le pain substantiel qui est le produit du froment de 
la vérité, ce pain descendu du ciel avec le Verbe divin, et 



-■ 455 — 

ITri/T" '' 'f ""J'"^^''''« ^ I ■''""i'"e d'avoir en soi la seule 

lÏm EtTn ' '" '^';'"'^''"«--- '^ vie ch. <:... et de 
I amc . Et a 1 heure qu'il est, ne serait-ce point une tâche 
comparativement facile que celle d'entreprendre de comp- 
ter le nombre de ceux qu, parmi les hommes ne font point 
consister leur bonheur a vivre de la vie tout anima e du 
corps et des sens ? 

Il est donc incontestable, N. T. C. K, qu'aujourd'hui, 
plus encore qu'au temps du Prophète royal, les enfants des 
hommes ont laissé matérialiser leur cœur, pour n'aimer et 
ne rechercher plus que la vanité et le mensonge. Si vous 
ne les connaisse/, pas, demandez aux pasteurs journaliers 
de vos âmes de vous exposer en détail les maux et les 
désolations de tout genre et de toute espèce qui inondent 
le monde de notre époque, dont les tendances semblent 
véritablement s'éloigner de plus en plus du principe chré- 
tien, et rappeler le règne des hontes et des horreurs du 
paganisme I Voye., N. T. C. F., où en est en ce moment 
le peuple le plus civilisé de l'Europe et du monde entier ! 
A a suite d une guerre sans contredit la plus désastreuse 
et la plus humiliante qu',1 ait jamais eu d soutenir, il est 
réduit, pour comble de malheur, à une épouvantable guerre 
civile, amenée par le comj.Iet abandon de la foi et des 
pratiques de la religion, qui a fait de masses d'hommes 
aussi nombreuses que compactes autant de véritables bê- 
tes féroces, qui n'ont plus d'humain que la figure, parce 
qu Us n'ont plus rien de chrétien dans l'âme ni dans le 
cœur !! Et où tendent les malheureux qui ont provoqué et 
soutiennent cette épouvantable lutte, dont notre siècle, si 
fier et si orgueilleux de ses lumières et de ses progrès pré- 
tendus, ne peut s'empêcher de rougir et de gémir? Hélas ' 
vous e savez, N.T.C.F., ils tendent A établir et propager 
dans le monde un ordre d'idées et de choses, tel que le 
paganisme n'enfanta jamais rien de p'us humiliant pour 
1 humamté I Où n'arriverait-on pas en eflet avec le règne 
de la féroce et sauvage loi du communisme, et l'absence 



f^ 



[:i 



S'. M 



m 






ïïi'- 



m 






V 



ï^'^\m 









Y 



î| ■; 



m 



— 456 — 

de tout principe et de tout culte religieux, que l'on s'effor- 
ce de donner pour base aux sociétés nouvelles, que l'on 
tente follement de fonder sur la ruine des sociétés chré^ 
tiennes? 

Et cependant, N. T. C. F., ce monde si malade peut 
encore être guéri, selon que l'affirme le Vicaire de Jésus- 
Christ, le pieux et saint Pontife Pie IX, s'il veut recourir au 
médecin providentiel que la bonté de Dieu lui envoie et 
met à son service pour le sauver encore une fois ! Nous 
venons de vous le rappeler, N.T.C.F., le monde ancien al- 
lait périr dans les horreurs d'une affreuse disette, sans la 
prévoyance et la sagesse du premier Jceph, qui lui distri- 
bua le pain matériel qui devait lui conserver la vie 1 Le 
monde moderne est assurément, à son tour, en danger de 
périr; et il périra nécessairement des affreuses consé- 
quences d'une disette morale mille fois plus funeste que la 
disette du pain matériel, à laquelle Dieu daigna pourvoir 
par la prévoyance et les soins de l'ancien Joseph. I. époux 
de Marie, son aide et son conseil dans l'accomplissement 
des desseins de la divine miséricorde sur le monde, le 
nouveau Joseph le sauvera néanmoins, s'il veut avoir re- 
cours à lui et aller lui demander le vrai pain de vie dont 
il a plu à la sagesse et à la bonté de Dieu le faire le 
dépositaire et le distributeur. 

Et ce pain destiné à donner la vie au monde, et à la lui 
donner avec une grande abondance, c'est le Verbe divin 
descendu du ciel ; c'est sa parole évangélique ; c'est la 
lumière de son éternelle vérité, qui doit éclairer les voies 
de tout homme venant en ce monde, et sans laquelle nul 
ne saurait parvenir à son éternelle destination. Or, N. T. 
C. F., ces trésors infinis de salut que le Fils de Dieu fait 
homme apportait à la terre, ce fut à saint Joseph qu'il en 
abandonna le domaine et l'entière disposition, en le choi- 
sissant pour lui tenir lieu de père à son entrée dans la vie ; 
en plaçant sous sa tutelle et ses soins sa divine personne 
elle-même, qu'il aura la liberté de traiter en toute chose 
comme la personne de son propre fils, et sur laquelle i! 



i. !■: 



~ 457 — 

daignera Je laisser jouir jusqu'au jour de son trépas du 
plein et entier contrôle de l'autorité paternelle ! Il se re- 
posera dans ses bras et sur son sein comme dans les bras 
t sur le sein du plus affectueux des pères ! Il l'aimera et en 

leirn' '"n-""' ?'''■'''" ^'"^ ^"^' l^^"^^"t «^"'« no^-i'- 
hors ."?.?"" k'"^"^ '" P'"^ P"^ ^^ ^" Pl"--"' des 
homme . Il Un obéira en toute chose comme le plus sou- 
sera v n ' "î respectueux des fils ! Et quand le temps 
sera venu, il sera avec sa sainte et divine mère au chevet 
de son ht, pour lui ôter toute crainte et tout effroi à l'arri- 
vée de la mort, et pour recevoir son dernier soupir, et re- 
cueillir sa belle âme, en lui montrant le trône de gloire et 

sÎvL'rrr'F 'T^ "' "'^^ •' '^^''^' «e vous le 
!vir;. V K J" -"^"f ""' ''' ^'' ^''^PP°"« de ^'-^i"' Joseph 
avec le Verbe d.vm dans l'ordre mystérieux gardé par l'é- 

ternelle sagesse en l'accomplissement des desseins de son 
amour et de ses miséricordes envers le monde, et dans la 
divine économie du grand et profond mystère de l'Incar- 
nation, opéré pour le sauver. Et c'est ainsi que selon la 
pensée de saint Bernard, il a plu à la Trinité sainte cons- 
tituer ce .amt patriarche l'économe et le dispensateur du 
pam yiva^nt qu'il reçut du ciel, afin de le tenir en réserve 
pour les besoins du monde entier, c'est-à-dire, de tous les 
hommes jusqu'à la fin des temps. 

Et y eut-il jamais une époque en laquelle les hommes 
fassent plus qu'en la nôtre indifférents ou étrangers à la 
véritable v,e de l'intelligence, du cœur et de l'âme, qui 
seule pourrait leur faire goûter et aimer la nourriture de 
ce pain descendu du ciel, et providentiellement confié à 
la garde de ce plus grand et de ce plus saint des patriar- 
ches ? N'est-,1 pas mcalculable le nombre de ceux qui 
comme les Juifs le disaient au désert en parlant de la man-' 
ne que le ciel leur envoyait pour nourriture, d"nt 
aujourd'hm dans le monde, en parlant de la foi et de !es 
saintes pratiques, qui seules peuvent donner la véritable 
vie, la vie surnaturelle de la grâce : nous éprouvons pour 



r / 



W':!',.. 



mi 



■flPIVf* 



— 458 • 



If' 




I' ' Tv"; 




)- J 



cette nourriture si iiisipide et si légère un dégoû); qui nous 
fait l)ondir le cœur! Ah! que l'on nous donne plutôt le 
pain nourrissant et les viandes succulentes de l'Egypte ! 
C'est-à-dire, N. T. C. F., que l'on ne croit plus vivre, si l'on 
ne vit de la vie de notre siècle, si oublieux des choses de 
Dieu et de l'âme, si gâté et si corrompu par les jouissan- 
ces matérielles, par la mollesse et les plaisirs sensuels, et 
par une épouvantable diffusion de faux principes et de 
mauvaises doctrines de tout genre et do toute espèce ! 

Mais Nous nous arrêtons, N.T.C.F., car Nous sentons 
que ces réflexions si tristes et si sombres affligent vos 
cœurs et vos âmes, encore si remplis de foi et d'attache- 
ment à la religion et à ses salutaires enseignements. Car il 
est vrai de dire, et c'est avec un véritable bonheur que 
Nous le disons, que parmi nous le nombre est encore 
très petit de ceux auxquels elles pourraient s'appliquer ! 
Nous sommes, grâce à Dieu, encore tout à fait étrangers 
aux raffinements de la corruption de ces vieilles sociétés 
européennes, qui semblent s'abaisser sous le i)oids des 
affreux désordres auxquels nous faisons ici allusion ! 

Et Dieu en soit mille fois loué, N.T.C.F ! nous som- 
mes par là même mieux disposés à comprendre et à gofi- 
der l'opportunité et l'efficacité du conseil que le ciel nous 
donne par la voix du Vicaire de Jésus-Christ, f[ui vient 
de nous dire en son infaillible autorité: Allez à Joseph, 
dont la protection et la médiation toute-puissante auprès 
du divin Sauveur, qui sur la terre daigna le constituer et 
l'appeler son père, peut encore sauver le monde, en 
l'arrachant à l'esclavage des sens et des passions, pour le 
rendre à la liberté des enfants de Dieu, et le nourrir du 
pain vivant de la vérité descendu du ciel 1 

Donc, N.T.C.F., pressés par cette exhortation du 
Chef de l'Eglise, Nous invoquerons désormais l'auguste et 
fidèle coadjuteur des conseils du Très-Haut dans l'œuvre 
de la rédemption du monde, avec un redoublement de 
confiance, de piété et de ferveur qui fasse descendre sur 



in dégoûj qui nous 
is donne plutôt le 
întes de l'Egypte ! 
t plus vivre, si l'on 
ieux des choses de 
u par les jouissan- 
laisirs sensuels, et 
X principes et de 
de toute espèce ! 

car Nous sentons 
nbres affligent vos 
le foi et d'attache- 
eignements. Car il 
able bonheur que 
lombre est encore 
raient s'appliquer ! 
lUt à fait étrangers 
;s vieilles sociétés 
sous le poids des 
s ici allusion ! 
r.C.F ! nous som- 
nprendre et à goû- 
ieil que le ciel nous 
s-Christ, qui vient 
é: Allez à Joseph, 
e-puissante auprès 
gna le constituer et 
iver le monde, en 
îs passions, pour le 
;u, et le nourrir du 
ciel 1 

tte exhortation du 
sormais l'auguste et 
■Haut dans l'œuvre 
n redoublement de 
asse descendre sur 



— 45Î) — 

la terre les trésors de miséricorde et de salut que le cœur 
de Jésus ne refuse jamais à l'entremise et l'intervention 
toujours efficace de celui qui dans le ciel continue de 
partager avec l'Immaculée Vierge Marie le privilège de 
lu. commander comme à son fils ! Et c'est avec de pareils 
sentmients que Nous vous exhortons, N.T C F à hono- 
rer et pner saint Joseph sous son nouveau titre de patron 
de lEghse catholique ou universelle, dont nous ferons 
dimanche prochain la fête particulière, et sous lequel 
nous devrons maintenant lui présenter l'hommage de 
tous nos vœux et de toutes nos prières, pour nous con- 
former a l'mtention et au désir de celui auquel Notre- 
Seigneur Jésus-Christ a confié l'infaillible mission de nous 
faire marcher ici-bas dans les sentiers de la vérité et de 
la vie. 

Prosternée aux pieds de vos autels, ô grand et glorieux 
saint Joseph, l'Eglise de Jésus-Christ toute entière vous 
adressera dimanche prochain, comme à son plus puissant 
protecteur, ses humbles et ferventes supplications," et 
vous demandera avec instance de lui rendre la paix et la 
tranquillité, de sécher ses larmes et de faire cesser son 
deuil, en lui ramenant tous ses enfants égarés, en con- 
vertissant tous les hérétiques et les impics ; en rétablis- 
sant son auguste Chef dans la paisible jouissance de sa 
hberté et de tous ses droits, et en lui donnant enfin des 
jours calmes et sereins : daignez, ô saint époux de Marie 
exaucer sa prière, et faire éclater la puissance de voire 
médiation ! Votre culte et vos autels se multiplieront 
dans le monde, que vous aurez sauvé en l'arrachant au 
règne de l'abomination et du péché ! Et toutes les 
générations seront heureuses de publier vos louanges et 
vos gloires, en même temps que celles de votre auguste et 
sainte Epouse, la Vierge Marie, Mère du Fils de Dieu - 
Ainsi soit-il Ainsi soit-il ! 

Sera notre présent Mandement lu et publié au prône 
dans toutes les églises et chapelles où se fait l'office pu- 







:âl|i 



— 460 — 

blic, et au chapitre des communautés religieuses, le se- 
cond dimanche après Pâques. 

Donné à Belœil, sous notre seing et sceau et le contre- 
seing de notre Secrétaire, le trente-un mars de l'an mil- 
huit cent soixante et onze. 

■\ C, Ev. DE St-Hvacinthe. 
Par Mandement de Monseigneur, 

(L. t S.) L. Z. MoREAU, Ptre, 

Secrétaire. 



CIRCULAIRE 

Désavouant un Procrniume politique A l'uRage de» catholi- 
ques «le la proviuce de «tnéber 



Belœil, 28 avril 187 1. 
Monsieur, 

Je me fais un devoir d'appeler votre attention sur la 
Circulaire ci-dessous reproduite, que Sa Grâce Monsei- 
gneur l'Archevêque de Québec vient d'adresser à son 
clergé, et qui a paru ces jours-ci dans les journaux de 
Québec et de Montréal. Des informations des plus posi- 
tives me permettent de vous dire que cette Circulaire doit 
s'interpréter dans le sens d'un désaveu du Programme 
politique dont il y est question ; et c'est en lui attribuant 
ce sens que je vous en donne une communication officielle. 

Archevêché de Québec, 24 avril 1871. 
Monsieur, 

A propos des élections prochaines, le " Journal des 
Trois-Rivières " et le •' Nouveau- Monde" ont publié un 
programme politique, à l'usage des catholiques de la pro- 
vince de Québec. 

Je crois devoir vous informer que ce programme ne m'a 
été connu que par les journaux, et que par conséquent, il 



t!l 



religieuses, le se- 



St-Hyacinthe. 



ŒIL, 28 avril 187 1. 



— 461 — 

a le grave inconvénient d'avoir été formulé en dehors de 

cTe de O ' '' '''''''' P" '^ ^"'^'"-"e Con- 

culaS Sf ' ^' ^"^ J^ ^«"^ - -PP^^lées dans ma cir- 
cuiaire du 3 courant. 

menr""' ^°"-"^' ''--'-»« de mon sincère attache- 

t E. A., Arch. de Québec. 
Je profite de cette occasion pour vous informer nnVn 
vertu d'un Induit, en date du l mars denS "u au 
jourd-hu. même, je suis autorisé à renouveler Jt'e de" 
fa.t je renouvelle pour cinq ans la faculté ci-devant accor 
dee a Messieurs les grands vicaires, curés et autres pTe 

;s:^'S?Ss^^^"^^^'^"^"'--— ^.-^e- 

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération 
et croyez-mo, en Jésus, Marie et Joseph, ' 

V otre très humble serviteur, 

t C., Ev. DE St-HYACINTHE. 






f 



ébec, 24 avril 187 1. 



MANDEMENT 

Pour annoncer I» .econde Vl.Ite d . dloc«,e 

CHARLES LAROCQUE, par la grâce de Dieu et du 
Samt-S.ege Apostolique, Evêque de St-Hyacinthe etc 
etc., etc. ' ■' 

Au Clergé et aux Fidèles de notre diocèse, Salut et béné- 
diction en Notre-Seigneur Jés'is-Christ. 
_ Eti la Lettre pastorale que Nous vous adressions le ,0 
juillet 1869, au moment ou Nous Nous préparions à Nous 
éloigner de vous pour obéir à l'appel du Chef de l'Eglise 
et Nous rendre au Concile du Vatican, Nous vous avons 







— 462 — 

fait connaître les joies et les consolations que la bonté de 
Dieu a daigné Nous ménager, et Nous vous rappelions en 
même temps les grâces et les bénédictions abondantes 
versées sur vous, pendant le cours de la Visite pastorale 
que Nous Nous étions empressé d'entreprendre, après 
qu'il eut plu à la Providence Nous confier l'administration 
du diocèse, et que Nous venions alors de terminer, après 
y avoir consacré la belle saison de l'année 1869 elle-même, 
et des deux années précédentes. 

Nous vous le disions dans notre Mandement, en date du 
10 mai 1867, par lequel Nous vous annoncions cette visite, 
N. T. C. F.: visiter son troupeau ou les fidèles confiés à 
ses soins, est pour un évêque l'un des plus imiiortants de- 
voirs qui découlent de sa charge même de pasteur, et dont 
les lois spéciales de l'Eglise lui font une rigoureuse obli- 
gation, qu'il devrait remplir chaque année s'il était possi- 
ble. Il est facile de comprendre que vu le climat et la bri- 
èveté de la belle saison, vu au.ssi l'étendue des diocèses 
en ce pays, il y a impossibilité absolue pour les évêques 
devislier annuellement tout leur diocèse. 

Feu l'illustrissime et révérendissime Mgr Jean Charles 
Prince, premier Evêque de St-Hyacinthe, avait organisé la 
Visite pastorale de manière à. pouvoir la renouveler tous 
les trois ans dans chacune des paroisses et missions du 
diocèse. Nous Nous sommes foit un devoir de Nous con- 
former pour notre première visite à l'itinéraire tracé par 
ce prélat d'heureuse et sainte mémoire ; et malgré que 
l'expérience Nous ait convaincu que la visite se ferait avec 
plus d'efficacité, si au lieu de trois l'on y consacrait quatre 
saisons, Nous entreprenons cependant cette seconde visi- 
te avec l'intention de la compléter en trois ans, vu que 
l'inierruption causée l'été dernier par le devoir de notre 
assistance au Concile, ayant apporté dans l'ordre de la 
vioite le retard d'une année, si selon notre projet, auquel 
Nous ne renonçons pas pour toujours, Nous y avions don- 
né quatre ans, le diocèse se fût trouvé cette fois à n'avoir 



M 



is que la bonté de 
vous rappelions en 
étions abondantes 
a Visite pastorale 
itreprendre, après 
ler l'administration 
le terminer, après 
év 1869 elle-même, 

dément, en date du 
incions cette visite, 
I fidèles confiés à 
)lus imi5ortants de- 
de pasteur, et dont 
e rigoureuse obli- 
lée s'il était possi- 

le climat et la bri- 
[idue des diocèses 

pour les évêques 
se. 

Mgr Jean Charles 
e, avait organisé la 
la renouveler tous 
es et missions du 
voir de Nous con- 
;inéraire tracé par 
:e ; et malgré que 

visite se ferait avec 
y consacrait quatre 

cette seconde visi- 

trois ans, vu que 
le devoir de notre 
dans l'ordre de la 
otre projet, auquel 
Nous y avions don- 
cette fois à n'avoir 



— 463 — 

été com^ètement visité qu'ai,rés cinq années révolues : ce 

qu. ût ete beaucoup trop long relativement aux lois de 

J^ .se, et surtout beaucoup trop long pour les désirs d 

.rand .p.;e:^L^:;i::r;r:m : '^.^^^^ 

en a.lksdeJesus-Chnst, et que Nous avons un grand 

Et certes, comment ne pas les désirer ces jours de 1. 
Vis, e pastorale, toujours si féconds en fruits précieux de 
miséricorde et de salut, et qu'il faudrait é reTve ' 
dan lorure des choses de la foi pour ne pas apercevoir 
qu alors plus qu'en aucune autre circonstanc Te d vin 
Sauveur se plaît à ,;.re voir l'accomplisseml, de h 
promesse qu'il fa.sait a ses Apôtres d'être av c .x Lus 
les jours jusqu'à la fin des temps (Matth 28 ToW 

Visite pastorale entre avec une harmonie parfaite dans le 
plan d>v,n que Notre-Seigneur Jésus-Chr st a détemin 
dans sadivne sagesse pour l'organisation desoii S " 

animr ; Tc^°r:r' z -^'"'^ -"^^ ^«^ ^^-^ ^'- 

ritl^w' I , ' ^""^ '^'" entreprendre avec un vé- 

ritable bonheur le travail de vous aller visiter tous succès 
sivement pour la seconde fois : et si les quatre ann "s ,n 
se sont écoulées depuis que Nous avons .ont^lacl" 
lation de Nous trouver au mil. eu de vous, 'et de vou fa re 
cnnen^e notre voix de pasteur et de , ire de v:n^^ 
Nous on enlere une partie de notre vigueur et de nos 
forces, elles n'ont en rien diminue la tendresse et r.ff 
tion dont Nous Nous sentons rempli po vo r:, L^ut 
-us êtes nos bre'ns et nos eufLt' dans oX^' 
foi , n. raient, le zèle dont ,1 Nous semble permis de v^ t 



!' il 




i:'.'i: 




— 464 — 

affirmer avec sincérité que Nous brftlons pour le salut de 
vous tous ! Car Uieu Nous est assez bon et assez miséri- 
cordieux pour Nous rappeler sans cesse votre mémoire 
et votre souvenir dans toutes nos prières (Rom., i, 9, 10) 
et pour Nous entretenir continuellement dans la pensée 
que vous devez être l'unique objet de toutes nos préoc- 
cupations, si Nous voulons n'être pas tout à fait étranger 
au caractère et à la sollicitude du bon pasteur, qui doit 
donner sa vie pour ses brebis en la leur sacritiant au moins 
dans le travail, et qu'il devrait même être prêt à leur im- 
moler dans son sang. Hélas ! il faut bien Nous l'avouer : 
Nous sommes tout à fait indigne de l'occasion et de la 
grâce qui Nous ouvriraient la porte du ciel par le marty- 
re ; mais Nous osons espérer avoir quelque droit de dire 
comme le célèbre et saint évoque de Tours, que Nous ne 
refusons point de travailler au bien des âmes qui Nous 
sont confiées selon qu'il peut être réglé et ordonné par 
les desseins et la volonté de Dieu. 

Tels sont, N. T. C. F., les sentiments que Dieu par sa 
grâce daigne entretenir dans notre cœur et dans notre âme 
à l'égard de la portion du troupeau de Jésus-Christ confiée 
à nos soins ; et telles sont les dispositions avec lesquelles 
Nous Nous proposons de visiter encore une fois nos chè- 
res et bien-aimées brebis. Ah! que ne Nous est-il donné de 
les connaître toutes avec un détail qui Nous permette de 
les distinguer l'une de l'autre, de pouvoir les appeler cha- 
cune par son nom, et adresser à chacune le langage qu'elle 
a droit d'attendre de son premier pasteur ! Qu'il y aurait 
alors pour Nous de jouissance à encourager et fortifier le 
juste, auquel Nous dirions avec le prophète qu'il lui fait 
bon de marcher dans les sentiers de la justice, qui condui- 
sent sûrement à la possession du bonheur dans le temps 
aussi bien que dans l'éternité ; Dicite jiisto quoniam bene 
(Isaïe, 3, 10). Nos paroles auraient une onction plus 
grande pour consoler les affligés, pour réconcilier les mal- 
heureux avec les peines et les croix de la vie ; pour persua- 



pour le salut de 
. et assez miséri- 
2 votre mémoire 
(Rom., 1,9, lo) 
t dans la pensée 
nites nos préoc- 
ut à fait étranger 
pasteur, qui doit 
acrifiant au moins 
re prêt à leur im- 
1 Nous l'avouer : 
'occasion et de la 
ciel par le marty- 
que droit de dire 
lurs, que Nous ne 
; âmes qui Nous 
lé et ordonné par 

que Dieu par sa 
et dans notre âme 
ius-Christ confiée 
ns avec lesquelles 

une fois nos chè- 
lus est-il donné de 
Nous permette de 
ir les appeler cha- 
: le langage qu'elle 
ur ! Qu'il y aurait 
ager et fortifier le 
)phète qu'il lui fait 
justice, qui condui- 
îur dans le temps 
n/sto quoniam berie 
une onction plus 
•éconcilier les mal- 
i vie ; pour persua- 



— 465 — 

t^^T^'T: Ty '" ''^"'^^ "'^'^'^^^^^ ^'«"- ^^'-"^''ition 
et qu. portent a féhcué avec elles, sont les richesses de 
1 ordre spirituel, et .pie leur pauvreté même doit leur être 
chère, puisqu'elle les rend plus sen.l.lables a Jésus Christ 
le divin pauvre, qui leur dit avec amour, par l bouche lu 
prophète royal, que dés sa jeunesse il a anobli et sanctifié 
la pauvreté par le traviil • P.,„v,,. .• ,7^''"^""^ 

,J., . . e travail, l aupcr sum, et m laboribus a 

juvcntutcnca (Ps. 87, 16). Mais c'est surtout aux pau 
vres déshérités de la grâce, au.x esclaves du péc-hé eu 

ir^br''" ^^ '"'^ '"" '" "^"^'^'^ ^' ^--"' dans 
es ombres de la mort éternelle, que Nous ferions entendre 

otre vo:x avec plus d'amour et de charité, imitant en cela 

exemple du divin Sauveur qui, parcourant les campagi 

tt les vil es de la Judée, proclamait hautement que c'était 

surtout les pauvres que le Seigneur l'avait envoyé évl"! 

mK les'! T ''"' """ '""' ^'^J^^'" ' '"' "°" '- J"«t-. 
m.us les pécheurs. 

trolls f '^T '" '""'■'' '-^'^"^'"li^^e que Nous allons en- 

chacun de ses besoins propres et personnels. Nous osons 
espérer que Dieu étant avec Nous, puisque Nous seron 
auprès de vous l'envoyé et le représentant de son div" 
Hs, .1 inettra lui-même dans notre bouche et sur nos lèvres 
les paroles destinées à produire dans l'âme de chacun de 
vous, les fruits de grâce, de salut et de consolation que 
por e nécessairement avec lui le ministère épiscopal, le 
quel, selon les enseignements de la foi, est réellement le 
ministère même de Notre-Seigneur Jésus-Christ, puisque 
les Evoques sont les véritables successeurs des Apôtres 
auxquels ce divin Sauveur donnait, en les envoyant tra- 
vailler a la sanctification des âmes, une mission en tout 
semblable à celle qu'il avait lui-môme reçue de son Père 
(S. Jean, 20, 21) ! 

Or, N T. C. F., c'est à vous qu'elle est maintenant 
envoyée la parole de ce salut (Act., 13, 26) ! Puis donc que 
le beigneur lui-même vient aujourd'hui en l'humilité de 

3U 



:; f! 




:'\ï 




r' t 



— 466 — 

notre personne vous visiter et parler à vos cœurs, laissez- 
les s'ouvrir aux douces impressions d la grâce, afin de les 
empêcher de tomber dans le malheur de l'endurcissement 
(Ps. 94, 8): Kt puis, cette parole du salut Nous ne serons 
pas seul a vous la faire entendre. A l'exemple de Noire-Sei- 
gneur qui se faisait précéder par deux de ses disciples ou apô- 
tres dans chaque ville et chaque localité qu'il avait l'inten- 
tion de visiter, vous aussi, a l'occasion de notre \ isite pas- 
torale, vous aurez l'avantage de voir arriver au milieu de 
vous au moins deux dignes et véné.rables prôtrcs, que 
Nous avons choisis pour nos collaborateurs dans l'accom- 
plissement de cette grande œuvre et de cet important de- 
voir, qui joignant leur zèle au nôtre et à celui du pasteur 
plein de dévouement, que sous le titre de curé ou mission- 
naire l'Eglise a établi au milieu de vous pour vous diri- 
ger et vous conduire journellement dans les voies du salut, 
à lii place de votre premier et seul pasteur proprement dit, 
'j.: mettront tout entiers à votre service pour seconder vol. e 
fsdéùté et votre empressement à recueillir les bénédictions 
l't les grâces de choix que la bonté de Dieu ne manf[ue 
j;!:nais de verser sur le jjcuple chrétien, qui voit arriver 
vers lui son Kvêque, en disant avec foi : Béni soit celui qui 
vient à nous au nom du Seigneur ! Et c'est ainsi, N. T. C. 
F., que le diocèse tout entier a accueilli notre première 
visite. Rien n'est survenu qui puisse Nous faire craindre 
en vous un changement de dispositions depuis que Nous 
eûmes la consolation de vous voir, en l'occasion de cette 
visite, vous presser autour de notre humble personne avec 
les sentiments d'une foi et d'une piété assez vive, d'un res- 
pect assez profond, pour que souvent Nous en ayons été 
touché et attendri jusqu'aux larmes ! 

Et afin ([ue, pasteur et troupeau, nous puissions encore 
une fois, dans un épanchement mutuel d'amour, de charité 
et de dévouement, chanter et bénir dans notre foi commu- 
ne les miséricordes infinies du Dieu bon, Nous vous 
exhortons, N. T. C. F., à faire monter vers le ciel les 



)s cœurs, laisscz- 
rrâce, afin de les 
l'endurcissement 
t Ndus ne serons 
iple de Nolrc-Sei- 
s disciples ou apô- 
[u'il avait l'inten- 
î notre \ isite pas- 
iver au milieu de 
)les prêtres, que 
urs dans l'accom- 
cel important de- 

celui du pasteur 
; curé ou mission- 

pour vous diri- 
les voies du salut, 
ir proprement dit, 
)ur seconder vot,c 
r les bénédictions 
Dieu ne manque 
. qui voit arriver 
Béni soi/ celui qui 
st ainsi, N. T. C. 
li notre première 
ous faire craindre 
depuis que Nous 
'occasion de cette 
ble personne avec 
sez vive, d'un res- 
fous en ayons été 

puissions encore 
l'amour, de charité 
i notre foi commu- 

bon. Nous vous 
;r vers le ciel les 



•ciH-éscnf nt , l>u">anuc-. le digne et ikU' 

' v-pi L^jciUaiU UU celui m nnm .f . Il 

irons vous visi.^-r H '"""'"'^' '^"^l"^'" No. 

nôtre I n . s '°'''' '^"'' "' "^^ '"^''^ ^-^^ "i clu 

-;-tuu.i.por;:^^:::x-'-^^^ 

volonté de I hghse, qui, en u.Ome temps du'elle N,., 

''-n conséquence NT T r' u' xr 

N..;« „ou» oa„|„ron,, d, io,„ „ ,,„; „^,„, ,';""-"• 

vuire paioisse ou mission considér,'.,. -,, 
communauté religieuse. f^o"Mderee comme 

Kt à ces fins i" Nous nous cnquerrons bien inrticni;,'. 
en les laisant particiner i It .rr-,,,. i ■ '"'^ ^"^^ JJieu, 

«o» SCO,. hj„..„. d/, . L' :LT:™:r- .""^- 

ou nar les nrAtr,. \- """isuli par iNous-nieme 

v^iS^ s'S V r '" " ---ligneront eu cette 

tence' X ' ''f'"" ''"' '^'^ ^'«"^-^ '"^^"■'^ J^' Péni- 
tence, 4 Nous profiterons de l'occasion de cette visite 
pour administrer le sacrem^.nf ,i . r ' 

n„i „ . P •'"icrcmtnt de contirniation à ceux 

1" ne 1 auront point encore reçu, et qt.i devront s'v 
préparer avec d'autant plus de foi et de piéte!^;^! c^^ 



^. 







IMAGE EVALUATION 
TEST TARGET (MT-3) 





/. 










y 




/ 






'^ 



1.0 






2.2 



l.l 



us 



IM 



2.0 



Lil lu. 11.6 




Hiotographic 

Sciences 

Corporation 




23 WEST MAIN STREET 

WEBSTER, N.Y. 14580 

(716) 872-4503 





\ 




■^ 





o 






''^-^X^o^ 










m/j, 

5 




- I I III W 






m ■ 

m4i ' 




i 

4 



WÉBi' 




Il 


1 


1 . 

■■il . 


^'i: 
1 1 



— 468 — 
fère àcs grâces plus spéciales, et qu'on ne le reçoit qu'une 

: tn 'sa vie f 5" Nous ferons auss. -e vj^ a J 
cimetière, cette partie ^e votre paro.eab.eea^ ^^^ 
morts, et qui finira par être la denuure 
vivants. Vous vous empresserez sans doute de vem 
visiter avec Nous, pour y prier pour -s pa "ts -s 
amis, et toutes ces personnes ^^ ^^ ^^J ,^, ^^i 
^t à côté desquelles vous vous coucherez bienxoi, 1 

peut mômo se faire que ce SOI par la que ^o 

iT-wUonl re ferons que Nous confomer à ce que 
rEgtt-H°a;;:l^eque?a»usso„Po«iW...'a«,. 

%r;'^eHt^s.s:irq:s;ou,.av,sHep.>o. 

X;ouTi.e,o„sce.«a„,.e.sp.o>s^^^^^ 

d'après '■'""''" J,;e, Nous adresserons en temps 
mandement Et sel»" > »*' t ■ ,„i,si„nnaires des 

opportun » *Xo„s „ : v'-<«^ -"' '""^'=' ""^ 
rXnuto rlps on i, NOUS sera donu. de pou- 
1 . a "er remplir « doux et consolant de.mr. 
È, setu l'e*o„ation que Nous vous adressons eu vous 
lit selon ic.Mi T C. F., en atten- 

annonçant notre première visite, N. 1. ^- 



(•) Cet itinéraire est renvoyé à la lin. 



— 469 ~ 

dant qu'il plaise à Dieu Nous accorder la consolation de 
Nous trouver au milieu de vous, travaillez à vous rendre 
dignes de votre vocation à la foi, vous souvenant que pour 
être sauvé, il ne suffit pas de croire à la vérité de l'Evan- 
gile, mais qu',1 faut encore pratiquer ses divins enseigne- 
ments ■ fmr le mal, faire le bien, obéir à tous les comman- 
dements de Dieu et de la sainte Eglise, s'aimer les uns les 
autres comme étant tous frères en Dieu le Père «t en No- 
tre-Se.gneur Jésus-Christ ; se porter mutuellement secours 
dans les besoins et les afflictions de la vie; épancher sou- 
vent son ame dans la prière ; la nourrir et la fortifier par 
un samt et fréquent usage des Sacrements; et assurer sa 
persévérance, en s'abandonnant avec confiance et amour 
a la toute-puissante protection de Marie ! ! Vivre ainsi sur 
la terre dans les saintes pratiques de la foi et de la justice 
c est se préparer a vivre au ciel de la vie de la gloire et du' 
bonheur éternel. Nous terminons en souhaitant que le 
Dieu de la paix soit avec vous tous; et que cette divine 
paix, qui surpasse tout sentiment, garde vos cœurs et vos 
esprits en Jésus-Christ. Et pax Dei, quœ exuperat omnem 

sensumcHstodiat corda vcstra et intelligentias vestras in 
Christo Jesu. 

A ces causes, le saint Nom de Dieu invoqué, Nous 
avons statué, réglé et ordonné, statuons, réglons et ordon- 
nons ce qu! suit : 

I" Environ une demi-heure après notre arrivée dans la 
paroisse que Nous visiterons, Nou. ferons notre entrée à 
I église en la manière prescrite dans le Rituel ; puis, apr.^. 
une courte exhortation, Nous donnerons la bénédiction 
du samt Sacrement. 

2" Pour attirer les bénédictions de Dieu sur les travaux 
de la visite pastorale, M. le curé récitera, à l'issue de la 
grand messe du dimanche, cinq Fater et cinq Ave, de- 
puis la réception du présent Mandement jusqu'à notre 
arrivée dans la paroisse. (Ceci doit s'entendre de ceux 
qui recevront cette année la Visite.) 



k 



. l^ 



f^» 






m 



1 


-> " ' . i . 




'■ .■ *■, 




1 i , •• 


!' 


■ . -i 




- 470 — 

3- Nous ferons, dans le temps qui Nous sera le plus 
commode, la visite du tabernacle, des ornements et des 
fonts bai^tismaux, ainsi que l'examen des comptes de la 
Fabrique, que les marguiUiers tiendront prêts à Nous être 
présentés. M. le curé pourvoira aussi à ce qu'un inven- 
taire du linge et des ornements de l'église soit dresse, 
aussi bien qu'un tableau des indulgences et messes de fon- 
dation, s'il y en a. Nous rechercherons particulièrement 
si les ordonnances données par nos Seigneurs les Evoques 
dans les visites précédentes ont été exécutées. 

4' MM les curés auront soin de préparer par de fré- 
quents catéchismes ceux qui se disposent à la confirma- 
tion, et de conserveries billets qui renferment les noms 
des confirmés, pour les inscrire ensuite dans les registres 

de la paroisse. 

5° Les confesseurs nommés pour la visite auront, tant 
qu'elle durera, le pouvoir d'absoudre des censures et cas 
réservés, et les facultés les plus amples pour la réconcilia- 
tion des pénitents. . 

6" Par un induit papal, tous les fidèles qui, s étant con- 
fessés avec une véritable contrition, commumeront pen- 
dant la visite, et prieront pou , nécessités de l'Eglise, 
' suivant l'intention du Souvci ontife, gagneront une 

indulgence plénière. xt i j - 

70 Voulant favoriser, auti.nt qu'il en est en Nous, la dé- 
votion des fidèles envers la sainte Vierge, Nous nous ferons 
un devoir d'apnliquer, chaque jour de la visite, les indul- 
gences aux croix, chapelets et médailles qui nous seront 

présentés. 

8' Chaque paroisse ou mission, après que Nous 1 au- 
rons visitée, fournira à Nous et aux personnes de notre 
suite les voitures nécessaires pour Nous transporter dans 
la paroisse voisine, et l'on verra à ce que ces voitures ne 
soient pas trop fatigantes. 

9" Nous terminerons la visite parle salut et la bénédic- 
tion du saint Sacrement. 



ous sera le plus 

)rnements et des 

s comptes de la 

prêts à Nous être 

ce qu'un inven- 

rlise soit dressé, 

et messes defon- 

particulièrement 

leurs les Evoques 

;iitées. 

jarer par de fré- 
;nt à la confirma- 
ermeut les noms 
dans les registres 

àsite auront, tant 
es censures et cas 
pour la réconcilia- 
is qui, s'étant con- 
ommunieront pen- 
:essitésde l'Eglise, 
ife, gagneront une 

est en Nous, la dé- 
;, Nous nous ferons 
la visite, les indui- 
tes qui nous seront 

rès que Nous l'au- 
)ersonne3 de notre 
LIS transporter dans 
que ces voitures ne 

e salut et labénédic- 



-471- 

met^ntof 'T ^^"^^'"-^t lu et publié au prône de la 

Donn'i P'^ïï'^'-^'^'^^'^he après sa réception. 

Donné a St-Hyac.nthe, sous notre seing et sceau et le 

(L. t S.) + n -^ ^ 

J Î^-'^-vêquedeSt-Hvacinthe. 

Par Monseigneur, 

L- Z. MoREAu, Prêtre, 

Secrétaire. 



> .: 



t 



il ■■ 






i f i 



» * 



'^P^nii 


|M,<I 


iiP^I 


Hi 


Ifl' 


m 


n^ra^ ** )r 7, 


'Upi''^ 


w\^;ii 


mî 


M'i''^ 




tl" '''\ , 


,â 


\ii'il^ii 


,' 



w 



m'\l 



ilili 



^ î ■■. t 



>M 



APPEND ICE 



.ï 






M 







'.'!'' 



n-' !ît 








' 


4 ' 1 




? 


t 

8 
1 




M 





'iîr*!*'ïi> 



fl 



A^PPENDICE 



LETTRE 



un «'o- 



pour' ZZlilrL 'f ■*"'• "■ ""■"" ''"'h"". 



(i) La Circulaire du ii janvier iSfis „ ^ ~ ~ 

à cette lettre. ^ ^^' ''^Se 6. a été faite en réponse 

(2) Ces autres membres étaient MM. T Royal S R- , 
crétaires, R. Bellemare C A i „i i ,." ^ ' ^- ^'^^'"'1, se- 

X. A. Trudel. '""'* ^- ^'^' «^^ Bellefeuille, F. 






M 



ir 



s 




■i. 



■s:( 






lAfti 
J»,^«< Il 




— 476 — 

De plus, nous devons dire, d'aprùs les renseignements 
recueillis aux meilleures sources, que personne ne sau- 
rait soulever d'objections valides contre les démarches 
que nous voulons faire. Notre but est de protéger et ai- 
der ceux qui sont disposés ci partir. 

Voici de quelle fliçon nous comptons y arriver : 

I" Faire des arrangements pour diminuer considérable- 
ment les frais de voyage ; 

2" Faire partir ensuite les jeunes gens sous un chef qui 
pourra utiliser leurs loisirs en les préparant aux devoirs 
de leur nouvelle carrière ; 

3" Leur assurer les services d'un prêtre aumônier qui 
les guidera et les encouragera à remplir leurs devoirs ; 

4" Veiller aux intérêts de ceux qui s'absentent ainsi, et 
à leur retour assurer à tous ceux qui s'en seront rendus 
dignes une certaine protection. 

Il y a déjà deux cents hommes qui ont inscrit leurs 
noms en se déclarant prêts à marcher immédiatement ; 
un plus grand nombre encore offre ses services ; il est 
donc de la plus haute importance de prendre les moyens 
d'induire tous los catholiques du Canada à se cotiser lé- 
gèrement pour mettre de si belles dispositions à profit ; 
sans compter que l'on entend n'envoyer que le chiffre 
d'hommes que l'on pourra supporter pendant le temps de 
leur service avec les contributions du Canada. 

Nous sommes convaincus que si la population répond 
à notre appel, ce pays pourra, sans trop de sacrifices par- 
ticuliers, prouver d'une manière éclatante et pratique son 
attachement à la cause du Saint-Siège, qui est la cause 
universelle de l'ordre et de la civilisation. 

Ne serait-ce pas. Monseigneur, une chose très louable 
et très désirable que chaque diocèse fût représenté dans 
la petite troupe de ces croisés du Canada ? 

Tel est. Monseigneur, le projet que nous nous sommes 
chargés de soumettre à Votre Grandeur, dans l'espoir que 
vous voudrez bien y donner votre approbation, nous flat- 



■'!':'( 



renseignements 
.Tsonne ne sau- 
les démarches 
2 protéger et ai- 

' arriver : 

.ler considérablc- 

sous un chef qui 
rant aux devoirs 

;re aumônier qui 
leurs devoirs ; 
bsentent ainsi, et 
;n seront rendus 

ont inscrit leurs 
immédiatement ; 
s services ; il est 
endre les moyens 
,a à se cotiser lé- 
ositions à profit ; 
rer que le chiffre 
idant le temps de 
anada. 

)opulation répond 
de sacrifices par- 
te et pratique son 
, qui est la cause 
n. 

;hose très louable 
t représenté dans 
ia? 

lous nous sommes 
•, dans l'espoir que 
obation, nous flat- 



— 477- 

tant, dans ce cas, qu'il sera facile de former un comité 
dans votre d.ocèse qui aura le mô,„e but et travaillera de 
concert avec nous à le réaliser. 

Agréez, Monseigneur, les j,rofonds hommages de res- 
pect et de dévouement dont nous prions Votre Grandeur 
de vouloir bien accepter l'expression. 

Vos très humbles et très soumis serviteurs, 

Joseph Royal, 

Sévère Rivard, 



LETTRE 



ollV»,.t l«.,r»«ervlV...» IHT.^ * '""■ '•"" '"""• '••'• •■«■"•"«• 



Montréal, 28 décembre 1867. 

RueSt-Vincent, n» 41. 
Monsieur le Curé, 

Le comité de Montréal, formé dans le but de régulari- 
ser et protéger le mouvement des jeunes gens qui veulent 

tZ fSV ^'''"'^'' ^^"" """"J'^'^ pontificales pour dé- 
fendre le St-Siége menra,, lous charge de vous prier de 
vouloir bien unir vos ef.r.s aux siens'pour assurer a ré- 
ussite d'un si noble projet. 

Ne serait-il pas désirable que chaque paroisse du Cana- 
da fut représentée dans le corps qui est en voie de forma- 
c'hTin ? '^"' P''"^"^''^"^'"^ P^^-ti^^ ^^^« 1^ fi" de janvier pro- 

Sil'on ne peut fournir des hommes, on peut toujours 
contribuera la même œuvre par sa souscription ; et de 



.É 



(•) Cette lettre a été expédiée au clergé du diocèse en même 
temps que la circulaire du . , janvier 1868 (voir page 8). 



I 

I'' îi' 




w 


i^ 



— 478 — 

fait les hommes ne manquent pas. Il s'en est déjà offert 
plu» de deux cents dans les environs de Montréal, el si le 
mouvemeiU devient général dans le pays, nous ne croyons 
rien exagérer en disant que plus de mille hommes sont 
prfits à offrir leurs services. Ces excellentes dispositions 
permettront de faire un choix judicieux ; car il est de la 
plus haute importance que tous ceux qui partiront soient 
en tous jfoints propres à faire honneur à la cause ([u'Ms 
veulent défendre et à la nation qu'ils représenteront. 

C'est pourepioi nul ne sera admis dans les Zouaves Ca- 
nadiens sans les meilleures recom.mandations ; et toutes 
les demandes de service devront être faites par l'entremise 
du curé de la paroisse où est domicilié le candidat. 

Nous osons donc vous prier, monsieur, de faire connaî- 
tre les conditions du service à qui de droit, et surtout de 
bien faire comprendre aux candidats les sacrifices qu'ils 
auront à faire et les risques inséparables d'une expédition 
aussi lointaine que pénible. 
Ces conditions sont : 

i» Un engagement d'un an, qui pourra se renouveler 
au besoin ; cependant ceux dont le pays requerrait les ser- 
vices, soit pour l'organisation de la milice, soit pour la 
défense du sol, seraient libres de revenir, au gré du comité. 
2" Se contenter du plus strict nécessaire. Les Zouaves 
Canadiens devront être à tous égards sur le môme pied 
que les autres troupes pontificales ; 

3° S'obliger à remplir fidèlement ses devoirs religieux 
et obéir aveiigltmcnt à ses chefs ; 

4° S'attendre à des privations, à des déceptions et mi- 
sères imprévues considérables ; 

5° Etre prêts à partir sous quelques hei':es d'avis; 
6° Commencer de suite en particulier, si les circons- 
tances ne s'y opposent pas, les exercices militaires, afin 
de se mieux préparer au service. 11 va sans dire que les 
cadets et les hommes déjà exercés devront avoir la préfé- 
rence, toutes choses égales d'ailleurs. 



— 479 — 

rito„r, cc-ux qu, «■en wron, rend,» ,],,!„,» ' 

vier prochain Veuill,., /.„,i rt-nvojc le isjan- 

trV 1 c- ^'-"""<-'' t-'galcmcin nous renvcycr au nin. 

fournir au „,ouve,nent ' """"'^ 1-obablement 

Nous avons l'honneur d'être, Monsieur le cur.' 
Vos très humbles et obéissants serviteurs, 

Secrétaires .1,, r ^'"''" ^^°'"" ^*^^*^'^"^ ^'^^^^i 
eaux " '" ''"'"'^^ ^■^"''^^''-■" ^- ^--ves Pomifi- 



devoirs religieux 
déceptions et mi- 



'1 


'îi 

'fi 

i 




1 


(.'1- 





ïâ 



r "'h' ;;. 



— 480 



RÔLE DKS l'KRSONNES QUI DKSIRENÏ SE FAIRE ZOUAVES PONTITICAUX 
CANADIENS ET QUI SOUSCRIVENT IMMÉDIATEMENT AUX CON- 
DITIONS MENTIONNÉES DANS LA LETTRE DU COMITÉ DE 
MONTRÉAL, EN DATE DU 28 DÉCEMBRE 1867. 

Farcisse de 1867. 

N. 15.— Ce rôle devra être fait en double, une copie devant rester 
entre les mains de M. le curé. 



V( 





No. 


NOMS. 




3 


1 


X 

Or 

c 


/1 


< 


if 


«.s 5 




q 

lis 

i 


1 
3 

B 

33 


AUTBKS KUMAHUUKN. 

l'osllloii Hocinle, etc. 


1 




il 


4 


5 


(i 


7 


8 


» 


10 


11 


12 


11! 

1 



Signature, . 



Ptre, Curé. 



NOTES.— uVv colotiite.—Q\\e l'homme que l'on considère le mieux 
qualifié au service soit désigné sous le n» l— et ainsi de suite. Si 
après avoir transmis ce rapport, il se présentait de nouveaux appli- 
cants, en donnant leurs noms, etc., dans un supplément, il faudrait dire 
après quel numéro de cette liste on croit devoir le placer. 



AVES PONT ll'IC AUX 
klENT AUX CON- 
1 COMITÉ DE 
E 1867. 

1867. 

copie devant rester 



TUKS KBMAHUrEN. 

'ositloii soelnle, etc. 



— 481 — 

a appns les exercices m.Iit.ires au collège ou ailleurs dins le n" c 

et ceux du. n'ont jamais été exercés, dansle n' 6 ^' 

La hauteur et la mesure de la poitrine devront être notées avec soin 

(dar. les colonnes 8 et 5) afin que .-on puisse juger du ;:^;:Z 

bonnes, H_pour pas:a JeJ pi; ^ Tva ^ M 7'™"^^^"- 
cas dite< (rinnc l^ \.„i ' uvaises, M ; dans ce dern er 

telle personnel " " ''' " ^'"' ^°"^ ^^'^ recommander une 






Ptre, Curé. 



jn considère le mieux 
t ainsi de suite. Si 
de nouveaux appli- 
ément, il faudrait dire 
e placer. 



^'"■"•^^^ J" ,867. 



Cadets des écoles militaires provinciales. 

Volontaires et autres, connaissant les exercices militaires 

- Autres personnes qui ne connaissent point ces exercices. " 

J'espère que nous pourrons prélever les so„,mes de 

$ cx) comptant. 

$ 00 d'ici à un an. 

$ ~ -00 d'ici à six mois. 

^ ~ total probable pour cette paroisse. 
Sigiiatiin-, _ 



CUKÉ. 



ZOUAVES PONTIFICAUX ENRÔLÉS DANS I E 
DIOCESE DE SAINT-IIYACINTHE. 

l'REMIER UliTAClIEMENT. 

Campbell Emery Notre.I...medeStanbridge 

Caron, Charles Lennoxville. ^ 

Cherr,er, lienjamin Saint-IIyacmthe. 

31 



! 




kffffVr'''.! 



1- ^'^1 



iA : I' 



1.1 



Pl's 

' t 




, — 482 — 

DeCazes, Charles Sherbrooke. 

Forget, Lucien Sainte-Marie de Monnoir. 

l' rancœur, Alfred Sorci. 

Gadbois, Alphonse Saint-Césaire. 

Jauron, Xapoléon Ely. 

LaCroix de Creitz, Alexandre. ..Saint-Charles. 
Laporte, Jérémie Denis Sorel. 

Larivicre, Joseph Saint-Alexandre. 

Leclaire, Etienne Saint-Hyacinthe. 

L'Etoile, Joseph Sherbrooke. 

L'Heureux, Thomas Saint-IIyacintlie. 

l'ar;', Pierre L'Ange-Gardien. 

Peloquin, Adélard Saint-Jude. 

l'epin, Emile Saint-Césaire. 

Raymond, Narcisse Noé Saint-Hyacinthe. 

Riclier, Euclide Henri Saint-Hyacinthe. 

Senécal, Alfred Saint-Césaire. 

DEU.KIKME DÉTACIIEMKNT. 

Cassegrain, Arthur Saint-Césaire. 

Durocher, Jcan-liaptiste Saint-Aimé. 

Gélinas, Ben. Pierre Saint-Aimé. 

Plamondon, Anastase Saint-Césaire. 

TROISIÈME UÉrAClIKMENT. 

Brousseau, Alexandre Belœil. 

Bruneau, Zacharie Saint-Hugues. 

Comtois, Zéphirin Saint-Hugues. 

Gadljois, André Saint-Hilaire. 

Préfontaine, Fulgence Belœil. 

(QUATRIÈME DÉTACHEMENT. 

Blanchard, Louis Saint-Hyacintlie. 

Caliana, Xapoléon Sherbrooke, 

Erancicur, Jo!=»ph Sorel. 

Girard, Jean-Baptiste Saint-Aimé. 

Lavallée, Aristide Saint-Aimé. 

CINQUIÈME DÉTACHEMENT. 

Colette, Ed Saint-Ours. 

Chagnon, Antoine Saint-Hyacinthe. 



— 483 — 

SIXIÈME DÉTACHEMENT 

";-^'^--™'^- :zz^^l:S: ■ 

Chart.er Fenier Saint-Hyacinthe 

"hamel, Alphonse Sainte-RosaliJ 

S;r\f-'^ :=s::;;ss;:^:."""""- 

(juillet, Henri ç„;„, .» ■ , 

Goulet, Arthur Ï" Tn"'''' '*°""°''-' 

T . saint-llilaire. 

Laponne, Onésime Sherbrooke. 

ii^rr-rh^f"'' Saint-Sébastiend-IberviUe.- 

Marchesseau 7„r" Sa.nt-Sébastien d'Iberville. 

TJ l ' ^"'"l"" Saint-Hyacinthe. 

i^aré, Pierre T'a„„ n ,■ 

Rpjj X , ,. L Ange-Gardien. 

Reid.Joachim Cooticook. 

Sauvageau, Cléophas Saint-Hyacinthe. 

SEPTIÈME DÉTACHEMENT 

^y^;;:::-- r'-rrr 

chagno„.jea„.B;;-t^:::::l:;:rj;r-«^i^^^ 

^'''^°'' ^^'''" Saint-Simon. 

Desnoyers, Arthur Saun-Pie. 

Décoteau, Michel Stanstead. 

Dufresne, Raphaël Saint-Pic 

E'^^P,"'^' Elie Saint-Pie! 

Gauthier, Théophile Saint-Pie. 

Oobeille, Arthur Saint-Pie. 

Jauron, Frédéric £]„ 

Lafleur,Jean-Baptiste....';.'.".;".;;;saint-Pie. 

Larue, Thomas c„i„. c- 

r oaint-Simon. 

Levasseur, Ov. P c • .. « • 

„, . ' Saint-Ainié. 

Ménard. Moïse c,:,„ i -i • 

•••••'^aint-Liboire. 



f 



|. 



M 






^r 







Irai '"«' " 



j I 



mW'' 




.'l^ * 



s . ' 




A nos Vénérables Frères les Evoques de la province de 
Québec et à leur Clergé. 

PIE IX, PAPE. 
VÉNÉRABLES Frères ET CHERS FiLS, Salut et Bénédiction 
apostolique. 

Nous avons déjà chargé la troupe d'élite des jeunes 
Canadiens qui ont dit adieu à leur patrie et traversé une 
étendue de terre et de mer pour voler à notre secours et 
défendre les droits du Saint-Siège, de vous dire avec 
quelle affection et quelle joie Nous avons reçu un si écla- 
tant témoignage d'amour et de dévouement, et combien 
Nous avons été charmé des marques de respect que vous 
et votre peuple Nous avez données. Mais Nous ne pou- 
vons Nous empêcher de vous l'écrire Nous-même. 

La douleur avec laquelle vous avez vu le trône pontifi- 
cal injustement attaqué, les prières publiques que vous 
aviez recommandées, et qui ont été faites avec tant de 
piété dans le but d'implorer pour Nous le secours de Dieu ; 
la joie universelle qui a éclaté partout à la nouvelle de 
notre récente victoire ; l'ardeur avec laquelle, vous Nous 
l'assurez, votre jeunesse aspire à s'enrôler dans notre mi- 
lice, et leurs parents et les autres fidèles qui sourient et 
applaudissent à leur résolution : tous ces faits Nous prou- 
vent si bien l'amour dont brûlent vos cœurs pour notre 
personne, et montrent si clairement cette inébranlable 
solidité de l'unité catholique, qui fait notre joie, qu'ils 
demandent de Nous une preuve toute particulière de 
notre reconnaissance. Cette preuve, Nous vous la don- 



et air* Zoiinvc* 



la province de 



: et Bénédiction 

^lite des jeunes 
et traversé une 
notre secours et 
vous dire avec 
reçu un si écla- 
ent, et combien 
espect que vous 
s Nous ne pou- 
us-môme, 
le trône pontifi- 
liques que vous 
is avec tant de 
secours de Dieu ; 
i la nouvelle de 
uelle, vous Nous 
r dans notre nii- 
3 qui sourient et 
fait? Nous prou- 
eurs pour notre 
;tte inébranlable 
notre joie, qu'ils 
particulière de 
us vous la don- 



— 485 — 

nons bien volontiers : et, en remarquant avec joie et bon- 
heur dans ces circonstances le fruit de vos travaux, en 
constatant la foi, la religion et la piété avec lesquelles 
votre peuple répond à votre zèle et à vos soins. Nous 
prions Dieu de conserver dans tous les cœurs cette belle 
disposition, de confirmer par sa grâce et de promouvoir 
son œuvre, afin qu'il puisse un jour récompenser au cen- 
tuple ce que vous faites pour la gloire de son nom. En 
attendant, comme une assurance de cette grâce d'en haut 
et comme gage de notre bienveillance toute particulière 
Nous vous accordons, avec toute l'affection possible! 
notre bénédiction apostolique, à vous et à tous ceux dont 
vous êtes chargés. 

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 31 mars 1868, 
en la vingt-deuxième année de notre Pontificat. 

__________ Pie IX, Pape. 

BREF 

»e Pic IX „,„ membre» d„ Ca,„u<^ .,o. ï„„„ve» Pontlllcanx 
Cniiadiena (I) 

A NOS BIEN-AIMÉS FiLS, 

Le Président et les membres du comité organnisé à 
Montréal dans le but de recruter des soldats pour le 
Saint-Siège. 

PIE IX, PAPE. 

Bien-aimés Fils, Salut et Bénédiction apostolique. 

Tel a été le retentissemeut de votre foi et de votre dé- 
vouement au Saint-Siège, telle est la célébrité que les en- 
fants de votre pays se sont acquise par leur ardeur reli- 
gieuse et leur noble conduite, tels sont les éloges dont les 
écrivains catholiques ont comblé le zèle des Canadiens 

(I) Ce Bref est mentionné à la page 261. 



y 



^ 



^•1 






!, •[ r<" 




— 486 — 

pour notre personne, que le souvenir de ces belles ac- 
tions, consigné dans les feuilles publiques et les docu- 
ments de l'histoire, semble devoir passer aux âges futurs 
plus sCirement que si elles étaient gravées sur l'airain et le 
marbre. Néanmoins Nous avons reçu avec la plus grande 
joie le volume que vous nous avez offert ; Nous y avons 
vu une nouvelle preuve de votre attachement, en môme 
temps que le souvenir d'un événement aussi glorieux pour 
vous que joyeux pour Nous, et de plus la marque signa- 
lée d'une constance à toute épreuve dans votre dévoue- 
ment inaltérable envers ce Siège apostolique. 

Nous vous exprimons donc notre bien vive reconnais- 
sance et pour l'offrande du volume, et bien plus encore 
pour les généreux sentiments qui l'ont accompagnée, et 
Nous demandons pour vous à Celui qui paie au centuple 
le plus léger bienfait, de vous accorder une récompense 
égale à vos mérites. Comme présage de cette faveur, et 
comme gage de notre affection paternelle, Nous vous ac- 
cordons de tout notre cœur, à vous et à votre patrie, la 
bénédiction apostolique. 

Donné à Saint-Pierre de Rome, le 17 juillet de l'an 
1869, de notre Pontificat le 24ème. 

Pie IX, Pape. 



COMMUNICATION OFFICIELLE 

Publiée «laiiH le '* Courrier de Ht-II.TacIntlie " iln 1er février 
INSManHiUet (le laeon»lrnrllan d'une éiclioe AMt-IIyaeiuthe 



EvÊCHK, 31 janvier 1868. 

Aux PAROISSIENS DE Sï-HVACINTHE. 

Monseigneur l'Evoque de St-Hyacinthe, qui part ce soir 
pour Québec, ayant appris que dimanche prochain il se 
tiendra une assemblée au sujet de la construction d'une 
église à St-Hyacinthe, me charge avant son départ de 
communiquer aux paroissiens de St-Hyacinthe les obser- 



: ces belles ac- 
:% et les docu- 
uix âges futurs 
3ur l'airain et le 
c; la plus grande 

Nous y avons 
Tient, en même 
si glorieux pour 
. marque signa- 
i votre dévoue- 
ue. 

/ive reconnais- 
en plus encore 
ccompagnée, et 
aie au centuple 
ne récompense 
cette faveur, et 

Nous vous ac- 
votre patrie, la 

juillet de l'an 
lE IX, Pape. 

ICIELLE 

■' <in 1er février 
ISt-IIyn<-iuthe 

janvier 1868. 



, qui part ce soir 
î prochain il se 
istruction d'une 
son départ de 
;inthe les obser- 



— 487 — 

ltZelT7' ' f' '"" ^^"^^'«"-"ents qui pourraient 
'asse, h, " : délibérations et les discussions de 
assemblée projetée, i» Quand Monseigneur a parlé de 

ment cettJ" " " ''"'' ''"'' '''''' ' "^^"^ "^-^-t- 
ment cette eghse, mais seulement qu'il serait à propos et 

avantageux de se mettre de suite 1 mesure di ïïleve 

pou cela plusieurs années, afin que l'entreprise ne ffit 
pas top onéreuse à la paroisse. Monseigneur est toujour 
de même avis. .» Quoique la Corporation épiscopae de 
S -Hyacmthe soit véritablement propriétaire de 'église 

uelequelevénérablepremierEvêquedeSt-Hyacint 
bat s.sa. précipitamment pour en faire sa cathédrale, à la 
suite d'un incendie dont les désastres ne lui laissaient 
aucun moyen de faire plus ni mieux, Monseigneur l'Eve 
que actuel de St-Hyacinthe considère néanmoins que les 
paroissiens de St-Hyacinthe ont un droit acquis à Jusage 
de cette eghse pour leur cufte religieux et pour l'acqlt 

nart'd 7T '' ''""""' ^" '' P™— e d'u le 
partie des fonds employés à la construire. Monseigneu 
croit en conséquence qu'il est de son devoir de faire 
savœr aux paroissiens de St-Hyacinthe que sous ce rap! 
port ils peuvent être parfaitement rassurés : l'église cathé 
drale actuelle sera à leur service aussi longter^p ^ut'e" 
autre plus convenable ne l'aura pas remplS.' V^Mon- 
scgneur, en rappelant dernièrement aux paroissiens de 

el'^JT n' '?"" '' '''''' "'^^ ^^'^ auparavant, qu'il 
espérait qu'ils se feraient un devoir de conscience et d'hon 
neur de se mettre en mesure de se pourvoir d'un étabhs- 
sement paroissial, n'a dans aucune circonstance eu a 
pensée de s'engager à faire de l'église qui pourrait être 
construite à cette fin. l'église cathédrale de'l'Evêque de 
St-Hyaanthe: et .1 a toujours, en traitant cette affaire 
qu 11 ait parlé ou écrit, mis son droit à couvert et en r"' 
serve. Monseigneur veut donc que les paroissiens de St- 



■¥. 






— 488- 



l'Ain >' 



t 




Hyacinthe sachent et comprennent bien qu'en s'occupant 
aujourd'hui de la construction de leur église paroissiale, 
ils ne doivent point le faire dans l'idée que cette église 
sera nécessairement l'église cathédrale ; au contraire, Mon 
seigneur tient à les informer que pour rien au monde il 
ne consentirait à se lier à faire sa cathédrale de l'église 
en contemplation, quand môme on pourrait lui assurer 
que cette église sera la plus vaste et la plus belle du pays, 
et qu'elle sera prochainement i)rête à être livrée au culte. 
Il y a quelque chose de plus précieux à un Evêque qu'une 
belle et grande cathédrale ! — et Monseigneur de St-Hya- 
cinthe croit pouvoir affirmer qu'il est assez Evêque pour 
porter ses aspirations plus haut qu'cà la simple jjossession 
d'une cathédrale, si belle qu'elle pût être ! D'ailleurs, Mon- 
seigneur veut que l'on n'oublie pas que plus d'une fois il 
a dit en parlant d'église et de cathédrale à St-Hyacinthe, 
qu'il ne songeait nullement à lui-même, persuadé qu'il 
mourrait avant d'en jouir ; et cela à raison du long temps 
qu'il faudrait nécessairement prendre pour la construire 
convenablement et de manière à n'en pas faire peser trop 
lourdement la construction sur la paroisse. 

Par ordre de Monseigneur, 

L. Z. MoREAU, Ptre, 

Secrétaire. 



È :■ 



DIFFICULTES 

Entre l'Ev^rh^ de NHlut-Hynoiiitlie et Iflonalcar **"*(!) 



ift' 


:.- r 


i^p 


i ■ . ■ 

' ■ y ■ 


W' 





Ev. DE St-HvACiNTHE, 20 juillet 1868. 
Monsieur l'Editeur, 

J'espère que dans l'intérêt et pour l'amour de la vérité, 
vous voudrez bien me permettre de me servir des colonnes 

(i) Voir les pages 94, 135, 136, 137, 138. 



iMcar *** (1) 



— 489 — 

lettres pub ,005 dans le/our.a^^e S.unt- Hyacinthe y,ar 

une suite d.njures plus ou moins graves à l'adresse de 
Mgr 1 i^veque de Saint-Hyacinthe, n'avaient absolument 
aucun fondement, puisque ces injures reposent sur la pré- 
tendue fausseté du chiffre des souscriptions de la famille 

,„e M***'"' "r '^"'' ^""'^"^'^^^ ^ Sainl-Hyacinthe, et 
que M***, sans être capable d'apporter aucune raison à 
appui de ses suppositions et de ses avancés, veut abso- 
lument que Mgr de Saint-Hyacinthe ait pubUées dans e 
but de blesser la famille. 

D'abord, il est faux que les chiffres aient été publiés par 
Mo^eigneur. C'est moi-même, qui suis le pricureur'de 
tvêche depuis bien des années, qui ai fait, d'après les 
l.vres de l'Evôché, bien régulièrement tenus, le relevé des 
sommes souscrites et payées par la famille***. Monsei- 
gneur, qu, ne s'occupe des comptes et affaires de la maison 
qu en autant que le requiert sa position, n'a pas môme 

nnTd ',^7°"'''.'^', '"'■' "'' P'^ -"^""^ ^" ^^« "vres à pro- 
pos de 1 affaire de la souscription***. Tout ce qu'il y a de 
vrai, c'est que j'ai fait ce relevé à la demande de Monseï- 
gneuretque lorqu'il a été fait, sans que Monseigneur s'en 
fût aucunement occupé, je l'ai publié par ordre de Sa 
Grandeur, en opposition à un exposé tout à fait incorrect 
et exagère, donné par le Pays en son n- du 6 février der- 
nier, de 1 état de la souscription faite par la famille*** en 
faveur de la cathédrale. Quoi qu'en ait dit et écrit M*** 
je mamtiens l'exactitude des chiffres fournis par moi au' 
Courrier, comm^ dit plus haut, sur l'ordre de Mgr l'Evêque 
de Saint-Hyacinthe, qui serait, je le sais, bien ffché cont e 
moi, SI j avais diminué d'un seul centin la souscription de 
la famille***, et qui me donna dans le temps l'ordre d'en 
publier l'état exact et véritable, comme j'ai fait, pour le 
seul et unique motif plus dune fois exprimé par Sa Gran- 
deur, qu II était important que la ville de Saint-Hyacintiie 



■ Mil,, 
! 






m 






ï'ff. f '' 



,. I 



(» 



— 490 — 

qui s'occupait alors de la construction d'une église, ne 
demeurât point sous la conviction erronée que l'Evoque 
avait en effet reçu de la famille*** une somme aussi con- 
sidérable que celle qu'avait mentionnée le /'ays. L'Evêque 
de Saint-Hyacinthe, non pas l'Evéque actuel, mais le pre- 
mier Evoque, feu Mgr Prince, a reçu de la famille*** en 
souscription en faveur d'une cathédrale, ni plus ni moins 
que la somme par moi déclarée de $i,68o. 

En me faisant la faveur de publier avec celle-ci la lettre 
ci-jointe que Monseigneur l'Evoque de Sa-'u-Hyacinthe 
m'adressait de Saint-Jean ces jours derniers, vous infor- 
merez le public des motifs qui me forcent à me borner à 
une sini])le affirmation de l'exactitude de cette somme, et 
à éviter de discuter avec M***, qui pourra à l'avenir écrire 
sur le ton et dans la forme qui lui plaira, sûr d'avoir le 
dernier mot, parce que nulle réplique ne lui sera certaine- 
ment faite. 

Je suis bien cordialement, Monsieur l'Editeur, votre 

tout dévoué serviteur, 

L. Z. MtREAU, Ptre, 

Secrétaire. 

St-Jean, 15 juillet 1868. 



Rév. L. Z. MoREAU, Ptre, 

Secrétaire. 

Mon cher Monsieur, 

La vôtre d'avant-hier m'est arrivée. Vous me demandez 
que faire avec les correspondances pleines d'injures à mon 
adresse, publiées par M*** dans le Journal de St-Hya- 
cintlie, et qui ont été joliment résumées et commentées en 
un article du Pays du 7 courant ! ! Ce qu'il faut faire, mon 
cher Monsieur, c'est de garder un profond silence sur des 
injures qu'en vérité je ne crois pas capables de m'attein- 
dre et auxquelles il ne sera cru nulle part ! 

Vous vous contenterez donc d'envoyer au Courrier, ou 
à tels journaux qu'il vous plaira, un Communiqué que 
vous ferez aussi court que possible et que vous signerez 



'Editeur, votre 



— 491 _ 

de votre nom. pour affirmer devant le public que vous 
niamtene. comme correct et exact en toutes choses le re- 
levé de la souscription de la famille*** que j.ar mon ordre 
vous avez fourn. au Courner, pour des motifs trop purs 
t trop honnêtes pour que M*** pfu y croire et les ad- 
mettre. Il lui fallait faire des suppositions ; et il en a fait, 
"larqueesà son cachet, .jui est d'une telle spécialité qu'il 
est reconnu |)artout où il l'imprime. 

Soye. sans inquiétude; et compte, sur le bon sens du 
PUWic, qui croira à vos affirmations fondées sur les livres 
de comptes de l'évôché que vous tene. depuis tant d'années, 
plutôt qu au verbiage et à l'incroyable aplomb de-s écrits 
astucieux et mensongers de M***, dont la véracité est 
depuis longtemps appréciée à sa juste valeur par tout ce 
ce qu U y a d'hommes honnêtes et honoraires dans le pays. 
C est plus qu'il n'en faut pour nous maintenir dans un 
calme profond, et pour nous faire attendre avec pati«ice 
qu 11 plaise a Dieu dissiper les si tristes et si déplorables 
préjuges et erreurs qui régnent à l'entour de nous, grâce 
a la funeste influence dont M*** a joui depuis longtemps 
et jouit encore à Saint-Hyacinthe. 

Ainsi donc, mon cher Monsieur, ayez soin de vous bor- 
ner a une pure et simple affirmation de l'exactitude du rele- 
vé de vos livres de comptes, que sur mon ordre et pour de^ 
motifs que vous connaissez, vous publiâtes dans le Cour- 
-ter de Saint-Hyacinthe, n- du ii février dernier, en op- 
position au faux exposé du Pays dans son n" du 6 février 
dernier relativement à la souscription faite par la famille 

en faveur de la construction d'une église cathédrale à 
Saint-Hyacinthe. L'honneur et la bonne' foi ne sauraient 
nous demander rien davantage. Je vous autorise à faire 
de cette lettre tel usage qu'il vous plaira. Je partirai lundi 
soir pour Rnnouski, en prenant le steamboat à Montréal 
tn vous remerciant bien de toute votre bienveillance 
je me souscris en toute affection, ' 

Votre très humble serviteur et ami, 

t C, Ev. DE St-Hvacinthe. 



it 



1 







> ,-i: 




,♦1 






— 492 



DOCUMENTS 

li«<Jiilin> A In «•wii«laiMii»U»ii <■«• l'IiiKtlIul l'niiii<ll«*u <l<* 
noiilrt^nl iD 



Decretum. 

Fkria II. die 12 julii 1SO9. 

Sacra Congrcgatio Eniincntissimorum ac Reverendissi- 
niorimi Sanct;x3 Ronian;\i Kcclcsiix; Cardinaliiim a sanctis- 
siMo Domino nostro l'io Papa IX sancta(|iie Scdc aposto- 
lica Indici lil)roruin prawx doctrina;, eoruir Jcmque pros- 
criptioni, expurgationi, ac pcrmissioni in universa chris- 
tiana Rcpublica pnxpositorum et delegatoriim, habita in 
Palatio apostolico Vaticano, die 12 julii 1869, danuiavit 
et damnât, pioscripsit proscribitque, vel alias damnata 
atque proscripia in Indicem librorum prohibitorum referri 
mandavit et mandat Opéra, quœ sequuntur : 



''^;['>' ' 



Annuaire de F Institut Canadien pour 1868, célébration 
du 24énie anniversaire de l'Institut Canadien, le 17 dé- 
cembre 1868. (Decr. S. Officii, Feria IV. die 7 julii 1869.) 

Itaque nemo cujuscumque gradus et conditionis pra;- 
dicta Opéra damnata atque proscnpt.i, quocumque loco, 
et quocumquc idiomate, aut in post^îniin l'di^rp, lut édita 
légère vel retinere audeat, sed 1 (.orum Uuaiariis, aut 
haireticae pravitatis Inquisitoribus ea tradere teneatur, 
sub pœnis in Indice librorum vetitorum indictis. 

Quibus SANCTissiMO Domino nostro Pio Ykvpi. IX, per 
me infrascriptum S. I. C. a Secretis relatis, Sanctitas sua 
Decretum probavit, et promulgari praecepit. 

(i) Ces documents sont mentionnés aux pages 262 et 263. 



<^\\ 



CniiiiillfU <I4< 



— 493 — 

In quorum fideni, etc. 

Datum Roma;, die lôjulii 1869. 

Antonius, Card. de Luca, Prœfectus. 

Fr. Angehis Vinccntius Modena, ord. l'rted., 

(I-oco t Sigilli.) ^' ^"'^' ^'"■'"''■- ** ^'"■''''• 

nio 19 jwlii 1869, supradictum Decretum affixum et 
pul.hcatum fuit ad S. Mari^u super Mincrvam, ad Jiasilice 
1 r.nc.pis Apostolorum, l'alatii S otficii, Curioi Innocen- 
tiaïKu valvas, et ni aliis consuetis Urbis locis, pcr me 
Aloysium Serafini, apost. Curs. 
•l^hilippus Ossani, Afug. Curs. 



Mgr Ignazio Bourget, Vescovo di Montréal. 
Illme ac Rme Due, 

ferrxTv '",■*'''""'" ^i"".«'-'-'«''^"'""'-^ «■ K- et U. I. habita 
ttria I\ , d>. 7 curr., tmi. ac Rmi. Ocnerales Inquisitores 
jamdm motam de Instituto Canadensi controversiam .d 
examen revocassent. singulis mature ac diligenter expJn- 
sis, A luœ s.gn.hcandum volucrunt, rejiciendas omnino 
esse doctnnas in quodam annuario, quo dicti Institut] 
acta recensentun contentas, ipsasque doctrinas ab eodem 
înstuuto traditas prorsus reprobandas. Animadvertentes 
.nsuper hu.dat, Emi. ac Rmi. Patres valde timendum 
'•sne ne per hujusmodi pravas doctrinas Christiana3 i " 
vcntutis .nstuutio et educatio in discrimen adducatur 
dum commendandum expresserunt zclum ac Vx.[\J 
^ani a ïe hucusque adhibitam. excitandam eamd'em 
A. Tuam jusserunt, ut una cum Tuœ Diœceseos clero 
.omnem curam conféras, ut catholici ac prssertim iu- 
ventus a memorato Instituto, quousque pernicio as 
doctrmas m eo edoceri constiterit, arceantur. Dun 
vero laud.bus prosequuti sunt alteram societatcm /«,/,. 
tutum Canadensc Gallicum nuncupatam, necnon Ephe- 
mendem d.ctam : Courrier de Saint- Hyaanthc utran que 



'i"' 



m 







'7* I' 



' .s *>'.. 



,; ^'^ i» .' 



\i (* 



Jj'l . 













— 494 — 

fovendam adjuvandamque mandarunt, ut ita iis damnis 
ac nialis remédia qiia:rantur,qua3 ex alio prœfato Instituto 
haud dimanare non possunt. Quod A. 'l'use pro mei mu- 
neris ratione communicans, omni cumobservantia maneo. 
Romre ex Aed. S. C. de P. F. die 14 julii 1869. 
A. Ture 

humillimus et addictissimus famulus, 

JoANNiiS SlMKONI, 

Sccrius. 

JUGEMENT 

ne lu cour <l*uit|ioI daiiH iiiir «•iiiiito relalivr »iix foiiiiites 
de Fabrliiuc (I) 



COUR DU BANC DE LA REINE 

EN APPEL. 

Montréal, 4 septembre 1869. 

Présents : les honorables juges Duval, Caron, Badgley, 
Drummond et Polette. 

Marc A. Girard, demandeur, appelant, et Henri Cho- 
quet, défendeur, intimé. 

Jugé ; 1° Que le reliquat de compte d'un marguillier 
sortant de charge doit être versé dans le coffre-fort, s'il y 
en a un, ou remis au marguillier entrant en charge, qui 
devra s'en charger et en être responsable dans tous les cas ; 
et que l'assemblée de fabrique ne pourrait pas le mettre en 
dépôt entre les mains dun tiers, de manière à priver le 
marguillier en charge de son droit de le retirer et à le dé- 
charger de sa responsabilité. 2° Dans l'espèce il n'y a pas 
eu de dépôt dans ce sens entre les mains de P appelant. 

Voici les faits de la cause, tels qu'établis par la plaidoi- 
rie. Le 10 juillet 1860 l'appelant institua à Montréal une 



(1) L'attention Cm clergé .1 été appelée sur ce jugement (voir i)age 
281). 



t ita lis damnis 
)ra;fato Instituto 
'uœ pro mci mu- 
lervantia maneo. 
,ii 1869. 

5 famulus, 

VNES SlMEONI, 

Sccrius. 



r aux fuiu|>tc* 

ÎINE 

ptembre 1869. 
Caron, Badgley, 

t, et Henri Cho- 

Pun marguillier 
coffre-fort, s'il y 
't en charge, qui 
ians tous tes cas ; 
' pas le mettre en 
lière à priver le 
'étirer et à le dé- 
'ipèce il n'y a pas 
? rappelant. 
is par la plaidoi- 
. à Montréal une 

jugement (voir page 



— 495 — 

TZTT^^''"' "''"'■ '' — — t d'une sonnnc 
Savann T,""' ^""' ^' J^"^'^'^ ^^58, M. Ambroise 

'rcon ;;!"'; r r,''"^^ '^ Varcnnes,e. rendant 
SCS co,,ptes a la due fabrique, établissait une balance de 

trou; > ''."', ^"'^ ^'' ''^"^"'-' ''-^^"^"^^ balance se 

loua d i " """ ''^. '^PP^'^"' P°- ^'- --- P" 
u quand U en serait requis par une assemblée de la dite 

tt r^o": """'' "!;• ^'"^"^^' "^^'^^ -' — «^ « - 

Menées etTf ""'""" '" ^'^^^^^ ^' ^^^ ^^^ f— 
anni de . ."Tr ^^'^'■^^^"'''^^'-«. ^^ réussit durant son 

d argent ainsi déposée entre les mains du dit Girard.- 
Qua une assemblée de la dite fabrique, il fut décidé que 
1 intime n'était pas autorisé à toucher cet argent placé 
entre les mains de l'appelant; et par conséquent ce der- 
nier fut obligé de rembourser la dite fabrique ; que l'intimé 
contribua au remboursement de ladite somme de $ ^o" o 

mais qu ,1 , y refusa ensuite ; ce qui a donné lieu à la pré 
sente action pour le recouvrement de la balance de $1 5 x n 

réeWi?i"'' '■'P°"'^" ^"'" ''''''' ^'^f^'^ aucun dépôt' 
rctl de la somme en question, que cette somme se trouvait 
entre les mains de l'appelant Girard, en sa qualité de 2 
de/al>r^çue, et que c'est en cette qualité qu'il gérait depuis 
d.x ans passés les affaires de la dite ^^b/ique et cia si 
Intervention du marguillier comptable, el qu'il toucl" 
un salaire ; que l'intimé n'avait jamais rendu aucun coi ip^î 
a une assemblée régulière de la dite fabrique, tel q^K . 
gue; que en admettant même le dép:t et l'exactitude des 
comptes l'mtimé en sa qualité de marguillier en charge 
avait le droit de toucher cet argent et'que l'applica o, 
quil en avait faite étant valide, l'appelant no pouvait r 
couvrer de lui cette même somme ; que la prétention de 
Rappelant que cet argent aurait été payé par lui par err u7 
est ridicule, vu qu'il était un homme instruit, et qu'il ag ! 
sait comme clerc de fabrique depuis dix ans. 



'¥1 



lli^ 



bmmà ' 

î ^ 

I ' ' 










II. ' 1 * 



i 

f'f 



*ié- 




'li 



— 496 - 

L'hon. juge tn chef Duval dit que Girard, l'appelant, 
était l'agent ou le commis de la fabrique ; comme tel il re- 
çoit une somme d'argent, et sur la demande de Choquet, 
l'intimé, et alors marguillier en charge, il la lui remet; plus 
tard la fabrique dit à M. Girard : le marguillier n'avait pas 
le droit de retirer cet argent ; on l'avait mis en dépôt entre 
vos mains pour un but spécial, rendez-nous-le. M. Girard 
remit cette somme à la fabrique, et maintenant il poursuit 
Choquet en disant: remettez-moi, à votre tour, cet argent 
que vous avez reçu de moi, sans droit. 

Mais, I" Choquet répond avec raison: il n'y a jamais 
eu de dépôt spécial ; la fabrique a mis une somme d'argent, 
le reliquat du compte de mon prédécesseur, entre vos 
mains, comme commis de la fabrique, c'est-à-dire, du mar- 
guillier en charge, et non autrement; et 2" quand même 
il y aurait eu un dépôt spécial, il n'aarait pas pu m'empê- 
cher, moi, marguillier en charge, de le retirer. 

Il est donc évident que le marguillier ayant, dans tous 
les cas, le pouvoir de retirer cet argent de M. Girard, la 
fabrique ne pouvait pas forcer celui-ci à payer deux fois. 

D'ailleurs, la fabrique était sans intérêt à forcer M. Gi- 
rard de payer, et à prétendre que Choquet n'avait pas le 
droit de retirer cet argent du commis, puisqu'il ne s'en est 
servi que pour payer et acquitter une dette de la fabrique 
alors due et réclamée. Le marguillier a bien fait de retirer 
cet argent du coffre du commis, où il dormait inactif, pour 
payer une dette, éteindre les intérêts et éviter une pour- 
suite : et maintenant si la fabrique pouvait forcer le mar- 
guillier de rembourser cet argent, celui-ci viendrait avec 
la dette qu'il a payée, et à laquelle il serait subrogé, et il 
poursuivrait la fabrique pour se la faire remettre, de sorte 
qu'on aurait le luxe de deux procès inutiles. 

L'hon. juge Polette s'exprima comme suit : 

Le montant réclamé par l'appelant forme partie du 
reliquat de ccjmpte rendu par le nommé Savariat, mar- 
guillier sortant de charge, et auquel a succédé l'intimé 



ard, l'appelant, 
comme tel il re- 
lie de Choquet, 
lui remet ; plus 
illier n'avait pas 
; en dépôt entre 
js-le. M. Girard 
;nant il poursuit 
tour, cet argent 

il n'y a jamais 
somme d'argent, 
iseur, entre vos 
t -à-dire, du mar- 
2" quand même 
pas pu m'empê- 
irer. 

lyant, dans tous 
le M. Girard, la 
payer deux fois, 
à forcer M. Gi- 
:;t n'avait pas le 
5qii'il ne s'en est 
e de la fabrique 
en fait de retirer 
lait inactif, pour 
iviter une pour- 
it forcer le mar- 
i viendrait avec 
lit subrogé, et il 
mettre, de sorte 
;s. 
uit ; 
orme partie du 

Savariat, mar- 
iuccédé l'intimé 



— 497 — 

di/soircomot'"' 'r ''"""'"^ ' ^'^^"^"^ Savariat ren- 
entres/ •'°°""' '1"^ ''^ reliquat en fût déposé 

e er > '""" '""' ^'^^ '"'' "^ '^ -"^^«re que lor qu'U 
en serait requis par une assemblée de fabrique 

L intimé soutient que ce reliquat devait lui "être pavé 
et q . avait le droit d'exiger que l'appelant le lu ren 7 

Le premier marguillier en exercice est le receveur et 1. 
dépositaire légal des deniers de la fabrique i les . 
entre ses mains, si la fabrique n'a pas d coffr fo" ' '" 
parait pas par le dossier que la faLique ^V. fenne r^ 
Ipte ce::-:'' ^^^l--^^-^'- o^-g^ d-en rend 

~r;:r?:a---;7:^^^^^ 

cK^ses. ^us, tout comme le tuteur répond de r^ 

cv^Ji^b ?'"' " "'"''■■"^ ^"^ '^°™'"'«' "» -g-^t Pourre. 
c _vo. les derniers de la fabrique, les droits, la respo, - 
-bilite du premier marguillier en exercice n'en sen e . 

-"rd;^:^:;;-;----^^^^^ 



A défiiut de loi, 1 



naux s'y conforment lorsqu'il n 



on peut invoquer l'usage, et les trib 



lalo 



" régie la matière, et 1 



est pas abusif; ma 
'on ne peut y contrevenir. 



u- 
is ici. 



•ntmié avait donc le droit d'obliger l'appelant d 



le reliquat d 



renie 

L'assemblée de fal 

l'appelant fonde sa 

T. m 



rompt 
rique sur 
irétention 



lui 



son i)rédéccsseur. 



la délibération de laquelle 
ne pouvait pas l'en priver • 
32 



I 



i 1,'! 



f '' 




' ' { 



mû 



, — 498 — 

et en payant ce reliquat à l'intimé comme il l'a fait, il en 
était valablement déchargé. 

Ces principes sont clairr-iient énoncés dans les citations 
suivantes, et ne doivent pas, je crois, laisser la moindre 
prise au doute. 

" Les marguilliers ne doivent pas ignorer que leur obli- 
" gation envers la fabrique est celle d'un tuteur envers 
" les enfants que la loi lui donne pour pupilles ; ils répon- 
" dent de tous les biens de la fabrique, tant pour les ca- 
" pitaux que pour les rentes annuelles, ainsi que le tuteur 
" répond de ceux de son pupille..." (i Boyer, Adnmiistra- 
tion des paroisses, 3e partie, tit. 2, sect. 1ère, pp. 386, S^?-) 

" Les marguilliers doivent aussi recevoir de leurs pré- 
" décesseurs le reliquat du compte précédent..." (Ibid • 
p. 113, même vol.) 

" Le reliquat de compte doit être payé au marguilUer 
" qui sera en exercice lorsque ce compte sera arrêté, ou 
" remis dans le coffre-fort de la fabrique dertiné à cet effet, 
" le tout suivant qu'il sera arrêté à l'assemblée générale ; 
" et celui qui aura reçu ■■£ reliquat est tenu de s'en charger 
< ' dans le premier chapitre de recette de son compte^— 
(Jousse, Gouvernement des paroisses, s. 5, n° 9, pp. 141, 

142-) 

" Les sommes provenant des remboursements de rentes, 

" ou qui seraient données à la fabrique, à la charge d'em- 
" ploi, ou qui, en quelque manière que ce soit, pourraient 
<' tenir lieu de fonds à la fabrique, doivent aussi être re- 
" mises au marguillier en exercice, ou dans le coffre-fort, 
" suivant qu'il sera délibéré par l'assemblée." (Ibid., p. 
143, fin du même n° 9.) 

J'ai déjà remarqué qu'il ne paraît pas que la fabrique 
de Varennes ait de coffre-fort ; l'appelant dit même dans 
sa déposition qu'il n'y en a pas pour y mettre les deniers ; 
de sorte qu'il n'y avait pas besoin d'assemblée de fabrique 
pour cet objet, les deniers devant demeurer entre les 
mains du premi';r marguillier en exercice. 



ne il l'a fait, il eu 



— 499 — 

" vicm d-?;'"'' "' '"' ^"'^^"' ^'"P"'"' d-"« I- forme nui 
ntd être présente, les contrats ou obligations d"ive," 

" lequel dX^ef t^^ er^ttr'^^ "^ ^^'''^'^^^^' 
(Ibid., p. 99.) ^ '^'^'^"^ '"■■ son compte.» 

'• Z. marguïUkr en exercice de comptable est tenu d. 

"de™ . Bacons et filles, e„,„.„Ue d" Jw 
_^de^repnse du co,„p,e de son prédécesseur..." (,S J: 

::çhaH.érl./„,e;:;;,ïr::;;s:::ai:::.î 

.iiur^ïji-rtttrsi;^^^^^^^^^^ 

ses co„,p,es à u„e as,,e„,Wée régu.iéreTe 1^ " » 

sorti, de chat r, '°'""'" '"""' "PP""'*» « " 
sortit de cha.ge. Choquer, paroissien respectable et ,•„ 

cer. t„ vertu de sa charge, c'était le droit et le devoir de 

en général a en particulier cette balance en caisse donf 

eta.t seul responsable et obligé de rendre con^ tt 

emps-la et depu.s plusieurs années auparavant, iCpetn 

G.rard, notaire de Varennes, agissait comme emp oyé de 

la paro.se moyennant un salaire annuel, aidait les mar 



\:> 



■\ 



ii t ; 



M'; 



^*''l 5''^^''- 



,1 "î 




% • ' 


'f. 


* 


y 




4 


'•' 


■^ 











' ^^ 


II 

■ '^ 

.1 



f> 



, —500 — 

guilliers, tenait leurs comptes de recettes et de dépenses, 
gardait leurs pièces justificatives, et à la fin de l'année 
préparait leur reddition de comptes, etc. 

Ces services étaient très importants pour les marguil- 
liers qui, quelquefois, comme Choquet, ne savaient ni lire 
ni écrire et se confiaient entièrement à Girard. Après son 
élection, Choquet ne voulant pas garder dans sa maison 
une somme aussi considérable d'argent, remit le sac qui 
la renfermait, à l'appelant, pour que ce dernier la mît en 
sûreté jusqu'à ce que les marguilliers en eussent besoin 
pour l'usage de la paroisse. Ceci ne tarda pas à arriver, 
et Girard, sur l'ordre officiel de Choquet, paya à madame 
Beaudry, créancière de la fabrique, tout le contenu du 
sac. Le montant fut entré dans le compte annuel de Cho- 
quet et la fabrique lui donna aussi crédit pour cette 
somme en la désignant comme la " Balance en caisse de 
Savariat." A la fin de l'année et à l'expiration de la 
charge de Choquet, le curé de la fabrique s'objecta à 
quelques items entrés comme ayant été payés par Cho- 
quet pour les dépenses de la paroisse, et ce sont ces items 
que la fabrique voudrait faire payer de nouveau à Choquet. 
Elle a pris un moyen détourné pour arriver à cette fin et 
s'est servi du nom de l'appelant, voulant éviter une pour- 
suite directe contre Choquet qui aurait nécessité l'obliga- 
tion de contester ses comptes, ce que le curé voulait 

éviter. 

On a donc employé l'appelant, qui, sur le motif de sa 
responsabilité personnelle envers la fabrique pour le mon- 
tant d'argent contenu dans le sac qui lui avait été remis 
par Choquet, et prétendant aussi avoir été induit fraudu- 
leusement par ce premier à lui avancer à même le contenu 
du sac des sommes suffisantes pour payer les items en 
litige, institua cette action pour se faire rembourser 
comme à lui dues personnellement les prétendues avances. 

Il est tout à fait évident que Girard n'a jamais assumé 
aucune rboponsabilité envers la fabrique pour cet argent, 



;* i '.j 



. et de dépenses, 
a fin de l'année 

)our les marguil- 
e savaient ni lire 
irard. Après son 
r dans sa maison 
remit le sac qui 
dernier la mît en 
n eussent besoin 
da pas à arriver, 
t, paya à madame 
it le contenu du 
e annuel de Cho- 
rédit pour cette 
mce en caisse de 
'expiration de la 
-ique s'objecta à 
ï payés par Cho- 
ce sont ces items 
)uveau à Choquet. 
iver à cette fin et 
t éviter une pour- 
nécessité l'obligu- 
e le curé voulait 



— 501 — 

qu'il n'a jamais avancé à Choquet, en sa qualité officielle 

aucuns argents dont il fût responsable pelonnellem n • 
a fabr,que et qu',1 n'a certainement.pas avancé à n ô , 
e sac des sonnnes suffisantes pour couvrir les iteu" ù 

lesquels se base la poursuite. Il n'y a rien pour ju i o 
action de l'appelant Girard, et c'est à bon droit qu'e 

été déboutée par la cour de revision. ^ 

L'appel est renvoyé avec dépens 

et M. b. Rivard, jjour l'mtimé. 



m 



3ur le motif de sa 
rique pour le mon- 
ui avait été remis 
été induit fraudu- 
i même le contenu 
layer les items en 
faire rembourser 
rétendues avances, 
n'a jamais assumé 
le pour cet argent, 



4 s 

'il 

."! I 
■Mf 

: ^1 



lff| 






T\ 



m 



I .\ii^ 



m. 






A, Il ' 



I T, 



^ i. 



tff^ f 



TABLE DES MATIÈRES 



MOnrSiEIONElIR CHARLES 14 ROCQVE 

(1866-1875) 
{Suite) 

Avis aux Fidèles <lc Saint-Hyacinthe concernant la construction^^'" 

d une église cathédi-ale 

Ci.xulaire au sujet des Z^ûa^i;^ "^^^Z^'^Z 'Z^^ "^Z ^ 

rierre 

Circulaire sur les mauvais journaux et 'l'usure..' 1 

Circulaire concernant les Conférences ecclésiastiques,"l''ob'lig'j;i';'r; ' 
de la résidence, le IVe Concile provincial, la visite pastorale, 
les œuvres diocésaines et le dixième sur le revenu des Fa- 
briques 

Compte rendu analytique des Co'nférëncês"d'-h'i'v"ë'r"êrd'''é"té"d'e' 

tannée 1867 

Sujetsde Conférences pour l'année 1868 ^^ 

^^^Tmi '"'''"''' "*' '" Propagation dë'l'à 'foi'dâ«s"i'é"di'oc';se' ^^ 
Recettes de la Sainte-Enfance en l'sôy ^"^ 

Lettre pastorale des Pères du quatrièmTconci'lë p;:;;;ci;rd'e' ^^ 
Québec 

Circulaire de Mgr de Germanïcopo'lis''à'M'M'.''l'erCm'é's'pou'r'd'e".' ^° 
mander une quête en faveur de l'Algérie g 

Circulaire concernant la lettre des Pères du"i'v'ë'c'o'nc'iie"pmvi„'' ' 
cal, la convocation d'un Concile œcuménique, la retraite 
pastorale, le bureau de la Caisse, les intentions de messes, la 
dette diocésaine, le couvent de la Miséricorde, la vie des 
Saints par l'abbé Casgrain et les écrits d'un ancien journaliste. 8, 

Sanctissimi Doram. Nostri Pii divina Pt..videntia Papx IX Lit 
tera; apostolicx quibus indicitur œcumenicum Concilium Romre 
habendumet die Immaculat.e Conceptionis Deipar» Virginis 
sacro an. MDCCCLXIX incipiendum.... 



il 

II'- 





1 




*'' 




V 


' 1 ^ 








»■ 



# 



ï 



1^ *! ■(1 



n 




' 'P 



11,' f 



604 TAIII.E DES MATIÈRES 

Lettre pastorale annon^'aiU au diocèse que n'^éciue est forcé, par 
l'état financier des afiaires de l'évèché, d'abandonner le palais 

épisco|>al, etc 105 

Circulaire au clergé pour expliquer les raisons qui ont ))oné 

rEviM|ue à choisir lielicil pour sa résidence 121 

Circulaire concernant la translation de l'Kvêque à Helocil, les at- 
taques publiques <run écrivain, le dixii^me sur les rivs-nus des 
cures et des I''abri(|ues, les œuvres diocésaines, les missions de 
la Kivière-Kouge, les sourds-muets, la tenue des rei;i:trcs et 
des comptes, les usages de paroisse, l'uniformité ilan» la litur- 
gie, le pain bénit, le Rituel romain, la visite pastorale, le con- 
seil diocésain et le jubilé sacerdotal de Pie IX 129 

Circulaire au sujet des Conférences et des œuvres diocésaines 186 

Résumé des Conférences ecclésiastiques tenues dans le diocèse en 

l'année 1868 187 

Sujets de Conférences pour 1869 198 

Recettes et dépenses de TCIùivre de la Propagation de la foi pour 

l'année finissant le 31 décembre \<':} 201 

GCuvre de la Sainte-Enfance pour Tannée 1S68 203 

Œuvre des Zouaves pontificaux en l'année 1868 204 

Œuvre des orphelinats de l'Algérie en 1868 205 

Circulaire aux curés du diocèse pour demander des renseigne- 
ments sur leurs paroisses 206 

Lettre pastorale pour la publication de l'indulgence plénière aJ 
instar jubilai accordée à tous les fidèles par le Pape Pie L"<, à 

l'occasion du concile œcuménique du Vatican 208 

Lettre encyclique du Pape Pic IX annonçant une indulgence ju- 
bilaire à l'occasion du concile œcuménique du Vatican 210 

Lettre pastorale concernant la visite du diocèse, les conciles en 
général, le concile du Vatican, les devoirs des fidèles envers 
l'Eglise à l'heure présente, la condamnation de l'Institut 
canadien de Montréal et l'administration du diocèse pendant 

l'absence de l'Evêque... 220 

Circulaire pour convoquer le clergé à la retraite et prescrire une 
quête en faveur des Maronites 274 

Circulaire au sujet du concile du Vatican, des jeûnes du jubilé, 
des oraisons de mandata, des componendes, du " Courrier de 
St-IIyacinthe ", et d'un jugement important dans une affaire 
de Fabrique 278 

Lettre à Pie IX présentée au clergé en souvenir d'adieu de Mgr 
l'Evêque partant pour le concile du Vatican 282 



TAULE DES MATIERES* g05 

Réponse de Pie IX présentée au clergé en souvenir <le la retraite 

'•'= '8<59 284 

Circulaire pour con.lamner une société dite des Cordonniers "ou 

de Saint-Crispin ^ 

Circulaire de M. l^\<lministrateur"ti,ucI^m'i'omcé'cria"n,ëssëde ^ 

saint Paul de la Croix, et l'dù.vre de Aniaves pontificaux.. 2S7 
Circulaire concernant les Conférences c, -:siastiques. les mon- 
naies américaines, les dispenses matrimoniales, le concile du 

Vatican et l'histoire des paroisses du diocèse 200 

Sujets de Conférences pour l'année 1870 jnc 

Recettes de la Propagation de la foi pour l'annéTlSeo 207 

Recettes de la Sainte-Enfance pour l'année 1869 208 

Offrande au Saint-Père, à l'occasion du Concile, collectée "pen- 
dant l'année 18C9 

Collectes pour les Maronites pendant l 'année ïsôg! 2? 

Collectes pour la Rivière Rouge pendant l'année 18Û9.... 1, 

Collectes pour les Zouavf-, pontificaux pendant l'année 1860 "" ,02 
Circulaire h MM. les curés concernant les saintes Huiles.. "' l. 
lettre pastorale aux Fidèles de St-Ephrem d'Upton au suie"t"d"ë 
lapost;siede 26 d'entre eux 

Circulaire demandant de secourir les incëndiis"cm"sague'nay è"t"d"u ^^^ 
lac St-Jean 

Circulaire pour annoncer la retraite eccl"é"si"àsiiq"ùë"et""lë"rê"t'our""de ^"^ 
1 bveque du concile du Vatican 

Circulaire précisant le jour de l'arriv'éé'd"è""Mgr'i'"Ëv£'q"ue "e"t"l"e's ^''^ 

cérémonies de sa réception 

Circulaire à MM. les curés au" suj"e"t"*dës"zo"ûaves""pontifi"caù"x lll 

Adresse du clergé du diocèse à Mgr l'Evéque de St-Hyacinthe"""à 
son retour du concile du Vatican 

Réponse de Monseigneur de Saint.IIyaci"ni'hë""à""radréssë"du ^' 
clergé 

Circulaire pour faire connaître la situation'péni'biëde'pie "i"x" ^^^ 
son abandon par la France, et prescrire des prières publiques' ,27 
Lettre pastorale au sujet du concile du Vatican, de la Constitu 
tion dogmatique sur la foi catholique, d'un petit catéchisme 
universel et de la Constitution dogmatiqut première sur 

l'Eglise de Jésus-Christ 

Canons de la Constitution dogmatique"sur""ia"fo"i"ëa"ihoiiqùë ,^6^ 

Constitution dogmatique première sur l'Egli.e de Jésus-Chrisi""" „, 
Circulaire concernant l'œuvre de la Propagation de la foi. "/^ 
décrets du IVe Concile provincial de Québec et la promuW- 
tion de troit induits ^ 

413 



m 



ÎS-IJI 






i' /l 



'.» >• 






> il 




1 1 






? <';' • î 




1' 



' * 




606 *TABLE DES MAÏlf'.KF.S 

Circulaire privée au clergé pour son information et sa direction 
liersonnello, à i)ropos : i" de certains sujets relatifs à des ([iies- 
tions ne relevant que de l'autorité ecclésiastique, débattues 
dans les journaux publics ; 2" du " Code des Curés, Marj^uil- 
liers et Paroissiens." 4'7 

Mandement au sujet d'une contribution aux frais du rapatriement 
des Zouaves pontificaux Canadiens, de l'ieuvre <lu l'récieux- 
Sang dans le diocèje, du recensement civil, et du Patronage de 
saint Joseph • 43<^ 

Circulaire concernant le rapatriement des Zouaves Pontificaux, 
l'ieuvre du l'récieux-Sang, le recensement civil et les malheurs 
de la France 439 

Mandement pour annoncer le titre de Patron de l'Eglise univer- 
selle décerné h saint Joseph 44!^ 

Décret constituant saint Joseph patron de l'Kglise catholique 450 

Circulaire désavouant un /'ro^'ramme politijuc à l'usage des ca- 
tholiques de la province <te (Québec 460 

Mandement pour annoncer la seconde visite du diocèse 461 



APPENDICE. 

Lettre aux Evêques du Canada annonçant la formation d'un Co- 
mité pour diriger l'œuvre des Zouaves pontificaux Canadiens, 

et demandant leur concours 475 

Lettre adressée par le Comité à tous les curés du lias-Canada 
avec deux rôles en blanc, l'un marqué A pour les noms des 
hommes offrant leurs services, et l'autre marqué B pour y ins- 
crire ie chiffre des souscriptions 477 

Noms des Zouaves pontificaux enrôlés dans le diocèse de Saint- 
Hyacinthe... 481 

Bref de Pie IX aux Evêques du Canada concernant les Zouaves 
pontifoaux 484 

Bref de Pie IX aux membres du Comité des Zouaves pontificaux 
canadiens 4^5 

Communication officielle publiée dans le Courrier de St-Hyacinlhe 
du I février 1868 au sujet de la construction d'une église à 
St-Hyacinthe 486 

Difficultés entre l'EvOché de St-Hyacinthe et Monsieur*** 488 

Documents relatifs à la condamnaiion de l'Institut canadien de 
Montréal 492 

Jugemetit de la Cour d'Appel dans une cause relative aux comptes 
de Fabrique 494 



i direction 

(les ijues- 

(lébattuus 
, MarKuil- 

4'? 

atriement 

l'rcîcieux- 

trunage de 

430 

ontificaux, 
i malheurs 

439 

se univer- 

448 

ioli([UL' 450 

igc des ca- 

460 

e 461 



n d'un Co- 
Canadiens, 

475 

las-Canada 
s noms des 
pour y ins- 

477 

; de Saint- 
481 

les Zouaves 

484 

pontificaux 

48s 

'■Hyacinthe 
ne église à 

486 

ur*** 488 

canadien de 

492 

lux comptes 

494 



'AniJ'] ALPIIAIJÉTIQIJK DES MATIKRKS 



Absolution -Refus aux propriétaires, éditeurs, rédacteurs, collabora- 
leurs, lecteurs, vendeurs .les mauvais journaux, 14, 21. 22, 23. 63, 
85 ; aux usuners, 25 ; aux membres de la société des cordonniers 
ou de St-trispin, 286, 287. 

Abstinence.— Observation exacte de la loi, 79. 

Actes Pontlflcanx.— Voir : pu ix. 

Afflnlté.-Cas de mariage, ,94, ujs.-Ralson canonique pour la ,lis- 
pense, 291, 292,.-Fréquentation des affms, 292. 

*"'*'t";!'"'o î""""' "• ''-^PP*' ''^" '''«^ ''Archevêque d'Al- 
ger, 82.-()uete prescrite, f:3.-Suecis <le cette .luôte, 140.- 
Compte rendu, 205, 206. 

An (nauveI)._Souh;iits et bénédictions de i'Evêque, 412, 416. 

Apotreg.-En quel sens sont-ils considérés les fondements de l'Edise ? 
40. ^ 

Argent. -Estimation de sa valeur, 74. -Voir : r,H A intérêt. 

Aspersion. — Voir : .Eaii bénite. 

Auberge8.-Cause de malheurs, 71, 72.-Responsabilité des vendeurs 
de boissons, 72. -Devoirs dos législateurs, conseillers munici- 
paux, électeurs, 72, 73.-Recommandation au clergé, 127, 128. 

Aubergiste.— Etat plein de dangers, 71, 72. 

Aumône.— Emcacité et récompense, 54, 55, 56, 276. 

Autel.— Voir : Litiiri'ie. 

Autorité.- Moyen d'em,,ccher le mépris .le l'autorité paternelle ç8 - 

Vo.r : /■njhuts, Family., Parents, Société civile. ' ' 

Autorité religlense.-Ses ennemis en Canada, 12. 13 16 h 2^ _ 

Confiance dans sa .iirection, 76, 77, 229, 252.-^. défaut d'obé- 
isssnce et de respect est un mal à combattre, 142, 229.-Voir- 
/■i.'/w c,itAû/i</„e, F.v,',iue, Fidèles, Pape. 



il II 





« ,1 


tilu 




El 


1 




) 



508 



TABLE ALPHAHÉTIQUE DES MATIÈRES 



1 '.' 




' î 




ri 

1 








^1 


( ! 

f 1 


m 




' 


*hB 


m K 


m 


i 



Baldescbi. — Cércmonial approuvé par les Pères du i'' Concile de 
Québec, 176. — Son mérite, 176,177. — Il fiaut s'y conformer, pour 
ramener l'uniformité liturgique, 177. 

Baptême.— Nécessite de moyen pour le salut, 45. 

BarnabO (Le Cardinal). — Réponse à une consultation sur les jour- 
naux, II, 12. 

Baudry (L'Hon. J, U.). — Son livre : CoJe des Curés, xMarguilliers et 
paroissiens, 426, 427, 428. — Appréciations, 426, 427. — Etude de 
ce livre par le clergé, 428. 

Belœil (S. Mathieu de). — Résidence de Mgr C. LaRocque à la cure 
114, 116, 132 à 135. — Mgr Lartigue avait projeté d'y demeurer, 
115, — Emploi des revenus de la cure pour l'Evêque et le person- 
nel de la desserte, 146. 

Bénédiction du St. Sacrement.— Nombre de cierges, 38, 39. 

Bénédiction des chapelets, croix et médailles, 461. 

Bénéfices. — Voir : Cures, 

Bible.— Traduction falsifiée, 60, 77.— Propagande protestante, 77. 

Bibliothèqnes. — Formation dans les paroisses, 60, 61. — Complément 
des écoles, 60, 61. — Hons livres, 6r, 78. — Mauvais livres et jour- 
naux, 61, 62. — Il ne faut pas encourager les bibliothèques où sont 
mêlés les bons et mauvais livres, 61. 

Boissons.— Commerce dangereux, 72. — Devoirs des législateurs, con- 
seillers municipaux, électeurs, 72, 73. 

Bossaet. — Ses doctrines gallicanes au concile du Vatican, 389, 

Bonrget (Mgr Ignace). — Inspirateur du mouvement des Zouaves pon- 
tificaux canadiens, 6. — Ses luttes contre V Institut Canadien de 
Montréal, U2, 262 à 266, 492, 493.— Sa sollicitude pour les 
sourds-muets, 150, 151, 152. 

Bourse du calloe.— Voir : Liturgie. 

Bréviaire.— Que doit faire un prêtre, en cas d'erreur évidente, cer- 
taine ou douteuse de VOrdo'f 195, 196. 

Burettes.- Voir : Liturgie. 



RES 



1 I"' Concile de 
conformer, pour 



3n sur les jour- 

, Marguilliers et 
427. — Etude de 

locque à la cure 
té d'y demeurer, 
tiue et le person- 

• 38. 39. 



•otestante, 77. 

I . — Complément 
'ais livres ctjour- 
liothèques où sont 

législateurs, con- 

'atican, 389. 

;les Zouaves pon- 
tut Canadien de 
iicitude pour les 



ir évidente, cer- 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 



509 



Caisse eCCléslaStlqne.-Tenue du bureau, 90, 277. 
Canada.-IIistoire des Zouaves Pontificaux canadiens, 6 à lo m ç2 
53, 204, 20s, 260. 26,, 262, 27., 272, 289, 302,3.6, 3.7/3.8; 
32», 40s, 430 a 433, 437, 440, 475 à 486.-La loi civile autorise 
dans chaque paroisse les prélevés nécessaires pour la construction 
des édifices religieux, 5, 6, I44.-Mau vais journaux, 10 à 24 
6.. 62. 63, 8s, 86, 87.-Libéralisme, u à 23, 64, 65, 66, 356,' 
357.-fcsprit d'irréligion d'une certaine école, 10 à 24 60 à 67 
76. 93. 94, i.o à 114, ,35 à ,38, 229, 262 à 266, 3S6.-Attaciues 
comre l'Eghse et le clorgé, .0 à 24, 60 à 67, 76, 229, 356 3S7 
-La loi civile ne donne pas aux Evoques le pouvoir de réprimer 
directement la mauvaise presse, ,5. -Ivrognerie, 71, 72, 7. _ 
La lo. civile favorise l'usure, 73, 74.-I-istitut Canadien de Mon- 
tréal, „2, 262 à 266, 492, 493.-Registres des baptêmes, maria- 
ges et sépultures tenus par le clergé, .52, ,53, ,54, 4,9 à 424.- 
E at prospère delà religion catholique, 224 à 230, 247, 250 à 253. 
355, 350, 304,365 —La société des cordonniers ou de St-Crispin 
est comiamnée, 285 à 287._Certaines sociétés de secours mutuel 
pour les ouvriers sont suspectes, 70, 7l._Monnaies des Etats- 
Unis, 290, 29, .-Incendie du Saguenay et du lac St-Jean, 3,2 
3'3. 3'4.— Kôle des Evêques canadiens au concile du Vatican' 
Pw ^n,'.,^"^' 337.-Démonstrationsde joie pour la définition dé 
I mfai hbihté pontificale, 319, 320. 326, 338, 392.-Sympathies 
pour la 1-rance coupable et malheureuse, 329,330, 33,, 403, 4,,. 
445, 446, 447— Témoignage à la population protestante îcc 7ç6 
-Indépendance, liberté et privilèges de l'Eglise catholique 4,7' 
418, 4!9— Relations amicales emre l'Eglise et l'Etat 4,9 à 42c' 
-Recensement civil, 442, 443, 444._Saint-Joseph choisi po,,; 
premier et principal />«/;•.« du pays dés les commencements 
de la colonie, 449— Désaveu du Pro^nvnme politique, 460, 46,. 
Cantiqnes.-IiKhilt permettant le chant des cantiques en langue vul- 
gaire intnx minanim solemnia, 4,5.- Choix à faire, 4,6 -Dans 
les églises ou cet usage est tombé, il ne doit pas être relevé, 415. 

Cai' réservés.- Affiliation à la société des cordonniers ou de Saint 
Crispin, 286, 287.— Absolution, 286. 

Casgrain (l'abbé M. R.).-Sa Vie des Saints, 92, 93. - Recom- 

mandation de la répandre dans les familles, 93. 
Catalan.- Forme liturgique du surplis, ,63. 



Pi 



1:4 
I «lî: 
Ifl 

k- : 

•: 11' 
•I ■ 

I il 

fi il 



II! 
Il 



mi 




! 



km : 







610 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 



Catéchisme. — Petit catéchisme universel, 365 à 372, — Raisons pour 
et contre son adoption, 366 à 370. — Décret du concile du Va- 
tican, 370, 371, 372, 374. 

Cathédrale. — Avis aux fidèles de St-IIyacinthe, 5, 486. — La loi ne 
permet pas de la construire par répartition, 5, — Elle sera église 
paroissiale, 5, 6. — Raison de l'absence du jiain bénit, 166. — Cé- 
rémonial à suivre, l6l. 

'Cérémonial. — Pour les petites églises, 161. — Pour les cathédrales, 
161. — Voir: Baldeschi. 

Cérémonies. — Défaut d'uniformité, 176, 177. — Moyen de la rétablir, 
177. — Voir : Liturgie. 

Cession des biens.— Conseils pratiques, 75. 

Chaldani (Mgr Michel). — But de sa mission en Canada, 276. — Ses 

lettres de recommandation, 276, 277. — Quête prescrite, 276, 

301. — Histoire des Maronites, 276, 277. 

Charité. — Hommage de reconnaissance envers Dieu, 55. — Récom- 
penses, 56, 276. — Prêt à intérêt, 74, 75. — Masque de l'hérésie, 
77. — Amour fraternel, 186. 

Charles Borromée (S.). — Forme du surplis, 163. 

Chasuble.— Carniture, 174, 175.— Voir : Liturgie. 

Chœur. — Voir : Liturgin. 

Cierges. — Nombre requis pour les saluts, 38, 39 ; pour la messe 

solennelle, 192, 193 ; pour la messe basse d'un simple prêtre, 

193- 
Citoyens. — Formation des bons et des mauvais, 58. 

Clergé. — H n'est pas en général partisan de la politique libérale, 13. 
— Pourquoi il doit lui refuser son appui, 13, — (Juels sont les enne- 
mis de son autorité et de ses droits en Canada ? 12, 13, 16, à 20, 
76. — ^» doit les combattre, 12, 13, 20 à 23. — Par quels moyens ? 
14, 15, 16, 20, 21, 22. — Union et fermeté dans l'application des 
règles disciplinaires sur les journaux et l'usure, 23, 24, 25, 85, 
86. — Pénible exemple du déf.^ut d'uniformité, 85, 86. — Devoir au 
sujet des nouveaux journaux, 34, 86, 87. — Rôle en politique, 64, 
65. — Œuvres philantropiques, 76, 77. — Taxe personnelle sur les 
honoraires de messe, 124. — Recommandation au su'et des au- 
berges, 127, — Affranchissement de la correspondance avec le se- 
crétariat de l'Evêché, 147, 148. — Charité fraternelle, 186, — Té- 
moignage de régularité, de dévouement et d'esprit ecclésiastique, 
230, 323. — Témoignages d'affection reçus de l'Evèque, 26, 34, 



ES 

— Raisons pour 
concile du Va- 

86. — La loi ne 
)lle sera église 
énit, l66. — Cè- 
les cathédrales, 
n de la rétablir, 



lada, 276. — Ses 
prescrite, 276, 

, 55. — Récom- 
[ue de l'hérésie, 



pour la messe 
simple prêtre, 



[ue libérale, 13. 
Is sont les enne- 
2, 13, 16, à 20, 
' quels moyens ? 
'application des 
23, 24, 25, 85, 
86. — Devoir au 
:n politique, 64, 
sonnelle sur les 
1 sujet des au- 
mce avec le se- 
elle, 186.— Té- 
: ecclésiastique, 
;vêque, 26, 34, 



TABLE ALPHABÉTIQUE DE.S MATIÈRES SU 

95, .06, ,07 128, ,31, ,34, 185, ,86, ,68 

'£ ' '"f "'"" ''' "^^°"'^'"-' '-'' d'affection donnée à 
Lve 3,3, 3.0 _Adhésion aux décisions du concile du Va 

uë: fv'- ^^°-^=^'"-' ""-" «' -opération au milieu des 
la h tr;jr7' '^•«■~^«°"--ance pour l'indépen- 
4.Q Mn Pnv.lègesde l'Eglise du Can..da,U, 

d'.Ï w, "^""■"' '^'' '53. 'S4,4i9à424.-Letitr 
mÏr/rt f '"'''"' "°"^ l'enregistrement des bain^^^s 
niarugese sépultures est-il contraire aux immunités e conve 
na, ces ecclésiastiques? 4.9. 420, 42..-Relations an cal se nj 

... est unhvre précieux pour les affaires de Kabriquef, 4 6 
442 p!-7 "'°""S'"'"' ' ''«-"'••-« du Précieux sîang 44, 
relse^'r :,r ^°"'"'^"'-- ^ ^--r de la France m'alheu-* 

Code des Curés, etc. etc-Science, honorabilité et bonnes disposi 
Uons < e l'auteur de ce livre, 426, 427, 4.8.-Désr; robTt " 

1- tr etTuvC' '^^^•.^.^^-^"y--"' quelques'amende. 
^TloT « Ç '"■'' P'^"''"-^ I^'^"^ '«« =*«^i^es de Fabriques 
C'e:428'.^'-''""'^ '^""^^^ ^-^'" ^--^^-cesecci;;;:;: 

"'"T^^^^S^^^;:^-^^^-^^ 74.-Consei,s pour 
Communion -Jésus-Christ y donne la vie de l'âme 44. 4S -Est elle 

CompagnlesADangers des mau vaises,3o9.-Obligation de les fuir, 300 
Oomponendes.-Voir : Dhpense. ^' 

Comptes.-Voir : Fabriques d,s êglùcs. 

^"""—t'^r""- '' '"""""'^"' ^^9-^^ --"- P"ticuIiors 
peuvent être nationaux, provinciaux ou diocésains, 239 -Orei 1 
apostolique, 239.-- Nécessité et utilité, 2.0 240 2IT R 
et vénération, 237, 238, 252. ^^' ^ ' ^'•~ ^'^l"''-"' 

Conçues de Québec-Convocation du I V- Concile, 28.-Prières près 
cr.tes pour son succès, 29.- Lettre des P.res du IV C irTô 
a 8o.-Ordonnances relatives ^ cette lettre 8.1 Se T ^ 

Uécre s du IVe Concile publiés avec ceux des trois premiers d^ns 
un seul volume, 4IS.-Achat et prix de ce volume, 4,5. 



I 






■«M 







512 TABLE ALPHABÉTigUE DES MATIÈRES 

Concile œcnméniqne.— Définition, 237.— But, 237, 248.— En matière 
de foi, il ne fait qu'exposer la vérité révélée, 237.— Supposer qu'il 
puisser dépasser les limites de son autorité serait une hérésie, 237, 
— Il est infaillible dans ses décisions, 238, 239, 253. — Heureux 
le siècle qui en est témoin ! 238.— Pourquoi il n'est pas absolu- 
ment l'écessaire, 239. — Pourquoi il est toujours très utile, 240 

Pourquoi il est quelquefois moralement nécessaire, 240 à 245. 

Décrets touchant les mœurs, la discipline et le culte public, 248. 
— Voir : J^ente, Vatican. 

Coniérences eCClésiastiqneS. — Travaux préparés avec soin, 26. — 
Epoque de la tenue, 27, 187. — Compte rendu de (1867), 35 à 45. 
—(1868), 187 à 198.— Sujets de (1S68), 45 à 47.— (1869), 198 à 
201. -(1870), 29s à 297.— (1871), 428. 

Coniessenrs. — Refus d'absolution aux propriétaires, rédacteurs, colla- 
borateurs, lecteurs des mauvais journaux, 14, 21, 22, 23 ; aux 
usuriers, 25 ; aux membre ; de la société des Cordonniers ou de 
saint Crispin, 286, 287.— Union et fermeté dans laccomplisse- 
ment de ce devoir, 23, 24, 25, 85, 86.— Scandaleux exemple du 
défaut d'uniformité, 85, 86. 

Congrégation des Rites. — But de son institution, 157. — Observation 
de ses lois, 158. — Tolérance des coutumes particulières à certaines 
églises, 158, 159, 160. — Rome n'a pas un surplis particulier, 162. 
— Décret déclarant saint Joseph patron de l'Eglise universelle, 
450,451. 

Consanguinité. — Raison canonique nécessaire pour la dispense, 291, 
292. — Fréquentations des consanguins, 292. 

Conseil diocésain.— Avis donné à l'évêque d'abandonner l'évêché 
pour en payer les dettes, 105, 106, 118.— Explication de cet avis, 
132, 133. — Assemblées régulières, 181, 182. 

Conseillers municipaux. — Devoir et responsabilité au sujet des 
auberges, 72, 73. 

Contrat.— Voir : VenU'. 

Cordonniers (Société des). — Condamnation, 285, 286, 287.— Cas 
réservés, 286. — Absolution, 286. 

Corporal.— Usage de laisser le devant plié sous le pied du calice jus- 
qu'à l'offertoire, 174. 

Croix (Société de la). — Moyen de promouvoir la cause de la tempé- 
rance, 72. 



iTIERES 

37, 248.— En matière 
^.37. — Supposer qu'il 
erait une hérésie, 237. 
239, 253. — Heureux 
i il n'est pas absolu - 
urs très utile, 240. — 
essaire, 240 à 245. — 
le culte public, 248. 

rés avec soin, 26. — 
Il lie (1867), 35 à 45. 
à 47.— (1869), 198 à 

res, rédacteurs, colla- 
14, 21, 22, 33 ; aux 
3 Cordonniers ou de 
: dans l'accomplisse- 
ndaleux exemple du 

1, 157. — Observation 
rticulièros à certaines 
rplis particulier, 162. 
l'Eglise universelle, 

our la dispense, 291, 

bandonner l'évcclié 
plication de cet avis, 

ibilité au sujet des 



iS, 286, 287.— Cas 
e pied du calice jus- 
i cause de la Icnipé- 



')t. 



TAIÎLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 513 

Coutames.-Voir = C/sa^es ^^' 

couvent de la Misérlcorde.-Voir../,vw.. 

Culte public -Soin particulier de l'Eglise ,„ .,« t ■ - 

ver, l58.-Coutumes à tolérer ic8 .'n ,1 '^-Lo.s à obser- 

j->^es, .58, .59. .60. -tieïv^vX^';; "r"'°T°"- 

cures'" -rrr'"""^^' '''• '^-vo'ï'^r '""■^' 

Je <lix pa'r cen ' 24 iL^ït" '^T ' '^'"^""^' '-" - ''- 
t-nporaire pour e'^dioc e Vf'^ '".'^""'^■' '«53 rendu 

payables sur les revenus teSaïr..'""'""-^ ''"" ^'"'^ -"' 
à l'Kvêque, i,a ,1 DiT ^, ^ *'" "^^'^^ ''"" '''-'^"'e payé 

'"^t^rri: :f-;~--^.